Justice
Affaire Bachir Fofana : le président de l’Assemblée nationale El Malick Ndiaye auditionné par la DIC
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par
Le Dakarois
L’affaire opposant le journaliste Bachir Fofana au président de l’Assemblée nationale prend une tournure judiciaire de plus en plus marquée. El Malick Ndiaye a été entendu par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC) dans le cadre de la procédure ouverte contre le chroniqueur, poursuivi pour diffusion présumée de fausses nouvelles concernant un marché public d’acquisition de véhicules destinés aux députés.
Selon les informations révélées par le journal Libération, le président de l’Assemblée nationale a profité de cette audition pour exprimer sa profonde indignation face à ce qu’il qualifie de campagne de désinformation visant à ternir son image et à discréditer l’institution parlementaire.
Au cœur de l’affaire, les accusations portées par Bachir Fofana, qui a affirmé publiquement que ce marché avait été attribué à Cheikh Guèye, un opérateur économique mis en cause dans une procédure judiciaire pour corruption présumée et association de malfaiteurs. Des déclarations que le président de l’Assemblée nationale juge “mensongères” et “particulièrement graves”.
« Ce discours mensonger associe l’Assemblée nationale à une affaire judiciaire en cours », a-t-il expliqué, soulignant que ces propos jettent le discrédit sur le Parlement, alimentent la suspicion et sèment la confusion dans l’opinion publique.
El Malick Ndiaye a insisté sur le fait que la fonction qu’il occupe l’expose à un niveau de vigilance et de critique inhabituel, souvent instrumentalisé à des fins politiques ou médiatiques. Il a dénoncé la multiplication de rumeurs propagées sur les réseaux sociaux et certains médias, accusant “des individus malintentionnés et leurs complices” de relayer ces informations sans la moindre vérification.
Le président de l’Assemblée a également alerté sur les conséquences de ces allégations, qu’il estime dangereuses pour la crédibilité des institutions et pour la confiance des citoyens dans le fonctionnement normal des marchés publics. Il a précisé qu’aucun lien n’existe entre la procédure judiciaire en cours visant Cheikh Guèye et l’appel d’offres de l’Assemblée nationale.
Se fondant sur les dispositions des articles 255 et 260 du Code pénal sénégalais, qui répriment la diffusion de fausses nouvelles et la diffamation, El Malick Ndiaye a décidé de porter plainte contre Bachir Fofana, ainsi que contre les personnes qu’il accuse d’être ses complices et commanditaires.
À la suite de cette plainte, Bachir Fofana a été placé sous mandat de dépôt. Son procès en flagrant délit est programmé pour le 3 juillet prochain devant le tribunal de Dakar.
Cette affaire, qui survient dans un contexte où la question des rapports entre médias et pouvoirs publics est particulièrement sensible, suscite de vives réactions dans le paysage médiatique et politique sénégalais. Les organisations de presse, qui dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte aux libertés, appellent déjà à la libération du journaliste et à la recherche de solutions respectueuses des droits fondamentaux et de la déontologie.
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