Politique
ARC critique la communication présidentielle et appelle à un recentrage sur les urgences nationales
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par
Diack
Le bureau politique de l’Alliance pour la République et la Citoyenneté (ARC) a vivement réagi à la récente sortie médiatique du président Bassirou Diomaye Faye, estimant que l’exercice, pourtant salutaire dans son principe, n’a pas répondu aux attentes prioritaires des Sénégalais. Dans un communiqué au ton ferme, le parti déplore un décalage entre les préoccupations exprimées lors de l’entretien et les réalités socio-économiques auxquelles le pays est confronté.
L’ARC reconnaît néanmoins la pertinence de l’initiative présidentielle, saluant un effort de transparence et d’ouverture envers la presse. Mais cette reconnaissance est rapidement nuancée par une critique de fond : selon le bureau politique, l’intervention a été dominée par des considérations politiques internes, reléguant au second plan les défis urgents qui affectent directement le quotidien des citoyens. Le parti estime que le moment aurait dû être saisi pour apporter des réponses concrètes et tracer des perspectives claires face à une conjoncture jugée préoccupante.
Dans son analyse, l’ARC évoque une situation nationale marquée par plusieurs tensions majeures. Sur le plan économique, le parti alerte sur un ralentissement significatif de la croissance, annoncée à 2,5 % en 2026 contre 6,7 % l’année précédente. Une évolution qui, selon lui, appelle des mesures immédiates et pragmatiques, lesquelles n’ont pas été clairement exposées lors de l’entretien. Le silence sur la dette intérieure est particulièrement pointé du doigt, celle-ci étant considérée comme un frein important pour les entreprises locales.
Au-delà des indicateurs économiques, l’ARC met en lumière les difficultés persistantes dans les secteurs sociaux. Le système de santé reste fragilisé par des revendications syndicales récurrentes, tandis que le secteur de l’éducation continue de susciter de vives inquiétudes. La question de l’emploi des jeunes, quant à elle, est présentée comme un angle mort du discours présidentiel, malgré la proclamation de 2026 comme année dédiée à cette problématique. Le parti souligne qu’en l’absence de progrès visibles, une partie de la jeunesse se tourne vers l’émigration clandestine, perçue comme une issue désespérée.
Dans ce contexte, l’ARC s’interroge sur la portée réelle de l’entretien présidentiel, allant jusqu’à se demander s’il ne traduit pas une forme d’impuissance face aux enjeux structurels du pays. Le communiqué évoque également des inquiétudes liées à la justice, à la sécurité territoriale et à la diplomatie, jugée affaiblie dans un environnement régional marqué par la menace terroriste.
En conclusion, le bureau politique lance un appel direct au chef de l’État, l’exhortant à se hisser au-dessus des querelles partisanes et à incarner pleinement son rôle de président de tous les Sénégalais. L’ARC insiste sur la ضرورة de privilégier l’action concrète et les décisions structurantes, estimant que l’heure n’est plus aux discours politiques mais à la mise en œuvre de solutions capables de répondre efficacement aux attentes de la population.
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