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Fraudes à l’état civil : l’ANEC reconnaît l’ampleur du phénomène et pointe les failles du système

Le phénomène de la fraude à l’état civil prend de l’ampleur au Sénégal. Si les autorités restent prudentes sur l’évaluation chiffrée du nombre de cas, elles reconnaissent néanmoins la multiplication des fraudes ces dernières années. Dans un entretien paru…

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Fraudes à l’état civil : l’ANEC reconnaît l’ampleur du phénomène et pointe les failles du système

Le phénomène de la fraude à l’état civil prend de l’ampleur au Sénégal. Si les autorités restent prudentes sur l’évaluation chiffrée du nombre de cas, elles reconnaissent néanmoins la multiplication des fraudes ces dernières années. Dans un entretien paru ce jeudi dans L’Observateur, le directeur général de l’Agence nationale de l’État civil (ANEC), Matar Ndao, a admis l’ampleur du problème tout en soulignant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau.

« Il faut reconnaître que ces dernières années, il y a beaucoup de cas de fraudes » à l’état civil, a déclaré Matar Ndao. Le directeur général de l’ANEC estime toutefois que la nouveauté réside surtout dans la capacité accrue des services à détecter ces pratiques, mais également dans leur forte médiatisation.

Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette situation. Parmi les principales causes avancées figure l’organisation historique du système d’état civil sénégalais, longtemps dominé par des procédures manuelles. « Pendant longtemps, notre système d’état civil est resté essentiellement manuel avec des registres physiques, des procédures insuffisamment harmonisées et parfois l’utilisation de solutions informatiques différentes d’une commune à une autre, avec des bases de données non maîtrisées », explique-t-il.

Cette fragmentation du système aurait créé des failles susceptibles d’être exploitées par des individus cherchant à obtenir ou à modifier frauduleusement des documents d’état civil. L’absence d’harmonisation des procédures entre les différentes collectivités et l’utilisation de systèmes informatiques distincts ont également compliqué le contrôle et la sécurisation des données.

Matar Ndao met également en cause les conditions dans lesquelles certains agents chargés de la gestion de l’état civil exercent leurs fonctions. Il déplore notamment le manque de formation et les conditions de rémunération de certains personnels. « À cela s’ajoute la tenue par des agents qui ne mesurent pas à leur juste valeur les responsabilités sur leurs épaules. Des agents mal payés, sans formation… », relève-t-il.

Pour le directeur général de l’ANEC, ces fragilités peuvent favoriser l’apparition de pratiques frauduleuses, notamment lorsqu’elles sont motivées par la volonté d’obtenir une identité ou de modifier certains éléments liés à l’identité d’une personne.

Au-delà des responsabilités individuelles, le responsable de l’ANEC met ainsi en évidence les faiblesses structurelles qui ont longtemps caractérisé le système d’état civil. La modernisation, la sécurisation des données, l’harmonisation des procédures et le renforcement des capacités des agents apparaissent dès lors comme des enjeux majeurs pour lutter efficacement contre la fraude.

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