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Société

Rejet de la requête de Guy Marius Sagna : Assane Samb pointe un manque de soutien interne et évoque un calcul politique du Pastef

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, qui visait la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Motif avancé : le non-respect du Règlement…

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Rejet de la requête de Guy Marius Sagna : Assane Samb pointe un manque de soutien interne et évoque un calcul politique du Pastef

Le Bureau de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de résolution déposée par le député Guy Marius Sagna, qui visait la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Motif avancé : le non-respect du Règlement intérieur de l’institution, notamment de son article 103, qui encadre strictement les conditions de recevabilité de ce type d’initiatives parlementaires.

Cette décision, tombée à l’issue d’une réunion du Bureau, suscite déjà de nombreuses réactions dans l’espace politique et médiatique. Parmi elles, celle de l’analyste politique Assane Samb, qui estime que le mode d’action de Guy Marius Sagna révèle un isolement politique au sein même de son camp. Selon lui, le fait que le député ait agi seul, sans le soutien formel de son groupe parlementaire Pastef, traduit un manque d’adhésion collective à cette démarche.

« Le mode de saisine solitaire de Guy Marius Sagna pose question. Est-ce à dire que ses camarades ne partagent pas la même idée, ou bien considèrent-ils que la procédure est vouée à l’échec ? », s’est interrogé Assane Samb, estimant que cette attitude trahit une certaine prudence, voire une réserve politique au sein de la majorité parlementaire.

L’analyste explique que, même si cette proposition a peu de chances d’aboutir sur le plan juridique — en raison notamment de l’immunité présidentielle dont bénéficie Macky Sall pour les actes posés durant son mandat —, elle demeure une arme politique stratégique pour le pouvoir en place.

« Cette volonté de mise en accusation n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une logique politique. Pour le Pastef, elle pourrait servir à dissuader Macky Sall de revenir au Sénégal et à fragiliser son parti. Car, qu’on le veuille ou non, Macky Sall reste un adversaire redoutable pour la majorité actuelle », analyse Assane Samb.

Selon lui, une telle démarche permettrait au camp au pouvoir d’entretenir un climat d’incertitude autour de l’ancien chef de l’État, de maintenir la pression sur son entourage politique et d’occuper le terrain symbolique de la reddition des comptes.

« Même si Macky Sall n’est jamais inquiété par la justice, le simple fait de brandir la menace d’une procédure constitue déjà un gain politique. Cela envoie un signal fort à l’opinion et affaiblit moralement le camp de l’ancien président », ajoute l’analyste.

Toutefois, Assane Samb invite à la prudence politique, estimant qu’une telle logique pourrait s’avérer dangereuse à long terme. Il met en garde contre « l’esprit de vengeance » qui, selon lui, risquerait d’installer un précédent préjudiciable à la stabilité institutionnelle du pays.

« Si chaque majorité cherche à poursuivre les anciens présidents, le Sénégal perdra de sa crédibilité démocratique. Ce serait une pente glissante, susceptible d’affaiblir l’ensemble des institutions et de ternir l’image du pays à l’international », avertit-il.

Pour rappel, le Bureau de l’Assemblée nationale a examiné huit initiatives parlementaires, dont celle de Guy Marius Sagna. Sept d’entre elles ont été jugées irrecevables, pour des motifs similaires liés à la non-conformité avec les articles 51, 69 et 103 du Règlement intérieur. Ce dernier dispose qu’une résolution ne peut être soumise à l’examen que si elle émane d’une commission parlementaire, d’un groupe constitué, ou d’un nombre de députés non-inscrits représentant au moins un dixième des membres de l’Assemblée.

De son côté, Guy Marius Sagna a pris acte de cette décision, tout en contestant son bien-fondé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, le député soutient que sa proposition avait été formulée sous l’ancien Règlement intérieur, et non sous le nouveau cadre utilisé pour justifier son irrecevabilité. Il a également affirmé son intention de corriger et de réintroduire sa proposition, réitérant sa détermination à voir la justice se pencher sur la gestion de l’ancien régime.

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