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And Samm Jikko Yi dénonce un scandale d’abus sexuels et somme l’État de criminaliser l’homosexualité avant le 8 avril

Le mouvement And Samm Jikko Yi est monté au créneau ce lundi lors d’un point de presse marqué par de vives déclarations et un ultimatum adressé aux autorités sénégalaises. L’organisation affirme qu’une enquête conjointe entre les polices sénégalaise et française aurait permis de démanteler un réseau criminel transnational impliqué dans des abus sexuels sur mineurs et dans la transmission volontaire du VIH/SIDA. Selon ses responsables, le principal suspect serait un ressortissant français nommé Pierre Robert, présenté comme le cerveau du réseau.

D’après les éléments exposés devant la presse, ce réseau aurait recruté de jeunes désœuvrés afin de les impliquer dans la production de vidéos à caractère pornographique. Les victimes, décrites comme des mineurs, auraient été droguées, puis violées, les actes étant filmés et diffusés en direct. L’organisation soutient également que certaines victimes auraient été volontairement contaminées au VIH lors de ces violences. Des accusations d’une extrême gravité qui, si elles étaient confirmées par les autorités judiciaires, constitueraient l’un des plus importants scandales criminels récents liés à l’exploitation sexuelle au Sénégal.

Au cours de son intervention, And Samm Jikko Yi a établi un parallèle historique controversé, qualifiant le suspect présumé de « nostalgique de la traite négrière ». Une comparaison qui illustre le ton particulièrement ferme adopté par le mouvement, déterminé à inscrire cette affaire dans un registre moral et politique plus large.

Au-delà de la dénonciation du réseau criminel, le point de presse a surtout servi de tribune pour relancer le débat sur la législation relative à l’homosexualité au Sénégal. Les responsables du mouvement ont remis en question le cadre constitutionnel et juridique en vigueur, estimant que celui-ci ne permettrait pas, selon eux, une répression suffisante de l’homosexualité. Ils ont notamment évoqué l’article 319, alinéa 3 du Code pénal, qu’ils jugent inadapté, ainsi que certaines conventions internationales ratifiées par le Sénégal, dont le Protocole de Maputo, qu’ils considèrent comme des obstacles à une criminalisation plus explicite.

Les dirigeants d’And Samm Jikko Yi ont également interrogé la nature laïque de l’État sénégalais, estimant qu’elle serait en décalage avec la sociologie religieuse du pays. Ils ont soutenu que les textes fondamentaux actuels s’inspireraient largement du modèle français et qu’ils devraient être révisés pour refléter davantage, selon eux, les valeurs culturelles et religieuses nationales.

Le mouvement a par ailleurs rappelé les démarches entreprises auprès des nouvelles autorités depuis leur accession au pouvoir en mars 2024. Une première correspondance aurait été adressée le 24 mai 2024, suivie d’une seconde lettre le 13 janvier 2025 au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’au Premier ministre Ousmane Sonko. Des audiences auraient ensuite été accordées, notamment avec le président de l’Assemblée nationale en février 2025 et avec le groupe parlementaire Pastef en mai de la même année. And Samm Jikko Yi affirme également avoir organisé plusieurs rassemblements publics, dont la « Journée Raibon » tenue à Kolda en janvier 2026.

Malgré ces initiatives, le mouvement se dit insatisfait des réponses obtenues jusqu’ici, qu’il qualifie de promesses non suivies d’effets. Il rappelle que l’actuel gouvernement a été élu sur des engagements de rupture et de souveraineté nationale, y compris face aux pressions internationales sur les questions liées au genre et aux droits humains. Dans cette optique, And Samm Jikko Yi affirme que la criminalisation de l’homosexualité constituerait, selon lui, un engagement central de campagne qui devrait être honoré.

En conclusion, l’organisation fixe une date butoir au 8 avril, au-delà de laquelle elle se réserve le droit de définir la suite à donner à sa démarche, sans préciser la nature des actions envisagées. Ce nouvel ultimatum intervient dans un contexte déjà sensible, où les questions liées aux droits, aux libertés individuelles et à la protection des mineurs suscitent de vifs débats au sein de la société sénégalaise.


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