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Affaire de la villa de la Cité Mourtalla : l’homme d’affaires sort du silence et accuse Mouhamed Aly Srour de manipulation

L’affaire de la villa de la Cité Mourtalla, située sur une aile de la VDN, continue de susciter une vive émotion au Sénégal. Après l’expulsion de Mouhamed Aly Srour, père de famille âgé de 56 ans, de la maison qu’il avait construite avec les siens, l’opinion publique s’est largement mobilisée sur les réseaux sociaux. Une cagnotte a même été lancée afin de lui permettre de racheter le terrain objet du litige et conserver ainsi son habitation.

Face à cette vague de soutien, l’homme d’affaires présenté comme propriétaire légal de la parcelle a décidé de prendre la parole dans les colonnes de L’Observateur. Il rejette catégoriquement toute idée de céder le terrain et affirme avoir été victime d’une tentative de manipulation depuis plusieurs années.

Dans son récit, il explique avoir acquis le terrain il y a environ sept ou huit ans. Selon lui, il avait confié la surveillance de la parcelle à des personnes chargées de la préserver de toute occupation illégale. Un jour, il reçoit un appel l’informant qu’un individu était en train de déblayer le terrain pour y construire une maison. Il dit s’être immédiatement rendu sur les lieux avant de saisir la Direction de la surveillance et du contrôle de l’occupation du sol (Dscos).

Quelques jours plus tard, il reçoit la visite de Mouhamed Aly Srour dans son bureau. L’homme d’affaires raconte que ce dernier s’est présenté en pleurs, allant jusqu’à se mettre à genoux pour implorer sa clémence. Il lui aurait expliqué avoir été victime d’une escroquerie lors de l’achat du terrain et avoir investi toutes ses économies dans le projet immobilier. Touché par cette situation, le propriétaire affirme avoir accepté le principe d’une vente du terrain pour lui éviter de perdre son investissement.

Il soutient que Mouhamed Aly Srour lui avait alors proposé un montant de 50 millions de francs CFA, tout en précisant qu’il n’était pas en mesure de payer immédiatement. L’homme d’affaires dit avoir accepté des paiements échelonnés afin de lui faciliter la tâche, affirmant que l’accord semblait conclu dans un climat apaisé.

Cependant, l’affaire aurait pris une autre tournure peu après. Le propriétaire affirme avoir été alerté par un ami travaillant dans un cabinet de notaire. Celui-ci lui aurait indiqué qu’un homme cherchait à vendre le terrain à travers une procuration portant son identité. Surpris, il convoque alors Mouhamed Aly Srour pour obtenir des explications. Selon ses déclarations, ce dernier lui aurait expliqué que la femme qui lui avait initialement vendu le terrain lui avait proposé de le remettre sur le marché afin de réaliser une plus-value supérieure aux 50 millions convenus.

Pour l’homme d’affaires, cette démarche a marqué une rupture définitive de confiance. Il affirme avoir immédiatement annulé tout accord de vente et engagé une procédure judiciaire. Il souligne également que Mouhamed Aly Srour a poursuivi les travaux de construction malgré les différentes étapes de la procédure judiciaire, y compris après une décision favorable obtenue en première instance. Selon lui, le chantier s’est poursuivi jusqu’à l’achèvement complet de la villa et l’installation de la famille sur les lieux.

Après plusieurs années de bataille judiciaire, la justice aurait définitivement tranché en faveur du propriétaire en 2025. Malgré cela, des médiations auraient encore été tentées pour trouver un arrangement à l’amiable. L’homme d’affaires affirme qu’un proche influent lui avait demandé de revenir sur sa position et d’accepter finalement de vendre le terrain selon les termes initiaux. Mais cette tentative aurait échoué, le médiateur lui ayant rapporté que Mouhamed Aly Srour ne disposait pas des moyens financiers nécessaires.

L’homme d’affaires affirme ensuite avoir accepté, par compassion, d’aider financièrement la famille à quitter les lieux. Il explique avoir remis 10 millions de francs CFA en décembre dernier, en présence de l’imam du quartier et d’un notable servant de témoin. Selon lui, une décharge signée par Mouhamed Aly Srour attestait de la réception de cette somme ainsi que de son engagement à quitter la maison en février 2026.

Mais arrivé à l’expiration du délai, le père de famille aurait refusé de libérer les lieux, poussant finalement à l’exécution de la procédure d’expulsion. Le propriétaire assure aujourd’hui ne plus vouloir entendre parler d’une quelconque vente, même en cas d’offre financière plus élevée.

Dans sa déclaration, il s’interroge sur le statut réel de victime dans cette affaire. Il estime avoir multiplié les gestes de bonne volonté sans obtenir de contrepartie. Selon lui, Mouhamed Aly Srour a toujours cherché à susciter la compassion pour se maintenir sur le terrain malgré les décisions de justice rendues en sa défaveur.


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