Economie
Dette publique : le FMI exige un audit international avant toute reprise du programme avec le Sénégal
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par
Diack
Le Fonds monétaire international (FMI) a franchi une nouvelle étape dans son dialogue avec le Sénégal en conditionnant la poursuite de ses négociations avec les autorités à la réalisation d’un audit indépendant de la dette publique par un cabinet international privé. Cette exigence a été formulée mercredi par Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, lors d’une conférence de presse consacrée aux relations entre l’institution financière et le Sénégal.
Cette position intervient dans un contexte particulièrement sensible marqué par les révélations liées à l’existence d’une dette non déclarée et par une forte dégradation des indicateurs d’endettement du pays. Le FMI estime qu’un audit externe et indépendant constitue désormais une étape indispensable pour établir la situation exacte des finances publiques et restaurer la confiance des partenaires financiers internationaux.
Malgré cette condition, l’institution de Bretton Woods affirme maintenir un dialogue constant avec les autorités sénégalaises. Julie Kozack a indiqué que les échanges techniques se poursuivent afin de parvenir à une compréhension commune des perspectives macroéconomiques du pays, de ses besoins de financement et des réformes prioritaires à mettre en œuvre.
Une mission du FMI a récemment séjourné à Dakar afin de poursuivre les discussions avec les responsables gouvernementaux. Au cours de cette visite, les experts de l’institution ont examiné les mesures déjà engagées par les autorités pour corriger les insuffisances mises en lumière par l’affaire de la dette cachée.
Le Fonds a notamment salué plusieurs initiatives entreprises par le gouvernement, parmi lesquelles le renforcement de la gestion des finances publiques, l’amélioration des mécanismes de gouvernance budgétaire ainsi que la création d’un dispositif destiné à centraliser la gestion de la dette publique. Ces réformes sont considérées comme des avancées importantes dans le processus de redressement des finances de l’État.
Le FMI reconnaît également les progrès réalisés grâce aux audits déjà effectués et aux réformes institutionnelles engagées depuis plusieurs mois. Toutefois, ces efforts demeurent insuffisants pour permettre la reprise normale du programme financier entre le Sénégal et l’institution.
Afin de rétablir pleinement la crédibilité des comptes publics, le Fonds recommande désormais plusieurs mesures complémentaires. Parmi elles figurent la réalisation d’un audit indépendant confié à un cabinet international privé, un examen exhaustif des arrêtés de paiement ainsi qu’un renforcement des dispositifs de contrôle budgétaire et de surveillance des finances publiques.
Julie Kozack a souligné que ces mesures supplémentaires bénéficient du soutien total du FMI et qu’elles sont jugées essentielles pour renforcer la transparence et la fiabilité des données budgétaires du Sénégal.
Cette exigence intervient alors que le niveau d’endettement du pays suscite de vives inquiétudes. Selon les estimations disponibles, la dette publique du Sénégal aurait atteint près de 132 % du produit intérieur brut à la fin de l’année 2024, plaçant le pays parmi les États les plus endettés de la sous-région.
Malgré cette situation préoccupante, le FMI relève que le Sénégal continue d’honorer ses engagements financiers et demeure à jour dans le remboursement de sa dette. L’institution considère toutefois que la clarification complète de la situation budgétaire et l’amélioration des mécanismes de contrôle constituent des préalables indispensables à la poursuite du partenariat financier avec le pays.
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