Société
CAN 2026 : Cheikh Mahi Niass appelle au calme et à la préservation des liens spirituels entre le Sénégal et le Maroc
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par
Diack
Face aux tensions apparues en marge de la finale de la CAN 2026 au Maroc, Cheikh Mahi Niass Khalife général de la Fayda Tijaniya et président de l’Union islamique africaine, est sorti de sa réserve pour lancer un appel solennel à l’apaisement. Dans un communiqué officiel daté du 9 février, le guide religieux invite les supporters à la retenue et plaide pour la libération des ressortissants sénégalais interpellés à la suite des incidents survenus en marge de la rencontre.
Dans son message, le Khalife met en avant la profondeur des relations historiques et spirituelles qui unissent le Sénégal et le Maroc. Selon lui, ces liens dépassent largement le cadre des relations diplomatiques contemporaines. Ils s’enracinent dans une histoire religieuse partagée, structurée autour de la confrérie tidjane, dont l’influence relie depuis des générations les grandes capitales spirituelles et culturelles des deux pays, de Dakar à Fès en passant par Rabat. Cette communauté de foi, consolidée par des siècles d’échanges religieux et intellectuels, constitue un socle solide que des tensions circonstancielles ne sauraient fragiliser.
La Fayda Tijaniya, héritière de l’enseignement de Cheikh Onrahima Niass, a joué un rôle central dans le raffermissement des relations religieuses et culturelles entre Dakar et Rabat. À travers les visites régulières de délégations religieuses, les ziaras et les séjours de formation dans les grandes institutions islamiques marocaines, une proximité constante s’est maintenue entre les communautés tidjanes des deux rives. Cette dynamique spirituelle a contribué à forger un espace sénégalo-marocain marqué par la fraternité, le respect et la coopération.
Dans son communiqué, Cheikh Mahi Niass rappelle que « la qualité de cette relation ne saurait être entachée par la passion pour le sport ». Il souligne que si le football suscite un enthousiasme légitime, il ne doit en aucun cas devenir un facteur de division ou d’hostilité entre des peuples liés par une histoire commune. Il appelle ainsi les supporters des deux nations à faire preuve de responsabilité, de maturité et de discipline, afin que l’esprit sportif ne soit pas dévoyé par des comportements regrettables.
Au-delà de l’appel symbolique, le Khalife salue la réactivité des autorités sénégalaises et marocaines, qui ont rapidement engagé des démarches politiques et diplomatiques pour désamorcer les tensions. Il note également l’implication des autorités religieuses dans la recherche d’une issue apaisée. Cette convergence d’initiatives, à la fois étatiques et spirituelles, illustre selon lui la pertinence d’une diplomatie complémentaire, où les guides religieux peuvent jouer un rôle d’interface et de médiation dans les moments de crispation.
L’intervention de Cheikh Mahi Niass confirme, une fois de plus, la place structurante des autorités confrériques dans la stabilité sociale au Sénégal et dans la préservation des relations bilatérales avec des partenaires historiques comme le Maroc. Dans un contexte régional marqué par des sensibilités accrues autour des grandes compétitions sportives, son appel rappelle que la fraternité spirituelle et la solidarité entre peuples doivent primer sur les émotions passagères.
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