L’affaire impliquant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau développement. Son épouse, Bineta Diaby, incarcérée depuis septembre dans le cadre de l’enquête pour escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, a été transférée ce dimanche du Camp pénal de Liberté 6 vers le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce service accueille généralement les détenus nécessitant une prise en charge médicale ou une surveillance particulière.
Selon les informations rapportées par le quotidien Enquête dans son édition de ce lundi, le transfert s’est déroulé en toute discrétion, en fin de journée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce déplacement. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’un souci de santé ou de mesures de sécurité liées à son statut dans cette affaire sensible.
Bineta Diaby avait été arrêtée en même temps que deux fils du journaliste et un proche de la famille, dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire. Elle est notamment citée dans la gestion de la Société Civile Immobilière (SCI) Pharaon, à travers laquelle des versements jugés suspects auraient été effectués. Ces transactions s’inscriraient dans un marché public d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA.
Le dossier, particulièrement complexe, s’articule autour de soupçons de détournements et de blanchiment de capitaux dans le cadre de contrats passés avec l’État. Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication et figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, rejette catégoriquement ces accusations. Il soutient que les fonds en question proviennent d’activités licites et transparentes, menées dans le respect des lois en vigueur.
Pendant que son épouse est hospitalisée à Dakar, le journaliste se retrouve lui-même confronté à la justice française. Malgré une mesure d’interdiction de sortie du territoire prononcée par les autorités sénégalaises, il avait réussi à quitter le pays. Il affirme toutefois n’avoir jamais été informé officiellement de cette restriction. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne avait expliqué son départ par la volonté de préparer sereinement sa défense, tout en assurant qu’il se tiendrait à la disposition de la justice pour « assumer [ses] responsabilités ».
Mais son séjour en France a pris une tournure judiciaire la semaine dernière, lorsqu’il a été interpellé sur le sol français à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Placé sous contrôle judiciaire, il est convoqué ce mardi 28 octobre devant la Cour d’appel de Versailles. Celle-ci devra se prononcer sur la demande d’extradition formulée par le Sénégal.