La Délégation générale à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) a lancé une vaste opération judiciaire visant les bénéficiaires de prêts publics qui n’ont jamais honoré leurs obligations de remboursement, et ce malgré des montants parfois colossaux. Selon le quotidien Libération, cette initiative, menée sous l’impulsion de la déléguée générale Aïda Mbodj, fraîchement installée à la tête de l’institution, traduit une volonté ferme de récupérer des milliards de francs CFA évaporés sous couvert de financements fictifs ou de projets jamais réalisés. Plusieurs plaintes ont d’ores et déjà été déposées et des dossiers transmis à la Division des Investigations Criminelles (DIC) ainsi qu’à d’autres unités spécialisées.
La première arrestation a rapidement suivi cette décision. La DIC a interpellé M. Ndong, un homme se présentant comme agent de développement communautaire et domicilié à Ziguinchor, accusé d’abus de confiance. En juillet 2021, il avait bénéficié d’un financement de 27 849 000 FCFA destiné à la construction d’une boulangerie dans la région. Quatre ans plus tard, aucun chantier n’a été lancé, aucune boulangerie n’a vu le jour et aucune activité génératrice de revenus n’a été mise en place. Pire encore, M. Ndong n’a remboursé qu’une fraction dérisoire du prêt, à savoir 600 000 FCFA sur les près de 28 millions contractés, alors que le remboursement devait s’étaler sur 60 mois.
Lors de son audition par la DIC, M. Ndong a reconnu les faits et tenté de se défendre en sollicitant un moratoire, espérant obtenir un étalement du remboursement afin d’échapper à la rigueur de la loi. Mais la DER/FJ, désireuse de faire de cet exemple un signal fort, ne semble pas prête à tolérer davantage les dérives qui ont longtemps vidé ses caisses au détriment des véritables entrepreneurs.
Cette opération n’est qu’un début. Selon les sources de Libération, plusieurs procédures similaires sont déjà en cours, et des dizaines de dossiers sont en voie de transmission vers la DIC et d’autres brigades spécialisées. Ces enquêtes concernent à la fois des individus isolés et des groupements ayant détourné ou abandonné des financements publics, signe que la DER/FJ entend désormais renforcer la rigueur dans la gestion des fonds publics alloués à l’entrepreneuriat féminin et jeune.