Société
Bras de fer entre l’État du Sénégal et Carlyle Aviation Partners autour de quatre avions d’Air Sénégal
-
-
par
Diack
Le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, hausse le ton dans le dossier opposant Air Sénégal au bailleur américain Carlyle Aviation Partners. En marge de l’Université des cadres de Pastef, jeudi dernier, le ministre a exigé le retrait immédiat de quatre avions stationnés sur le tarmac de l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD). À défaut, Carlyle s’expose à une amende d’un milliard de francs CFA par jour de retard.
Le différend trouve son origine dans les contrats de leasing (location avec option d’achat) portant sur deux Airbus A319 et deux A321. Ces appareils avaient été mis à disposition de la compagnie nationale par Carlyle Aviation Partners. Mais face à l’accumulation d’arriérés de paiement par Air Sénégal, le bailleur a fini par reprendre possession des aéronefs.
Au lieu de recouvrer pleinement la propriété des quatre avions, Carlyle a finalement décidé de vendre les deux A319 à Air Sénégal, ouvrant la voie à un nouveau cycle de négociations.
En septembre 2024, Air Sénégal avait proposé 17,952 milliards de francs CFA pour l’acquisition des deux A319. Après plusieurs échanges, la compagnie a revu son offre à la baisse, à 16,269 milliards de francs CFA, en y intégrant la restitution des deux A321 et la déduction de factures contestées, dépôts de garantie et loyers déjà versés depuis début 2025.
Carlyle, de son côté, avait formulé une contre-proposition bien plus élevée : 30,294 milliards de francs CFA. Un montant justifié, selon l’entreprise, par les conditions techniques de restitution des avions ainsi que par le paiement d’un « ticket de sortie anticipée » pour les deux A321.
Face à ce bras de fer, le ministre Yankhoba Diémé affirme avoir refusé la première offre des Américains. Selon lui, Carlyle a fini par accepter de réduire de moitié son prix initial, signe que la partie américaine reste disposée à trouver un compromis.
En attendant, la présence des quatre avions sur le tarmac de l’AIBD est désormais source de tension. « Ils doivent être retirés. Sinon, chaque jour de retard coûtera un milliard de francs CFA », a martelé le ministre.
En savoir plus sur LE DAKAROIS
Subscribe to get the latest posts sent to your email.