Le sort judiciaire de Farba Ngom sera fixé le 12 janvier prochain. À cette date, la Chambre pénale de la Cour suprême devra se prononcer sur une question à la fois juridique et humaine : le maintien en détention du député-maire des Agnam est-il compatible avec son état de santé, ou faut-il envisager soit son transfert dans une structure hospitalière adaptée, soit la levée pure et simple de son mandat de dépôt pour raisons médicales ?
Selon Les Échos, qui revient largement sur ce dossier sensible, la défense de l’ancien responsable de l’Alliance pour la République (APR) fonde l’essentiel de son argumentaire sur la dégradation jugée préoccupante de la santé de leur client. Quatre médecins spécialistes, dont un cardiologue et un urologue, ont été sollicités pour évaluer son état. Leurs conclusions sont sans équivoque : Farba Ngom souffrirait de pathologies incompatibles avec les conditions de détention actuelles, notamment en raison de l’absence d’un plateau technique approprié en milieu carcéral, capable de lui assurer un suivi médical conforme aux standards requis.
S’appuyant sur ces expertises médicales, les avocats invoquent l’article 140 du Code de procédure pénale. Cette disposition prévoit explicitement que la mainlevée du mandat de dépôt doit être ordonnée lorsque l’état de santé du prévenu est de nature à mettre en danger sa vie ou son intégrité physique. Pour la défense, le maintien en détention de Farba Ngom, en dépit des avis médicaux concordants, constituerait une violation manifeste de cette règle légale et un manquement grave aux droits fondamentaux du détenu.
Jusqu’à présent, rappelle le journal, le magistrat instructeur avait opté pour une solution intermédiaire en orientant Farba Ngom vers le pavillon spécial. Une décision que ses conseils ont jugée largement insuffisante au regard de la gravité des pathologies diagnostiquées. Par la suite, la Chambre d’accusation a ordonné son transfert dans un établissement hospitalier adapté, tout en maintenant le mandat de dépôt. Cette mesure, perçue comme une demi-mesure par la défense, n’aurait selon elle ni satisfait pleinement aux exigences médicales formulées par les spécialistes, ni respecté l’esprit de l’article 140 du Code de procédure pénale.
C’est dans ce contexte que la Cour suprême a été saisie. Les avocats de Farba Ngom soutiennent que leur client a déjà été entendu sur le fond de l’affaire et qu’il ne présente plus aucun risque pour le bon déroulement de l’instruction. Ils estiment, dès lors, qu’aucune justification objective ne subsiste pour un maintien en détention, surtout si celui-ci compromet gravement sa santé. Leur plaidoirie vise ainsi à obtenir la possibilité pour le responsable politique de bénéficier de soins appropriés en toute liberté, condition qu’ils jugent indispensable à la préservation de sa vie et de son intégrité physique.