Drogue à Ouakam : la BRS de Dakar démantèle un réseau de dealers à la Cité Avion

Les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants (BRS) de Dakar, rattachée à l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), ont porté un coup dur au trafic de drogue dans la capitale. Le vendredi 23 janvier 2026, aux environs de 19 heures, une opération ciblée a permis le démantèlement d’un réseau de vente et de consommation de chanvre indien à la Cité Avion de Ouakam.

Au cours de cette intervention, quatre individus ont été interpellés, dont un ressortissant centrafricain. Il s’agit de M. Dioum, agent immobilier né en 1997, de B.Y.M. Martin, étudiant centrafricain né en 2003 à Bangui, de A.K. Mangranene, maçon né en 1987, et de Ba. Ndao, électricien né en 2005 à Ouakam. Tous sont domiciliés dans le même quartier, selon des sources proches de l’enquête.

Cette opération fait suite à de nombreuses dénonciations des habitants de la Cité Avion, excédés par la prolifération du trafic de drogue dans leur environnement immédiat. Les riverains faisaient état d’allées et venues suspectes et d’une transformation progressive de certains points du quartier en véritables lieux de vente et de consommation de chanvre indien, communément appelés « fumoirs ».

Alertée par ces signalements répétés, la BRS a mené des investigations approfondies qui ont permis d’identifier les principaux acteurs de ce trafic. L’intervention policière a abouti à l’arrestation des quatre suspects sur les lieux mêmes de leurs activités illicites. Lors de la fouille, les agents ont saisi quatre cornets de chanvre indien.

Par ailleurs, cinq téléphones portables ainsi qu’une somme de 20 500 francs CFA ont été retrouvés en possession des mis en cause. Ces objets ont été provisoirement consignés par les services compétents en vue de leur mise sous scellés, dans le cadre de la procédure judiciaire en cours.

Journée internationale de la Douane : l’Administration sénégalaise célèbre la vigilance et l’engagement au service de la nation

L’Administration des Douanes du Sénégal a célébré, hier, la Journée internationale de la Douane aux côtés de la communauté douanière mondiale. La cérémonie officielle, organisée au siège de la Direction générale, a réuni les principaux responsables de l’institution, des représentants des Forces de Défense et de Sécurité ainsi que plusieurs partenaires stratégiques. Présidant l’événement, le Ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a placé cette célébration sous le signe du thème retenu cette année : « Une Douane qui protège sa population par sa vigilance et son engagement ».

Dans son allocution, le ministre a souligné la pertinence de ce thème, qu’il considère comme une parfaite illustration des missions quotidiennes confiées aux agents des douanes. Selon lui, au-delà de la mobilisation des ressources financières indispensables au fonctionnement de l’État, la Douane joue un rôle fondamental dans la protection des citoyens, notamment à travers la lutte contre la fraude, les trafics illicites, la contrebande et toutes les formes de criminalité transfrontalière. Il a insisté sur la nécessité d’une vigilance constante et d’un engagement sans faille dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et économiques de plus en plus complexes.

Le Directeur général des Douanes, Babacar Mbaye, entouré de son équipe dirigeante, a pour sa part salué l’engagement exemplaire des agents et la qualité du travail accompli sur l’ensemble du territoire national. Il a mis en avant la dynamique de modernisation de l’Administration des Douanes, axée sur le renforcement des capacités humaines, l’amélioration des outils de contrôle et la digitalisation des procédures, afin de mieux répondre aux exigences de performance et de transparence.

Le Ministre des Finances et du Budget a également rendu un vibrant hommage aux résultats obtenus par l’institution au cours de l’année 2025. Il a souligné que les performances enregistrées ont eu un impact positif notable sur l’économie nationale, contribuant de manière significative à la mobilisation des recettes publiques. « Les performances enregistrées témoignent du professionnalisme, du sens du devoir et du dévouement des agents des douanes », a-t-il déclaré, avant d’adresser ses félicitations et ses encouragements à l’ensemble des équipes.

La cérémonie a aussi été marquée par un moment fort de reconnaissance et de mémoire avec l’inauguration de nouvelles infrastructures au sein de la Direction générale. Trois bâtiments ont été baptisés en hommage à d’anciens dirigeants de l’Administration des Douanes, figures emblématiques qui ont marqué l’histoire de l’institution par leur leadership et leur engagement. Une salle de conférence porte désormais le nom de l’ancien Directeur général Mouhamadou Makhtar Cissé. Une nouvelle annexe de la Direction générale a été dédiée à la mémoire de Mamadou Moustapha Tall, également ancien Directeur général des Douanes. Enfin, le Centre de Commandement opérationnel a été baptisé du nom du regretté Colonel des Douanes Mbaye Ndao.

