Tragédie à l’UCAD : décès d’un étudiant du département d’arabe, le collectif des amicales promet de situer toutes les responsabilités

Un drame a frappé l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) ce jeudi matin avec le décès d’El Hadji Mouhamed Niang, étudiant en licence 3 au département d’arabe de la Faculté des Lettres et Sciences humaines. L’incident, survenu vers 5h45, s’est produit au campus social, plus précisément au pavillon A, et a plongé la communauté universitaire dans une profonde tristesse.

Dans un communiqué rendu public, le collectif des amicales de l’UCAD a exprimé sa « profonde tristesse et indignation » face à la perte de leur camarade. Le collectif a présenté ses « sincères condoléances à la famille du défunt, à la Faculté des Lettres ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire », soulignant l’impact douloureux de cet événement sur l’ensemble des étudiants.

Le communiqué rappelle que le collectif des amicales est « la seule structure en charge de la défense des intérêts des étudiants » et assure que cette tragédie « ne restera pas impunie ». Les responsables du collectif promettent de prendre toutes les mesures nécessaires pour que « la lumière soit faite sur les circonstances exactes du décès d’El Hadji Mouhamed Niang » et que les responsabilités soient situées « dans les plus brefs délais ».

Dakar : le sit-in prévu devant 7TV finalement déplacé à l’intérieur des locaux

Le Préfet de Dakar a récemment informé les organisateurs du sit-in initialement prévu devant les locaux de la chaîne 7TV que celui-ci ne pourra pas se tenir sur la voie publique en raison de l’absence d’autorisation préalable. Cette décision, visant à encadrer les rassemblements dans la capitale, a conduit les organisateurs à revoir la forme de leur manifestation.

Ainsi, le sit-in se déroulera désormais à l’intérieur des locaux de la chaîne. Un plateau spécial a été aménagé pour accueillir les participants, et plusieurs intervenants prendront la parole lors de l’événement. Les organisateurs ont également lancé un appel à leurs soutiens pour éviter tout rassemblement à l’extérieur des locaux, afin de se conformer strictement aux directives des autorités.

Baisse des eurobonds sénégalais : quand les annonces économiques de Sonko inquiètent les marchés financiers

Les récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko sur une prochaine réduction des prix de l’électricité et des produits pétroliers ont provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers. Cette annonce, bien accueillie par une grande partie de la population, a en revanche suscité des inquiétudes parmi les investisseurs internationaux, entraînant une baisse sensible des eurobonds sénégalais.

Le mécanisme derrière cette chute s’explique par la manière dont les marchés évaluent le risque financier d’un État. Les investisseurs qui achètent les obligations souveraines d’un pays — en l’occurrence les eurobonds du Sénégal — se fondent sur la capacité de ce pays à honorer ses dettes. Lorsqu’une politique publique laisse entrevoir une augmentation des dépenses de l’État sans compensation budgétaire claire, elle est perçue comme un signe de vulnérabilité financière.

En annonçant la baisse des tarifs de l’énergie, le gouvernement s’engage implicitement à subventionner davantage les coûts de production et d’importation. Cela représente une charge budgétaire immédiate, qui creuse potentiellement le déficit public. Or, un déficit plus élevé accroît mécaniquement le risque de défaut, c’est-à-dire la possibilité que l’État ne puisse pas rembourser ses créanciers à temps ou dans les conditions prévues.

Cette perception de risque est cruciale pour les investisseurs. Les eurobonds, qui sont des titres cotés sur les marchés internationaux, voient leur prix évoluer en fonction de la confiance que les marchés accordent à l’émetteur. Dès que cette confiance s’érode, la demande pour ces titres diminue, ce qui fait baisser leur valeur. C’est exactement ce qui s’est produit après les propos de Sonko : l’eurobond sénégalais à échéance 2028 a reculé à 82,9 cents pour un dollar nominal, traduisant une hausse du rendement exigé par les investisseurs pour compenser le risque perçu.

En clair, plus les investisseurs estiment que le Sénégal devient risqué, plus ils réclament une rémunération élevée pour prêter de l’argent, ce qui se traduit par une chute du prix des obligations déjà émises.

À cette tension budgétaire s’ajoute un contexte de surveillance accrue par les institutions internationales. La présence du Fonds monétaire international (FMI) à Dakar a renforcé l’attention portée à la politique économique du gouvernement. Toute mesure jugée « non coordonnée » avec le FMI est immédiatement interprétée comme un signal de désaccord potentiel, susceptible de compromettre un futur programme d’appui financier. Cette incertitude vient nourrir davantage les craintes des investisseurs.

Ainsi, la combinaison d’une annonce à fort impact social mais budgétairement coûteuse, d’un déficit perçu en hausse et de doutes sur la coordination avec le FMI explique la réaction immédiate et négative des marchés. Les eurobonds sénégalais, thermomètre de la confiance internationale, ont donc logiquement subi les conséquences de cette perception accrue du risque souverain.

Le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal dénonce une « atteinte grave » aux droits de la défense après l’incident impliquant Me El Hadj Amadou Sall

Dans la nuit du mardi au mercredi, un incident pour le moins troublant s’est produit impliquant Me El Hadj Amadou Sall, ancien ministre de la Justice et avocat au barreau du Sénégal. Alors qu’il se rendait à la gendarmerie pour assister sa cliente, la journaliste Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, l’avocat aurait été empêché d’exercer son droit d’assistance. Pis encore, les gendarmes lui auraient demandé de se soumettre à un alcootest avant de pouvoir entrer dans les locaux.

Cette situation a suscité une vive réaction du Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal, qui, dans un communiqué rendu public, a « dénoncé et condamné avec la plus grande fermeté cette atteinte grave et intolérable à la dignité de l’avocat, aux droits de la défense et, plus généralement, à la loi et à l’État de droit ».

Le Conseil rappelle dans sa note que la Constitution du Sénégal garantit, en son article 9, que « la défense est un droit absolu dans tous les états et à tous les degrés de la procédure ». Il souligne également que, conformément à l’article 5 du Règlement n°05/CM/UEMOA, les avocats ont le droit d’assister leurs clients dès leur interpellation, durant l’enquête préliminaire, que ce soit dans les locaux de la police, de la gendarmerie ou devant le parquet.

Pour l’Ordre des Avocats, le traitement réservé à Me El Hadj Amadou Sall s’inscrit dans une série d’« atteintes répétées » aux règles qui encadrent la profession et le respect des droits de la défense. Le communiqué cite notamment la récente convocation d’avocats par la Division des Investigations Criminelles (DIC), une mesure jugée contraire à l’article 6 du même règlement communautaire, qui encadre strictement les conditions dans lesquelles un avocat peut être entendu.

Face à ce qu’il qualifie de « dérives graves et inquiétantes », le Conseil de l’Ordre des Avocats du Sénégal lance un appel solennel aux autorités publiques. Il exige le respect scrupuleux des droits de la défense et la cessation immédiate de toute entrave à l’exercice de la profession d’avocat dans le pays.

USSEIN : La colère monte, les étudiants menacent une grève générale pour le paiement de leurs bourses

La grogne estudiantine à l’Université du Sine Saloum El Hadji Ibrahima Niass (USSEIN) a atteint un point critique. Ce jeudi, les étudiants de l’UFR Sciences Agronomiques, Élevage, Pêche-Aquaculture et Nutrition (SAEPAN) ont lancé un ultimatum aux plus hautes autorités du pays : le paiement immédiat de leurs bourses, impayées depuis plusieurs mois, sous peine de paralysie totale des cours.

Lors d’un point de presse tenu dans une ambiance électrique, les représentants des campus de Kaolack, Fatick et Kaffrine ont exprimé leur exaspération face à ce qu’ils qualifient « d’abandon total ».

« Nous sommes très en colère. Les bourses dépassent 500 000 francs, sans tickets de restauration ni prise en charge médicale », a dénoncé Aïssatou Diallo, étudiante en Licence 2 et porte-parole du mouvement.

Les étudiants ont interpellé directement le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre, Ousmane Sonko, ainsi que le ministre en charge des Bourses, Daouda Ngom. Ils accusent la Direction des bourses, le Rectorat et le CROUS de négligence et d’indifférence, malgré des promesses répétées de règlement non tenues.

Les conséquences de cette situation se font durement sentir au quotidien.

« Sans bourse, pas de ticket de restauration, pas de soins médicaux, pas de transport. La situation dans les campus est déplorable », a insisté Aïssatou Diallo, appuyée par Ousmane Niang, membre de l’Amicale des étudiants.

Face au silence des autorités, la menace est désormais claire. Les étudiants exigent le paiement intégral des bourses et des rappels, ainsi qu’une dotation en matériel pour ceux en phase de mémoire. Leur mot d’ordre est sans équivoque : « Pas de bourses, pas de cours ! »

Ils annoncent être prêts à déclencher une cessation totale et renouvelable des activités pédagogiques, incluant les Journées Scientifiques et Techniques, pour une durée initiale de 24 heures.

Cet avertissement sonne comme un appel pressant au gouvernement pour une solution urgente, afin d’éviter une crise majeure et de préserver la paix sociale au sein de l’USSEIN.

La balle est désormais dans le camp des autorités.

Explosion de moto électrique à l’UCAD : un étudiant perd la vie, deux autres blessés

Un drame d’une rare intensité a secoué l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) dans la matinée de ce jeudi. Une explosion de moto électrique, survenue au pavillon A du campus social, a provoqué une scène de panique généralisée parmi les étudiants. Le bilan est lourd : un mort et deux blessés.

Selon des informations rapportées par Seneweb, tout a commencé aux environs de 9 heures lorsqu’une forte détonation a retenti dans le hall du pavillon A, situé juste en face de l’entrée du restaurant central. L’explosion provenait d’une moto électrique en charge. Le vacarme a semé la panique parmi les pensionnaires du bâtiment, qui ont cru à un incendie ou à un effondrement imminent.

Dans la confusion, E. M. Niang, âgé de 22 ans et étudiant en troisième année au département d’Arabe de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH), a tenté de fuir précipitamment les lieux. Pris de panique, il a perdu l’équilibre en descendant les escaliers et a chuté du deuxième étage. Grièvement blessé, le jeune homme a été rapidement évacué vers l’hôpital Principal de Dakar, où il aurait succombé à ses blessures peu après son arrivée.

La peur d’un effondrement du bâtiment a également poussé deux autres étudiants à sauter du premier étage pour tenter d’échapper au danger. Ils ont été blessés lors de leur chute mais leurs jours ne seraient pas en danger. Les deux victimes sont actuellement prises en charge au centre médical de l’UCAD.

Alertés, les éléments du commissariat d’arrondissement du Point E, sous la direction du commissaire Sow, se sont rendus sur les lieux en compagnie d’une équipe de la Direction de la Police Technique et Scientifique (DPTS). Les enquêteurs ont constaté la présence de deux motos électriques complètement calcinées dans le hall. Ces engins appartenaient respectivement à E. P. Sène, étudiant en deuxième année à la Faculté des Sciences, et à A. Sow, étudiant en Master 1 d’Anglais. Les deux étudiants ont expliqué aux enquêteurs qu’ils avaient l’habitude de recharger leurs motos à cet endroit, faute d’espace dédié dans le campus.

Les premiers constats techniques réalisés par la DPTS ont révélé que la prise électrique utilisée ne pouvait pas supporter la charge simultanée des deux motos. L’absence de régulateur de tension aurait provoqué une surcharge, entraînant un court-circuit puis une explosion.

Du côté de la sécurité du Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), on affirme avoir déjà mis en garde à plusieurs reprises les étudiants contre ce type de branchements dangereux. Selon un agent du COUD, certaines motos avaient même été consignées par le passé pour éviter ce genre d’incidents, mais les pratiques ont persisté malgré les avertissements.

Les constatations policières se sont achevées avant 11 heures sans autre incident. Le procureur de la République a été informé des faits, et une réquisition pour autopsie a été établie concernant le corps d’E. M. Niang.

Guy Marius Sagna accuse Doudou Ka d’un scandale financier de 25 milliards F CFA

Le député Guy Marius Sagna a jeté un pavé dans la mare en dévoilant, sur ses réseaux sociaux, de graves accusations à l’encontre de l’ancien directeur général de l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD SA) et ex-ministre, Doudou Ka. Selon l’élu, ce dernier serait impliqué dans un possible scandale financier portant sur l’achat de cinq petits avions pour un montant global estimé à 25 milliards de francs CFA.

Dans sa publication, Guy Marius Sagna affirme détenir des informations selon lesquelles Doudou Ka aurait procédé à l’acquisition de ces appareils, chacun coûtant environ cinq milliards de francs CFA, malgré leur capacité limitée à moins de vingt passagers. « Il m’est revenu que l’ancien ministre Doudou Ka a acheté cinq petits avions de moins de 20 places à cinq milliards de francs CFA l’unité. L’Assemblée nationale sera saisie », a déclaré le parlementaire.

Pour le député, connu pour son ton tranchant et ses prises de position radicales, une telle opération s’apparente à une manœuvre de surfacturation. « Évidemment, si c’est le cas, c’est un détournement de l’argent des Sénégalais à travers des manœuvres de surfacturation », a-t-il ajouté. Sagna estime que ce dossier illustre une nouvelle fois la manière dont les fonds publics sont gérés par certains responsables, qu’il accuse d’avoir fait de la corruption une méthode de gouvernance.

Poussant plus loin ses accusations, Guy Marius Sagna lie la « fuite » supposée de Doudou Ka à ces affaires financières. « C’est peut-être une des raisons de sa fuite. Des fuyards comme l’ancien ministre Doudou Ka, il y en a plusieurs », a-t-il lancé, sans préciser où se trouverait actuellement l’ancien ministre.

Le député de la coalition d’opposition ne s’est pas limité à dénoncer l’ancien ministre. Il a également mis en cause une partie de la presse sénégalaise, qu’il accuse de complicité dans la dissimulation des faits et d’allégeance aux puissances étrangères. « Une partie de la presse sénégalaise est au service de ces fuyards. Certains ont cessé d’être des journalistes et sont en réalité des auxiliaires néocoloniaux », a-t-il fustigé.

Sagna appelle ainsi à une introspection sur le rôle des médias dans la société sénégalaise, accusant certains organes d’être « au service d’intérêts étrangers ». « À nous de voir de quelle manière réduire leur capacité néocoloniale de nuisance », a-t-il conclu, promettant de défendre ce qu’il appelle « les droits des vrais journalistes » face à ceux qu’il qualifie de « proxys néocoloniaux ».

Le parlementaire a également annoncé son intention de saisir officiellement l’Assemblée nationale pour que la lumière soit faite sur cette affaire qu’il juge « symptomatique d’un système de corruption endémique ». Si ses accusations venaient à être confirmées, elles pourraient ouvrir un nouveau front politico-judiciaire au sein du paysage sénégalais, déjà marqué par de nombreux scandales financiers.

Marius Sagna tacle le groupe parlementaire de Pastef : « Un an sans initiative, malgré 10 millions par mois »

Invité hier sur le plateau de Walf TV, le député Marius Sagna a livré une sortie très remarquée sur la gestion du groupe parlementaire de Pastef à l’Assemblée nationale. Le parlementaire, connu pour son franc-parler, n’a pas mâché ses mots à l’égard de ses collègues, qu’il accuse de passivité et de manque d’initiative malgré les importants moyens financiers dont ils disposent.

« Nous avons 10 millions par mois. En un an, le groupe parlementaire de Pastef n’a même pas pu déposer une seule initiative parlementaire », a déploré Marius Sagna, visiblement frustré par ce qu’il considère comme une inertie injustifiée. Selon lui, le groupe majoritaire a toutes les cartes en main pour impulser une véritable dynamique législative, mais ne parvient pas à transformer son potentiel en actions concrètes.

Le député a tenu à rappeler que le travail parlementaire requiert rigueur, savoir-faire et préparation. « La matière législative, si tu ne l’apprends pas, tu ne peux pas la faire. Il faut payer des gens qui ont la connaissance », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité de s’appuyer sur des experts capables d’élaborer des textes solides et conformes aux exigences du droit parlementaire.

Pour Marius Sagna, il ne suffit pas d’avoir la majorité pour être efficace. Encore faut-il, selon lui, savoir mobiliser les ressources humaines adéquates. « Notre groupe parlementaire a la majorité, il a de l’argent, donc il peut déposer n’importe quel projet de loi. Mais encore faut-il savoir s’entourer des bonnes compétences », a-t-il souligné, pointant du doigt un manque de stratégie et d’encadrement au sein du groupe Pastef.

Le COSCE dénonce une atteinte grave à la liberté de la presse après les arrestations de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall

Le Collectif des Organisations de la Société Civile pour les Élections (COSCE) est monté au créneau pour exprimer sa profonde indignation après les arrestations successives de deux figures emblématiques des médias sénégalais : Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de la chaîne 7TV, et Babacar Fall, directeur de la rédaction de la RFM. Dans un communiqué rendu public, le collectif dit sa « consternation » face à ces interpellations qu’il considère comme un coup porté aux libertés fondamentales et au pluralisme médiatique au Sénégal.

Selon le COSCE, rien ne justifie les conditions ni les motifs avancés pour ces arrestations, intervenues à moins de vingt-quatre heures d’intervalle. L’organisation estime que les contenus journalistiques incriminés, notamment les interviews diffusées par les médias concernés, « ne constituent en rien des actes de nature à troubler l’ordre public ou à menacer la sûreté de l’État ». Elle dénonce fermement ce qu’elle qualifie de « pratiques d’intimidation » à l’encontre de la presse, et appelle les autorités à respecter les principes élémentaires de la liberté d’expression.

Dans son communiqué, le collectif pointe également du doigt le rôle du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA). Pour le COSCE, l’instance régulatrice doit pouvoir exercer pleinement ses prérogatives avant qu’une décision de suspension ou de coupure de signal ne soit prise par les autorités administratives. Cette remarque met en lumière la question du respect des procédures et des compétences institutionnelles dans le traitement des affaires médiatiques, au moment où plusieurs acteurs dénoncent un durcissement du contrôle sur l’espace audiovisuel.

Le COSCE fonde sa dénonciation sur un argumentaire juridique solide. Il rappelle que la privation de liberté pour des raisons liées à l’exercice du journalisme constitue une violation manifeste de plusieurs textes fondamentaux, notamment l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit la liberté d’opinion et d’expression, ainsi que l’article 8 de la Constitution sénégalaise, qui consacre les libertés fondamentales. Le collectif estime par ailleurs que ces interpellations pourraient s’apparenter à une « discrimination fondée sur l’opinion politique », ce qui, selon lui, est contraire aux principes démocratiques.

Dans un contexte politique tendu, les organisations de la société civile appellent les autorités à renouer avec les valeurs de l’État de droit. « La démocratie ne peut s’accommoder de la peur ou de la censure », souligne le communiqué, qui met en garde contre l’usage abusif des notions de « sécurité nationale » et d’« ordre public ». Pour le COSCE, ces concepts ne doivent pas servir de prétexte à la restriction des libertés publiques ni à la mise au pas des voix critiques.

Babacar Fall revient sur son arrestation : « Je n’ai ressenti aucune intimidation »

Le directeur de la rédaction de Radio Futur Média (RFM), Babacar Fall, a été arrêté dans la matinée du mercredi, avant d’être relâché après plusieurs heures d’audition au Commissariat central de Dakar. Dans un entretien exclusif accordé à L’Observateur, le journaliste est revenu sur cette journée mouvementée, marquée selon lui par un traitement respectueux de la part des enquêteurs.

« J’ai été appréhendé en compagnie de mes collègues Cheikh Tidiane Diagne et Abdou Thiam. Ils ont été libérés par la suite, ce qui m’a beaucoup soulagé », a d’abord expliqué Babacar Fall, qui dit avoir vécu la situation avec sérénité. Dès son arrivée au commissariat, il raconte avoir été conduit dans un bureau après qu’on lui eut retiré les menottes. « Très sincèrement, on a pris soin de m’installer convenablement. Tout au long de l’audition, j’ai été traité avec considération. On m’a posé beaucoup de questions auxquelles j’ai répondu autant que possible », a-t-il détaillé.

Le journaliste a également tenu à saluer le comportement professionnel des policiers. « Ils m’ont traité avec beaucoup de respect. Ils ont fait correctement leur travail et m’ont interrogé sur procès-verbal », a-t-il confié, insistant sur le fait qu’il ne s’est jamais senti menacé ou intimidé.

« Il est possible que celui qui a ordonné mon interpellation ait voulu m’intimider. Mais j’étais presque certain que cette affaire ne susciterait aucune complication. Je n’ai éprouvé aucune inquiétude, convaincu de n’avoir commis aucune faute », a-t-il poursuivi.

Interrogé sur la polémique autour de la diffusion de l’interview de Madiambal Diagne, qui serait à l’origine de sa convocation, Babacar Fall a été catégorique : « Je n’éprouve aucun regret, et mes collègues de la RFM n’en éprouvent aucun non plus. »

Enfin, le directeur de la rédaction de la RFM a tenu à dissiper toute rumeur concernant un éventuel placement en garde à vue ou des problèmes de santé. « Je n’ai pas été placé en garde à vue et je n’ai subi aucune crise. Je n’éprouve aucun problème de santé et mon audition s’est déroulée dans d’excellentes conditions », a-t-il conclu, visiblement apaisé par la tournure des événements.

Libération de Maïmouna Ndour Faye : un soulagement pour le monde des médias sénégalais

C’est une nouvelle qui apporte un vent d’apaisement dans le paysage médiatique sénégalais. Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de la chaîne privée 7TV, a été libérée après plusieurs jours de détention. Sa remise en liberté a été accueillie avec un profond soulagement par ses proches, ses collaborateurs, ainsi que par de nombreux défenseurs de la liberté de la presse.

L’arrestation de la journaliste avait provoqué une vive émotion à travers le pays. Elle était intervenue lors d’une opération particulièrement controversée menée par les forces de l’ordre dans les locaux de 7TV, suscitant de multiples interrogations sur les conditions de son interpellation. Cette descente, jugée disproportionnée par de nombreux observateurs, avait été perçue comme une tentative d’intimidation visant un média connu pour sa ligne éditoriale indépendante et critique envers le pouvoir.

Dès l’annonce de son arrestation, une large mobilisation s’était formée. Les organisations professionnelles de la presse, telles que le SYNPICS, la Coordination des Associations de Presse (CAP), ainsi que des acteurs de la société civile, avaient exprimé leur indignation et exigé sa libération immédiate. Plusieurs partis politiques, de la majorité comme de l’opposition, avaient également condamné ce qu’ils considéraient comme une atteinte inacceptable à la liberté d’expression, un pilier fondamental de la démocratie.

Dans les rédactions et sur les réseaux sociaux, les messages de soutien à Maïmouna Ndour Faye s’étaient multipliés, rappelant l’importance du rôle des journalistes dans la défense du droit à l’information. Sa libération est ainsi perçue comme une victoire symbolique pour tous ceux qui militent pour un espace médiatique libre et pluraliste au Sénégal.

Si les circonstances exactes de son arrestation n’ont pas encore été pleinement clarifiées, cette affaire relance le débat sur la protection des journalistes et la garantie d’un environnement propice à l’exercice de leur métier sans crainte de représailles. Elle invite également les autorités à renforcer le dialogue avec les acteurs des médias, afin de consolider les acquis démocratiques et de prévenir toute dérive autoritaire.

Le chroniqueur Ameth Ndoye placé en garde à vue après sa convocation par la Brigade de recherches

Le chroniqueur et animateur Ameth Ndoye a été placé en garde à vue ce jeudi, à la suite de sa convocation par la Brigade de recherches (BR) de Faidherbe, où il s’est présenté à 10 heures. Selon plusieurs sources concordantes, cette mesure fait suite à des propos jugés offensants envers le Premier ministre Ousmane Sonko, tenus récemment dans une émission radiophonique.

Lors de son intervention, Ameth Ndoye aurait critiqué l’absence du chef du gouvernement au dernier Conseil des ministres, une remarque qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans les milieux politiques. Certains observateurs estiment que ses propos relevaient de la liberté d’opinion et de la critique légitime d’un responsable public, tandis que d’autres y voient un manque de respect envers une institution de la République.

La convocation du chroniqueur intervient dans un climat tendu, marqué par une attention accrue des autorités sur les discours publics et les prises de position médiatiques. Depuis plusieurs semaines, les affaires impliquant des journalistes, chroniqueurs et animateurs se multiplient, ravivant le débat sur les limites de la liberté d’expression au Sénégal.

Des organisations de défense des droits humains et de la presse ont d’ores et déjà exprimé leur préoccupation face à cette tendance. Elles rappellent que la liberté d’expression est un pilier fondamental de la démocratie et appellent à un dialogue apaisé entre les autorités et les acteurs des médias.

Le PASTEF appelle à la mobilisation à Kaolack après la déclaration d’Ousmane Sonko

À Kaolack, les militants du PASTEF se préparent à une vaste mobilisation à la suite de la dernière déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko.

Pape Diery Fall, directeur administratif et financier au sein du Groupe CDC et membre du bureau communal du parti à Kaolack, a salué cette sortie qu’il juge « revigorante » et « porteuse d’un nouvel élan autour du projet patriotique ».

Selon lui, cette intervention « réanime la flamme militante et crée un véritable engouement autour du projet politique du PASTEF ».

Les patriotes de la cellule PASTEF Nimzatt Kaolack partagent pleinement cette analyse. Ils estiment qu’il n’est plus question de laisser le champ libre aux adversaires politiques, « ceux-là mêmes qui ont ruiné le pays pendant douze ans », sans leur opposer de contradiction.

Déterminés à défendre leur idéal, les militants se disent prêts à passer à la contre-offensive :

« Seules la fermeté et la détermination permettront de faire taire ceux qui cherchent à saboter les acquis du peuple », ont-ils déclaré.

Très remonté contre les propos qu’il qualifie « d’insensés et infondés » de certains responsables de l’opposition, Pape Diery Fall estime que ces derniers « devraient plutôt se cacher ». Il invite ainsi tous les Pastefiens à une mobilisation générale.

Selon ces défenseurs du projet patriotique, l’heure est venue pour les opposants d’assumer leurs responsabilités :

« Ils passent leur temps à manipuler, à désinformer et à tenter de nuire. Après le grand rendez-vous du 8 novembre, ils comprendront que le PASTEF est un grand parti — et leurs mentors le savent bien. »

Ils ajoutent :

« Tous ceux qui ont trompé les Sénégalais ont fui. Ils savent ce qui se passe. S’ils sont courageux, qu’ils reviennent donc s’adresser au peuple sénégalais ! »

Les militants demandent également que la vérité soit dite publiquement sur la manière dont les anciens dirigeants « ont plongé le Sénégal dans le chaos total ».

À Kaolack, la dynamique est déjà enclenchée. Les partisans du parti multiplient les actions de terrain en vue de la grande mobilisation du 8 novembre 2025 à Dakar.

Les proches de Fadilou Keïta se préparent activement à se déplacer en masse pour montrer à l’opinion publique que ceux qui cherchent à saboter le projet patriotique font face à des citoyens profondément attachés à leur nation.

Santé de Mabintou Diaby : l’état critique de l’épouse du journaliste Madiambal Diagne inquiète ses avocats

La situation de Mme Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, suscite une vive inquiétude au sein de l’opinion publique et du milieu judiciaire. Placée sous mandat de dépôt depuis le 29 septembre 2025 par le président du Collège des Juges d’Instruction du Pool Judiciaire Financier du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar, la santé de Mme Diaby se serait dangereusement dégradée au cours de sa détention.

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias, le collectif de ses avocats tire la sonnette d’alarme et dénonce une situation « humainement insoutenable ». Selon eux, la détention en milieu carcéral aurait aggravé « des affections organiques préexistantes », entraînant une détérioration alarmante de son état général. Face à l’urgence de la situation, l’administration pénitentiaire aurait été contrainte, le 23 octobre dernier, de transférer la détenue à l’Hôpital Principal de Dakar, avant de la diriger, dès le lendemain, vers le pavillon spécial.

Les avocats précisent que, sur place, les autorités médicales ont bien administré un traitement particulier, mais qu’aucune mesure d’urgence n’aurait été prise pour garantir un véritable suivi adapté à la gravité du cas. « Cette situation compromet dangereusement l’intégrité physique de notre cliente », alertent-ils, redoutant le pire en l’absence d’une réaction rapide des autorités judiciaires et pénitentiaires.

Malgré les signaux inquiétants, les défenseurs de Mme Diaby affirment n’avoir constaté aucune amélioration de ses conditions de détention. Ils rappellent avoir introduit, dès le 21 octobre 2025, une requête pour une expertise médicale auprès du juge d’instruction chargé du dossier. À ce jour, regrettent-ils, cette demande n’a reçu aucune suite favorable.

Estimant que la vie de leur cliente est désormais en danger, les avocats exigent la mise en œuvre immédiate de mesures humanitaires et médicales urgentes. « Nous tenons pour entièrement responsable l’État du Sénégal de tout ce qui pourrait arriver à Mme Mabintou Diaby, y compris toute atteinte à sa vie », ont-ils déclaré dans leur communiqué.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Création d’un Front pour la défense de la liberté de la presse

Des organisations représentatives de la presse nationale dont celles membres de la Coordination des Association de Presse (CAP) se sont réunies ce mercredi 29 octobre 2025 dans les locaux du Groupe Futurs Médias (GFM) pour travailler sur un plan d’actions unifié, suite aux évènements malheureux qui se sont déroulés dans les locaux de 7TV et de RFM. A ces occasions, les forces de l’ordre ont violemment investi les rédactions de ces entreprises de presse et arrêté deux journalistes et leurs technicien, Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall qui, lui, a été libéré dans la soirée.

