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Affaire Amadou Kane Diallo aux États-Unis : le projet d’hôpital sportif près de Dakar Arena au cœur des débats

Terrain, investisseurs, héliport et voyage en Californie : les versions de la défense et du parquet américain divergent sur les contours d’un projet médical qui n’a finalement jamais vu le jour Le projet d’un établissement spécialisé dans la médecine…

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Affaire Amadou Kane Diallo aux États-Unis : le projet d’hôpital sportif près de Dakar Arena au cœur des débats

Terrain, investisseurs, héliport et voyage en Californie : les versions de la défense et du parquet américain divergent sur les contours d’un projet médical qui n’a finalement jamais vu le jour

Le projet d’un établissement spécialisé dans la médecine sportive, qui devait être implanté à proximité de Dakar Arena, à Diamniadio, occupe une place particulière dans le dossier judiciaire américain concernant Amadou Kane Diallo. Selon des éléments rapportés par Les Échos, les démarches engagées autour de cet ambitieux projet médical font l’objet d’interprétations différentes entre la défense et le ministère public américain.

À l’origine, le projet devait donner naissance à un établissement consacré notamment à la médecine sportive. D’après les explications fournies par la défense et rapportées par le quotidien, l’hôpital avait vocation à accueillir des athlètes de haut niveau venus du Sénégal et de l’étranger. Ces sportifs auraient notamment pu y bénéficier de soins, effectuer leur rééducation, poursuivre leur entraînement ou encore préparer leurs différentes échéances sportives.

Le choix de l’emplacement, à proximité immédiate de Dakar Arena, devait également constituer un élément stratégique du projet. La présence d’un important complexe sportif aurait permis, selon cette présentation, de développer des activités complémentaires autour de l’établissement médical, notamment des camps d’entraînement, des rencontres d’exhibition et différents événements sportifs.

Le projet prévoyait également la construction d’un héliport. Pour la défense, cette infrastructure devait répondre à des considérations essentiellement médicales et logistiques. Elle aurait notamment permis de faciliter les évacuations sanitaires et de réduire les contraintes liées aux déplacements routiers, tout en élargissant la capacité d’intervention de l’établissement.

Un tel projet aurait suscité l’intérêt de plusieurs investisseurs. Les Échos évoque notamment le cas d’un chirurgien orthopédique spécialisé dans la médecine sportive, identifié dans les éléments rapportés par ses initiales T. C. Selon les déclarations qu’il aurait faites au FBI, ce praticien aurait engagé plusieurs centaines de milliers de dollars, dans ce qu’il pensait être un projet comprenant notamment la construction d’un hôpital au Sénégal.

Au-delà de la dimension médicale, la question du foncier constitue l’un des principaux points de discussion dans le dossier. À la fin de l’année 2018, Amadou Kane Diallo et plusieurs personnes associées au projet se seraient rendus au Sénégal afin de poursuivre certaines démarches. Des documents préparés dans le cadre de la procédure américaine feraient notamment état d’une présentation réalisée en décembre 2018, d’une carte de développement, de différentes correspondances ainsi que de photographies prises avec des personnalités sénégalaises.

C’est précisément autour de l’attribution du terrain que les versions de l’accusation et de la défense commencent à diverger davantage. D’après les déclarations attribuées à Amadou Kane Diallo et reprises par le parquet américain, le terrain recherché aurait représenté une valeur estimée entre 120 et 300 millions de dollars. Les Échos prend toutefois soin de préciser que cette fourchette correspond à une estimation attribuée à Diallo dans le dossier judiciaire et ne constitue pas, en l’état, une expertise foncière indépendante.

Le ministère public américain avance par ailleurs une autre lecture des démarches entreprises. Selon l’accusation, Amadou Kane Diallo aurait envisagé de mettre à disposition cinq véhicules dans le cadre d’une campagne politique, en contrepartie d’une intervention d’une autorité sénégalaise susceptible de faciliter l’obtention du terrain convoité. Certains documents du parquet présentent ces véhicules comme des Range Rover.

Ces éléments restent toutefois des allégations formulées dans le cadre de la procédure américaine. Les Échos rappelle notamment que les autorités sénégalaises citées dans les pièces du dossier ne sont pas présentées comme inculpées dans cette procédure judiciaire.

Un autre épisode, survenu en Californie en novembre 2018, alimente également les débats autour du projet. Il s’agit d’un déplacement effectué en hélicoptère, dont la signification n’est pas interprétée de la même manière par les deux parties.

Du côté de la défense, ce vol aurait servi à montrer concrètement le fonctionnement d’un complexe sportif associé à un établissement médical et à un héliport. Une autorité sénégalaise et son épouse auraient pris part au déplacement. L’objectif, selon cette version, aurait donc été de présenter un modèle d’aménagement susceptible d’être reproduit autour de Dakar Arena.

Le parquet américain conteste cependant cette interprétation. Lors d’un interrogatoire ultérieur mené par le FBI, le pilote de l’hélicoptère aurait expliqué que l’atterrissage sur le parking d’un hôpital de Los Angeles répondait avant tout à une contrainte pratique. Il n’aurait pas été possible, selon son témoignage, de se poser directement au niveau du complexe sportif concerné.

Le pilote aurait par ailleurs indiqué ne plus se souvenir de l’identité de l’ensemble des passagers transportés à cette occasion. Il n’aurait pas non plus gardé en mémoire une présentation spécifique consacrée à un projet d’hôpital devant être construit au Sénégal.

Derrière ces versions contradictoires se dessine ainsi l’une des questions centrales du dossier : quelle était réellement la nature du projet médical envisagé près de Dakar Arena et jusqu’où avaient été poussées les démarches pour sa réalisation ?

Sur le papier, le projet associait médecine sportive, infrastructures hospitalières, activités liées au sport de haut niveau et moyens d’évacuation par hélicoptère. Des investisseurs auraient commencé à mobiliser des fonds et plusieurs démarches auraient été engagées autour du foncier. Mais, plusieurs années après les faits évoqués dans le dossier, l’établissement annoncé n’a jamais été construit.

L’absence de réalisation concrète du projet n’a toutefois pas empêché les démarches qui l’entouraient de prendre une place importante dans la procédure judiciaire américaine. Le terrain, sa valeur supposée, les relations avec certaines autorités, les véhicules évoqués par le parquet et le déplacement en hélicoptère en Californie constituent autant d’éléments que les parties au procès interprètent différemment.

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