Société
Campagne agricole 2026-2027 : polémique autour des statistiques d’engrais annoncées par les autorités
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par
Diack
La visite du ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, aux Industries Chimiques du Sénégal (ICS) continue de susciter des débats au sein du secteur agricole. Alors que les autorités annoncent une disponibilité de plus de 125 000 tonnes d’engrais pour la prochaine campagne, la plateforme Aar Sunu Momel remet en cause ces données et appelle à une clarification urgente.
Des chiffres jugés « non conformes aux besoins réels »
Selon le ministre, le pays disposerait de volumes suffisants d’intrants, notamment 125 000 tonnes d’engrais (NPK et DAP), auxquelles s’ajoutent 18 000 tonnes d’urée et plus de 30 000 tonnes en cours d’acheminement.
Cependant, pour la plateforme Aar Sunu Momel, ces estimations ne reflètent pas les besoins réels du secteur agricole. Elle rappelle que, l’année précédente, environ 825 000 hectares avaient été emblavés, avec une moyenne de 150 kg d’engrais par hectare pour l’arachide, soit près de 123 750 tonnes pour cette seule culture, sans compter les autres spéculations.
« Des incohérences dans les projections », selon Bassirou Ba
Le président de la plateforme, Bassirou Ba, estime que les chiffres avancés par les autorités manquent de cohérence.
« Si l’on se base sur les superficies annoncées d’un million d’hectares pour la prochaine campagne et sur une norme d’utilisation de 150 kg par hectare, les besoins réels dépassent largement les volumes communiqués », a-t-il déclaré.
Selon lui, les données officielles ne prennent pas suffisamment en compte la diversité des cultures, telles que le maïs, le mil ou le riz, qui nécessitent également des quantités importantes d’engrais.
Des interrogations sur la transparence et la planification
La plateforme s’interroge également sur la provenance exacte des engrais annoncés et sur la capacité réelle du système d’approvisionnement à couvrir l’ensemble des besoins.
Bassirou Ba souligne que, l’année dernière, l’État avait réceptionné environ 132 000 tonnes de NPK et 10 000 tonnes de DAP, soit un total de 142 000 tonnes, un niveau supérieur à celui annoncé pour la prochaine campagne, malgré une ambition d’extension des superficies cultivées.
Le gouvernement met en avant la souveraineté agricole
Face à ces critiques, le ministère de l’Agriculture insiste sur une stratégie fondée sur l’anticipation des besoins, la sécurisation des stocks et le renforcement de la production locale à travers les ICS.
Les autorités misent également sur la réduction progressive de la dépendance aux importations et sur le développement d’intrants locaux afin de soutenir durablement la fertilité des sols.
Un climat d’attente à l’approche de l’hivernage
À quelques mois du lancement de la campagne agricole 2026-2027, les positions restent divergentes entre les autorités et les organisations paysannes. Tandis que le gouvernement assure avoir pris les dispositions nécessaires, Aar Sunu Momel appelle à davantage de transparence afin de rassurer les producteurs et d’éviter toute tension sur la disponibilité des intrants.
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