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Justice

Affaire CBAO : Bocar Samba Dièye renonce aux milliards et réclame la réhabilitation de son honneur

Épuisé par près de vingt années de procédures judiciaires contre la CBAO, filiale du groupe Attijariwafa Bank, Bocar Samba Dièye a pris une décision aussi radicale que symbolique. À plus de 90 ans, l’ancien magnat de l’importation de riz affirme ne plus courir après l’argent. Face à la presse, ce dimanche 8 février 2026, il a annoncé renoncer aux sommes colossales qu’il estime lui être dues, conditionnant ce renoncement à une exigence unique : la réhabilitation de son nom.

Le doyen campe toutefois sur sa position quant au fond du dossier. Il rejette catégoriquement toute dette envers la banque et dit s’appuyer sur des rapports d’expertise qui lui donnent raison. « Le cabinet d’expertise a tranché en ma faveur en disant que la CBAO doit me verser 11 milliards 500 millions. Je précise que je ne dois rien à cette banque. Tout ce qu’ils disent est archi faux et j’ai toutes les preuves avec moi », a-t-il martelé. Malgré le blocage de ses comptes, l’homme d’affaires assure poursuivre ses activités et appelle désormais l’État à jouer un rôle d’arbitre, en organisant une table ronde afin de confronter les parties et dénouer le contentieux.

Avec le poids des années, la lassitude semble avoir pris le pas sur la quête de réparation financière. Dans un témoignage empreint d’émotion, Bocar Samba Dièye a dit vouloir refermer ce chapitre avant la fin de sa vie. « Je ne demande même plus à la CBAO de me payer les 11 milliards. Je veux juste tourner la page. Cette histoire a trop duré, elle a ruiné ma vie et m’a énormément retardé. Mais avant de m’en aller, je veux que mon honneur soit lavé », a-t-il insisté, évoquant une paix de l’âme devenue prioritaire.

Le dossier, qualifié de marathon judiciaire, remonte à 2008. Famara Ibrahima Cissé, président de l’Association des clients et sociétaires des institutions financières (ACSIF), y voit un déni de justice persistant. Selon lui, alors que des rapports homologués ordonnent la restitution des biens de l’homme d’affaires et le remboursement d’agios jugés indus, la procédure demeure enlisé. « À plus de 92 ans, il doit pouvoir recouvrer ce qui lui revient ou, à défaut, obtenir justice morale », plaide-t-il, redoutant une stratégie d’usure de la part de la banque.

Né d’une créance contestée par Bocar Samba Dièye, qui dénonce des pratiques bancaires abusives, ce contentieux dure depuis dix-huit ans. Malgré des décisions de justice évoquant 11 milliards de francs CFA de dommages et intérêts et la saisie de ses immeubles, aucune issue concrète n’a, à ce jour, été trouvée.

Aujourd’hui, le combat de Bocar Samba Dièye n’est plus celui d’un créancier en quête de réparation financière, mais celui d’un homme qui aspire à partir en paix, après avoir consacré sa vie à l’économie de son pays et à la construction d’un héritage qu’il souhaite voir honoré.


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