La procédure judiciaire visant Farba Ngom connaît un tournant important. La Chambre d’accusation financière a rendu une décision qui apporte un soulagement notable au député-maire d’Agnam, en confirmant l’ordonnance du juge d’instruction qui l’avait placé sous contrôle judiciaire. Selon les informations rapportées par le quotidien Les Échos, la juridiction a écarté l’essentiel des charges qui pesaient contre l’élu dans le cadre de l’enquête portant sur des flux financiers jugés suspects.
Au cœur du dossier se trouve la question de l’origine des fonds ayant alimenté certaines transactions financières. La Chambre d’accusation financière a estimé que les montants en cause relevaient de « deniers privés » et non de fonds publics détournés. Cette précision a joué un rôle central dans l’appréciation du dossier par les magistrats. L’argent, bien qu’issu du Trésor public dans le cadre de paiements pour des prestations, avait transité par les comptes de sociétés appartenant à Tahirou Sarr avant qu’une partie ne soit transférée vers des entreprises familiales liées à Farba Ngom. Pour la juridiction, ce circuit financier ne constitue pas, en l’état, la preuve d’un détournement de deniers publics.
Les juges ont ainsi considéré qu’aucun lien direct n’avait été établi entre ces virements et une perception illicite de fonds publics par l’élu. Cette analyse a fortement pesé dans la décision de maintenir Farba Ngom sous contrôle judiciaire plutôt que de le placer en détention.
De son côté, le Parquet financier avait sollicité un sursis à statuer. L’argument avancé reposait sur la possibilité de joindre cette affaire à celle impliquant Ndèye Seynabou Ndiaye, un dossier dans lequel une décision du Conseil constitutionnel est encore attendue. Cependant, la Chambre d’accusation financière n’a pas suivi cette position. Les magistrats ont estimé qu’il n’existait pas de lien suffisamment solide entre les deux procédures pour justifier un tel report. Ils ont également considéré que l’avis du Conseil constitutionnel n’était pas nécessaire pour se prononcer sur la question du maintien en détention ou non de Farba Ngom.
Dans son analyse, la juridiction a également relevé que les contestations soulevées par la défense du député-maire d’Agnam étaient sérieuses. Elle a rappelé qu’aucune preuve n’avait été présentée depuis l’ouverture de la procédure démontrant que des fonds publics auraient été directement versés dans les sociétés immobilières appartenant à Farba Ngom.
Les magistrats ont par ailleurs souligné un élément important du dossier : le co-inculpé de l’élu, Tahirou Sarr, avait déjà obtenu une liberté provisoire sur la base d’arguments similaires. Ce dernier avait produit des pièces justificatives attestant de l’origine et du circuit des virements concernés, ce qui avait contribué à fragiliser l’hypothèse d’un détournement de fonds publics.
Au terme de cet examen, la Chambre d’accusation financière a donc décidé de confirmer le placement de Farba Ngom sous contrôle judiciaire. Les juges ont notamment pris en compte le fait que l’intéressé dispose d’un domicile connu et présente des garanties de représentation suffisantes devant la justice.