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Politique

Bakhao Fall sur les tensions au sein du gouvernement : « Le Pastef a été rattrapé par la réalité du pouvoir »

Bakhao Fall, président du mouvement « Convergence citoyenne pour l’Esprit et l’Intérêt du Djolof » et allié déclaré du Pastef, a livré une lecture sans détour des tensions qui traversent la coalition au pouvoir. Invité ce mercredi 16 juillet 2025 sur le plateau de l’émission Midikeng de PressAfrik TV, il a estimé que le Pastef fait aujourd’hui face à l’inévitable épreuve de l’exercice du pouvoir, après avoir suscité une immense attente populaire durant ses années de combat dans l’opposition.

Selon lui, le parcours du parti d’Ousmane Sonko illustre les contradictions inhérentes à la conquête démocratique du pouvoir. « Au moment de la conquête, nous faisons des promesses, allant jusqu’à promettre la lune. Mais une fois au pouvoir, rattrapés par la réalité, nous nous rendons compte qu’il y a une différence entre ce que nous disions dans l’opposition et la manière dont nous voulons gérer le pays », a souligné Bakhao Fall, non sans saluer la détermination des principaux leaders du Pastef. « Ils aiment le pays. Ils ont fait rêver la jeunesse et le peuple, mais tout cela, c’était dans l’opposition », a-t-il rappelé.

Pour l’allié du Pastef, les difficultés actuelles sont la conséquence d’un scénario politique inédit au Sénégal : l’accession à la présidence d’un « second », Bassirou Diomaye Faye, tandis que le leader naturel du parti, Ousmane Sonko, a pris la tête du gouvernement. « Ce n’est pas ce que nous avions l’habitude de voir. D’ordinaire, le président de la République est aussi le chef du parti au pouvoir. Ici, le Premier ministre est resté le leader incontesté, celui qui tient les rênes politiques », a-t-il noté, en soulignant qu’une telle configuration peut alimenter des rivalités et des crispations.

Interrogé sur les dernières sorties médiatiques d’Ousmane Sonko, notamment après la décision de la Cour suprême qui a cassé son rabat d’arrêt contre Mame Mbaye Niang, Bakhao Fall estime que le Premier ministre s’est exprimé sous le coup de la frustration. « Il ne faut pas oublier que Sonko est quelqu’un qui ne mâche pas ses mots, c’est ce qui faisait sa force dans l’opposition. Mais une fois Premier ministre, il ne peut plus s’exprimer comme avant », a-t-il prévenu. Selon lui, la posture institutionnelle oblige à davantage de retenue : « Quand vous parlez, vous ne parlez plus pour votre modeste personne, mais pour la République ».

Bakhao Fall s’est aussi interrogé sur le discours du président Bassirou Diomaye Faye appelant à « libérer la justice » lors de la remise des conclusions du dialogue national. Il a rappelé que dans un précédent entretien, le chef de l’État avait déclaré que « le peuple peut faire pression sur la justice », ce qui, selon lui, révèle des contradictions dans la ligne de conduite de l’exécutif. « Il y a des écarts dans leur langage par moments. C’est le signe qu’ils ont été rattrapés par la réalité du pouvoir », a-t-il conclu, en appelant les nouvelles autorités à faire preuve de pédagogie et à mesurer leurs responsabilités au sommet de l’État.


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