À travers ces baptêmes, l’Administration des Douanes réaffirme sa volonté de perpétuer la mémoire de ceux qui ont contribué à son rayonnement et à la consolidation de ses valeurs. Ces hommages symbolisent la transmission d’un héritage fondé sur le sens du service public, l’intégrité et l’engagement au service de l’État et des populations.

Sécurité routière : le CCUAP alerte après le tragique accident sur l’Autoroute de l’Avenir à Rufisque

Le Collectif Citoyen des Usagers des Aménagements Publics et Privés (CCUAP) a exprimé, ce 26 janvier 2026 à Dakar, sa profonde inquiétude après le dramatique accident survenu sur l’Autoroute de l’Avenir, à hauteur de Keur Ndiaye Lô, Rufisque. L’accident, survenu dimanche vers 13 h, a coûté la vie à cinq personnes et laissé deux autres gravement blessées, soulignant la vulnérabilité persistante des usagers malgré la modernisation des infrastructures.

Le collectif a présenté ses condoléances aux familles des victimes et son soutien aux blessés, rappelant que chaque accident constitue une tragédie aux répercussions humaines considérables, touchant non seulement les familles, mais également les communautés.

Dans son communiqué, le CCUAP déplore la fréquence élevée des accidents graves sur les grands axes du pays, notamment sur l’Autoroute de l’Avenir. Le collectif attire l’attention sur la présence régulière de gros porteurs, camions et bus de transport, souvent en excès de vitesse ou insuffisamment sécurisés. Selon lui, les mesures techniques et organisationnelles actuelles restent insuffisantes pour assurer une cohabitation sûre entre véhicules légers, transports publics et véhicules lourds, exposant ainsi les usagers à des risques importants.

Face à cette situation préoccupante, le CCUAP appelle les autorités compétentes, notamment le ministère des Infrastructures et des Transports terrestres, à renforcer immédiatement les contrôles de vitesse, le respect du code de la route et la surveillance sur les tronçons d’autoroutes à péage. Le collectif recommande également l’instauration de limites de vitesse strictes pour les camions, gros porteurs et bus, assorties de sanctions effectives en cas de dépassement.

Les exploitants des autoroutes à péage sont également interpellés pour mettre en œuvre des mesures spécifiques visant à améliorer la sécurité : gestion différenciée des flux entre véhicules légers et poids lourds, installation de radars, barrières de sécurité renforcées et signalisation visible. Le CCUAP insiste également sur la nécessité d’une campagne nationale de sensibilisation impliquant l’ensemble des usagers et des conducteurs professionnels afin de promouvoir les bonnes pratiques et réduire les comportements à risque.

Le collectif rappelle que la sécurité routière est l’affaire de tous et encourage une mobilisation collective, citoyenne et institutionnelle, afin de faire des routes sénégalaises des espaces sûrs où la protection de la vie humaine prime sur toute autre considération.

Affaire Softcare : 40 jours après, la vérité toujours attendue

Quarante jours se sont écoulés depuis le communiqué du ministère de la Santé annonçant l’envoi imminent d’une mission pour faire la lumière sur l’affaire Softcare. Le 18 décembre 2025, à la suite d’une inspection de l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), les autorités sanitaires avaient promis des investigations « sans délai » afin d’établir les responsabilités et de rassurer l’opinion publique sur la sécurité des produits incriminés. Mais, à ce jour, aucune information officielle n’a été rendue publique.

Ni rapport d’enquête, ni conclusions, ni même une communication intermédiaire. Un silence que de nombreux acteurs de la société civile interprètent comme un signal inquiétant, d’autant plus que les produits Softcare continuent de circuler sur le marché national sans restriction apparente. Pour le Collectif « Lumière sur l’affaire Softcare », cette situation traduit une forme de désinvolture face à un enjeu majeur de santé publique.

Dans une déclaration rendue publique ce 26 janvier 2026 à Dakar, le collectif estime que ce mutisme dépasse le cadre d’un simple retard administratif. Il y voit un « choix politique », dénonçant une volonté de protéger des intérêts privés au détriment de la sécurité sanitaire des populations. Les membres du collectif rappellent que la santé publique ne peut être réduite à une logique marchande et que la transparence doit être la règle, en cohérence avec les principes de gouvernance prônés par les autorités actuelles.

