Lors de sa dernière sortie médiatique, le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, s’est exprimé avec franchise sur plusieurs sujets majeurs touchant à la gouvernance, à la stabilité politique, à la justice et à la situation économique du pays. Un discours lucide, marqué par un appel à l’unité, à la paix et à la responsabilité.
Dès l’entame de son intervention, le président a tenu à rappeler que le Sénégal reste un pays stable, sans complexe face aux autres nations. Toutefois, il a souligné que la stabilité politique ne saurait être effective sans un climat politique serein, propice à l’investissement et à la confiance.
« Je compte continuer à m’atteler à tout ce qui pourrait apporter la paix dans ce pays et je tends la main à tous ceux qui travaillent en ce sens », a-t-il affirmé, rappelant le passé récent tumultueux que le pays a traversé.
Il insiste : tout écart vis-à-vis de ce cap de stabilité et de cohésion nationale risquerait d’aliéner le soutien des citoyens.
Revenant sur le climat social et politique à son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye a évoqué un pays en proie à une division profonde, jusque dans les foyers.
« On a dit que pour le prochain président, son premier chantier, c’est de réconcilier les Sénégalais », a-t-il rappelé.
Dans cette logique, le président a tenu à maintenir le calendrier des Assises nationales dès le 28 mai, moins de deux mois après sa prestation de serment, avec comme première thématique : la justice. Pour lui, cette institution doit être réformée pour restaurer la confiance des citoyens, mais pas affranchie de tout contrôle.
« Libérer la justice ne signifie pas laisser les juges faire tout ce que bon leur semble », a-t-il précisé, insistant sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements passés sans pour autant tomber dans l’impunité.
Il a également rappelé les 11 mois qu’il a passés en prison, affirmant qu’il ne saurait aujourd’hui cautionner les dérives qu’il a lui-même dénoncées à l’époque.
Le chef de l’État a aussi fait le point sur son récent déplacement aux États-Unis, où il a rencontré des acteurs majeurs de l’économie, notamment la Chambre de commerce américaine. L’objectif : encourager les investissements au Sénégal, créer de l’emploi et trouver des solutions concrètes aux défis économiques.
« Il faut attirer des investisseurs pour régler des problèmes et créer des emplois », a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat international dans un cadre souverain.
Abordant la polémique née des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, le président a tenu à apaiser les inquiétudes en affirmant clairement qu’il n’y a « aucun conflit » entre les deux hommes.
« Le Premier ministre est mon ami. Je vais continuer à me concentrer sur les attentes des Sénégalais. Le seul combat qui vaille, c’est celui contre les difficultés qu’ils endurent », a-t-il insisté.
Le président rappelle que son gouvernement a hérité d’une situation économique complexe, ce qui appelle à un engagement collectif fort autour des principes qui fondent le projet Jub, Jubbal, Jubanti : vérité, réparation, transformation.
En conclusion, Bassirou Diomaye Faye appelle l’ensemble de la classe politique, de l’administration et de la société civile à s’inscrire dans une dynamique de gestion transparente, de renforcement de la souveraineté, de défense des libertés et de préservation des valeurs démocratiques.
« C’est là où les Sénégalais nous attendent », a-t-il dit avec conviction, se plaçant en gardien des intérêts de l’État, mais surtout en président déterminé à incarner une nouvelle ère de rupture et de responsabilité.