Entendu ce mercredi au fond par le Pool judiciaire financier (PJF) dans le cadre du dossier dit des 91 milliards de francs CFA, l’homme d’affaires Tahirou Sarr a livré une longue et détaillée version des faits, contestant avec vigueur les accusations portées contre lui. Incarcéré depuis le mois de février dernier à la suite d’un mandat de dépôt, le patron de Sofico SA a profité de son audition pour revenir sur la nature de ses relations d’affaires avec l’État du Sénégal, qu’il décrit comme anciennes, régulières et fondées sur des engagements financiers majeurs.
Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, Tahirou Sarr a affirmé avoir joué un rôle déterminant dans la mobilisation de ressources financières au profit des pouvoirs publics, bien avant l’ouverture des poursuites judiciaires à son encontre. Face aux magistrats du PJF, il a soutenu avoir levé sur le marché financier local des dizaines de milliards de francs CFA pour le compte de l’État, dans un contexte marqué, selon lui, par des besoins pressants de trésorerie.
Le journal du Groupe futurs médias précise que les montants avancés par l’homme d’affaires lors de son audition atteindraient près de 200 milliards de francs CFA mobilisés au bénéfice du Trésor public. Tahirou Sarr aurait ainsi insisté sur le caractère stratégique de son intervention financière, affirmant avoir agi dans un esprit de partenariat avec l’État, et non dans une logique de prédation ou d’enrichissement illicite, comme le laissent entendre les accusations dont il fait l’objet.
Toujours selon la même source, l’homme d’affaires a également révélé qu’à certaines périodes critiques, il aurait personnellement avancé des fonds à l’État du Sénégal afin de permettre le paiement des salaires, contribuant ainsi à éviter des tensions sociales et des dysfonctionnements au sein de l’administration. Ces avances de trésorerie, présentées comme exceptionnelles, auraient été consenties dans un climat d’urgence et de confiance mutuelle avec les autorités publiques de l’époque.
Par cette ligne de défense, Tahirou Sarr cherche manifestement à démontrer que ses relations financières avec l’État s’inscrivaient dans un cadre légal et utile aux finances publiques, et non dans un schéma de détournement ou de malversations. L’audition au fond marque ainsi une étape cruciale dans ce dossier sensible des 91 milliards de francs CFA, très suivi par l’opinion publique, et dont l’issue pourrait avoir des répercussions majeures tant sur le plan judiciaire que politique.