L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, frère cadet de l’ancien président Macky Sall, a été placé en garde à vue ce jeudi, en même temps que son épouse, à l’issue d’une longue audition à la Division des Investigations Criminelles (DIC). Cette décision intervient sur instruction du président du collège des juges d’instruction du Pôle Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) pour des faits présumés de blanchiment de capitaux.
Selon des sources proches du dossier, la CENTIF aurait relevé des mouvements financiers suspects liés à une société immobilière appartenant au couple Sall, ce qui a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire. Les enquêteurs de la DIC ont longuement entendu les deux mis en cause avant de décider de leur placement en garde à vue, mesure qui devrait précéder leur présentation devant le juge d’instruction.
Du côté de la défense, la réaction ne s’est pas fait attendre. L’avocat du couple, Me El Hadj Diouf, a vivement dénoncé une démarche qu’il juge « politique » et motivée par un « acharnement » contre la famille de l’ancien chef de l’État. « La loi du plus fort est toujours la meilleure. Faute d’avoir mis la main sur le président Macky Sall, on s’acharne aujourd’hui sur son jeune frère qui n’a rien fait », a-t-il déclaré à la presse, fustigeant une procédure qu’il qualifie de « déplorable » et « contraire à l’esprit de justice ».
L’avocat estime que le placement en garde à vue d’Aliou Sall et de son épouse « fait désordre », d’autant que, selon lui, toutes les preuves justifiant la légalité des opérations financières ont été fournies aux enquêteurs. « Ce pays est une démocratie consacrée et respectée. Mais elle est en train de craqueler », a-t-il ajouté, appelant au respect de la liberté des citoyens et à la fin des pratiques qu’il juge arbitraires.
Concernant les transactions immobilières au cœur du dossier, la défense a tenu à clarifier plusieurs points. Devant les enquêteurs, Aliou Sall a expliqué avoir créé une société immobilière avec son épouse, dans laquelle il détient 99 % du capital contre 1 % pour cette dernière. Il a confié la gérance de la société à sa femme, affirmant ne pas avoir le temps nécessaire pour assurer cette fonction lui-même.
Selon Me El Hadj Diouf, toutes les opérations effectuées dans le cadre de cette société étaient « régulières, normales et légales ». Il a ajouté que les documents comptables et bancaires ont été présentés aux enquêteurs de la DIC pour prouver la transparence des activités du couple.