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Présidentielle en Côte d’Ivoire : un scrutin sans suspense et marqué par une faible mobilisation

Les Ivoiriens attendaient ce dimanche la compilation des résultats de l’élection présidentielle tenue la veille dans un climat apaisé, mais sans véritable ferveur populaire ni suspense électoral. Le président sortant, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011, faisait figure d’ultra-favori face à des adversaires aux moyens limités et dépourvus du soutien des grands partis politiques.

Près de neuf millions d’électeurs étaient appelés aux urnes samedi dans ce pays, premier producteur mondial de cacao et considéré comme un pôle de stabilité au sein d’une Afrique de l’Ouest secouée ces dernières années par des coups d’État et des attaques jihadistes. Si le chiffre officiel de la participation n’a pas encore été communiqué, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Ibrahime Kuibiert Coulibaly, a indiqué qu’elle devrait “avoisiner les 50 %”.

Dans plusieurs régions de l’ouest et du sud du pays, bastions traditionnels de l’opposition, les bureaux de vote sont restés largement déserts. À Abidjan, la capitale économique et principal vivier électoral du pays, la participation a également été faible. En revanche, dans le nord, zone historiquement acquise au président Ouattara, les électeurs se sont mobilisés, notamment à Bouaké, la deuxième ville du pays.

Cette disparité géographique du vote illustre, selon certains observateurs, une fracture politique et sociale persistante entre le nord et le sud du pays. “On observe une fracture très claire entre le nord et le sud. Le taux de participation est plus faible qu’annoncé. On peut émettre des doutes sur la légitimité d’un président élu dans ces conditions”, a déclaré à l’AFP Simon Doho, chef de file des députés du PDCI, principal parti d’opposition.

Le leader du PDCI, Tidjane Thiam, n’était pas en lice, tout comme l’ancien président Laurent Gbagbo. Tous deux avaient été écartés du scrutin et radiés des listes électorales : le premier pour des questions de nationalité, le second en raison d’une condamnation pénale. Une large partie de la population ivoirienne s’est ainsi retrouvée sans candidat à soutenir, ouvrant la voie à une probable réélection triomphale d’Alassane Ouattara.

Cette situation rappelle le précédent scrutin présidentiel de 2020, où le chef de l’État avait remporté 94 % des voix, avec une participation légèrement supérieure à 50 %, dans un contexte de boycott massif de l’opposition. Cette année encore, le président sortant faisait face à quatre adversaires, mais aucun ne semblait en mesure de provoquer un second tour, faute de structure politique solide ou de ressources financières suffisantes.

Malgré un déroulement globalement calme, des incidents ont été signalés dans environ 2 % des bureaux de vote, soit quelque 200 lieux, selon un rapport des forces de l’ordre transmis à l’AFP. Des heurts ont notamment éclaté dans certaines localités du sud et de l’ouest du pays. Le ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé, a toutefois assuré que ces incidents n’avaient eu “aucune incidence majeure sur le déroulement du scrutin”.

Un drame est néanmoins venu assombrir la journée électorale : un adolescent de 13 ans a été tué par un tir provenant d’un véhicule de transport en commun à Grégbeu, dans le centre-ouest du pays, selon une source sécuritaire. Il s’agit du cinquième décès enregistré depuis la mi-octobre dans le cadre du processus électoral.

Pour garantir la sécurité du scrutin, environ 44 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés sur l’ensemble du territoire. Les autorités avaient également interdit les manifestations des opposants inéligibles et procédé à des centaines d’arrestations pour troubles à l’ordre public au cours du mois d’octobre.

Samedi soir, après la fermeture des bureaux de vote, Alassane Ouattara est apparu souriant au siège de son parti, accueilli par les applaudissements d’une poignée de militants, selon un constat de l’AFP. La CEI doit désormais publier les résultats département par département à partir de ce dimanche, avant la proclamation officielle des résultats globaux attendue d’ici lundi.


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