La décision a été prise de mettre sur pied un Front pour la défense de la liberté de la Presse (FDLP) qui comptera dans ses rangs toutes les organisations faitières, et les personnalités des médias. Une Assemblée générale constitutive est prévue ce samedi 1er novembre 2025, à 12 heures, dans les locaux de la Maison de la Presse.

En outre, nous, organisations de presse, décidons de tenir un sit-in devant les locaux de la 7TV ce jeudi 30 octobre 2025 à 17 heures, suivi d’un plateau spécial diffusé simultanément sur plusieurs chaines de télévisions.
Nous nous donnons les moyens de mener toutes autres actions d’envergure nationale comme une marche dont la date sera instamment retenue et invitons toutes les forces et organisations éprises de justice et sensibles à la défense de la liberté de presse et d’expression de se joindre à notre combat dans le sens bien compris de l’intérêt national.

Yahya Jammeh annonce son retour en Gambie pour novembre 2025 : tensions politiques en vue

Banjul – L’ex-président gambien Yahya Jammeh, en exil depuis sa défaite électorale de 2017, a pour la première fois fixé une date précise pour son retour dans son pays : novembre 2025. Dans un message audio diffusé ce week-end via WhatsApp, l’ancien chef d’État a exprimé son désir de retrouver la Gambie après plusieurs années d’absence.

« Mon pays me manque. C’était censé durer six mois. Vous savez maintenant combien de temps je suis resté dehors, et je vous entends tous rêver de mon retour. Ce n’est pas que je ne veux pas revenir, mais je l’ai toujours dit clairement : je veux toujours revenir. Incha Allah, par la volonté d’Allah Tout-Puissant, je reviendrai en novembre 2025 », a déclaré Yahya Jammeh.

L’ex-dirigeant a également précisé que les détails logistiques de son voyage seraient communiqués prochainement par la direction de son parti, l’Alliance pour le Patriotisme et le Renouveau (APRC). Dans son message, il a appelé ses partisans à rester calmes et à respecter les lois du pays, soulignant son intention de revenir de manière pacifique.

Cependant, le retour de Yahya Jammeh s’annonce déjà comme un événement susceptible de raviver les tensions politiques dans le pays. Le gouvernement gambien, dirigé par le président Adama Barrow, a indiqué que l’ex-président serait appréhendé dès son arrivée sur le territoire national. Cette annonce laisse entrevoir des confrontations potentielles entre les forces de l’ordre et les partisans de Jammeh, ainsi qu’une période de forte incertitude politique.

L’ex-président gambien, qui a dirigé le pays pendant plus de deux décennies, est accusé de violations des droits humains et de détournements de fonds durant son mandat. Son retour pourrait relancer les débats sur la justice transitionnelle et la réconciliation nationale, au moment où le pays tente de consolider ses institutions démocratiques.

Le SADEF décrète une journée sans éducation pour pousser le gouvernement à respecter ses promesses

Le secteur éducatif est de nouveau paralysé par un mouvement de grève lancé par plusieurs syndicats d’enseignants pour dénoncer le non-respect des engagements pris par les autorités. Ce mercredi 29 octobre 2025, les salles de classe sont restées vides, illustrant le malaise profond qui secoue la profession.

Une colère qui monte

Depuis plusieurs mois, les syndicats rappellent que des accords avaient été signés avec le gouvernement, portant notamment sur des améliorations du statut et des conditions de travail des enseignants.

« Nous avons été patients, mais trop c’est trop. Nous demandons simplement que ce qui a été promis par le régime Diomaye-Sonko soit appliqué », a affirmé Mbaye Sarr, secrétaire général national du SADEF, face à la presse.

« Suite au dilatoire manifesté par le gouvernement, nous sommes obligés de lancer un deuxième plan d’action à partir du mercredi 29 octobre 2025, avec un débrayage à 10 heures, et le jeudi 30 octobre 2025, avec une journée de grève totale. »

Les revendications des enseignants

Ce mouvement vise à obtenir, entre autres :

La signature et l’application des décrets n°64-345 du 12 avril 1974 et n°2006-392 du 27 avril 2006 relatifs aux statuts des enseignants décisionnaires ; Le relèvement de l’âge de départ à la retraite à 65 ans pour les enseignants ; L’imputation budgétaire des enseignants décisionnaires à la retraite ; La révision et l’augmentation des pensions des enseignants retraités ; L’arrêt de la surimposition appliquée aux salaires et rappels des enseignants ; La fin des lenteurs et lourdeurs administratives qui pénalisent les enseignants, en particulier les contractuels, dans l’évolution de leur carrière ; L’octroi d’une indemnité de sujétion aux directeurs et directrices des cases des tout-petits, qui n’en ont jamais bénéficié depuis la création de ces structures.

Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore, le SADEF exhorte l’ensemble des enseignants du Sénégal à observer massivement ce mot d’ordre de grève, a conclu Mbaye Sarr.

Le Sénégal engage une refonte ambitieuse de son modèle agrosylvopastoral et halieutique

Le Sénégal amorce une réforme majeure de son modèle agrosylvopastoral et halieutique, vingt ans après l’adoption de sa première mouture. Sous l’impulsion du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, le gouvernement finalise actuellement un projet de loi consolidé, fruit de larges concertations nationales, visant à transformer de manière durable et intégrée les secteurs agricole, pastoral, forestier et halieutique.

Cette réforme a été au centre de la première réunion du Conseil national d’orientation agrosylvopastoral et halieutique, présidée par le Chef de l’État. Lors de cette rencontre, le Président a demandé au Premier ministre d’accélérer l’adoption du texte ainsi que de ses décrets d’application. Il a également souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les différents secteurs concernés et de professionnaliser les métiers ruraux afin de garantir un impact réel et durable sur le terrain.

Parmi les axes prioritaires de cette réforme, le gouvernement entend renforcer la protection sociale des producteurs et des pêcheurs, réformer le crédit agricole, digitaliser les procédures administratives et améliorer la maîtrise des statistiques du secteur. Parallèlement, un Fonds national de Recherche et de Développement agrosylvopastoral et halieutique sera mis en place pour soutenir l’innovation et l’amélioration des pratiques.

Le Président Faye a insisté sur l’importance de valoriser les produits locaux et de promouvoir une véritable doctrine du « Consommer local », qu’il considère comme un pilier de la souveraineté économique et alimentaire du pays. Selon lui, cette approche doit permettre au Sénégal de développer ses filières de manière autonome tout en renforçant la sécurité alimentaire nationale et la compétitivité des producteurs.

Renforcement des relations Sénégal-Italie : Rencontre entre le Président Bassirou Diomaye Faye et le ministre italien des Affaires étrangères

Ce mercredi après-midi, le Président de la République, Son Excellence Bassirou Diomaye Faye, a reçu en audience M. Antonio Tajani, ministre italien des Affaires étrangères. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération entre le Sénégal et l’Italie, deux nations partageant une longue tradition de partenariat.

Au cours des échanges, les discussions ont porté sur plusieurs axes de collaboration jugés prioritaires par les deux parties. L’emploi et la formation des jeunes ont été au centre des débats, illustrant la volonté des deux gouvernements de favoriser l’insertion professionnelle et le développement des compétences chez les nouvelles générations. La coopération en matière de sécurité a également été évoquée, témoignant de l’importance accordée à la stabilité et à la protection des citoyens dans un contexte régional et international complexe.

Cette audience traduit la détermination des deux pays à consolider un partenariat stratégique, basé sur la confiance et la solidarité mutuelle. Elle illustre également la volonté du Sénégal et de l’Italie de développer des initiatives concrètes et durables dans des secteurs clés, afin de renforcer leur coopération bilatérale et d’accroître les opportunités pour leurs populations respectives.

Nouvelle nomination à la tête de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol : Demba Traoré prend les rênes

Lors du Conseil des ministres tenu ce mercredi 29 octobre 2025, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé à une nomination stratégique dans le cadre des mesures individuelles. Demba Traoré, magistrat à la Cour suprême, a été nommé Directeur général de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol, succédant au Colonel Amadou Ousmane Ba.

Cette direction, rattachée au ministère de l’Urbanisme, occupe une place clé dans la régulation et la sécurisation de l’usage des terres au Sénégal. Sa mission principale consiste à veiller au respect des normes d’occupation du sol, à lutter contre les lotissements irréguliers et à garantir que les projets immobiliers soient conformes aux plans d’urbanisme en vigueur. Dans un contexte où l’urbanisation rapide et les tensions foncières représentent un défi majeur, cette fonction revêt une importance stratégique pour le développement harmonieux du territoire.

La nomination de Demba Traoré, reconnu pour son expérience juridique et son parcours au sein de la Cour suprême, témoigne de la volonté des autorités de renforcer la rigueur et la transparence dans la gestion foncière. Son profil devrait permettre d’accroître la crédibilité institutionnelle de la direction et de faciliter l’application effective des textes régissant l’aménagement du territoire.

L’arrivée de M. Traoré à la tête de cette structure intervient à un moment crucial, alors que le pays cherche à mieux organiser son espace urbain et à prévenir les conflits liés à l’occupation illégale des terres. Les observateurs estiment que cette nomination pourrait contribuer à améliorer la régulation foncière et à assurer une plus grande sécurité juridique pour les citoyens et les investisseurs.

« Conseil des Ministres du 29 octobre 2025 : hommage à Amadou Mahtar Mbow, réformes agrosylvopastorales et renforcement de l’autonomisation économique des femmes »

Le Conseil des Ministres s’est tenu le mercredi 29 octobre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président de la République.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Le Chef de l’Etat a fait une communication portant sur les points suivants :

Hommage de la Nation au Professeur Amadou Mahtar MBOW

Le Président de la République a introduit sa communication en saluant la mémoire de feu Amadou Mahtar MBOW, ancien Ministre et ancien Directeur général de l’UNESCO, qui a servi le Sénégal, l’Afrique et le monde. Référence dont l’œuvre et les enseignements doivent être vulgarisés, la Nation lui a rendu un vibrant hommage.

A cet effet, le Président de la République félicite le Gouvernement, notamment les Ministres en charge de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Formation professionnelle et technique et de la Culture, pour la bonne organisation de la cérémonie d’hommage, dans une parfaite communion avec la famille du défunt et la fondation sur les savoirs endogènes, qui porte son nom.

Transformation systémique des secteurs agricole, pastoral et halieutique

Relativement à la tenue de la première réunion du Conseil national d’Orientation agrosylvopastoral et halieutique, le Président de la République félicite le Gouvernement et l’ensemble des parties prenantes pour leur mobilisation collective dans le cadre des concertations et la finalisation, vingt (20) ans après, dans une approche intégrée et prospective, des recommandations et propositions consensuelles sur un nouveau projet de loi agrosylvopastorale et halieutique consolidé. Il demande au Premier Ministre de faire prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’adoption prochaine, en Conseil des Ministres, de ce texte transformateur et de ses décrets d’application.

Le Président de la République demande, également, de renforcer la coordination intersectorielle et le renouveau des organisations professionnelles d’agriculteurs, d’éleveurs, de pêcheurs et d’exploitants forestiers. Il indique, en outre, l’importance de professionnaliser les métiers, de renforcer les compétences des jeunes impliqués, d’assurer la montée en puissance de la protection sociale des acteurs du secteur primaire et d’accélérer les réformes indiquées du foncier afin d’assurer un financement soutenu du système agrosylvopastoral. A cet égard, il instruit le Ministre des Finances et du Budget, en relation avec les ministres concernés, de lui faire parvenir des propositions pragmatiques, relatives à la mise en place d’un Fonds de Recherche et de Développement agrosylvopastoral, forestier et halieutique.

Au demeurant, il préconise, pour le secteur primaire, la réforme du modèle de crédit agricole, la maitrise des statistiques, le renforcement de l’accompagnement des femmes actives, l’accélération de la généralisation de la digitalisation et la facilitation des formalités administratives. Il rappelle enfin l’impératif, pour le Gouvernement, de définir une stratégie intégrée de transformation et de valorisation des produits locaux et une doctrine consensuelle et efficace de promotion du « Consommer local ».

Maitrise stratégique de la commande publique

Considérant que l’exécution de la commande publique, dans l’efficacité, l’efficience et la transparence, constitue une opportunité majeure d’accélérer le redressement et la relance économiques, le Président de la République demande au Premier Ministre, aux membres du Gouvernement et au Ministre, Secrétaire général de la Présidence de la République, de prendre toutes les mesures idoines, afin d’assurer l’exécution, dans toutes les structures publiques et parapubliques, des Plans de passation des marchés, conformément aux procédures impératives indiquées par le Code des marchés publics.

Se félicitant du lancement du processus de dématérialisation des dossiers d’appel d’offres par l’Autorité de Régulation de la Commande publique (ARCOP), il demande aux autorités contractantes de faciliter la mise en œuvre de cette stratégie d’optimisation du calendrier d’exécution des marchés et, à chaque ministre, de tenir, avant la fin de l’année 2025, une Conférence sur l’exécution des marchés de 2025 et sur la planification de ceux prévus en 2026.

Renforcement de l’autonomisation économique des femmes

Le Chef de l’Etat exprime son attachement au renforcement permanent de l’autonomisation économique des femmes. Malgré le fait qu’elles représentent l’un des groupes les plus vulnérables, les femmes contribuent significativement au développement et à la stabilité sociale. Il félicite, à ce titre, le Ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités pour le déploiement rapide et efficace du programme des filets sociaux accordés aux groupes vulnérables, notamment les femmes, de plusieurs localités du pays. Dès lors, il instruit le Gouvernement d’intensifier la mise à disposition des financements destinés à accompagner leurs activités génératrices de revenus et leurs groupements et de lui soumettre, avant la fin de l’année 2025, un projet de loi d’orientation relative à l’autonomisation économique des femmes.

Agenda du Président de la République

Le Chef de l’Etat informe le Conseil qu’il présidera, le vendredi 31 octobre 2025, la cérémonie de dévoilement de la mascotte des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 et la cérémonie de remise du 5ème Prix Galien Afrique. En outre, il visitera, le dimanche 02 novembre 2025, les chantiers relatifs aux JOJ Dakar 2026 avec les ministres et les responsables des structures publiques et privées concernées.

AU TITRE DE LA COMMUNICATION DU PREMIER MINISTRE

Monsieur le Premier Ministre a présenté une communication sur les points suivants : 

Suivi des conventions et accords présidentiels

Le Premier Ministre a félicité Monsieur le Président de la République pour la portée stratégique et la qualité des visites récemment effectuées au Rwanda et au Kenya, qui traduisent la maturité de notre diplomatie et la place que le Sénégal occupe, désormais, dans l’espace africain et international. A cette occasion, des accords portant sur le renforcement des chaînes de valeur africaine, la promotion de la mobilité des compétences et la consolidation des échanges entre États souverains et égaux, ont été signés. Le Premier Ministre a rappelé qu’il est attendu de chaque ministère concerné la prise en charge, de manière opérationnelle, de la mise en œuvre des engagements issus de ces accords. La Primature assurera, à cet égard, le suivi de l’exécution des actions entreprises, sur la base de rapports réguliers permettant d’évaluer les progrès, d’identifier les contraintes et de garantir la cohérence d’ensemble. Ces accords doivent se traduire en projets concrets, porteurs d’impacts visibles pour les populations.

Le Premier Ministre a fait part au Conseil de la visite d’amitié et de travail que son homologue de la République Islamique de Mauritanie effectuera à Dakar, du 16 au 18 novembre 2025. De même, une délégation technique du pays frère de la Sierra Leone, conduite par le Ministre de l’Energie, sera reçue à partir du 20 novembre 2025, pour la finalisation des négociations sur la coopération dans le domaine des mines et de l’énergie.

Consolidation de la crédibilité du Sénégal

Le Premier Ministre a salué la représentation du Sénégal aux assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington, ainsi que la qualité de la participation et la pertinence des contributions de la délégation sénégalaise. Cela a réaffirmé la crédibilité du Sénégal sur la scène économique internationale et a consolidé la confiance des partenaires dans la rigueur de la gouvernance publique du Sénégal. Les échanges ont ouvert la voie à un nouveau cadre de coopération avec le FMI et la Banque mondiale, fondé sur la transparence, la soutenabilité et la responsabilité partagée.

Le Premier Ministre a rappelé son attachement à l’exigence de discipline budgétaire, de transparence et de responsabilité qui doit demeurer au cœur de l’action collective du Gouvernement et qui constitue la condition de la stabilité macroéconomique, du renforcement de la confiance des partenaires et de la préservation de notre souveraineté financière et politique.

Promotion du secteur privé national

Le Premier Ministre a indiqué la volonté du Président de la République de faire du secteur privé national un levier central du développement économique et social du Sénégal, exprimée dans son premier message à la Nation, le 3 avril 2024 et réitérée à l’occasion du Conseil des Ministres du 3 septembre 2025, avec notamment le lancement prochain de l’initiative « SUNU CHAMPIONS ». Le Premier Ministre a souligné que, dans la mise en œuvre de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050 et du Plan de Redressement économique et social (PRES), le secteur privé a été pleinement impliqué à toutes les étapes du processus. Il a salué la disponibilité et l’engagement du secteur privé national à relever les défis liés à la création de richesses et d’emplois ainsi qu’à la formation professionnelle de la jeunesse et à contribuer à l’instauration d’un climat de paix et de stabilité dans le pays. Le secteur privé est disposé à être le principal allié de l’Etat pour les investissements dans les secteurs prioritaires et la promotion des pôles industriels territoriaux et des filières et chaines de valeurs prioritaires, axes déterminants de la politique gouvernementale.

Pour le Premier Ministre, il convient de bâtir une alliance forte entre l’Etat et le secteur privé national, dans le but de faire émerger de véritables champions économiques, capables de contribuer à la transformation du Sénégal, au bénéfice des entreprises et des ménages. Pour ce faire, le secteur privé national doit davantage se structurer, au moment où l’Etat a déjà entamé des réformes permettant d’aménager un environnement juridique et institutionnel adéquat pour l’investissement. 

Ce faisant, le Pacte national de stabilité sociale constitue un instrument précieux pour la préservation de la paix sociale, adossé à des mesures d’accompagnement incitatives et de facilitation pour l’accès au foncier et à la commande publique, avec des clauses de préférence nationale.

Le Premier Ministre a clos sa communication en demandant aux ministres et secrétaires d’Etat de s’atteler à la promotion d’un nouvel état d’esprit dans l’administration, consistant à mettre l’accent sur le soutien aux investisseurs, en particulier le secteur privé national, à veiller à la transparence publique et à recourir largement à la digitalisation dans les processus décisionnels critiques dans l’administration.

AU TITRE DES AUTRES COMMUNICATIONS

-Madame le Ministre de la Jeunesse et des Sports a fait une communication sur les stages de préparation des athlètes, en vue des Jeux Olympiques de la Jeunesse-Dakar 2026 et le projet de mise en place d’un Centre de Haute Performance sportive ;

=Monsieur le Directeur général de l’ARCOP a fait un exposé sur les procédures de passation des marchés publics.

AU TITRE DES TEXTES LEGISLATIFS ET REGLEMENTAIRES

Le Conseil a examiné et adopté :

-le projet de décret relatif aux modalités d’application de la loi n°2025-12 du 03 septembre 2025 portant création de l’Office national de Lutte contre la Corruption (OFNAC) ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-13 du 03 septembre 2025 relative à la déclaration de patrimoine ;

-le projet de décret portant application de la loi n°2025-14 du 04 septembre 2025 portant statut et protection des lanceurs d’alerte ;

-le projet de décret fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de la Commission nationale d’Accès à l’Information (CONAI).

AU TITRE DES MESURES INDIVIDUELLES

Le Président de la République a pris la décision suivante :

Monsieur Demba TRAORE, Magistrat en service à la Cour suprême, matricule de solde n°601 590/K, est nommé Directeur général de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol, en remplacement du Colonel Amadou Ousmane BA.

Marie Rose Khady Fatou FAYE,

Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre,

Chargée des Relations avec les Institutions,

Porte-parole du Gouvernement

Libération du journaliste Babacar Fall après son arrestation

Le journaliste Babacar Fall a été libéré ce mercredi après avoir passé plusieurs heures en audition. Son arrestation avait eu lieu dans la matinée, suite à la diffusion d’une interview accordée à Madiambal Diagne, actuellement en fuite.

La nouvelle de sa libération a été accueillie avec soulagement dans le milieu médiatique et par les défenseurs de la liberté de la presse. Les circonstances exactes de son arrestation restent entourées de mystère, mais cette affaire avait rapidement suscité de vives réactions au sein de la société civile et des organisations professionnelles du journalisme.

Babacar Fall, directeur de la rédaction de RFM, a retrouvé sa liberté après plus de huit heures de garde à vue. Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les tensions entre certaines autorités et les médias au Sénégal, notamment lorsqu’il s’agit de sujets sensibles ou de personnalités politiques en exil.

VATICAN — Rencontre historique entre le Khalife de Bambilor et le Pape Léon

Le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, a pris part à la cérémonie inaugurale de commémoration du 60ᵉ anniversaire de la déclaration Nostra Aetate, organisée au Vatican dans la salle Paul VI.

Cet événement majeur a réuni les plus hautes autorités religieuses du monde, invitées par le Saint-Siège pour célébrer six décennies de dialogue interreligieux, de respect mutuel et de fraternité humaine.

Parmi les quatre-vingt personnalités conviées à saluer le Pape Léon, le Khalife de Bambilor a eu un échange empreint de respect et de fraternité avec le souverain pontife. À cette occasion, il lui a offert un Tengaadé, chapeau peulh traditionnel, symbole de la culture africaine et du profond attachement du Sénégal aux valeurs de paix et de coexistence harmonieuse.

Le Khalife prendra également part, ce mercredi, à l’Audience générale présidée par le Saint-Père, consacrée au dialogue interreligieux, une thématique chère à son engagement pour la paix, la tolérance et la cohésion entre les peuples et les croyances.

Idrissa Seck dénonce les arrestations de journalistes et les restrictions imposées à 7TV et RFM

La scène politique sénégalaise connaît une nouvelle secousse après les récentes arrestations de Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, directeur de la rédaction de la RFM. Ces interpellations, survenues en lien avec l’affaire Madiambal Diagne, ont provoqué un tollé dans les milieux médiatiques et politiques. Dans la foulée, les programmes des deux médias concernés ont été temporairement interrompus, une décision qui alimente encore davantage la controverse.

Face à cette situation, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, jusque-là resté silencieux sur le dossier, a décidé de rompre le mutisme. À travers un communiqué officiel publié par son parti, RÉEW MI, et signé par son Secrétaire général, Matar Seye, il exprime la « désolation » du parti face à ce qu’il qualifie d’atteinte grave à la liberté de la presse.

Le document affirme que ces arrestations constituent « une entrave dans la diffusion des émissions de 7TV et RFM », et traduisent une dérive inquiétante dans la gestion des libertés publiques. RÉEW MI y dénonce fermement les mesures prises contre les deux journalistes, rappelant que la liberté d’expression et le libre exercice du métier de journaliste sont des piliers essentiels de toute démocratie.

Idrissa Seck et son parti réaffirment, dans ce communiqué, leur attachement au pluralisme médiatique et au respect du droit à l’information. Ils soulignent que les médias jouent un rôle fondamental dans l’équilibre du débat démocratique et doivent pouvoir exercer leurs activités sans pressions ni contraintes arbitraires.

Le parti exige ainsi la libération immédiate de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall, tout en appelant à la levée des mesures de restriction imposées à 7TV et RFM. Pour RÉEW MI, ces actes de répression ne font qu’aggraver la méfiance entre les citoyens et les institutions, à un moment où le pays a besoin d’apaisement et de dialogue.

Fièvre de la Vallée du Rift : le Sénégal en état de vigilance face à la persistance de l’épidémie

Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) du Sénégal a publié son dernier point de situation épidémiologique, confirmant la persistance de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) sur le territoire national. Bien qu’aucun nouveau décès n’ait été enregistré, l’annonce de 12 nouveaux cas positifs au 28 octobre 2025 montre que la maladie continue de circuler activement, obligeant les autorités à maintenir une vigilance élevée.

Depuis le début de l’épidémie, le Sénégal a recensé 343 cas confirmés, dont 28 décès et 270 guérisons. Si le taux de létalité n’a pas évolué ces dernières semaines, le ministère rappelle que la situation demeure sérieuse et requiert une mobilisation constante des services de santé et des populations.

La région de Saint-Louis reste la plus touchée, concentrant la grande majorité des cas signalés. Sur les 343 cas recensés, 271 proviennent de cette région, avec une répartition notable entre les districts de Richard-Toll (133 cas), Saint-Louis (72 cas), Dagana (29 cas), Podor (28 cas) et Pété (9 cas). Cette forte concentration dans le nord du pays confirme la nécessité d’un suivi sanitaire rigoureux, notamment dans les zones rurales et pastorales où la transmission entre animaux et humains est favorisée.

La région de Louga suit avec 18 cas, répartis entre Linguère (9 cas), Keur Momar Sarr (4 cas), Sakal (3 cas) et Dahra (2 cas). Dans la région de Matam, 20 cas ont été recensés : Thilogne (11 cas), Ranérou (5 cas), Kanel (2 cas) et Matam (2 cas). Plus au sud, la région de Fatick a enregistré 11 cas, localisés principalement à Diofior (8 cas) et Fatick (3 cas).

La région de Dakar n’est pas épargnée, avec 9 cas confirmés, répartis entre Sangalkam (5 cas) et Keur Massar (4 cas). Dans la région de Kaolack, 10 cas ont été signalés, dont 9 à Kaolack même et 1 à Nioro. Les régions de Thiès et Tambacounda ferment la liste avec 2 cas chacune, tous localisés respectivement dans les districts de Thiès et Kidira.

Cette répartition géographique montre que, bien que la FVR soit concentrée dans le nord, plusieurs foyers de transmission ont été identifiés dans d’autres régions, soulignant la dimension nationale de la menace.

En parallèle de la FVR, le ministère a également fait le point sur la situation de la variole simienne (Mpox), dont l’évolution reste jugée stable et maîtrisée. Depuis la détection du premier cas le 22 août 2025, 7 cas confirmés et 2 cas probables ont été enregistrés, tous dans la région de Dakar. Aucun décès n’a été signalé, et 8 personnes sont désormais guéries. Trente (30) contacts demeurent sous surveillance médicale, dans le cadre d’un suivi actif conduit par les autorités sanitaires.

Face à ces deux épidémies, le ministère de la Santé et de l’Action sociale appelle les populations à redoubler de vigilance. Il exhorte les citoyens à collaborer étroitement avec les agents de santé, à signaler rapidement tout cas suspect et à respecter les mesures de prévention recommandées. Selon le ministère, seule une mobilisation collective et un comportement responsable permettront de maîtriser durablement la FVR et d’empêcher la propagation du Mpox.

Affaire Madiambal Diagne : les avocats dénoncent des arrestations “révélatrices du caractère politique” du dossier

Les avocats du journaliste et directeur du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, ont réagi avec vigueur à l’arrestation de deux figures médiatiques sénégalaises : Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de 7TV, et Babacar Fall, directeur de la rédaction de la même chaîne. Dans un communiqué rendu public ce mercredi, ils disent avoir appris ces interpellations “avec stupéfaction”, y voyant “un nouvel et flagrant aveu du caractère politique” du dossier visant leur client.

Selon le collectif, ces arrestations confirment que l’affaire Madiambal Diagne dépasse le strict cadre judiciaire. Les avocats considèrent qu’il s’agit d’une manœuvre d’intimidation destinée à faire taire toutes les voix qui cherchent à donner la parole à leur client ou à s’exprimer sur la procédure en cours. Ils annoncent par ailleurs que ces développements seront portés à la connaissance de la Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Versailles lors de l’audience prévue le 4 novembre 2025.

Les conseils de Madiambal Diagne rappellent que leur client n’a “jamais cherché à échapper à une justice indépendante”. Ils précisent qu’il avait quitté le Sénégal avant même l’émission du mandat d’arrêt lancé à son encontre. Actuellement libre en France, le journaliste n’a pas été placé en détention, la justice française n’ayant pas jugé nécessaire de le faire dans le cadre de la procédure d’extradition en cours. Présent à l’audience du mardi dernier devant la Chambre de l’instruction de Versailles, Madiambal Diagne a vu son dossier renvoyé au 4 novembre. L’obligation de pointage au commissariat, qui lui avait été imposée, n’a pas été renouvelée.

Les avocats tiennent également à rappeler qu’aucune mesure ne limite la liberté d’expression de leur client. À ce titre, ils estiment qu’il est parfaitement en droit de s’exprimer publiquement, de critiquer la procédure engagée contre lui — qu’ils jugent “inéquitable” — et d’exercer ses droits de la défense. Pour eux, la liberté d’opinion et de parole constitue un principe fondamental qui ne saurait être restreint pour des raisons politiques.

Enfin, le collectif d’avocats s’est dit profondément préoccupé par la situation de la famille de Madiambal Diagne. L’épouse du journaliste et leurs enfants demeurent en détention, une situation que les défenseurs qualifient “d’injuste et d’inhumaine”. Ils alertent sur l’état de santé “préoccupant” de la conjointe du patron du groupe Avenir Communication, qu’ils appellent les autorités à libérer sans délai.

Liberté de la presse au Sénégal : la société civile dénonce une “atteinte grave” après l’arrestation de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’arrestation des journalistes Maïmouna Ndour Faye, directrice générale de 7TV, et Babacar Fall, directeur de l’information à la RFM, continue de provoquer une vive émotion au Sénégal. Ce qui n’était d’abord qu’un fait divers judiciaire s’est rapidement transformé en affaire nationale, soulevant de profondes inquiétudes sur l’avenir de la liberté de la presse dans le pays.

