Société
Affaire du terrain de la Cité Mourtalla : Moustapha Ndiaye livre sa version et rejette toute idée de vente
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par
Diack
L’affaire opposant Moustapha Ndiaye, président-directeur général de CCMN, à Mouhamed Aly Srour continue d’alimenter les débats et de susciter une vive émotion au Sénégal. Au cœur de cette affaire, un terrain situé à la Cité Mourtalla, objet d’un long contentieux judiciaire ayant conduit à l’expulsion de Mouhamed Aly Srour et de sa famille. Alors qu’une cagnotte a été lancée sur les réseaux sociaux afin de réunir 50 millions FCFA pour permettre à la famille expulsée de racheter le terrain, le propriétaire a décidé de sortir du silence pour livrer sa version des faits.
Dans un entretien accordé au quotidien L’Observateur, Moustapha Ndiaye affirme avoir acquis le terrain de manière totalement légale il y a plusieurs années. Selon lui, le litige a commencé lorsqu’il a été informé qu’un individu avait commencé à effectuer des travaux de construction sur le site sans son autorisation.
Il explique avoir immédiatement constaté la situation sur place avant de saisir la Dscos afin de signaler cette occupation qu’il considérait comme illégale. Quelques jours plus tard, Mouhamed Aly Srour se serait présenté à son bureau pour lui exposer sa situation.
D’après le patron de CCMN, l’homme lui aurait confié avoir été victime d’une escroquerie après avoir acheté le terrain auprès d’une femme qui lui aurait remis des documents qu’il croyait authentiques. Moustapha Ndiaye raconte que son interlocuteur, en pleurs, lui aurait expliqué avoir investi toutes ses économies dans la construction de sa maison et lui aurait demandé de faire preuve de clémence.
Touché par cette situation, il affirme avoir accepté d’envisager une solution amiable. Selon ses déclarations, Mouhamed Aly Srour lui aurait alors proposé de racheter le terrain pour un montant de 50 millions FCFA, malgré ses difficultés financières. Moustapha Ndiaye dit même avoir accepté l’idée d’un paiement échelonné afin de lui permettre de conserver la maison construite sur le terrain litigieux.
Cependant, les discussions auraient brutalement pris fin après un appel reçu d’un notaire. Le propriétaire affirme avoir appris qu’une personne s’était présentée dans le cabinet du notaire avec une procuration et une photocopie de sa carte d’identité afin de procéder à une vente du terrain.
Selon lui, Mouhamed Aly Srour lui aurait ensuite expliqué que la femme qui lui avait vendu le terrain l’avait recontacté afin de remettre le bien sur le marché dans l’espoir de le céder à un prix supérieur à 50 millions FCFA. Une version que Moustapha Ndiaye juge incohérente.
L’homme d’affaires estime en effet qu’il est incompréhensible qu’une personne se présentant comme victime d’escroquerie foncière accepte ensuite de collaborer à une nouvelle tentative de vente avec celle qu’il accuse de l’avoir trompé. Il s’interroge également sur le fait qu’aucune plainte n’ait été déposée contre cette femme.
Se disant trahi, Moustapha Ndiaye affirme avoir alors décidé d’engager des poursuites judiciaires. Après plusieurs années de bataille devant les tribunaux, il assure avoir obtenu gain de cause à toutes les étapes de la procédure judiciaire, ce qui a finalement conduit à l’expulsion de la famille.
Le patron de CCMN soutient toutefois avoir tenté d’aider Mouhamed Aly Srour avant l’exécution de la décision de justice. Il raconte que ce dernier s’était tourné vers l’imam du quartier pour solliciter un délai supplémentaire, affirmant ne pas disposer des moyens nécessaires pour financer son déménagement.
À la demande de proches et de médiateurs, Moustapha Ndiaye dit avoir accepté de lui remettre une aide financière de 10 millions FCFA. Selon ses explications, la somme aurait été remise en décembre dernier devant l’imam du quartier, en présence d’un témoin, avec une décharge signée entre les parties.
Toujours selon lui, Mouhamed Aly Srour s’était engagé à quitter les lieux en février 2026 avant de revenir sur sa décision après avoir encaissé l’argent. « Il a encaissé l’argent, mais il a refusé de partir », affirme-t-il.
Face à la vague de solidarité née sur les réseaux sociaux, Moustapha Ndiaye assure qu’il n’est désormais plus question pour lui de vendre le terrain. Il insiste sur le fait que le différend dépasse désormais l’aspect financier.
Le propriétaire a également démenti les rumeurs selon lesquelles il aurait réclamé 300 millions FCFA après le lancement de la cagnotte destinée à soutenir la famille expulsée. Il affirme n’avoir jamais évoqué un tel montant et précise qu’il considère le dossier clos depuis la fin de la procédure judiciaire.
De son côté, Mouhamed Aly Srour maintient qu’il est une victime dans cette affaire. Le père de famille explique avoir acheté le terrain auprès d’une femme qui lui avait présenté des documents qu’il croyait conformes. Il affirme avoir investi toutes ses économies dans la construction de sa maison avant de découvrir que le terrain appartenait légalement à une autre personne.
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