Présent à cette occasion, le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Mamba Guirassy, a invité les acteurs de l’éducation à repenser profondément la place et la mission de l’enseignant dans un environnement marqué par l’accès massif à l’information et le développement rapide des outils numériques.
Pour le ministre, l’évolution technologique impose de dépasser la conception traditionnelle de l’enseignant comme simple détenteur et transmetteur de connaissances. « L’enseignant est un transmetteur de sens, pas de savoir », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de replacer l’humain au cœur du processus éducatif.
Moustapha Mamba Guirassy a ainsi souligné l’importance de développer chez les élèves des valeurs et des compétences que les outils numériques et l’intelligence artificielle ne sauraient remplacer. L’empathie, le vivre-ensemble, le sens des responsabilités et la capacité à donner du sens aux apprentissages doivent, selon lui, occuper une place centrale dans l’école de demain.
Cette réflexion sur l’avenir du métier d’enseignant intervient alors que l’intelligence artificielle transforme progressivement les méthodes d’apprentissage, l’accès aux connaissances et les pratiques pédagogiques. Pour les acteurs du secteur, ces changements nécessitent une adaptation de l’école et une meilleure préparation des enseignants aux nouveaux outils et usages numériques.
De son côté, le secrétaire général national du SAEMSS, El Hadji Malick Youm, a mis l’accent sur les difficultés qui continuent de peser sur le fonctionnement du système éducatif. Il a notamment évoqué le déficit d’enseignants, les lenteurs constatées dans la gestion des carrières ainsi que la persistance des abris provisoires dans certaines zones du pays.
Le responsable syndical a également plaidé pour une adaptation du système éducatif aux transformations technologiques en cours. Selon lui, la révolution numérique constitue désormais un enjeu incontournable aussi bien pour l’école que pour le mouvement syndical enseignant, appelé lui aussi à faire évoluer ses pratiques et ses modes d’organisation.
Le 6ᵉ Congrès a également été l’occasion pour le SAEMSS de présenter les principaux acquis enregistrés durant le mandat écoulé. Le syndicat cite notamment la revalorisation salariale, la révision du statut des décisionnaires ainsi que la signature d’un nouveau protocole d’accord en avril 2026.
Ces acquis ont été mis en perspective avec les revendications et les défis qui demeurent dans le secteur de l’éducation. Les discussions ont notamment porté sur les conditions de travail des enseignants, la gestion des carrières et les perspectives d’amélioration du système éducatif.
Placée sous le thème de la transformation digitale et de ses enjeux pour l’avenir du mouvement syndical enseignant, cette 6ᵉ édition du Congrès du SAEMSS a ainsi ouvert une réflexion plus large sur les mutations de l’école sénégalaise. Entre les défis structurels persistants et les bouleversements liés au numérique et à l’intelligence artificielle, les acteurs de l’éducation sont appelés à repenser leurs pratiques afin d’accompagner les nouvelles générations dans un environnement en pleine transformation.





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