Scandale des prêts-Fongip : Une mafia démantelée par la Section de Recherches

Un vaste réseau de détournement de prêts garantis par l’État a été mis au jour par la Section de recherches (Sr) de la gendarmerie de Dakar. L’affaire, révélée par le journal Libération, implique une mafia bien structurée qui a détourné des financements destinés à soutenir l’entreprenariat des jeunes dans le cadre du programme « Xëyu Ndaw Yi », piloté en partenariat avec le Fonds de garantie des investissements prioritaires (Fongip) et le Crédit mutuel du Sénégal (Cms).

Tout est parti d’une plainte déposée par l’Union des caisses du Crédit mutuel du Sénégal (Uccms), qui avait signé avec le Fongip une convention visant à faciliter l’accès au crédit pour les jeunes porteurs de projets. Mais derrière cette noble intention, certains individus ont mis en place un système mafieux basé sur l’utilisation de prête-noms.

Ces derniers, souvent issus de milieux vulnérables, remettaient leurs pièces d’identité sans se douter qu’un prêt serait contracté en leur nom. Dans plusieurs cas, ils ignoraient tout du montage et ne touchaient que des sommes dérisoires, alors que les montants perçus atteignaient des millions.

Au cœur du réseau, Abdou Mati Seck a fini par passer aux aveux, détaillant aux gendarmes le fonctionnement de cette fraude. Il utilisait des personnes de son entourage — y compris sa propre mère — comme prête-noms, après avoir collecté leurs documents d’identité. Une fois les fonds disponibles, il les accompagnait au retrait, avant de récupérer l’intégralité de la somme.

L’un des témoins, utilisé comme prête-nom, raconte : « À la sortie de l’agence, j’ai remis tout l’argent à Abdou Mati Seck. Ce n’est que plus tard, en audition, que j’ai appris qu’il avait perçu une commission de 6 millions de Fcfa ».

Le système a été étendu à d’autres complices, dont Ndèye Sarr, Marèma Niang et Ndoumbé Seck. Ces dernières ont confirmé, lors de leurs auditions, avoir remis des documents et participé au retrait des fonds, sans en percevoir la majeure partie. Les enquêteurs ont établi que ces « bénéficiaires » recevaient souvent entre 30.000 et 250.000 Fcfa, tandis que les organisateurs empochaient plusieurs millions.

Ndèye Sarr, par exemple, a avoué n’avoir perçu que 250.000 Fcfa sur un prêt de 3,6 millions contracté à son nom. Les fonds ont ensuite été remis à Ndiaw Kane, autre figure centrale de ce réseau, identifié comme l’homme-clé des signatures frauduleuses.

Convoqué par les enquêteurs, Ndiaw Kane a tenté de se dédouaner en désignant un autre complice présumé, El Hadji Dia, agent comptable à l’Université Assane Seck de Ziguinchor. Mais les réquisitions téléphoniques contredisent ses affirmations. Les relevés démontrent clairement sa présence à proximité des agences lors de plusieurs opérations frauduleuses.

L’enquête a révélé que ces manipulations de prêts se faisaient au détriment du programme étatique « Xëyu Ndaw Yi », conçu pour soutenir l’entreprenariat des jeunes. Selon les termes de la convention signée en 2021 entre le Fongip et le Cms, les financements devaient être octroyés dans le respect des normes bancaires, avec une possibilité pour le Cms de se rembourser via la garantie fournie par le Fongip en cas de défaut de paiement.

Or, les prêts accordés à des prête-noms, sans projet réel, ont été systématiquement détournés, les vrais bénéficiaires étant absents des dossiers.

À la suite de l’enquête de la Sr, Abdou Mati Seck, Ndiaw Kane, Ndèye Sarr, Marèma Niang et Ndoumbé Seck ont été déférés au parquet de Dakar. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, escroquerie, complicité d’escroquerie et détournement de fonds publics.

Kaolack / Justice : Le coordonnateur du mouvement Aar Sunu Projet convoqué puis placé en garde à vue

Pape Simakha, coordonnateur national du mouvement Aar Sunu Projet et allié de la coalition Pastef, a été convoqué ce mardi 18 juin 2025 à 11h à la brigade de gendarmerie de Kaolack.

Selon des sources proches du dossier, cette convocation fait suite à une plainte déposée par Madame Tall Mamy Mbow, première adjointe au maire de la ville. Si les motifs précis n’ont pas été officiellement communiqués dans un premier temps, l’on apprend que Pape Simakha a été placé en garde à vue pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles.

Affaire à suivre.

Sénégal : les travailleurs de la justice en grève de 48 heures à partir du 18 juin

Le secteur de la Justice va connaître de fortes perturbations. Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (SYTJUST) a annoncé ce mardi le déclenchement d’une grève de 48 heures, prévue les mercredi 18 et jeudi 19 juin 2025. Ce mouvement intervient après plusieurs mois d’attente infructueuse, selon le syndicat, qui fustige l’inaction du gouvernement face à des revendications jugées légitimes.

Dans un communiqué transmis à la presse, le SYTJUST exige l’alignement de tous les greffiers à la hiérarchie A2, conformément aux engagements antérieurs, ainsi que le reclassement automatique des agents des hiérarchies B et C ayant au moins cinq ans d’ancienneté dans le corps des greffiers, sans exigence de formation préalable.

Le syndicat rappelle avoir observé une trêve sociale de 14 mois, depuis le 22 mars 2024, espérant une réponse favorable des nouvelles autorités installées après la dernière alternance politique. Mais cette patience, souligne-t-il, n’a rencontré « aucune avancée notable ».

« Le statu quo est devenu insupportable. L’attitude attentiste des autorités trahit un manque de volonté politique flagrant », déplore le communiqué du SYTJUST, qui ajoute que les agents sont aujourd’hui contraints à la grève « pour obtenir le respect de droits pourtant consacrés par les textes en vigueur ».

Le préavis de grève, déposé depuis le 7 février 2025, incluait déjà ces doléances. Le syndicat regrette qu’aucune négociation sérieuse n’ait été engagée depuis lors, malgré les alertes répétées sur les risques de paralysie du service public de la justice.

Tout en réaffirmant sa disponibilité au dialogue, le SYTJUST prévient : « Nous ne transigerons pas sur la dignité professionnelle et les acquis statutaires des travailleurs de la justice ». Le bras de fer semble désormais engagé.

Affaire des chèques volés : le principal suspect dénonce une « pratique courante » au Trésor public

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais connaît un tournant décisif. Mansour Kane, contrôleur du Trésor et considéré par les enquêteurs comme le cerveau présumé du réseau de fraude, a livré des aveux explosifs lors de son audition, remettant en question l’intégrité même du système de gestion financière de l’État.

Incarcéré dans une autre affaire de faux chèque de 400 millions FCFA, Kane est cité par plusieurs transitaires dans la procédure en cours. Parmi eux, Abdoulaye Ba de Niany Transit l’accuse de lui avoir remis un chèque frauduleux d’un montant de 547,643 millions FCFA, moyennant une commission de 12 %. Une accusation que Kane nie catégoriquement. Toutefois, il ne rejette pas toute implication dans le vaste réseau de détournement mis au jour par la Division des investigations criminelles (DIC).

Dans un témoignage consigné par L’Observateur, le contrôleur du Trésor fait tomber les masques. Il admet avoir « exploité une faille » dans le système, tout en soulignant qu’il n’était ni le premier, ni le seul à le faire. « Je ne suis pas la seule personne à proposer ce deal. D’autres réseaux opéraient comme moi. Mais comme je suis le premier en prison, on me fait porter toute l’affaire », a-t-il confié aux enquêteurs. Selon lui, le trafic de chèques volés était loin d’être un fait isolé : « C’était une pratique courante au Trésor. Beaucoup d’autres personnes faisaient la même chose. »

Plus grave encore, Kane accuse indirectement certains services internes de complicité passive, voire active. Il attire notamment l’attention sur les dysfonctionnements des services chargés du rapprochement comptable entre les écritures. « Les enquêteurs doivent vérifier les services qui font le rapprochement entre les comptables. Normalement, si un solde n’est pas soldé, l’écart doit apparaître et être régularisé. Mais chaque année, des gens s’arrangent pour rendre artificiellement les soldes nuls, sans régularisation réelle », a-t-il déclaré.

Mansour Kane dit assumer sa part de responsabilité : « Lors de mon arrestation, j’ai expliqué mon mode opératoire. J’ai exploité une faille, mais je ne protégerai personne. La vérité doit sortir. » Cependant, il refuse de citer d’autres noms, se contentant de suggérer que les pratiques incriminées étaient profondément ancrées dans les rouages du Trésor. « Je ne ferai pas d’accusations gratuites. Mais une chose est sûre : cette pratique existait bien avant moi. »

Ces déclarations jettent une lumière crue sur un système potentiellement gangrené, où les mécanismes de contrôle semblent défaillants et où la fraude aurait pu prospérer pendant plusieurs années, sous le regard complice ou négligent de certains agents.

L’affaire, qui implique déjà plusieurs transitaires et commerçants, est loin d’avoir livré tous ses secrets. Le parquet financier a ordonné des investigations supplémentaires pour démêler l’étendue du réseau, remonter la chaîne des responsabilités et déterminer l’éventuelle implication de hauts fonctionnaires du ministère des Finances.

Affaire des chèques volés au Trésor : des aveux accablants et le cerveau présumé passe aux aveux partiels

Le scandale des chèques volés au Trésor public sénégalais prend une nouvelle tournure explosive, avec des révélations qui mettent à nu une vaste fraude impliquant transitaires, commerçants et fonctionnaires. Alors que l’enquête se poursuit à la Division des investigations criminelles (DIC), plusieurs acteurs mis en cause dans cette affaire ont commencé à coopérer, allant jusqu’à reconnaître les faits et à rembourser une partie des fonds détournés.

Selon des informations rapportées par le journal Libération, plusieurs transitaires, parmi lesquels Mamadou Ly, gérant de Médina Transit, ont fait des aveux jugés accablants par les enquêteurs. Ce dernier a reconnu avoir reçu deux chèques d’un montant cumulé de plus d’1,3 milliard de FCFA des mains de son voisin, Pape Galaye Thiaw, un commerçant de téléphones. Il affirme avoir versé à ce dernier une commission de 10%, tout en prétendant ne pas connaître l’origine frauduleuse des chèques.

Même scénario du côté de Lamine Ba, responsable de Touba Darou Salam Transit, qui a admis avoir encaissé des chèques totalisant plus de 1,4 milliard FCFA, également fournis par le même Pape Galaye Thiaw. Ce dernier, aujourd’hui introuvable, est présenté comme un simple exécutant. Selon les témoignages recueillis, il serait trop peu structuré pour avoir lui-même orchestré le vol des chèques, ce qui laisse entrevoir l’existence d’un réseau plus vaste et mieux organisé.

Les investigations ont rapidement mené vers Mansour Kane, un contrôleur du Trésor déjà incarcéré dans une autre affaire de faux chèque portant sur 400 millions FCFA. Plusieurs transitaires l’ont directement désigné comme étant au cœur du système. L’un d’eux, Abdoulaye Ba, de Niany Transit, a déclaré avoir reçu de lui un chèque de 547 millions FCFA moyennant une commission de 12%.

Extrait de prison pour être confronté à ces accusations, Mansour Kane a d’abord tout nié, avant de finir par reconnaître, face aux éléments présentés, avoir remis deux chèques à Ahmed Tidiane Nam et Ramatoulaye Fall. Il a cependant rejeté toute implication dans les autres cas, estimant qu’on cherche à faire de lui le bouc émissaire d’un système plus complexe : « J’ai exploité une faille du système, mais comme je suis le premier à avoir été arrêté, on veut tout me faire endosser », a-t-il déclaré lors de son audition.

Ces confessions ont conduit le parquet financier à demander l’élargissement des investigations. Les enquêteurs cherchent désormais à remonter la chaîne, pour déterminer l’ampleur exacte de la fraude et identifier les autres complices, notamment au sein de l’administration du Trésor.

Ce scandale met en lumière la vulnérabilité des mécanismes de contrôle dans la gestion des fonds publics et pose, une nouvelle fois, la question de la transparence et de la responsabilité dans les finances de l’État. Le public reste suspendu à l’évolution de cette affaire tentaculaire, dont les ramifications pourraient secouer davantage les institutions concernées.

Scandale foncier du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye : l’enquête s’accélère, plusieurs anciens hauts responsables placés sous bracelet électronique

L’affaire du scandale foncier lié à la construction du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure décisive. Selon des révélations du journal Libération, plusieurs anciens hauts responsables de l’administration sénégalaise ont été placés sous bracelet électronique dans le cadre de l’enquête menée par la commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Parmi les personnalités ciblées figurent Mame Boye Diao, ex-directeur des Domaines, Abdoulaye Sy, ancien directeur administratif et financier (DAGE) du ministère de la Justice, Daouda Diallo, ex-chef du bureau des Domaines, ainsi qu’un ancien chef du Cadastre. Ces anciens hauts fonctionnaires sont désormais soumis à un contrôle judiciaire strict, alors que les investigations se poursuivent autour des malversations présumées ayant entaché l’attribution du terrain destiné à l’édification du Palais de Justice.

Un mandat d’amener a en outre été lancé contre Mamadou Gueye, un autre ancien directeur des Domaines, actuellement introuvable et soupçonné d’avoir quitté le territoire national. Son implication dans l’affaire serait jugée centrale par les enquêteurs.

Ces développements surviennent dans la continuité de l’examen de la liste des 26 agents du ministère de la Justice, identifiés très tôt dans l’enquête comme potentiellement impliqués. Ce fichier interne, devenu une pièce maîtresse du dossier, alimente les soupçons sur une vaste opération de spoliation foncière orchestrée à plusieurs niveaux de l’appareil étatique.

Le dossier du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye, qui aurait dû symboliser un renforcement de l’infrastructure judiciaire dans la banlieue dakaroise, risque désormais de devenir un emblème du détournement de biens publics. Ce scandale met en lumière les failles profondes dans la gestion du patrimoine foncier de l’État, un secteur souvent critiqué pour son opacité et ses collusions politico-administratives.

Alors que les autorités judiciaires continuent de dérouler l’écheveau de ce dossier sensible, les regards se tournent vers les institutions de contrôle et de régulation pour qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la moralisation de la gestion publique. Ce nouveau coup de filet est perçu par une partie de l’opinion comme un signal fort envoyé par la justice sénégalaise, déterminée à rompre avec l’impunité longtemps associée aux crimes économiques et financiers.

À suivre…

Scandale du terrain du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye : Vague d’inculpations au sommet de l’ancien régime

L’affaire du terrain destiné à la construction du palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure judiciaire spectaculaire. Plusieurs anciens hauts responsables de l’État, dont l’ex-ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall, sont désormais dans le viseur de la Haute cour de justice. D’après les révélations du quotidien Libération, l’instruction menée par la commission compétente a déjà abouti à une série d’inculpations et de placements sous bracelet électronique.

Ancien garde des Sceaux sous le régime de Macky Sall, Ismaïla Madior Fall est poursuivi pour corruption dans le cadre de ce dossier foncier controversé. La justice l’a inculpé et placé sous bracelet électronique, mesure alternative à la détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir facilité ou couvert des pratiques illicites lors de l’attribution du terrain litigieux.

Dans la même affaire, l’entrepreneur Cheikh Guèye, impliqué dans l’exécution du projet, et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice, ont également été mis sous bracelet électronique. Ces mesures confirment la gravité des soupçons pesant sur les modalités d’attribution et de gestion du terrain destiné à accueillir la future infrastructure judiciaire.

L’affaire s’élargit avec l’inculpation de quatre autres figures de l’ancien appareil étatique. Selon Libération, il s’agit de :

Mame Boye Diao, ex-directeur général des Domaines, Abdoulaye Sy, ancien directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE) du ministère de la Justice, L’ancien chef du bureau des Domaines de Guédiawaye, Et l’ancien chef du bureau du Cadastre de la même localité.

Ces derniers sont tous placés sous contrôle judiciaire, avec bracelet électronique.

La commission d’instruction a par ailleurs émis un mandat d’amener à l’encontre de Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous Macky Sall, qui se trouverait actuellement à l’étranger. La Division des investigations criminelles (DIC) a été saisie pour procéder à son interpellation et organiser son retour au pays afin qu’il réponde à la justice.

Cette affaire intervient dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption et la reddition des comptes engagée par le nouveau régime. Elle met à nu de potentielles pratiques frauduleuses au plus haut niveau de l’administration foncière et judiciaire du pays. Le traitement de ce dossier sera observé de près, tant par l’opinion publique que par les acteurs de la société civile, qui réclament une gestion rigoureuse et impartiale des affaires d’État.

Affaire du terrain du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye : Mame Boye Diao, Abdoulaye Sy et Cie placés sous bracelet électronique

Le dossier explosif relatif à l’assiette fiscale du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye, dans la banlieue dakaroise, continue de faire tomber des têtes. Après l’inculpation de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, de nouvelles personnalités viennent d’être mises en cause par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice.

Selon les informations du journal Libération dans son édition du mardi 17 juin, Mame Boye Diao, ancien directeur des Domaines, a été inculpé pour corruption présumée et placé sous bracelet électronique. Une mesure identique a été prononcée contre Abdoulaye Sy, ex-directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE) au ministère de la Justice, ainsi que contre d’anciens responsables des bureaux des Domaines et du Cadastre de Guédiawaye.

Toujours dans le cadre de cette affaire, un mandat d’amener a été émis contre Mamadou Guèye, dernier directeur des Domaines sous le régime de Macky Sall, actuellement à l’étranger. Sa traque a été confiée à la Direction de l’Investigation Criminelle (DIC), chargée de son interpellation.

Pour rappel, deux autres mis en cause — l’entrepreneur Cheikh Guèye et Mohamed Anas El Bachir, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice — avaient été initialement placés sous mandat de dépôt avant de bénéficier eux aussi d’un placement sous bracelet électronique.

Affaire NSIA-Senelec : Plus de 2 milliards prélevés sur les comptes de la société nationale, la garantie contestée devant la justice

Un scandale financier secoue actuellement la Senelec, la société nationale d’électricité du Sénégal. Selon des révélations exclusives du quotidien Libération, la banque NSIA a prélevé plus de 2 milliards de francs CFA sur les comptes de Senelec, en application d’une garantie controversée accordée en 2020 au Comité sénégalais pour la sécurité des usagers de l’électricité (Cossuel).

Les faits remontent au 29 septembre 2020, lorsque l’ancienne direction de la Senelec a signé un document engageant la société nationale comme garante à première demande auprès de la NSIA Banque. Cette garantie, référencée sous le numéro Nbs/Corp/Ds/290922020, concernait un financement de 3,3 milliards FCFA destiné à soutenir les activités de contrôle et de certification des installations électriques domestiques et publiques lancées par le Cossuel.

Toutefois, selon les informations obtenues par Libération, le Cossuel n’aurait pas respecté ses engagements contractuels vis-à-vis de la banque, ce qui a conduit la NSIA à activer la garantie. Par conséquent, la banque a directement ponctionné les comptes de la Senelec pour un montant total de 2 206 682 747 FCFA au 10 avril 2025, incluant les appels à garantie et les commissions associées.

Cette situation inattendue a pris la nouvelle direction générale de la Senelec au dépourvu. Constatant ce qu’elle qualifie de « bombe à retardement » financière, elle a décidé de réagir en saisissant la justice. Une sommation-assignation a été déposée devant le tribunal de Commerce de Dakar, demandant l’annulation pure et simple de cette garantie. La Senelec réclame également le remboursement intégral des sommes prélevées, arguant que l’engagement pris par son ancienne direction est nul et de nul effet.

Cette affaire, qui oppose aujourd’hui la société publique à la banque NSIA, soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des garanties financières et la responsabilité des anciens dirigeants dans la signature de contrats engageant lourdement les finances publiques. Le litige est désormais entre les mains de la justice commerciale, qui devra trancher sur la validité de cette garantie et le sort des fonds prélevés.

Justice : Guy Marius Sagna relaxé dans l’affaire qui l’opposait au général Moussa Fall

C’est un tournant judiciaire qui marque un soulagement pour Guy Marius Sagna. La chambre correctionnelle de la Cour d’appel a rendu, ce lundi, son verdict dans l’affaire opposant l’activiste et député à l’ancien Haut commandant de la Gendarmerie nationale, le général Moussa Fall. Statuant sur l’appel interjeté par M. Sagna, la juridiction a infirmé la décision rendue en première instance et prononcé la relaxe pure et simple du parlementaire.

En 2023, Guy Marius Sagna avait été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 200.000 FCFA, après avoir passé dix jours en détention provisoire. Une sentence prononcée suite à des propos jugés diffamatoires à l’encontre du général Moussa Fall. Le député avait immédiatement fait appel, dénonçant une décision injuste.

Ce lundi, la justice a estimé que les faits ne constituaient pas une infraction, lavant ainsi Guy Marius Sagna de toute accusation. L’activiste s’est réjoui de cette issue favorable via une publication sur sa page Facebook. « Aujourd’hui, la chambre correctionnelle a infirmé le jugement. Statuant à nouveau, la justice a décidé la relaxe, c’est-à-dire : le tribunal m’a déclaré non coupable des accusations du général Moussa Fall », a-t-il écrit.

Guy Marius Sagna a profité de cette décision pour rendre hommage à ses conseils. Il a salué la mémoire de Me Koureichi Ba, qui l’avait défendu en première instance, évoquant un « géant du barreau sénégalais » disparu. Il a également exprimé sa gratitude envers Me Moussa Sarr, son avocat en appel, dont il a loué la plaidoirie et l’engagement : « un autre géant du barreau sénégalais dont les plaidoiries, savoureux délices, ont été mises au service du peuple sénégalais ».

Arrestation de Moustapha Diakhaté – Reddition des comptes : Alioune Tine fustige les pratiques judiciaires actuelles au Sénégal

Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center et ancien directeur régional d’Amnesty International, est monté au créneau ce dimanche 15 juin, lors de son passage à l’émission Jury du dimanche (JDD). Il y a dénoncé avec vigueur la tournure que prend, selon lui, la justice sénégalaise dans le cadre de la reddition des comptes, en particulier à travers l’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien parlementaire.

Pour M. Tine, l’arrestation de Moustapha Diakhaté pour avoir exprimé ses opinions est non seulement injustifiée, mais symptomatique d’un climat de régression des libertés. « Les propos de Moustapha Diakhaté ne méritent pas l’emprisonnement », a-t-il tranché, rappelant que ce dernier, malgré ses excès verbaux, reste une figure politique singulière qui mérite d’être traitée avec discernement et respect.

« Moi-même, j’ai été victime de ses attaques verbales très violentes, mais ce n’est pas une raison pour vouloir le faire taire par la prison », a-t-il ajouté, tout en condamnant fermement les agressions verbales dans le débat public, que celles-ci viennent du pouvoir ou de l’opposition. « Ces violences verbales sont contraires à l’esprit démocratique », a-t-il insisté.

Mais au-delà du cas Diakhaté, c’est l’approche globale de la politique pénale que l’ancien président de la Raddho remet en question. « C’est le principe même de la politique pénale actuelle qui est en cause. On ne devrait pas humilier les gens. On peut pratiquer la reddition des comptes avec fermeté, mais cela doit se faire dans le respect strict des droits humains », a-t-il martelé.

Alioune Tine estime que la judiciarisation des affaires publiques doit s’affranchir des considérations politiques : « Si on laisse la justice faire son travail de manière indépendante, sans pression politique, les citoyens n’auront pas l’impression d’être ciblés ou humiliés. »

L’expert en droits humains appelle donc à une réforme urgente de la politique pénale, pour aligner son fonctionnement sur les obligations internationales du Sénégal. « Le respect de la dignité humaine doit être au cœur de toute procédure judiciaire », a-t-il plaidé.

Dans un contexte marqué par une volonté affichée du nouveau pouvoir d’assainir la gestion publique à travers la reddition des comptes, Alioune Tine alerte sur les dérives possibles. « On ne peut pas réclamer la justice et en même temps sacrifier les principes fondamentaux des droits humains. C’est une contradiction dangereuse pour notre démocratie », conclut-il.

Abus de confiance à Diourbel : Serigne Sène jugé pour avoir vendu à vil prix les bœufs confiés par son père

Une affaire familiale aux allures de drame moral s’est retrouvée ce jeudi devant le tribunal des flagrants délits de Diourbel. Serigne Sène, poursuivi pour abus de confiance, a comparu pour avoir vendu sans autorisation cinq bœufs appartenant à son père, Ibrahima Sène, âgé de 76 ans. Le tribunal a décidé d’ajourner le prononcé de la peine au 9 octobre prochain, conditionnant sa décision au remboursement intégral de la somme réclamée : 2,5 millions de francs CFA.

Les faits remontent à 2023. Cette année-là, le père confie à son fils aîné cinq bœufs fraîchement acquis. Mais quelques mois plus tard, à la surprise générale, Serigne Sène revend les animaux à un prix dérisoire de 225 000 francs CFA, sans en aviser son père. Ce dernier, apprenant les faits après coup, se sent trahi et réclame la restitution des bêtes ou, à défaut, le remboursement de leur valeur estimée à 2,5 millions de francs CFA.

Une tentative de règlement à l’amiable a été envisagée au sein de la famille, mais elle s’est soldée par un échec. Ibrahima Sène, se disant profondément blessé par ce qu’il qualifie de “trahison”, a alors porté plainte, entraînant l’inculpation de son propre fils et son placement sous mandat de dépôt.

À la barre, devant le juge Saliou Mbengue, Serigne Sène n’a pas nié les faits. Il a reconnu avoir vendu les bœufs et a tenté de justifier son acte en expliquant avoir utilisé l’argent pour acheter d’autres vaches. Se voulant conciliant, il s’est engagé à rembourser intégralement son père. Il a déjà versé un premier acompte d’un million de francs CFA et promet de solder le reste d’ici octobre.

Mais les mots les plus poignants sont venus du père, très affecté : « C’était mon fils jusque-là, mais désormais, Serigne Sène est devenu un étranger à mes yeux. Il a fait preuve d’un total manque de respect envers moi », a-t-il déclaré avec amertume.

Le procureur Papa Khalil Fall a choisi de s’en remettre à l’appréciation du tribunal. Quant aux avocats de la défense, Me Serigne Diongue et Me Cheikh Ngom, ils ont soutenu que les conditions de l’abus de confiance n’étaient pas réunies, plaidant la relaxe de leur client. À défaut, ils ont sollicité une application clémente de la loi.

Reclassement des greffiers : le Sytjust dénonce un sabotage administratif et exige l’application immédiate de la réforme

Malgré un reclassement acté à la hiérarchie A2, les greffiers attendent toujours la concrétisation de cette mesure. Le Syndicat des travailleurs de la Justice monte au créneau et interpelle l’État sur ses engagements.

Le Syndicat des travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse une nouvelle fois le ton. Dans une note explicative rendue publique ce 12 juin 2025, les représentants des greffiers dénoncent un blocage « injustifié » dans l’application de la réforme de leur reclassement à la hiérarchie A2. Alors que cette avancée a été officiellement entérinée, sa mise en œuvre concrète tarde toujours, alimentant frustration et incompréhension au sein du corps des greffiers.

Selon le Sytjust, le reclassement du corps des greffiers de la hiérarchie B2 à A2 ne souffre d’aucune contestation de principe. Il s’agit d’un droit acquis, validé dès 2018 en Conseil des ministres et soutenu par les Assises nationales de la Justice de juin 2024. Pourtant, la réforme peine à se matérialiser dans les bulletins de paie et les actes administratifs, ce qui pousse le syndicat à parler de « paralysie délibérée ».

