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Altercation avec le préfet de Kaolack : Serigne Mboup dénonce une « entrave inacceptable » à son autorité

La tension est montée d’un cran ce dimanche 3 août 2025 à Kaolack, après une altercation filmée entre le préfet et le maire de la ville, Serigne Mboup, sur fond de désaccord autour d’une opération de reboisement menée dans le quartier de Touba Ndorong. La vidéo de leur échange houleux a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions sur les rapports entre administration territoriale et autorités municipales.

À l’origine de l’incident, une opération de plantation d’arbres initiée par une association étrangère, que la mairie considère comme illégale. Selon Serigne Mboup, cette structure, dont le nom n’a pas été cité, a été écartée par la municipalité en raison de « pratiques douteuses » et aurait malgré tout tenté d’imposer une activité parallèle, sans l’aval des autorités locales compétentes. Il leur reproche notamment d’avoir collecté des fonds à l’étranger en utilisant le nom de Kaolack, sans aucun cadre légal.

Dans un post publié sur Facebook, le maire a précisé que la ville de Kaolack avait lancé le même jour un ambitieux programme municipal de reboisement, en coordination avec les services des Eaux et Forêts. L’initiative prévoit notamment la plantation de 20 000 mangroves sur le littoral et la distribution de 50 000 arbres fruitiers à la population, dans une logique de développement durable et de responsabilisation citoyenne. Pour Serigne Mboup, l’intervention de l’association étrangère constituait une entrave grave à cette politique municipale.

C’est dans ce contexte que l’édile s’est rendu sur les lieux pour faire cesser l’opération contestée. Il y aurait alors croisé le préfet, qui, selon les images diffusées, lui aurait intimé l’ordre de « dégager ». Ce à quoi le maire a répondu avec fermeté : « Tu ne peux pas me dire de dégager, je suis une autorité ». Un échange tendu, symptomatique d’un conflit de compétence et d’une mésentente manifeste entre deux niveaux de pouvoir.

L’incident a immédiatement relancé le débat sur la répartition des responsabilités entre préfets, représentants de l’État, et maires, élus locaux détenteurs d’un pouvoir de proximité. Dans sa déclaration, Serigne Mboup a rappelé que le Code général des collectivités territoriales lui confère l’autorité sur le domaine public communal, y compris dans le cadre d’opérations environnementales comme celle-ci. Il estime que l’intervention du préfet, dans ce cas précis, s’apparente à une « entrave inacceptable » à l’exercice légitime de ses prérogatives.

Alors que les réactions se multiplient dans l’opinion, certains observateurs appellent à une clarification du rôle de chacun pour éviter ce genre de débordements. Le différend entre le préfet et le maire de Kaolack met en lumière les tensions persistantes entre administration déconcentrée et décentralisation, dans un pays où la réforme territoriale reste un chantier en évolution.


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