Un scandale financier secoue actuellement la Senelec, la société nationale d’électricité du Sénégal. Selon des révélations exclusives du quotidien Libération, la banque NSIA a prélevé plus de 2 milliards de francs CFA sur les comptes de Senelec, en application d’une garantie controversée accordée en 2020 au Comité sénégalais pour la sécurité des usagers de l’électricité (Cossuel).
Les faits remontent au 29 septembre 2020, lorsque l’ancienne direction de la Senelec a signé un document engageant la société nationale comme garante à première demande auprès de la NSIA Banque. Cette garantie, référencée sous le numéro Nbs/Corp/Ds/290922020, concernait un financement de 3,3 milliards FCFA destiné à soutenir les activités de contrôle et de certification des installations électriques domestiques et publiques lancées par le Cossuel.
Toutefois, selon les informations obtenues par Libération, le Cossuel n’aurait pas respecté ses engagements contractuels vis-à-vis de la banque, ce qui a conduit la NSIA à activer la garantie. Par conséquent, la banque a directement ponctionné les comptes de la Senelec pour un montant total de 2 206 682 747 FCFA au 10 avril 2025, incluant les appels à garantie et les commissions associées.
Cette situation inattendue a pris la nouvelle direction générale de la Senelec au dépourvu. Constatant ce qu’elle qualifie de « bombe à retardement » financière, elle a décidé de réagir en saisissant la justice. Une sommation-assignation a été déposée devant le tribunal de Commerce de Dakar, demandant l’annulation pure et simple de cette garantie. La Senelec réclame également le remboursement intégral des sommes prélevées, arguant que l’engagement pris par son ancienne direction est nul et de nul effet.
Cette affaire, qui oppose aujourd’hui la société publique à la banque NSIA, soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des garanties financières et la responsabilité des anciens dirigeants dans la signature de contrats engageant lourdement les finances publiques. Le litige est désormais entre les mains de la justice commerciale, qui devra trancher sur la validité de cette garantie et le sort des fonds prélevés.