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Affaire du terrain de Ngaparou : Aziz Ndiaye et Awa Baldé livrent deux versions opposées devant le tribunal

Le tribunal correctionnel de Dakar a examiné ce jeudi le différend opposant l’homme d’affaires Aziz Ndiaye à Awa Baldé autour de la vente d’un terrain de plus de 7.000 mètres carrés situé à Ngaparou. Au cœur des débats : le montant réel de la transaction, les engagements supposés pris entre les deux parties et la qualification juridique des faits dénoncés par la plaignante.

À la barre, Awa Baldé a maintenu que la vente du terrain ne portait pas sur les 50 millions de francs CFA mentionnés dans l’acte de cession, mais sur un montant global dépassant 120 millions de francs CFA, auquel devait s’ajouter la remise d’une villa clé en main dans le cadre d’un projet immobilier.

Selon la plaignante, elle aurait accepté que le contrat officiel fasse apparaître un montant inférieur à la somme réellement convenue. Elle affirme avoir agi à la demande d’Aziz Ndiaye, qui lui aurait expliqué que cette démarche permettrait de réduire certains frais liés à la transaction.

Awa Baldé soutient n’avoir finalement perçu qu’environ 37 millions de francs CFA et n’avoir jamais reçu la villa qui lui aurait été promise. Estimant avoir été victime d’une tromperie, elle a d’abord saisi les autorités judiciaires en visant Aziz Ndiaye ainsi qu’Élimane Lam.

Une enquête a été ouverte par la Division des investigations criminelles avant que le dossier ne soit classé sans suite par le Pool judiciaire financier. Refusant cette issue, la plaignante a décidé d’engager une citation directe devant le tribunal correctionnel de Dakar.

Face aux accusations, Aziz Ndiaye a fermement rejeté toute intention frauduleuse. L’administrateur de la société Aziz Business Company a expliqué que c’est Awa Baldé elle-même qui lui aurait proposé l’acquisition du terrain.

Selon lui, la transaction a été librement négociée et conclue pour un montant de 50 millions de francs CFA, somme qui aurait été intégralement versée. Il a également indiqué avoir supporté les frais de mutation du terrain.

Le prévenu a précisé que le bien appartenait initialement à l’ex-époux de la plaignante et que cette dernière ne disposait que d’une procuration lui permettant de procéder à la vente. Il a également soutenu que le terrain, acheté quelques années auparavant pour environ 11 millions de francs CFA, ne présentait pas à l’époque la valeur qu’il possède aujourd’hui.

Aziz Ndiaye a déclaré n’avoir jamais entendu parler d’un accord portant sur 120 ou 125 millions de francs CFA avant le dépôt de la plainte devant le Pool judiciaire financier. Il a également nié avoir promis une villa à la vendeuse.

Revenant sur les circonstances de la transaction, Awa Baldé a insisté sur la relation de confiance qui l’unissait à l’homme d’affaires. Elle a affirmé considérer Aziz Ndiaye comme un grand frère et avoir accepté certaines modalités de la vente en raison des liens personnels qui existaient entre eux.

Elle a expliqué que la vente du terrain devait lui permettre de faire face à plusieurs urgences familiales, notamment la prise en charge médicale de sa mère malade. Selon elle, les difficultés sont apparues après la signature des documents, lorsqu’elle a tenté d’obtenir le versement des sommes promises.

La plaignante a également indiqué disposer de messages téléphoniques susceptibles, selon elle, de confirmer ses déclarations. Elle a affirmé que le prévenu aurait tenté de la convaincre de modifier sa position.

Les avocats de la partie civile ont insisté sur la notion de confiance trahie. Ils estiment que leur cliente aurait été victime de manœuvres ayant permis de lui faire signer un acte ne reflétant pas les véritables engagements pris entre les parties.

La défense a demandé qu’une expertise soit réalisée afin d’évaluer la valeur réelle du terrain en 2018. Les conseils d’Awa Baldé considèrent qu’une telle mesure permettrait de déterminer si la venderesse a effectivement subi un préjudice financier.

Ils ont également sollicité la condamnation du prévenu ainsi que l’allocation de 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts.

En réponse, les avocats d’Aziz Ndiaye ont soutenu qu’il ne s’agissait nullement d’une affaire pénale, mais d’un simple différend contractuel relevant du droit civil. Ils ont produit plusieurs documents, notamment des décharges signées par la plaignante, attestant selon eux du paiement intégral du prix convenu.

La défense a également soulevé la prescription des faits, rappelant que la transaction remonte à l’année 2018 alors que la procédure judiciaire n’a été engagée qu’en 2025.

Les conseils du prévenu estiment que la plaignante regrette aujourd’hui la vente du terrain en raison de la forte valorisation du site après les investissements réalisés dans la zone de Ngaparou.

Pour eux, aucun élément du dossier ne permet de démontrer l’existence de manœuvres frauduleuses préalables ou concomitantes à la signature du contrat, condition indispensable à la caractérisation du délit d’escroquerie.

Les avocats d’Aziz Ndiaye ont ainsi demandé la relaxe de leur client et sollicité la condamnation de la partie civile pour constitution abusive de partie civile, réclamant à ce titre la somme de 10 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts.


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