Le Sénégal prévoit de lancer en 2027 le bilan annuel ciblé (BAC), une stratégie destinée à instaurer une culture du contrôle médical périodique et à favoriser le dépistage précoce des maladies chroniques, rapporte Seneweb. L'annonce a été faite mercredi à Dakar par Dr Moustapha Diop, directeur de la lutte contre la survenue des maladies, lors du lancement de la campagne nationale de l'Association sénégalaise de soutien aux diabétiques (ASSAD).
« Notre ambition, c'est vraiment d'amener les Sénégalais et les Sénégalaises à avoir la culture du bilan », a-t-il expliqué. Le dispositif doit permettre à chacun de bénéficier d'un bilan adapté à son âge, à son sexe et à ses facteurs de risque. Il concernera d'abord les travailleurs du secteur formel, avant une extension progressive, avec un financement envisagé via l'assurance maladie et les mutuelles de santé.
En attendant, les autorités mettent en avant plusieurs mesures. La subvention de l'insuline est passée de 300 à 520 millions de FCFA, et les antidiabétiques figurent sur la liste des médicaments essentiels, disponibles à la Pharmacie nationale d'approvisionnement (PNA). Le pays compte 27 centres intégrés de prise en charge du diabète et de l'hypertension, avec un objectif de 28 structures et un nouveau centre annoncé à Pouva.
Selon l'enquête STEPS 2024 présentée par Dr Moustapha Diop, la prévalence du diabète atteint 4,2 % chez les 18-69 ans, contre 3,4 % en 2015. Elle grimpe à 6 % chez les 45-59 ans et à 14 % chez les 66-69 ans. « Sans données, c'est du pilotage à vue », a-t-il souligné, en évoquant l'intégration des informations sur le diabète et l'hypertension dans une plateforme nationale de suivi.
De son côté, l'ASSAD entend renforcer son plaidoyer pour un meilleur accès aux soins, aux médicaments et aux dispositifs de suivi de la glycémie. L'association rappelle que vivre avec le diabète exige un traitement au long cours, qui pèse sur la capacité financière des ménages, et veut jouer un rôle de relais entre les patients, les professionnels de santé et les pouvoirs publics. Pour elle, un diagnostic précoce perd une partie de sa portée lorsque l'accès aux soins et aux médicaments demeure difficile.






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