« Il s’agit d’un ajustement indiciaire automatique, sans condition, pour garantir l’égalité de traitement au sein du même corps », rappelle le syndicat.

« Même travail, même grade, même traitement indiciaire », martèle-t-il, en référence aux principes d’équité institutionnelle.

Dans sa sortie, le Sytjust pointe directement la responsabilité de certains acteurs du ministère de la Fonction publique, accusés de retarder sciemment la réforme en invoquant des arguments jugés « sans fondement juridique ». Parmi ces prétextes figure l’exigence d’une formation préalable pour valider le reclassement, une condition que le syndicat rejette catégoriquement.

« Le diplôme délivré par le Centre de formation judiciaire n’a pas changé, le programme de formation est le même, et le corps des greffiers reste unifié. Subordonner l’alignement à une formation préalable est donc juridiquement infondé », tranche le Sytjust.

Plus qu’une simple dénonciation, le syndicat en appelle désormais à la responsabilité collective de l’exécutif. Il rappelle que le ministre de la Justice a déjà pris ses responsabilités en initiant les projets de décrets nécessaires à l’application de la réforme. Le reste du gouvernement, et en particulier le ministère de la Fonction publique, est invité à faire preuve de solidarité et de cohérence.

Le Sytjust met en garde : tout nouveau retard pourrait nuire gravement à la paix sociale, notamment dans un contexte où le Pacte national de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025, repose sur la confiance mutuelle entre les partenaires sociaux et les pouvoirs publics.

Alors que les greffiers continuent d’assurer un service public essentiel dans les juridictions du pays, leur patience semble atteindre ses limites. L’État est désormais face à ses responsabilités : concrétiser une réforme actée depuis des années ou risquer une nouvelle crise sociale dans un secteur aussi stratégique que la Justice.

Scandale financier au Sénégal : une enquête nationale dévoile des détournements massifs de fonds publics

Sénégal – Une onde de choc secoue la République alors qu’une enquête nationale menée par la Division des investigations criminelles (Dic) révèle les contours d’un scandale financier d’une ampleur inédite. Entre 2019 et mars 2024, plusieurs centaines de milliards de francs CFA se seraient évaporés dans des circuits occultes enracinés au cœur même de l’administration publique. L’Observateur, dans une enquête exclusive, dévoile les premiers noms, les premières auditions et les premières secousses de ce séisme budgétaire.

Point névralgique du dispositif financier de l’État, le Trésor public est désormais au centre des investigations. Deux anciens hauts responsables ont été récemment entendus : Adama Racine Sow, Trésorier général de 2015 à 2020, et Waly Ndour, ex-Trésorier général entre 2008 et 2012, devenu plus tard président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif).

Ces figures, connues pour leur maîtrise des rouages budgétaires, sont interrogées sur l’ouverture irrégulière de 63 comptes bancaires en marge des circuits officiels, sans validation du ministère de tutelle. Ces comptes auraient permis de faire transiter des sommes considérables, loin des mécanismes habituels de contrôle.

Le premier dossier passé au crible concerne les Dépôts à Terme (DAT), des placements de fonds publics censés rester bloqués jusqu’à échéance. Or, les enquêteurs ont découvert des retraits anticipés massifs, pour un total de 141,08 milliards FCFA, sans qu’aucune réintégration dans les comptes de l’État n’ait été effectuée.

La Cour des comptes a rédigé un référé confidentiel signé par son premier président, Mamadou Faye, adressé au ministre de la Justice Ousmane Diagne. Plusieurs hauts responsables politiques y sont nommément cités, dont Amadou Bâ, ex-Premier ministre, Abdoulaye Daouda Diallo, Birima Mangara, et Cheikh Tidiane Diop, ancien directeur général du Trésor.

Autre volet du scandale : les Certificats Nominatifs d’Obligation (CNO), qui cumulent 546,70 milliards FCFA, auxquels s’ajoutent près de 59 milliards d’intérêts. Selon la Cour des comptes, leur gestion a été caractérisée par un manque de traçabilité et l’absence totale d’identification claire des bénéficiaires.

Des personnes morales non identifiées apparaissent dans les flux, suggérant une opacité volontairement entretenue. Les magistrats financiers évoquent une nébuleuse comptable, susceptible de masquer des faits de détournement de fonds, d’enrichissement illicite ou encore de complicité administrative.

Le dossier, encore sous enquête, promet d’ébranler plusieurs sphères de l’appareil d’État, notamment l’ancien ministère des Finances. Il met aussi en lumière les limites des mécanismes de contrôle interne dans la gestion des ressources publiques.

Arrestations politiques : le juge Dème tire à boulets rouges sur la justice sénégalaise

Alors que plusieurs figures publiques – chroniqueurs, activistes et responsables politiques – ont récemment été arrêtées pour leurs prises de parole dans les médias ou pour offense au chef de l’État, la tension monte autour de la question des libertés publiques au Sénégal. Ces interpellations, largement perçues comme une atteinte à la liberté d’expression, suscitent une vague d’indignation dans les rangs de la société civile, des défenseurs des droits humains et de l’opposition politique.

Dans ce contexte, la réaction du magistrat Ibrahima Hamidou Dème, connu pour ses positions critiques sur le fonctionnement de la justice, ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a dénoncé une justice soumise au pouvoir exécutif, remettant en cause l’indépendance réelle des magistrats. « Comment la justice peut-elle devenir indépendante avec des magistrats qui se comportent toujours en préfets judiciaires, prêts à exécuter toutes les commandes de l’exécutif ? », a-t-il interrogé dans une publication qui fait grand bruit.

Ce coup de gueule intervient dans un climat déjà tendu, où les interpellations pour « délits d’opinion » se multiplient. Plusieurs organisations, dont Amnesty International Sénégal et la Raddho, ont récemment appelé à mettre fin à l’instrumentalisation de la justice et à garantir la liberté d’expression, pierre angulaire de tout régime démocratique.

Ama Baldé, son frère et leur neveu recherchés pour violences contre des policiers

Les forces de défense et de sécurité sont activement à la recherche du célèbre lutteur Ama Baldé, de son frère Pathé Baldé, et de leur neveu connu sous le nom de Julo. Le trio est accusé d’avoir agressé des policiers venus procéder à une interpellation à leur domicile familial à Pikine, dans la nuit du 25 mai dernier.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les faits ont éclaté lorsque des agents sont intervenus pour appréhender Julo, soupçonné d’être impliqué dans une affaire de vol. La tentative d’arrestation aurait tourné à l’altercation. Des membres de la famille Baldé se seraient violemment opposés aux policiers, entraînant des échauffourées au cours desquelles un agent a été blessé. Les mis en cause ont ensuite réussi à prendre la fuite avant l’arrivée des renforts.

Depuis cet incident, un dispositif de recherche a été mis en place pour retrouver les suspects. L’affaire a pris une nouvelle tournure lorsque Ama Baldé est apparu dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, semblant être en France au moment de sa déclaration. Cette sortie publique, loin de calmer les tensions, a suscité une vive réaction des autorités.

Face à cette situation, la police a renforcé la surveillance aux frontières terrestres, aériennes et maritimes afin de procéder à l’arrestation des trois hommes dès qu’ils seront localisés. Les forces de sécurité poursuivent également leurs investigations pour déterminer les responsabilités de chacun dans cette affaire.

Ama Baldé, figure populaire de la lutte sénégalaise et membre d’une famille emblématique de Pikine, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un scandale judiciaire qui pourrait entacher sa carrière et son image publique.

Justice : Demba Sarr, l’étudiant escroc repenti, obtient une peine avec sursis après un vol pour financer des paris

L’histoire de Demba Sarr, étudiant et employé dans une quincaillerie, aurait pu virer au drame judiciaire. Mais le jeune homme, jugé ce mercredi pour escroquerie, s’en sort avec une peine clémente : trois mois de prison avec sursis. Un verdict rendu possible grâce au remboursement intégral du préjudice par sa mère.

L’affaire remonte au mois de mai dernier. Demba Sarr se présente dans un point multiservices de Saly Portudal et réussit à abuser de la confiance de la gérante, É. Mendy. Prétextant une mission de son employeur, il lui soutire la somme de 370 000 francs CFA, censée représenter un prêt urgent. Une fois l’argent en main, il s’empresse de tout miser… au pari-foot. Deux mises, d’abord 170 000 puis 200 000 francs. Toutes perdues.

La supercherie est rapidement découverte. Mais dans un geste inhabituel, le jeune homme, aidé de son frère, se rend lui-même au commissariat urbain de Saly Portudal pour avouer son délit. À la barre, il plaide coupable sans détour, exprime ses remords et confie avoir agi sous la pression des préparatifs de la Tabaski, notamment pour s’acheter de nouveaux vêtements.

La sincérité de ses excuses, conjuguée au remboursement de la somme volée par sa mère, a sans doute pesé dans la balance. Le tribunal a ainsi choisi de lui accorder une seconde chance en prononçant une peine avec sursis.

Arrestation de Moustapha Diakhaté : Thierno Bocoum dénonce une dérive autoritaire

La détention de Moustapha Diakhaté pour offense au chef de l’État continue d’alimenter la controverse au Sénégal. L’ancien parlementaire, interpellé après avoir qualifié le protocole présidentiel de « Gougnafier », a reçu le soutien appuyé de Thierno Bocoum, président du mouvement Agir – Alliance générationnelle pour les intérêts de la République.

Réagissant sur les réseaux sociaux à la même photo qui a valu à Diakhaté ses démêlés judiciaires, Thierno Bocoum a critiqué avec virulence l’attitude des autorités. « Donc, selon nos apprentis dictateurs, il faudrait admirer les sourires et se taire ? », a-t-il lancé avec une pointe d’ironie, dénonçant ce qu’il perçoit comme une intolérance croissante à la critique dans l’espace public sénégalais.

L’opposant a poursuivi en interrogeant la légitimité des poursuites : « Une photo ne doit susciter que des éloges, jamais de réflexion ? ». À travers ce commentaire, il fustige une gouvernance qu’il juge obsédée par le contrôle de l’image présidentielle au détriment de la liberté d’expression.

Dans un ton plus direct, Thierno Bocoum a exigé la remise en liberté immédiate de l’ancien député. « Libérez Moustapha Diakhaté et cessez de vous ridiculiser », a-t-il écrit, estimant que l’emprisonnement pour des propos critiques n’a pas sa place dans une démocratie.

Il a conclu par une critique cinglante du pouvoir en place : « Vous êtes censés diriger un pays, pas fuir la critique ». Une déclaration qui s’inscrit dans une vague plus large d’indignation portée par plusieurs voix politiques et de la société civile, appelant à une révision du délit d’offense au chef de l’État, considéré par beaucoup comme un outil de musellement.

Blocage de la revalorisation statutaire des greffiers : le Sytjust dénonce une « fraude administrative »

Le Syndicat des Travailleurs de la Justice (Sytjust) hausse le ton face au blocage persistant de la revalorisation statutaire des greffiers et des assistants de greffe et de parquet. En conférence de presse, Me Aya Boun Malick Diop, Secrétaire général du Sytjust, a dénoncé ce qu’il qualifie de « fraude administrative » et de « sabotage institutionnel inadmissible ».

Selon Me Diop, le blocage remonte à 2018, année au cours de laquelle deux décrets avaient été validés en Conseil des ministres pour revaloriser le statut des greffiers. Toutefois, ces textes auraient ensuite été « remplacés en catimini », sans le consentement du président de la République, par d’autres décrets introduisant des conditions nouvelles qui n’étaient ni prévues ni discutées. Pour le syndicaliste, cette manœuvre constitue une grave entorse à la légalité administrative.

« C’est une substitution illégale de décret par des textes frauduleux. Deux décrets ont été signés à l’insu du chef de l’État, introduisant des dispositions contraires à celles initialement arrêtées », a-t-il affirmé. Il pointe du doigt un groupe de juristes au sein de la fonction publique, accusés de bloquer toute tentative de correction à travers des « avis juridiques sans aucune base légale ».

Me Diop évoque une trahison manifeste de la parole de l’État. Il appelle à une réaction forte du chef de l’État, garant des institutions, face à ce qu’il considère comme une dérive grave : « Le président de la République ne saurait rester silencieux. Ce que réclame le Sytjust, c’est simplement le respect d’une décision gouvernementale. »

Face à ce blocage qui dure depuis six ans, le Sytjust en appelle à la « loyauté républicaine » et au respect de l’État de droit. Le syndicat exige la mise en œuvre immédiate des décrets originaux et entend maintenir la pression jusqu’à la réparation complète de ce qu’il considère comme une injustice administrative.

Seydi Gassama réclame la suppression du délit d’offense au chef de l’État

L’arrestation de Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et ex-député, pour offense au chef de l’État continue de susciter des réactions. Parmi les voix les plus critiques, celle de Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, s’est particulièrement démarquée. Dans un message publié sur le réseau social X (ex-Twitter), le défenseur des droits humains a lancé un appel vigoureux à l’abrogation de l’article 254 du Code pénal sénégalais, qui réprime ce qu’on appelle le « délit d’offense au chef de l’État ».

Pour Seydi Gassama, cette infraction relève d’un autre temps. Il la considère comme une atteinte à la liberté d’expression, incompatible avec les standards démocratiques modernes. « Le délit d’offense au chef de l’État (art. 254 du code pénal) doit être supprimé », a-t-il martelé, dénonçant une disposition qu’il juge à la fois archaïque et dangereuse pour la libre critique du pouvoir exécutif.

Plutôt que de maintenir ce régime d’exception, le militant propose une alternative inspirée du droit commun. « Le Président de la République pourra porter plainte s’il estime être diffamé, injurié ou outragé », a-t-il suggéré, estimant que les règles générales du droit pénal suffisent à protéger l’honneur du chef de l’État, comme tout autre citoyen.

Mais au-delà du principe même de cette infraction, Seydi Gassama s’inquiète également des peines encourues. « Les peines de prison pour ces infractions sont disproportionnées et doivent être abandonnées », a-t-il affirmé, s’opposant fermement à l’incarcération pour des délits d’opinion.

Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une crispation autour des libertés publiques, alors que l’affaire Moustapha Diakhaté est perçue par certains comme une tentative d’intimidation politique. L’ancien député, qui devra comparaître en flagrant délit le 18 juin prochain, est poursuivi pour avoir critiqué ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain par le président de la République.

Le débat relancé par Seydi Gassama pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre respect des institutions et liberté d’expression dans un État démocratique. Reste à savoir si les autorités sénégalaises saisiront cette occasion pour engager une réforme de la législation pénale dans un sens plus protecteur des droits fondamentaux.

Procès en diffamation contre Vicas et Delta : Dr Cheikh Dieng obtient la réouverture du dossier

Le procès opposant Dr Cheikh Dieng, ancien Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), aux entreprises Vicas et Delta connaît un nouveau rebondissement. Initialement jugé par défaut, Dr Dieng a obtenu du tribunal correctionnel de Dakar le report du délibéré qui était prévu le 28 mai 2025. Le dossier sera rouvert, et les débats reprendront le mardi 25 juin, offrant ainsi à l’ex-responsable public la possibilité de présenter sa défense.

À l’origine de ce contentieux, des accusations de diffamation et de propagation de fausses nouvelles formulées contre Dr Dieng, après des déclarations publiques visant les entreprises Vicas et Delta. Selon les informations rapportées ce mercredi par le journal Les Échos, le prévenu entend faire de cette nouvelle audience une tribune pour détailler les raisons qui l’ont poussé à s’exprimer publiquement sur ce qu’il considère comme des dérives graves dans la gestion des marchés de l’ONAS.

Dr Cheikh Dieng affirme que ses accusations sont fondées et s’inscrivent dans une logique de transparence. Il soutient que les sociétés plaignantes sont en réalité des instruments manipulés par le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, qu’il accuse d’être à la manœuvre dans ce qu’il qualifie de « prédation organisée ». Il évoque un audit qui aurait mis en lumière des irrégularités financières d’un montant de 440 milliards de FCFA, document qui pourrait constituer un élément central de sa stratégie de défense.

Lors de la dernière audience, à laquelle il n’avait pas assisté, la partie civile avait demandé la condamnation de l’ancien directeur général à verser 200 millions de FCFA de dommages et intérêts. Les avocats de Vicas et Delta avaient aussi sollicité la publication du jugement dans plusieurs organes de presse à titre de réparation morale. Le parquet, pour sa part, avait requis l’application stricte de la loi pénale à l’encontre de Dr Dieng.

La réouverture du procès intervient donc dans un contexte tendu, où les enjeux économiques se mêlent à des rivalités politiques. L’audience du 25 juin prochain s’annonce cruciale. Elle pourrait marquer un tournant dans cette affaire qui, au-delà du contentieux judiciaire, met en lumière des pratiques opaques dans la gestion de certains marchés publics au Sénégal.

Moustapha Diakhaté placé sous mandat de dépôt : un procès pour offense au chef de l’État prévu le 18 juin

L’ancien ministre-conseiller et ex-député Moustapha Diakhaté a été officiellement placé sous mandat de dépôt ce mardi, à la suite d’une procédure engagée contre lui pour offense au chef de l’État. L’information a été rendue publique ce mercredi 11 juin 2025 par son avocat, Me El Hadji Diouf, au cours d’un point de presse organisé à Dakar.

Selon les explications fournies par la défense, l’ancien parlementaire est poursuivi pour des propos tenus récemment sur les réseaux sociaux et dans certains médias, dans lesquels il critiquait une prétendue entorse au protocole républicain lors d’un événement officiel présidé par le chef de l’État. Ces déclarations, considérées par les autorités comme outrageantes, ont suffi à enclencher une procédure judiciaire rapide, qui a conduit à sa convocation par la Division des investigations criminelles (DIC).

Après sa convocation, Moustapha Diakhaté a été placé en garde à vue le mardi 10 juin, avant d’être présenté au parquet et placé sous mandat de dépôt. Il devra ainsi comparaître en flagrant délit devant le tribunal de Dakar le mercredi 18 juin 2025. Ce procès, prévu dans les délais les plus brefs, suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques, médiatiques et juridiques.

Pour Me El Hadji Diouf, cette procédure repose sur une interprétation abusive de la loi relative à l’offense au chef de l’État. Il affirme que son client n’a fait qu’user de son droit à la liberté d’expression pour alerter sur un manquement aux principes républicains. « Il est accusé d’offense au chef de l’État pour avoir dénoncé publiquement ce qu’il considère comme une violation du protocole républicain. C’est une procédure vide, une tentative manifeste d’intimidation contre la liberté d’expression dans la République », a martelé l’avocat.

Ce dossier relance une fois de plus le débat sur la place de la critique politique dans l’espace public sénégalais. La mise en détention d’une figure aussi connue du landerneau politique, pour des propos tenus dans le cadre d’un débat public, interroge sur la capacité de la justice à rester indépendante face aux pressions politiques. Elle soulève également la question de la pertinence et de la portée de l’infraction d’« offense au chef de l’État », souvent brandie contre des personnalités critiques du pouvoir en place.

Moustapha Diakhaté, ancien collaborateur du président Macky Sall, devenu par la suite l’un de ses détracteurs les plus virulents, n’est pas à son premier différend avec les autorités. Connu pour ses prises de position tranchées, il s’est régulièrement exprimé sur les dérives institutionnelles qu’il attribue au régime actuel, notamment en matière de gouvernance, de libertés publiques et de respect des principes républicains.

Le procès prévu le 18 juin sera donc suivi avec une attention particulière, tant par les observateurs politiques que par les défenseurs des droits humains. Il constituera un test majeur pour l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais aussi pour l’avenir du débat démocratique au Sénégal.

Affaire Samuel Amète Sarr : Une requête pour annuler le renvoi en correctionnelle secoue le dossier West African Energy

Nouveau rebondissement dans l’affaire opposant Samuel Amète Sarr, Directeur général de la société West African Energy (WAE), à Moustapha Ndiaye, ancien président du Conseil d’administration de la société. Les avocats de M. Sarr ont saisi la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar d’une requête aux fins d’annulation de l’ordonnance de renvoi en police correctionnelle rendue le 2 juin dernier.

Cette procédure fait suite à une longue instruction ouverte pour des faits présumés d’abus de biens sociaux, sur dénonciation de Moustapha Ndiaye, actionnaire évincé de la société. Le dossier, particulièrement sensible en raison des enjeux énergétiques et financiers qu’il implique — notamment la mise en service récente d’une centrale électrique d’un coût de 283 milliards FCFA — est désormais au cœur d’un débat juridique intense sur le respect des droits de la défense.
Selon la requête déposée par les conseils de M. Sarr, les droits de la défense ont été « gravement violés » au cours de l’instruction. L’ordonnance de clôture, prise le 16 mai 2025, n’aurait pas respecté les délais légaux de communication du dossier aux avocats de la défense, comme le prévoit l’article 169 du Code de procédure pénale. Les conseils n’auraient reçu les récépissés de mise à disposition du dossier que le 19 mai, soit après la transmission du dossier au parquet.
Autre manquement invoqué : l’absence d’avis adressé à l’inculpé détenu, comme l’exige l’article 177 in fine du même code. Samuel Amète Sarr, incarcéré au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec, n’aurait jamais été informé formellement de la clôture de l’instruction.
Les avocats du dirigeant contestent également la base factuelle de l’ordonnance de renvoi. Ils reprochent au juge d’instruction d’avoir fondé ses conclusions sur un rapport du cabinet Mazars, obtenu dans le cadre d’une « procédure convenue » à l’initiative du plaignant, sans validation de la société WAE. Ce type de rapport, selon les textes comptables et juridiques, n’a pas valeur d’audit ni de vérification indépendante.
À l’inverse, une expertise judiciaire commandée par le juge lui-même — et menée par l’expert Alioune Touré — aurait conclu à l’absence de tout préjudice financier pour la société. Ledit rapport relève même que M. Sarr, principal développeur du projet de centrale, n’a jamais perçu de salaire alors qu’une rémunération de 10 millions FCFA par mois était prévue.
Estimant que le magistrat instructeur a « instruit exclusivement à charge », les avocats demandent non seulement l’annulation de l’ordonnance de clôture et du renvoi, mais aussi que la Chambre d’accusation évoque l’affaire et ordonne un supplément d’information.
Une telle démarche, encadrée par l’article 199 alinéa 3 du Code de procédure pénale, permettrait selon eux de restaurer l’équilibre procédural dans un dossier où les enjeux judiciaires se croisent avec des intérêts économiques majeurs : la centrale construite par WAE, d’une capacité de 366 mégawatts, injecte déjà 127 MW dans le réseau de la SENELEC depuis le 5 mai 2025.

Affaire ANAMO : Maodo Malick Mbaye dément toute arrestation et confirme sa convocation du 23 juin

Maodo Malick Mbaye, ancien Directeur général de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), a formellement démenti l’information selon laquelle il aurait été arrêté à Thiès puis relâché. Cette rumeur, largement relayée sur les réseaux sociaux et reprise par certains organes de presse, est qualifiée de « totalement fausse » par l’intéressé lui-même.

Dans une déclaration intitulée « De Rabat, une volonté manifeste de répondre à la justice sénégalaise », M. Mbaye a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité. Il y explique qu’avant même de quitter Rabat, au Maroc, où il dit avoir des engagements internationaux, il a pris l’initiative de se signaler volontairement auprès du greffe du juge d’instruction du 3ᵉ cabinet du Pool Judiciaire Financier (PJF), dans le cadre de l’enquête portant sur sa gestion à la tête de l’ANAMO.

Il précise que l’enquête en question a été ouverte durant son absence du territoire national et qu’il a tenu à montrer sa disponibilité en informant officiellement la justice de son retour prochain à Dakar. « Contrairement aux fausses informations évoquant mon arrestation à Thiès, je tiens à informer que je me suis volontairement signalé au Greffe du juge d’instruction pour manifester ma disponibilité d’être entendu une fois à Dakar », a-t-il écrit.

Maodo Malick Mbaye a également justifié les raisons de son retour au Sénégal. Selon lui, il s’agit d’une part de répondre à une convocation judiciaire fixée au lundi 23 juin 2025 à 11h, et d’autre part de passer la fête de la Tabaski auprès de sa famille.

L’ancien responsable de l’ANAMO affirme par ailleurs être pleinement disposé à ce que toute la lumière soit faite sur les faits qui lui sont reprochés. Il se dit serein et confiant dans le processus judiciaire en cours, réaffirmant sa volonté de coopérer pleinement avec la justice sénégalaise.

Cette affaire s’inscrit dans une série de procédures engagées par le Pool judiciaire financier visant plusieurs anciens dignitaires de l’ancien régime, dans le cadre de la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

Fonds Covid-19 : Sophie Gladima attendue ce mercredi devant la Haute Cour de justice

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, comparaîtra ce mercredi 11 juin devant la Haute Cour de justice, pour une nouvelle audition dans le cadre de l’enquête sur la gestion des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. L’information a été révélée par Les Échos, qui précise que l’ex-ministre sera extraite de prison pour l’occasion.

Poursuivie pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, escroquerie sur deniers publics, blanchiment de capitaux et complicité de ces chefs, Sophie Gladima est accusée d’avoir participé à des irrégularités financières portant sur un montant de 193,07 millions de francs CFA. Cette somme représente une partie du milliard de francs CFA alloué à son département dans le cadre du programme « Force Covid-19 ».

Selon le rapport de la Cour des comptes, plusieurs anomalies ont été relevées dans l’exécution des projets financés par ces fonds, notamment dans la gestion du chantier de construction d’un centre de gravimétrie à Kédougou. L’audit évoque des dépenses sans justification suffisante, des prestations non exécutées, et des procédures de passation de marché non conformes.

Sophie Gladima, première des cinq anciens ministres inculpés à avoir été placée sous mandat de dépôt, nie en bloc les faits qui lui sont reprochés. Elle affirme que l’ensemble des projets a été exécuté dans le respect des règles, et qu’elle n’a bénéficié d’aucun avantage personnel dans le cadre de la gestion de ces fonds.

Mais la tâche s’annonce difficile pour convaincre la commission d’instruction. En effet, l’accusation s’appuie notamment sur les déclarations de son ancien Directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Alassane Diallo, actuellement en fuite. Ce dernier, cité dans le rapport comme l’un des principaux gestionnaires du budget incriminé, aurait livré des éléments compromettants avant de disparaître.

Dans ce dossier, plusieurs autres ex-membres du gouvernement Macky Sall font également l’objet de poursuites. Ndèye Saly Diop Dieng a été placée sous contrôle judiciaire, Ismaila Madior Fall porte un bracelet électronique, tandis que Moustapha Diop et Mansour Faye sont, eux aussi, en détention. Cette série de poursuites judiciaires illustre la volonté des autorités de faire la lumière sur l’usage des fonds publics alloués en pleine crise sanitaire.

L’audition de Sophie Gladima devant la Haute Cour de justice devrait donc constituer un moment clé dans cette procédure inédite, qui mobilise l’attention de l’opinion publique, des institutions, et des observateurs du système judiciaire sénégalais.

Affaire Ismaila Madior Fall : les accusateurs remis en liberté sous contrôle judiciaire, l’enquête se poursuit

L’affaire de corruption présumée impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, connaît un nouveau tournant avec la libération sous contrôle judiciaire des deux principaux accusateurs. Il s’agit de Cheikh Guèye, gérant de la société Technologie Consulting Service (TCS), et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des constructions au ministère de la Justice.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos dans sa parution de ce mardi, les deux hommes, inculpés et placés sous mandat de dépôt depuis le 19 mai dernier, ont été remis en liberté. Toutefois, ils demeurent sous contrôle judiciaire strict, assorti du port obligatoire d’un bracelet électronique, signe que la justice reste prudente dans le traitement de ce dossier explosif.

L’affaire remonte à plusieurs mois et concerne une série d’accusations graves liées à la gestion d’un projet foncier autour du Palais de Justice de Pikine-Guédiawaye. Cheikh Guèye avait publiquement mis en cause Ismaila Madior Fall, l’accusant d’avoir été impliqué dans un montage frauduleux destiné à détourner des deniers publics à travers des surfacturations et des transactions foncières douteuses.

À la suite de ces révélations, une enquête a été ouverte, et les investigations ont conduit à l’inculpation de Cheikh Guèye et de Mohamed Anas El Bachir Wane. Les charges qui pèsent contre eux sont lourdes : association de malfaiteurs, détournement de fonds publics, faux et usage de faux, ainsi que corruption. Leur mise en détention provisoire avait suscité de nombreuses réactions, certains y voyant une tentative de faire taire des lanceurs d’alerte, d’autres estimant que la justice devait faire la lumière sur l’ensemble du dossier, quel qu’en soit le coût politique.

La décision de les placer sous contrôle judiciaire relance le débat. Elle indique que les juges d’instruction souhaitent poursuivre les investigations dans un climat apaisé, tout en gardant un œil sur les principaux protagonistes de l’affaire. La présence du bracelet électronique témoigne de la sensibilité du dossier et des risques d’entrave à la procédure.

De son côté, Ismaila Madior Fall, qui n’a pas été formellement inculpé, continue de nier toute implication dans une quelconque affaire de corruption. L’ancien garde des Sceaux, aujourd’hui en retrait de la scène politique, n’a jusque-là pas été entendu par la justice dans le cadre de cette procédure.

Alors que l’opinion publique suit l’affaire de près, notamment en raison du profil des personnalités concernées et des implications potentielles pour la gouvernance publique, les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir judiciaire des deux accusateurs et pour l’éventuelle mise en cause d’autres responsables.

Ce dossier, qui touche le cœur même du système judiciaire, soulève une nouvelle fois la question de la transparence dans la gestion des marchés publics et de la reddition des comptes dans les sphères de décision.

Moustapha Diakhaté placé en garde à vue par la DIC après son audition

L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar, Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue ce mardi 10 juin à l’issue de son audition par la Division des investigations criminelles (DIC), à Dakar.

Selon des sources proches du dossier, M. Diakhaté est poursuivi pour offense au chef de l’État et offense à une personne exerçant tout ou partie des prérogatives du chef de l’État, des délits prévus par le Code pénal sénégalais.

Son audition intervient quelques jours après des déclarations virulentes tenues dans la presse et sur les réseaux sociaux, au cours desquelles il avait accusé le régime actuel d’autoritarisme et comparé la gouvernance du parti Pastef à une dérive fascisante. Ces propos ont suscité de nombreuses réactions, tant dans la classe politique que dans l’opinion publique.

Moustapha Diakhaté pourrait être déféré dès demain mercredi devant le parquet, en attendant une éventuelle décision du procureur de la République.

Cette arrestation relance le débat sur la liberté d’expression au Sénégal, dans un contexte politique tendu marqué par une polarisation accrue et une montée des tensions entre l’opposition et le pouvoir.

Moustapha Diakhaté en garde à vue : une affaire de protocole et de “gougnafiers”

L’ancien président du groupe parlementaire de Benno Bokk Yakaar (BBY), Moustapha Diakhaté, a été placé en garde à vue après une courte audience devant les enquêteurs de la Division des Investigations Criminelles (DIC). Selon son avocat, Me El Hadj Diouf, l’audition n’aura duré que dix minutes, au cours desquelles son client a choisi de garder le silence.

Poursuivi pour offense au chef de l’État et à une personne exerçant tout au plus une partie des prérogatives du chef de l’État, Moustapha Diakhaté est dans le viseur de la justice après des déclarations controversées sur le protocole de la République.

Face à la presse à la sortie de l’audition, Me El Hadj Diouf a expliqué que son client avait été interrogé sur plusieurs points sensibles, notamment ses critiques à l’encontre du protocole républicain et l’usage du terme “gougnafier”. « On a demandé à mon client pourquoi il a critiqué le protocole de la République. Il n’a pas répondu. D’ailleurs, il n’a répondu à aucune question », a déclaré l’avocat.

Selon ses propos, Moustapha Diakhaté s’est contenté de remettre en question la position protocolaire des trois plus hautes autorités de l’État – le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre. Il aurait estimé que mettre le président de la République au même rang que les deux autres constituait une violation du protocole républicain.

Concernant le terme “gougnafier”, qui a attiré l’attention des enquêteurs, Me El Hadj Diouf a précisé que son client n’avait visé personne en particulier. « Il a juste conclu en disant que dans ce pays, il n’y a que des gougnafiers, pour faire allusion au terme ‘ignorant’. C’est juste parce que ces gens ignorent les règles protocolaires », a-t-il expliqué.

L’avocat a tenu à clarifier que Moustapha Diakhaté n’avait, à aucun moment, directement offensé le chef de l’État ou d’autres hautes autorités. Il se serait limité, selon lui, à souligner une méconnaissance des règles solennelles du protocole de la République.

Moustapha Diakhaté convoqué par la DIC : il dénonce une manœuvre politique et refuse de coopérer

Moustapha Diakhaté, ancien ministre-conseiller et figure politique bien connue de la scène sénégalaise, a annoncé ce mardi dans un communiqué qu’il est convoqué pour une audition imminente par la Division des investigations criminelles (DIC). Avec une fermeté qui ne laisse place à aucune ambiguïté, il a déclaré qu’il refusera de répondre aux questions des enquêteurs ainsi que de signer le procès-verbal, dénonçant une volonté délibérée du régime actuel de le faire incarcérer.

« La volonté du régime Pastef est de m’envoyer encore à Rebeuss », a martelé Diakhaté, pointant du doigt ce qu’il qualifie d’« acharnement politique ». Selon lui, cette convocation s’inscrit dans une dynamique de répression orchestrée contre les voix dissidentes.

L’ancien parlementaire ne se fait aucune illusion quant à l’issue de cette procédure. Dans une déclaration empreinte de résilience, il a demandé à ses proches de ne pas lui rendre visite en cas de détention. « Je connais le fardeau de la visite carcérale pour les familles, les amis et les proches. Bëguma sonal kenn » (Je ne veux déranger personne), a-t-il expliqué, affichant sa volonté d’assumer seul les conséquences de ce qu’il considère comme un combat politique.

Diakhaté, fidèle à sa ligne de conduite, appelle ses soutiens à rester dans le cadre républicain. « La seule réponse est le combat politique dans le respect de la Constitution et des lois de notre pays », a-t-il affirmé, refusant toute forme de débordement malgré la tension apparente de la situation.

Il conclut sa déclaration par un message de foi et de patriotisme : « Dieu bénisse le Sénégal ! »

Pénalisation de la liberté d’expression : Moustapha Diakhaté convoqué à la DIC pour ses déclarations dans la presse

Moustapha Diakhaté, ancien ministre conseiller et figure bien connue de la scène politique sénégalaise, a annoncé avoir reçu une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC) à la suite de propos tenus dans la presse. Cette nouvelle convocation, qu’il relie à ses prises de position publiques, relance le débat sur la liberté d’expression et les méthodes de traitement des voix dissidentes au Sénégal.

Selon ses propres mots, Diakhaté a été contacté par téléphone, le vendredi 6 juin 2025 à 10 heures 37 minutes, par un fonctionnaire de police qui lui demandait de se présenter à la DIC le même jour à 15 heures. L’ancien député a alors exigé une convocation écrite et des précisions sur les motifs exacts de cette demande. Faute de réponse, et après avoir attendu jusqu’à 15 heures 40 minutes, il a choisi d’honorer un autre engagement de longue date.

Ce n’est que trois jours plus tard, le lundi 9 juin à 17 heures 35 minutes, que le délégué de quartier lui a remis la convocation officielle, lui demandant de se présenter à la DIC le mardi 10 juin à 10 heures. Tout en rappelant son attachement au respect des lois de la République, Moustapha Diakhaté a confirmé qu’il répondrait présent à cette convocation.

Mais au-delà des faits, c’est le ton du message de Diakhaté qui frappe. Dans une déclaration largement partagée sur les réseaux sociaux, il dénonce une politique d’« épuration » orchestrée, selon lui, par le parti Pastef au pouvoir. Il qualifie ce dernier de « premier parti fasciste africain » et accuse l’État dirigé par le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko de vouloir « faire disparaître toute vraie opposition, toute presse libre, tout État de droit et toute démocratie pluraliste ».

Moustapha Diakhaté affirme que le régime actuel cherche à s’arroger le monopole de l’espace politique sénégalais, dans une logique d’élimination systématique de toute contestation. Il en appelle à un sursaut démocratique, rappelant la leçon de l’histoire européenne et citant les mises en garde de l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel à propos de la fragilité des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Diakhaté met en garde contre une possible dérive autoritaire du Sénégal, en comparant les dynamiques actuelles à celles qui ont précédé l’instauration des régimes fascistes en Allemagne et en Italie au XXe siècle.

Pour lui, le combat pour les libertés et la démocratie ne saurait être suspendu sous la pression de convocations policières ou de procédures judiciaires. Il affirme, dans un ton résolument combatif, qu’aucune convocation ni condamnation ne l’empêchera de poursuivre sa lutte contre ce qu’il appelle le « pouvoir fasciste, anti-Sénégal, traître à la nation ». Il conclut sa déclaration par une citation de Noam Chomsky, soulignant que les droits ne sont pas accordés mais conquis par la lutte.

Cette sortie médiatique musclée intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions entre le pouvoir et plusieurs figures de l’opposition, mais aussi par une sensibilité accrue autour de la gestion de la parole publique et des réseaux sociaux. Reste à savoir si cette convocation débouchera sur des poursuites, ou si elle s’inscrit dans une série d’interrogations politiques sur les limites de la liberté d’expression dans le Sénégal post-alternance.

Cheikh Mbacké Gadiaga interpellé par la Section de recherches après une plainte pour diffamation de Gabrielle Kane

La Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Colobane a interpellé ce jeudi le journaliste Cheikh Mbacké Gadiaga, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par l’activiste et féministe Gabrielle Kane. Cette dernière accuse le directeur de publication du site Sénégalinfo de diffamation et d’injures publiques.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, Gabrielle Kane affirme être la cible, depuis plusieurs mois, d’une « campagne de discrédit » menée par deux plateformes médiatiques : Le Verdict News, dirigé par Badara Ngom, et Sénégalinfo, dont Gadiaga est responsable. Elle cite notamment un article publié en Une du Verdict News le 7 décembre 2023, qui la présentait sous un titre particulièrement agressif : « Gabrielle Kane, une grosse ratée qui veut assainir son image à travers la magie du petit écran ».

En page intérieure, le contenu allait plus loin, qualifiant l’activiste de « dévergondée » et de « pétasse ratée », dans des termes que les avocats de Gabrielle Kane jugent « insultants, humiliants, mensongers et attentatoires à la dignité humaine ».

La plaignante met l’accent sur la dimension publique de ces propos, publiés dans un média largement diffusé et accessible à un vaste public. Pour elle, il ne s’agit pas d’un simple dérapage journalistique, mais d’une campagne de haine qui a nui à son image, à sa réputation et à son engagement public.

Les faits reprochés sont susceptibles de relever des délits de diffamation et d’injures publiques, conformément aux articles 248 et 258 du Code pénal sénégalais. Gabrielle Kane demande non seulement l’établissement des responsabilités pénales, mais également la réparation intégrale du préjudice moral subi.

Pour l’heure, Cheikh Mbacké Gadiaga est entendu par les enquêteurs. Il devrait être présenté prochainement au procureur si les charges sont jugées suffisamment étayées.

L’affaire relance le débat sur les dérives de la presse en ligne et la régulation de l’espace médiatique, à l’heure où les réseaux sociaux et certains sites d’information s’affranchissent de plus en plus des règles élémentaires de déontologie.

Haute Cour de Justice : la Commission d’instruction enclenche l’étape des convocations

La procédure judiciaire engagée contre plusieurs anciens ministres sénégalais connaît une nouvelle évolution. La Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice a décidé de franchir une étape cruciale : celle des convocations officielles. Cette phase marque l’entrée dans le cœur du processus d’instruction, avec des auditions attendues qui devraient permettre de faire la lumière sur les dossiers en cours.

Après une première vague d’inculpations ayant concerné des personnalités de premier plan, la justice sénégalaise accélère la cadence. Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines, fait l’objet d’un mandat de dépôt. Ndèye Saly Diop Dieng, ex-ministre de la Femme, a été placée sous contrôle judiciaire. Ismaïla Madior Fall, ancien ministre de la Justice, est soumis à un port de bracelet électronique. Quant à Moustapha Diop et Amadou Mansour Faye, ils sont également incarcérés, sous mandat de dépôt.

Selon les informations relayées par le quotidien Libération, la Commission d’instruction a désormais transmis une série de convocations à la Division des investigations criminelles (DIC), chargée de les notifier aux personnes concernées. Ces convocations visent des individus cités dans les enquêtes en cours, notamment dans l’affaire emblématique impliquant Sophie Gladima. D’après les mêmes sources, certaines de ces personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle clé dans la chaîne de décisions ou dans la gestion de fonds publics relevant du ministère des Mines.

La démarche marque une intensification des travaux de la Haute Cour, qui semble déterminée à établir toutes les responsabilités, au terme d’un processus rigoureux mais inédit dans l’histoire institutionnelle récente du pays. Cette dynamique judiciaire, inédite à cette échelle, est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte où les questions de reddition des comptes et de transparence dans la gestion publique occupent le devant de la scène politique.

Les auditions qui découleront de ces convocations devraient ouvrir une nouvelle séquence, susceptible d’alimenter aussi bien les débats juridiques que les tensions politiques. Pour l’heure, aucun calendrier officiel des auditions n’a été communiqué, mais les convocations notifiées par la DIC laissent présager des développements imminents.

La Haute Cour de Justice, jusque-là rarement mobilisée, devient ainsi un acteur central dans ce qui s’apparente de plus en plus à une vaste opération de moralisation de la vie publique. Reste à savoir jusqu’où cette procédure ira, et quels nouveaux noms pourraient être entendus dans les prochaines semaines.

LITIGE FONCIER / AFFAIRE FABOULY GAYE : Mame Boye Diao éclaboussé

Un nouveau scandale foncier secoue la haute administration sénégalaise. Au cœur de l’affaire, un terrain qui serait illégalement attribué par Mame Boye Diao, directeur des Domaines à l’époque, à l’homme politique Fabouly Gaye, qui l’a ensuite revendu à un commerçant. À la plus grande surprise de ce dernier, le bien, qui lui a été cédé à 70 millions F CFA, fait en réalité partie du domaine national.

L’histoire commence en 2022. Mame Boy Diao, alors tout-puissant Directeur général des Domaines sous le magistère du président de la République, Macky Sall, signe un acte d’attribution foncière au profit de Fabouly Gaye, figure politique de la région de Kolda et acteur influent de la vie locale. Jusque-là, rien d’extraordinaire dans un pays où les faveurs foncières entre proches du pouvoir se traitent à huis clos et se matérialisent sur du papier à en-tête de la République.
Mais l’affaire prend une tournure explosive lorsque Fabouly Gaye revend le terrain à un commerçant établi à Dakar, désireux de construire un entrepôt pour étendre ses activités. Le commerçant, confiant, engage des frais, prépare son projet, sollicite les autorisations. Et c’est là que le couperet tombe : la direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols (DSCOS) lui notifie que le terrain est classé dans le domaine public, donc inaliénable et inconstructible. Autrement dit, il n’appartient ni à Fabouly Gaye, ni à personne, et ne pouvait légalement faire l’objet d’une transaction.
Le document d’attribution est pourtant formel. Il est signé par Mame Boye Diao en personne, dans l’exercice de ses fonctions de directeur des Domaines. Ce n’est pas un faux, ni une contrefaçon artisanale. Il s’agit d’un acte authentique, mais d’une légalité douteuse, car il attribue à un particulier un bien appartenant au domaine public de l’État ; ce que la loi interdit formellement.
La question est simple, mais explosive : comment un directeur des Domaines a-t-il pu attribuer un terrain non cessible ? Erreur ? Négligence ? Complicité ? Manipulation ? La justice est désormais saisie, mais à ce jour, seul Fabouly Gaye a été arrêté, soupçonné d’escroquerie et de recel de bien public. Pendant ce temps, Mame Boye Diao, signataire de l’acte originel, circule librement, sans convocation judiciaire ni commentaire public.

SYNOPSIS

Vu que Fabouly n’a pas été trouvé chez lui, sa convocation lui a finalement été envoyée via Whatsapp. Par la suite, il l’a transférée à Mame Boye Diao pour lui dire qu’il faut régler cette affaire qui risque de les faire couler tous les deux. C’est ainsi que Mame Boye Diao lui aurait proposé de vendre un terrain qui leur appartiendrait tous les deux pour que le commerçant puisse rentrer dans ses fonds, s’élevant à soixante-dix (70) millions F CFA. Toutefois, Fabouly n’a pas trouvé l’idée ingénieuse car son acolyte est très connue dans les hautes sphères de l’administration publique. Ainsi, lui a-t-il proposé de régler le problème d’une autre manière. Ce que Mame Boye Diao a approuvé. Mais, malheureusement pour Fabouly, il n’aura pas de retour de ce dernier jusqu’à son arrestation hier, mercredi. L’adjoint au maire se trouve actuellement dans les geôles de la gendarmerie de Thiong.
D’après des informations exclusives du « Dakarois Quotidien », des proches de Mame Boye Diao, jusque vers minuit dans la soirée d’hier, s’affairaient dans les locaux de la gendarmerie afin que l’affaire ne tombent pas entre les mains des journalistes. Ils quémandaient la clémence du commerçant, lui promettant de solder entièrement les 70 millions F CFA. Les négociations n’ont pas abouti. Fabouly a passé la nuit à la brigade de Thiong, en position de garde à vue.
Dans cette affaire, un commerçant qui a cru aux documents officiels de l’État, investi, planifié, s’est retrouvé avec un terrain inexploitable et un projet ruiné. Une situation tristement banale pour de nombreux investisseurs, petits ou grands, dans un pays où le flou administratif et l’arbitraire bureaucratique alimentent une instabilité foncière chronique.
Mais cette fois, le dossier est trop emblématique pour rester dans l’ombre. Car il expose au grand jour le dysfonctionnement au sommet de la gestion foncière nationale. Que vaut une signature d’un commis de l’État si elle ne garantit ni propriété, ni sécurité juridique ? Et que vaut l’égalité devant la loi si seuls les seconds couteaux sont inquiétés, pendant que les auteurs premiers des actes illégaux sont épargnés ?
Le nouveau régime, issu de la rupture politique de 2024, s’est présenté comme le porte-étendard de la moralisation de la vie publique. Cette affaire est un test de crédibilité. En effet, Mame Boy Diao n’est pas un fonctionnaire lambda : il est devenu, depuis son départ des Domaines, une personnalité politique active, proche de certaines composantes de l’actuel pouvoir, voire pressenti dans certains cercles pour des fonctions de plus haut niveau.
Laisser cette affaire se refermer sur Fabouly Gaye seul serait un aveu de continuité dans l’injustice. Et ce serait renoncer à l’État de droit, à la transparence et à la rupture promise. La société sénégalaise, de plus en plus vigilante et connectée, ne se satisfait plus des boucs émissaires. Elle exige la traçabilité des actes et la reddition des comptes.
Mouhamadou CISSÉ

Affaire du drame de Témento : Babacar Ndiaye écroué pour le meurtre présumé de Moussa Ndiaye

La quiétude de la commune de Paroumba, dans le département de Vélingara, a été violemment perturbée par une affaire qui continue de bouleverser la région. Babacar Ndiaye, agent de santé communautaire en poste à Témento, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi 3 juin par le tribunal de grande instance de Kolda. Il est soupçonné d’avoir commis un crime odieux : le meurtre de Moussa Ndiaye, un opérateur économique très respecté dans le sud du pays.

Le corps sans vie de Moussa Ndiaye a été découvert le 31 mai dernier, dans des circonstances glaçantes. La victime, portée disparue depuis quelques jours, a été retrouvée enterrée dans une fosse sommairement creusée à l’arrière-cour du domicile de Babacar Ndiaye, près des toilettes. Ce lieu sordide, dissimulé aux regards, a été le théâtre présumé d’un drame dont l’horreur a suscité l’émoi dans toute la communauté.

Déféré au parquet de Kolda, Babacar Ndiaye a été entendu par le juge d’instruction en charge du dossier. Durant son audition, il a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Malgré ses dénégations, les éléments à charge semblent suffisamment graves pour justifier sa mise en détention provisoire. Le magistrat instructeur a ordonné une enquête approfondie afin d’établir la vérité dans cette affaire aux contours encore flous.

Les chefs d’accusation retenus contre l’agent de santé sont d’une extrême gravité. Il est poursuivi pour assassinat, actes de torture et de barbarie, mais également pour violation des règles relatives aux inhumations. À ces faits s’ajoute une accusation d’abus de confiance portant sur une somme de quatre millions de francs CFA. Ce volet financier pourrait révéler un mobile, encore à confirmer par l’enquête.

Dans l’attente des résultats de l’instruction, la douleur est immense du côté de la famille de la victime, qui réclame justice avec force et dignité. À Paroumba et dans les villages environnants, l’indignation est palpable. Les habitants, encore sous le choc, peinent à comprendre comment un tel drame a pu survenir dans leur paisible localité.

Le juge d’instruction poursuit ses investigations. L’autopsie du corps, les expertises médico-légales, les auditions de témoins et les recoupements téléphoniques pourraient être décisifs dans la quête de vérité. En attendant, Babacar Ndiaye passera ses prochains jours derrière les barreaux de la prison de Kolda, où il a passé sa première nuit en détention.

Ce fait divers tragique, au-delà de son caractère choquant, pose une nouvelle fois la question de la prévention des violences graves dans les zones rurales, souvent isolées et peu dotées en moyens d’enquête rapide. La suite de l’instruction dira si les charges sont maintenues, et si un procès s’ouvrira dans les prochains mois pour juger ce dossier qui endeuille et interroge toute une communauté.

Cheikh Mbacké Gadiaga arrêté par la Section de Recherches de Colobane suite à une plainte de Gabrielle Kane

Cheikh Mbacké Gadiaga, une figure bien connue du paysage médiatique sénégalais, a été interpellé par les éléments de la Section de Recherches de la gendarmerie de Colobane. Cette arrestation fait suite à une plainte déposée par l’activiste Gabrielle Kane, qui l’accuse de diffamation.

Selon les informations rapportées par Kawtef, citant le média Seneweb, Cheikh Mbacké Gadiaga ne serait pas à sa première confrontation avec la justice. Il serait impliqué dans plusieurs autres procédures judiciaires pour des faits similaires, notamment pour des publications jugées diffamatoires sur les réseaux sociaux.

L’affaire actuelle s’inscrit donc dans une série de dossiers qui entachent l’image de celui qui se présente comme communicateur et influenceur. La justice, désormais saisie, devra déterminer si les propos reprochés à M. Gadiaga relèvent effectivement du délit de diffamation.

Gabrielle Kane, très active dans la défense des droits des femmes et connue pour son franc-parler, a récemment intensifié ses actions contre le cyberharcèlement et les atteintes à la réputation. Cette plainte s’inscrit donc dans une dynamique plus large de lutte contre les violences numériques, un phénomène en nette recrudescence au Sénégal.

Pour l’heure, Cheikh Mbacké Gadiaga est placé en détention, en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Tensions au Tribunal : Vif échange entre Me El Hadji Diouf et le procureur lors du procès d’Omar Sow

L’audience du procès d’Omar Sow, poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, a été marquée ce mardi par un échange particulièrement tendu entre Me El Hadji Diouf, avocat du prévenu, et le procureur de la République. Une passe d’armes verbale qui a failli faire dérailler les débats au Tribunal des flagrants délits de Dakar.

Omar Sow était appelé à s’expliquer sur des déclarations faites le 27 janvier 2025 sur le site Seneweb, dans lesquelles il affirmait que le parquet avait l’intention de placer l’ancien ministre Ismaila Madior Fall sous bracelet électronique. Une affirmation jugée grave par le ministère public, qui lui vaut aujourd’hui d’être poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles.

Mais le moment clé de l’audience est survenu lorsque le procureur a interpellé le prévenu sur ces propos. Sur les conseils de Me El Hadji Diouf, ce dernier a refusé de répondre à la question. Une décision qui a fait bondir le procureur : « Maître, arrêtez de faire le show. Vos confrères ne sont pas contents de vous », a-t-il lancé d’un ton sec, provoquant une vive réaction de l’avocat.

Visiblement indigné, Me Diouf a haussé le ton, dénonçant une attaque personnelle intolérable : « Je ne tolérerai pas un tel manque de respect dans une salle d’audience. Si le procureur ne retire pas ses propos, je déposerai plainte. »

Face à cette escalade de tensions, le président du tribunal, garant de la sérénité des débats, est intervenu pour ramener le calme. Sans que le procureur ne revienne sur ses paroles, le juge a su restaurer l’ordre, permettant à l’audience de reprendre normalement.

Scandale foncièr : Fabouly Gaye arrêté pour un terrain fantôme, Mame Boye Diao vaque à ses besoins

Un parfum de scandale plane à nouveau sur la gestion du foncier au Sénégal. Fabouly Gaye, figure politique connue à Kolda, a été interpellé ce matin dans une affaire de vente frauduleuse de terrain. L’homme aurait cédé une parcelle à un particulier… qui, après vérification auprès du DSCOS (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation du Sol), découvre que ladite parcelle n’existe tout simplement pas. Terrain fictif, argent bien réel. Une arnaque de haut vol qui rappelle les travers persistants de l’administration foncière.

 

Mais ce qui agite davantage l’opinion, c’est le nom de celui qui aurait initialement « attribué » ce terrain : Mame Boy Diao, ancien directeur des Domaines sous Macky Sall. Un nom bien connu du sérail, longtemps considéré comme un technocrate ambitieux et méthodique, aujourd’hui réputé proche des cercles du pouvoir Diomaye-Sonko. Pendant que Fabouly Gaye goûte aux rigueurs de la garde à vue, Mame Boy, lui, vaque tranquillement à ses occupations. Deux poids, deux mesures ?

 

Selon les premières sources proches du dossier, Fabouly Gaye aurait produit un document d’attribution signé du temps où Diao était aux commandes de la Direction des Domaines. Un document que la DSCOS n’a pas retrouvé dans ses archives, et qui serait donc,jusqu’à preuve du contraire, un faux en bonne et due forme. La justice, saisie, devra déterminer s’il s’agit d’un acte isolé ou d’un système bien huilé, où certains noms servaient de caution morale à des opérations spéculatives aux contours mafieux.

 

Dans un pays où la question foncière vire souvent au chaos et alimente un ressentiment populaire croissant, cette affaire risque de faire tache. Car elle pose une question brûlante : comment un ancien directeur des Domaines peut-il être lié à une attribution fantôme sans être immédiatement inquiété ?

 

À ce jour, ni la Cour des Comptes ni l’OFNAC n’ont officiellement réagi. Mais dans les couloirs feutrés de l’administration, l’affaire fait grincer des dents. La transition politique amorcée le nouveau regime avait suscité l’espoir d’un nettoyage en profondeur des pratiques opaques. L’affaire Fabouly Gaye sonne comme un test grandeur nature pour le nouveau régime, qui doit prouver qu’il ne protège aucun parrain, fût-il ancien camarade de parti ou soutien silencieux.

 

Le foncier reste au Sénégal un miroir fidèle de la gouvernance : opaque, sensible et hautement politique. Si l’impunité prévaut une fois de plus, alors la rupture tant promise n’aura été qu’un mirage.

 

Affaire à suivre… de très près.

 

Audience à Dakar : le procureur requiert un an de prison dont six mois ferme contre Omar Sow pour diffusion de fausses nouvelles

L’ancien ministre-conseiller de Macky Sall et membre de l’Alliance pour la République (APR), Omar Sow, a comparu ce mardi devant le Tribunal des flagrants délits de Dakar. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles à la suite de propos tenus lors de son passage dans l’émission Ultimatum sur le média en ligne Seneweb.

Le parquet lui reproche d’avoir affirmé que la justice sénégalaise s’apprêtait à placer Ismaila Madior Fall, ancien ministre de la Justice, sous bracelet électronique, laissant entendre que des mesures judiciaires avaient été anticipées à son encontre.

Lors de l’audience, le procureur de la République, Ibrahima Ndoye, a requis une peine d’un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, assortie d’une amende de 200 000 FCFA. Il a estimé que les propos d’Omar Sow sont de nature à troubler l’opinion publique et à porter atteinte à l’image de la justice sénégalaise.

À la barre, Omar Sow a tenté de minimiser la portée de ses déclarations, évoquant un simple lapsus. « Je me suis mal exprimé. Ce n’était pas intentionnel. Je présente mes excuses au parquet et à l’opinion publique », a-t-il déclaré, visiblement contrit.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions politiques persistantes au Sénégal, où les propos des responsables politiques sont scrutés de près, notamment lorsqu’ils touchent à l’intégrité des institutions judiciaires.

Sénégal – Enquête sur PremierBet : la CENTIF révèle un vaste soupçon de blanchiment et de fraude

Une nouvelle affaire financière éclabousse le secteur des jeux et paris au Sénégal. Selon les révélations du journal Libération, la société PremierBet Sénégal et plusieurs de ses dirigeants font l’objet de graves accusations, notamment de blanchiment de capitaux, abus de biens sociaux et conflit d’intérêts. Une information judiciaire a été ouverte suite à un signalement accablant de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

Au cœur du scandale : des transferts suspects de près de 1,946 milliard de francs CFA vers un compte bancaire basé en Europe. Ces mouvements financiers massifs auraient été réalisés au moment où la société déclarait des difficultés financières au Sénégal, procédant notamment à une vague de licenciements de ses employés. Un contraste troublant qui a attiré l’attention des autorités.

Le parquet financier s’est saisi du dossier et vise particulièrement Joris Dutel, gérant de PremierBet Sénégal, déjà inculpé pour fraude fiscale dans un précédent dossier. Sont également cités la société Éditec, maison-mère de PremierBet, et son dirigeant Franc Attal, actionnaire majeur de la filiale sénégalaise.

Le dossier a été confié au juge du troisième cabinet financier, en charge de l’instruction.

Les premiers éléments transmis par la CENTIF laissent penser à un système structuré, mêlant manipulation comptable, rapatriement illégal de fonds, et usage abusif de la personnalité morale de PremierBet à des fins personnelles ou d’intérêt de groupe. L’enquête devra déterminer si ces opérations visaient délibérément à organiser l’insolvabilité de l’entreprise au Sénégal tout en continuant à alimenter des comptes à l’étranger.

Ce scandale intervient dans un contexte où le secteur des jeux en ligne connaît une croissance rapide au Sénégal, attisant les préoccupations des autorités sur les risques de dérives financières et de blanchiment. Il pourrait également relancer les débats sur la régulation du secteur, jugée encore trop permissive par certains observateurs.

Verdict du tribunal de Dakar : six mois de prison avec sursis pour Azoura Fall et Kaïré

Dakar, le mercredi 4 juin 2025 – Le Tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu ce jour son verdict dans l’affaire impliquant deux militants du parti Pastef, Assane Guèye, alias Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kaïré. Les deux prévenus ont été reconnus coupables de « discours contraires aux bonnes mœurs » à la suite de la diffusion de vidéos virales sur les réseaux sociaux contenant des propos injurieux envers d’anciens responsables politiques.

Les vidéos en question, publiées sur les comptes TikTok personnels des deux hommes, contenaient des insultes dirigées contre l’ancien président Macky Sall et l’ex-ministre Mame Mbaye Niang. Bien que ces contenus aient été initialement diffusés dans un cadre privé, leur large diffusion publique a suscité l’intervention des autorités et conduit à l’arrestation des auteurs.

Le tribunal a condamné chacun des deux militants à six mois d’emprisonnement avec sursis. Lors de l’audience, les prévenus ont reconnu les faits, exprimé des remords et présenté leurs excuses. Azoura Fall a précisé que sa vidéo remontait à environ neuf mois et avait été publiée dans le cadre d’un live privé, réservé à ses abonnés. Il a justifié son comportement en expliquant qu’il avait été provoqué par un internaute ayant insulté sa mère, ce qui l’avait poussé à réagir violemment.

Cette décision judiciaire intervient dans un contexte politique toujours sensible, où les prises de parole sur les réseaux sociaux sont scrutées de près. Le verdict, bien que relativement clément, rappelle néanmoins les limites à ne pas franchir dans l’expression publique, même sur des plateformes numériques souvent perçues comme des espaces de liberté.

Conflit entre Falla Fleur et Dakarnave : la justice tranchera le 23 juin

Le différend entre Ndèye Fatou Fall, plus connue sous le nom de Falla Fleur, et la société Dakarnave vient de franchir une nouvelle étape. Selon le quotidien Les Échos, l’entreprise a décidé de porter l’affaire devant la justice en introduisant une procédure d’expulsion contre son ancienne employée.

Falla Fleur, aujourd’hui présidente du conseil d’administration de la Société nationale de recouvrement (SNR), avait été licenciée en novembre 2023 pour “faute grave” et “perte de confiance”, comme l’avait confirmé à l’époque son avocat. Ce licenciement était intervenu peu après sa sortie de prison, ce qui avait déjà suscité une vive polémique.

Mais le litige ne s’est pas arrêté là. Il porte désormais sur un logement de fonction que l’activiste occuperait encore, malgré la fin de son contrat avec Dakarnave. L’entreprise considère que son ancienne salariée n’a plus droit à l’occupation de ce bien et a donc saisi le juge des référés du Tribunal de grande instance de Dakar pour obtenir une décision d’expulsion.

L’affaire, qui devait être examinée lundi dernier, a finalement été renvoyée. Le tribunal a fixé la prochaine audience au 23 juin prochain. En attendant, les tensions entre les deux parties restent vives, et ce nouvel épisode judiciaire ne manquera pas de raviver le débat autour du traitement réservé à Falla Fleur, figure engagée de la société civile.

Trafic d’influence, corruption, blanchiment : le secteur des jeux en ligne, le pari à coup de milliards

Le dernier rapport d’activités de la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), publié en avril 2025, continue de lever le voile sur de vastes circuits de transactions suspectes. Le secteur des jeux en ligne y apparaît comme une plaque tournante du blanchiment de capitaux, alimentée par des pratiques de corruption, de trafic d’influence et d’association de malfaiteurs.

Parmi les cas emblématiques cités dans le rapport figure celui du propriétaire d’une société individuelle baptisée « GAMING ». Ce dernier détient plusieurs comptes ouverts au sein d’une institution financière opérant sous l’appellation « BANQUE SÉNÉGAL ». Lors de l’ouverture de ses comptes, il avait officiellement déclaré exercer des activités liées aux prestations de services numériques et à la gestion de partenariats dans le domaine des jeux en ligne.

Cependant, les mouvements financiers observés depuis l’ouverture du compte principal en août 2023 ont attiré l’attention des autorités. La Centif rapporte notamment des virements massifs en provenance d’un organisme nommé « LOTTERY », pour un montant cumulé de 1.458.597.675 FCFA. Ces fonds ont été présentés comme des paiements pour des services numériques, sans que leur nature exacte n’ait pu être clairement établie.

À cela s’ajoutent deux virements provenant d’une autre entité, « PAYMENT DIGITAL », totalisant 130.931.277 FCFA. Ces transactions, selon les déclarations, correspondent à des commissions liées à des opérations de paiement en ligne. Mais le rapport note également des transferts réguliers et importants depuis le compte de GAMING vers une société internationale dénommée « ASSOCIATED », basée en Europe. Ces mouvements, qui atteignent 1.170.725.577 FCFA, ont été justifiés de manière sommaire.

Le même propriétaire détient également une autre structure individuelle nommée « BETTING ». Celle-ci a ouvert un compte bancaire en novembre 2021 auprès de la même institution, « BANQUE SÉNÉGAL ». Le compte a reçu un total de 815.000.000 FCFA, auquel s’ajoutent les flux générés par huit sous-comptes associés, pour un total impressionnant de 32 milliards de FCFA. Des virements importants, à hauteur de 776.189.893 FCFA, ont également été envoyés à la société étrangère « ASSOCIATED », souvent accompagnés de justificatifs partiels ou peu convaincants.

Selon la Centif, l’analyse de ces mouvements financiers révèle des liens directs avec des activités de paris en ligne. Le rapport met en lumière un système complexe de circulation de fonds, souvent justifiés par des contrats ou services difficilement traçables, ce qui soulève des soupçons sérieux de blanchiment d’argent.

Ces révélations posent une fois de plus la question du contrôle et de la régulation du secteur des jeux en ligne au Sénégal, dont les ramifications financières dépassent largement les frontières nationales.

Affaire Lat Diop : la Cour suprême statue le 19 juin sur le pourvoi du parquet contre sa mise en liberté provisoire

L’avenir judiciaire de Lat Diop, ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), se jouera en partie le 19 juin prochain. Ce jour-là, la Chambre pénale de la Cour suprême du Sénégal examinera le pourvoi en cassation déposé par le parquet général contre la décision de mise en liberté provisoire accordée à l’ex-responsable public.

Ce recours fait suite à l’arrêt rendu le 26 mars 2025 par la chambre d’accusation, qui était revenue sur une première décision du doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Ce dernier avait initialement refusé la demande de liberté provisoire présentée par la défense. Cependant, en seconde instance, la chambre d’accusation avait décidé de remettre Lat Diop en liberté, mais sous de strictes conditions.

Cette mesure comprenait notamment le port obligatoire d’un bracelet électronique, la remise de son passeport, l’interdiction d’entrer en contact avec les témoins du dossier, ainsi que l’obligation de rester à la disposition de la justice à tout moment. Mais cette liberté conditionnelle n’a pas été exécutée, car le parquet général a immédiatement introduit un pourvoi en cassation, suspendant ainsi son application.

Depuis son placement en détention le 26 septembre 2024, Lat Diop reste incarcéré. Il est poursuivi pour des faits graves, notamment détournement de deniers publics, extorsion de fonds et blanchiment de capitaux. Le montant en jeu est évalué à 8 milliards de francs CFA, selon les éléments de l’enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par Mouhamed Dieng, administrateur de la plateforme 1xBet Sénégal.

Le 19 juin prochain, la plus haute juridiction du pays devra trancher sur la régularité de la décision ayant accordé la liberté provisoire. Si elle confirme la validité de cette décision, Lat Diop pourrait être remis en liberté dans les conditions prévues. Dans le cas contraire, il restera en détention en attendant la suite de la procédure judiciaire. Ce nouveau round judiciaire s’annonce crucial pour l’ancien DG de la Lonase, dont le dossier reste l’un des plus sensibles dans le sillage des enquêtes ouvertes contre des responsables publics ces derniers mois.

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Khadim Bâ, PDG de Locafrique, entendu sur le fond par le juge après huit mois de détention

Après huit mois de détention provisoire, l’homme d’affaires sénégalais Khadim Bâ, patron de Locafrique, a enfin été entendu sur le fond de son dossier, ce lundi 2 juin, par le juge Idrissa Diarra, président du Collège des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (PJF). Une audition cruciale dans le cadre du litige qui l’oppose à l’Administration des Douanes, qui l’accuse de change illégal, de non-rapatriement de fonds et d’importation illicite.

Entouré de ses avocats – Mes Djiby Diallo, Seydou Diagne, Ciré Clédor Ly et Demba Ciré Bathily – Khadim Bâ a fermement rejeté toutes les accusations. Selon des informations rapportées par L’Observateur, il a soutenu qu’il n’était « ni importateur, ni prestataire », se définissant plutôt comme un simple « facilitateur » dans les opérations visées. Il a précisé que les véritables importateurs, à savoir Total, la Société Africaine de Raffinage (SAR) ou encore Touba Oil, s’étaient conformés à l’ensemble de leurs obligations douanières.

L’homme d’affaires a également affirmé que toutes les transactions ont été réalisées en francs CFA sur le territoire sénégalais, avec l’aval de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il cite notamment la signature d’Ahmadou Al Aminou Lô, alors directeur national de l’institution.

En réponse aux accusations de non-rapatriement de fonds, Khadim Bâ a affirmé avoir injecté plus de 390 milliards de francs CFA dans l’économie sénégalaise, rejetant les allégations portant sur une commission de 45 milliards non rapatriée.

La défense s’appuie désormais sur un rapport d’expertise établi par le cabinet Cecogex, récemment versé au dossier. Ce document remet en question la base juridique de la procédure. Il souligne que l’article 3 du Règlement n°09/2012/UEMOA, évoqué par les Douanes, ne s’applique pas aux contrats de représentation, mais uniquement aux exportations de biens.

Le rapport met également en lumière plusieurs vices de forme dans le procès-verbal à l’origine des poursuites. Enfin, il rappelle qu’« au moment des faits, il n’existait aucune obligation légale de rapatriement pour ce type d’opération de services ». Cette obligation n’a été introduite qu’avec le nouveau règlement de l’UEMOA de décembre 2024, dont l’entrée en vigueur est toujours suspendue, faute d’instructions d’application publiées par la BCEAO.

Cette audition pourrait marquer un tournant décisif dans le dossier très médiatisé de Khadim Bâ, dont la détention a suscité de nombreux débats dans le milieu économique sénégalais. Reste désormais à voir quelle suite le juge d’instruction donnera à ce dossier aux implications aussi bien juridiques qu’économiques.

Sénégal – Woodside : Vers un arbitrage international dans un différend fiscal de 40 milliards FCFA

Un nouveau front judiciaire s’ouvre entre l’État du Sénégal et la compagnie pétrolière australienne Woodside Energy. En désaccord avec un redressement fiscal de 40 milliards de francs CFA (environ 61 millions d’euros), la multinationale a décidé de porter l’affaire devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), relevant de la Banque mondiale.

L’affaire remonte à juillet 2024, lorsque la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) a notifié à Woodside un redressement fiscal, dans le cadre de ses activités d’exploitation pétrolière au Sénégal, notamment sur le champ de Sangomar. L’entreprise australienne, qui pilote ce projet stratégique pour l’économie sénégalaise, a immédiatement rejeté cette décision, affirmant avoir agi dans le strict respect de la législation fiscale en vigueur.

Woodside avait, dans un premier temps, porté le dossier devant les juridictions sénégalaises. Mais les procédures judiciaires ont été marquées par des reports à répétition, sans que le fond du litige ne soit tranché. Parallèlement, les autorités fiscales sénégalaises ont engagé des mesures de recouvrement, allant jusqu’à la saisie des comptes bancaires de la filiale locale de Woodside. Pour éviter un blocage de ses opérations, l’entreprise a déposé des garanties financières, suspendant temporairement l’exécution forcée.

Le bras de fer s’est intensifié avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement au Sénégal, qui affiche une volonté forte de renégociation des contrats extractifs, jugés déséquilibrés. Le président de la République a d’ailleurs mis en place une commission spéciale chargée de réévaluer les accords pétroliers et miniers. Ce changement de cap s’inscrit dans une démarche de souveraineté économique et de meilleure redistribution des ressources naturelles.

En saisissant le CIRDI, Woodside opte pour l’arbitrage international, une voie souvent privilégiée par les multinationales lorsqu’elles estiment que leurs droits d’investisseurs étrangers sont bafoués. Ce recours traduit la montée en tension dans les relations entre la société australienne et l’État sénégalais, dans un contexte où le secteur énergétique est perçu comme l’un des leviers majeurs du développement national.

Faux magistrat au Palais de Justice : Oumar Barro Thiam arrêté après avoir escroqué des citoyens

L’affaire secoue le milieu judiciaire : Oumar Barro Thiam, qui se faisait passer pour un magistrat détaché au ministère de la Justice, a été arrêté par le commissaire de Golf, révèle le journal Libération dans son édition de ce mardi.

Selon les informations rapportées, le mis en cause, neveu d’un magistrat, occupait le bureau n°84 au sein même du Palais de Justice, exploitant ses liens familiaux pour entretenir l’illusion de sa fonction auprès du public. Il aurait profité de cette proximité pour duper plusieurs citoyens en quête d’aide dans leurs affaires judiciaires.

Parmi ses victimes figure une certaine K. Sow, à qui il avait promis la libération de son frère, détenu sous bracelet électronique. En contrepartie de cette faveur, il lui aurait exigé la somme de 1,5 million de francs CFA. La plaignante, convaincue de sa légitimité, lui a versé 1,2 million avant de commencer à douter de ses réelles fonctions. Elle a alors décidé de porter plainte.

L’enquête ouverte a permis à K. Sow de fournir plusieurs éléments accablants : des vidéos compromettantes et des décharges de paiement signées par le faux magistrat. Grâce à ces preuves, les enquêteurs ont tendu un piège à Oumar Barro Thiam, qui a été interpellé alors qu’il tentait de récupérer le reliquat de la somme convenue.

Une perquisition à son domicile a permis de découvrir des faux documents administratifs, probablement utilisés pour renforcer la crédibilité de son imposture.

Lutte contre le blanchiment : La CENTIF enregistre une hausse de 15 % des déclarations d’opérations suspectes en 2024

La Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) a rendu public son rapport d’activités pour l’année 2024, mettant en lumière une progression marquée du nombre de Déclarations d’Opérations Suspectes (DOS) enregistrées sur le territoire sénégalais. Chargée de la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, la CENTIF joue un rôle stratégique dans la prévention des menaces financières graves.

Selon les données officielles contenues dans ce rapport, 928 déclarations de soupçon ont été reçues en 2024, contre 807 en 2023, soit une augmentation de 15 %. Cette évolution traduit un renforcement du dispositif national de détection des flux financiers illicites, mais aussi une plus grande vigilance des entités assujetties à la législation en vigueur.

La majorité écrasante des déclarations émane toujours des banques et établissements financiers, qui représentent 82,87 % du total, soit 769 déclarations. Cette tendance confirme le rôle central du secteur bancaire dans la détection des transactions suspectes. Derrière eux, les systèmes financiers décentralisés contribuent à hauteur de 6,36 % avec 59 déclarations, tandis que les établissements de monnaie électronique ont transmis 44 déclarations, soit 4,74 % du volume global.

Cette progression s’inscrit dans le sillage de la nouvelle loi n° 2024-08 du 14 février 2024, qui encadre et renforce la lutte contre les circuits financiers illégaux. Ce texte oblige les institutions financières, mais également d’autres professions réglementées, à signaler toute opération qui leur paraît anormale ou injustifiée.

La mission de la CENTIF ne s’arrête pas à la simple réception de ces signalements. Elle procède à leur analyse approfondie, enrichit les informations par recoupement, puis, en cas d’indices graves et concordants, transmet ses conclusions au Procureur de la République financier, pour d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le rapport rappelle que la transparence et la vigilance du secteur financier sont des piliers essentiels de la stabilité économique et de la réputation internationale du Sénégal. L’augmentation du nombre de déclarations est interprétée à la fois comme un signe d’efficacité du dispositif et comme une alerte sur la persistance des menaces pesant sur le système financier national.

Litige autour du champ de Sangomar : Woodside Energy saisit le CIRDI contre l’État du Sénégal

La société australienne Woodside Energy, opératrice du projet pétrolier et gazier de Sangomar, a déposé une plainte contre le Sénégal auprès du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), un organe d’arbitrage de la Banque mondiale. Cette procédure, révélée lundi par l’agence Reuters, marque une nouvelle escalade dans les tensions entre le géant énergétique et les autorités sénégalaises.

Selon les informations disponibles, la plainte a été enregistrée le 30 mai dernier. Le document officiel consulté ne précise pas la nature exacte du différend, mais il indique que le ministère sénégalais du Pétrole et de l’Énergie est désigné comme partie défenderesse.

Cette démarche juridique intervient dans un contexte de crispation croissante. Déjà en août 2024, Woodside avait engagé une procédure judiciaire contre l’État sénégalais, cette fois sur le plan fiscal. Le différend actuel pourrait être lié à des désaccords concernant la fiscalité du projet, les conditions contractuelles, ou encore l’évolution de la gouvernance énergétique mise en œuvre par le nouveau régime sénégalais.

Woodside Energy détient 82 % des parts dans le champ offshore de Sangomar, situé au large du Sénégal. Il s’agit du tout premier projet pétrolier en mer du pays, censé marquer l’entrée du Sénégal dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures. Le démarrage de la production, prévu pour courant 2024, avait été présenté comme une étape historique vers une plus grande souveraineté énergétique et des recettes budgétaires accrues.

Cependant, le changement de régime intervenu en mars 2024 avec l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye et la nomination d’Ousmane Sonko comme Premier ministre, semble avoir entraîné une relecture de plusieurs contrats dans le secteur extractif. Le gouvernement a en effet promis plus de transparence, de justice fiscale et une meilleure défense des intérêts nationaux, notamment en matière de ressources naturelles.

Pour le moment, aucune déclaration officielle n’a été faite par le gouvernement sénégalais ni par Woodside Energy sur cette procédure d’arbitrage. Le recours au CIRDI pourrait cependant ralentir les relations entre les deux parties, voire impacter le calendrier de production si le différend n’est pas rapidement résolu.

Le projet Sangomar est stratégique pour le Sénégal, avec des retombées économiques attendues à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA. Ce litige ouvre ainsi une période d’incertitude pour un secteur déjà sous haute surveillance.

Scandale foncier, menaces armées et refus de remboursement : les dessous de l’affaire Alioune Kandji

Alioune Kandji, major de la gendarmerie à la retraite, est au cœur d’un retentissant scandale mêlant affaire foncière, outrages à autorités, menaces armées et soupçons de fraude. Convoqué vendredi dernier par la Sûreté urbaine (SU), il a été placé sous mandat d’arrêt par le juge du premier cabinet de Kaolack et écroué dans l’attente de son audition. Il est désormais poursuivi pour « outrage à magistrat », « outrage à un commandant de la force publique dans l’exercice de ses fonctions » et « diffusion de fausses nouvelles ». Ces nouvelles accusations s’ajoutent à des délits antérieurs : « association de malfaiteurs », « escroquerie », « faux et usage de faux ».

L’affaire, relatée par le quotidien Libération dans son édition du 2 juin 2025, remonte à 2018. À cette époque, un certain Mamadou Moustapha Sarr, agissant au nom d’Alioune Kandji, avait approché un entrepreneur, Mansour Sy, pour lui proposer l’achat de terrains commerciaux à Kaolack. Sarr avait affirmé agir pour le compte de Kandji, qui avait lui-même confirmé l’opération et proposé un prix de 28 millions de francs CFA. Pour lancer la transaction, il avait demandé un acompte de 2 millions, que Sy avait remis directement à Sarr.

Au lieu de recevoir des actes de cession en bonne et due forme, Mansour Sy s’était vu remettre de simples conventions de location signées par Kandji. Lorsque Sy avait exprimé ses inquiétudes, les vendeurs l’avaient rassuré, promettant qu’une autorisation de construire lui serait rapidement délivrée. Pourtant, lorsque Sy avait déposé une demande officielle, le service régional de l’Urbanisme de Kaolack avait rejeté la requête. Il s’était avéré que le site se trouvait sur une zone relevant du domaine public, destinée à un projet d’aménagement baptisé « Boulevard du Cœur de ville ». Or, conformément à l’article 9 de la loi 76-66 du 2 juillet 1976, le domaine public est inaliénable et imprescriptible.

Des enquêtes complémentaires avaient révélé que le titre foncier 1267/KL concerné ne pouvait en aucun cas faire l’objet de cession ou d’autorisation de construire. Face à cette situation, deux autres mis en cause, Moustapha Guèye et Mamadou Moustapha Sarr, avaient choisi de rembourser intégralement les 14 millions de francs CFA encaissés pour les lots vendus. Mais Alioune Kandji, de son côté, avait refusé tout remboursement, arguant qu’il agissait « au nom de l’État » et que c’était à l’acquéreur de se débrouiller pour obtenir les autorisations ou se faire rembourser par l’État.

Cette position, jugée intenable par les autorités judiciaires, avait conduit le procureur de Kaolack de l’époque, Cheikh Dieng, à demander au commissaire central de convoquer Kandji pour l’obliger à restituer les fonds. Convoqué le 28 novembre 2022 pour être entendu deux jours plus tard, Kandji avait refusé de se présenter, déclarant que « s’il est arrêté, c’est l’État du Sénégal qui est arrêté », car il aurait agi pour le compte de l’État.

Pire, lorsqu’une équipe de la Sûreté urbaine de Dakar avait tenté de l’appréhender à son domicile, Kandji s’était barricadé dans une chambre avec ses enfants et petits-enfants, menaçant les agents avec une arme et leur intimant de se retirer. Les policiers avaient dû se replier, face à cette menace directe. Entre-temps, un intermédiaire de l’ancien régime aurait remis 15 millions de francs CFA à la partie civile pour le compte de Kandji, une somme toujours inférieure aux 28 millions en jeu.

En plus de ces actes, Alioune Kandji aurait tenté de discréditer les magistrats et policiers chargés de son dossier, les accusant publiquement d’être affiliés au parti Pastef, ce qui lui vaut aujourd’hui des poursuites pour diffusion de fausses nouvelles et outrages à l’autorité.

Le dossier Kandji, devenu explosif, illustre les dérives possibles en matière de gestion du foncier au Sénégal, et soulève aussi des interrogations sur les limites entre protection institutionnelle, abus de fonction et détournement d’intérêt public à des fins privées. En attendant son audition, l’ancien haut gradé dort en prison.

Justice : Adama Adus Fall condamné à deux mois de prison avec sursis pour vol de 70.000 FCFA

Le tribunal de grande instance de Dakar a condamné ce lundi 2 juin le chroniqueur Adama Adus Fall à une peine de deux mois de prison avec sursis, pour le vol de 70.000 francs CFA. Une affaire qui remonte au mois d’avril, et dont les faits ont été révélés par Le Soleil Digital.

Devant la barre, le prévenu a nié avoir volé l’argent, tout en reconnaissant qu’il avait bel et bien dépensé la somme transférée par erreur sur son compte Wave. Il a exprimé ses regrets, demandant pardon à la victime, Mouhamadou Touré, qu’il a qualifié de « frère ».

Le différend a commencé le 4 avril dernier, lorsque M. Touré, souhaitant envoyer 70.000 francs CFA à une dame du nom d’Adama Fall, a effectué par mégarde le transfert au chroniqueur Adama Adus Fall, en raison de la similitude des noms. Réalisant son erreur, il a aussitôt contacté le bénéficiaire involontaire pour récupérer les fonds.

Cependant, selon les éléments présentés au tribunal, Adama Fall a refusé de restituer la somme, restant injoignable malgré les multiples relances. Ce n’est que plusieurs semaines plus tard, précisément le 27 mai, à la suite d’une convocation à la Division spéciale de la cybersécurité (DSC), qu’il a finalement remboursé l’argent via la même application.

Le juge a retenu les faits de vol, estimant que le refus de rendre la somme après notification de l’erreur constituait une intention frauduleuse. Toutefois, en raison du remboursement effectué avant l’audience et de son attitude coopérative à l’audience, le tribunal a décidé de lui accorder une peine avec sursis.

Cette condamnation à deux mois assortis du sursis épargne donc à Adama Adus Fall l’incarcération, mais laisse sur son casier judiciaire une trace de cette affaire qui, malgré son faible enjeu financier, a soulevé des questions sur l’usage éthique des transferts d’argent numérique.

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Propos sur « l’islam importé » : le RIS saisit la justice après les déclarations du général Meïssa Sellé Ndiaye

Les propos tenus par le général à la retraite Meïssa Sellé Ndiaye à Koki continuent de susciter de vives réactions. Le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS) Alwahda a dénoncé avec fermeté les déclarations jugées « dangereusement réductrices » et « clivantes » de l’ancien aide de camp du président Macky Sall, et en appelle désormais à la justice.

Lors d’une cérémonie de parrainage du lycée de Koki, le général Meïssa Sellé Ndiaye s’est inquiété de l’émergence d’un « islam importé » au Sénégal, selon lui promu par de nouveaux prédicateurs formés à l’étranger, et en rupture avec l’islam confrérique traditionnel. Des propos qui, selon le RIS, portent atteinte à l’unité et à la diversité légitimes de la communauté musulmane sénégalaise.

Dans un communiqué rendu public ce samedi, le RIS Alwahda estime que cette prise de position entretient « une vision dangereusement réductrice » de l’islam. « L’islam est une religion plurielle, traversée depuis ses origines par des courants de pensée, des traditions et des sensibilités diverses », souligne le mouvement, qui s’insurge aussi contre les allusions du général à des supposés financements occultes de certaines associations islamiques.

« Le général n’a pas hésité à insinuer publiquement que certaines structures religieuses seraient financées par des réseaux liés au trafic de drogue ou au terrorisme, sans présenter la moindre preuve », déplore le RIS, qui considère ces propos comme relevant d’une « extrême gravité ».

Le mouvement islamique appelle ainsi le Procureur de la République à s’autosaisir afin que toute la lumière soit faite sur ces accusations. « Si le général Meïssa Sellé Ndiaye détient des éléments tangibles, qu’il les présente devant les juridictions compétentes. Dans le cas contraire, ses propos doivent être traités comme des allégations diffamatoires et dangereuses pour la paix sociale », insiste le communiqué.

En conclusion, le RIS Alwahda réaffirme son attachement à la diversité des expressions de l’islam au Sénégal et appelle à rejeter toute tentative de division de la communauté musulmane. « Il n’existe pas un islam supérieur à un autre. Toute parole visant à opposer un islam local à un prétendu islam importé ne peut qu’alimenter la discorde au sein de la nation », martèle le mouvement.

Ziguinchor : Le maire Djibril Sonko convoqué par la Section de recherches dans une affaire de détournement présumé

Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, est convoqué ce lundi à la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor, dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte déposée par la section locale du mouvement Frapp France Dégage, dirigée par l’activiste Guy Marius Sagna.

Au cœur de cette plainte figure un soupçon de détournement de fonds publics portant sur un montant de 25 millions de francs CFA, supposément disparus des caisses de la municipalité. Selon le quotidien L’Observateur, qui a révélé l’information, la disparition de cette somme aurait été signalée dans un document officiel de la mairie.

Face à ces accusations, la municipalité n’est pas restée silencieuse. Dans une note relayée par un journal du Groupe Futurs Médias, la mairie dénonce une “manipulation inique, scandaleuse et éhontée”, visant à ternir l’image de l’administration municipale. Elle attribue cette affaire à une faute de gestion isolée d’un agent municipal, affecté à la Recette Perception municipale (RPM), et non à une tentative de dissimulation de la part du maire ou de son équipe.

L’affaire suscite déjà un vif intérêt à Ziguinchor, où le climat politique reste tendu à l’approche de nouvelles échéances électorales. L’audition du maire Djibril Sonko pourrait permettre d’éclaircir les zones d’ombre entourant cette affaire qui pourrait, si les faits sont avérés, entacher la gestion municipale actuelle.

Parcelles Assainies : deux policiers écroués pour vol et fraude sur Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés sous mandat de dépôt pour leur implication dans une affaire de vol et de fraudes financières à hauteur de 2,9 millions de FCFA, survenue dans le quartier des Parcelles Assainies (Unité 9). Les agents mis en cause sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux via les plateformes Wave et Orange Money.

Les faits remontent au 11 mai 2025. Un gérant de multiservices, I. Sow, a été approché par deux hommes se présentant comme policiers. Prétextant un contrôle d’identité, ils lui auraient confisqué son téléphone « en garantie », exigeant au passage les codes d’accès à ses comptes d’argent mobile pendant qu’il allait chercher sa pièce d’identité. À son retour, Sow découvre que les deux individus ont disparu avec son téléphone.

Dès le 15 mai, une plainte est déposée. La Direction de la surveillance du territoire (DST) ouvre une enquête et découvre que près de 2,9 millions FCFA ont été retirés frauduleusement depuis les comptes Wave et Orange Money de la victime, via divers points de transfert.

L’exploitation des données de transaction a permis d’identifier les auteurs : M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans), tous deux policiers. Interpellés, ils ont reconnu les faits et déclaré avoir revendu le téléphone volé. M. Kane a restitué 1,45 million FCFA, équivalent de sa part dans l’opération.

L’affaire suscite une vive émotion, notamment dans les rangs de la police. Des sanctions disciplinaires sont attendues, indépendamment des poursuites judiciaires en cours. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres agents ou complices externes sont impliqués.

Ce scandale remet sur la table la question de l’intégrité dans les forces de sécurité, alors que les populations peinent à distinguer entre agents légitimes et usurpateurs.

Assassinat de l’infirmier-chef Mamadou Samba Diallo : Deux nouveaux suspects arrêtés, l’enquête progresse

La Brigade de recherches de Kaolack (BR), agissant sur instruction du haut commandement de la Gendarmerie nationale, poursuit ses opérations intensives pour élucider le meurtre tragique de Mamadou Samba Diallo, infirmier-chef du poste de santé d’Arafat, village situé dans la commune de Missira Wadène, département de Koungheul (région de Kaffrine).

Ce dernier a été tué dans la nuit du 20 au 21 mai 2025, après avoir surpris des voleurs dans son enclos. Selon les premiers éléments de l’enquête, les malfaiteurs étaient divisés en deux groupes : l’un s’était introduit dans l’enclos pour voler du bétail, tandis que l’autre attendait à bord d’un véhicule stationné devant le poste de santé pour assurer le transport des bêtes.

Ce vendredi 30 mai, le quotidien Libération rapporte une avancée notable dans l’affaire avec l’arrestation de deux nouveaux suspects, portant à quatre le nombre total d’interpellations. Il s’agit du troisième et du quatrième présumés impliqués dans ce meurtre.

Les gendarmes sont parvenus à remonter leur piste grâce à la géolocalisation de leurs téléphones portables, repérés sur les lieux du crime à l’heure des faits. Les appareils avaient été subitement éteints après l’acte, mais leur remise en marche a permis aux forces de l’ordre de localiser rapidement leurs propriétaires et de procéder à leur arrestation.

Par ailleurs, le premier suspect interpellé et son père ont déjà été déférés devant le parquet de Kaffrine, selon les informations du même journal.

Affaire du virement Wave de 70.000 F CFA : le chroniqueur Adama Adus Fall placé sous mandat de dépôt

Le chroniqueur Adama Adus Fall a été placé sous mandat de dépôt dans une affaire qui fait grand bruit : un retrait illicite de 70.000 F CFA via la plateforme de transfert d’argent Wave. Les faits remontent au 4 mai dernier, date à laquelle Fall a perçu par erreur un virement ne lui étant pas destiné.

Selon les informations rapportées par le journal Libération dans son édition du vendredi 30 mai, la somme avait été envoyée par Mouhamadou Touré, qui s’est rapidement rendu compte de l’erreur. Fall, après avoir retiré l’argent, avait assuré qu’il restituerait les fonds “dès la fin de son émission”. Une promesse qui n’a jamais été suivie d’effet.

Face à l’insistance de Touré pour récupérer son argent, le chroniqueur aurait organisé son injoignabilité, rendant toute communication impossible. Alertée, la Division spéciale de cybersécurité (Dsc) a finalement localisé et interpellé Adama Adus Fall. Ce dernier a fini par passer aux aveux, reconnaissant les faits et implorant la clémence de la justice.

Il est désormais poursuivi pour “retrait illicite via Wave”, une infraction qui peut être qualifiée de détournement de biens d’autrui. La procédure judiciaire suit son cours, et son placement sous mandat de dépôt marque une nouvelle étape dans cette affaire qui soulève à la fois des questions d’éthique et de responsabilité dans l’espace public.

Conflit judiciaire à Mbour : le footballeur Papy Djilobodji oppose son vigile pour la location de sa villa

Le défenseur international sénégalais Papy Djilobodji est actuellement au cœur d’une affaire judiciaire qui l’oppose à son ancien vigile, Amdy Diagne. Les deux hommes se sont retrouvés devant le tribunal de grande instance de Mbour, dans une affaire aussi surprenante que sensible, mêlant loyers impayés, litige contractuel et occupation illégale présumée d’un bien immobilier.

Selon les révélations du quotidien L’Observateur, le conflit est né de la décision prise par Amdy Diagne de louer, sans l’autorisation de Papy Djilobodji, la villa de ce dernier située à Saly Portudal. L’ancien gardien de la propriété aurait ainsi signé en octobre 2024 un contrat de location de deux ans avec des joueurs du club Amitié FC – un club fondé par l’ancien international sénégalais Demba Bâ – pour un loyer mensuel de 700 000 FCFA.

Interrogé à la barre, Amdy Diagne affirme avoir agi ainsi pour compenser sept années de salaires impayés. Engagé en 2018 par Djilobodji pour un salaire mensuel de 160 000 FCFA, il soutient n’avoir reçu qu’un seul mois de salaire. Malgré ses nombreuses relances et tentatives de contact avec son employeur, il aurait poursuivi son travail pendant plusieurs années sans rémunération.

Selon son calcul, le montant total des arriérés de salaires atteindrait 13 millions de francs CFA. C’est dans ce contexte qu’il aurait décidé de tirer profit de la villa, estimant qu’il s’agissait de la seule façon de récupérer son dû.

Alerté de la situation en mai 2025, Papy Djilobodji a immédiatement tenté de récupérer les clés de sa propriété et de faire expulser son vigile. Ce dernier a refusé de quitter les lieux tant qu’il n’était pas payé, ce qui a conduit Djilobodji à porter plainte.

L’affaire a rapidement dégénéré : Amdy Diagne a été arrêté et placé en détention à la prison de Mbour. À l’audience, le footballeur a accusé le vigile d’avoir déjà encaissé 5,6 millions FCFA grâce aux locations illicites, sans compter d’autres séjours touristiques organisés auparavant dans la villa.

Le ministère public a demandé l’application stricte de la loi, laissant peu de place à la clémence. Le tribunal rendra son verdict le mardi 3 juin 2025. D’ici là, l’affaire continue de susciter de vives réactions sur les réseaux sociaux, divisant l’opinion entre ceux qui dénoncent une forme d’abus d’autorité et ceux qui pointent du doigt une violation manifeste du droit de propriété.

Deux policiers arrêtés à Dakar pour vol et retraits frauduleux via Wave et Orange Money

Deux policiers en service au Groupe opérationnel de Dakar ont été placés en garde à vue puis déférés au parquet. M. Kane (27 ans) et N. Ndour (28 ans) sont poursuivis pour association de malfaiteurs, vol de téléphone portable et retraits frauduleux d’argent via les services de transfert d’argent Wave et Orange Money. Une affaire qui ébranle une nouvelle fois la confiance dans les forces de l’ordre.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, l’affaire a éclaté le 15 mai 2025, suite à une plainte déposée par I. Sow, gérant d’un multiservices aux Parcelles Assainies (Unité 9). Ce dernier affirme avoir été interpellé le 11 mai par deux hommes se présentant comme des policiers. Prétextant un contrôle d’identité, les deux agents l’auraient convaincu de laisser son téléphone portable en « garantie », le temps d’aller chercher sa carte d’identité.

Mais une fois revenu sur les lieux, le plaignant découvre que les deux hommes ont disparu, emportant avec eux le téléphone et les codes d’accès à ses comptes Wave et Orange Money.

La Direction de la surveillance du territoire (Dsc), saisie de l’enquête, remonte rapidement la piste. Les investigations permettent d’établir que 2,9 millions de francs CFA ont été frauduleusement retirés des comptes de la victime, en plusieurs opérations et depuis différents points de transfert d’argent.

En retraçant les numéros utilisés pour ces transactions, les enquêteurs identifient les deux mis en cause : M. Kane et N. Ndour, tous deux policiers en activité. Ils sont rapidement interpellés.

Placés en garde à vue, les deux agents n’ont pas nié les faits. Ils ont reconnu avoir subtilisé le téléphone et réalisé les retraits frauduleux. Kane a même déclaré avoir revendu l’appareil volé et restitué 1,45 million de francs CFA à la victime, précisant qu’il s’agissait de sa part du « butin ».

Les deux agents ont été déférés au parquet pour répondre des chefs d’accusation retenus contre eux. Une affaire qui soulève des inquiétudes quant aux dérives au sein des forces de sécurité et à la protection des citoyens face à de tels abus.

Ce scandale remet sur la table la question de la moralité dans les rangs de la police, particulièrement au sein des unités opérationnelles. Le ministère de l’Intérieur, jusqu’ici silencieux, est désormais attendu pour clarifier les mesures qui seront prises contre les mis en cause et pour rassurer les populations.

L’enquête suit son cours, mais l’affaire, très médiatisée, a déjà profondément choqué l’opinion publique.

Justice : Samuel Ameth Sarr libéré sous bracelet électronique pour raisons médicales

Le juge a finalement tranché. Après plusieurs mois de détention et une série de rapports médicaux concordants, Samuel Ameth Sarr bénéficie désormais d’une liberté sous condition. Selon des informations obtenues par Dakaractu, la justice a accédé à la requête des experts médicaux en ordonnant sa libération sous bracelet électronique, assortie d’une assignation à résidence.

Placé sous mandat de dépôt en novembre 2024 par le juge d’instruction du 2e Cabinet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, l’ancien ministre de l’Énergie faisait face à de lourdes accusations portant sur un abus de biens sociaux, dans le cadre d’une affaire de détournement présumé de huit milliards de francs CFA.

La décision du juge intervient à la suite d’expertises médicales ayant conclu que l’état de santé de M. Sarr était incompatible avec les conditions de vie en milieu carcéral. Ses avocats avaient plusieurs fois alerté sur la dégradation de son état, sollicitant une mesure d’aménagement de peine pour des raisons humanitaires et médicales.

Avec ce nouveau statut de résidence surveillée sous surveillance électronique, Samuel Ameth Sarr reste néanmoins à la disposition de la justice, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire. Ce développement relance le débat sur la prise en charge des détenus malades dans le système pénitentiaire sénégalais, et sur l’utilisation du bracelet électronique comme alternative à la détention provisoire.

Lutte : Marème Nar dans la tourmente judiciaire

La ferveur des arènes sénégalaises est assombrie par une affaire judiciaire impliquant une figure bien connue des fans de lutte. Marème Nar, fervente supportrice du lutteur Prince, fait face à de graves accusations. Elle a été déférée lundi dernier devant le parquet de Pikine-Guédiawaye dans une affaire de vol en réunion commis la nuit et d’association de malfaiteurs.

Selon le quotidien L’Observateur, l’affaire découle du vol présumé de la moto d’un agent de police en service dans le quartier de Wakhinane Nimzatt. Une situation délicate pour la jeune femme, souvent vue au premier rang lors des combats de son lutteur favori.

À ce stade, Marème Nar a bénéficié d’un second retour de parquet, une mesure qui, si elle prolonge sa garde à vue, ne dissipe en rien la gravité de l’affaire. La procédure judiciaire reste bel et bien active. La menace d’une mise en examen formelle plane toujours, en attendant que les charges soient éventuellement confirmées par le parquet.

Après son passage au tribunal, la suspecte a été reconduite au commissariat central de Guédiawaye, où elle a passé une nouvelle nuit en garde à vue, selon toujours L’Observateur.

Cette affaire suscite un vif émoi dans les cercles de supporters du lutteur Prince, où la présence de Marème Nar était quasi emblématique. Reste à savoir si la suite de l’enquête apportera plus de clarté sur son implication réelle dans ce dossier qui mêle monde sportif et faits divers.

L’affaire est à suivre de près.

Neuf policiers condamnés à deux ans ferme pour vol de 200 millions FCFA : un tournant dans la lutte contre les abus policiers

Le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye a rendu ce mardi un verdict retentissant dans une affaire qui a profondément choqué l’opinion publique. Neuf policiers, membres d’une brigade dirigée par Abdoulaye Diaw alias « Baye Fall », ont été condamnés à deux ans de prison ferme chacun pour vol en réunion, abus d’autorité et association de malfaiteurs, après avoir extorqué une somme de 200 millions de FCFA à deux commerçants maliens.

Les faits remontent à juillet 2024. Sous couvert d’une opération antidrogue, les policiers avaient intercepté deux commerçants maliens qui transportaient 650 millions de FCFA. Ils leur auraient alors exigé une part de cette somme avant de les séquestrer arbitrairement toute une nuit, selon les informations révélées par L’Observateur. Aucun mandat, ni preuve d’infraction n’avait alors été établi contre les commerçants.

Cette opération illégale a provoqué une vague d’indignation, d’autant plus qu’elle met en cause des agents censés incarner la probité et la sécurité de la population. Malgré leurs dénégations à la barre, les policiers ont été formellement reconnus coupables à l’issue d’une instruction minutieuse.

Le procureur de la République avait requis trois ans de prison ferme, mais le tribunal a finalement prononcé une peine de deux ans ferme assortie d’une condamnation solidaire à verser 300 millions de FCFA de dommages et intérêts aux victimes. Une décision perçue comme un rappel à l’ordre à l’égard des forces de sécurité.

Les deux commerçants maliens, eux, ont été relaxés. L’instruction n’a retenu aucune charge de blanchiment d’argent ni infraction connexe à leur encontre.

Déjà placés en garde à vue en 2024 pour vol, séquestration et extorsion de fonds, les policiers aujourd’hui condamnés faisaient partie d’une brigade de recherches censée œuvrer pour la protection des citoyens. Ce scandale met une fois de plus en lumière les dérives internes au sein des forces de l’ordre et souligne la nécessité d’un renforcement du contrôle et de la redevabilité dans les services publics de sécurité.

Dialogue national : Ndiaga Sylla réclame un délai supplémentaire avant l’ouverture

Alors que le coup d’envoi du Dialogue national est prévu ce mardi 28 mai, l’expert électoral Ndiaga Sylla lance un appel à la prudence et à la réflexion. Dans une publication partagée sur sa page Facebook, il estime que le calendrier fixé pour ces assises, consacrées à la réforme du système politique sénégalais, est trop serré pour permettre un travail en profondeur et aboutir à des résultats réellement consensuels.

« Je ne suis pas pour des concertations qui perdurent. Mais, il me paraît judicieux, au vu des thématiques du Dialogue national sur le système politique et de la complexité des points de discussion, de proroger la période afin de parvenir à plus de consensus sur les questions majeures, d’autant plus qu’il n’y a pas eu de pré-dialogue », a-t-il écrit.

Cette prise de position souligne une inquiétude grandissante dans certains cercles d’experts et de la société civile sur le risque de précipitation. Pour Ndiaga Sylla, les enjeux liés à la modernisation du système électoral, à la clarification du statut de l’opposition ou encore à la création d’institutions nouvelles comme une Cour constitutionnelle ou un organe indépendant de gestion des élections méritent un traitement rigoureux, inclusif et étalé sur un délai raisonnable.

Son appel résonne comme une invitation à ne pas sacrifier la qualité du débat sur l’autel de la vitesse politique. À quelques heures du lancement officiel du Dialogue, cette interpellation pourrait peser dans les arbitrages de dernière minute, notamment si d’autres voix rejoignent cette demande de prorogation afin d’approfondir les échanges et garantir la légitimité des conclusions attendues.

Affaire Farba Ngom : Me Moussa Bocar Thiam fustige une « mascarade judiciaire » et dénonce un « acharnement » contre le Fouta

L’arrestation du député-maire des Agnam, Farba Ngom, continue de susciter une vague d’indignation dans le nord du pays. L’ancien ministre et avocat Me Moussa Bocar Thiam est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il qualifie de « mascarade judiciaire » et un « acharnement ciblé » contre une figure politique emblématique du Fouta. Dans un entretien accordé à L’Observateur, il n’a pas mâché ses mots et a livré une défense vigoureuse de celui qu’il considère comme « l’un des fils les plus valeureux et généreux de la région ».

Selon Me Thiam, l’incarcération de Farba Ngom représente un désastre politique et moral pour le Fouta. Il décrit une région en état de choc, plongée dans un sentiment d’injustice profond, marquée par l’emprisonnement d’un homme qu’il décrit comme « symbole de loyauté, d’engagement et de générosité ». L’ancien ministre estime que cette arrestation s’apparente à une tentative de briser une dynamique sociale et politique propre à cette zone du pays, historiquement marginalisée mais fortement mobilisée ces dernières années autour de certaines figures influentes.

Au cœur de cette affaire se trouvent de lourdes accusations : blanchiment d’argent, escroquerie, complicité de détournement de deniers publics et association de malfaiteurs. Farba Ngom a été placé sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025 à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, dans le cadre du dossier explosif des 125 milliards de francs CFA révélés par la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif). Me Thiam déplore la nature des charges qui pèsent sur son client, en particulier celle de « complicité de détournement », alors que, selon lui, Farba Ngom n’a jamais été administrateur de crédits publics ni en position de responsabilité financière dans les structures incriminées.

L’avocat dénonce également le refus du juge d’instruction d’accepter le cautionnement proposé par la défense. Une dizaine de titres fonciers avaient pourtant été mis en garantie, dans l’espoir d’obtenir une liberté provisoire. Le rejet de cette démarche est interprété par Me Thiam comme une preuve supplémentaire d’un acharnement judiciaire, qu’il estime politiquement orienté. Il affirme que son client est privé de ses droits à une procédure équitable et transparente, et s’alarme d’une justice à deux vitesses.

Farba Ngom, plus connu sous le prénom Mouhamadou, a depuis été extrait à deux reprises de sa cellule pour être réentendu et faire face à de nouveaux chefs d’inculpation. Fin avril, il a été inculpé pour « association de malfaiteurs en bande criminelle organisée », un développement qui a encore aggravé la situation du parlementaire. Le mardi 6 mai, il a de nouveau été conduit à la Section de recherches de Colobane pour une audition relative à une affaire de lotissement impliquant la Banque of Africa (BOA).

Face à l’ampleur de cette affaire, Me Moussa Bocar Thiam a tenu à lancer un message de résistance et de solidarité. Il affirme que « le peuple du Fouta reste debout et résilient » et que la population locale ne compte pas céder face à ce qu’il considère comme une tentative de marginalisation. Pour lui, l’issue ne fait aucun doute : « Nous mettrons fin à cette mascarade judiciaire. »

Dans un climat politique tendu, cette affaire prend une dimension à la fois judiciaire, sociale et symbolique. Elle illustre les nouvelles dynamiques de la lutte contre la corruption tout en soulevant des interrogations sur l’impartialité et la transparence des procédures engagées contre certaines personnalités politiques. Le sort de Farba Ngom, à la fois élu et notable local, est désormais suivi de près par l’opinion publique, particulièrement dans le Fouta où il jouit encore d’un fort soutien populaire.

Un commerçant condamné à rembourser 12 millions à un émigré floué dans un projet d’investissement

L’histoire d’un projet d’investissement tourné au cauchemar s’est soldée par une décision de justice en faveur de B. Diop, un émigré revenu de France pour investir dans son pays natal. Il avait confié une cargaison de dattes d’une valeur de 12 millions de francs CFA à un commerçant de Dakar, M. Diaw, chargé d’écouler les produits en deux semaines. Un an plus tard, le plaignant n’a récupéré que 1,8 million de francs CFA.

Selon L’Observateur, qui a suivi l’audience devant le tribunal des flagrants délits de Dakar, M. Diaw a multiplié les explications rocambolesques pour justifier ce manquement. Il a notamment évoqué des dettes prétendument impayées par des personnalités telles que l’ancien ministre des Finances, l’ex-Première dame Marième Faye Sall, ou encore la banque BICIS, à hauteur de 500 millions de francs CFA.

En plus de ces justifications fantaisistes, le commerçant a tenté de rejeter la faute sur la qualité de la marchandise, affirmant que les dattes étaient invendables et qu’un accord avait été trouvé pour les écouler à bas prix. Des déclarations contredites par une pièce maîtresse versée au dossier : un enregistrement audio dans lequel M. Diaw reconnaît sa dette et promet de la rembourser intégralement.

Face à ces éléments, le tribunal a statué en faveur de la partie civile et a ordonné à M. Diaw le remboursement total des 12 millions de francs CFA, mettant un terme à une affaire qui illustre les risques encourus par les émigrés de retour au pays, souvent confrontés à la mauvaise foi de certains partenaires locaux.

Sénégal : Amadou Mansour Faye écroué pour détournement de deniers publics

La machine judiciaire sénégalaise poursuit sa croisade contre la corruption. Ce lundi 26 mai, Amadou Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire et de l’Équité sociale et territoriale, a été placé sous mandat de dépôt par la commission d’instruction de la Haute cour de justice. L’audition s’est tenue au Palais de Justice Lat Dior de Dakar, en présence de ses avocats et de plusieurs proches venus le soutenir.

Personnalité politique influente et beau-frère de l’ancien président Macky Sall, Mansour Faye est visé par une batterie de chefs d’accusation graves : association de malfaiteurs, concussion, corruption, prise illégale d’intérêts, faux et usage de faux en écritures privées, détournement de deniers publics, escroquerie portant sur des fonds publics, blanchiment de capitaux, entre autres. Le préjudice provisoire est estimé à 2 749 927 498 FCFA.

Présent lors de l’audience, Adama Faye, frère de l’ex-première dame Marième Faye Sall, a réagi devant la presse. « Nous rendons grâce à Dieu. Nous connaissons bien Mansour Faye. C’est un homme de valeur et de principes. Il est intègre. Il a reçu une bonne éducation », a-t-il déclaré, manifestant son soutien indéfectible.

Toutefois, il a ajouté : « Nous faisons confiance en la justice de notre pays. Nous disons oui à la reddition des comptes, mais non au harcèlement. » Se montrant prudent, il a refusé de commenter le fond du dossier, qu’il qualifie de « compliqué », tout en assurant que la procédure d’appel d’offres incriminée s’était déroulée normalement, sans aucune surfacturation.

Les avocats de l’ancien ministre avaient tenté de faire valoir une demande de liberté provisoire avec caution, mais celle-ci a été rejetée par la juridiction.

L’incarcération d’Amadou Mansour Faye, figure du régime précédent et proche du cercle présidentiel de Macky Sall, est perçue comme un signal fort envoyé par les nouvelles autorités dans le cadre de la lutte contre la corruption et la reddition des comptes. Elle s’inscrit dans une série d’enquêtes ouvertes sur la gestion des fonds publics sous l’ancien régime.

Pour certains observateurs, cette arrestation pourrait marquer un tournant dans la gouvernance au Sénégal, à condition que le processus judiciaire respecte l’équité, l’impartialité et les droits de la défense.

Oumar Sow incarcéré pour diffusion de fausses nouvelles : son procès prévu mercredi prochain

Le responsable politique Oumar Sow a été placé sous mandat de dépôt ce lundi, à l’issue de son audition par le juge d’instruction. Il est poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par le Code pénal sénégalais. L’information a été confirmée par son avocat, Me Barro, qui indique par ailleurs que le procès de son client est fixé pour mercredi prochain.

Militant actif basé à Yeumbeul, Oumar Sow s’était récemment illustré par des déclarations virulentes à l’endroit des autorités judiciaires. Lors de sa dernière intervention publique, il avait ouvertement critiqué le parquet pour ce qu’il a qualifié de gestion partiale du dossier impliquant l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall. Il avait également accusé le parti au pouvoir de mener une campagne ciblée contre les maires appartenant à l’opposition, dans ce qu’il a décrit comme une tentative de « liquidation politique ».

Ces propos ont suscité une vive réaction de la part des autorités judiciaires, qui ont ouvert une enquête ayant conduit à son arrestation. Le parquet a estimé que ses accusations publiques, sans preuves tangibles, relevaient de la diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public et à jeter le discrédit sur l’institution judiciaire.

Oumar Sow est actuellement incarcéré dans l’attente de son procès. Son avocat, tout en déplorant une procédure qu’il juge précipitée, affirme que son client compte assumer pleinement sa défense devant le tribunal. Me Barro a par ailleurs souligné que les déclarations de son client s’inscrivent dans un contexte de liberté d’expression et de débat politique, et qu’elles ne sauraient être assimilées à des actes délictueux en l’absence d’intention de nuire ou de fausses informations avérées.

L’affaire est très suivie dans la sphère politique, notamment parmi les opposants au régime en place, qui dénoncent une justice à géométrie variable et s’inquiètent de ce qu’ils considèrent comme une instrumentalisation de la justice à des fins de répression politique. Le verdict du procès prévu mercredi pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà du seul cas de Oumar Sow.

Haute Cour de Justice : Mansour Faye conteste les accusations de détournement et réclame la liberté provisoire

L’ancien ministre sénégalais du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, Amadou Mansour Faye, a officiellement déposé une requête devant la Haute Cour de Justice ce lundi 26 mai 2025. Inculpé pour détournement de deniers publics, corruption, prise illégale d’intérêt et blanchiment de capitaux, il rejette en bloc les faits qui lui sont reprochés et sollicite sa mise en liberté provisoire.

Cette affaire trouve son origine dans la gestion des fonds alloués à la Force Covid-19, un programme mis en place par l’État du Sénégal en 2020 pour atténuer les effets de la pandémie sur les populations les plus vulnérables. À l’époque, Mansour Faye était en charge de la composante « Appuis alimentaires » du Programme de Résilience économique et sociale (PRES). Son ministère supervisait l’achat et la distribution de denrées alimentaires de première nécessité à destination de plus d’un million de ménages à travers le pays. Selon les conclusions d’une enquête, ces opérations auraient donné lieu à une surfacturation estimée à 2,7 milliards de francs CFA sur les lots de riz.

Dans le mémoire déposé à la Haute Cour de Justice, la défense de l’ancien ministre affirme que ce dernier n’avait ni la qualité d’ordonnateur ni celle de signataire des marchés publics. Il est précisé que l’ensemble des procédures d’achat avait été confié à la commission des marchés de son ministère, et que les contrats avaient été validés et payés par le ministère des Finances, en conformité avec la réglementation en vigueur. Les avocats soulignent que les fournisseurs avaient été sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres ouvert, sous la supervision de l’Agence de Régulation des Marchés Publics (ARMP), et que les prix appliqués étaient en réalité inférieurs à ceux en vigueur sur les marchés internationaux à l’époque.

Pour appuyer cette défense, plusieurs éléments économiques sont mis en avant. Les avocats de Mansour Faye invoquent les rapports de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) ainsi que ceux du Commissariat à la sécurité alimentaire, qui font état d’une hausse généralisée et durable des prix du riz entre 2020 et 2024. Ils estiment par ailleurs que l’arrêté ministériel de 2013, utilisé pour fixer le prix de référence ayant servi à calculer la supposée surfacturation, n’était plus applicable dans un contexte marqué par des ruptures de stocks et une inflation internationale causée par la pandémie.

Sur les accusations de corruption et d’escroquerie, l’ancien ministre soutient qu’il n’a jamais bénéficié personnellement des fonds et qu’aucune manœuvre frauduleuse ni utilisation de faux documents n’ont été observées dans la passation ou l’exécution des marchés. Il rappelle que les fournisseurs avaient bien livré les produits convenus et qu’ils avaient été rémunérés par l’État, sans irrégularités avérées.

Enfin, Mansour Faye demande à être placé en liberté provisoire. Il affirme présenter toutes les garanties de représentation nécessaires devant la justice. Il évoque notamment sa résidence fixe à Saint-Louis, son statut d’élu local en tant que maire, sa coopération constante avec les autorités judiciaires, ainsi que l’absence de risques de fuite ou de tentative d’entrave à la procédure, les enquêtes étant désormais closes. Il ajoute que si sa demande de liberté était rejetée, il solliciterait l’application des nouvelles dispositions du Code de procédure pénale qui permettent un aménagement des mesures de détention.

Le dossier sera prochainement examiné par la Haute Cour de Justice, dans un climat marqué par une volonté politique affichée de lutte contre l’impunité, mais aussi par un débat grandissant sur la neutralité des poursuites engagées contre certains anciens dignitaires du régime précédent.

Condamnation de Mansour Faye : ses avocats dénoncent une procédure biaisée

Les avocats de l’ancien ministre Mansour Faye ont vivement réagi suite à la mise sous mandat de dépôt de leur client, intervenue ce lundi après son audition devant la commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Poursuivi dans le cadre de la gestion des fonds destinés à la lutte contre le Covid-19, Mansour Faye est accusé d’avoir orchestré une surfacturation présumée de 2,75 milliards FCFA dans le cadre de l’achat de riz destiné aux populations.

Dans une déclaration transmise à la presse, la défense regrette que le juge d’instruction ait écarté “des contestations sérieuses” soulevées tout au long de la procédure. Selon les conseils de l’ancien ministre, plusieurs arguments et éléments de preuve destinés à démontrer l’absence de responsabilité pénale de leur client ont été ignorés.

Les avocats fustigent également le rejet de l’offre de cautionnement présentée par Mansour Faye. Cette proposition, selon eux, visait à garantir la représentation de leur client devant la justice tout en lui permettant de rester libre pendant la suite de la procédure. Le refus d’examiner cette offre est perçu par la défense comme une volonté manifeste d’écarter toute alternative à la détention.

Autre point de discorde : le rejet du recours en inconstitutionnalité introduit par la défense, qui contestait la loi régissant la Haute Cour de justice. Les avocats considèrent que cette juridiction, dans sa forme actuelle, viole certains principes fondamentaux du droit à un procès équitable.

Pour rappel, Mansour Faye, ancien ministre du Développement communautaire, de l’Équité sociale et territoriale, est une figure politique de premier plan au Sénégal. Gendre de l’ancien président Macky Sall, il fut l’un des responsables de la gestion des aides alimentaires d’urgence pendant la pandémie. Les accusations qui pèsent contre lui portent un coup dur à son image, et soulèvent une fois de plus la question de la reddition des comptes dans la gestion des deniers publics.

Justice : Mansour Faye placé sous mandat de dépôt dans une affaire de surfacturation

Dakar, 25 mai 2025 – L’ancien ministre et ex-maire de Saint-Louis, Amadou Mansour Faye, a été placé sous mandat de dépôt ce matin, à l’issue de sa comparution devant la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette décision fait suite à une enquête portant sur une affaire de surfacturation estimée à environ trois milliards de FCFA dans le cadre d’un marché public de riz, destiné à l’aide alimentaire d’urgence pendant la pandémie de Covid-19.

Le dossier, ouvert il y a plusieurs mois, met en cause l’ancien responsable pour des irrégularités financières jugées graves par les enquêteurs. Il est reproché à Mansour Faye d’avoir dirigé une opération d’achat de riz à des prix anormalement élevés, suscitant des soupçons de détournement et de favoritisme dans l’attribution des marchés.

Cette mise sous mandat de dépôt marque une étape importante dans les poursuites engagées contre d’anciens membres du régime de Macky Sall. Elle survient dans un contexte où les nouvelles autorités, dirigées par le président Bassirou Diomaye Faye, affirment leur volonté de faire de la reddition des comptes un pilier central de leur gouvernance.

L’affaire suscite d’autant plus d’attention qu’Amadou Mansour Faye est également le beau-frère de l’ancien président Macky Sall, ce qui confère à cette procédure une dimension politique non négligeable. Si certains y voient une instrumentalisation de la justice, d’autres saluent une volonté assumée de rompre avec une culture d’impunité.

L’ouverture de cette procédure devant la Haute Cour de Justice, juridiction compétente pour juger les anciens ministres, confirme le durcissement des mécanismes de contrôle de la gestion publique. Le signal envoyé est clair : aucun dignitaire, aussi proche soit-il du pouvoir passé, ne sera à l’abri d’éventuelles poursuites en cas de faute présumée.

Affaire Khadim Bâ : un rapport d’expertise accablant pour la Douane sénégalaise

Un nouveau rebondissement secoue le différend opposant l’homme d’affaires Khadim Bâ à l’administration douanière. Selon les révélations de L’Observateur, un rapport d’expertise récemment transmis au ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, pourrait totalement remettre en question les fondements juridiques des poursuites engagées contre le patron de la Bnde, actuellement incarcéré.

Ce rapport, établi par le cabinet d’expertise Cecogex à la demande de la défense, met en lumière de graves irrégularités dans la procédure douanière ayant conduit à l’affaire. Dans une correspondance officielle adressée au ministre, Me Djiby Diallo, avocat de Khadim Bâ, pointe une série d’erreurs aussi bien juridiques que procédurales, entachant les procès-verbaux dressés par les services douaniers.

Selon le rapport, les accusations reposent sur une mauvaise interprétation des textes en vigueur. Les agents de la Douane n’auraient pas pris la peine de vérifier certains documents essentiels avant de dresser leurs procès-verbaux, accusant à tort Khadim Bâ d’avoir produit de fausses attestations de change. L’expertise souligne que ces documents ont été fournis sans intention frauduleuse, dans un contexte de méconnaissance des procédures exactes de dédouanement.

Plus encore, Cecogex insiste sur le fait qu’à la date des faits, aucune disposition légale n’imposait un rapatriement des fonds pour un contrat de représentation, tel que celui qui liait Dermond Africa à Dermond Oil and Gaz FZE. La notion même d’« exportation de service » — point central du dossier — n’a été intégrée à la réglementation de l’UEMOA qu’en décembre 2024, et sa mise en application reste suspendue à des instructions non encore publiées par la BCEAO.

Pour Me Djiby Diallo, cette affaire s’apparente à une erreur administrative majeure. Il affirme que son client n’avait aucunement vocation à gérer directement les procédures de change, cette responsabilité relevant du transitaire de la Société africaine de raffinage (Sar), réelle entité importatrice. Le rapport évoque également la possibilité d’une inscription de faux contre les agents verbalisateurs, si les erreurs de procédure sont confirmées.

Autre élément troublant : Al Amine Lô, ancien directeur national de la BCEAO et aujourd’hui ministre-conseiller, pourrait témoigner que toutes les transactions ont bel et bien été effectuées en francs CFA, avec l’aval de l’institution monétaire.

Avec ces éléments accablants, la défense espère obtenir une annulation pure et simple des poursuites. Le rapport Cecogex appelle à la prudence, estimant que cette situation pourrait entraîner de sérieuses conséquences sur le plan judiciaire et institutionnel, en raison d’une mauvaise qualification juridique des faits reprochés à Khadim Bâ.

Mansour Faye convoqué par la Haute cour de justice malgré un accident de la route

L’ancien ministre Mansour Faye, par ailleurs maire de Saint-Louis, a été victime d’un accident de la circulation ce dimanche alors qu’il se rendait à Saint-Louis pour assister au gamou dédié à Serigne Babacar Sy. Heureusement, il est sorti indemne du choc, comme le rapportent plusieurs médias nationaux.

Cet incident n’empêche toutefois pas le cours de la justice. Mansour Faye est en effet convoqué ce lundi 26 mai à 11 heures précises devant la commission d’instruction de la Haute cour de justice, au troisième étage du Palais de justice de Dakar. Une convocation à laquelle il est tenu de répondre, sous peine d’y être conduit de force, comme le souligne L’Observateur dans son édition du jour.

Le quotidien du Groupe futurs médias rappelle les dispositions légales encadrant ce type de procédure : « Mandons et ordonnons à tous les huissiers ou officiers ou agents de police judiciaire ou agents de la force publique de lui notifier le présent mandat et de l’informer que, faute de comparaître, il sera décerné un mandat d’amener. » Une formule standard, selon certaines sources judiciaires citées par le journal, qui précisent que « cette mention n’a rien de personnelle ». Tous les anciens ministres convoqués dans le cadre de cette enquête ont reçu des convocations similaires.

La comparution de Mansour Faye s’inscrit dans le cadre de l’enquête sur la gestion du fonds Force-Covid-19, suite aux révélations du rapport de la Cour des comptes. Plusieurs personnalités ayant géré des fonds publics durant la crise sanitaire sont concernées. L’ancien ministre du Développement communautaire est soupçonné de malversations, accusations qu’il rejette fermement.

Affaire Julo : Ama Baldé et son frère Pathé introuvables après une altercation avec la police à Pikine

Les célèbres lutteurs Ama Baldé et son frère Pathé Baldé sont activement recherchés par les éléments du commissariat d’arrondissement de Pikine. Jusqu’à ce dimanche à 20 h, ils restaient introuvables, alors qu’ils sont cités dans une affaire mêlant agression, drogue et obstruction à l’action policière.

Tout a commencé par une plainte déposée contre un jeune homme surnommé “Julo”, neveu d’Ama Baldé. Il est accusé d’avoir agressé un individu, lui dérobant sa moto et sa chaîne. Alertés, les policiers se sont rendus au domicile familial des Baldé à Pikine, pour remettre une convocation au suspect.

Mais à leur arrivée, les agents trouvent Julo dans le salon, en train de fumer du chanvre indien. La situation dégénère rapidement : Ama Baldé et son grand frère Pathé s’opposent farouchement à l’interpellation du neveu. Une empoignade éclate entre Ama et un adjudant de police, au cours de laquelle ce dernier subit une blessure légère à la main. Il a obtenu un certificat médical mentionnant une incapacité temporaire de travail de sept jours, selon des sources policières citées par Seneweb.

Profitant de la confusion, Julo réussit à s’échapper. Une perquisition menée dans sa chambre permet la découverte de 14 cornets de chanvre indien ainsi qu’une paire de ciseaux. Mais au moment où les renforts arrivent sur les lieux, Ama et Pathé Baldé avaient déjà disparu.

Une enquête est en cours pour retrouver les deux frères ainsi que le principal suspect, Julo. Cette affaire, mêlant figures populaires du sport national et faits divers, suscite déjà de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Affaire West African Energy : Un dossier judiciaire entaché d’irrégularités et d’ombres qui fragilisent la procédure

L’affaire West African Energy, qui mobilise depuis plusieurs mois l’attention de l’opinion publique et des milieux judiciaires, connaît un nouveau tournant avec la révélation de graves dysfonctionnements dans la gestion du dossier. À quelques jours de la communication officielle des pièces du dossier, la défense de Monsieur Samuel SARR dénonce une série d’anomalies qui compromettent sérieusement la transparence et l’équité de la procédure.

Le 19 mai 2025, les avocats de Samuel SARR ont reçu une communication du dossier datée du 12 mai 2025, censée permettre la préparation de la défense avant une prochaine étape de l’instruction. Mais c’est avec stupéfaction qu’ils constatent que le dossier transmis est incomplet. En effet, le rapport d’expertise réalisé par Me Alioune TOURE, expert désigné par le juge d’instruction et qui blanchit totalement Samuel SARR, est mystérieusement absent. Cette disparition soulève des interrogations majeures. Pourquoi un document clé qui disculpe l’accusé a-t-il été retiré ou égaré ? La défense s’interroge sur une possible manipulation visant à influencer la procédure au détriment de la vérité.

Par ailleurs, le dossier est entaché par le refus apparent du juge d’instruction d’entendre un protagoniste essentiel de l’affaire : Monsieur Arona DIA, administrateur et actionnaire majoritaire de West African Energy. Jusqu’à présent, il n’a pas été convoqué ni interrogé dans le cadre de l’enquête. Ce silence étonnant suscite une polémique, car il paraît juridiquement impossible de boucler un dossier aussi complexe sans recueillir le témoignage capital de ce principal acteur. La défense souligne que ce refus va à l’encontre des règles fondamentales de la procédure judiciaire, et questionne les motivations politiques possibles derrière cette entorse.

Sur un autre front, l’état de santé de Monsieur Samuel SARR, déjà préoccupant, continue de se dégrader. Le juge d’instruction avait pourtant désigné le Professeur Maimouna Ndour, spécialiste en endocrinologie, pour effectuer un examen médical approfondi et fournir un rapport dans un délai d’un mois. Or, ce rapport, remis le 19 mai 2025, n’a pas été communiqué aux parties concernées, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant au respect des droits médicaux et humains de l’accusé. La défense dénonce une possible tentative d’“effacement” symbolique et physique de Samuel SARR dans cette procédure.

Ces différents manquements, ajoutés à une ordonnance du 16 mai 2025 qui a été rédigée en violation flagrante des droits de la défense, conduisent les conseils de Samuel SARR à demander que cette ordonnance soit écartée du dossier. Selon eux, la procédure est bâclée et entachée d’irrégularités graves, mettant en péril non seulement la défense de leur client mais aussi la crédibilité de l’ensemble du système judiciaire.

Dans ce contexte, la défense appelle à un respect scrupuleux des droits fondamentaux, à la réouverture de l’instruction avec toutes les garanties d’équité, et à une prise en compte urgente de l’état de santé préoccupant de Monsieur Samuel SARR. Ces exigences traduisent une volonté de préserver l’intégrité de la justice sénégalaise face à un dossier devenu hautement sensible et politisé.

Le public et les observateurs attendent désormais que les autorités judiciaires prennent les mesures nécessaires pour garantir un procès équitable, transparent et respectueux des droits de tous les protagonistes. L’avenir de cette affaire, qui touche au cœur des questions économiques et politiques au Sénégal, dépendra en grande partie de la manière dont ces irrégularités seront traitées dans les jours et semaines à venir.

Criminalisation de l’homosexualité : une urgence reconnue, mais pas une priorité selon Momath Talla Ndao

Invité ce dimanche 25 mai sur les ondes de la RFM dans l’émission « Grand Jury de Dimanche », Momath Talla Ndao, secrétaire d’État chargé de l’Urbanisme, a apporté un éclairage nuancé sur la place qu’occupe la question de la criminalisation de l’homosexualité dans les priorités actuelles du gouvernement. Tout en réaffirmant l’engagement de l’exécutif à agir sur ce dossier, il a tenu à rappeler que d’autres urgences priment dans l’action immédiate des nouvelles autorités.

« La criminalisation, c’est un engagement qui sera tenu », a-t-il déclaré d’emblée, reconnaissant l’importance de cette revendication dans le paysage politique et social sénégalais. Toutefois, il a tempéré cette promesse par une mise au point : « La question de la reddition des comptes, les deniers publics, ce sont des dossiers urgents parce que nous devons financer l’économie, l’éducation, la santé… Ce sont des urgences qu’il faut gérer. »

Cette déclaration marque une volonté de hiérarchiser les actions du gouvernement, avec une nette préférence pour les urgences économiques et la restauration de la gouvernance publique. En évoquant la nécessité de recouvrer les fonds publics détournés, Momath Talla Ndao a souligné que l’assainissement des finances de l’État constitue un préalable incontournable au redressement national.

« C’est ce processus que nous sommes en train de suivre », a-t-il expliqué, évoquant les efforts entrepris pour instaurer la transparence budgétaire, renforcer les marges de manœuvre financières et relancer les secteurs vitaux comme l’éducation, la santé ou l’agriculture. Selon lui, ces choix sont dictés par les attentes profondes des Sénégalais et les promesses faites durant la campagne.

Sur le plan politique, ses propos traduisent également une volonté de rassurer l’opinion : les engagements sociétaux ne sont pas abandonnés, mais relégués à un second plan par rapport à l’urgence économique. C’est une réponse indirecte à la pression exercée ces derniers jours par certains groupes conservateurs, notamment après la marche du collectif « Rappel à l’ordre », qui réclame une loi plus dure contre l’homosexualité.

Le message est donc double : d’un côté, l’État reste fidèle à ses principes et à la ligne idéologique portée par la coalition au pouvoir ; de l’autre, il affirme sa détermination à répondre d’abord aux défis immédiats du pays, avec une gouvernance orientée vers les résultats, la rigueur et la redéfinition des priorités nationales.

Dans un contexte de transition politique marqué par de fortes attentes sociales, la position de Momath Talla Ndao illustre la complexité de l’équation à laquelle le gouvernement fait face : concilier les exigences d’une base militante attachée aux valeurs culturelles et religieuses, tout en s’attaquant aux fondements économiques d’un pays en quête de stabilité et de développement.

Oumar Sow en garde à vue : l’ancien conseiller spécial visé pour diffusion de fausses nouvelles

L’affaire secoue de nouveau la sphère politique sénégalaise. Oumar Sow, ancien conseiller spécial à la présidence de la République et président du Mouvement OSYS, a été placé en garde à vue dans la nuit du dimanche à lundi. Selon des sources concordantes relayées par Seneweb, il a été interpellé à l’issue de son audition par la Division spéciale de cybersécurité.

Actuellement retenu dans les locaux du commissariat d’arrondissement du Plateau, le responsable politique de Yeumbeul est soupçonné de diffusion de fausses nouvelles, une infraction prévue et punie par la législation sénégalaise. Sauf revirement, il sera présenté ce lundi devant le procureur du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar.

La garde à vue de M. Sow fait suite à une série de déclarations médiatiques dans lesquelles il a notamment mis en cause le parquet dans l’affaire Ismaïla Madior Fall, ancienne figure de proue du ministère de la Justice. Dans ses sorties, l’ancien conseiller n’a pas mâché ses mots, accusant ouvertement le parti au pouvoir de manœuvres visant à “liquider politiquement les maires de l’opposition”.

Ces propos, jugés graves par les autorités judiciaires, ont été perçus comme des allégations non fondées susceptibles de troubler l’ordre public, d’où l’ouverture d’une enquête confiée à la Division spéciale de cybersécurité.

Le dossier est d’ores et déjà suivi de près par les observateurs, dans un contexte politique tendu où les arrestations de figures de l’opposition continuent de susciter de vives réactions. Plusieurs sympathisants de l’opposition dénoncent une instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nouveau revers judiciaire pour Samuel Sarr : la Cour suprême rejette son pourvoi en cassation

La Chambre pénale de la Cour suprême a tranché. Réunie en audience spéciale ce mardi, elle a rejeté le pourvoi en cassation introduit par les avocats de Samuel Sarr, scellant un nouvel échec dans la quête de liberté provisoire de l’ancien Directeur général de la société West African Energy (WAE).

Ce recours visait à contester le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire, d’abord par le juge d’instruction, puis par la Chambre d’accusation. La Cour suprême a finalement confirmé ces décisions, estimant les arguments de la défense insuffisants pour remettre en cause les précédents jugements.

Malgré ce revers judiciaire, Samuel Sarr refuse de baisser les bras. Selon des informations rapportées par Les Échos, une nouvelle demande de mise en liberté provisoire a été introduite, cette fois directement devant le magistrat instructeur en charge du dossier. L’homme d’affaires, qui continue de nier en bloc les faits qui lui sont reprochés, mise sur ses garanties de représentation pour tenter d’obtenir une issue favorable.

Ses conseils assurent que leur client respecterait strictement les conditions d’une libération, arguant notamment de son attachement au territoire national et de sa volonté de se défendre librement. Mais les juges, jusque-là, restent prudents. Les dénégations de l’accusé sont jugées peu convaincantes, et les risques de fuite sont perçus comme élevés en raison de son poids dans les milieux d’affaires et de ses nombreux relais.

Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ancien ministre de l’Intérieur accusé d’avoir dégradé une villa de l’État

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, a comparu ce jeudi devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar, dans une affaire portant sur la dégradation présumée d’un bien immobilier appartenant à l’État. À l’origine de la plainte : la Société nationale de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa), qui estime les dommages causés à la villa de fonction à plus de 50 millions de francs CFA.

La Sogepa accuse l’ex-ministre d’avoir restitué le logement dans un état de détérioration avancée, plusieurs années après la fin de son mandat ministériel en 2012. Le bien en question, une villa de fonction mise à disposition pendant l’exercice de ses fonctions, aurait subi d’importants dégâts, suscitant l’indignation des services de l’État chargés de la gestion du patrimoine public.

Mais Mbaye Ndiaye conteste vigoureusement ces allégations. À sa sortie d’audience, il a livré sa version des faits, relayée par L’Observateur. « J’ai investi personnellement 200 millions dans la rénovation de la villa », a-t-il affirmé, ajoutant que le logement initialement doté de trois chambres avait été entièrement réaménagé pour en contenir quinze. L’ancien ministre souligne qu’il a quitté les lieux il y a plus de dix ans, à la fin de son mandat ministériel, en 2012.

Cette affaire soulève une nouvelle fois la question de la gestion du patrimoine de l’État par les anciens dignitaires. Elle intervient dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la transparence et la redevabilité dans l’usage des biens publics.

Le procès a été renvoyé au 24 juillet prochain, date à laquelle les différentes parties présenteront leurs plaidoiries. D’ici là, la défense de Mbaye Ndiaye promet de fournir toutes les preuves des investissements réalisés, tandis que la Sogepa maintient ses accusations, déterminée à obtenir réparation.

Affaire à suivre.

Déclaration conjointe des mouvements, organisations et personnalités de la société civile : Appel urgent pour la réforme de l’article 255 du Code pénal !

Nous, mouvements et organisations de la société civile, exprimons notre vive préoccupation face à l’usage récurrent et préoccupant de l’article 255 du Code de procédure pénale au Sénégal. Un an après l’arrivée au pouvoir du Président Bassirou Diomaye Faye, nous constatons avec inquiétude que plusieurs journalistes, activistes, chroniqueurs et citoyens engagés ont été interpellés ou poursuivis sur la base de cette disposition juridique. 
Cette situation contraste fortement avec les aspirations démocratiques exprimées par les citoyens lors des dernières élections, ainsi qu’avec les engagements de rupture et de renouveau institutionnel pris par les nouvelles autorités.

Le dernier à en faire les frais est Abdou Nguer, chroniqueur et commentateur de l’actualité politique. Le 20 mai, il a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il est inculpé pour diffusion de fausses nouvelles, offense au Chef de l’État et apologie de crime ou délit. Il s’agit là de la seconde incarcération préventive en l’espace d’un mois, les chefs d’accusation étant liés à des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, dans lesquelles il aurait analysé des dossiers d’intérêt public tels que l’affaire PRODAC, le rapport de la Cour des comptes…

Le 17 avril, ce chroniqueur entre autres, de la chaîne de télé SenTV, a été placé pour la première fois sous mandat de dépôt après sa présentation devant le juge d’instruction du 3e cabinet du tribunal de Dakar. Il était poursuivi pour des faits de « diffusion de fausses nouvelles ». Sa convocation découlait d’une auto saisine du procureur de la République, intervenue après la diffusion de propos jugés sensibles au sujet du défunt magistrat Mamadou Badio Camara, ancien président du Conseil constitutionnel. 
Sa détention prolongée marque les limites de la liberté d’expression dans un État de droit. Il est reproché à Abdou Nguer d’avoir émis des opinions critiques sur des sujets d’intérêt public. un droit pourtant protégé par la Constitution sénégalaise et par les instruments juridiques internationaux ratifiés par le Sénégal.

Après une auto saisine du procureur pour avoir été  accusés d’avoir injurié l’ancien président Macky Sall, les militants de Pastef, Assane Gueye dit Azoura Fall et Ousseynou Kairé ont été jugés en flagrant délit le 21 mai et risquent 6 mois de prison, dont 3 ferme. Pour rappel, Azoura Fall avait bénéficié d’une liberté provisoire en raison de son état de santé avant d’être convoqué à nouveau.

Quant à l’activiste Assane Diouf, il a été placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles et offense à une autorité assimilée au président de la République après sa comparution devant le doyen des juges d’instruction le 3 mars dernier. Le 10 avril, le journaliste Simon Faye, rédacteur en chef de SenTv et de Zik Fm, a été convoqué et placé en garde pour diffusion de fausses nouvelles avant d’être libéré sous le régime du contrôle judiciaire. 

Parmi les acteurs politiques, les cas de Moustapha Diakhaté et Adama Fall sont à relever. Le premier est une voix critique du pouvoir actuel. Il a été arrêté le 22 novembre 2024 pour « insultes par le biais d’un système informatique envers un groupe se caractérisant par son origine nationale” avant d’être libéré le 24 janvier dernier. Le second, Adama Fall, acteur politique et opposant au pouvoir, est placé en garde à vue pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles le 21 février, avant d’être relaxé le 26 février. 

Ces cas, récents parmi tant d’autres, s’inscrivent dans une tendance préoccupante de l’utilisation abusive de l’article 255 du code pénal, qui menace gravement la liberté d’expression et la liberté de presse surtout dans l’espace numérique. Il stipule : « La publication, la diffusion, la divulgation ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, sera punie d’un emprisonnement d’un à trois ans et d’une amende de 100 000 à 1 500 000 francs (…) ». 

Cet article rédigé en des termes ambigus dans un cadre législatif post-colonial, ouvre la voie à des interprétations subjectives. Par ailleurs, le recours systématique à la sanction la plus sévère, sans prise en compte des circonstances spécifiques de l’infraction, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect du principe de proportionnalité des peines dans un État de droit. 

Les Nations Unies ont mis en garde contre les réponses étatiques excessives. Elles appellent les États à s’abstenir de mesures disproportionnées telles que les coupures d’Internet ou l’adoption de lois imprécises et trop larges, utilisées pour criminaliser, bloquer, censurer ou restreindre les discours en ligne, au détriment de l’espace civique.
​​Pour éviter des réponses juridiques inadéquates et préjudiciables aux droits de l’Homme, l’État du Sénégal doit mettre en oeuvre une série de mesures à savoir : renforcer le rôle des médias libres, indépendants et diversifiés, investir dans l’éducation aux médias et au numérique, autonomiser les individus et rétablir la confiance du public.

Toutes les personnes en détention préventive sur la base de cet article controversé ces derniers mois, devraient pouvoir bénéficier d’une remise en liberté immédiate. Pour celles ayant déjà été condamnées, il est impératif d’envisager un réexamen de leur situation, notamment à travers un aménagement de peine ou une mesure de grâce, afin de garantir le respect des principes de proportionnalité et de protection des droits humains.
Pour concrétiser certaines des conclusions des assises nationales de la Justice du Sénégal qui se sont tenues en juin 2024, nous mouvements et organisations de la société civile, appelons l’État du Sénégal à :
Réformer l’article 255 du code pénal qui criminalise la publication de fausses nouvelles et l’article 80 pour les aligner avec les normes internationales;
Réexaminer toutes les mesures punitives, y compris les restrictions pénales à la diffamation, l’injure, l’offense ou à la publication de fausses informations, et s’assurer qu’elles sont nécessaires, proportionnées, justifiables et compatibles avec les normes internationales en matière de droits de l’homme;

Privilégier des peines alternatives à l’emprisonnement, dans le respect du principe de proportionnalité comme des peines avec sursis, des travaux d’intérêt général (TIG), des amendes proportionnées aux capacités financières de la personne condamnée, un programme sur l’usage responsable de l’information;

Respecter les engagements internationaux en matière de droits humains, notamment ceux découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auxquels le Sénégal est partie;

À la protection des journalistes, activistes…;
Instaurer un juge des détentions et de la liberté pour statuer sur les mises en détention.

Dans une période où le Sénégal est perçu comme un modèle de démocratie stable en Afrique, ces convocations et arrestations tous azimuts, peuvent ternir l’image d’un pays, respectueuse des droits humains. La démocratie ne se résume pas aux élections, elle est une culture. Elle repose aussi sur un espace civique libre et pluraliste où les citoyens peuvent s’exprimer sans crainte de représailles systématiques.

Fait à Dakar le 22/05/2025

Signataires
AfricTivistes
AfrikaJom Center 
Article 19 Afrique de L’Ouest
Mouhamadou Seck, secrétaire général de la Raddho

DERNIÈRE MINUTE – Haute cour de justice : Moustapha Diop envoyé en prison

L’ancien ministre du Développement industriel et des PME-PMI, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt ce jeudi 22 mai 2025, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute cour de justice.

Député-maire de Louga, Moustapha Diop est poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 930 millions de francs CFA. Cette inculpation fait suite aux révélations contenues dans le rapport définitif de la Cour des comptes sur la gestion du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets de la Covid-19, connu sous le nom de Force-Covid-19.

Selon les conclusions des enquêteurs, le ministère dirigé à l’époque par M. Diop avait bénéficié d’un montant total de 2,5 milliards de francs CFA destiné à l’acquisition de masques de protection. Toutefois, ces fonds publics ont été transférés depuis le compte de dépôt du Trésor public vers un compte privé ouvert à la Bank of Africa, géré personnellement par Moustapha Diop. Ce dernier aurait été le seul ordonnateur des paiements, ce qui constitue une violation flagrante des règles en matière de gestion financière publique.

L’affaire prend une tournure plus préoccupante avec la commande de 250 000 masques, d’une valeur de 930 millions de francs CFA, qui aurait été réglée en espèces directement par l’ancien ministre. Des mouvements financiers jugés suspects ont également été identifiés sur les comptes de M. Diop. Ces comptes ont enregistré des dépôts importants émanant de tiers dont l’identité n’a pas encore été révélée.

Cette arrestation marque une nouvelle étape dans les poursuites engagées par l’État contre plusieurs anciens responsables impliqués dans la mauvaise gestion du fonds Force-Covid. Le dossier de Moustapha Diop sera désormais examiné en profondeur par la Haute cour de justice, seule juridiction habilitée à juger les anciens membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

La suite de l’instruction déterminera si d’autres poursuites ou arrestations pourraient suivre dans cette affaire aux ramifications potentiellement vastes.

Détournement de fonds présumé : l’ancien ministre Moustapha Diop placé sous mandat de dépôt

L’ancien ministre du Développement industriel et des Petites et Moyennes Industries, Moustapha Diop, a été placé sous mandat de dépôt à l’issue des investigations menées par la commission de la Haute Cour de Justice. Il est poursuivi pour un présumé détournement de deniers publics dans une affaire liée à l’achat et à la distribution de masques sanitaires.

Selon les conclusions de la commission, une série de graves irrégularités financières aurait été constatée dans la gestion d’un important stock de masques destinés à la riposte contre la pandémie. Sur les 6 250 000 masques déclarés comme ayant été achetés par le ministère, seuls 3 922 500 auraient effectivement été distribués aux structures bénéficiaires. Ce qui représente un manque à distribuer de 2 327 500 masques, soit une perte financière estimée à 931 millions de francs CFA, au prix unitaire de 400 FCFA le masque.

Outre cet écart non justifié, la commission a également relevé une violation des règles fondamentales de la comptabilité publique, notamment celles stipulées à l’article 104 du décret n° 2020-978 du 23 avril 2020. Ce texte impose que les paiements de deniers publics soient exclusivement effectués par chèque ou par virement, ce qui n’aurait pas été respecté dans ce cas.

Convoqué pour s’expliquer sur les faits, Moustapha Diop a refusé de consigner la somme équivalente au préjudice présumé, affirmant qu’il n’a « rien à se reprocher ». Cette position a conduit les autorités judiciaires à ordonner son incarcération immédiate. Il passe ainsi sa première nuit en détention, en attendant la suite de la procédure judiciaire.

Ce nouveau scandale relance le débat sur la gestion des fonds publics et la transparence dans les marchés passés durant la période de crise sanitaire. Il met également en lumière le rôle accru de la Haute Cour de Justice dans la lutte contre la corruption au sein de la haute administration.

Mbaye Ndiaye devant la justice : l’ex-ministre de l’Intérieur poursuivi pour dégradation de logement de fonction

L’ancien ministre de l’Intérieur, Mbaye Ndiaye, est attendu ce jeudi devant le tribunal de Dakar. Il fait l’objet d’une plainte déposée par la Société de gestion du patrimoine (SOGEPA), qui l’accuse d’avoir sérieusement détérioré un logement de fonction qu’il occupait durant la présidence de Macky Sall.

Selon le quotidien L’Observateur, qui a révélé l’affaire, le préjudice financier est estimé à plus de 50 millions de francs CFA. Il s’agirait de lourds dégâts constatés dans une villa officielle qui avait été mise à la disposition de Mbaye Ndiaye lorsqu’il a été nommé ministre de l’Intérieur. Fait notable, ce dernier aurait conservé l’occupation du bien immobilier même après son départ du gouvernement.

Le dossier a été jugé suffisamment préoccupant pour que la SOGEPA engage des poursuites judiciaires, réclamant réparation pour les dégradations constatées.

Dans son édition de ce jeudi 22 mai, le journal Les Échos confirme la convocation de Mbaye Ndiaye au tribunal et indique que l’audience « sera très probablement renvoyée à une autre date après fixation de la consignation ». Une procédure classique dans ce type de litige, où la partie plaignante doit déposer une somme fixée par le juge pour que le dossier soit examiné sur le fond.

Mbaye Ndiaye, actuel directeur des structures de l’Alliance pour la République (APR), pourrait donc voir ce dossier prolonger son passage devant la justice. Aucune réaction officielle de l’intéressé ou de ses avocats n’a pour l’instant été enregistrée.

Affaire Fonds COVID : Aïssatou Sophie Gladima placée sous mandat de dépôt, son avocat clame son innocence

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a été placée sous mandat de dépôt ce mardi à l’issue de son audition par la commission d’instruction de la Haute Cour de Justice, siégeant au Tribunal de Dakar. Cette décision intervient dans le cadre des enquêtes liées à la gestion des fonds publics, notamment les ressources allouées durant la pandémie de COVID-19.

Elle rejoint ainsi la liste des anciens membres du gouvernement de Macky Sall appelés à rendre des comptes devant cette juridiction d’exception, après les inculpations déjà connues de Ndeye Saly Diop Dieng et Ismaila Madior Fall. La procédure vise à faire la lumière sur un présumé détournement portant sur un montant de 193 070 000 FCFA. Ces fonds devaient être utilisés dans le cadre de la Force-COVID pour la mise en place d’un centre gravimétrique à Kédougou, destiné à soutenir les orpailleurs durement frappés par les effets économiques de la pandémie.

Me Michel S. Bass, avocat de l’ancienne ministre, a fermement rejeté les accusations. Il a assuré à Dakaractu que sa cliente n’a rien à se reprocher, qu’elle mène une vie conforme à ses revenus et qu’elle traverse cette épreuve « avec beaucoup de dignité ». « Ma cliente est innocente. Elle se suffit largement de ce qu’elle a toujours gagné dignement. Elle aborde cette épreuve en gardant la tête haute, convaincue de son intégrité », a-t-il déclaré.

Selon Me Bass, Mme Gladima affiche une confiance totale dans le système judiciaire sénégalais. Elle espère que les investigations permettront d’établir la vérité et de l’innocenter complètement. L’avocat s’est cependant gardé de commenter les détails de l’instruction en cours, rappelant qu’il est tenu par le secret professionnel.

Cette affaire intervient dans un contexte de reddition des comptes annoncée par les nouvelles autorités, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, qui ont promis de lutter contre la corruption et de passer au crible la gestion des deniers publics par le précédent régime. Pour de nombreux observateurs, ces auditions devant la Haute Cour pourraient marquer un tournant dans la relation entre les élites politiques et la justice, en posant les bases d’une plus grande transparence dans la gouvernance publique.

Justice d’exception au Sénégal : le Forum du Justiciable alerte sur l’absence de recours devant la Haute Cour

Le Forum du Justiciable tire la sonnette d’alarme sur une faille jugée grave dans l’architecture judiciaire sénégalaise : l’absence de double degré de juridiction devant la Haute Cour de Justice. Dans un communiqué publié cette semaine, l’organisation de la société civile dénonce une entorse aux principes fondamentaux du droit à un procès équitable et une contradiction flagrante avec les engagements internationaux souscrits par le Sénégal.

La Haute Cour de Justice est la juridiction compétente pour juger le président de la République et les ministres dans le cadre de faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, selon le Forum du Justiciable, cette instance fonctionne sans aucune possibilité de recours, que ce soit durant la phase d’instruction ou après la décision finale. Un fonctionnement qui viole, selon le Forum, l’article 14, paragraphe 5, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Cet article garantit à toute personne déclarée coupable d’une infraction le droit de faire examiner la déclaration de culpabilité et la condamnation par une juridiction supérieure.

Le Forum s’appuie notamment sur deux articles de la loi organique n°2002-10 du 22 février 2002 qui encadre la Haute Cour. L’article 23 stipule que « les actes de la commission d’instruction ne sont susceptibles d’aucun recours », tandis que l’article 35 précise que « les arrêts de la Haute Cour ne sont susceptibles, ni d’appel, ni de pourvoi en cassation ». En clair, les personnes jugées par cette juridiction n’ont aucun moyen légal de contester la décision rendue, ce qui va à l’encontre des standards internationaux en matière de droits de l’homme.

Dans son communiqué, le Forum du Justiciable qualifie cette situation de « préoccupation majeure » et dénonce une violation des principes universels du droit pénal, qui consacrent le droit à une seconde lecture des faits, par une instance supérieure et indépendante. Pour l’organisation, ce défaut structurel dans le fonctionnement de la Haute Cour de Justice remet en cause le caractère équitable de toute procédure engagée devant elle.

En conséquence, le Forum du Justiciable appelle solennellement les autorités sénégalaises à engager une révision urgente de la loi organique qui régit cette juridiction. L’objectif est d’y introduire un véritable double degré de juridiction, de manière à rendre les procédures plus conformes aux principes de l’État de droit et aux obligations internationales du Sénégal.

Cette alerte intervient dans un contexte où les discussions sur la réforme des institutions sont relancées avec l’arrivée d’un nouveau pouvoir exécutif. Le Forum espère que cette faille, longtemps ignorée, sera enfin corrigée afin de garantir une justice véritablement équitable, même pour les plus hauts responsables de l’État.

Procès Azoura Fall et Kaïré : le verdict fixé au 4 juin, le parquet requiert 3 mois fermes

Le procès très suivi des deux activistes sénégalais, Assane Guèye alias Azoura Fall et El Hadji Ousseynou Kaïré, s’est tenu ce mercredi au Tribunal de flagrants délits de Dakar. Poursuivis pour « discours contraires aux bonnes mœurs » à la suite de propos injurieux tenus contre l’ancien président Macky Sall, les deux hommes attendent désormais le verdict, fixé au 4 juin prochain.

Le procureur a requis une peine de trois mois de prison ferme pour chacun des prévenus. Lors des plaidoiries, les avocats de la défense ont vigoureusement contesté cette qualification juridique, estimant que les faits reprochés relevaient plutôt d’injures publiques à l’égard de particuliers, et non d’un délit d’ordre moral.

« Nous avons démontré que l’accusation n’était pas fondée et que les propos incriminés s’apparentaient à des injures adressées à deux personnes précises. Dès lors, nous avons demandé la relaxe pure et simple de nos clients », a plaidé Me Bamba Cissé à la sortie de l’audience.

À noter qu’Azoura Fall avait été placé sous liberté provisoire en attendant son jugement, contrairement à Kaïré, maintenu en détention. Leur sort sera définitivement scellé dans deux semaines, à l’issue du délibéré du tribunal. Le dossier, qui mêle liberté d’expression, responsabilité des influenceurs et respect des institutions, continue de susciter un vif débat dans l’opinion publique.

Affaire des fonds Covid-19 au Sénégal : L’ex-ministre Sophie Gladima écrouée pour détournement présumé de deniers publics

L’ancienne ministre des Mines et de la Géologie, Aïssatou Sophie Gladima, a été placée sous mandat de dépôt ce mercredi par la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice. Cette mesure marque une étape importante dans l’enquête sur la gestion controversée des fonds Covid-19, un dossier explosif qui continue de faire trembler la sphère politico-judiciaire sénégalaise.

Mme Gladima est accusée de détournement présumé de deniers publics, portant notamment sur un montant d’un milliard de FCFA destiné à la création d’un centre gravimétrique à Kédougou, un projet fantôme qui n’a jamais vu le jour.

Les conclusions d’une enquête menée par la Division des Investigations Criminelles (DIC) pointent du doigt l’ex-ministre ainsi que son ancien directeur de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), Alassane Diallo. Le duo est soupçonné d’avoir orchestré une série d’irrégularités financières dans le cadre de ce projet inachevé, avec un préjudice financier provisoire estimé à 193 070 000 FCFA.

Au cœur du dossier, un paiement anticipé de 73,2 millions FCFA effectué par le DAGE à la Société Commerciale du Groupe ISSA (SCGI) pour des travaux jamais commencés au moment du versement. Ce paiement viole clairement l’article 89 du Règlement général de la Comptabilité publique (RGCP), qui impose que tout règlement se fasse après exécution des prestations.

Entendu par les enquêteurs, Alassane Diallo a reconnu avoir effectué ce paiement sur instruction directe de sa hiérarchie, soit la ministre Gladima. Il admet que cette décision allait à l’encontre des règles en vigueur. De son côté, Ibrahima Issa, représentant de la SCGI, affirme avoir perçu les fonds de « bonne foi », soulignant que du matériel avait été acquis pour un montant de 119,87 millions FCFA, en attente de l’ouverture du site.

Pour justifier le paiement anticipé, la SCGI a produit un procès-verbal de constat d’huissier, daté du 14 avril 2023, certifiant la présence du matériel dans ses locaux à Dakar. Toutefois, cette justification ne convainc pas les enquêteurs, d’autant plus qu’un second versement a été accepté sans garantie contractuelle, ni début de travaux effectif.

L’enquête met également en lumière une transaction informelle de 80 millions FCFA, utilisée pour acheter du matériel en Chine. Plutôt que de recourir aux circuits bancaires classiques, les fonds auraient été confiés à un opérateur de transfert informel basé aux Allées Papa Guèye Fall, qui aurait ensuite remis l’argent au fournisseur chinois. Cette méthode de paiement jugée opaque soulève des suspicions de blanchiment d’argent et de contournement des contrôles financiers.

Avec la mise sous mandat de dépôt d’Aïssatou Sophie Gladima, les autorités sénégalaises montrent leur détermination à faire la lumière sur la gestion des fonds publics alloués durant la crise du Covid-19. Ce dossier pourrait marquer un tournant dans la politique de reddition des comptes prônée par les nouvelles autorités.

Lutte sénégalaise : Zarco suspendu provisoirement par le CNG après une agression en MMA à Abidjan

Convoqué ce lundi par le Comité national de gestion (CNG) de lutte pour s’expliquer sur son comportement violent lors d’un combat de MMA à Abidjan, le lutteur Zarco a brillé par son absence. Une attitude qui n’a pas été du goût de l’instance dirigeante de la lutte sénégalaise.

En effet, bien que son manager se soit présenté devant les membres du CNG pour tenter de justifier l’absence de son poulain, les explications fournies n’ont pas suffi à calmer les esprits. Selon le quotidien L’Observateur, le CNG a décidé de prendre une mesure conservatoire ferme contre le pensionnaire de l’écurie Grand-Yoff.

Zarco est désormais suspendu de toute activité liée à la lutte, et ce, jusqu’à sa comparution devant la commission compétente chargée d’examiner en profondeur l’affaire. Cette suspension immédiate intervient alors que le lutteur devait également répondre, le même jour, à une convocation de la Division des investigations criminelles (DIC), ce qui pourrait expliquer son absence au siège du CNG.

Cette affaire suscite de vives réactions dans le milieu de la lutte, où l’on s’interroge sur les conséquences de tels dérapages pour la crédibilité du sport et le comportement attendu des athlètes professionnels, même en dehors de l’arène.

Le CNG, qui tient à préserver l’image de la lutte sénégalaise, semble vouloir donner un signal fort : les actes de violence incontrôlée, même dans un autre cadre que la lutte traditionnelle, ne seront pas tolérés.

Affaire à suivre.

Injures contre Macky Sall : 6 mois requis contre Azoura Fall et Ousseynou Kairé

Ce mercredi, le tribunal des flagrants délits de Dakar a jugé deux militants du parti dissous Pastef, Assane Guèye, alias Azoura Fall, et El Hadji Ousseynou Kairé, poursuivis pour « discours contraires aux bonnes mœurs ». Les deux prévenus ont reconnu avoir proféré des insultes à l’encontre de l’ancien président Macky Sall et d’autres responsables politiques dans des vidéos devenues virales.

L’audience a été marquée par la diffusion publique des séquences incriminées, suscitant la stupeur parmi les personnes présentes dans la salle. Azoura Fall a tenté de contextualiser ses propos, affirmant que sa vidéo, publiée il y a neuf mois, avait initialement été diffusée lors d’un live privé sur TikTok, réservé à ses abonnés. « Quelqu’un a insulté ma mère, j’ai répondu en insultant son leader, Macky Sall », a-t-il déclaré, ajoutant que Me Moussa Diop aurait rendu la vidéo publique après qu’il eut refusé d’intercéder auprès d’Ousmane Sonko en sa faveur.

Visiblement éprouvé, Azoura Fall a voulu montrer en pleine audience les marques de violences qu’il aurait subies en détention, tentant de se déshabiller avant que ses avocats ne l’en dissuadent. Il a évoqué son passé militaire, son emprisonnement sous l’ancien régime, et les séquelles physiques et psychologiques qu’il dit avoir endurées, dont une sciatique aggravée par des conditions carcérales déplorables.

De son côté, Ousseynou Kairé a expliqué son geste comme une forme de solidarité envers Azoura. Il aurait volontairement posté une vidéo injurieuse pour se faire arrêter, dans l’intention de pousser ce dernier à se rendre. Il a également dénoncé les violences subies lors de précédentes arrestations, notamment celle du 31 décembre à la Place de l’Indépendance. « On m’a déshabillé et frappé avec des matraques sur mes parties intimes », a-t-il déclaré, des mots qui ont choqué l’assistance.

Le procureur a requis une peine de six mois de prison, dont trois mois ferme, contre chacun des prévenus. Il a rejeté l’argument de troubles psychologiques invoqué par la défense d’Azoura Fall, jugeant le dossier médical non probant et la consultation psychiatrique trop brève pour constituer une preuve crédible de démence.

Les avocats des deux militants ont plaidé pour la liberté provisoire, tout en soulevant des vices de procédure. Ils insistent sur le contexte politique et la liberté d’expression, estimant que la réaction de leurs clients s’inscrit dans un climat de répression.

Sénégal – Affaire des 17 milliards CFA : la Cour des comptes lève le voile sur un montage financier opaque

Derrière des conventions complexes, un possible détournement massif de fonds publics : l’État, La Banque Agricole, et une dizaine de sociétés privées dans le viseur.

Un nouveau scandale à tiroirs ébranle la gouvernance financière de l’État sénégalais. Dans son édition du jour, L’Observateur révèle les contours d’un montage financier estimé à 17,495 milliards de francs CFA, impliquant l’État du Sénégal et La Banque Agricole (LBA). En toile de fond : des conventions de substitution de débiteurs d’une rare opacité, aujourd’hui dénoncées par la Cour des comptes dans un référé explosif adressé au ministère de la Justice.

Sous couvert de mécanismes juridiques apparemment classiques, le schéma consiste en une substitution de débiteurs, où l’État prend à sa charge des dettes initialement contractées par des entreprises privées. Mais là où le bât blesse, c’est que ni le fondement économique, ni le cadre contractuel ne justifient une telle opération, selon les magistrats de la Cour des comptes.

« La relation entre l’État, en tant que substituant, et les débiteurs substitués n’est pas établie dans les documents », note la Cour, pointant du doigt une gestion hasardeuse, voire délibérément obscure, des finances publiques.

L’affaire ne s’arrête pas à l’irrégularité de la procédure. Le référé évoque un objectif non avoué : sauver certaines institutions financières, notamment La Banque Agricole, des sanctions prévues par la réglementation bancaire, liées aux exigences de fonds propres. En injectant artificiellement des garanties publiques sur des dettes privées, ces structures pouvaient continuer à bénéficier de ressources auprès de la BCEAO et de bailleurs internationaux, au mépris des règles de transparence budgétaire.

Les regards se tournent désormais vers les sociétés bénéficiaires de cette opération. La Cour cite nommément une dizaine d’entre elles : Tracto Services Equipements Afrique, Agripo TV, Ja-maries SA, Senteer, Complexe Seutou Indou, Etablissement Moussa Gaye, Falilou Mbacké, Bio Énergie Green, Fadema Sau, et Yanawa.

À ce stade, aucun lien formel n’est établi entre ces structures et l’État sénégalais, ce qui renforce les soupçons de paravents utilisés pour une captation illégale de fonds publics.

Le dossier, désormais entre les mains du ministère de la Justice, pourrait déboucher sur des poursuites judiciaires. Le référé de la Cour des comptes, rarement aussi tranché, plaide pour une enquête approfondie afin d’identifier les responsabilités et d’éventuels complices au sein de l’administration.

Alors que les institutions financières internationales exigent toujours plus de rigueur et de clarté, ce dossier tombe au plus mauvais moment pour les autorités. Il pourrait bien devenir un test grandeur nature pour la volonté politique de lutter contre la corruption et les dérives dans la gestion des deniers publics.

Khadim Bâ, l’arme du rapport secret : ce document explosif qui pourrait tout changer

Le feuilleton judiciaire autour de l’homme d’affaires Khadim Bâ connaît un tournant inattendu avec l’émergence d’un rapport d’expertise qualifié d’« explosif ». Ce document confidentiel, remis au Parquet financier, pourrait bouleverser l’orientation de la procédure en cours. Incarcéré depuis le 4 octobre 2024, Khadim Bâ fait face à de multiples chefs d’accusation : faux et usage de faux, importation illicite, infraction au code des changes, escroquerie sur fonds publics, association de malfaiteurs et blanchiment aggravé.

