La décision de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’annuler l’ensemble de la procédure visant Farba Ngom continue de susciter de vives réactions sur la scène politique sénégalaise. Parmi les voix les plus critiques, celle de l’ancien ministre conseiller du président Macky Sall, le Dr Yoro Dia, qui s’est exprimé ce vendredi 17 avril 2026 en des termes particulièrement sévères à l’égard des autorités judiciaires et du pouvoir en place.
Réagissant à la Une du journal L’Observateur, qui évoque un dénouement spectaculaire dans ce dossier, l’analyste politique considère que cette annulation constitue un revers majeur pour ceux qui ont porté l’accusation. Selon lui, la justice n’avait d’autre choix que de se désolidariser d’une démarche qu’il qualifie de « ridicule gros calibre », visant implicitement le ministère de la Justice.
Au cœur de cette affaire, la Chambre d’accusation a prononcé l’annulation de tous les actes de procédure, notamment les procès-verbaux numéros 28 et 50, ainsi que les réquisitoires introductifs et supplétifs du procureur. Cette décision, lourde de conséquences, entraîne de facto l’effondrement de l’accusation dans ce dossier lié à l’affaire des 125 milliards de francs CFA.
Pour Yoro Dia, cette issue illustre une victoire de l’État de droit sur ce qu’il décrit comme une tentative de dérive vers un « État légal », où la loi serait utilisée comme un instrument de règlement de comptes politiques. Il met particulièrement en cause l’usage de l’article L29, qu’il estime avoir été mobilisé dans une logique de ciblage d’individus plutôt que dans un esprit de justice équitable.
Dans une sortie au ton offensif, il va plus loin en annonçant « une autre Bérézina de Pastef en téléchargement », suggérant que le régime actuel s’exposerait à de nouveaux revers judiciaires dans sa gestion des dossiers impliquant des figures de l’opposition ou de l’ancien pouvoir.
Du côté de la défense, la réaction est tout aussi significative. L’avocat de Farba Ngom, Me Baboucar Cissé, cité par L’Observateur, se félicite de cette décision qu’il interprète comme la fin d’un long épisode d’acharnement judiciaire. Il affirme entrevoir désormais « le bout du tunnel », traduisant ainsi le soulagement du camp de son client après plusieurs mois de procédure.
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