Le tribunal de Pikine-Guédiawaye a rendu ce mercredi son verdict dans l’affaire dite Omart City, une vaste escroquerie immobilière qui a ému l’opinion publique et fait vaciller la confiance des Sénégalais dans les promoteurs privés. À l’issue d’un procès très suivi, le président d’Omart City Sénégal, Abdoulaye Mamadou Guissé, a été reconnu coupable d’escroquerie et condamné à deux ans de prison ferme. Il devra également rembourser l’ensemble des plaignants, conformément à la décision du tribunal.
Son directeur de cabinet, Pape Boubacar Camara, a pour sa part écopé d’un an de prison, dont six mois ferme. Les juges ont retenu contre lui une participation active dans le montage de l’opération frauduleuse, notamment dans la collecte des fonds et la signature de contrats fictifs de vente de terrains.
En revanche, Khady Faye, qui était poursuivie pour usurpation d’identité — elle se faisait passer pour une proche du président Bassirou Diomaye Faye afin d’attirer la confiance des investisseurs —, a été relaxée. Le tribunal a estimé que les charges retenues contre elle n’étaient pas suffisamment étayées par les éléments du dossier.
L’audience a également été marquée par de nouveaux rebondissements. En effet, près de 200 nouvelles victimes se sont constituées parties civiles, portant à plus de 700 le nombre total de personnes flouées par le projet Omart City. Ces dernières affirment avoir versé des sommes allant de 1 à 10 millions de francs CFA pour l’achat de parcelles qui n’ont jamais été livrées.
Selon les témoignages recueillis au cours du procès, l’entreprise promettait des terrains viabilisés à des prix attractifs, notamment dans la banlieue de Dakar et dans certaines localités de la Petite-Côte. De nombreux citoyens, séduits par des campagnes publicitaires agressives et des documents administratifs falsifiés, ont ainsi investi leurs économies, convaincus de devenir propriétaires dans un délai de quelques mois.
La condamnation du président d’Omart City marque un tournant dans la lutte contre les arnaques immobilières, un phénomène qui prend de l’ampleur au Sénégal depuis plusieurs années. Le tribunal a insisté sur la nécessité de protéger les citoyens contre ce type de pratiques et de renforcer la régulation du secteur.