Le gestionnaire d’incident diphtérie au ministère de la Santé, Dr Jean-Pierre Diallo, alerte sur la vitesse de progression de la maladie. Il indique que le pays comptait 76 cas et neuf décès au 13 septembre, avant de passer à 114 cas et 11 décès une semaine plus tard. Cette évolution porte le taux de létalité à environ 10 %.
La région de Kédougou demeure le principal foyer identifié, avec 33 cas, dont 23 dans le district de Kédougou, huit à Saraya et deux à Salémata. Elle est suivie par Louga avec 16 cas, Dakar avec 15, Diourbel avec 13 et Thiès avec 12 cas. Les autres régions touchées sont Matam, Tambacounda, Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Ziguinchor et Fatick.
La situation est particulièrement préoccupante chez les enfants. Les 5 à moins de 15 ans représentent 54,4 % des cas recensés, soit 62 personnes. Selon le Dr Jean-Pierre Diallo, cette forte exposition s’explique notamment par l’existence de « poches » d’enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés, particulièrement dans les zones rurales et frontalières.
Le spécialiste souligne que, malgré une couverture vaccinale nationale jugée globalement bonne, des disparités persistent sur le terrain. Les zones enclavées, rurales ou frontalières sont plus difficiles à atteindre, tandis que la mobilité des populations dans certaines zones, notamment autour des sites d’orpaillage de Kédougou, constitue un autre facteur de circulation de la maladie.
La diphtérie est une maladie infectieuse et contagieuse qui se transmet notamment par les gouttelettes respiratoires lors de la toux ou des éternuements, ainsi que par contact direct. Elle peut provoquer des maux de gorge, de la fièvre, des difficultés à avaler, un enrouement ou un gonflement du cou. Dans les formes graves, des difficultés respiratoires peuvent apparaître.
Face à cette progression, les autorités sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination, qui permet de prévenir la maladie. Le ministère invite les parents à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants et à compléter les doses éventuellement manquantes conformément au calendrier du Programme élargi de vaccination.
Les services de santé recommandent également de consulter rapidement une structure sanitaire dès l’apparition de symptômes évocateurs et déconseillent le recours à l’automédication.
Avec 114 cas confirmés et 11 décès au 20 septembre, l’épidémie constitue désormais un enjeu sanitaire national, avec une surveillance renforcée dans les 31 districts concernés et une attention particulière portée aux enfants insuffisamment vaccinés.





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