Politique
Budget 2026 : les députés alertent sur les retards d’exécution et les faiblesses du suivi des dépenses publiques
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par
Diack
Le rapport général des auditions des ministres sectoriels, élaboré par les commissions permanentes de l’Assemblée nationale dans le cadre de la préparation du Débat d’orientation budgétaire (DOB), met en évidence plusieurs faiblesses dans l’exécution du budget 2026 après les quatre premiers mois de l’année. Si certains ministères affichent des avancées notables, les parlementaires estiment que de nombreuses insuffisances pourraient compromettre l’atteinte des objectifs fixés pour l’exercice en cours et fragiliser la préparation de la future loi de finances 2027.
Au terme des auditions menées avec les différents départements ministériels, les commissions dressent un constat globalement préoccupant. Elles relèvent en premier lieu un manque d’uniformité dans les informations communiquées par les administrations. Les documents transmis aux députés présentent des niveaux de détail et des méthodes de présentation très variables, rendant difficile toute comparaison entre les ministères.
Selon le rapport, certains départements ont présenté les crédits ouverts inscrits au budget, tandis que d’autres se sont limités aux budgets opérationnels, aux prévisions trimestrielles ou encore aux seules lignes consacrées aux projets d’investissement. Cette hétérogénéité complique l’appréciation de la situation réelle des finances publiques et limite la capacité du Parlement à exercer pleinement sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Les commissions parlementaires attirent également l’attention sur la lenteur de l’exécution des investissements publics. Alors qu’à l’issue du premier quadrimestre, le niveau d’exécution devrait normalement avoisiner le tiers des crédits programmés, plusieurs ministères affichent des retards importants dans la réalisation de leurs projets. Cette situation risque, selon les députés, d’affecter la mise en œuvre des politiques publiques ainsi que la réalisation des infrastructures et programmes attendus par les populations.
Le rapport pointe également une faible mobilisation des financements extérieurs. Les dons en capital ainsi que les prêts destinés au financement des projets d’investissement restent largement en deçà des objectifs annuels. Cette faible capacité d’absorption ralentit l’exécution de nombreux programmes structurants et pourrait avoir des répercussions sur le calendrier de plusieurs projets prioritaires.
Les parlementaires dénoncent par ailleurs l’insuffisance des outils de suivi et d’évaluation au sein de certains ministères. Plusieurs départements ne disposent pas de données consolidées permettant de mesurer avec précision l’état d’avancement des projets, les montants effectivement consommés ou encore les résultats obtenus. Pour les commissions, cette faiblesse des systèmes d’information constitue un obstacle majeur à une gestion efficace des ressources publiques.
Le rapport insiste également sur les limites du suivi des performances. Dans plusieurs administrations, les données disponibles renseignent essentiellement sur le niveau des dépenses engagées, sans permettre d’évaluer leur impact concret sur les politiques publiques ni les bénéfices réels pour les citoyens. Les députés estiment qu’une bonne exécution budgétaire ne peut être appréciée uniquement à travers les montants dépensés, mais doit également être mesurée à l’aune des résultats obtenus.
Autre observation formulée par les commissions : certains ministères présentent des taux d’exécution relativement élevés grâce aux dépenses de fonctionnement et aux transferts, tandis que les investissements, considérés comme le principal levier de développement économique et social, enregistrent une progression beaucoup plus lente.
Face à ces constats, les parlementaires formulent plusieurs recommandations en vue d’améliorer la gestion budgétaire. Ils préconisent notamment une harmonisation des documents transmis à l’Assemblée nationale afin de faciliter les comparaisons entre ministères et de renforcer la qualité de l’information budgétaire. Ils plaident également pour un meilleur suivi des projets d’investissement, une accélération de la mobilisation des financements extérieurs ainsi qu’un renforcement des dispositifs de planification, de pilotage et d’évaluation des programmes publics.
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