Quatre grandes organisations de défense des droits humains — la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), la Ligue Sénégalaise des Droits Humains (LSDH), ARTICLE 19 Sénégal/Afrique de l’Ouest et Amnesty International Sénégal — ont publié un communiqué conjoint pour dénoncer ce qu’elles qualifient de « dérive autoritaire » et « d’atteinte grave à la liberté de la presse et au droit à l’information ».

Dans ce texte rendu public, les organisations rappellent que les deux journalistes ont été interpellés et placés en garde à vue simplement pour avoir accordé une interview à une personne recherchée par la justice. « Aucun élément ne justifie une telle mesure coercitive », peut-on lire dans le communiqué, qui estime que les motifs avancés par les autorités ne tiennent pas face aux principes fondamentaux de la liberté d’expression.

Les signataires précisent que l’interview diffusée sur les antennes de la RFM ne contenait aucun propos de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la sécurité nationale. « Toutes les informations évoquées étaient déjà connues du public », soulignent-ils, dénonçant ainsi une utilisation abusive du cadre judiciaire pour restreindre l’exercice du journalisme.

Au-delà des arrestations, la RADDHO, la LSDH, ARTICLE 19 et Amnesty International Sénégal expriment leur profonde préoccupation face à la multiplication d’actes qu’elles jugent contraires aux valeurs démocratiques du Sénégal. L’irruption de forces de sécurité dans les locaux des médias, la coupure arbitraire de signaux télévisés et l’interruption d’émissions en direct sont, selon elles, des pratiques qui rappellent les heures les plus sombres de la censure. Ces organisations y voient une remise en cause directe des engagements internationaux du Sénégal en matière de protection des libertés fondamentales.

Face à cette situation qu’elles qualifient d’inquiétante, les quatre structures exigent la libération immédiate et sans condition de Maïmouna Ndour Faye et de Babacar Fall. Elles invitent en même temps les autorités à privilégier la voie du dialogue et de l’autorégulation plutôt que celle de la répression. « Les pouvoirs du Conseil pour l’Observation des Règles d’Éthique et de Déontologie dans les médias (CORED) doivent être renforcés pour lui permettre de jouer pleinement son rôle de régulateur », insistent-elles.

Dans leur déclaration, signée par Alassane Seck (président de la LSDH), Mouhamadou Seck (secrétaire général de la RADDHO), Alfred Bulakali (directeur régional d’ARTICLE 19) et Seydi Gassama (directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal), les défenseurs des droits humains lancent un appel solennel aux autorités publiques. Ils demandent le respect strict des libertés fondamentales, la fin des intimidations contre les journalistes et la garantie d’un environnement médiatique libre et pluraliste.

Barthélémy Dias dénonce une “dérive autoritaire inquiétante” après l’arrestation de Maïmouna Ndour Faye et Babacar Fall

L’arrestation de Maïmouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, et de Babacar Fall, rédacteur en chef de la RFM, continue de susciter une vive émotion dans le paysage politique et médiatique sénégalais. Alors que de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un durcissement du climat envers la presse, l’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias, a réagi avec fermeté, accusant le pouvoir en place de s’engager sur la voie d’une “dérive autoritaire inquiétante”.

Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, l’opposant n’a pas mâché ses mots. “Quand un régime commence à s’en prendre à la presse, c’est qu’il a peur de la vérité. Nous ne laisserons pas le Sénégal devenir un pays où la pensée unique règne. Soutenir ces journalistes, c’est refuser la dictature du silence”, a-t-il lancé, dans un message largement partagé par ses partisans.

Cette sortie intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par une série d’arrestations qui touchent des journalistes connus pour leurs prises de position critiques. Pour Barthélémy Dias, ces actes traduisent une volonté manifeste de museler les voix discordantes et d’imposer une forme de contrôle sur l’espace médiatique national.

Fidèle à son ton tranchant, l’ancien édile de la capitale estime que ces arrestations constituent un tournant dangereux pour la démocratie sénégalaise. Selon lui, “s’attaquer à la presse, c’est s’attaquer à la liberté d’expression elle-même”, un principe qu’il juge non négociable dans un État de droit.

Barthélémy Dias appelle ainsi à une mobilisation nationale autour des deux journalistes interpellés, qu’il présente comme des “symboles de la liberté d’expression menacée”. Dans un autre message de soutien, il a rappelé que “la presse n’est pas un ennemi, c’est la sentinelle de la démocratie”, exhortant les citoyens, les acteurs politiques et la société civile à défendre ce pilier essentiel du débat public.

Tragique accident à Richard-Toll : un jeune homme fauché par un camion de vidange

Un drame s’est produit ce mercredi 29 octobre 2025 aux environs de 17h30 à hauteur de la brigade de la gendarmerie de Richard-Toll. Alassane Dabo, un homme âgé d’une trentaine d’années et domicilié dans la même localité, a perdu la vie dans un violent accident de la circulation.

Selon les premières informations rapportées par le quotidien Le Soleil, la victime circulait sur la voie lorsqu’un camion de vidange, lancé à vive allure selon des témoins, l’a violemment percuté. Le choc, d’une extrême brutalité, ne lui a laissé aucune chance. Alassane Dabo est décédé sur le coup, avant même l’arrivée des secours.

Alertés, les sapeurs-pompiers se sont rapidement rendus sur les lieux du drame. Après constatation du décès, ils ont procédé à l’évacuation du corps sans vie vers la morgue de l’hôpital de Richard-Toll. Les éléments de la police, également dépêchés sur place, ont sécurisé la zone et entamé les premières investigations pour faire la lumière sur les circonstances exactes de l’accident.

Une enquête a été ouverte afin de déterminer les causes précises de cette tragédie, notamment les conditions de conduite du chauffeur du camion de vidange. Cet énième drame relance le débat sur la sécurité routière dans la ville de Richard-Toll, souvent pointée du doigt pour la dangerosité de certaines zones de circulation.

Le Sénégal et le FMI engagent des discussions pour un nouveau programme de coopération

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) séjourne actuellement à Dakar dans le cadre des discussions relatives à un nouveau programme de coopération économique avec le Sénégal. Conduite par Mlachila Montfort, Directeur adjoint du Département Afrique du FMI, la délégation a été reçue ce mardi par le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr. Cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement des relations entre le Sénégal et l’institution de Bretton Woods, alors que le pays s’apprête à redéfinir sa trajectoire économique à moyen terme.

Selon un communiqué du ministère, les échanges ont porté sur la situation macroéconomique nationale, la gestion de la dette publique et les perspectives de croissance. Le ministre Abdourahmane Sarr a présenté aux experts du FMI un tableau globalement positif de l’économie sénégalaise, malgré un contexte mondial incertain. Il a souligné que le profil de croissance du pays demeure prometteur, soutenu par les réformes structurelles engagées et les grands projets en cours dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures et de l’agro-industrie.

Toutefois, le ministre a reconnu que la période 2025-2026 sera marquée par un ajustement budgétaire nécessaire afin d’éliminer les dépenses publiques jugées non productives. Cet effort de rationalisation budgétaire vise à renforcer la soutenabilité des finances publiques tout en créant un espace fiscal propice à des investissements plus efficaces. Abdourahmane Sarr a néanmoins tenu à rassurer la mission du FMI sur les perspectives à moyen terme, estimant que la croissance économique devrait s’accélérer dès la fin de cette phase d’ajustement, grâce à la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050.

Cette stratégie nationale de long terme s’appuie sur les performances économiques historiques du pays et ambitionne de consolider une croissance inclusive et durable, fondée sur la productivité, la gouvernance et l’innovation. Le ministre a également insisté sur la volonté du gouvernement d’assainir les finances publiques et de garantir une gestion prudente de la dette.

S’agissant précisément de la dette publique, Abdourahmane Sarr a réaffirmé qu’elle demeure soutenable, en conformité avec les critères internationaux d’analyse du FMI et de la Banque mondiale. Il a toutefois invité les experts du Fonds à adopter une approche plus adaptée au contexte sénégalais, en prenant en compte certaines spécificités structurelles. Parmi celles-ci figurent l’appartenance du pays à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le rôle stabilisateur des transferts de la diaspora sénégalaise, ainsi que l’accès du Sénégal aux marchés financiers internationaux, qui lui confère une certaine flexibilité dans la gestion de ses ressources.

Le ministre de l’Économie a enfin réitéré la volonté du gouvernement de finaliser dans les meilleurs délais un nouveau programme de coopération avec le FMI. Il a souligné que l’objectif principal de ce partenariat renouvelé est de renforcer la crédibilité du Sénégal sur la scène internationale et de consolider la confiance des investisseurs. Abdourahmane Sarr a rappelé que le FMI doit continuer à jouer un rôle catalytique dans la mobilisation de financements concessionnels et commerciaux, contribuant ainsi à l’accélération du développement économique du pays.

Mondial U17 : les Lionceaux du Sénégal en route pour le Qatar dans des conditions préoccupantes

L’équipe nationale U17 du Sénégal s’apprête à disputer sa troisième Coupe du monde, prévue du 3 au 27 novembre 2025 au Qatar, mais son parcours préparatoire a été semé d’embûches. À quelques jours du coup d’envoi, les Lionceaux, dirigés par Pape Ibrahima Faye (PIF), rejoindront Doha ce mercredi, sans avoir bénéficié d’une préparation à la hauteur des ambitions affichées.

Selon les informations relayées par Wiwsport, la préparation des jeunes Sénégalais a été marquée par de graves dysfonctionnements organisationnels et un manque criant de matchs de haut niveau. Contrairement aux précédentes éditions, les Lionceaux n’ont disputé que deux rencontres amicales internationales, toutes deux face au Maroc, à l’invitation du royaume chérifien. Ces confrontations se sont soldées par deux matchs nuls (0-0 et 2-2), des résultats encourageants sur le plan comptable, mais insuffisants pour évaluer réellement le potentiel du groupe et corriger les failles techniques ou tactiques.

Depuis leur retour du Maroc, la préparation s’est limitée à des matchs contre des clubs et écoles de football locaux, un programme jugé trop léger pour une équipe appelée à affronter les meilleures sélections mondiales. « C’est quand même compliqué de préparer une Coupe du monde sans véritables tests internationaux. Ces rencontres permettent de jauger le niveau, de corriger les erreurs et de forger l’expérience », a confié une source proche de la sélection. Elle ajoute : « Certains joueurs n’ont jamais voyagé à l’international. Il aurait été préférable d’organiser d’autres matchs amicaux à l’extérieur pour leur permettre de se confronter à d’autres styles de jeu. »

Mais au-delà du volet sportif, ce sont les conditions logistiques et matérielles qui suscitent le plus d’inquiétude. Selon Le Quotidien, même les séances d’entraînement ont été entravées par des problèmes d’accès aux infrastructures. « Contre le Maroc en amical, on nous a refusé l’accès au stade Lat Dior parce que les Marocains devaient s’y entraîner », confie une source au sein du staff. D’autres difficultés ont également été rencontrées au centre technique de Toubab Dialaw, où le regroupement a été interrompu à plusieurs reprises. « Une fois, il a fallu laisser la place aux stadiers qui faisaient leur stage pendant une semaine. La semaine passée, on nous a encore chassés le vendredi pour laisser la place aux préparateurs de gardiens de but de la Ligue 1 », déplore notre interlocuteur, avant de s’interroger : « Est-ce que les dirigeants y croient vraiment, ou pensent-ils qu’une simple participation à la Coupe du monde suffit ? »

Ces témoignages révèlent un manque de considération préoccupant pour une génération appelée à défendre les couleurs nationales sur la scène mondiale. D’autant plus que plusieurs sélections déjà qualifiées ont rejoint le Qatar depuis plusieurs jours pour s’acclimater et finaliser leur préparation, alors que les Lionceaux ne doivent quitter Dakar que ce mercredi matin.

Autre signe du désordre ambiant : la traditionnelle remise du drapeau national n’avait toujours pas eu lieu à la veille du départ. La seule visite officielle de la Fédération sénégalaise de football (FSF) aux Lionceaux s’est tenue samedi dernier, après le match nul (0-0) des Lionnes face à la Côte d’Ivoire, dans le cadre des éliminatoires de la CAN féminine.

Malgré ce contexte difficile, l’équipe de Pape Ibrahima Faye entend faire honneur au Sénégal et franchir un nouveau cap après deux éliminations consécutives en huitièmes de finale lors des éditions précédentes. Logés dans le groupe C, les Lionceaux débuteront leur tournoi le lundi 3 novembre face à la Croatie, avant d’affronter le Costa Rica le 6 novembre, puis les Émirats arabes unis le 9 novembre.

Vers une baisse prochaine des prix de l’électricité, du carburant et du gaz : le gouvernement Sonko promet un allègement du coût de la vie

Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, lundi, une prochaine baisse des prix de l’électricité, du carburant et du gaz, réaffirmant la volonté du gouvernement d’alléger le coût de la vie et de renforcer le pouvoir d’achat des Sénégalais. C’était lors de la cérémonie d’installation du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable. « Bientôt, nous allons procéder à une baisse des prix de l’électricité. Il en sera de même pour le carburant et le gaz », a-t-il déclaré. Aucune date d’entrée en vigueur n’a pour l’instant été précisée, tout comme la stratégie concrète qui permettra de mettre en œuvre ces baisses.

Cette annonce fait suite à une instruction donnée quelques jours plus tôt par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors du dernier Conseil des ministres. Le chef de l’État avait alors exhorté le gouvernement à veiller à la maîtrise des prix des produits de grande consommation et à la stabilité des services essentiels, dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et des tensions sociales liées au coût de la vie.

La perspective d’une baisse des tarifs de l’électricité a été largement saluée par les ménages et les acteurs économiques, même si beaucoup s’interrogent sur la faisabilité d’une telle mesure à court terme. Le coût de l’électricité dépend en effet d’un ensemble de paramètres complexes : le mode de production (thermique, solaire, hydraulique), le prix des combustibles fossiles, le réseau de transport et de distribution, ainsi que les taxes et redevances appliquées par l’État.

L’ingénieur Mbaye Hadj, spécialiste des questions énergétiques, estime qu’il serait illusoire d’attendre un changement structurel immédiat. « Construire de nouvelles centrales ou mettre en place un réseau intelligent nécessite des mois, voire des années, et des investissements conséquents », explique-t-il. Selon lui, le seul levier dont dispose le gouvernement à court terme pour réduire la facture des consommateurs reste la diminution des taxes et prélèvements sur le prix de l’électricité.

L’expert rappelle que cette perspective s’inscrit dans une stratégie énergétique plus large, liée à l’exploitation future du gaz sénégalais, notamment celui issu du projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), un gisement partagé avec la Mauritanie. « Le gaz du projet GTA semble avoir été renégocié, permettant au Sénégal de bénéficier d’un quota réservé dans des conditions économiques avantageuses », précise-t-il. Cette ressource locale pourrait à terme permettre une réduction durable des coûts de production de l’électricité.

Aujourd’hui, malgré une subvention étatique de 214 milliards de francs CFA – soit environ 90 000 francs par consommateur et par an – les tarifs de l’électricité au Sénégal demeurent parmi les plus élevés de la région, avec un prix moyen de 127 francs CFA par kilowattheure, contre 87 francs en Côte d’Ivoire. Habib Sy, président du conseil d’administration de la Senelec, attribue cet écart à la dépendance persistante au fuel lourd importé, aux coûts d’exploitation élevés et aux différentes taxes prélevées par l’État.

Le système de prépaiement Woyofal, utilisé par près de 72 % des 2,3 millions de clients de la Senelec, reste une source de mécontentement. Les usagers dénoncent une impression de “perte de kilowatts” à chaque recharge. Ce sentiment s’explique par la tarification par tranches : la première, jusqu’à 150 kWh, bénéficie d’un tarif préférentiel ; la seconde, de 151 à 250 kWh, est plus coûteuse ; et au-delà, le tarif se stabilise à un niveau élevé. À cela s’ajoute une redevance fixe d’environ 400 francs CFA, prélevée lors de la première recharge mensuelle.

Face à ces critiques, Habib Sy a annoncé la tenue prochaine d’une réunion avec le ministère du Commerce, les associations de consommateurs, le fournisseur de compteurs Exim et la Commission de régulation de l’électricité, afin d’améliorer la transparence du système et la communication autour de son fonctionnement.

La Senelec dispose aujourd’hui d’une capacité de production d’environ 1 950 mégawatts, suffisante pour couvrir la demande nationale. Cependant, seulement 23 % de cette électricité est produite directement par la société, le reste étant fourni par des producteurs indépendants, notamment solaires. Si cette externalisation a permis de stabiliser l’approvisionnement, elle contribue aussi à maintenir des coûts élevés.

Dans sa stratégie à long terme, le gouvernement table sur l’exploitation du gaz sénégalais dès 2026 pour abaisser durablement les prix de l’électricité. Les centrales, comme celle de Bel Air, sont déjà en cours de conversion pour fonctionner au gaz. Habib Sy a fixé un objectif ambitieux : ramener le prix du kilowattheure à 80 francs CFA d’ici 2034, puis à 60 francs CFA d’ici 2050.

En attendant, le président du conseil d’administration de la Senelec reconnaît la légitimité du mécontentement des usagers : « Les populations ont raison, l’électricité coûte cher, et le système Woyofal n’est pas toujours bien compris. »

Le collectif Noo Lank, défenseur des consommateurs, a salué les annonces du Premier ministre tout en exigeant des mesures concrètes et rapides. Dans un communiqué, le mouvement souligne que « les usagers paient d’avance et voient pourtant leurs consommations rester trop chères. Woyofal doit soulager, pas étrangler ». Il appelle à des baisses effectives pour les ménages, les PME et les couches vulnérables, afin que les promesses gouvernementales se traduisent par des résultats tangibles.

Yoro Dia dénonce les restrictions à la liberté de la presse sous le nouveau régime

L’ancien ministre porte-parole de la Présidence sous Macky Sall, Yoro Dia, s’est élevé contre ce qu’il considère comme une atteinte grave à la liberté de la presse au Sénégal. Dans une publication sur le réseau social X (ancien Twitter), il a vivement dénoncé l’arrestation et le placement en garde à vue de la journaliste Maimouna Ndour Faye, directrice de la chaîne 7TV, interpellée à la suite de la diffusion d’une émission en ligne qui devait accueillir le journaliste Madiambal Diagne.

Yoro Dia estime que cet acte marque un dangereux précédent pour la liberté d’expression et pour le droit du public à être informé. Avec un ton mêlant ironie et indignation, il écrit : « Même Ben Laden avait droit à la parole sur CNN. On n’arrête pas la mer de la liberté de presse avec ses bras. Notre écosystème démocratique rend tout projet de confiscation des libertés impossible. C’est du TERA bon sens démocratique ».

Par cette sortie, l’ancien ministre souligne le caractère universel de la liberté de la presse et dénonce toute tentative de musellement des voix critiques, qu’elles soient journalistiques ou politiques. Son allusion au « TERA bon sens démocratique » fait écho au meeting prévu le 8 novembre prochain par le parti au pouvoir, Pastef, dans le cadre de la mobilisation politique initiée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Un clin d’œil sarcastique qui traduit son scepticisme face aux slogans du nouveau régime qu’il accuse de ne pas respecter les principes qu’il prône.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte marqué par une vague d’indignation dans les milieux médiatiques et politiques, après l’irruption de gendarmes dans les locaux de 7TV et l’arrestation de sa directrice. Plusieurs organisations de presse et défenseurs des droits humains ont déjà condamné cette intervention, la qualifiant d’atteinte directe à la liberté de la presse.

Intrusion des gendarmes à 7TV : une grave atteinte à la liberté de la presse

Thierno Bocoum dénonce l’arrestation de Maimouna Ndour Faye et alerte sur un précédent dangereux pour la démocratie et le droit à l’information.

L’irruption de gendarmes dans les locaux de la 7TV, sous prétexte qu’une émission devait accueillir Madiambal Diagne, suivie de l’arrestation du journaliste Maimouna Ndour Faye est une atteinte directe à la liberté de la presse et au droit du public à être informé.

Des journalistes ont interviewé des individus faisant l’objet de poursuites ou de mandats internationaux. Joseph Kony a été interrogé en 2006 alors qu’il était visé par un mandat de la Cour pénale internationale. Julian Assange a accordé une interview en 2011 alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par la Suède…

Aucun État n’a jamais envoyé des forces armées dans un studio pour empêcher ces interviews parce que le rôle du journaliste n’est pas d’exécuter des mandats mais d’éclairer la société, de questionner le réel même dans sa part la plus dérangeante.

Ce précédent est dangereux.

Quand les gendarmes entrent dans les studios, c’est la République elle-même qui sort par la fenêtre.

Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de Maimouna Ndour Faye.

Thierno Bocoum
Président AGIR- Les Leaders

Hôpital Aristide Le Dantec : l’intersyndicale dénonce un retard « inacceptable » et alerte sur une crise sanitaire silencieuse

Fermé depuis plus de 38 mois pour des travaux de reconstruction initialement prévus pour durer 18 mois, l’hôpital Aristide Le Dantec, l’un des plus anciens et des plus emblématiques établissements de santé du Sénégal, reste plongé dans une incertitude qui inquiète profondément les travailleurs et les usagers du système sanitaire national.

Ce mardi 28 octobre, l’intersyndicale des travailleurs de la santé a tenu un point de presse pour tirer la sonnette d’alarme et dénoncer un retard jugé « inacceptable » dans l’avancement du chantier. Face à ce qu’ils qualifient d’« inaction coupable », les représentants syndicaux ont mis en garde contre les conséquences sociales et sanitaires d’une fermeture aussi prolongée.

Selon Mague Ngom, porte-parole du jour, cette situation constitue une véritable tragédie pour la santé publique. « L’hôpital Aristide Le Dantec est un pilier du système sanitaire sénégalais. Sa fermeture prolongée prive chaque année des millions de patients de soins de qualité », a-t-il déclaré. Les travailleurs dénoncent un vide sanitaire qui touche particulièrement les malades chroniques et les personnes atteintes de cancer, autrefois suivis au sein du service de radiothérapie du même hôpital. Avant sa fermeture, ce service accueillait plus de 14 000 patients par an. Aujourd’hui, ces malades sont contraints de se tourner vers des structures déjà saturées, ou dans certains cas, de renoncer à leur traitement.

Au-delà des retards techniques, l’intersyndicale a également soulevé des inquiétudes quant à la gestion du projet de reconstruction, notamment l’implication du Fonds VI dans le financement et la gouvernance du futur hôpital. Les représentants syndicaux redoutent que cette intervention ne conduise à une dérive de la mission de service public de l’établissement.

Le Fonds VI a, en effet, annoncé son intention de transformer le nouvel hôpital en un « groupe médical et paramédical » fonctionnant sans recourir à l’endettement public. Pour y parvenir, il prévoit de valoriser trois hectares résiduels du site de Dantec, tout en assurant l’insertion de « clauses de non aliénation » dans le projet. Une démarche qui, selon le Fonds, permettrait d’assurer la viabilité financière de l’hôpital tout en préservant son caractère public.

Cependant, cette orientation ne convainc pas les syndicats, qui y voient un risque de privatisation déguisée et une mauvaise gestion du patrimoine foncier public. « Ces terrains devraient plutôt servir à des infrastructures d’appui, car la population grandit et a besoin de plus de soins, pas de moins », a soutenu Cheick Seck, secrétaire général du Syndicat Démocratique des Travailleurs de la Santé et du Secteur Social (SDT-3S).

Face à cette situation, l’intersyndicale appelle solennellement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le Premier ministre, Ousmane Sonko, à intervenir sans délai pour garantir la transparence dans la gestion du chantier et accélérer la réouverture de l’établissement. Les travailleurs insistent sur l’urgence d’une solution claire et rapide, estimant que chaque mois de retard supplémentaire aggrave la souffrance de milliers de malades privés de soins.

Dakar : Arrestation d’un individu avec 25 pierres de cocaïne à Benn Tally

Les éléments de la Sûreté urbaine du commissariat central de Dakar ont mis la main sur un individu trouvé en possession de 25 pierres de cocaïne, lors d’une opération menée dans le quartier de Benn Tally.

Selon des sources policières, cette interpellation est le fruit de l’exploitation d’un renseignement faisant état d’un réseau de trafic de stupéfiants actif dans cette zone. Les informations recueillies faisaient notamment état d’un groupe de jeunes qui s’adonnaient à la vente de drogue, perturbant la quiétude des habitants du quartier.

Alertés, les enquêteurs de la Sûreté urbaine ont immédiatement mis en place un dispositif de surveillance et d’intervention. Leur opération a rapidement porté ses fruits, puisqu’ils ont réussi à surprendre le principal suspect en flagrant délit de cession de cocaïne. La fouille effectuée sur lui a permis de découvrir 25 pierres de cette drogue dure, soigneusement dissimulées et prêtes à être écoulées.

Le mis en cause a été interpellé sur les lieux puis conduit dans les locaux de la Sûreté urbaine, où il a été placé en garde à vue. L’enquête ouverte par les autorités compétentes vise à déterminer l’origine de la drogue saisie et à identifier d’éventuels complices impliqués dans ce trafic.

Le Sénégal à la 2ᵉ Semaine éthiopienne de l’Eau et de l’Énergie : vers une gestion durable et solidaire des ressources hydriques

Le Sénégal a pris part à la deuxième édition de la Semaine éthiopienne de l’Eau et de l’Énergie, organisée sous le thème « Harnessing Water and Clean Energy for Sustainable Growth » (Exploiter l’eau et l’énergie propre pour une croissance durable). Cette rencontre, placée sous la présidence du Vice-Premier ministre éthiopien, a rassemblé plusieurs ministres africains ainsi que des représentants d’institutions régionales et internationales, dans le but de réfléchir aux stratégies d’exploitation durable de l’eau et de l’énergie. La délégation sénégalaise était conduite par le Dr Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui assure également la présidence en exercice du Conseil des ministres africains chargés de l’eau (AMCOW).

Au cours des échanges, le Sénégal a mis en avant son expérience en matière de gestion concertée des ressources hydriques, notamment à travers le modèle de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Fondé sur le dialogue, la confiance et le partage des bénéfices, ce cadre de coopération est régulièrement cité comme une référence africaine. Depuis plus de cinquante ans, l’OMVS a permis de faire du fleuve Sénégal un symbole de stabilité, de production d’énergie propre et de développement durable dans la sous-région ouest-africaine, contribuant à renforcer la coopération entre les pays riverains.

Les discussions ont également insisté sur le rôle central de l’eau et de l’énergie dans la promotion de la solidarité régionale et la croissance durable. Lors d’un grand panel consacré à l’initiative éthiopienne « Green Legacy », des parallèles ont été établis avec la Grande Muraille Verte, projet continental visant à restaurer les écosystèmes et à renforcer la résilience climatique. Ces deux initiatives reflètent une ambition commune : faire de la gestion durable de l’eau un levier d’intégration et de prospérité partagée à l’échelle africaine.

Les participants ont également évoqué les financements nécessaires pour accélérer les progrès dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Dans le cadre du Programme africain d’investissement pour l’eau, l’objectif est de mobiliser 30 milliards de dollars par an d’ici 2030 afin de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable relatifs à l’eau et à l’assainissement (ODD 6). Deux rendez-vous majeurs ont été annoncés pour soutenir cette dynamique : la Conférence internationale sur le financement de la Vision africaine de l’Eau 2063, prévue en mai 2026, et la Conférence des Nations unies sur l’Eau 2026, coorganisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis.

Transparence et gouvernance : le Forum Civil interpelle l’État sur la gestion des affaires publiques

Dans une déclaration rendue publique auprès de notre rédaction, le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, salue les avancées récentes du Sénégal en matière de transparence, tout en appelant à davantage de clarté dans la gestion des fonds publics, notamment ceux destinés aux sinistrés des inondations.

L’organisation souligne que le gouvernement et la Cour des comptes ont respecté leurs obligations légales en publiant le rapport sur la situation des finances publiques couvrant la période 2019 – 31 mars 2024. Selon le Forum Civil, cette publication constitue une étape importante dans le respect de la réglementation sur la transparence.

Le Forum Civil se félicite également des réformes juridiques récentes, notamment la création de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), la loi sur la déclaration de patrimoine, la loi sur la protection des lanceurs d’alerte et la loi sur l’accès à l’information. Ces textes représentent, selon l’organisation, « des avancées majeures » pour une gouvernance publique durable.

Cependant, le Forum Civil exprime de vives préoccupations quant à l’utilisation des 8 milliards de FCFA annoncés pour venir en aide aux sinistrés de Bakel, Matam et Podor. Des habitants et le maire de Ballou affirment ne constater aucun transfert monétaire, contrairement aux déclarations officielles. L’organisation exige donc que la lumière soit faite sur la destination effective de ces fonds.

Enfin, le Forum Civil s’interroge sur la nouvelle taxe dite « Timbre des quittances », instituée par la loi de finances 2025, dont la population a découvert l’existence sans information préalable. Il appelle à la publication de l’arrêté précisant son champ d’application. Le Forum Civil exhorte le gouvernement à renforcer la transparence, à garantir le droit à l’information et à concilier la mobilisation des ressources internes avec la préservation du pouvoir d’achat des ménages.

Kaolack : Les populations s’engagent à rendre propre l’école élémentaire Abdou Khadre Kébé

À Abdou Khadre Kébé, un vent de citoyenneté souffle sur l’école élémentaire de ce quartier de la commune de Kaolack. Les habitants de Darou Ridwane ont décidé de s’impliquer activement dans l’entretien et la salubrité de l’établissement, conscients que l’environnement scolaire joue un rôle essentiel dans la réussite des enfants.

