Un scandale aux relents de favoritisme secoue le dossier du projet pétrolier de Sangomar. L’entreprise Noordzee Helikopters Vlaanderen-West Africa (NHV-WA), attributaire en 2020 du marché relatif à la fourniture de trois hélicoptères pour le transport du personnel et du fret de Woodside Energy, a été « injustement écartée » du projet, selon les révélations du journal Libération dans son édition de ce lundi.
Le marché, obtenu par appel d’offres, avait conduit NHV-WA à investir près de 5 milliards de francs CFA pour honorer ses engagements. Mais contre toute attente, la société a été évincée sans notification de motif valable, au profit de la société concurrente Héliconia, initialement écartée lors de l’évaluation des offres.
Dans une correspondance adressée aux nouvelles autorités sénégalaises, NHV-WA affirme que Woodside aurait évoqué des “pressions” exercées par des autorités de l’ancien régime pour justifier ce brusque revirement. « Les autorités de l’époque n’ont pas hésité à prendre un décret pour nous écarter », dénonce la société, qui va plus loin en accusant l’ancien pouvoir d’avoir souscrit dans le cabinet de la société concurrente Héliconia, en totale contradiction avec les principes de transparence et d’équité qui régissent les marchés publics.
Ce développement relance les débats sur la gouvernance du secteur extractif au Sénégal, notamment dans le contexte sensible de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Le projet Sangomar, piloté par Woodside, est l’un des plus stratégiques du pays, avec une mise en production attendue dans les mois à venir.
Face à ce qu’elle qualifie de “situation préoccupante”, NHV-WA a interpellé le gouvernement de la troisième alternance afin que lumière soit faite sur cette affaire. Elle appelle à une enquête indépendante sur les conditions de son exclusion et sur les liens éventuels entre certaines autorités de l’ancien régime et Héliconia.