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Société

Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des…

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Décentralisation : le Sénégal prépare un Acte IV ambitieux pour refonder la gouvernance territoriale

La région de Kédougou a accueilli, durant deux jours, des travaux décisifs pour l’avenir de la gouvernance locale au Sénégal. Sous la conduite de Moussa Balla Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, acteurs institutionnels, élus locaux et représentants de la société civile ont posé les jalons de ce qui est présenté comme l’Acte IV de la décentralisation, une réforme d’envergure appelée à transformer en profondeur l’organisation et le fonctionnement des territoires.

Après dix-huit mois de travail préparatoire, de concertations et de consultations intensives à l’échelle nationale, le gouvernement sénégalais affiche une ambition assumée : faire du Sénégal une référence continentale en matière de gouvernance locale. Pour les autorités, il ne s’agit plus de simples ajustements techniques, mais d’un changement structurel destiné à corriger les limites observées dans les précédents actes de la décentralisation et à répondre aux nouvelles exigences du développement territorial.

Devant les acteurs territoriaux réunis à Kédougou, le ministre Moussa Balla Fofana a insisté sur la portée historique de cette réforme. Selon lui, l’Acte IV vise une évolution profonde du système de décentralisation, capable de hisser le Sénégal à un niveau supérieur par rapport aux standards africains actuels. « C’était notre ambition : mettre la décentralisation sénégalaise à un niveau qui peut même dépasser celui des autres nations africaines et faire du Sénégal un pays cité en exemple pour le sérieux et la profondeur de l’évolution de sa gouvernance locale », a-t-il déclaré.

Fruit d’un dialogue permanent avec les faîtières des élus locaux, l’administration territoriale et les organisations de la société civile, la réforme repose sur quinze axes majeurs, dont les grandes orientations commencent à se dessiner. Si l’ensemble des points n’a pas encore été rendu public, le ministre a levé le voile sur plusieurs piliers appelés à impacter directement le quotidien des collectivités et des citoyens.

Au cœur de l’Acte IV figure la question de la souveraineté financière des collectivités territoriales. Le gouvernement entend instaurer une nouvelle fiscalité locale spécifique, destinée à renforcer l’autonomie financière des municipalités et à réduire leur dépendance vis-à-vis des transferts de l’État central. L’objectif est de permettre aux communes de disposer de ressources propres suffisantes pour planifier et mettre en œuvre leurs politiques de développement.

La réforme prévoit également une professionnalisation accrue de la gestion locale. La création d’une véritable fonction publique locale et de services techniques performants est envisagée afin de mieux prendre en charge des domaines clés comme l’urbanisme, l’aménagement du territoire et la gestion des équipements publics. Cette approche vise à doter les collectivités de compétences techniques solides, capables de répondre aux défis croissants de l’urbanisation et du développement durable.

L’amélioration de l’offre de services publics constitue un autre axe central de l’Acte IV. Une refonte des organigrammes municipaux est annoncée, avec pour ambition d’assurer aux citoyens des services de proximité plus efficaces, mieux organisés et plus accessibles. Il s’agit, pour l’État, de rapprocher davantage l’administration des populations et de restaurer la confiance entre les collectivités et les administrés.

La question de la cohérence territoriale est également au cœur des réflexions. Le gouvernement entend corriger les découpages jugés illogiques ou non viables, afin de garantir à chaque commune une cohérence technique et sociale. Pour les autorités, une collectivité territoriale ne peut plus être conçue comme une simple entité administrative. Elle doit être économiquement viable, techniquement fonctionnelle et socialement acceptée par les populations qu’elle administre.

En lançant ce chantier de l’Acte IV de la décentralisation, sous l’impulsion du président de la République et du Premier ministre, Moussa Balla Fofana ouvre la voie à une nouvelle ère de développement territorial. Une vision dans laquelle le progrès du Sénégal ne sera plus uniquement impulsé depuis Dakar, mais porté par l’ensemble des territoires, de Kédougou à Saint-Louis, en passant par les zones les plus enclavées du pays.

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