Ce mardi 28 octobre 2025, l’atmosphère était animée dans la cour de l’école. Munis de balais, de râteaux et de pelles, parents d’élèves, jeunes du quartier et membres des associations locales s’activaient côte à côte. L’initiative, portée par le comité de gestion scolaire en collaboration avec Ismaïla Konaté, alias Mimi Touré, et appuyée par la mairie de Kaolack, vise à instaurer une culture de propreté durable autour de l’école.

« Nous voulons offrir à nos enfants un cadre sain et agréable. Une école propre encourage le respect, le travail et la discipline », explique Ismaïla Konaté, alias Mimi Touré.

Au-delà du nettoyage des salles de classe et de la cour, les populations ont également procédé au désherbage des abords de l’établissement.

« Quand les populations s’impliquent, cela crée un sentiment d’appartenance et renforce le partenariat entre l’école et la communauté. Nous espérons que cette dynamique sera régulière », soulignent les organisateurs.

Au nom de la mairie de Kaolack, Macodou Thiam, responsable des logistiques, a salué l’initiative des habitants et le travail du personnel enseignant. Les habitants de Darou Ridwane, eux, promettent de continuer à veiller sur leur école, convaincus que la réussite éducative commence par un environnement propre et accueillant.

Modernisation des transports : le FDTT opte pour un modèle résilient d’investissement et de gestion optimale

Axée sur le thème : « Financement des transports publics : quelles solutions innovantes et durables pour accompagner la modernisation du secteur ? », la table ronde de haut niveau initiée par le Fonds de Développement des Transports Terrestres (FDTT) s’est tenue ce mardi 28 octobre 2025 à Dakar.

Une rencontre jugée opportune par les acteurs, tant elle s’impose comme une tribune de réflexion, de partage et d’échanges sur les problématiques du secteur, mais également de formulation de recommandations concrètes et opérationnelles.

Selon Bara Sow, administrateur du FDTT, « il s’agit de trouver une solution adéquate et efficiente à un problème prégnant qui a longtemps amoindri les performances du système de transport public au Sénégal ».

Poursuivant, il a souligné qu’aujourd’hui, le financement des systèmes de transport public repose encore sur des mécanismes classiques.

« Mais ces modèles montrent leurs limites : ils peinent à soutenir la modernisation, à garantir la confiance entre les partenaires, à assurer la durabilité et à offrir une mobilité accessible à tous. Il est donc essentiel de réinventer le modèle de financement, en explorant des alternatives capables de relever les défis actuels et futurs du secteur », a-t-il plaidé.

M. Sow a invité l’ensemble des participants à s’approprier le thème et à engager une réflexion approfondie en vue de formuler des recommandations pertinentes.

« Le financement de notre développement national, et particulièrement du secteur des transports publics, constitue sans nul doute l’un des piliers de notre économie. À cet effet, il s’agit d’un vecteur hautement stratégique d’équité territoriale et de cohésion sociale.

C’est la raison pour laquelle le thème de cette table ronde — Financement des transports publics : quelles solutions innovantes et durables pour accompagner la modernisation du secteur ? — revêt une importance capitale. C’est au prix de notre ingéniosité que l’organisation et la modernisation de nos systèmes de transport public prendront corps », a-t-il ajouté.

Présidant la rencontre, le ministre en charge des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a salué l’initiative du FDTT et souligné la pertinence des échanges.

Selon lui, les recommandations issues des travaux devront traduire avec cohérence les enjeux et les attentes soulevés par cette journée de réflexion.

« C’est d’ailleurs tout le sens de l’organisation de cette table ronde, qui concrétise à bien des égards la mise en œuvre des instructions du Chef de l’État, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, et du Chef du Gouvernement, Monsieur Ousmane Sonko. Il s’agit principalement d’optimiser les dispositifs et mécanismes de financement existants et d’explorer de nouvelles pistes de financement du secteur », a-t-il indiqué.

Le ministre a enfin exhorté les participants à aller au fond des choses, à poser le problème sous tous ses angles et à échanger en profondeur afin de trouver des solutions durables et adaptées à l’évolution du temps.

« Trouvons ensemble des solutions pérennes à la modernisation de notre système de transport, car c’est à cette condition essentielle que notre développement et la transformation systémique qu’il implique pourront se réaliser au plus vite », a martelé Yankhoba Diémé.

Cette table ronde, qui a réuni des acteurs clés tels que les institutions publiques, les collectivités territoriales, les partenaires financiers, le secteur privé, les associations professionnelles et les acteurs socio-économiques du secteur, a permis d’évaluer sans complaisance les mécanismes existants et d’explorer de nouvelles pistes de financement.

Les conclusions des travaux devraient permettre de mettre en place un modèle résilient d’investissement et de gestion optimale des ressources, afin de répondre, au mieux, aux attentes des pouvoirs publics, des partenaires, des opérateurs et des usagers du secteur.

Aly Saleh

Kaolack : Silence coupable de l’État face à la souffrance des malades mentaux errants du Sénégal

L’Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance des Malades Mentaux (ASSAMM) a tenu un point de presse ce mardi 28 octobre 2025 à Kaolack pour alerter l’opinion publique sur ce qu’elle qualifie de « complot » orchestré par les autorités sanitaires contre les malades mentaux errants du Sénégal.

Selon le président de l’ASSAMM, Ansoumane Dione, une révision de la loi n°75-80 du 9 juillet 1975 relative à la santé mentale est actuellement en préparation au ministère de la Santé. Une réunion est d’ailleurs prévue le 29 octobre pour partager et valider la nouvelle version du texte — et cela sans la participation de l’ASSAMM, pourtant considérée comme un acteur clé dans la prise en charge des malades mentaux au Sénégal.

« Nous avons tout compris : les autorités veulent imposer de nouvelles restrictions aux associations. Elles envisagent d’exiger une autorisation préalable du préfet avant toute intervention auprès des malades mentaux errants », a dénoncé M. Dione.

L’association, qui affirme avoir récupéré et pris en charge près de 200 malades mentaux errants depuis décembre 2023 dans plusieurs régions du pays — notamment à Kaolack, Dakar, Thiès, Matam et Kaffrine — estime que cette réforme vise à limiter ses actions humanitaires.

« Après avoir échoué dans leurs tentatives de nous écarter, ils veulent maintenant passer par une loi. Cela ne passera pas », a-t-il ajouté.

L’ASSAMM rappelle qu’elle est reconnue officiellement par le ministère de l’Intérieur depuis le 14 mai 2001, sous le numéro 10 602, et qu’aucune nouvelle loi ne saurait lui interdire d’assister les malades mentaux errants.

Les responsables de l’association dénoncent également les manœuvres de certains spécialistes de la santé mentale, qu’ils accusent d’avoir influencé les autorités. Ils évoquent notamment un incident survenu à Matam, où des membres de l’ASSAMM auraient été arrêtés alors qu’ils menaient une opération de prise en charge de malades mentaux.

« Nous avions été empêchés de travailler à Matam, mais les populations elles-mêmes nous ont ensuite envoyé leurs malades pour traitement à Kaolack. Cela montre la confiance que les Sénégalais nous accordent », a souligné le président de l’association.

Face à cette situation, l’ASSAMM exige que le ministère de la Santé l’associe officiellement aux discussions sur la révision de la loi, afin de garantir que le nouveau texte soit conforme à la Constitution et aux droits fondamentaux des malades mentaux errants.

« Si cette loi est adoptée sans concertation, nous la traduirons devant la Cour suprême pour en demander l’annulation », a averti l’association.

Enfin, l’ASSAMM a réaffirmé sa détermination à poursuivre sa mission d’assistance et de réinsertion sociale des malades mentaux errants, malgré les obstacles.

« Nous continuerons à soigner et à réinsérer ces personnes dans la dignité. C’est peine perdue pour ceux qui veulent nous en empêcher », a conclu Ansoumane Dione.

Épidémies de Fièvre de la Vallée du Rift et de Mpox : la situation épidémiologique actualisée au Sénégal

Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a rendu public, ce mardi 28 octobre 2025, son dernier rapport sur l’évolution des épidémies de Fièvre de la Vallée du Rift (FVR) et de Mpox (variole du singe) au Sénégal. Ce communiqué, très attendu dans un contexte de vigilance sanitaire accrue, dresse un état des lieux précis de la situation dans les différentes régions du pays.

Selon les données arrêtées à la date du 27 octobre 2025, trois nouveaux cas positifs de Fièvre de la Vallée du Rift ont été recensés, sans qu’aucun décès supplémentaire ne soit enregistré. Le cumul des cas s’élève désormais à 331 personnes testées positives, parmi lesquelles 28 ont succombé à la maladie, tandis que 246 sont déclarées guéries.

La région de Saint-Louis demeure l’épicentre de l’épidémie, concentrant la majorité des cas, soit 269 au total. Dans le détail, le district de Richard-Toll reste le plus touché avec 133 cas, suivi du district de Saint-Louis qui en compte 71, puis ceux de Dagana (29), Podor (28), Pété (8) et d’autres localités. La région de Matam enregistre pour sa part 19 cas répartis entre les districts de Thilogne, Kanel, Ranérou et Matam. Dakar compte 5 cas confirmés, répartis entre les districts de Keur Massar et de Sangalkam, tandis que Thiès n’en dénombre qu’un seul.

D’autres régions, quoique moins affectées, restent concernées par la maladie. Louga totalise 17 cas, principalement dans les districts de Linguère, Keur Momar Sarr, Sakal et Dahra. Fatick enregistre 10 cas, concentrés entre les districts de Fatick et Diofior. Kaolack déclare 8 cas, dont 7 dans le district de Kaolack et 1 à Nioro, tandis qu’un seul cas a été identifié à Tambacounda, dans le district de Kidira.

Concernant la variole du singe (Mpox), la situation demeure sous contrôle. Depuis la détection du premier cas le 22 août 2025, sept cas confirmés et deux cas probables ont été recensés, tous dans la région de Dakar. Huit personnes sont désormais guéries, et aucun décès n’a été signalé. Le ministère indique également que 30 personnes contacts font actuellement l’objet d’un suivi médical rapproché.

Drame à Touba Toul : le principal du CEM retrouvé mort dans sa chambre

La communauté éducative de Touba Toul, dans la région de Thiès, est plongée dans la consternation après la découverte du corps sans vie du principal du Collège d’Enseignement Moyen (CEM) de la localité, M. Niakasso. L’annonce de sa mort a provoqué une vive émotion parmi les enseignants, les élèves et les habitants, tant l’homme était apprécié pour son engagement et son sens du devoir.

Selon les premières informations relayées par la Radio Futurs Médias (RFM), le principal a été retrouvé mort dans sa chambre dans des circonstances encore non élucidées. C’est l’un de ses proches collaborateurs qui, ne le voyant pas se présenter à l’établissement comme à son habitude, a donné l’alerte. Les éléments des sapeurs-pompiers et de la gendarmerie se sont aussitôt rendus sur les lieux pour procéder aux premières constatations.

La nouvelle s’est rapidement répandue dans la ville, provoquant une grande affluence devant le domicile du défunt. Parents d’élèves, enseignants et habitants du quartier se sont rassemblés, visiblement bouleversés par cette disparition brutale. « C’était un homme dévoué, toujours à l’écoute des élèves et soucieux du bon fonctionnement du collège », témoigne un enseignant encore sous le choc.

Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin de déterminer les causes exactes du décès. Les autorités locales, en lien avec les services compétents, attendent les résultats de l’autopsie pour confirmer s’il s’agit d’une mort naturelle ou si d’autres pistes doivent être envisagées.

Endettement du Sénégal : un encours record de 23 666,8 milliards de francs CFA à fin 2024, soit 119 % du PIB

À la clôture de l’année 2024, le rapport de la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (2026-2028) dresse un état des lieux préoccupant de la situation financière du Sénégal. L’encours de la dette publique de l’Administration centrale est estimé à 23 666,8 milliards de francs CFA, représentant 119 % du PIB nominal. Ce niveau marque un nouveau record, traduisant la persistance d’une dépendance accrue à l’endettement, aussi bien intérieur qu’extérieur.

La structure de la dette publique révèle une prédominance de la dette extérieure, qui représente 68,3 % du total, contre 31,7 % pour la dette intérieure. À fin décembre 2024, la dette extérieure est évaluée à 16 160,5 milliards de francs CFA, soit 81,2 % du PIB. Elle est majoritairement constituée de financements concessionnels et semi-concessionnels, contractés auprès de créanciers multilatéraux et bilatéraux (51 %), tandis que 49 % proviennent de sources commerciales. Parmi ces dettes commerciales, 18,3 % sont des Eurobonds émis sur les marchés internationaux, et 11,2 % proviennent de crédits à l’exportation.

Sur le plan domestique, la dette intérieure s’établit à 7 506,3 milliards de francs CFA, soit 37,7 % du PIB. Les obligations du Trésor à 3 et 5 ans en constituent la part la plus importante, représentant 34,5 % de l’encours total de la dette en monnaie locale. Les emprunts contractés auprès des banques locales, pour leur part, comptent pour 28,7 %. Cette structure témoigne d’une préférence marquée pour le financement à court et moyen terme, reflétant à la fois la prudence des investisseurs et la nécessité pour l’État de recourir régulièrement au marché pour refinancer ses obligations arrivant à échéance.

L’analyse du portefeuille global de la dette montre par ailleurs que les dettes contractées à conditions concessionnelles (27,7 %) et semi-concessionnelles (6,8 %) ne représentent que 34,5 % du total, contre 64,5 % de dettes à conditions commerciales, plus coûteuses et souvent à maturité plus courte. Ce déséquilibre accentue la vulnérabilité budgétaire du pays.

Deux risques majeurs sont identifiés dans le rapport : le risque de change et le coût de la dette. La part de la dette libellée en devises étrangères atteint 68,3 %, exposant ainsi le Sénégal à une forte sensibilité aux fluctuations du dollar américain et des autres monnaies étrangères. En effet, 39,8 % du stock total de dette est libellé en dollars ou devises similaires, représentant 58 % de la dette extérieure. Parallèlement, 20 % du stock total de dette est contracté à taux variable, rendant le service de la dette vulnérable à la remontée des taux d’intérêt internationaux.

La gestion de cette dette apparaît d’autant plus délicate que 32 % de la dette extérieure et 27 % de la dette intérieure devront être refixées dans un délai d’un an, soit un peu plus de 30 % de la dette totale. Le coût moyen pondéré de la dette globale s’élève à 4,3 %, avec un niveau légèrement plus élevé sur le marché intérieur, traduisant la pression exercée par les conditions de refinancement locales.

La durée moyenne d’échéance (ATM) de la dette intérieure est relativement courte, à 3,2 ans, du fait de la prédominance des émissions à court terme réalisées ces trois dernières années. Celle de la dette extérieure est estimée à 8,4 ans, en raison notamment du rapprochement des échéances des Eurobonds et de la contraction de dettes commerciales à maturité réduite, souvent sans période de grâce. À la même date, 27 % de la dette domestique est exigible dans un an, accentuant le risque de tension de trésorerie à court terme.

L’indicateur de durée moyenne à refixer (ATR) s’établit à 7,2 ans pour la dette extérieure et 3,2 ans pour la dette intérieure, soit une ATR globale de 5,9 ans à fin 2024. Le rapport précise que 30,4 % du stock total de dette devra être refixé dans l’année suivante, ce qui illustre la fragilité du profil de refinancement.

Enfin, le document met en lumière une forte concentration des remboursements sur la période 2025-2028. Le pic principal attendu en 2025 s’explique notamment par les ajustements apportés à l’encours de la dette bancaire à la suite de l’exercice de réconciliation mené par le cabinet Forvis Mazars, après la publication du rapport de la Cour des comptes en février 2025. Les années 2026 à 2028 verront, quant à elles, la montée en charge des remboursements du principal de l’Eurobond 2018, amortissable sur trois ans, ainsi que l’arrivée à échéance de plusieurs titres publics régionaux.

Affaire Lat Diop : la Cour suprême tranchera le 6 novembre sur la liberté provisoire de l’ex-DG de la LONASE

Le feuilleton judiciaire autour de l’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (LONASE), Lat Diop, connaît un nouveau tournant. La Cour suprême du Sénégal a fixé au 6 novembre 2025 la date de son délibéré concernant le pourvoi introduit par le procureur général contre la décision de la Chambre d’accusation financière ayant accordé à l’ex-responsable une liberté provisoire sous surveillance électronique.

Cette audience s’annonce décisive pour l’ancien patron de la LONASE, incarcéré depuis septembre 2024 à la suite d’une série d’inculpations pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux et extorsion de fonds. Des infractions d’une gravité particulière, selon le parquet, qui estime que la mise en liberté du prévenu, même conditionnelle, pourrait compromettre le bon déroulement de l’instruction.

La Chambre d’accusation financière, statuant en appel il y a quelques semaines, avait pourtant considéré que les garanties présentées par Lat Diop étaient suffisantes pour justifier une libération sous contrôle strict. L’ancien directeur général devait être assigné à résidence, muni d’un bracelet électronique et soumis à des restrictions de déplacement. Cette décision, perçue comme un premier assouplissement dans ce dossier explosif, a aussitôt été attaquée par le parquet général, qui a déposé un recours devant la Cour suprême.

Selon les informations obtenues par Ledakarois Quotidien, les magistrats du parquet estiment que la gravité des faits reprochés, combinée à l’importance du préjudice financier — évalué à près de 8 milliards de francs CFA —, ne permet pas d’envisager un aménagement de la détention à ce stade de la procédure. Ils craignent également que la liberté de Lat Diop ne fasse obstacle à la manifestation de la vérité, notamment dans la collecte de preuves ou l’audition de témoins encore actifs dans les circuits financiers impliqués.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Mouhamed Dieng, représentant de la société de paris sportifs 1XBet, qui accuse Lat Diop d’avoir usé de sa position à la tête de la LONASE pour exiger des versements indus en contrepartie d’autorisations administratives. Ces accusations, catégoriquement rejetées par la défense, ont conduit à une série d’investigations menées par la Division des investigations criminelles (DIC), qui aurait mis au jour plusieurs transactions suspectes.

Les avocats de Lat Diop, pour leur part, dénoncent une « instrumentalisation politique » du dossier. Selon eux, l’ancien directeur général fait les frais d’un règlement de comptes post-régime, dans un contexte de recomposition des alliances économiques et politiques au sein du pouvoir. « Il n’y a aucune preuve matérielle d’un enrichissement illicite, et notre client a toujours collaboré avec la justice », a déclaré l’un de ses conseils, plaidant pour le respect du principe de la présomption d’innocence.

Le 6 novembre prochain, la Cour suprême devra donc arbitrer entre deux positions diamétralement opposées : celle du parquet, qui invoque la nécessité d’assurer la rigueur judiciaire face à un dossier de corruption financière, et celle de la défense, qui réclame la clémence au nom du droit fondamental à la liberté provisoire.

Quel que soit le verdict, la décision fera jurisprudence. Elle pourrait redéfinir les contours de l’usage du bracelet électronique dans les affaires de délinquance économique au Sénégal, un outil encore récent dans le dispositif pénal national.

En attendant, Lat Diop reste détenu dans l’attente du verdict suprême. Le pays, lui, observe avec attention une affaire qui symbolise les tensions persistantes entre la justice et les anciens gestionnaires de la sphère publique, au moment où les autorités promettent une tolérance zéro contre la corruption et une moralisation de la vie économique.

Yoro Dia s’en prend violemment à Guy Marius Sagna et accuse le Pastef de “diversion politique”

Invité dans une émission diffusée sur la chaîne Sénégal 7, l’analyste politique Yoro Dia a tenu des propos particulièrement virulents à l’encontre du député Guy Marius Sagna. Cette sortie fait suite à la récente demande de mise en accusation formulée par le parlementaire contre plusieurs personnalités publiques, une initiative qui continue de susciter de vives réactions dans la sphère politique.

Dès l’entame de son intervention, Yoro Dia a remis en cause la légitimité morale et politique de Guy Marius Sagna, allant jusqu’à le qualifier de “dangereux” pour l’unité nationale. “Dans un pays sérieux, Guy Marius Sagna ne devrait plus être dans un espace public. En 2012, il avait proposé un référendum pour l’indépendance de la Casamance. Ce monsieur a osé prôner la partition du pays. C’est de la haute trahison. Il ne mérite ni considération ni respect, car il veut détruire mon pays”, a déclaré Yoro Dia, manifestement indigné.

Selon lui, de tels propos tenus par le passé devraient disqualifier toute prétention du député à incarner une voix crédible au sein de l’Assemblée nationale. L’analyste estime que Guy Marius Sagna s’appuie davantage sur la provocation et la polémique que sur une véritable vision politique.

Poursuivant son argumentaire, Yoro Dia s’est également attaqué à la ligne politique du Pastef, le parti au pouvoir dirigé par Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye. Il accuse la formation d’utiliser des “tactiques de diversion” pour détourner l’attention des citoyens des véritables priorités nationales. “Le Pastef, ce sont des spécialistes des distractions massives. Ils ont échoué lamentablement sur le plan économique. Leurs ‘tera-meetings’ ne sont qu’une arme de diversion. Guy Marius Sagna rêve de voir un ancien président du Sénégal humilié. Leur projet, c’est la négation même du Sénégal”, a lancé Yoro Dia.

Dans la même veine, l’ancien porte-parole du gouvernement a dénoncé ce qu’il appelle un “agenda de sabotage”, visant à discréditer les avancées économiques présentées par les autorités actuelles. Il a vivement critiqué les opposants et certains observateurs qui mettent en doute la véracité des chiffres officiels. “Dire que les chiffres sont faux, c’est une stratégie de sabotage. Quand on ignore les fondamentaux économiques, on devient dangereux pour la stabilité du pays”, a-t-il martelé en conclusion.

Casamance : un paysan amputé après avoir sauté sur une mine antipersonnelle à Saré-Coundia

La région de Casamance, marquée depuis des décennies par la présence de mines antipersonnelles, continue de faire des victimes. Ce dimanche 26 octobre 2025, Alpha Baldé, un paysan âgé de 26 ans et père de trois enfants, a été grièvement blessé après avoir marché sur une mine dans le village de Saré-Coundia, situé dans la commune de Niagua, région de Sédhiou.

Selon des sources proches de la famille, les faits se sont produits vers 18 heures alors que M. Baldé rentrait chez lui après être allé vérifier sa récolte d’arachides. La mine, placée sur le chemin de son retour, a explosé sous ses pieds, entraînant de graves blessures. Immédiatement pris en charge, le jeune homme a été évacué d’urgence au bloc opératoire de l’hôpital régional de Kolda. Les médecins n’ont pas eu d’autre choix que d’amputer sa jambe droite pour sauver sa vie. Son état de santé est désormais stable, a précisé un proche parent sous couvert d’anonymat, relayé par Libération.

Cet accident tragique s’ajoute à la longue liste des victimes des mines antipersonnelles en Casamance, rappelant une fois de plus les dangers persistants qui menacent les populations locales et la nécessité urgente de poursuivre et d’accélérer le processus de déminage dans la région. Les habitants restent exposés à ces engins, vestiges d’un conflit ancien, qui continuent de semer la mort et la mutilation.

Souveraineté numérique : le don d’ordinateurs américains au Pool Judiciaire Financier suscite des inquiétudes

La question de la souveraineté numérique et de la sécurité nationale a été au cœur d’un échange récent entre le député Guy Marius Sagna et la ministre de la Justice, Yassine Fall, concernant un don d’équipements informatiques provenant de l’Ambassade des États-Unis au profit du Pool Judiciaire Financier (PJF).

Dans sa question écrite, le député a exprimé ses préoccupations quant à l’acceptation de ce don, estimant qu’elle pourrait compromettre la souveraineté numérique du pays et représenter une menace pour la sécurité nationale. Il s’agissait notamment de trente ordinateurs portables que le PJF devait recevoir.

Dans sa réponse, la ministre de la Justice a apporté plusieurs précisions sur les circonstances de ce don. Elle a expliqué que le Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc) avait officiellement informé le Garde des Sceaux, par le courrier n°unodc/Ada/Kraj/2088/2025 daté du 24 juin 2025, de l’intention de l’organisation de faire ce don. La ministre a également précisé que l’acquisition de ce matériel avait été rendue possible grâce au soutien du Bureau International de Lutte contre les Stupéfiants et de l’Application de la Loi (INL) du Département d’État des États-Unis.

Afin de garantir la sécurité de ces équipements, les ordinateurs portables ont été minutieusement examinés par la Direction de la Dématérialisation et de l’Automatisation (DDA) du ministère de la Justice. Selon Yassine Fall, aucun élément suspect n’a été détecté lors de cette inspection, ce qui, en théorie, rendait leur utilisation sécurisée.

Malgré ces assurances, des alertes émises par certaines structures étatiques, notamment la Délégation Nationale au Renseignement (DNR), ont conduit les responsables du PJF à faire preuve de prudence. Finalement, ils ont décidé de ne pas utiliser les ordinateurs mis à leur disposition, par crainte de risques potentiels liés à la sécurité nationale.

Vers une souveraineté énergétique : la baisse des prix annoncée par Ousmane Sonko s’inscrit dans une stratégie gazière nationale

L’annonce du Premier ministre Ousmane Sonko d’une prochaine baisse des prix de l’électricité, de l’essence et du gaz a suscité un véritable soulagement au sein de la population. Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une pression croissante sur le pouvoir d’achat, cette mesure apparaît comme une bouffée d’oxygène pour les ménages comme pour les entreprises. Mais au-delà du geste économique, cette décision s’inscrit dans une vision stratégique plus large : celle d’une refondation du modèle énergétique national, fondée sur l’exploitation des ressources gazières locales.

C’est l’analyse qu’en fait Mbaye Hadj, ingénieur et spécialiste des questions énergétiques, qui voit dans cette annonce le reflet d’une orientation politique volontariste. Selon lui, la baisse annoncée n’est pas une simple mesure conjoncturelle, mais le premier signal d’une transition vers une production énergétique plus autonome et moins coûteuse. « Le gaz issu du projet Grand Tortue Ahmeyim semble avoir fait l’objet d’une renégociation permettant au Sénégal de disposer d’un quota réservé assorti de conditions économiques avantageuses », explique-t-il.

Le projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, constitue en effet le pivot de cette nouvelle stratégie. Grâce à la renégociation évoquée, l’État sénégalais disposerait désormais d’une marge de manœuvre énergétique inédite, lui permettant d’envisager l’intégration progressive du gaz naturel dans le mix énergétique national. Cette orientation devrait permettre une production d’électricité à moindre coût, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des importations de combustibles fossiles, souvent onéreuses et soumises aux fluctuations du marché international.

Pour Mbaye Hadj, la véritable clé de la pérennité de cette politique réside dans la valorisation et la maîtrise des ressources locales. « En dehors de la réduction des taxes, c’est bien l’accès à une ressource locale, stable et mieux maîtrisée qui pourrait permettre d’abaisser durablement le coût de l’électricité », souligne-t-il. Autrement dit, la baisse annoncée par le Premier ministre ne prendra tout son sens que si elle s’inscrit dans la durée, soutenue par une production nationale capable d’assurer la stabilité de l’offre énergétique.

Dans cette perspective, le champ de Yakaar-Teranga représente la seconde étape déterminante du processus. Bien qu’il ne soit pas encore entré en phase d’exploitation, ce gisement promet de renforcer considérablement la capacité du Sénégal à atteindre une pleine souveraineté énergétique. L’exploitation conjointe de GTA et de Yakaar-Teranga ouvrirait ainsi la voie à une transformation structurelle du secteur énergétique, susceptible de consolider la sécurité d’approvisionnement et de réduire la facture énergétique nationale.

Toutefois, Mbaye Hadj appelle à la prudence et à la lucidité. Selon lui, la mise en œuvre d’une telle stratégie ne se fera pas sans défis majeurs. La transition énergétique requiert des investissements colossaux, une gouvernance rigoureuse et une planification à long terme. Elle implique également la montée en compétence des ressources humaines locales et la mise à niveau des infrastructures industrielles et de distribution.

Dakar : le gouverneur Ousmane Kane lance une vaste opération de déguerpissement des véhicules et épaves abandonnés

Le gouverneur de la région de Dakar, Ousmane Kane, a annoncé une opération d’envergure visant à désencombrer les principales artères et espaces publics de la capitale. Cette initiative, inscrite dans une logique de restauration de l’ordre et de la fluidité urbaine, cible prioritairement les véhicules en stationnement prolongé, les épaves et les engins abandonnés qui jonchent de nombreuses voies de circulation.

Dans un communiqué rendu public, l’autorité administrative souligne que ces « obstructions » constituent aujourd’hui une menace réelle pour la mobilité, la sécurité et la salubrité publique. Le gouverneur évoque une « croissance inquiétante de l’entrave à la libre circulation des biens et des personnes », ainsi qu’une dégradation visible de l’environnement urbain.

Face à cette situation, Ousmane Kane a lancé un appel « urgent » aux propriétaires concernés afin qu’ils procèdent eux-mêmes à l’enlèvement de leurs biens encombrants. Ces derniers disposent d’un délai allant jusqu’au mardi 11 novembre 2025 pour se conformer à cette injonction. Passé ce délai, l’administration se réserve le droit d’intervenir sans autre préavis pour libérer les voies publiques.

Le communiqué du gouverneur insiste également sur la dimension collective de cette démarche. Il invite les citoyens à faire preuve de civisme et de responsabilité, rappelant que la préservation de l’espace public est un devoir partagé. Ousmane Kane appelle par ailleurs l’ensemble des autorités concernées — administratives, municipales et forces de l’ordre — à veiller à la stricte application de cette mesure qu’il qualifie « d’intérêt public ».

Hommage national au Pr Amadou-Mahtar Mbow : le président Diomaye Faye salue « un symbole d’immortalité intellectuelle et morale »

Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a présidé la cérémonie d’hommage national dédiée au professeur Amadou-Mahtar Mbow, une figure majeure de l’histoire intellectuelle et morale du Sénégal. Dans un discours empreint d’émotion et de solennité, le chef de l’État a magnifié la mémoire de celui qu’il a qualifié de « l’un des plus illustres fils du pays ».

