Le leader du mouvement politique Sénégal Bi Nu Bokk, Barthélémy Dias, s’est montré particulièrement critique à l’égard des récentes annonces du Premier ministre concernant une baisse des prix de l’électricité prévue en 2026. Dans des propos rapportés par le journal L’As, l’ancien maire de Dakar a qualifié cette promesse de « démagogique » et d’« irréaliste », estimant qu’elle ne repose sur aucune base économique sérieuse.
Lors d’un point de presse tenu hier, Barthélémy Dias a déclaré que « la promesse de faire baisser les prix de l’électricité, du gaz, du pétrole et des produits pétroliers est techniquement improbable ». Il a jugé cette annonce « insensée », soulignant qu’elle n’était appuyée par « aucune rationalité économique ». L’opposant s’est interrogé sur la faisabilité de ce projet, rappelant que plusieurs promesses gouvernementales demeurent sans concrétisation. « Où en est-on avec la promesse de mettre fin aux importations de gaz en 2026 ? Les infrastructures nationales sont-elles prêtes ? Les réseaux gaziers pour l’exploitation existent-ils ? », a-t-il lancé.
Barthélémy Dias a exhorté le gouvernement à accélérer la mise en place des oléoducs afin de permettre une réelle baisse des prix de l’énergie. Il a regretté que « les ménages sénégalais continuent de payer leur gaz plus cher qu’à Abidjan ou à Lomé », et dénoncé « les tarifs du carburant, parmi les plus élevés de la zone UEMOA ». Une situation qu’il a qualifiée d’« aberrante pour un pays producteur de gaz et de pétrole ».
Mais au-delà de la question énergétique, le leader de Sénégal Bi Nu Bokk a insisté sur la profondeur de la crise que traverse le pays, qu’il considère comme « à la fois budgétaire et morale ». Selon lui, le gouvernement pratique une politique de « rétention d’informations », notamment sur la situation de la dette publique. « Le gouvernement parle de dette cachée mais refuse toujours de publier un rapport clair sur la dette nationale », a-t-il affirmé dans les colonnes de L’As. Il a également interpellé les autorités sur le manque de transparence : « À ce stade, je demande aux autorités de publier les rapports comme le stipulent les textes. Où en est-on avec le rapport de l’Inspection générale des finances, celui de la Cour des comptes et celui du cabinet Mazars ? On nous parle de dette cachée, mais qu’en est-il des rapports cachés ? », a-t-il fustigé.
Barthélémy Dias n’a pas épargné non plus les institutions financières internationales. Il a appelé Kristalina Georgieva, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), à faire preuve de « retenue » et de « respect envers le peuple sénégalais » lorsqu’elle se prononce sur la situation économique du pays. Selon lui, il est dangereux d’accorder du crédit à des déclarations officielles qu’il juge « tronquées » ou « incomplètes ».
Face à ce qu’il qualifie de « politique d’illusions », l’opposant appelle à une mobilisation citoyenne et pacifique. Il a invité les Sénégalais à rejoindre le mouvement “Rappel à l’ordre”, qui prévoit une marche le 8 novembre, ainsi que la manifestation du 31 octobre organisée par la plateforme Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDDR).