Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana, a mis en avant les résultats du Programme de développement économique de la Casamance (PDEC), qu’il considère comme l’un des principaux instruments de mise en œuvre de la territorialisation des politiques publiques au Sénégal. Selon lui, les performances enregistrées par ce programme démontrent qu’un développement équilibré du pays passe par un renforcement des capacités des collectivités territoriales et une meilleure valorisation des potentialités locales.
S’exprimant à l’occasion d’une présentation du programme, le ministre a indiqué que le PDEC a déjà permis d’accompagner plus de 60 collectivités territoriales de la région naturelle de la Casamance dans la réalisation de projets de développement. Il a également précisé que près de la moitié des 300 kilomètres de routes prévus dans le cadre du programme ont déjà été réalisés, contribuant ainsi à améliorer la mobilité des populations, à désenclaver plusieurs localités rurales et à faciliter les échanges économiques.
Moussa Balla Fofana a également annoncé un renforcement significatif des ressources financières allouées au programme. Initialement financé à hauteur d’environ 40 millions d’euros, le PDEC bénéficie désormais d’une phase additionnelle négociée avec la Banque mondiale, portant son enveloppe globale à 85 millions d’euros, soit près de 50 milliards de francs CFA.
Cette augmentation du financement permettra d’élargir les interventions du programme dans plusieurs secteurs prioritaires. Les nouvelles ressources seront notamment consacrées au renforcement de la gouvernance locale, à la réalisation d’infrastructures sanitaires et éducatives, à l’accompagnement des acteurs économiques, au développement des activités génératrices de revenus ainsi qu’à l’amélioration de la mobilité dans les zones rurales.
Le ministre a insisté sur le fait que cette nouvelle orientation traduit la volonté des autorités de promouvoir un développement plus équilibré entre les différentes régions du Sénégal. Selon lui, la croissance économique ne peut plus être pensée uniquement à partir de Dakar, mais doit s’appuyer sur les potentialités propres à chaque territoire.
« Le développement du Sénégal ne doit plus être concentré à Dakar. Chaque pôle territorial doit pouvoir définir sa propre stratégie, identifier ses priorités et porter des projets structurants capables de créer de la richesse et de l’emploi », a déclaré Moussa Balla Fofana.
Le ministre a également appelé à dépasser les débats centrés exclusivement sur l’endettement public pour mettre davantage l’accent sur les mécanismes de création de richesses. « Le plus important, ce n’est pas le débat sur la dette, c’est le débat sur la création de richesses », a-t-il affirmé, estimant que les investissements dans les territoires constituent une réponse durable aux défis du développement.
Pour y parvenir, il a plaidé en faveur d’une plus grande confiance accordée aux collectivités territoriales, aux jeunes, aux femmes ainsi qu’aux investisseurs privés. Selon lui, ces acteurs disposent des capacités nécessaires pour impulser une dynamique économique locale, à condition de bénéficier d’un environnement favorable et d’un accompagnement adapté.