Dès l’entame de son allocution, le président Faye a tenu à replacer cette cérémonie dans une dimension dépassant la simple commémoration. « Nous nous réunissons pour accomplir un acte de conscience collective, un devoir de mémoire, un rendez-vous de la Nation avec elle-même », a-t-il déclaré d’une voix grave, soulignant ainsi la portée symbolique de ce moment d’unité et de réflexion.

Le chef de l’État a rappelé la stature exceptionnelle d’Amadou-Mahtar Mbow, homme de savoir, de dignité et de conviction panafricaine, dont l’œuvre et le parcours continuent d’« irradier la conscience nationale ». Selon lui, Mbow incarne cette génération d’intellectuels africains qui ont su « faire dialoguer les cultures et défendre la liberté des peuples », tout en contribuant à bâtir un discours universel fondé sur la reconnaissance mutuelle et le respect des civilisations.

En rendant hommage à cette figure emblématique, le président Bassirou Diomaye Faye a également annoncé la décision de donner à une université sénégalaise le nom du professeur Amadou-Mahtar Mbow. Ce geste, selon lui, marque la consécration d’un « symbole d’immortalité intellectuelle et morale ». « Par cet acte, nous gravons dans le livre prestigieux de l’Université la mémoire d’un homme dont la vie fut un dialogue constant entre civilisations, une quête d’égalité entre les cultures et les peuples », a-t-il ajouté.

Pour le président, honorer Amadou-Mahtar Mbow revient à exalter les valeurs qui fondent la nation sénégalaise : la culture, le savoir et la mémoire. Il a rappelé que célébrer cet éminent intellectuel, c’est aussi célébrer le Sénégal du travail, de la rigueur et de la grandeur d’esprit.

Yeumbeul-Nord : une plaisanterie vire au drame, un maçon tué à coups de sabre

Ce qui devait être une simple plaisanterie entre voisins s’est transformé en une tragédie sanglante à Yeumbeul-Nord. Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre 2025, un drame d’une rare violence a secoué le quartier Hal Poular, où A. Ba, un maçon connu pour son humour et son tempérament jovial, a perdu la vie après avoir été mortellement agressé à coups de sabre par un voisin, B. Diène. Ce dernier, pris de remords après son acte, s’est finalement livré de lui-même à la police.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, tout aurait commencé par une simple plaisanterie. Ce soir-là, A. Ba, 32 ans, réputé dans le quartier pour ses blagues souvent audacieuses, se rend chez un ami, B. Diène, 41 ans, marié à une femme du même voisinage. Fidèle à son habitude, le maçon entre sans prévenir dans la chambre conjugale du couple et, sur un ton humoristique, lance à l’épouse : « Où est ton fou de mari ? » Une boutade qui, cette fois, ne fait rire personne.

Touché dans son orgueil, B. Diène se redresse brusquement et répond sèchement : « Je ne te permets pas de me traiter de fou ! » La tension monte immédiatement. Les mots deviennent insultes, et la dispute éclate dans la chambre avant de se poursuivre dans la rue. Les deux hommes finissent par en venir aux mains sous le regard impuissant des voisins, qui interviennent pour les séparer. L’incident semble clos, mais la rancune de B. Diène, elle, ne s’éteint pas.

Toujours sous l’emprise de la colère, l’époux offensé se rend peu après chez sa belle-famille. Il y récupère un sabre qu’il dissimule sous ses vêtements avant de quitter les lieux, direction Guédiawaye. Sur le chemin, le destin place de nouveau A. Ba sur sa route. Cette fois, la rencontre vire à l’irréparable. D’après ses propres aveux, B. Diène affirme que la victime était armée d’un couteau. « Je lui ai donné trois coups de sabre : un au poignet pour le désarmer, un autre à la tête et le dernier au ventre », a-t-il confié aux enquêteurs. Les coups, d’une extrême violence, sont fatals. L’un d’eux fend littéralement le crâne du maçon, qui s’effondre dans la rue, baignant dans une mare de sang.

Quelques heures plus tard, accablé par la culpabilité, B. Diène se présente au commissariat de Wakhinane-Nimzatt et avoue son crime sans détour : « Je l’ai tué », aurait-il déclaré aux policiers. Après une première audition, il est placé en garde à vue avant d’être transféré au commissariat de Yeumbeul-Nord, territorialement compétent pour l’enquête.

Pendant ce temps, les habitants du quartier, alertés par les cris de la victime agonisante, accourent sur les lieux. Les sapeurs-pompiers arrivent rapidement et évacuent A. Ba vers l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye. Malgré les efforts des secouristes, le jeune maçon succombe à ses blessures dans la matinée du lundi 27 octobre.

Dans le quartier Hal Poular, l’émotion est vive. Les voisins peinent à croire qu’un simple mot mal interprété ait pu conduire à un tel drame. « Il faisait rire tout le monde, c’était un bon gars, il ne voulait jamais de mal à personne », confie, bouleversé, un habitant cité par L’Observateur. D’autres reconnaissent toutefois que les plaisanteries du défunt pouvaient parfois dépasser les limites de la bienséance.

France : l’audience de Madiambal Diagne reportée au 4 novembre prochain

L’affaire de l’ancien patron du groupe Avenir Communication, Madiambal Diagne, a connu ce mardi 28 octobre 2025 un nouveau rebondissement devant la chambre de l’instruction du Tribunal de Versailles. Alors que cette audience devait permettre d’examiner la demande d’extradition formulée par les autorités sénégalaises, le sort de l’homme d’affaires n’a finalement pas été tranché.

Les avocats de Madiambal Diagne, Me Philippine Vaganay et Me Vincent Brengarth, ont obtenu un renvoi de l’audience au 4 novembre prochain. Cette décision a été prise afin de leur permettre de disposer de davantage de temps pour affiner leur stratégie juridique, selon les informations rapportées par Libération.

Interpellé en France après avoir quitté le Sénégal via la Gambie et Casablanca, Madiambal Diagne a été placé sous contrôle judiciaire. Il reste libre de ses mouvements dans l’attente de la prochaine audience. Pour la première fois depuis son arrivée en France, l’ancien journaliste s’est exprimé publiquement à la sortie du tribunal.

« Je suis libre de mes mouvements, je peux vaquer à mes occupations jusqu’à l’heure de la prochaine audience pour venir répondre. Nous l’avons tous constaté, c’est un dossier politique. Vous n’êtes pas sans savoir qu’ils me cherchaient matin, midi, soir. Ils m’ont convoqué des fois et des fois. Au regard de comment les choses se sont déroulées, c’est clair que c’est un dossier politique. La vérité sera dite et les Sénégalais seront édifiés », a-t-il déclaré, affirmant vouloir que toute la lumière soit faite sur cette affaire.

Madiambal Diagne a également indiqué avoir demandé, avec ses avocats, la tenue d’une audience publique afin que les débats se déroulent en toute transparence. Cependant, selon lui, le juge a préféré écarter cette option « pour ne pas troubler la quiétude des débats ».

Pour rappel, l’ancien dirigeant du groupe Avenir Communication fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier à Dakar. Ce mandat s’inscrit dans le cadre d’une enquête de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).

Dès son arrivée sur le territoire français, Madiambal Diagne a été notifié de sa convocation devant la justice, qui devait se prononcer sur la demande d’extradition. Selon des sources proches du dossier citées par Libération, la défense entend mettre à profit le report de l’audience pour peaufiner un argumentaire détaillé et précis, dans l’objectif de contester la requête des autorités sénégalaises.

Pape Samba Mboup invite Bassirou Diomaye Faye à briguer un second mandat en 2029

Alors que l’échéance électorale de 2029 semble encore lointaine, le débat sur la succession ou la reconduction du président Bassirou Diomaye Faye commence déjà à animer la scène politique sénégalaise. Parmi les premières voix à se prononcer sur la question figure celle de Pape Samba Mboup, ancien chef de cabinet du président Abdoulaye Wade, qui a ouvertement encouragé l’actuel chef de l’État à se présenter pour un second mandat.

Dans un entretien accordé au journal Walfadjri, Pape Samba Mboup a salué la posture du président Faye et estimé qu’il serait légitime pour lui de solliciter un renouvellement de la confiance des Sénégalais. « Le Président Diomaye a été élu pour cinq ans, un mandat qui est renouvelable », a-t-il rappelé, soulignant que rien, sur le plan constitutionnel, ne s’oppose à une telle démarche. « J’entends par-ci et par-là des gens dire qu’une autre personne peut prendre sa place. Pourquoi ? La Constitution lui donne le droit d’avoir un autre mandat. À sa place, je ferais ce deuxième mandat », a-t-il affirmé.

L’ancien cadre libéral estime que même dans l’hypothèse où le parti Pastef, au pouvoir, ne soutiendrait pas cette option, le peuple sénégalais se chargerait de renouveler sa confiance à Bassirou Diomaye Faye. « Les Sénégalais ont un Président qui parle peu et qui ne détaille pas tout, mais qui est correct et poli », a-t-il ajouté, louant les qualités humaines et morales du chef de l’État.

Pour Pape Samba Mboup, ces traits de caractère, combinés à la sobriété et à la rigueur du président, ont contribué à renforcer son image auprès de l’opinion publique. Il estime que l’amour et la confiance des citoyens envers Diomaye Faye ne cessent de croître, un signe selon lui que le chef de l’État bénéficie d’un large capital de sympathie et d’un soutien populaire solide.

Yeumbeul Sud : une mère et sa fille arrêtées après la découverte du corps d’un fœtus

Une scène d’une rare tristesse a secoué le quartier Afia 5 de Yeumbeul Sud, ce samedi 26 octobre, aux environs de 13 heures. Le corps sans vie d’un fœtus non mature de sexe masculin y a été découvert dans une maison, plongeant les habitants du quartier dans la stupeur.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, les enquêteurs dépêchés sur les lieux ont remarqué, non loin du corps, un pagne taché de sang suspendu sur un fil à linge. Ce détail a immédiatement attiré leur attention. Interrogée, une jeune fille de 19 ans, répondant au nom de M. D. Sène, a reconnu être la propriétaire du vêtement.

Les policiers ont alors conduit la jeune femme à un examen gynécologique. Le rapport médical a révélé des signes cliniques laissant penser à un accouchement récent. Face aux éléments qui s’accumulaient contre elle, M. D. Sène a fini par avouer avoir accouché récemment. Elle a également confié avoir bénéficié de l’aide de sa mère, K. Ndour, pour ensevelir le fœtus.

Informées de ces aveux, les autorités ont aussitôt placé la jeune fille et sa mère en garde à vue au poste de police de Yeumbeul Sud. Elles sont toutes deux poursuivies pour suspicion d’infanticide.

Affaire Pape Malick Ndour : un deuxième rebondissement inattendu après sa nouvelle audition à la Section de recherches

L’affaire impliquant Pape Malick Ndour, responsable des cadres de l’Alliance pour la République (APR) et figure connue de l’ancien régime, continue de défrayer la chronique. Après un premier épisode marqué par sa garde à vue suivie d’une libération surprise, un second rebondissement est intervenu ce lundi, à l’issue de sa nouvelle audition à la Section de recherches (SR) de la gendarmerie.

Selon des informations rapportées par Libération, Pape Malick Ndour a été convoqué de nouveau par les enquêteurs pour des « questions complémentaires » relatives à la même affaire. Plusieurs observateurs s’attendaient à ce qu’il soit cette fois déféré au parquet, compte tenu de la gravité des accusations initiales portées contre lui. Pourtant, contre toute attente, il est reparti libre après son audition, sans qu’aucune mesure judiciaire supplémentaire ne soit prise à son encontre.

Cette issue inattendue a surpris plus d’un. Les enquêteurs, après avoir recueilli ses nouvelles déclarations, auraient tenu une concertation interne avant de lui signifier qu’il pouvait quitter les locaux de la SR. Aucun élément nouveau n’aurait, semble-t-il, justifié une mesure de contrainte supplémentaire.

Pour rappel, vendredi dernier, Pape Malick Ndour avait déjà été entendu une première fois dans le cadre de cette même affaire. À l’issue de son audition, il avait été placé en garde à vue pour des motifs particulièrement lourds : atteinte à la sûreté de l’État et discours de nature à troubler l’ordre public. Ces chefs d’accusation avaient immédiatement suscité une vive réaction dans la sphère politique, certains de ses soutiens dénonçant une tentative d’intimidation à son encontre.

Mais là encore, la tournure des événements avait étonné. Alors que son déferrement semblait imminent, la garde à vue de Pape Malick Ndour avait finalement été levée tard dans la soirée du vendredi, et le responsable de l’APR avait regagné son domicile, libre. Ce premier retournement de situation avait déjà alimenté les spéculations sur la solidité du dossier et les motivations réelles de la procédure engagée contre lui.

Avec ce second épisode, le mystère s’épaissit davantage autour de cette affaire aux contours encore flous. Les autorités judiciaires n’ont, pour l’heure, donné aucune précision officielle sur la suite de la procédure. Du côté de ses proches, l’heure est à la prudence, même si certains n’hésitent pas à y voir le signe d’un dossier vide ou d’une enquête politiquement motivée.

Kaolack – Face aux détracteurs du maire Sérigne Mboup, Madjiguène Diouf Ndiaye monte au créneau

Lors d’une activité de nettoyage à l’école élémentaire de Médina Mbaba, la responsable politique du parti Pastef, Amy Marra Dièye, a interpellé le maire de Kaolack, Sérigne Mboup, l’invitant à se concentrer davantage sur les véritables priorités de la commune plutôt que sur l’organisation des 105 ans de la ville.

Dans une déclaration publique, elle a souligné que les populations de Kaolack continuent de faire face à de nombreux défis, notamment dans les domaines de la propreté et de l’éducation. Selon elle, les moyens mobilisés pour les festivités pourraient être mieux utilisés pour améliorer les conditions de vie des habitants, en particulier dans les quartiers défavorisés.

En réaction à ces propos, Madjiguène Diouf Ndiaye, adjointe au maire chargée de l’assainissement et de l’hygiène publique, par ailleurs responsable politique de la coalition And Nawlé And Ligguey, est montée au créneau pour recadrer Amy Marra Dièye, suite à sa sortie du samedi 25 octobre 2025 à Médina Mbaba.

« En écoutant votre récente déclaration, j’ai ressenti une profonde consternation. Qu’une personne prétendant maîtriser les finances publiques puisse confondre loi de finances rectificative et virement interne de crédits révèle une méconnaissance totale des règles budgétaires régissant le fonctionnement d’une collectivité territoriale », a déclaré Mme Diouf Ndiaye face à la presse ce lundi.

Elle a tenu à préciser que chaque dépense à Kaolack est autorisée par délibération du Conseil municipal, et que les budgets sont validés par les services de tutelle.

« Les 50 millions de F CFA alloués à la célébration des 105 ans de Kaolack et les 50 millions de F CFA destinés à la FIKA ne constituent en aucun cas des détournements, mais des investissements légaux, décidés en toute transparence », a-t-elle affirmé.

Madjiguène Diouf Ndiaye a par ailleurs salué l’engagement du maire Sérigne Mboup, rappelant qu’il avait construit l’école El Hadji Abdoulaye Niasse avec ses propres moyens, sans solliciter de financement extérieur.

« Les 105 ans de Kaolack symbolisent la renaissance de notre ville : un projet structurant dont les retombées économiques sont estimées à plus de 300 milliards de F CFA sur dix ans. Quant à la FIKA, elle demeure le plus grand rendez-vous économique du centre du pays. Cet événement favorise la création d’emplois, attire les investisseurs et renforce l’image de notre commune », a-t-elle ajouté.

Enfin, l’adjointe au maire a invité ses détracteurs à faire preuve de responsabilité :

« Au lieu de verser dans la critique gratuite, commencez par montrer votre utilité pour la ville : paiement de taxes, détention d’un titre foncier ou contribution effective au développement local. Ceux qui ne construisent rien n’ont aucune légitimité à juger ceux qui agissent pour l’intérêt collectif. Kaolack avance avec des femmes et des hommes d’action, non avec des commentateurs sans faits ni œuvres. L’histoire retiendra les bâtisseurs, pas les bruyants ignorants », a conclu Madjiguène Diouf Ndiaye.

Papa Samba Mboup défend le président Diomaye Faye et appelle à l’unité politique

L’ancien chef de cabinet du président Abdoulaye Wade, Papa Samba Mboup, a récemment pris la parole pour soutenir ouvertement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, souvent la cible de critiques, y compris au sein de son propre camp politique. Dans un entretien exclusif accordé au journal Walf Quotidien, Mboup a souligné que le président Diomaye incarne à la fois la légitimité et la légalité, et mérite le soutien de tous ceux qui aspirent à la stabilité et à la continuité de l’État.

Se déclarant proche du président Diomaye, qu’il considère comme son fils, Papa Samba Mboup a longuement partagé sa vision de la gouvernance actuelle. Fort de seize années d’expérience au sommet de l’État — douze années aux côtés du président Wade et quatre années sous le régime de Abdou Diouf — il assure bien connaître les mécanismes du pouvoir et se dit prêt à prodiguer ses conseils au chef de l’État.

D’emblée, il a tenu à clarifier certaines incompréhensions autour de la légitimité et de la légalité du pouvoir actuel. « Pour répondre à certains qui parlent de légalité et de légitimité, je veux leur faire comprendre que le président Diomaye incarne les deux », a-t-il déclaré avec assurance. Il a ensuite rappelé que, contrairement à ses prédécesseurs Wade et Macky Sall, qui ont été élus au second tour, le président Diomaye a remporté le scrutin dès le premier tour, avec près de 54 % des suffrages, sans contestation. « Il n’y a donc pas plus légitime que lui. Il incarne la légitimité parce que la majorité des citoyens ont voté pour lui », a-t-il insisté.

L’ancien chef de cabinet a également évoqué la place centrale du président dans la gouvernance du pays. Il a souligné que le chef de l’État supervise directement cinq ministères de souveraineté : la Justice, les Forces armées, l’Intérieur, les Affaires étrangères et les Finances. « Il est la seule autorité habilitée à les convoquer. Ces ministres ne rendent compte qu’au président. Ce sont ses prérogatives », a-t-il expliqué, mettant en avant le rôle déterminant du président dans la conduite des affaires publiques.

Concernant l’élection présidentielle de 2029, Papa Samba Mboup a été catégorique. Selon lui, si le président Diomaye Faye ne se représentait pas, il violerait la Constitution. « Le président Diomaye a été élu pour cinq ans, un mandat renouvelable. J’entends par-ci et par-là des gens dire qu’une autre personne pourrait prendre sa place. Pourquoi ? La Constitution lui donne le droit d’avoir un autre mandat. À sa place, je ferais ce deuxième mandat », a-t-il affirmé, précisant que décliner un second mandat serait une trahison des dispositions constitutionnelles.

Poursuivant son argumentaire, il a insisté sur l’adhésion populaire envers le président Diomaye. Même si le parti Pastef ne devait pas l’investir pour un nouveau mandat, selon lui, ce sont les Sénégalais eux-mêmes qui le soutiendraient. « Les Sénégalais ont un président qui parle peu et ne parle pas de détails. Un président correct, poli… L’amour du peuple envers Diomaye va crescendo », a-t-il souligné.

Papa Samba Mboup n’a pas manqué de dénoncer les tensions internes au sein de Pastef, qu’il considère comme révélatrices d’une fracture préoccupante. Il a regretté les insultes et les critiques sur les réseaux sociaux visant le président. « Dans Pastef, c’est déjà la fracture. On s’insulte par personnes interposées. On voit des gens qui manquent de respect au président de la République. Il faut savoir qui est derrière tout cela », a-t-il déploré.

Guy Marius Sagna conteste le rejet de ses propositions de résolution par l’Assemblée nationale

Le député de la majorité, Guy Marius Sagna, a réagi ce lundi à la décision du Bureau de l’Assemblée nationale ayant déclaré irrecevables quatre de ses propositions de résolution, dont celle visant la mise en accusation de l’ancien président Macky Sall devant la Haute Cour de justice.

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, l’élu du Parti Pastef a indiqué « prendre acte » de cette décision, tout en la qualifiant de « discutable ». Selon lui, le Bureau de l’Assemblée se serait fondé sur des articles du nouveau règlement intérieur pour justifier le rejet, alors que ses propositions avaient été déposées sous l’ancien texte en vigueur au moment de leur dépôt. Cette divergence, selon Guy Marius Sagna, remet en cause la validité de l’argument avancé par le Bureau pour refuser l’examen de ses initiatives parlementaires.

Le député a par ailleurs annoncé son intention de « améliorer et réintroduire » ses propositions dans les prochains jours. Il souhaite ainsi que ces textes puissent être examinés à nouveau par l’Assemblée nationale, estimant que leur discussion est essentielle pour la transparence et la responsabilité des acteurs politiques au plus haut niveau.

Cette situation relance le débat sur la procédure et l’application des règles parlementaires, notamment en ce qui concerne le passage d’un ancien règlement intérieur à un nouveau, et sur la manière dont les propositions déposées avant ce changement doivent être traitées.

Kaolack : visite du ministre de l’Industrie et du Commerce à la SONACOS

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Gueye Diop, accompagné du secrétaire d’État au Développement des PME-PMI, M. Ibrahima Thiam, a effectué ce lundi une visite des usines de la SONACOS à Diourbel et Kaolack.

Sur place, le ministre, en compagnie du directeur général de la société, a dressé un état des lieux et constaté le manque d’investissements ayant freiné les activités de ce fleuron de l’économie nationale.

Il a salué l’engagement du personnel, grâce auquel certaines installations continuent de fonctionner, tout en soulignant la nécessité de leur rénovation complète.

Le Dr Serigne Gueye Diop a également encouragé la direction générale à diversifier les filières afin de ne plus se limiter à la seule transformation de l’arachide en huile.

Le gouvernement, a-t-il réaffirmé, s’engage pleinement à soutenir la relance de la Société nationale des oléagineux du Sénégal (SONACOS), qui a célébré cette année son 50ᵉ anniversaire.

La position stratégique de l’usine de Kaolack, située à proximité du port, ainsi que sa superficie de 450 hectares, constituent des atouts majeurs pour renforcer le potentiel de la SONACOS de Lyndiane.

À Kaolack comme à Diourbel, le ministre a rappelé l’esprit ayant présidé au rattachement de la SONACOS au ministère de l’Industrie et du Commerce :

« Il s’agit, a-t-il souligné, d’aligner l’entreprise sur la nouvelle politique industrielle afin de lui permettre de mieuxf produire, de créer des emplois et de la richesse, et de développer plusieurs types de produits pour favoriser une économie inclusive. »

Les Nations unies bientôt installées à Diamniadio : un accord en voie de finalisation avec le gouvernement sénégalais

Après plusieurs mois d’attente, le projet de regroupement des agences des Nations unies à Diamniadio semble enfin sur le point d’aboutir. Les discussions entre le gouvernement du Sénégal et le Système des Nations unies touchent à leur terme, ouvrant la voie à un déménagement effectif des 27 agences actuellement établies à Dakar vers la Maison de l’ONU, un complexe moderne de 8 hectares inauguré en novembre 2023.

La confirmation de cette avancée a été donnée par Khar Diouf, secrétaire général du ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, lors de la cérémonie marquant le 80ᵉ anniversaire de la création de l’Organisation des Nations unies, célébrée vendredi dernier à Dakar. Selon lui, les échanges récents entre les autorités sénégalaises et les responsables onusiens, notamment Aminata Maïga, coordonnateur résident du Système des Nations unies au Sénégal, ont permis de relancer le processus sur des bases positives. « Les récentes concertations au plus haut niveau entre les autorités sénégalaises et celles de l’ONU sont en bonne voie. Nous avons espoir que les Nations unies prendront possession de leur bâtiment dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré devant un parterre de diplomates et de partenaires institutionnels.

La Maison de l’ONU de Diamniadio avait été inaugurée en grande pompe par l’ancien président Macky Sall, avec l’ambition de rassembler dans un même espace les différentes entités onusiennes présentes au Sénégal — parmi lesquelles le PNUD, l’UNICEF, l’OMS, la FAO, ou encore ONU Femmes. Ce regroupement devait permettre une meilleure coordination des actions du Système des Nations unies, tout en symbolisant la solidité de la coopération entre le Sénégal et l’ONU, vieille de plusieurs décennies.

Pourtant, près d’un an après cette inauguration, le complexe ultramoderne reste désert. Cette inoccupation prolongée trouve son origine dans un désaccord entre les nouvelles autorités sénégalaises et les responsables onusiens sur les modalités de transfert et d’occupation du site. Selon des sources citées par le quotidien Le Soleil, les divergences portaient essentiellement sur les conditions financières et logistiques de la mise à disposition de l’infrastructure. Les autorités sénégalaises auraient souhaité renégocier certains termes de l’accord initial, jugés peu avantageux pour l’État, notamment en ce qui concerne les charges de maintenance, la gestion des espaces communs et les conditions de bail.

Face à cette impasse, des négociations discrètes ont été engagées ces derniers mois afin de parvenir à un compromis équilibré. Les deux parties auraient désormais trouvé un terrain d’entente, ouvrant la voie à la finalisation d’un nouvel accord qui pourrait être signé avant la fin de l’année.

Le transfert des agences vers Diamniadio s’inscrira dans la logique de la politique de décentralisation et de modernisation de l’administration sénégalaise, portée depuis plusieurs années par le pôle urbain de Diamniadio. Pour le Système des Nations unies, cette relocalisation permettra non seulement de renforcer la synergie entre les agences, mais aussi de réduire les coûts de fonctionnement liés à la dispersion actuelle des bureaux à Dakar.

Ousmane Sonko annonce une baisse prochaine du coût de l’électricité, du gaz et des produits pétroliers

Le Premier ministre Ousmane Sonko a dévoilé, ce lundi, une série de mesures sociales majeures destinées à soulager le quotidien des Sénégalais. S’exprimant lors de la cérémonie d’installation du Comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et durable, le chef du gouvernement a annoncé une baisse prochaine du prix de l’électricité, du gaz, du gasoil et des produits pétroliers.

Cette initiative s’inscrit dans la politique de redressement économique et social du gouvernement, qui vise à concilier stabilité, équité et croissance. Ousmane Sonko a tenu à rassurer les citoyens sur la détermination de l’État à améliorer le pouvoir d’achat des ménages, malgré un contexte économique tendu.

Selon le Premier ministre, plusieurs projets à fort impact social sont déjà intégrés au budget national. Parmi eux, la construction et la réhabilitation de 30 établissements de santé, dont une dizaine de nouveaux hôpitaux prévus dès 2026. Dans le domaine du logement, il a révélé qu’un crédit de 20 milliards de francs CFA a été sollicité pour financer le programme des 30 000 logements sociaux, une promesse phare du gouvernement.

« Nous orientons le budget vers une prise en charge des préoccupations sociales des Sénégalais. Nous avons fait un arbitrage budgétaire pour dégager des marges dans le cadre du Plan de redressement économique. D’ici quelques jours, des mesures de baisse du coût de l’électricité, du gaz, du gasoil et des produits pétroliers seront prises », a assuré Ousmane Sonko, sous les applaudissements de l’assistance.

Au-delà de ces annonces sociales, le Premier ministre a insisté sur la nécessité pour le Sénégal de réduire sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs. Pour lui, la souveraineté économique du pays passe par une meilleure mobilisation des ressources internes et une utilisation plus rationnelle des fonds publics. « L’État ne peut pas laisser ses projets catalytiques dépendre de partenaires étrangers », a-t-il affirmé, dénonçant les retards souvent causés par les chocs exogènes.

Sonko a par ailleurs alerté sur le niveau critique de l’endettement national, qu’il a évalué à 130 % du taux d’endettement autorisé par l’UEMOA, bien au-delà des seuils de prudence économique. Cette situation, selon lui, a poussé plusieurs bailleurs à se désengager de certains projets structurants. Pour y remédier, le gouvernement entend privilégier des financements sur fonds propres dans plusieurs secteurs stratégiques, tels que les infrastructures portuaires et aéroportuaires, les agropoles, le réseau gazier et les transferts d’eau. Des partenariats public-privé seront néanmoins maintenus de manière ciblée, afin de préserver la dynamique de développement.

Dans le même esprit, le Premier ministre a annoncé un appui financier conséquent pour la sauvegarde des entreprises nationales en difficulté. Une enveloppe de 66 milliards de francs CFA a été inscrite pour le redressement d’Air Sénégal, tandis que 20 milliards seront injectés dans la Sonacos afin de renforcer la filière arachidière et préserver les emplois.

Malgré les contraintes budgétaires, Ousmane Sonko a réaffirmé l’engagement du gouvernement à agir avec « empathie et équité ». Il a rappelé que la politique économique de son équipe repose sur un principe fondamental : permettre à chaque Sénégalais de s’épanouir pleinement dans son environnement social et économique.

En conclusion, le chef du gouvernement a livré un message fort sur la philosophie économique de son action : la création de richesses doit précéder leur redistribution. « Il n’y a pas de justice sociale sans création de richesses. Notre problème est que nous voulons redistribuer une richesse que nous n’avons pas créée. C’est ce qui a poussé nos prédécesseurs à s’endetter en cachette jusqu’à atteindre ce niveau d’endettement. Nous devons travailler à relancer l’économie. Notre seul problème, c’est le problème économique », a-t-il martelé.

Sibassor : Alassane Diallo de Pastef au chevet des parents d’élèves

Fidèle à son engagement en faveur de l’éducation, Alassane Diallo, responsable politique de Pastef et DAGE au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a une nouvelle fois tenu sa promesse envers les enfants de sa commune. Ce dimanche, il a procédé à la distribution gratuite de 1 030 kits scolaires aux élèves de Sibassor, marquant ainsi la cinquième édition de cette initiative solidaire.

