L’Association Aar Sunu Momel (ASM) a publié une note d’analyse consacrée à la campagne arachidière 2025-2026, dans laquelle elle dénonce d’importantes pertes financières qui seraient subies par les producteurs de la filière.
Selon le document rendu public, la production nationale d’arachide est estimée à 969 000 tonnes. L’organisation indique que l’État a mobilisé un budget global de 130 milliards de FCFA pour la campagne agricole 2025-2026, dont près de 77,3 milliards de FCFA auraient été consacrés à la subvention de la filière arachidière, soit environ 59 % de l’enveloppe totale allouée au secteur agricole.
L’association attire également l’attention sur la qualité des semences distribuées aux producteurs. Elle estime qu’une partie des volumes mis à disposition contiendrait du sable, des déchets et diverses impuretés. Sur les 72 000 tonnes de semences distribuées, l’ASM avance que 15 840 tonnes seraient constituées de résidus non productifs, occasionnant, selon ses calculs, un important manque à gagner pour les agriculteurs.
Concernant la commercialisation, l’organisation s’interroge sur les écarts constatés entre la production annoncée et les volumes officiellement collectés. D’après les chiffres qu’elle avance, sur les 969 000 tonnes produites, seulement 265 145 tonnes auraient été collectées à travers les circuits formels, laissant plus de 703 000 tonnes en dehors du circuit officiel de commercialisation.
Le président de l’association, Bassirou Ba, a également pointé du doigt la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS), dénonçant ce qu’il qualifie de « Tong-Tong de la SONACOS ». Selon lui, l’entreprise aurait retenu 79,82 FCFA par kilogramme sur les revenus des producteurs. En ajoutant à ce montant la subvention de 80 FCFA par kilogramme accordée par l’État à la SONACOS, il estime que le préjudice total supporté par les producteurs atteindrait 159,82 FCFA par kilogramme.
Face à cette situation, Aar Sunu Momel appelle les autorités à renforcer la transparence dans la gestion des subventions agricoles, à améliorer le contrôle de la qualité des semences et à mieux protéger les intérêts économiques des producteurs. L’organisation demande également l’ouverture d’un audit de l’ensemble des projets et programmes du ministère de l’Agriculture couvrant la période allant de 2024 à nos jours.
Par ailleurs, le mouvement s’est prononcé sur l’affaire des milliards présumés impliquant l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Dans un communiqué, Aar Sunu Momel exige que toute la lumière soit faite sur ce dossier qui suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Pour l’organisation, la transparence dans la gestion des ressources publiques constitue une exigence démocratique fondamentale. Elle appelle la justice ainsi que les organes de contrôle compétents à mener des investigations approfondies et à communiquer de manière claire sur les conclusions de leurs enquêtes.
« Les choses doivent être claires pour tous », affirme le mouvement, qui réitère son engagement en faveur de la bonne gouvernance, de la reddition des comptes et de la préservation des deniers publics.