Révélé par le quotidien L’Observateur, ce rapport de plus de soixante pages est le fruit de plusieurs mois d’enquête menés par le cabinet d’expertise Cecogex, dirigé par l’expert judiciaire Gory Ndiaye. Mandaté par le Pool judiciaire financier (PJF), ce dernier avait pour mission de passer au crible les opérations financières et commerciales de Dermond Oil, la société dirigée par Khadim Bâ. Le rapport retrace les flux de transactions entre Dermond Oil et l’Administration douanière sénégalaise entre 2017 et 2023. Il examine également les importations d’hydrocarbures, les commissions perçues, les contrats signés avec des partenaires étrangers, ainsi que les avantages économiques issus de ces opérations.

Mais ce sont surtout les conclusions du rapport qui pourraient rebattre les cartes. Sur la question des droits d’importation, l’expert affirme que Khadim Bâ n’était pas personnellement redevable, car sa société ne jouait pas le rôle d’importateur direct. Cette responsabilité incomberait plutôt, selon les documents et témoignages examinés, à des entités comme la Société Africaine de Raffinage (SAR), Total et Touba Oil. Le rapport s’appuie notamment sur les déclarations d’un cadre des Douanes, Birahim Souna Fall, qui précise que Dermond Oil n’avait ni le statut ni les obligations d’un importateur officiel. En conséquence, l’accusation de fraude douanière perdrait de sa consistance.

Autre volet capital de l’affaire : l’accusation de non-rapatriement de 45 milliards de francs CFA. Là aussi, le rapport remet en cause la thèse du Parquet. Selon Me Djiby Diallo, l’un des avocats de Khadim Bâ, son client aurait agi sur instruction expresse de l’État du Sénégal, dans un contexte de crise énergétique marquée par la rareté de l’offre mondiale. Khadim Bâ aurait alors accepté d’intervenir sur le marché international pour assurer l’approvisionnement du pays en produits pétroliers, en collaboration avec la SAR. L’avocat affirme que non seulement ces opérations ont été validées par les autorités, mais qu’elles ont aussi été réalisées à perte pour soutenir l’intérêt général. En outre, les transactions financières étaient centralisées à travers la BCEAO, les banques commerciales sénégalaises ne disposant pas des devises nécessaires pour les couvrir. Toujours selon Me Diallo, un montant global de 382 milliards de francs CFA aurait été dûment rapatrié au Sénégal entre 2017 et 2023, soit bien plus que ce qui est reproché à l’accusé.

Fort de ces nouvelles données, le pool d’avocats de Khadim Bâ envisage de relancer une demande de mise en liberté provisoire. Ce rapport constitue désormais le pilier central de leur stratégie de défense. Ils espèrent qu’il permettra de réévaluer la pertinence des poursuites en cours, voire d’ouvrir la voie à une révision substantielle du dossier.

Cependant, l’issue reste incertaine. Le Parquet financier, bien que saisi du document, ne s’est pas encore prononcé publiquement sur son impact potentiel. Car malgré les éclairages apportés par le rapport Cecogex, les accusations restent lourdes et englobent des faits d’une complexité juridique et financière indéniable. Des soupçons de blanchiment de capitaux, de falsification de documents et de détournement de fonds publics continuent de planer.

L’affaire Khadim Bâ, qui mobilise l’opinion et les médias depuis plusieurs mois, semble donc entrer dans une nouvelle phase. Si les conclusions de l’expert judiciaire venaient à être reconnues par les autorités judiciaires, le dossier pourrait connaître un tournant radical. Dans le cas contraire, ce rapport pourrait être relégué au rang de simple pièce à conviction parmi tant d’autres, sans réelle influence sur la suite des événements.

Affaire Ismaila Madior Fall : Papa Malick Ndour y voit « une opération d’humiliation »

L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Entrepreneuriat et de l’Emploi, Papa Malick Ndour, est sorti de sa réserve pour réagir à l’affaire impliquant son camarade de parti, Ismaila Madior Fall. Dans une publication sur sa page Facebook, l’actuel président du Conseil départemental de Guinguinéo a exprimé son indignation face au placement sous bracelet électronique de l’ancien ministre de la Justice.

Qualifiant la mesure de « manœuvre d’humiliation et d’intimidation », Papa Malick Ndour accuse le nouveau régime de chercher à briser symboliquement une figure politique de l’ancien pouvoir. Il a évoqué un acte qu’il considère comme délibérément orchestré pour nuire à l’image d’un homme qu’il décrit comme digne et serein dans l’adversité.

« Ce matin, jusque devant le bureau du président de la Cour d’appel, j’ai vu un Ismaila Madior Fall digne, calme, inébranlable, qui marche la tête haute dans la tempête », a-t-il écrit. Il poursuit en dénonçant une volonté manifeste de discréditer l’ancien Garde des Sceaux à travers ce qu’il appelle « une opération d’humiliation orchestrée ».

Papa Malick Ndour, fidèle à la mouvance de l’ancien président Macky Sall, a également fustigé ce qu’il perçoit comme une stratégie politique visant à affaiblir l’opposition par des moyens détournés. Il assure toutefois que ce type de pression n’ébranlera en rien leur détermination. « Nous tenons bon, nous avançons, et nous ne reculerons pas. Le combat continue avec fermeté, avec conviction, avec dignité et avec honneur », a-t-il conclu.

Ce soutien public à Ismaila Madior Fall s’inscrit dans un contexte où plusieurs anciens responsables du régime précédent font l’objet de procédures judiciaires, suscitant diverses réactions au sein de la classe politique sénégalaise.

Lutte contre l’enrichissement illicite : l’ONRAC annonce avoir recouvré plus de 35 milliards FCFA depuis 2022

L’Office national de recouvrement des avoirs criminels (ONRAC) a révélé avoir récupéré plus de 35 milliards de francs CFA depuis sa mise en service en mars 2022. Cette annonce a été faite ce mardi par le directeur général de l’institution, le magistrat Mor Ndiaye, lors d’un atelier de sensibilisation à Dakar destiné aux organisations de la société civile, consacré au recouvrement et à la gestion des avoirs mal acquis.

Créée le 23 juillet 2021, la structure est devenue pleinement opérationnelle au début de l’année 2022. Depuis cette date, selon Mor Ndiaye, le travail accompli a permis de recouvrer des sommes importantes, évaluées à plus de 35 milliards FCFA. Il a salué l’engagement de son équipe et a souligné l’importance de la transparence et de la rigueur dans la gestion de ces ressources.

L’atelier en question a été organisé par l’ONG Action humaine pour le développement intégré au Sénégal (AHDIS), avec le soutien du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Il s’inscrit dans une campagne nationale de sensibilisation et de plaidoyer visant à mobiliser la société civile autour des enjeux liés à l’enrichissement illicite et à la récupération des fonds issus de la corruption ou d’activités criminelles.

Au cours de son intervention, Mor Ndiaye a expliqué que les avoirs criminels englobent l’ensemble des biens saisis ou confisqués dans le cadre d’une procédure pénale, sans que cela ne se limite à la nature criminelle de l’infraction. Il a précisé que l’acceptation du terme « criminel » est à comprendre dans son acception juridique, englobant toutes les infractions ayant conduit à une procédure judiciaire aboutissant à une saisie ou une confiscation.

Concernant les avoirs logés à l’étranger, souvent difficiles à récupérer, le directeur général de l’ONRAC a souligné l’existence de mécanismes de coopération et de traçabilité internationale. Il a affirmé qu’il est parfois plus facile d’obtenir des informations sur des fonds à l’étranger que sur le plan local, en raison de l’efficacité de certains dispositifs étrangers de surveillance financière.

Pour sa part, Amacodou Diouf, représentant de l’AHDIS, a annoncé que l’initiative lancée à Dakar sera étendue à d’autres régions du Sénégal. Il a affirmé que les prochaines étapes consisteront à rencontrer les populations à la base, les autorités administratives et les organisations de la société civile dans les différentes localités du pays. Selon lui, les OSC peuvent jouer un rôle essentiel non seulement dans la sensibilisation, mais aussi dans la formulation des politiques publiques liées à la lutte contre la corruption et à la restitution des biens mal acquis.

L’atelier a ainsi permis de poser les bases d’un dialogue national autour de cette question sensible, en mettant l’accent sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre les institutions étatiques, les partenaires techniques et financiers, et les acteurs de la société civile pour une gouvernance plus transparente.

Pool judiciaire financier : Lat Diop face à une nouvelle affaire judiciaire

L’ancien directeur général de la Loterie nationale sénégalaise (Lonase), Lat Diop, déjà incarcéré, fait l’objet d’une nouvelle procédure judiciaire. Le lundi 19 mai 2025, il a été extrait de sa cellule à la prison de Rebeuss pour être auditionné par les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), à la demande du parquet financier.

Cette nouvelle affaire découle d’une plainte introduite par un certain Paul Ndong. Elle concerne une opération immobilière présumée douteuse, portant sur l’achat d’un appartement situé aux Almadies, dont la valeur est estimée à 500 millions de francs CFA. Le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête, confiée à la DIC.

Devant les enquêteurs, Lat Diop a fermement nié toute implication personnelle dans cette transaction. Il a expliqué qu’il n’en était pas le bénéficiaire, mais qu’il avait simplement joué un rôle d’intermédiaire pour un ami désireux d’acquérir le bien immobilier. Selon lui, cet ami, confronté à des difficultés financières, avait choisi de vendre un autre appartement par l’intermédiaire d’un notaire, dans le but de financer l’achat projeté. L’acompte, a-t-il précisé, aurait été émis à partir des fonds issus de cette vente. Toutefois, la transaction aurait finalement avorté, sans qu’aucune somme ne soit définitivement engagée.

Plusieurs sources médiatiques rapportent que Lat Diop a tenu à souligner le caractère privé de cette affaire, qui, selon lui, n’a aucun lien avec sa gestion à la tête de la Lonase. Il a insisté sur le fait qu’aucun franc de la société nationale, ni de ses propres comptes personnels, n’a été utilisé dans cette opération. Tout l’acompte, a-t-il martelé, provenait de la vente de l’appartement appartenant à son ami.

Malgré ces explications, cette nouvelle procédure ouverte par le parquet financier pourrait peser lourdement sur la situation judiciaire de l’ancien directeur général. Elle intervient alors qu’il espérait une issue favorable dans ses démêlés actuels avec la justice. Cette affaire pourrait bien compromettre ses espoirs de retrouver prochainement la liberté.

Affaire de corruption présumée : Ismaïla Madior Fall placé sous bracelet électronique

L’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall, a été placé sous bracelet électronique ce mardi, à l’issue de son audition par la Commission d’instruction de la Haute Cour de justice. Cette mesure restrictive intervient dans le cadre d’une enquête sur une affaire de tentative de corruption et de concussion liée à un marché public jugé sensible.

L’information, longtemps sujette à spéculation tout au long de la journée, a été confirmée en fin d’après-midi par Radio Sénégal Internationale (RSI). Jusqu’à la mi-journée, l’incertitude régnait sur la comparution de l’ancien Garde des Sceaux, alors que ses avocats restaient injoignables, alimentant les rumeurs d’un éventuel refus de se présenter devant la juridiction compétente. Finalement, Ismaïla Madior Fall a été entendu à huis clos, assisté de son conseil juridique.

L’affaire remonte à l’attribution d’un marché public pour la construction d’un Centre de surveillance électronique au Tribunal de Pikine-Guédiawaye. Selon les déclarations du promoteur immobilier Cheikh Guèye, une somme de 50 millions de FCFA en espèces aurait été remise à l’ex-ministre. Ce dernier, de son côté, parle d’un « don gracieux » immédiatement restitué, réfutant toute intention frauduleuse.

Deux autres protagonistes de cette affaire ont déjà été placés sous mandat de dépôt lundi. Il s’agit de Cheikh Guèye, à l’origine des accusations, et de Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice.

La Haute Cour de justice, compétente pour juger les anciens ministres dans l’exercice de leurs fonctions, poursuit ses investigations dans ce dossier qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre la corruption au sein des institutions publiques.

Rapport d’expertise en faveur de Khadim Bâ : vers une réévaluation de sa détention ?

Le sort judiciaire de l’homme d’affaires Khadim Bâ, incarcéré depuis le 4 octobre dernier, pourrait connaître un tournant décisif. Un rapport d’expertise récemment remis au Parquet financier par le cabinet Cecogex vient en effet remettre en question plusieurs accusations portées contre le patron de Dermond Oil, poursuivi notamment pour faux et usage de faux, infraction à la législation douanière, escroquerie sur fonds publics, blanchiment de capitaux et manquements à la réglementation sur le change.

Réalisée par l’expert Gory Ndiaye, l’étude, commandée par le Pool judiciaire financier (Pjf), s’est penchée sur les transactions de Dermond Oil entre 2017 et 2023. D’après les révélations de L’Observateur, qui cite Me Djiby Diallo, avocat de Khadim Bâ, les conclusions du rapport viennent battre en brèche plusieurs fondements des poursuites engagées par l’administration douanière.

L’expertise remet d’abord en cause l’attribution à Khadim Bâ de la qualité d’importateur des hydrocarbures au cœur du dossier. Contrairement aux procès-verbaux établis par la Douane, le rapport indique que les véritables importateurs seraient plutôt la Société africaine de raffinage (SAR), Total et Touba Oil. Dermond Oil n’aurait donc pas assumé ce rôle, selon les conclusions du cabinet Cecogex.

Deuxième point majeur : la question du non-rapatriement de commissions estimées à 45 milliards FCFA. La défense soutient que les opérations effectuées par Khadim Bâ relevaient d’un contexte de crise énergétique, et qu’il aurait agi à la demande des autorités pour soutenir la SAR et la Senelec. Mieux, l’avocat affirme que 382 milliards FCFA ont été effectivement rapatriés, pièces justificatives à l’appui.

Enfin, l’accusation d’usage de faux, notamment dans les documents douaniers, se trouve fragilisée par les analyses de l’expert Gory Ndiaye, toujours selon L’Observateur.

Sur la base de ces éléments, la défense de Khadim Bâ espère un nouvel examen de la demande de mise en liberté provisoire de son client. Pour Me Djiby Diallo, ce rapport constitue un tournant dans la procédure et offre des éléments concrets de nature à reconsidérer le maintien en détention de l’homme d’affaires.

Nouvelle comparution d’Abdou Nguer : le chroniqueur déféré à nouveau, en attente de son sort ce mardi

Le chroniqueur Abdou Nguer, déjà placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles, a une nouvelle fois été déféré ce lundi par la Division des investigations criminelles (DIC). Il sera fixé sur son sort ce mardi, à l’issue d’un retour de parquet.

D’après les informations disponibles, cette nouvelle procédure fait suite à des propos tenus par Nguer lors d’une intervention sur la chaîne privée Sen TV. Face aux enquêteurs, il a défendu ses déclarations en soutenant qu’il ne faisait que réagir aux propos d’Ousmane Sonko, notamment à propos du rapport de l’Inspection générale d’État (IGE) mettant en cause l’ancien ministre Mame Mbaye Niang.

Abdou Nguer a aussi dénoncé une forme d’iniquité dans le traitement judiciaire réservé aux voix critiques du pouvoir. Il a cité le cas d’Azoura Fall, qu’il considère comme un exemple d’opposante ciblée, contrastant selon lui avec l’impunité dont bénéficieraient certains partisans du régime en place.

Le chroniqueur a catégoriquement nié avoir tenu des propos offensants à l’endroit des autorités de l’État, y compris le Président de la République, le Premier ministre et le chef d’état-major général des armées, le Général Birame Diop. À ce sujet, il a précisé que la notion de « coup d’État foncier » avait été évoquée par le député Guy Marius Sagna, dans un contexte également soutenu, selon ses dires, par Ousmane Sonko.

Interrogé sur ses commentaires récents visant Amadou Hott, candidat à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), Nguer a affirmé s’être appuyé sur les critiques formulées par Sonko concernant la supposée falsification des données économiques sous le régime de Macky Sall.

Se disant injustement poursuivi, Abdou Nguer accuse le parquet de chercher à alourdir son dossier afin de prolonger sa détention. Il dénonce une tentative de musellement et affirme que ses interventions relèvent de la liberté d’expression.

Le sort du chroniqueur sera connu ce mardi. Un dénouement très attendu dans un climat politique tendu, où les rapports entre presse, justice et pouvoir sont de plus en plus scrutés par l’opinion publique.

Justice – Affaire du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye : les accusateurs d’Ismaïla Madior Fall incarcérés, l’ancien ministre convoqué ce mardi

L’enquête judiciaire sur les soupçons de corruption dans le cadre de la construction du Palais de justice de Pikine-Guédiawaye prend une tournure inattendue. Ce lundi 19 mai 2025, deux figures clés du dossier, Cheikh Guèye, promoteur immobilier à la tête de la société Technologie Consulting Service (TCS), et Mohamed Anas El Bachir Wane, ancien directeur des Constructions au ministère de la Justice, ont été placés sous mandat de dépôt.

Les deux hommes, qui accusaient l’ancien ministre de la Justice Ismaïla Madior Fall d’avoir sollicité un pot-de-vin, sont désormais poursuivis pour des faits graves : escroquerie sur les deniers publics, corruption, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. Ils ont été déférés au parquet de Pikine après avoir été entendus par les enquêteurs de la Brigade des affaires générales (BAG).

Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux mis en cause seraient au cœur d’un système de détournement structuré autour du marché public du nouveau palais de justice. Les enquêteurs parlent d’une véritable « mafia foncière » ayant mis en place un circuit parallèle de financements occultes, avec des implications supposées à plusieurs niveaux du ministère.

Cheikh Guèye avait lui-même déclenché l’affaire en accusant Ismaïla Madior Fall d’avoir exigé une somme de 250 millions de francs CFA en échange de l’attribution du marché public. Il affirmait avoir déjà versé 50 millions FCFA à l’ancien ministre avant que la somme ne lui soit restituée, selon ses dires. Une version aujourd’hui mise en doute par les enquêteurs, qui suspectent une tentative de manipulation de l’opinion et des institutions judiciaires.

Pendant ce temps, Ismaïla Madior Fall, mis en cause dans ces déclarations, est attendu ce mardi 20 mai devant la Commission d’instruction de la Haute Cour de Justice pour une audition officielle. Son passage est très attendu, tant les implications politiques et judiciaires de ce dossier sont lourdes.

L’ancien garde des Sceaux, qui a nié en bloc toutes les accusations depuis leur révélation, entend livrer sa version des faits et pourrait bénéficier d’un regain de crédibilité suite à l’incarcération de ses accusateurs. Reste à savoir si de nouveaux éléments seront versés au dossier à l’issue de son audition.

Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la sensibilité et la complexité des grands projets d’infrastructures publiques, notamment en matière de transparence dans les marchés publics. Le chantier du palais de justice de Pikine-Guédiawaye, censé améliorer l’accès à la justice dans cette zone densément peuplée de la banlieue dakaroise, est aujourd’hui au centre d’une tempête politico-judiciaire.

Le lutteur sénégalais Zarco convoqué par la DIC après une altercation violente en Côte d’Ivoire

Le monde de la lutte sénégalaise est secoué par une affaire qui défraie actuellement la chronique. Le lutteur sénégalais Aldiouma Diallo, plus connu sous le nom de Zarco, se retrouve au cœur d’une tourmente judiciaire après un incident survenu lors d’un combat de MMA en Côte d’Ivoire.

Selon les informations rapportées par le site Kawtef, Zarco a été convoqué par la Division des Investigations Criminelles (DIC) à Dakar. Cette convocation fait suite à un comportement violent capté dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. On y voit le lutteur, visiblement hors de lui, tenter de poignarder son adversaire nigérian, Kabiru Adédira, à la suite de son forfait lors du combat.

L’incident, bien que survenu hors du territoire sénégalais, a trouvé un écho judiciaire au Sénégal. En effet, un citoyen sénégalais a pris l’initiative de signaler les faits aux autorités, estimant qu’un tel comportement ternit l’image du sport national et mérite une réponse légale appropriée.

Dans cette affaire, il est à noter que Kabiru Adédira a décidé de pardonner à Zarco, malgré la gravité de la tentative d’agression. Un geste de clémence salué par certains observateurs, mais qui ne semble pas suffire à écarter les poursuites potentielles au Sénégal, où la justice entend tirer l’affaire au clair.

La convocation de Zarco par la DIC marque donc une nouvelle étape dans ce dossier, et le lutteur devra fournir des explications détaillées sur les circonstances exactes de l’altercation. Cet épisode met en lumière la nécessité de renforcer la discipline dans les sports de combat africains, particulièrement dans des disciplines aussi exigeantes que le MMA, où la maîtrise de soi est une valeur cardinale.

Affaire des 4 milliards : Les frères de Farba Ngom placés sous bracelet électronique

Birane et Ismaïla Ngom, frères de l’ancien député-maire Farba Ngom, ont été placés sous bracelet électronique ce lundi 19 mai, à l’issue de leur audition par le Pool judiciaire financier. Cette décision intervient dans le cadre d’une enquête portant sur des mouvements financiers jugés suspects, notamment un virement de 4 milliards de FCFA effectué en juin 2022 depuis le Trésor public.

Selon les informations rapportées par Seneweb, les deux hommes sont poursuivis pour association de malfaiteurs en bande organisée, complicité d’escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux et abus de biens sociaux. Des accusations lourdes qui s’inscrivent dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption et les malversations financières impliquant des personnalités influentes.

L’enquête du Pool judiciaire financier s’intéresse à une série d’opérations ayant transité par des comptes liés aux frères Ngom. Le virement de 4 milliards de FCFA, effectué en 2022, serait au cœur de cette affaire. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’origine des fonds, leur destination finale, ainsi que le rôle précis des suspects dans cette transaction.

Le placement sous bracelet électronique, une mesure alternative à la détention préventive, vise à restreindre les déplacements des mis en cause tout en permettant la poursuite des investigations. Cette décision témoigne de la volonté des autorités judiciaires de traiter ce dossier avec rigueur, sans pour autant recourir immédiatement à l’incarcération.

Cette affaire pourrait également avoir des répercussions politiques, compte tenu de la proximité supposée de Farba Ngom avec d’anciens cercles du pouvoir. Pour l’heure, l’ancien député-maire n’a pas été officiellement cité dans la procédure, mais les regards restent tournés vers l’évolution de l’enquête.

Arona Niang condamné pour diffusion de fausses nouvelles sur le Covid-19

Le chroniqueur sénégalais Arona Niang a été condamné ce lundi à trois mois de prison avec sursis par la justice sénégalaise pour « diffusion de fausses nouvelles » dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Une décision judiciaire qui fait suite à une vive polémique déclenchée par ses propos controversés tenus sur la Web TV « Sénégal 7 ».

Lors d’une intervention diffusée il y a quelques semaines, Arona Niang avait accusé, sans preuve, le personnel médical sénégalais d’avoir « délibérément transmis » le virus à la population. Selon ses déclarations, les masques de protection, les tests nasopharyngés et même les vaccins auraient été des vecteurs intentionnels de contamination, orchestrés par le corps médical.

Ces propos ont immédiatement suscité une indignation générale. Le ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS) a réagi avec fermeté, dénonçant des « accusations diffamatoires, infondées et contraires aux principes éthiques ». L’institution avait par ailleurs annoncé l’ouverture d’une procédure judiciaire contre le chroniqueur.

Le tribunal, siégeant à Dakar, a reconnu Arona Niang coupable de propagation de fausses informations susceptibles de semer le trouble dans l’opinion publique, en pleine période de sensibilisation post-pandémie. La peine prononcée – trois mois de prison avec sursis – apparaît comme un signal d’alerte contre la banalisation des discours complotistes dans l’espace médiatique.

En réaction à la décision de justice, plusieurs associations de professionnels de santé ont salué « un verdict exemplaire » et rappelé leur engagement à défendre l’honneur et l’intégrité du personnel soignant, particulièrement éprouvé durant la crise sanitaire.

De son côté, Arona Niang, qui a maintenu ses propos, n’a pas encore annoncé s’il comptait faire appel de cette décision.

Haute Cour de Justice : Ndeye Saly Diop Dieng auditionnée dans l’affaire de détournement présumé des fonds Covid-19

L’ancienne ministre de la Famille, de la Femme, du Genre et de la Protection des Enfants, Ndeye Saly Diop Dieng, a été entendue ce lundi matin par le procureur de la Haute Cour de Justice. L’ex-ministre du gouvernement Macky Sall a comparu à la suite de sa mise en accusation par l’Assemblée nationale dans une affaire de détournement présumé de fonds publics liés à la gestion de la pandémie de Covid-19.

C’est aux environs de 11 heures que Mme Dieng a fait son apparition à la cour d’appel du tribunal de Dakar. Après son audition, elle est repartie librement à son domicile, en attendant la suite de la procédure.

L’ex-ministre est soupçonnée d’avoir détourné une somme de 52 millions de francs CFA allouée à son ministère dans le cadre de la riposte contre le Covid-19. Ces fonds étaient destinés à soutenir les couches vulnérables, particulièrement les femmes et les enfants, durant la crise sanitaire. Les accusations ont été en partie étayées par les déclarations de son ancien Directeur de l’Administration Générale et de l’Équipement (DAGE), aujourd’hui également mis en cause.

Malgré ces soupçons, Ndeye Saly Diop Dieng nie fermement toute malversation. Devant les juges, elle a réaffirmé avoir « travaillé avec loyauté et dignité » tout au long de son mandat, rejetant toute implication dans une quelconque irrégularité financière.

Ce dossier s’inscrit dans un processus judiciaire plus large visant à faire la lumière sur la gestion des fonds Covid-19 sous l’administration précédente. Plusieurs autres anciens ministres du régime de Macky Sall sont également attendus dans les prochains jours devant la Haute Cour de Justice. Cette série d’auditions marque une étape importante dans les efforts des nouvelles autorités pour renforcer la redevabilité et lutter contre l’impunité.

Affaire à suivre.

Affaire Tahirou Sarr : Une nouvelle demande de liberté provisoire déposée, avec des garanties évaluées à 31,9 milliards de FCFA

L’homme d’affaires Tahirou Sarr, placé sous mandat de dépôt dans le cadre d’une affaire retentissante mêlant association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux, escroquerie sur des deniers publics et abus de biens sociaux, a introduit une nouvelle demande de liberté provisoire, mardi 13 mai 2025. Cette démarche repose sur des garanties financières et foncières considérables, censées couvrir le montant présumé du préjudice, estimé à 25,3 milliards de francs CFA.

Selon le quotidien L’Observateur, qui a rapporté l’information dans son édition du lundi 19 mai, la requête de Tahirou Sarr s’appuie sur l’exécution d’une ordonnance rendue par la Chambre d’accusation financière le 2 mai dernier. Cette décision autorise l’inscription d’hypothèques sur trois biens immobiliers lui appartenant, situés à Rufisque, pour une valeur totale estimée à 20,6 milliards de francs CFA.

À cette garantie s’ajoute un cautionnement en numéraire de 11 milliards de francs CFA, déjà consigné à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Au total, ce sont donc 31,9 milliards de francs CFA que le mis en cause met sur la table, «censés couvrir l’intégralité du manque intégral», souligne le journal.

Pour renforcer sa requête, Me Seydou Diagne, avocat de Tahirou Sarr, a sollicité et obtenu une attestation délivrée par l’administrateur du Greffe de la Cour suprême. Ce document atteste de l’absence de pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’accusation financière, prouvant que ni le parquet ni l’Agent judiciaire de l’État n’ont contesté la décision dans les délais impartis.

Cette nouvelle tentative de mise en liberté provisoire intervient dans un contexte judiciaire tendu, alors que le dossier Tahirou Sarr continue de faire couler beaucoup d’encre. La justice devra désormais se prononcer sur la recevabilité et la pertinence de cette demande, appuyée par des garanties d’un niveau rarement atteint dans une affaire de cette nature.

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