Ce don important, composé notamment de cahiers, de stylos et de règles, vise à alléger la charge financière des familles en cette période de rentrée scolaire. La cérémonie s’est déroulée en présence des parents d’élèves, du corps enseignant et de nombreux habitants, tous visiblement émus par ce geste de générosité.

Les bénéficiaires et leurs parents n’ont pas caché leur reconnaissance, saluant chaleureusement cette initiative noble et porteuse d’espoir. Dans leurs interventions, ils ont formulé des prières pour la réussite des futurs projets de M. Diallo, témoignant de l’impact positif de son action sur la communauté.

À travers ce geste concret, Alassane Diallo renforce non seulement son ancrage local, mais réaffirme également la priorité accordée à l’éducation comme levier essentiel du développement. Ce soutien matériel dépasse le simple cadre du don : il s’agit d’un véritable investissement dans l’avenir des jeunes de Sibassor et d’un message fort en faveur de la scolarisation.

Une initiative qui, à n’en point douter, restera gravée dans les mémoires.

Mactar Silla plaide pour un soutien urgent de l’État au secteur des médias

Le président du Comité de pilotage du Salon international des médias d’Afrique (SIMA), Mactar Silla, a lancé un appel pressant à l’État du Sénégal pour un accompagnement plus concret et rapide du secteur des médias. C’était ce lundi 27 octobre, à l’ouverture du SIMA à Dakar, un événement qui réunit des professionnels de la presse, de la communication et des industries créatives autour des enjeux du développement médiatique africain.

Dès l’entame de son discours, Mactar Silla a salué les efforts déjà entrepris par les autorités, notamment le renforcement du Fonds d’appui pour le développement de la presse. Toutefois, il a insisté sur la nécessité d’une distribution rapide des ressources, estimant que la fin de l’année budgétaire approche à grands pas. « Sa répartition, avec quelques critères allégés en cette phase transitoire de mise en place de la nouvelle plateforme et à quelques encablures de la fin de l’année budgétaire, est une attente forte de tout le secteur », a-t-il souligné.

Silla a reconnu la volonté du gouvernement de respecter les procédures administratives et légales, mais il a plaidé pour un « acte dérogatoire approprié » afin de venir en aide aux entreprises de presse et aux professionnels confrontés à de graves difficultés financières. Selon lui, le cadre juridique actuel permet d’apporter cette assistance sans enfreindre la loi. « Il s’agit d’un geste nécessaire pour soulager un secteur stratégique en grande souffrance », a-t-il ajouté.

Dans son intervention, le président du COPIL du SIMA a insisté sur le rôle central des médias dans le développement économique, social et culturel. « Loin d’un plaidoyer pro domo, la réalité est que les médias sont les outils par excellence d’accompagnement des politiques publiques et de structuration des industries culturelles », a-t-il affirmé. Il a invité les pouvoirs publics à considérer les médias non pas comme de simples observateurs, mais comme des « alliés naturels et objectifs », essentiels à la mise en œuvre des politiques publiques.

Mactar Silla a également tenu à saluer « l’impulsion du Chef de l’État », rappelant que « l’un des premiers gestes du président Bassirou Diomaye Faye, après son élection, avait été de recevoir la Convention des jeunes reporters du Sénégal ». Pour lui, ce geste symbolique traduit la volonté du nouveau pouvoir de renforcer les capacités du secteur et de consolider la liberté d’informer dans un cadre professionnel et responsable.

L’orateur a ensuite élargi sa réflexion à la dimension économique et culturelle de l’information, citant des exemples inspirants venus d’autres pays africains. Il a notamment évoqué l’Utica Film Fund du Nigeria, doté de 20 milliards de nairas, et la Dzaïr Media City en Algérie, un projet de 1,6 milliard de dollars destiné à stimuler la production audiovisuelle et cinématographique. Ces initiatives, selon lui, démontrent que « la souveraineté économique et culturelle passe aussi par le renforcement des industries médiatiques ».

Mactar Silla a rappelé que le Sénégal n’est pas en reste, évoquant le “New Deal technologique”, un vaste programme d’investissement de 1 105 milliards de francs CFA inscrit dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050. Il a toutefois souligné que cette ambition nationale ne saurait être complète sans une intégration forte des médias comme acteurs clés de la digitalisation.

En conclusion, le président du Comité de pilotage du SIMA a appelé à « construire ensemble un nouveau partenariat entre l’État et les médias », au service d’un panafricanisme vivant et d’une souveraineté médiatique affirmée. « Nous croyons à la conception d’une stratégie médiatique panafricaine concertée, allant à l’assaut des milliards d’homo zappens et d’homo numericus du monde entier », a-t-il déclaré. Avant de conclure, il a réaffirmé sa conviction que « le SIMA est un outil au service de la souveraineté et du véritable branding Africa ».

Réconciliation nationale : le plaidoyer du ministre Abdourahmane Diouf divise l’opinion

Le débat sur la réconciliation nationale refait surface au Sénégal, ravivant les tensions entre les partisans d’un apaisement politique et ceux qui exigent avant tout justice pour les victimes des violences survenues entre 2021 et 2024. Invité de l’émission « En vérité » sur la RFM, le ministre de l’Environnement, Dr Abdourahmane Diouf, a lancé un appel fort à la « réconciliation nationale », estimant que le pays doit tourner la page des tragédies qui ont coûté la vie à quatre-vingt personnes au cours de cette période sombre.

Tout en défendant une approche de réconciliation inclusive, le ministre — par ailleurs allié du parti au pouvoir, Pastef Les Patriotes — a tenu à dissiper toute ambiguïté sur sa démarche. « La réconciliation ne veut pas dire que justice ne sera pas rendue. Cette justice ne veut pas dire qu’on mettra un Sénégalais au-dessus d’un autre Sénégalais », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de combiner pardon et équité pour reconstruire le tissu social. Selon lui, le pays a besoin de renouer avec un climat de confiance et d’unité afin de poursuivre sereinement ses ambitions de développement.

Cependant, cette prise de position n’a pas fait l’unanimité. Elle a suscité une réaction critique de la part de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, qui a dénoncé sur le réseau social X (anciennement Twitter) une approche qu’il juge prématurée et superficielle. Pour le défenseur des droits humains, toute réconciliation nationale dépourvue de justice et de réparations risquerait d’être perçue comme une entente entre élites politiques au détriment des victimes et de la vérité.

« La réconciliation sans justice et réparations est une réconciliation entre politiciens pour le partage du gâteau et le pillage des ressources du pays », a-t-il fustigé. M. Gassama a rappelé que les victimes et leurs familles attendent toujours que la lumière soit faite sur les violences et les pertes humaines enregistrées lors des manifestations politiques des dernières années. « Lorsque justice aura été rendue, les victimes peuvent pardonner et l’État peut prendre des mesures pour une vraie réconciliation », a-t-il conclu, insistant sur la primauté du droit dans toute démarche de paix durable.

Le Sénégal renforce son dispositif de transport pour les JOJ Dakar 2026 avec la mise en place du Comité Mobilité

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans la préparation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Ce vendredi 24 octobre, les autorités ont procédé à l’installation officielle du Comité Mobilité, une structure stratégique dédiée à la gestion du volet transport de l’événement. La cérémonie s’est tenue à Dakar, sous la présidence du préfet du département, en présence de son homologue de Mbour, du secrétaire général du ministère des Transports terrestres et aériens, ainsi que de plusieurs partenaires techniques et institutionnels.

Créé dans le prolongement des décisions issues du Conseil interministériel d’octobre 2024, le Comité Mobilité occupe une place centrale dans le dispositif organisationnel des Jeux. Sa mission principale consiste à coordonner, planifier et suivre l’ensemble des actions liées aux déplacements des athlètes, des délégations étrangères, des officiels et du public tout au long de la compétition.

Selon le ministère des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, ce comité représente « un maillon essentiel pour garantir une mobilité fluide, sécurisée et respectueuse de l’environnement ». L’objectif affiché est de faire de Dakar 2026 un modèle de mobilité urbaine durable, en capitalisant sur les infrastructures existantes — notamment le Train Express Régional (TER), les Bus Rapid Transit (BRT) et les axes routiers modernisés — tout en intégrant des innovations en matière de transport collectif et de logistique événementielle.

La composition du Comité Mobilité reflète cette ambition d’efficacité et de cohérence. Il réunit des représentants des administrations centrales, des collectivités territoriales, des opérateurs publics et privés, des forces de sécurité et des partenaires techniques. Ensemble, ces acteurs devront harmoniser leurs interventions afin d’assurer la fluidité des déplacements, la sécurité des usagers et la bonne articulation entre les différents moyens de transport mobilisés.

Finances publiques : les recettes de l’État en hausse de 8 % sur les huit premiers mois de 2025

L’État du Sénégal a enregistré une performance notable sur le plan budgétaire durant les huit premiers mois de l’année 2025. Selon le dernier rapport publié par la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), les recettes globales (hors dons) ont atteint 2 883,1 milliards de francs CFA à fin août 2025. Ce montant marque une progression de 201,8 milliards par rapport à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 8,0 %.

Dans le détail, les recettes fiscales demeurent la principale source de financement de l’État, avec 2 712,1 milliards de francs CFA collectés, tandis que les recettes non fiscales se sont établies à 171 milliards. Cette évolution positive reflète une amélioration du rendement de la fiscalité intérieure et une meilleure mobilisation des ressources publiques.

Du côté des dépenses, la DPEE fait état d’un total de 3 248,4 milliards de francs CFA (hors investissements financés sur ressources extérieures), contre 3 266,6 milliards enregistrés à fin août 2024. Ce léger repli de 18,3 milliards traduit une baisse des dépenses d’investissement sur ressources intérieures, lesquelles se sont chiffrées à 324,8 milliards, soit une diminution de 239,5 milliards en glissement annuel.

Toutefois, le rapport souligne une hausse notable des charges d’intérêt sur la dette publique. Celles-ci ont augmenté de 20,5 % en un an pour s’établir à 608 milliards de francs CFA, un niveau qui témoigne du poids croissant du service de la dette dans les finances publiques.

Par ailleurs, les transferts et subventions consentis par l’État ont connu une progression de 8,4 %, atteignant 1 141,4 milliards de francs CFA. Cette évolution s’explique notamment par le soutien continu aux secteurs sociaux et aux politiques publiques de redistribution.

La masse salariale de la fonction publique continue, elle aussi, de croître. À fin août 2025, elle s’est fixée à 959,1 milliards de francs CFA, en hausse de 3,1 % par rapport à la même période de 2024. Cette augmentation est liée à la montée en puissance des recrutements dans les secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé et la sécurité.

Badara Gadiaga face au juge : le chroniqueur de la TFM conteste fermement les accusations

Le chroniqueur de la TFM, Badara Gadiaga, détenu depuis le 14 juillet 2025, a comparu ce lundi 27 octobre pour sa deuxième audition au fond devant le juge d’instruction du premier cabinet du tribunal de Dakar. Cette nouvelle étape judiciaire intervient dans un dossier qui continue de susciter un grand intérêt au sein de l’opinion publique.

Inculpé pour plusieurs chefs d’accusation, Badara Gadiaga est poursuivi pour discours contraires aux bonnes mœurs, diffusion de fausses nouvelles, offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du président de la République, ainsi que pour violation des articles 80 alinéa 2, 254, 255 et 257 du Code pénal. Ce dernier article, particulièrement sensible, concerne la réception de subsides en vue de propagande compromettant la sécurité publique.

L’arrestation du chroniqueur fait suite à une instruction du procureur de la République, consécutive à une vive polémique l’ayant opposé à Amadou Ba, alors député du Parti Pastef, lors de l’émission « Jakarlo Bi » diffusée le 4 juillet 2025 sur la TFM. Ce débat télévisé, marqué par un échange virulent entre les deux hommes, avait enflammé les réseaux sociaux et entraîné une large controverse.

Devant le juge d’instruction, Badara Gadiaga a nié l’ensemble des faits qui lui sont reprochés. Concernant le délit d’offense, il a déclaré : « Amadou Ba m’a attaqué sur un point de vue politique, j’ai répliqué politiquement. » Une défense qui, selon ses avocats, traduit la volonté du chroniqueur de replacer l’affaire dans le champ du débat démocratique plutôt que dans celui du pénal.

Sur le volet relatif aux discours contraires aux bonnes mœurs, Gadiaga a expliqué qu’il n’avait fait qu’utiliser le terme wolof « Yakatane », en lien avec une référence à l’affaire Adji Sarr, tout en affirmant n’avoir « rien dit de nouveau ».

Interrogé par le magistrat instructeur sur d’éventuelles relations avec la société GSIE, citée dans la procédure, et sur des financements présumés, le chroniqueur a nié toute implication. Il a précisé ne pas être propriétaire de la société et n’avoir reçu aucun financement, qu’il soit national ou étranger. Il a toutefois reconnu posséder deux comptes bancaires, précisant qu’ils étaient déficitaires.

Les réquisitions ordonnées par le doyen des juges afin de vérifier un éventuel lien entre Gadiaga et la société GSIE ont, selon des sources judiciaires, confirmé l’absence de toute relation. Le directeur général de la plateforme a d’ailleurs été entendu par le juge d’instruction, corroborant cette version.

Entouré d’un collectif d’avocats composé notamment de Me Djiby Diallo, Me Malick Fall, Me Alioune Badara Fall et Me Abou Allassane Diallo, Badara Gadiaga bénéficie d’une défense jugée solide. Ses conseils ont annoncé leur intention de déposer une demande de mise en liberté provisoire dans les prochaines heures, estimant que la détention de leur client n’est plus justifiée à ce stade de la procédure.

Le Bureau de l’Assemblée Nationale rejette la mise en accusation de l’ancien Président Macky Sall

Le Bureau de l’Assemblée Nationale du Sénégal a rejeté, ce jour, la proposition de résolution visant à engager la mise en accusation de l’ancien Président Macky Sall devant la Haute Cour de Justice. Ce rejet intervient pour un motif précis de vice de forme. Selon les informations communiquées, le député de l’opposition Guy Marius Sagna n’aurait pas respecté les critères formels requis pour qu’une telle procédure puisse être examinée. En conséquence, le Bureau ne s’est pas prononcé sur le fond de la résolution, laissant ainsi ouverte la possibilité d’une nouvelle initiative, éventuellement mieux encadrée sur le plan juridique et procédural.

La résolution, déposée par Guy Marius Sagna, s’inscrit dans le cadre des démarches de certains acteurs politiques visant à demander des comptes sur la gestion de l’État sous le précédent mandat de Macky Sall. Elle reflète les tensions politiques persistantes et les débats autour de la responsabilité des anciens dirigeants dans l’administration du pays.

La Haute Cour de Justice, institution constitutionnelle sénégalaise, demeure compétente pour juger les Présidents et anciens Présidents de la République ainsi que certains membres du gouvernement pour des actes qualifiés de haute trahison ou pour des crimes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, avant toute saisine effective de cette instance, il est impératif que les procédures législatives et formelles soient scrupuleusement respectées, comme l’a rappelé le Bureau de l’Assemblée Nationale à travers ce rejet pour vice de forme.

« Dr Abdourahmane Diouf appelle à l’unité : Alioune Tine soutient le ministre malgré les critiques de Pastef »

L’appel à l’unité lancé dimanche dernier par le ministre de l’Environnement, Dr Abdourahmane Diouf, sur les ondes de la RTS, continue de provoquer des réactions au sein de la classe politique sénégalaise, et particulièrement au sein de la majorité présidentielle. Dans son intervention, le ministre avait insisté sur la nécessité pour le pays de dépasser les divisions politiques et d’œuvrer à une cohésion nationale permettant au Sénégal de progresser.

Si certains membres de Pastef ont vivement critiqué cette prise de position, qualifiant le geste de Dr Diouf « d’ingrat » et allant jusqu’à parler de « honte », d’autres voix se sont élevées pour saluer son initiative. C’est notamment le cas d’Alioune Tine, fondateur d’Africajom, qui a exprimé son soutien au ministre sur le réseau social X. Selon lui, l’appel du ministre s’inscrit dans une dynamique positive visant à sortir le Sénégal des « psychodrames politiques permanents » et à créer les conditions pour un véritable décollage économique et social.

Dans ses déclarations, Alioune Tine a également mis en avant le franc-parler de Dr Diouf et sa capacité à promouvoir le dialogue et l’unité. Il a affirmé que « le Sénégal a vraiment tout et surtout les hommes qu’il faut pour décoller », soulignant ainsi l’importance de la concertation et de l’engagement de tous les acteurs politiques dans la construction nationale.

Cette intervention du ministre de l’Environnement intervient à un moment stratégique, à la veille d’un important meeting organisé par le leader de Pastef, Ousmane Sonko. L’appel à « faire bloc derrière le Président Bassirou Diomaye Faye » formulé par Dr Diouf a été perçu par certains observateurs comme une prise de position claire dans le débat interne de la majorité présidentielle, illustrant les tensions et les alliances qui se dessinent à l’approche de prochaines échéances politiques.

Pape Malick Ndour recouvre la liberté après sa convocation à la Section de recherches de Colobane

L’affaire Pape Malick Ndour connaît un nouveau rebondissement. Ce lundi, le responsable des cadres de l’Alliance pour la République (APR) a été entendu par les enquêteurs de la Section de recherches (SR) de Colobane avant de retrouver sa liberté. Cette convocation fait suite à un précédent épisode survenu vendredi dernier, lorsque Pape Malick Ndour avait été placé en garde à vue à 16 heures pour « atteinte à la sûreté de l’État » et « propos de nature à troubler l’ordre public ». Il avait finalement été libéré dans la soirée, sans qu’aucune explication officielle ne soit communiquée.

Dans un long message publié sur sa page Facebook après sa libération, Pape Malick Ndour a tenu à clarifier sa position sur les faits qui lui étaient reprochés. Il a expliqué que son audition portait sur les propos qu’il avait tenus lors d’un rassemblement politique organisé en soutien à son camarade, le député-maire Farba Ngom. Il a affirmé n’avoir à aucun moment appelé à l’insurrection ni au soulèvement, réitérant son attachement à la légalité et au respect des institutions du pays.

L’ancien ministre a également exprimé ses regrets pour la polémique suscitée par ses déclarations et a lancé un appel à un débat public « serein et constructif » centré sur les grandes priorités nationales telles que l’économie, l’éducation, la santé et la sécurité. Il a profité de l’occasion pour remercier le peuple sénégalais, ses avocats ainsi que les responsables et militants de l’APR pour leur soutien constant tout au long de cette épreuve.

Réplique des cadres de Rewmi à Abass Fall : « Le Pastef n’a pas le monopole du patriotisme »

Une vive réaction est venue du parti Rewmi après la dernière sortie du maire de Dakar, Abass Fall, à l’encontre du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Dr Abdourahmane Diouf. Dans un communiqué largement relayé ce lundi, plusieurs cadres de la formation politique d’Idrissa Seck ont tenu à rappeler ce qu’ils qualifient de « vérité républicaine », exprimée par le ministre.

Aly Nguer Faye, membre du Secrétariat national de la jeunesse Rewmi, a pris la parole pour défendre la position de son camarade. « Monsieur le Maire, avec tout le respect que mérite votre fonction, il faut dire la vérité : le Pastef n’a pas le monopole du patriotisme ni de la conscience nationale », a-t-il lancé, en réponse aux propos virulents d’Abass Fall. Selon lui, Abdourahmane Diouf n’a fait que rappeler une évidence démocratique : « Le président Bassirou Diomaye Faye est au service de tous les Sénégalais, et non d’un seul parti. Voilà la posture d’un véritable chef d’État — celle qui dépasse les querelles de clans et les calculs partisans. »

Le responsable rewmiste estime que le Sénégal traverse une période qui exige plus d’unité et de maturité politique. « Aujourd’hui, la jeunesse sénégalaise n’est plus dupe. Elle a compris les méthodes d’un certain discours politique fondé sur l’arrogance, la manipulation et l’exclusion. Le Sénégal a besoin d’unité, de respect et de compétence — pas de division », a-t-il martelé.

Dans la même lancée, Aly Nguer Faye a appelé les acteurs politiques à s’inspirer du « Pacte » prôné par le Dr Abdourahmane Diouf, un acronyme qui, selon lui, incarne les valeurs essentielles pour refonder l’action publique : Paix, Autorité, Compétence, Compassion, Travail et Espoir. Pour le jeune cadre, ce message illustre la constance du ministre dans sa démarche de rassemblement et de réforme.

En conclusion, Aly Nguer Faye a tenu à saluer le leadership d’Abdourahmane Diouf et la vision d’Idrissa Seck, qu’il qualifie de « l’une des plus claires, républicaines et porteuses d’avenir pour le Sénégal ». À travers cette réplique, les cadres de Rewmi réaffirment leur attachement à une politique basée sur la raison, la responsabilité et le respect mutuel, loin des clivages partisans qui continuent d’alimenter les tensions au sein du camp présidentiel.

Tribunal de Pikine-Guédiawaye : Mariama Traoré, mère de Mame Ndiaye Savon, condamnée à six mois avec sursis

Le verdict est tombé ce lundi au tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Mariama Traoré, mère de la célèbre vendeuse de savon Mame Ndiaye Savon, a été reconnue coupable des délits de discours contraires aux bonnes mœurs et d’injures publiques.

À l’issue des débats, le tribunal l’a condamnée à six mois de prison avec sursis et à une amende de 250 000 F CFA. Une décision conforme aux réquisitions du ministère public, qui avait également demandé une peine assortie de sursis.

Durant l’audience, Mariama Traoré, défendue par les avocats Me El Hadj Diouf et Me Ousseynou Ngom, a reconnu la portée de ses propos et a présenté ses excuses publiques. Ses défenseurs ont plaidé la clémence, évoquant une femme « dépassée par les événements » et regrettant des « paroles tenues sous le coup de la colère ».

Le tribunal a pris en compte ces circonstances atténuantes, tout en rappelant la nécessité de respecter les valeurs morales et le vivre-ensemble dans l’espace public, notamment sur les réseaux sociaux, où les propos incriminés avaient circulé.

Traite de mineure : un Gambien arrêté à Rosso et déféré au parquet de Dakar

Un ressortissant gambien, du nom d’Alhaji Sessay, a été déféré au parquet de Dakar par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et les pratiques assimilées (Dnlt). Il est poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie, traite de personnes et enlèvement de mineure.

Les faits remontent au 21 octobre dernier. Ce jour-là, Sessay a été interpellé à Rosso, une ville située à l’extrême nord du Sénégal, à la frontière avec la Mauritanie. Selon les informations rapportées par le journal Libération, il tentait de franchir la frontière par une voie de contournement non officielle, en compagnie d’une jeune fille âgée de quatorze ans, identifiée sous le nom de F. Conteh. Alerté par cette situation suspecte, le commissaire spécial de Rosso a immédiatement remis le mis en cause à la Dnlt pour enquête approfondie.

Face aux enquêteurs, Alhaji Sessay a d’abord affirmé être le père biologique de la jeune F. Conteh. Il a expliqué que la fillette résidait en Sierra Leone et qu’il avait demandé à son grand frère, I. Conteh, de la confier à un chauffeur pour qu’elle le rejoigne en Mauritanie, après un bref passage à Dakar chez sa prétendue cousine, F. Kamara.

Mais très vite, les incohérences dans son récit sont apparues. Entendue à son tour, la jeune F. Conteh a formellement nié tout lien de parenté avec Sessay. Elle a même déclaré avoir été « purement et simplement volée », rejetant la version d’un voyage encadré par sa famille.

La situation s’est davantage compliquée lorsque F. Kamara, citée par Sessay comme sa cousine, a été interrogée. Elle a nié tout lien de parenté avec le prévenu, affirmant l’avoir seulement connu en Mauritanie, dans le cadre de ses activités commerciales. Elle a aussi confirmé que le suspect n’était pas le père de la jeune fille, soulignant la différence évidente de patronymes entre Conteh et Sessay.

Confronté à ces déclarations, Alhaji Sessay a fini par revenir sur ses propos. Il a reconnu avoir menti durant l’enquête, tout en maintenant une nouvelle version selon laquelle la jeune F. Conteh serait la fille d’un certain B.B. Conteh, alias « Bbc ». D’après lui, ce dernier lui aurait confié sa fille afin qu’elle apprenne le Coran et certaines tâches ménagères en Mauritanie, où il réside depuis 2021. Il a ajouté avoir pris en charge les frais de voyage de la mineure.

Les enquêteurs ont tenté de retrouver le dénommé B.B. Conteh, sans succès. Devant ces propos changeants et contradictoires, les autorités ont décidé de boucler l’enquête et de déférer Alhaji Sessay, le 23 octobre, devant le procureur de la République de Dakar.

Dialogue interreligieux en Italie

Thierno Amadou Ba plaide pour la cohésion sociale et la paix entre les confessions

Le Khalife de Bambilor poursuit sa tournée européenne. Une nouvelle étape, marquée par un fort symbole : une conférence interreligieuse à Gussago, en Italie, placée sous le thème « Religions et stabilité ».

L’événement, qui a réuni de nombreuses personnalités religieuses et civiles — parmi lesquelles le nouvel évêque, le maire de Gussago et le président du Conseil communal de Brescia — a mis en avant la place centrale de la diplomatie religieuse dans la promotion du vivre-ensemble.

Dans son intervention, Thierno Amadou Ba a insisté sur l’importance du dialogue interreligieux comme levier de cohésion sociale et de paix durable.

« Des initiatives comme celle-ci permettent de rassembler des communautés diverses autour d’un objectif commun : la paix et la cohésion sociale », a-t-il déclaré.

« La stabilité d’une société ne se construit pas uniquement par la loi ou la politique, mais aussi par le dialogue, le respect mutuel et la paix entre les communautés religieuses », a-t-il ajouté.

Le guide religieux sénégalais a ensuite développé le concept de diplomatie religieuse, qu’il présente comme un outil concret de paix, complémentaire à la diplomatie traditionnelle.

« Elle ne remplace pas la diplomatie classique, mais l’appuie et la renforce, notamment là où les canaux officiels atteignent leurs limites », a-t-il souligné.

Il a rappelé que, grâce à l’ONG Fawzi Wanadiati, plusieurs actions ont été menées pour prévenir des conflits, accompagner les communautés migrantes dans leur intégration et organiser des rencontres interreligieuses internationales — du Vatican aux synagogues — afin de renforcer la confiance entre les peuples et les cultures.

Cette étape italienne illustre une nouvelle fois l’engagement constant du Khalife en faveur d’un dialogue sincère entre religions et cultures, au service d’un monde plus juste et solidaire.

En retraçant l’histoire, Thierno Amadou Ba a évoqué les exemples inspirants du Prophète Muhammad (PSL) dans la protection des minorités, ainsi que celui de l’Édit de Nantes, symbole européen du compromis et du vivre-ensemble après les guerres de religion.

« La paix se construit avec courage et sagesse, non par la force ni par la domination », a-t-il insisté.

Avant de conclure, le Khalife a salué le nouvel évêque Monseigneur Don Giorgio Gitti, le maire de Gussago Giovanni Coccoli, et le président du Conseil communal de Brescia Roberto Rossini, pour leur hospitalité et leur soutien constant. Il a également exprimé sa gratitude envers les associations Solidarité et Intégration (ASI) et RIEPP, initiatrices de la rencontre.

La conférence s’est achevée dans une atmosphère empreinte de fraternité et de respect mutuel, sur un dernier message porteur d’espoir :

« Imaginez un monde où chaque différence est une richesse, où chaque conflit se résout par le dialogue, et où la foi devient un instrument de fraternité. Que chacun emporte avec lui le feu du respect, de l’empathie et de la paix », a-t-il conclu.

Aly Saleh

Affaire Madiambal Diagne : nouveau rebondissement avec le transfert de son épouse à l’hôpital et l’arrestation du journaliste en France

L’affaire impliquant le journaliste et homme d’affaires sénégalais Madiambal Diagne connaît un nouveau développement. Son épouse, Bineta Diaby, incarcérée depuis septembre dans le cadre de l’enquête pour escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux, a été transférée ce dimanche du Camp pénal de Liberté 6 vers le Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Ce service accueille généralement les détenus nécessitant une prise en charge médicale ou une surveillance particulière.

Selon les informations rapportées par le quotidien Enquête dans son édition de ce lundi, le transfert s’est déroulé en toute discrétion, en fin de journée. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé les raisons exactes de ce déplacement. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’un souci de santé ou de mesures de sécurité liées à son statut dans cette affaire sensible.

Bineta Diaby avait été arrêtée en même temps que deux fils du journaliste et un proche de la famille, dans le cadre d’une vaste enquête judiciaire. Elle est notamment citée dans la gestion de la Société Civile Immobilière (SCI) Pharaon, à travers laquelle des versements jugés suspects auraient été effectués. Ces transactions s’inscriraient dans un marché public d’un montant estimé à 21 milliards de francs CFA.

Le dossier, particulièrement complexe, s’articule autour de soupçons de détournements et de blanchiment de capitaux dans le cadre de contrats passés avec l’État. Madiambal Diagne, patron du groupe Avenir Communication et figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, rejette catégoriquement ces accusations. Il soutient que les fonds en question proviennent d’activités licites et transparentes, menées dans le respect des lois en vigueur.

Pendant que son épouse est hospitalisée à Dakar, le journaliste se retrouve lui-même confronté à la justice française. Malgré une mesure d’interdiction de sortie du territoire prononcée par les autorités sénégalaises, il avait réussi à quitter le pays. Il affirme toutefois n’avoir jamais été informé officiellement de cette restriction. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, Madiambal Diagne avait expliqué son départ par la volonté de préparer sereinement sa défense, tout en assurant qu’il se tiendrait à la disposition de la justice pour « assumer [ses] responsabilités ».

