Placé sous mandat de dépôt depuis le 16 octobre 2025 pour diffusion de fausses nouvelles, le journaliste Soya Diagne, administrateur général du site LeDakarois221, sera entendu au fond le 11 novembre prochain par le juge d’instruction. Cette audition marquera une étape importante dans une affaire qui suscite de nombreux commentaires au sein du milieu médiatique et sur les réseaux sociaux.
Le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar avait en effet décidé d’ouvrir une information judiciaire contre le journaliste à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’allégations graves de viol visant une ressortissante rwandaise. Ces accusations avaient été attribuées au président d’une institution nationale du Sénégal. Selon l’enquête préliminaire, ces informations se sont révélées fausses.
À l’origine de la polémique, une publication de l’activiste Ousseynou Seck, alias “Akhenaton”, qui avait d’abord relayé lesdites accusations avant que Soya Diagne ne les partage à son tour sur sa page Facebook personnelle. Cette reprise a conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le journaliste, considérée par le parquet comme une diffusion publique de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à porter atteinte à la réputation d’une institution nationale.
Dans son réquisitoire introductif, le procureur de la République a également requis un mandat d’arrêt international contre Akhenaton, actuellement hors du territoire sénégalais. Il lui est reproché « la diffusion de fausses nouvelles, des discours contraires aux bonnes mœurs, ainsi que des actes et manœuvres de nature à jeter le discrédit sur les institutions ».
L’audition au fond de Soya Diagne, prévue le 11 novembre, sera donc décisive pour la suite de la procédure. Ses avocats, qui plaident la bonne foi de leur client, estiment que ce dernier n’a fait que relayer une information déjà publique et que son intention n’était nullement de nuire. Du côté du parquet, on considère au contraire que ce partage constitue un acte de diffusion délibéré d’une fausse nouvelle, passible de sanctions prévues par le Code pénal.