L’enquête visant El Hadji Babacar Dioum, alias « Kocc Barma », pourrait connaître un nouveau tournant. Selon de nouvelles révélations rapportées par le journal Libération, les enquêteurs seraient parvenus à accéder aux données contenues dans le téléphone portable du mis en cause, un iPhone 16, après son extraction de prison la semaine dernière.
Cette opération d’exploitation des données numériques aurait permis aux enquêteurs de recueillir plusieurs éléments considérés comme compromettants et, surtout, d’identifier des personnes susceptibles d’avoir entretenu des liens avec le cybercriminel présumé. Jusqu’ici, El Hadji Babacar Dioum affirmait avoir « oublié » le code de déverrouillage de son téléphone. Les enquêteurs seraient finalement parvenus à contourner cet obstacle dans le cadre des investigations ordonnées par la justice.
L’exploitation du téléphone ne constituerait toutefois qu’une première étape dans une enquête qui semble désormais s’intéresser à l’ensemble de l’environnement du mis en cause. Dans le cadre de la délégation judiciaire qui lui a été confiée, le doyen des juges a demandé aux enquêteurs d’identifier toutes les personnes qui pourraient être impliquées dans cette affaire, que ce soit comme complices, coauteurs ou receleurs.
Les enquêteurs ont ainsi été chargés d’interpeller les personnes identifiées et de les déférer devant le magistrat instructeur afin qu’elles puissent être entendues sur leur éventuel rôle dans les faits examinés par la justice.
Les investigations devraient également porter sur les communications téléphoniques de El Hadji Babacar Dioum. Des réquisitions ont été adressées à l’ensemble des opérateurs de téléphonie afin de permettre aux enquêteurs d’identifier les différents numéros utilisés par le mis en cause ainsi que les abonnements souscrits à son nom. Cette démarche vise notamment à reconstituer une partie de son environnement téléphonique et à déterminer les personnes avec lesquelles il aurait été régulièrement en contact.
Le volet financier et commercial de l’enquête n’est pas en reste. Le juge d’instruction a également saisi l’administrateur des greffes du Tribunal de commerce de Dakar pour obtenir un recensement des sociétés enregistrées au nom de El Hadji Babacar Dioum, mais aussi de celles qui seraient liées à ses proches. Cette vérification doit permettre aux enquêteurs d’établir d’éventuels liens entre les activités commerciales, les personnes de son entourage et les faits faisant actuellement l’objet de l’instruction.
Autre axe retenu par le magistrat instructeur : les déplacements internationaux du principal mis en cause. La Division de la cybercriminalité (DSC) a été invitée à travailler avec la Police des frontières afin de retracer les différentes sorties du territoire effectuées par El Hadji Babacar Dioum entre 2017 et 2025.
Cette partie de l’enquête revêt une importance particulière pour les enquêteurs, qui chercheraient à déterminer si le mis en cause avait des connexions à l’étranger. Selon les éléments rapportés, El Hadji Babacar Dioum pourrait être lié à un réseau opérant au-delà des frontières sénégalaises. Son co-inculpé, El Hadji Assane Demba, alias « Leuk Daour », serait également concerné par cette piste.
L’exploitation du téléphone pourrait donc fournir aux enquêteurs de nouveaux éléments susceptibles de faire évoluer le périmètre de l’enquête. Les données numériques, les communications téléphoniques, les sociétés enregistrées au nom des protagonistes ainsi que leurs déplacements à l’étranger constituent désormais autant de pistes examinées par la justice pour tenter de déterminer l’étendue exacte du réseau et les responsabilités individuelles de chacun.
Pour rappel, El Hadji Babacar Dioum et El Hadji Assane Demba sont placés sous mandat de dépôt depuis juin 2025. Ils sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, collecte illicite de données, diffusion de données à caractère personnel, atteinte à l’intimité de la vie privée, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, pornographie infantile, pédophilie, extorsion de fonds et complicité de ces faits.





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