Mais son séjour en France a pris une tournure judiciaire la semaine dernière, lorsqu’il a été interpellé sur le sol français à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par Dakar. Placé sous contrôle judiciaire, il est convoqué ce mardi 28 octobre devant la Cour d’appel de Versailles. Celle-ci devra se prononcer sur la demande d’extradition formulée par le Sénégal.

Paul Biya réélu pour un huitième mandat à 92 ans : tensions et contestations au Cameroun

Le Conseil constitutionnel du Cameroun a proclamé, lundi, les résultats officiels de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, donnant le président sortant Paul Biya vainqueur avec 53,66 % des suffrages. À 92 ans, l’homme fort de Yaoundé rempile ainsi pour un huitième mandat, consolidant un règne entamé en 1982. Son principal adversaire, Issa Tchiroma Bakary, arrivé deuxième avec 35,19 % des voix, rejette catégoriquement ce verdict et revendique la victoire, appelant ses partisans à descendre massivement dans la rue pour, selon ses mots, « défendre le choix du peuple ».

Le scrutin, déjà marqué par une participation en baisse, s’est déroulé dans un climat de méfiance et de tension. Depuis l’annonce des résultats provisoires, plusieurs villes du pays, notamment Douala et Yaoundé, connaissent des manifestations sporadiques. Dimanche, quatre personnes ont été tuées à Douala lors de heurts entre les forces de sécurité et des manifestants favorables à l’opposant. D’après le gouverneur de la région du Littoral, ces décès sont survenus après des affrontements ayant dégénéré. Des témoins, cités par l’AFP, affirment que les forces de l’ordre ont d’abord fait usage de gaz lacrymogènes avant de tirer à balles réelles sur la foule.

Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et figure connue de la scène politique camerounaise, dénonce une « mascarade électorale » orchestrée par un régime qu’il accuse d’avoir « confisqué la volonté populaire ». Selon ses propres estimations, issues de compilations internes de procès-verbaux, il aurait recueilli 54,8 % des voix contre 31,3 % pour Paul Biya. Ces chiffres, rejetés par le Conseil constitutionnel, alimentent une colère croissante au sein de l’opposition et d’une partie de la société civile.

Malgré ces contestations, la victoire du président Biya ne surprend guère les observateurs. Au pouvoir depuis plus de quarante ans, le chef de l’État camerounais a su imposer un système politique verrouillé, dans lequel les institutions, les médias publics et l’appareil sécuritaire demeurent étroitement contrôlés. Sous sa présidence, le Cameroun n’a connu qu’une seule alternance institutionnelle, en 1982, lorsque Biya succéda à Ahmadou Ahidjo. Depuis, il a survécu à plusieurs crises politiques et économiques, à des accusations de corruption et à un conflit séparatiste meurtrier qui ensanglante, depuis 2016, les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Pour beaucoup, ce nouveau mandat marque la continuité d’un pouvoir qui semble avoir résisté à toutes les secousses. Mais il s’ouvre dans un contexte particulièrement fragile : une économie en difficulté, une jeunesse désabusée et une opposition fragmentée mais de plus en plus déterminée à contester un ordre politique figé.

À Yaoundé, le régime affiche sa sérénité. Le porte-parole du gouvernement a salué « la maturité du peuple camerounais » et promis que le chef de l’État « poursuivra son œuvre de stabilité et de développement ». Du côté des partisans d’Issa Tchiroma, les appels à la mobilisation se multiplient, bien que les autorités menacent de réprimer toute manifestation « illégale ».

Tensions au sein du camp présidentiel : Abass Fall s’en prend violemment au ministre Abdourahmane Diouf

Depuis dimanche, une vive polémique secoue les réseaux sociaux au sein même du camp présidentiel. Le maire de Dakar, Abass Fall, a publiquement répondu au ministre de l’Environnement, Dr Abdourahmane Diouf, après les propos de ce dernier déclarant que le président Bassirou Diomaye Faye est « au service de tous les Sénégalais, et non du Pastef uniquement ». Une affirmation qui a visiblement ravivé de vieilles tensions entre figures du pouvoir.

Dans une publication au ton particulièrement virulent, Abass Fall a exprimé son désaccord profond avec la sortie du ministre. Il a rappelé qu’il avait déjà exprimé ses réserves quant à l’intégration d’Abdourahmane Diouf dans la coalition présidentielle, affirmant que « l’histoire [lui] donne raison ». Selon le maire de Dakar, il avait refusé, à deux semaines des élections, de rejoindre ceux qui plaidaient pour l’arrivée du leader du parti Awalé au sein de la mouvance de Bassirou Diomaye Faye.

Le maire de Dakar a également ravivé de vieilles querelles politiques, accusant le ministre de s’être, dans un passé récent, montré hostile au Pastef. « Ce monsieur doutait de la candidature du président Diomaye et accusait violemment le Pastef dans l’affaire du prétendu attentat de Yarakh », a-t-il écrit, soulignant ce qu’il considère comme une incohérence et une absence de loyauté politique.

S’en prenant au contenu même du discours d’Abdourahmane Diouf, Abass Fall a dénoncé des propos qu’il juge « discourtois et inintelligents », notamment lorsque le ministre a évoqué une possible « justice des vainqueurs ». Pour le maire de Dakar, une telle expression traduit un manque de confiance envers les institutions et les membres du gouvernement, en particulier la ministre de la Justice. « Nous réclamons la justice tout court, pas une justice des vainqueurs », a-t-il martelé, estimant que ces déclarations jettent une ombre sur l’impartialité de la garde des Sceaux.

Abass Fall a ensuite adressé une mise en garde claire à ceux qu’il accuse de vouloir « semer la division » au sein du camp présidentiel. « Le président Bassirou Diomaye Faye prendra ses responsabilités en ne laissant jamais des gens comme toi saper l’unité de notre parti », a-t-il prévenu, tout en dénonçant « l’ingratitude » de certains responsables qui, selon lui, « bénéficient aujourd’hui de privilèges grâce au combat du Pastef ».

Dans un ton mêlant ironie et fermeté, le maire de Dakar a conclu sa diatribe par une pique devenue virale sur les réseaux : « Vous dansez plus vite que la musique… faites attention à vos tibias. »

Touba : une femme condamnée à six mois de prison ferme pour avoir brûlé son mari par jalousie

Une scène de jalousie d’une rare violence a bouleversé la cité religieuse de Touba. F. Faye, une jeune épouse, a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir infligé de graves brûlures à son mari, M. Dione, chauffeur de profession. Les faits, rapportés par le quotidien L’AS, se sont déroulés après une dispute conjugale née du projet de polygamie du mari.

Tout est parti du moment où F. Faye a appris que son époux envisageait d’épouser une seconde femme. Une nouvelle qu’elle a très mal vécue. Rongée par la colère et la jalousie, la jeune femme a d’abord violemment reproché à son mari sa décision, donnant lieu à une altercation houleuse au sein du couple. Mais le pire était encore à venir.

Profitant du sommeil de son époux, F. Faye aurait, selon le récit de l’audience, fait bouillir une casserole d’eau avant de la lui verser sur le corps. L’homme s’est immédiatement réveillé en hurlant de douleur, avant d’être transporté d’urgence à l’hôpital. Le diagnostic a révélé des brûlures au troisième degré, entraînant une incapacité totale de travail de 22 jours.

Interpellée peu après les faits, la jeune femme a été inculpée de coups et blessures volontaires. Devant la barre, elle n’a pas cherché à nier. F. Faye a reconnu les faits et tenté d’expliquer son geste par un accès de colère incontrôlable. « J’ai agi sous l’influence de Satan », a-t-elle déclaré, exprimant ses profonds regrets et demandant pardon à son mari. Malgré cet acte, les deux époux vivent toujours ensemble.

Le tribunal, après avoir entendu les deux parties, a jugé la prévenue coupable et l’a condamnée à six mois de prison ferme. Le mari, qui s’était constitué partie civile, réclamait 2,5 millions de francs CFA en guise de réparation. Le tribunal lui a finalement accordé 700 000 francs CFA à titre de dommages et intérêts.

Présidentielle ivoirienne 2025 : Alassane Ouattara en route vers un quatrième mandat après des scores écrasants

La Côte d’Ivoire semble s’acheminer vers un nouveau mandat d’Alassane Ouattara. À 83 ans, le président sortant domine très largement les premiers résultats de l’élection présidentielle de samedi, publiés progressivement ce dimanche par la Commission électorale indépendante (CEI). Dans plusieurs départements du nord du pays, le chef de l’État obtient des scores dépassant les 90%, confirmant une tendance déjà observée lors des précédents scrutins.

Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, premier producteur mondial de cacao et considéré ces dernières années comme un pôle de stabilité dans une région secouée par les putschs militaires et les attaques jihadistes. Les résultats partiels publiés par la CEI concernent les 111 départements du pays ainsi que les districts d’Abidjan et de Yamoussoukro, la capitale politique. Les résultats globaux devraient être connus dans la nuit de dimanche à lundi.

Dans le nord, région majoritairement peuplée de Malinkés, l’ethnie du président Ouattara, la mobilisation a été exceptionnelle. À Kani et dans son fief de Kong, il a obtenu respectivement 99,7% des suffrages, tandis qu’à Ferkessédougou et Sinématiali, ses scores ont atteint 98,1% et 97,8%, avec des taux de participation avoisinant les 100% dans ces zones rurales. Même à Dabakala, localité du centre où son adversaire Jean-Louis Billon est député, le président sortant dépasse les 92% des voix.

Dans les régions du sud et de l’ouest, en revanche, la participation s’est révélée beaucoup plus faible. De nombreux bureaux de vote sont restés presque vides, signe d’un désintérêt marqué pour le scrutin. À Abidjan, dans la commune aisée de Cocody, moins de 20% des électeurs se sont déplacés, mais Ouattara s’y impose tout de même avec 68% des suffrages. Le président de la CEI, Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a estimé que le taux national de participation devrait « avoisiner les 50% », un chiffre comparable à celui de 2020.

Cette abstention partielle s’explique en grande partie par l’absence de deux figures majeures de la politique ivoirienne. Ni le banquier international Tidjane Thiam, ni l’ancien président Laurent Gbagbo n’étaient candidats. Tous deux ont été exclus de la course : le premier en raison de contestations sur sa nationalité, le second à cause d’une condamnation pénale l’empêchant de figurer sur les listes électorales. Pour Simon Doho, chef de file des députés du PDCI, cette situation fausse la légitimité du scrutin : « On observe une fracture très claire entre le nord et le sud. Le taux réel de participation est plus faible qu’annoncé. On peut émettre des doutes sur la légitimité d’un président élu dans ces conditions », a-t-il déclaré à l’AFP.

Cette élection rappelle celle de 2020, où Alassane Ouattara avait été réélu avec 94% des voix dans un contexte de boycott de la part des principaux opposants. Cette année encore, malgré la présence de quatre candidats face à lui, aucun ne semblait en mesure de l’inquiéter, faute de structures politiques solides ou de ressources suffisantes pour mener campagne à l’échelle nationale.

Si le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme, des incidents isolés ont été signalés dans environ 2% des bureaux de vote, soit quelque 200 lieux sur l’ensemble du territoire. Selon le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, ces heurts n’ont pas eu « d’incidence majeure sur le déroulement du scrutin ». Néanmoins, le processus électoral a été marqué par des violences meurtrières. Une source sécuritaire a fait état de la mort d’un ressortissant burkinabè lors d’affrontements intercommunautaires à Gadouan, dans le centre-ouest du pays, et d’un adolescent de 13 ans tué par un tir à Gregbeu. Au total, six personnes ont perdu la vie depuis la mi-octobre en lien avec l’élection, dont deux le jour du vote.

La Côte d’Ivoire, pays mosaïque d’une soixantaine d’ethnies et terre d’accueil pour de nombreux ressortissants des pays voisins, reste profondément marquée par les traumatismes des crises électorales passées. Le souvenir des violences postélectorales de 2010, qui avaient fait près de 3.000 morts, et de celles de 2020, avec 85 victimes, continue de peser sur les esprits. Cette année, le pouvoir avait pris des mesures préventives, déployant près de 44.000 membres des forces de l’ordre et interdisant les manifestations des opposants radiés. Plusieurs centaines d’arrestations pour troubles à l’ordre public ont également été recensées.

Dr Abdourahmane Diouf appelle à un « bloc politique » pour soutenir le Président Bassirou Diomaye Faye

Le ministre de l’Environnement et leader du parti Awalé, Dr Abdourahmane Diouf, a lancé un appel fort à la création d’un « bloc politique » élargi pour accompagner le Président Bassirou Diomaye Faye dans la mise en œuvre de son projet national. Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal Internationale (RSI), le ministre a salué la posture d’ouverture et de rassemblement du Chef de l’État, qu’il a décrit comme « le Président de tous les Sénégalais » et non celui d’un parti politique.

Dès le début de son intervention, Dr Diouf a tenu à rappeler que le Sénégal, après des années de tensions et de divisions, a besoin d’une réconciliation nationale véritable. « Nous devons sortir de la haine et des fractures sociales qui minent notre vivre-ensemble. Le Président Diomaye Faye incarne cette volonté de rassemblement et d’unité », a-t-il affirmé. Le ministre a ainsi appelé les différentes forces politiques et sociales à s’inscrire dans une dynamique d’apaisement et de concorde.

Abordant la question de la justice, particulièrement sensible dans le contexte post-électoral, Dr Abdourahmane Diouf a prôné une approche équilibrée entre rigueur et pardon. « Les questions de justice sont importantes, mais il faut aussi savoir pardonner », a-t-il déclaré, tout en précisant que le pardon ne devait pas signifier l’impunité. Il a mis en garde contre toute instrumentalisation de la justice : « La justice ne doit pas être utilisée pour éliminer un Sénégalais au profit d’un autre. »

Dans le même esprit de réconciliation, le leader du parti Awalé a alerté sur la montée inquiétante des discours de haine et des antagonismes politiques. « La haine est présente partout. Il est grand temps de dépasser cela », a-t-il martelé. Pour lui, la stabilité du pays repose sur la capacité des acteurs politiques à s’unir autour de l’essentiel : le Sénégal et son avenir.

C’est dans cette logique que Dr Diouf a proposé la mise en place d’un vaste cadre politique de soutien au Chef de l’État. « Ceux qui étaient dans la coalition Diomaye, Pastef, à Awalé, ou dans d’autres mouvements, ceux qui veulent adhérer, on doit faire un bloc politique autour du président Diomaye », a-t-il suggéré. Ce bloc, selon lui, ne viserait pas à effacer les identités partisanes, mais plutôt à les fédérer dans une grande coalition présidentielle. « Ce bloc peut être une grande convention où chacun garde son autonomie. Awalé reste Awalé, Pastef reste Pastef, ainsi de suite », a-t-il expliqué.

L’objectif, pour le ministre, est clair : consolider l’action du Président de la République et garantir la stabilité politique indispensable au développement du pays. « Ce bloc politique permettra de donner au Chef de l’État une base solide pour conduire les réformes et renforcer l’unité nationale », a-t-il insisté.

En conclusion, Dr Abdourahmane Diouf a lancé un appel solennel au Président Bassirou Diomaye Faye, l’invitant à « assumer pleinement ses responsabilités » pour préserver la paix sociale et l’unité nationale. « Il ne doit pas accepter que le pays sombre dans la division, ni cautionner une justice des vainqueurs », a-t-il soutenu. Pour lui, sans un véritable règlement des fractures internes, le Sénégal ne pourra ni bâtir une nation forte ni envisager sereinement son développement.

Lansana Gagny Sakho met en garde contre les “sorties clivantes” et appelle à préserver la cohésion gouvernementale

La sortie médiatique du ministre de l’Artisanat, Dr Abdourahmane Diouf, ce dimanche sur la RTS, continue de susciter des réactions au sein de la majorité. En appelant à « faire bloc derrière le président Bassirou Diomaye Faye », le ministre a visiblement ravivé certaines tensions latentes au sein de la coalition au pouvoir. Parmi les voix qui se sont élevées pour exprimer leurs réserves figure celle du président du Conseil d’administration de l’APIX, Dr Lansana Gagny Sakho.

Dans une note rendue publique ce week-end, le PCA a tenu à mettre en garde la classe politique contre des « prises de parole clivantes et nuisibles » à la cohésion gouvernementale. Selon lui, ces déclarations intempestives risquent d’affaiblir la dynamique d’unité et de rassemblement impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir.

« Les sorties ministérielles maladroites, provocatrices ou inutilement clivantes troublent l’élan de rassemblement initié par le chef de l’État », a dénoncé Dr Sakho, qui appelle à un sursaut de responsabilité dans un contexte marqué, selon ses termes, par « des attentes immenses et des équilibres fragiles ». Pour le PCA de l’APIX, le moment exige de la retenue et un sens élevé de la discipline : « Ces déclarations, loin d’apaiser, alimentent les suspicions et fragilisent l’unité gouvernementale. La cohésion doit rester le seul dénominateur commun du nouveau régime. »

S’adressant directement au parti Pastef, Dr Sakho l’exhorte à demeurer fidèle à sa vocation première : « refonder le Sénégal dans la rigueur, la loyauté et la cohérence ». Il met en garde contre « les tentatives de division, parfois déguisées en analyses politiques », qui, selon lui, détournent le projet de refondation de sa trajectoire initiale.

L’ancien directeur général de la Senelec rappelle que la force du mouvement Pastef ne repose pas sur des ambitions individuelles, mais sur la vision collective incarnée par le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko. « Ce lien, forgé dans l’épreuve et consolidé par le peuple, ne saurait être affaibli par les calculs de ceux qui rêvent d’une séparation stratégique », affirme-t-il avec fermeté.

Pour Dr Sakho, l’heure est à la responsabilité et à l’unité. Il estime que le projet de transformation nationale porté par le président Faye et son Premier ministre requiert une « unité à toute épreuve » et une « discipline de parole sans faille » au sein de l’appareil d’État.

Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : Jean-Louis Billon félicite Alassane Ouattara et appelle au rassemblement national

Dans un communiqué officiel publié ce dimanche, Jean-Louis Billon, candidat du PDCI-Renaissance à l’élection présidentielle, a adressé ses félicitations au président sortant, Alassane Ouattara, donné largement en tête par les premiers résultats provisoires.

« Je tiens à adresser mes félicitations républicaines au Président de la République, Alassane Ouattara, pour sa victoire annoncée par les premiers résultats que nous avons collectés », a déclaré l’ancien ministre, adoptant un ton d’apaisement et de reconnaissance du verdict des urnes.

Jean-Louis Billon a également salué l’ensemble des autres candidats à cette élection, soulignant leur contribution à la vitalité démocratique du pays. Selon lui, la diversité des candidatures et la qualité du débat électoral témoignent de la maturité politique de la Côte d’Ivoire.

Reconnaissant envers ses partisans, le candidat du PDCI-Renaissance a tenu à exprimer sa gratitude à tous ceux qui l’ont soutenu tout au long de la campagne. « À toutes celles et ceux qui m’ont accordé leur confiance, je veux exprimer ma profonde reconnaissance. Votre engagement et votre foi en une Côte d’Ivoire plus juste resteront le moteur de mon action », a-t-il déclaré avec émotion.

L’ancien ministre du Commerce a également rendu hommage à ses équipes de campagne pour le travail accompli, malgré un contexte électoral intense et compétitif. Il a insisté sur la nécessité, à présent, de tourner la page de la compétition électorale pour se consacrer à l’essentiel : la consolidation de l’unité nationale et le développement du pays.

« La page qui s’ouvre doit être celle du rassemblement, de l’union et du travail collectif pour notre Nation », a conclu Jean-Louis Billon, avant de formuler un vœu de paix et de stabilité pour son pays. Il a souhaité « que vive la Côte d’Ivoire dans la paix, la dignité et l’espérance », invitant l’ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue et la cohésion nationale dans la période post-électorale.

Me El Hadji Amadou Sall dénonce une « dérive autoritaire » dans l’affaire Pape Malick Ndour

L’ancien Garde des Sceaux, Me El Hadji Amadou Sall, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une « tournure inquiétante » dans la gestion du débat public au Sénégal, particulièrement autour de l’affaire Pape Malick Ndour. Invité du Jury du dimanche sur iRadio, l’ancien ministre de la Justice a vivement critiqué la manière dont les autorités gèrent la parole publique et le traitement réservé aux opposants politiques.

« Nous ne faisons pas un concours de bêtises. Qui est le plus bête ? Si c’est ça le sort que les gouvernements réservent à la démocratie et au peuple, alors cela ne vaudra plus la peine », a lancé Me Sall d’un ton ferme. Pour lui, le climat actuel est symptomatique d’une « manière de gouverner qui foule aux pieds les principes démocratiques ». L’avocat estime que le Sénégal s’engage dangereusement sur la voie d’un autoritarisme masqué, où la liberté d’expression est de plus en plus menacée.

Abordant la récente arrestation de Pape Malick Ndour, l’ancien ministre a dénoncé ce qu’il appelle la « judiciarisation du débat politique ». À ses yeux, l’usage abusif de la justice pour museler la parole des citoyens constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales. « Il y a des règles, il y a la loi. Respectons la loi, point. Nous ne pouvons pas accepter que le débat politique se judiciarise, ni qu’une chape de plomb interdise aux citoyens de s’exprimer et d’être irrévérencieux », a-t-il martelé. Revenant sur la libération de l’ancien ministre de la Jeunesse, il a ajouté, non sans ironie : « Ils l’ont libéré, toute honte bue. »

Pour Me Sall, l’irrévérence n’est pas un crime, mais un droit fondamental dans une démocratie. « J’ai le droit d’être irrévérencieux, y compris à l’endroit du Président de la République. Le respect n’exclut pas la critique », a-t-il soutenu. À travers cette déclaration, l’avocat réaffirme le principe selon lequel la liberté d’expression doit inclure le droit à la contestation, voire à la provocation intellectuelle, tant qu’elle reste dans le cadre légal.

L’ancien Garde des Sceaux voit dans la vague d’arrestations et de poursuites contre des opposants ou des voix critiques « l’expression d’une peur du pouvoir ». Selon lui, ces « emprisonnements intempestifs traduisent une crainte, une peur de la vérité », ce qui, dit-il, remet profondément en cause les avancées démocratiques acquises au fil des décennies.

Me El Hadji Amadou Sall met ainsi en garde contre une régression politique et institutionnelle. Pour lui, le Sénégal, longtemps perçu comme un modèle de démocratie en Afrique, risque de compromettre cet héritage en laissant la justice devenir un outil de dissuasion politique. « Si toute personne qui critique se retrouve en prison, c’est qu’on est face à un régime liberticide, un régime qui a peur », a-t-il conclu, dans un appel vibrant à la défense de la liberté d’expression et des principes démocratiques.

Kaolack : la Coalition Diomaye pour un front uni et un développement inclusif

Une rencontre stratégique d’une importance capitale a réuni, ce week-end, les acteurs clés de la Coalition Diomaye dans la région de Kaolack. Placée sous la coordination de M. Aly TOUNKARA, cette session de travail a accueilli M. Fadilou KEITA, membre du cabinet du Président Ousmane SONKO et Directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC). Cet événement marque une étape significative dans la dynamique politique locale.

Placée sous le signe de la concertation et de la mutualisation des efforts, cette rencontre avait pour objectif d’harmoniser les visions et de renforcer les synergies d’action en faveur du développement de Kaolack. Les échanges, particulièrement riches, ont porté sur les orientations politiques nationales et leur déclinaison au niveau régional, ainsi que sur les perspectives de développement socio-économique de la région.

Interrogé sur la substance des discussions, M. Aly TOUNKARA, coordinateur régional de la Coalition, a insisté sur la nécessité d’une coordination optimale :

« Cette rencontre nous a permis d’échanger en profondeur sur la nécessité d’une meilleure coordination de nos actions locales. Il s’agit de créer une synergie efficace entre toutes les forces vives de notre région pour être pleinement au service de nos populations et contribuer activement à la réussite du projet de société porté par Son Excellence le Président Bassirou Diomaye FAYE et le Premier ministre, M. Ousmane SONKO », a-t-il déclaré.

Les débats ont notamment mis l’accent sur le renforcement des alliances au sein de la mouvance présidentielle et sur la consolidation d’un front uni. La contribution spécifique de la région de Kaolack à la mise en œuvre des grandes réformes et initiatives gouvernementales a également occupé une place centrale dans les réflexions.

Dans un esprit d’unité et de responsabilité partagée, tous les participants ont réaffirmé leur engagement indéfectible à œuvrer main dans la main pour la consolidation des actions sur le terrain. La promotion d’un développement inclusif, durable et directement bénéfique aux populations de Kaolack constitue la pierre angulaire de cet engagement collectif.

Cette rencontre illustre la vitalité démocratique et la maturité politique qui animent la Coalition Diomaye à Kaolack. Elle scelle une volonté commune de transformer l’élan national en progrès concrets pour chaque localité de la région.

Affaire Pape Malick Ndour : une nouvelle convocation qui relance l’enquête

L’affaire impliquant l’ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour, prend une tournure inattendue. À peine une semaine après sa remise en liberté, à la suite d’une garde à vue à la Section de Recherches de Colobane, l’ex-membre du gouvernement est de nouveau convoqué ce lundi à 10 heures. Une convocation qui relance le dossier et ravive les interrogations sur la nature exacte des faits qui lui sont reprochés.

Selon des sources proches du dossier, cette nouvelle audition s’inscrit dans le cadre d’un complément d’enquête décidé par les autorités judiciaires. Les investigations portent sur des propos attribués à Pape Malick Ndour, jugés sensibles et susceptibles d’avoir des implications sur la sûreté de l’État. Ces déclarations, dont le contenu précis n’a pas été officiellement rendu public, auraient suscité l’attention des services de sécurité et conduit à son interpellation initiale.

Lors de sa première audition, l’ancien ministre avait catégoriquement nié les accusations portées contre lui. Il avait soutenu n’avoir tenu aucun discours de nature à inciter à la subversion, encore moins à la déstabilisation du pays. Ses proches et ses soutiens politiques avaient salué sa libération comme un signe d’apaisement et de respect du droit, estimant que le dossier ne reposait sur aucun fondement solide.

Cependant, la nouvelle convocation de ce lundi vient tempérer cet optimisme. Elle traduit la volonté manifeste des enquêteurs de creuser davantage certaines zones d’ombre relevées lors de la première audition. D’après les informations recueillies, plusieurs éléments restés flous doivent être clarifiés afin de permettre au parquet de mieux cerner la portée des propos attribués à Pape Malick Ndour et d’évaluer leur impact éventuel sur l’ordre public.

Ce rebondissement survient dans un contexte politique tendu, où plusieurs personnalités publiques et chroniqueurs font l’objet de procédures judiciaires pour des déclarations jugées sensibles. La répétition de ces convocations interroge sur la frontière entre liberté d’expression et atteinte à la sécurité nationale, un débat de plus en plus vif dans l’espace public sénégalais.

Babacar Ba dénonce les pressions sur la justice et appelle au respect de l’État de droit

Babacar Ba, président du Forum du justiciable, s’est exprimé ce dimanche 26 octobre sur PressAfrik TVhd, lors de l’émission Face au jury, au sujet des récentes vagues d’arrestations et d’emprisonnements ciblant des chroniqueurs et des personnalités publiques. Dans une intervention remarquée, il a tenu à rappeler les principes fondamentaux de l’État de droit et à dénoncer certaines pratiques qu’il juge contraires à l’indépendance judiciaire.

Selon M. Ba, « seul le procureur est le maître des poursuites », insistant sur le fait que les décisions d’arrestation ne doivent pas être influencées par des pressions extérieures. Il a pointé du doigt la tendance récente, particulièrement visible sur les réseaux sociaux, où des appels publics réclament l’arrestation de certaines personnes, ce qui, selon lui, constitue une menace pour la justice et ses principes.

Face à ces pressions, Babacar Ba a lancé un appel solennel aux magistrats, les exhortant à « refuser de subir la pression, quelle qu’en soit l’origine ». Il a rappelé que, bien que le parquet relève administrativement du ministère de la Justice, « le magistrat, par essence, doit rester indépendant », soulignant que la Constitution garantit l’indépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis des pouvoirs exécutif et législatif.

Le président du Forum du justiciable a également critiqué le recours excessif à la procédure d’instruction dans des affaires qui relèveraient normalement du flagrant délit. Selon lui, certaines interpellations « ne reposent absolument sur rien, si ce n’est l’intention d’empêcher la personne de s’exprimer ». Il a pris pour exemple le chroniqueur Abdou Nguer, estimant que la mise en instruction de telles affaires « dénature l’objet de l’instruction judiciaire », initialement conçue pour des infractions complexes, telles que les crimes de sang ou les associations de malfaiteurs, susceptibles de donner lieu à de lourdes sanctions. Babacar Ba a insisté : « Envoyer en instruction un Abdou Nguer ou un Badara Gadiaga pour des propos tenus sur un plateau, c’est trahir l’esprit de cette procédure. Ce sont les mêmes méthodes qu’employaient les régimes précédents. »

Le cas de Pape Malick Ndour a également été abordé par M. Ba. Les déclarations de ce dernier, lors d’une manifestation pour la libération de Farba Ngom, avaient été qualifiées « d’atteinte à la sûreté de l’État ». Le président du Forum du justiciable a estimé que cette affaire devait désormais cesser après la mise au point de Pape Malick Ndour. Il a plaidé pour « le respect des droits de la défense », rappelant que dans un État de droit, une convocation doit être notifiée au moins 48 heures à l’avance, et non le jour même.

