Société
Arrestation de Karim Xrum Xax : la société civile dénonce une atteinte aux libertés fondamentales
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par
Diack
L’arrestation de l’activiste Abdou Karim Guèye, plus connu sous le nom de Karim Xrum Xax, intervenue le lundi 12 janvier à la place de l’Indépendance à Dakar, continue de susciter une vague d’indignation au sein de la société civile sénégalaise. Interpellé alors qu’il prenait part à une manifestation de personnes en situation de handicap, l’activiste se retrouve au cœur d’un débat plus large sur le respect des libertés publiques et du droit de manifester au Sénégal.
La mobilisation à laquelle participait Karim Xrum Xax visait à attirer l’attention des autorités sur les difficultés persistantes rencontrées par les personnes en situation de handicap, notamment en matière d’inclusion sociale, d’accès aux services publics et de respect de leurs droits. Selon plusieurs témoins, la manifestation se déroulait de manière pacifique lorsque les forces de l’ordre sont intervenues, procédant à l’arrestation de l’activiste. Cette interpellation a rapidement provoqué des réactions indignées, tant sur les réseaux sociaux que parmi les organisations de défense des droits humains.
Parmi les voix les plus audibles figurent celles de Seydi Gassama et d’Alioune Tine, deux figures emblématiques de la lutte pour les droits de l’homme au Sénégal. Le directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal, Seydi Gassama, a dénoncé une arrestation qu’il juge incompatible avec les principes démocratiques. Insistant sur la nécessité de protéger les libertés publiques, il a rappelé que la participation à une manifestation pacifique ne saurait constituer une infraction pénale. Selon lui, même lorsqu’une manifestation n’est pas préalablement déclarée ou autorisée, la répression judiciaire n’est pas une réponse acceptable dans un État de droit qui se veut respectueux des droits et libertés fondamentaux. Il a ainsi exigé la libération immédiate de Karim Xrum Xax et le respect effectif du droit de réunion pacifique.
Dans le même sillage, Alioune Tine, fondateur du centre de réflexion et d’action Afrikajom Center, a qualifié l’arrestation de grave atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise. Pour lui, l’exercice des libertés publiques, qu’il s’agisse de la liberté d’expression, de réunion ou de manifestation, ne peut être assimilé à un crime. Il a estimé que ce sont plutôt les arrestations et détentions arbitraires qui posent un véritable problème dans une démocratie, car elles fragilisent l’État de droit et nourrissent un climat de méfiance entre les citoyens et les institutions.
Au-delà du cas individuel de Karim Xrum Xax, cette affaire relance le débat sur la gestion de l’ordre public et le respect des libertés civiques au Sénégal. De nombreux acteurs de la société civile considèrent que la répression de manifestations pacifiques, en particulier lorsqu’elles concernent des groupes vulnérables comme les personnes en situation de handicap, envoie un signal inquiétant. Ils appellent les autorités à privilégier le dialogue, l’écoute et la concertation plutôt que des réponses sécuritaires perçues comme disproportionnées.
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