Sénégal : Théodore Chérif Monteil alerte sur une « dualité de pouvoir » entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

L’annonce par le Premier ministre Ousmane Sonko, ce samedi 25 octobre, de la tenue d’un grand « terra-meeting » le 8 novembre prochain, continue de faire réagir la classe politique sénégalaise. Invité du Grand Jury ce dimanche 26 octobre 2025, l’ancien parlementaire Théodore Chérif Monteil y a vu le signe d’une cohabitation de plus en plus difficile au sommet de l’État. Pour lui, cette initiative traduit une tension grandissante entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son chef du gouvernement.

Selon Théodore Chérif Monteil, cette situation est révélatrice d’une « dualité de pouvoir » qui fragilise la cohérence de l’action publique. « Quand un Premier ministre devient défiant, on le démet. Maintenir une rivalité interne au sommet ne peut qu’avoir des effets négatifs sur la mise en œuvre des politiques publiques », a-t-il affirmé. L’ancien député considère que cette rivalité se traduit aussi bien dans la prise de parole que dans la posture politique des deux hommes. Là où la Présidence cherche à rassurer et à institutionnaliser son discours, Ousmane Sonko, lui, privilégie la proximité et la mobilisation directe du peuple.

Pour Monteil, cette stratégie n’a rien de fortuite. Il décrit le chef du gouvernement comme un « champion de la communication », maîtrisant parfaitement les symboles et les temps médiatiques. « Il mobilise l’attention de tout le monde pour finalement dire autre chose. C’est une stratégie bien rodée », a-t-il observé. L’ancien parlementaire estime que l’annonce du terra-meeting n’a pas uniquement vocation à rassembler la base militante du Pastef, mais vise surtout à rappeler qu’Ousmane Sonko demeure, selon lui, « l’homme politique le plus populaire du Sénégal ».

Théodore Chérif Monteil analyse cette démarche comme une tentative de repositionnement politique à l’approche de la mi-mandat. Le « terra-meeting » du 8 novembre, explique-t-il, servira à réaffirmer la place centrale du Premier ministre dans le débat national et à démontrer qu’aucune décision majeure ne peut être prise sans tenir compte de son influence. « Ce rendez-vous servira à rappeler à tous — majorité comme opposition — qu’on ne peut plus ignorer Sonko dans l’équation politique », a-t-il souligné.

Selon lui, le choix même du terme « terra-meeting » n’est pas anodin. Il s’inscrirait dans la logique d’un transfert symbolique du pouvoir institutionnel vers le pouvoir populaire. « Quand Sonko dit terra-meeting, il renvoie à la tradition des partis révolutionnaires : c’est une manière de dire que le pouvoir ne se limite plus aux institutions, qu’il peut aussi être dans la rue », a-t-il analysé.

Toutefois, Théodore Chérif Monteil met en garde contre les dérives d’une telle approche, qu’il juge potentiellement dangereuse pour la stabilité du pays. « Au Sénégal, le pouvoir n’a jamais été dans la rue. Croire le contraire est une illusion dangereuse. Le peuple élit un président pour gouverner, pas pour être défié à coups de démonstrations populaires », a-t-il averti.

Pour l’ancien député, la situation actuelle reflète davantage une compétition d’influence qu’un réel désaccord institutionnel. Mais il appelle à la prudence et à la responsabilité politique, surtout dans un contexte économique et social marqué par de fortes attentes citoyennes. « Ce dont le Sénégal a besoin aujourd’hui, ce n’est pas d’une compétition d’ego entre le président et son Premier ministre, mais d’une action concertée au service des citoyens », a-t-il insisté.

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara conforte son avance dans les résultats provisoires

La Commission électorale indépendante (CEI) a publié, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, une nouvelle série de résultats provisoires de l’élection présidentielle ivoirienne. Ces chiffres confirment la nette avance du président sortant, Alassane Ouattara, dans de nombreuses régions du pays ainsi qu’au sein de la diaspora, selon le porte-parole de l’institution, Émile Ebrottié.

Cette deuxième vague de résultats couvre plusieurs zones de l’intérieur, notamment les régions du Hambol, du Tchologo, du Gontougo, du Poro, du Gbêkê, du Gôh et du Sud-Comoé, ainsi que des bureaux de vote installés en Grande-Bretagne et en Allemagne. Dans l’ensemble, les tendances montrent une domination quasi totale du candidat du RHDP, particulièrement dans le nord du pays, son fief historique.

Dans les départements de Ferkessédougou et d’Ouangolodougou, les scores d’Alassane Ouattara frôlent le plébiscite, dépassant les 98 % des suffrages exprimés, avec une participation supérieure à 90 %. Dans la région du Hambol, il réalise également des performances impressionnantes, totalisant plus de 85 % à Katiola et jusqu’à 96 % à Niakaramadougou.

Le scénario se répète dans plusieurs autres localités. À Dabakala, Ouattara récolte plus de 92 % des voix, reléguant loin derrière ses principaux concurrents, Jean-Louis Billon, Simone Gbagbo, Ahoua Don Mello et Henriette Lagou. Dans le Gontougo, il s’impose très largement, obtenant 96,14 % à Sandégué, 85,63 % à Tanda et 82,10 % à Transua.

Dans la région du Poro, les scores atteignent des sommets : 97,77 % à Sinématiali et plus de 99 % à Dikodougou. Même dans le sud-est du pays, où la compétition est généralement plus équilibrée, le président sortant confirme sa suprématie. Dans le Sud-Comoé, il obtient 87,62 % à Tiapoum et 89,13 % à Adiaké. À Oumé, dans la région du Gôh, Alassane Ouattara recueille 84,64 % des suffrages exprimés, tandis que ses adversaires peinent à franchir la barre des 5 %.

La tendance favorable au président sortant s’étend également au-delà des frontières ivoiriennes. Les résultats partiels issus de la diaspora indiquent une large victoire du candidat du RHDP, avec 88,72 % des voix en Grande-Bretagne et 82,81 % en Allemagne.

Khelcom Biram : Remise de fournitures scolaires, la commune dégage une enveloppe de 9 millions de F CFA

La commune de Khelcom Biram a procédé, ce week-end, à une cérémonie de remise de fournitures scolaires destinées aux différents établissements de la localité.

Placée sous le signe de la solidarité et du soutien à l’éducation, la cérémonie a réuni les autorités locales, les directeurs d’école, les enseignants, ainsi que de nombreux parents d’élèves.

Cette initiative de la municipalité vise à accompagner les établissements scolaires de la commune en leur fournissant le matériel pédagogique nécessaire au bon déroulement de l’année scolaire 2025-2026.

Dans son allocution, le maire Diarra Alassane Ndao a rappelé que « l’éducation reste une priorité pour Khelcom Biram, car elle constitue le socle du développement local ».

Le maire a précisé que l’ensemble des écoles et des Cases des Tout-Petits ont bénéficié de cet appui, pour un montant global de 9 millions de F CFA. Les deux CODEC que compte la commune, ses vingt écoles élémentaires et plus d’une dizaine de cases ont également été dotés en matériel.

M. Ndao a par ailleurs annoncé qu’il ne briguera pas un nouveau mandat lors des prochaines élections locales, remerciant la population pour la confiance accordée tout au long de son parcours à la tête de la commune.

Les bénéficiaires ont salué ce geste hautement symbolique, qui contribuera à alléger les charges des parents et à améliorer les conditions d’apprentissage des élèves. Les représentants des CODEC ont, pour leur part, exprimé leur gratitude et réaffirmé leur engagement à œuvrer pour la réussite scolaire des enfants de Khelcom Biram.

La Fédération Sénégalaise de Football renforce les ligues régionales avec la mise à disposition prochaine de 14 bus

Le Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football (FSF) s’est réuni ce samedi 25 octobre 2025 pour examiner plusieurs questions liées au fonctionnement de l’institution. À l’ordre du jour figuraient notamment la situation financière, les nominations au sein des instances, la validation des listes des commissions ainsi que les calendriers des compétitions nationales.

Lors de cette rencontre, le président de la FSF, Abdoulaye Fall, a fait une annonce majeure concernant le développement du football local. Il a informé les membres du Comité de la mise à disposition prochaine de quatorze (14) bus destinés aux ligues régionales de football. Cette mesure, qui intervient après plusieurs consultations internes, vise à améliorer les conditions logistiques des structures régionales, souvent confrontées à des difficultés de déplacement pour la participation aux compétitions nationales.

Cependant, le président a précisé que la livraison de ces bus reste conditionnée à la finalisation de certains aspects administratifs avec les autorités compétentes. Une fois ces démarches achevées, les véhicules seront remis officiellement aux différentes ligues régionales.

Cette initiative constitue une bouffée d’oxygène pour les acteurs du football local, qui verront leurs charges de transport sensiblement allégées. Les ligues, souvent contraintes de mobiliser des ressources limitées pour assurer les déplacements de leurs équipes, pourront désormais se concentrer davantage sur la préparation technique et la performance sportive.

Au-delà de l’aspect logistique, cette décision traduit la volonté de la Fédération sénégalaise de football de promouvoir une meilleure équité entre les régions et de renforcer la décentralisation du football national. En dotant les structures régionales de moyens de transport propres, la FSF entend encourager le développement du sport roi dans toutes les zones du pays, conformément à sa politique de soutien et de modernisation du football local.

Kaolack : Soignons l’image du Sénégal, pays de paix et de stabilité

(Par Moussa Fall, président de l’Alliance pour la Promotion du Développement – APRODEL / Suxali Gox.Yi)

Connu pour sa longue tradition démocratique, le Sénégal a traversé diverses crises politiques. C’est justement cette expérience qui a forgé sa maturité démocratique et fait de lui un modèle incontesté en Afrique, avec trois alternances pacifiques au sommet de l’État.

Sous ce rapport, les acteurs politiques comme la société civile doivent comprendre que ces acquis sont irréversibles. Certes, il est indéniable que l’histoire politique du Sénégal est marquée par des périodes de troubles, de violences, d’émeutes — bref, des épisodes douloureux aujourd’hui consignés dans les annales de la vie politique nationale.

Cependant, il convient de rappeler que tous les progrès réalisés depuis 1998 ont été obtenus à la suite de concertations inclusives, réunissant les partis politiques, la société civile, les syndicats et les organisations patronales.

C’est pourquoi nous devons savoir raison garder. Le Sénégal est un peuple résilient, politiquement éveillé et conscient des enjeux géopolitiques qui gouvernent le monde. Les Sénégalais ont consenti d’énormes efforts pour bâtir ce pays, notamment à travers des investissements privés qui ont contribué à sa croissance économique.

Le secteur privé a joué un rôle déterminant dans la création de richesses, tout en accompagnant l’État, qui demeure le principal acteur de l’investissement public. Cette complémentarité entre acteurs publics et privés doit nous inciter à cultiver la paix, préserver nos acquis démocratiques et économiques, et renforcer la cohésion nationale.

À tout prix, nous devons faire en sorte que notre cher Sénégal continue de rayonner dans le monde, en maintenant son leadership et son rôle de locomotive de la démocratie en Afrique.

Kaolack – « Gawane Biniou Bok » : un nouveau souffle citoyen pour des routes plus propres

Né il y a à peine trois semaines, le mouvement « Gawane Biniou Bok » s’est déjà distingué par une action citoyenne exemplaire : le désensablement d’une portion de route dans le quartier populaire de Gawane, à Kaolack.

Grâce à la mobilisation des habitants, cette opération d’entretien et de remise en état a permis d’améliorer l’accessibilité, la sécurité et les conditions de vie dans la localité.

« Dans ce quartier déjà fragilisé par un accès routier difficile, la route principale était devenue impraticable : ensablement fréquent, dégradation des abords… Les habitants vivent des difficultés quotidiennes », a expliqué Ahmeth Koulibaly, membre du mouvement.

Selon lui, les charrettes, les motos et autres moyens de transport peinent à circuler. L’évacuation des ordures par les charrettes et les camions de décharge rencontre également de grandes difficultés. Face à cette situation, les habitants de Gawane lancent un appel pressant à une intervention urgente des autorités locales.

Pour apporter une première réponse à ce problème, les populations, munies de pelles, de râteaux et de brouettes, ont organisé une journée d’assainissement afin de débarrasser leur quartier de ces désagréments.

Le mouvement « Gawane Biniou Bok » a profité de cette initiative pour sensibiliser les habitants sur l’importance de préserver la propreté des routes et de ne pas jeter de matériaux ou de déchets sur la voie publique, un comportement qui favorise l’ensablement et la dégradation des infrastructures.

Présidentielle en Côte d’Ivoire : un scrutin sans suspense et marqué par une faible mobilisation

Les Ivoiriens attendaient ce dimanche la compilation des résultats de l’élection présidentielle tenue la veille dans un climat apaisé, mais sans véritable ferveur populaire ni suspense électoral. Le président sortant, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, faisait figure d’ultra-favori face à des adversaires aux moyens limités et dépourvus du soutien des grands partis politiques.

Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes samedi dans ce pays, premier producteur mondial de cacao et considéré comme un pôle de stabilité au sein d’une Afrique de l’Ouest secouée ces dernières années par des coups d’État et des attaques jihadistes. Si le chiffre officiel de la participation n’a pas encore été communiqué, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a indiqué qu’elle devrait “avoisiner les 50 %”.

Dans plusieurs régions de l’ouest et du sud du pays, bastions traditionnels de l’opposition, les bureaux de vote sont restés largement déserts. À Abidjan, la capitale économique et principal vivier électoral du pays, la participation a également été faible. En revanche, dans le nord, zone historiquement acquise au président Ouattara, les électeurs se sont mobilisés, notamment à Bouaké, la deuxième ville du pays.

Cette disparité géographique du vote illustre, selon certains observateurs, une fracture politique et sociale persistante entre le nord et le sud du pays. “On observe une fracture très claire entre le nord et le sud. Le taux de participation est plus faible qu’annoncé. On peut émettre des doutes sur la légitimité d’un président élu dans ces conditions”, a déclaré à l’AFP Simon Doho, chef de file des députés du PDCI, principal parti d’opposition.

Le leader du PDCI, Tidjane Thiam, n’était pas en lice, tout comme l’ancien président Laurent Gbagbo. Tous deux avaient été écartés du scrutin et radiés des listes électorales : le premier pour des questions de nationalité, le second en raison d’une condamnation pénale. Une large partie de la population ivoirienne s’est ainsi retrouvée sans candidat à soutenir, ouvrant la voie à une probable réélection triomphale d’Alassane Ouattara.

Cette situation rappelle le précédent scrutin présidentiel de 2020, où le chef de l’État avait remporté 94 % des voix, avec une participation légèrement supérieure à 50 %, dans un contexte de boycott massif de l’opposition. Cette année encore, le président sortant faisait face à quatre adversaires, mais aucun ne semblait en mesure de provoquer un second tour, faute de structure politique solide ou de ressources financières suffisantes.

Malgré un déroulement globalement calme, des incidents ont été signalés dans environ 2 % des bureaux de vote, soit quelque 200 lieux, selon un rapport des forces de l’ordre transmis à l’AFP. Des heurts ont notamment éclaté dans certaines localités du sud et de l’ouest du pays. Le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, a toutefois assuré que ces incidents n’avaient eu “aucune incidence majeure sur le déroulement du scrutin”.

Un drame est néanmoins venu assombrir la journée électorale : un adolescent de 13 ans a été tué par un tir provenant d’un véhicule de transport en commun à Grégbeu, dans le centre-ouest du pays, selon une source sécuritaire. Il s’agit du cinquième décès enregistré depuis la mi-octobre dans le cadre du processus électoral.

Pour garantir la sécurité du scrutin, environ 44 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés sur l’ensemble du territoire. Les autorités avaient également interdit les manifestations des opposants inéligibles et procédé à des centaines d’arrestations pour troubles à l’ordre public au cours du mois d’octobre.

Samedi soir, après la fermeture des bureaux de vote, Alassane Ouattara est apparu souriant au siège de son parti, accueilli par les applaudissements d’une poignée de militants, selon un constat de l’AFP. La CEI doit désormais publier les résultats département par département à partir de ce dimanche, avant la proclamation officielle des résultats globaux attendue d’ici lundi.

Tragique accident sur la VDN 3 : un motocycliste perd la vie après avoir percuté un bus stationné sans signalisation

Un drame s’est produit dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre 2025 sur la Voie de Dégagement Nord 3 (VDN 3), à hauteur du Palais de Justice de Dakar. Selon des informations relayées par la plateforme Luttons contre l’indiscipline au Sénégal, un motocycliste a violemment percuté un bus qui était stationné sur la chaussée sans aucune signalisation visible.

D’après les témoins présents sur les lieux, le choc a été d’une extrême violence. Le conducteur de la moto, projeté sur plusieurs mètres après l’impact, a été grièvement blessé. Les sapeurs-pompiers, rapidement dépêchés sur place, ont procédé à son évacuation vers un centre hospitalier. Malheureusement, malgré les soins d’urgence qui lui ont été prodigués, le jeune homme a succombé à ses blessures quelques heures plus tard.

Cet accident tragique relance une fois de plus le débat sur le manque de discipline et de civisme sur les routes sénégalaises, notamment en ce qui concerne le stationnement anarchique des véhicules sur les axes très fréquentés. Plusieurs usagers dénoncent l’absence de signalisation adéquate, souvent à l’origine de drames évitables, surtout la nuit lorsque la visibilité est réduite.

Malade, Ousmane Sonko rassure les Sénégalais mais suscite le scepticisme de Mamoudou Ibra Kane

Le Premier ministre Ousmane Sonko, dont l’état de santé préoccupait depuis plusieurs jours, a pris la parole ce samedi pour rassurer les Sénégalais. Dans sa déclaration, il a affirmé qu’il se portait mieux et qu’il reprendra ses activités gouvernementales dès ce lundi. Cette sortie, très attendue, visait à dissiper les rumeurs persistantes sur une éventuelle incapacité du chef du gouvernement à exercer pleinement ses fonctions.

Cependant, cette tentative de rassurer n’a pas convaincu tout le monde. L’opposant Mamoudou Ibra Kane, président du mouvement Demain, c’est Maintenant, a réagi avec prudence et scepticisme. Dans un message publié sur le réseau social X, il a estimé que la simple déclaration du Premier ministre ne suffisait pas à lever le doute sur son véritable état de santé. Il a ainsi réclamé la publication officielle du bulletin médical d’Ousmane Sonko, au nom de la transparence et de la bonne gouvernance.

« Une telle obligation de bonne gouvernance ne devrait pas être une gêne pour lui et pour le chef de l’État qui l’a nommé au nom des pouvoirs qui lui sont conférés. Ce serait un bon et heureux précédent pour un régime qui prône la rupture et la culture du jub, jubal, jubbanti », a-t-il écrit. Pour Mamoudou Ibra Kane, rendre public l’état de santé d’un haut responsable, surtout du chef du gouvernement, relève du devoir d’exemplarité dans un système démocratique moderne.

L’opposant est allé plus loin, estimant que la déclaration de Sonko elle-même prouvait qu’il « n’est pas en pleine possession de ses capacités physiques ». Il a tout de même reconnu la gravité de la situation nationale et rappelé que, malade ou pas, le Premier ministre et le président de la République Bassirou Diomaye Faye ont la responsabilité de répondre aux urgences du pays.

« En tout cas, il est temps pour le Premier ministre Ousmane Sonko et le président de la République Bassirou Diomaye Faye de mettre fin à la situation de flou institutionnel et de crise économique, financière et sociale dans laquelle le Sénégal est plongé », a-t-il ajouté.

Kaolack – Agriculture : Les Opérateurs Privés Stockeurs saluent l’accompagnement de l’État au secteur agricole

À l’approche de la campagne agricole, le président des opérateurs de la filière agricole de Kaolack, Elhadji Bou Goumbala, a lancé un appel pressant aux producteurs, les exhortant à ne pas mélanger les arachides avec du sable lors de la vente.

« Nous félicitons le gouvernement du Sénégal pour les engagements pris concernant la campagne agricole 2025-2026, dont l’objectif est d’accompagner le monde rural », a déclaré M. Goumbala.

Selon lui, chaque année, l’État du Sénégal débloque plusieurs milliards de francs CFA pour soutenir le secteur agricole.

« Il y a quelques années, l’enveloppe était de 100 milliards, puis 120 milliards. Aujourd’hui, elle a connu une hausse pour atteindre 130 milliards », a-t-il précisé, avant de souligner que ce budget n’a pas encore été voté et que cela se fera en 2026.

M. Goumbala a rappelé que les 120 milliards exécutés au titre de la campagne 2024-2025 ont commencé à être payés depuis un mois aux ayants droit.

« Le gouvernement sait que nous, opérateurs privés, collaborons avec les institutions financières pour contracter des crédits et jouer pleinement notre rôle. Nous contribuons ainsi à fluidifier la commercialisation et à assurer un écoulement rapide de la production », a-t-il expliqué.

Il a également salué les efforts de l’État dans l’acheminement des semences et engrais jusqu’aux points de distribution, tout en reconnaissant que cet appui ne couvre pas totalement les besoins des producteurs.

« Les semences d’arachide tournent autour de 75 000 tonnes, couvrant environ 500 000 hectares. Pourtant, le Sénégal compte près de 3,4 millions d’hectares de zones de production, dont 2,4 millions seulement sont exploités », a-t-il précisé.

Le président des Opérateurs Privés Stockeurs de Kaolack a par ailleurs félicité le gouvernement pour la subvention des engrais :

« Le 6/20-10 coûtait 8 000 F, mais cette année il est à 6 000 F. L’urée, qui valait 15 000 F, est désormais à 10 000 F. »

Grâce à la bonne répartition des premières pluies et à un meilleur accès aux intrants, M. Goumbala se dit optimiste :

« Nous espérons une récolte abondante cette année. Les champs de mil, de maïs et d’arachide présentent de bonnes perspectives. Cette saison pourrait marquer un nouveau souffle pour la production nationale et renforcer la sécurité alimentaire du pays. »

Alors que la campagne de commercialisation de l’arachide s’annonce, M. Goumbala a tiré la sonnette d’alarme face à certaines pratiques qui nuisent à la qualité du produit :

« Nous invitons les paysans à bien sécher et nettoyer leurs arachides avant de les livrer. Le mélange avec du sable rend le produit moins compétitif et entraîne des pertes importantes au moment du pesage. »

L’année précédente, lors de la campagne de commercialisation, les frontières étaient fermées et seule la SONACOS intervenait, avec 150 500 tonnes d’arachide commercialisées pour une valeur de 52 milliards de francs CFA.

« À l’heure où je vous parle, la SONACOS ne doit plus rien à aucun producteur », a-t-il affirmé.

Les opérateurs avaient alors signalé un taux de perte de 3,5 %, tandis que la SONACOS, après son propre tri, avait enregistré une perte de 9 %, soit environ 14 000 tonnes d’impuretés sur un volume total de 150 000 tonnes.

Yoro Dia tacle Ousmane Sonko : « Le téra meeting, une arme de distraction massive »

Le politologue et ancien ministre Yoro Dia a vivement réagi à l’annonce du téra meeting prévue le 8 novembre prochain par le Premier ministre et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko. Dans une publication sur le réseau social X (ancien Twitter), l’universitaire a exprimé une critique acerbe de cette initiative, qu’il qualifie de « distraction massive » dans un contexte national marqué par de fortes attentes économiques et sociales.

« Sonko mène le Sénégal vers une terra incognita. On attend toujours une tera solution sur l’économie que vous avez mise à terre par incompétence. Le tera meeting est une autre arme de distraction massive et de diversion. PM concurrence déloyalement Sanekh. Le temps ne chôme pas », a écrit Yoro Dia, dans un ton mêlant ironie et reproche.

Par ce jeu de mots autour du préfixe « tera », Yoro Dia souligne ce qu’il considère comme un décalage entre la communication politique du chef du gouvernement et la réalité économique du pays. Selon lui, le Premier ministre, au lieu de mobiliser autour d’un grand rassemblement politique, devrait concentrer ses efforts sur la recherche de solutions concrètes à la crise économique, à la cherté de la vie et à la flambée des prix qui affectent les ménages sénégalais.

Cette sortie du politologue intervient quelques heures après l’annonce officielle du téra meeting par Ousmane Sonko, qui a invité ses partisans et sympathisants à une grande mobilisation nationale au parking du stade Léopold Sédar Senghor. Présenté par les partisans du Pastef comme un moment de communion et d’évaluation de l’action gouvernementale après 18 mois de gouvernance, l’événement est perçu par certains observateurs comme une tentative de reconquête du terrain politique face à la montée des critiques sur la gestion de l’État.

En utilisant l’expression « concurrence déloyale avec Sanekh », Yoro Dia fait également référence, sur un ton sarcastique, à la popularité du comédien sénégalais, laissant entendre que Sonko se livrerait davantage à une mise en scène politique qu’à une action gouvernementale sérieuse.

Pape Malick Ndour sort du silence après sa garde à vue : « Je n’ai jamais appelé à l’insurrection »

Convoqué, entendu puis relâché dans la même journée, Pape Malick Ndour a tenu à s’exprimer après son passage, vendredi, à la Section de Recherches de la gendarmerie de Colobane. Le coordonnateur national des cadres républicains, également responsable de l’Alliance pour la République (APR), a publié un texte sur sa page Facebook pour revenir sur les circonstances de sa convocation et clarifier le sens de ses propos.

Selon l’ancien ministre de la Jeunesse, c’est aux alentours de 14h30 qu’il a été informé de sa convocation. Malgré un emploi du temps chargé et ce qu’il décrit comme des « contraintes objectives », il affirme avoir pris la décision de répondre à l’appel des gendarmes, « par respect pour les institutions de notre pays ». Une démarche qu’il dit avoir faite en toute sérénité.

L’audition de Pape Malick Ndour portait sur des déclarations tenues lors d’un rassemblement politique organisé en soutien à Farba Ngom, figure influente de l’APR. Ses propos, jugés par certains comme un appel à la révolte, avaient suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux et dans la presse. Face aux enquêteurs, le responsable politique a tenu à rétablir les faits. « J’ai tenu à clarifier ma position : je n’ai en aucun moment appelé à l’insurrection, ni au soulèvement », a-t-il affirmé, tout en réitérant son attachement profond « à la légalité et aux principes républicains ».

Pape Malick Ndour dit avoir apprécié la courtoisie et le professionnalisme des enquêteurs de la Section de Recherches. Après plusieurs heures d’audition, il a été remis en liberté le même jour, sans poursuite immédiate annoncée.

Dans sa déclaration, l’ancien ministre a également exprimé son regret face à la tournure prise par cette affaire. « Je suis désolé que mes propos aient suscité une polémique inutile, alimentée par certains, souvent au détriment de la mesure et du fair-play », a-t-il déploré.

Cette mise au point vise, selon lui, à mettre fin aux interprétations malveillantes autour de son discours, qu’il qualifie d’« engagement loyal pour la démocratie et la stabilité du pays ».

Babacar Fall critique Ousmane Sonko pour son silence face à la crise sanitaire

Alors que le Premier ministre et leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, a annoncé ce samedi 25 octobre 2025 la tenue d’un grand meeting national prévu le 8 novembre prochain, la réaction du journaliste Babacar Fall, rédacteur en chef à la RFM, ne s’est pas fait attendre. Ce dernier a dénoncé le fait que le chef du gouvernement ait préféré se concentrer sur un événement politique plutôt que de s’exprimer sur la situation sanitaire alarmante que traverse actuellement le Sénégal, frappé par la fièvre de la vallée du Rift, une épidémie ayant déjà causé 28 décès à travers le pays.

Lors de sa déclaration retransmise en direct, Ousmane Sonko a invité les militants et sympathisants de son parti à une vaste mobilisation patriotique. Il a fixé le lieu du rassemblement au parking du stade Léopold Sédar Senghor, symbole historique des grandes manifestations politiques au Sénégal. « Le samedi 8 novembre 2025, un grand meeting pour le Pastef. Du meeting de la Place de l’Obélisque à celui de Keur Massar, celui-ci devrait être un rendez-vous inédit au Sénégal, aussi bien dans l’organisation, la mobilisation que dans le fond des discussions », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a présenté cette initiative comme un moment fort de communion nationale et d’engagement citoyen. Il a insisté sur la portée politique et symbolique de la date choisie, affirmant : « J’appelle tous les Patriotes à se mobiliser massivement. Il y aura un avant 8 novembre, un pendant 8 novembre et un après 8 novembre. » Une manière, selon lui, de signifier que cette journée pourrait constituer un tournant majeur dans la trajectoire politique du pays.

Mais cette sortie du Premier ministre n’a pas fait l’unanimité. Dans son émission d’actualité sur la RFM, Babacar Fall a vivement critiqué la démarche du chef du gouvernement. Pour le journaliste, Ousmane Sonko aurait dû profiter de cette tribune pour rassurer la population sur la gestion de la crise sanitaire en cours. « Ousmane Sonko devait au moins parler d’abord de l’épidémie de la vallée du Rift et des 28 décès déjà enregistrés », a-t-il fustigé à l’antenne, déplorant un manque de sens des priorités dans la communication gouvernementale.

Babacar Fall a rappelé que la fièvre de la vallée du Rift, une zoonose transmise par les moustiques et touchant à la fois les humains et le bétail, inquiète profondément les populations rurales comme urbaines. Il estime que, face à une telle urgence, le devoir de transparence et de pédagogie de la part du gouvernement devrait primer sur les considérations politiques. « Le Premier ministre ne peut pas rester silencieux pendant que des familles pleurent leurs proches et que des éleveurs voient leur cheptel décimé », a-t-il ajouté.

Cette prise de position met en lumière une tension persistante entre la communication politique et la gestion des crises nationales. Alors que le gouvernement s’efforce de maintenir une cohésion autour de ses initiatives politiques, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer une parole forte et des actions concrètes face à la progression de l’épidémie.

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