Depuis la publication du communiqué ministériel, le collectif affirme avoir multiplié les initiatives pour obtenir des clarifications, notamment à travers une conférence de presse et des correspondances officielles adressées aux autorités compétentes. Ces démarches seraient, selon eux, restées sans réponse.

Face à ce qu’il qualifie de « silence méprisant », le Collectif Lumière sur l’affaire Softcare hausse le ton et brandit la menace d’actions plus radicales. Si aucune vérité n’est rendue publique et si aucune mesure concrète n’est prise dans les prochains jours, il annonce son intention d’appeler au boycott total des produits Softcare, ainsi qu’à l’organisation d’une grande manifestation devant le ministère de la Santé.

Pour les membres du collectif, la question dépasse largement le cas d’une seule entreprise. Elle touche au droit fondamental des citoyens à être informés et protégés, ainsi qu’à la crédibilité du système de contrôle sanitaire. « Il n’y aura pas de confiance sans vérité », martèlent-ils, estimant que la souveraineté sanitaire passe nécessairement par un contrôle citoyen effectif et par des institutions capables de rendre des comptes.

Alors que l’affaire continue d’alimenter l’inquiétude et les interrogations, l’attente se prolonge autour d’une prise de parole officielle des autorités sanitaires. Une communication claire et des décisions visibles pourraient, selon de nombreux observateurs, constituer un premier pas pour restaurer la confiance et dissiper les doutes qui entourent désormais le dossier Softcare.

Crise de l’eau et ODD 6 : Bassirou Diomaye Faye appelle à une accélération urgente des actions

À l’approche de l’échéance de 2030 fixée par l’Agenda des Nations Unies pour les Objectifs de développement durable (ODD), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a exprimé une vive inquiétude quant au niveau d’atteinte de l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. À cinq ans seulement de cette échéance, le chef de l’État estime que les résultats enregistrés restent largement insuffisants au regard des ambitions initiales, appelant à une mobilisation plus forte et à une accélération significative des efforts.

S’exprimant lors de la réunion de haut niveau préparatoire à la Conférence des Nations Unies sur l’eau, le président Diomaye Faye a rappelé que l’ODD 6 occupe une place centrale dans l’architecture globale du développement durable. Selon lui, l’eau et l’assainissement constituent des piliers transversaux, dont dépendent directement la santé, l’éducation, la sécurité alimentaire, l’industrialisation, la protection de l’environnement et, plus largement, la dignité humaine. Faire progresser cet objectif, a-t-il insisté, revient donc à créer les conditions favorables à l’atteinte de l’ensemble des autres ODD.

Le chef de l’État a reconnu que des avancées ont été réalisées ces dernières années, notamment en matière d’accès à l’eau potable dans certaines zones urbaines et rurales, ainsi que dans l’amélioration progressive des infrastructures d’assainissement. Toutefois, il a souligné que ces progrès demeurent encore trop lents et inégalement répartis pour permettre d’espérer un respect des engagements d’ici 2030.

« À cinq ans de l’échéance, force est de constater que nous sommes loin des objectifs fixés, même si des progrès sont observés, prouvant que l’accélération des performances reste possible si nous agissons sur les bons leviers », a-t-il déclaré, invitant les États à repenser leurs stratégies et à renforcer leurs mécanismes de mise en œuvre.

Le président sénégalais a également mis l’accent sur la situation particulière du continent africain, qu’il considère comme l’un des épicentres de la crise mondiale de l’eau. Il a rappelé que l’Afrique est confrontée à une combinaison de défis structurels, parmi lesquels la croissance démographique rapide, l’urbanisation non maîtrisée, l’insuffisance des infrastructures et les effets de plus en plus visibles du changement climatique.

Selon Bassirou Diomaye Faye, cette vulnérabilité est d’autant plus injuste que l’Afrique demeure l’un des continents les moins responsables des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tout en subissant de manière disproportionnée les impacts des dérèglements climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et la raréfaction des ressources hydriques.

Face à ce constat, le chef de l’État a plaidé pour un engagement renforcé des partenaires internationaux, en faveur d’un financement plus conséquent et plus accessible des projets liés à l’eau et à l’assainissement. Il a également appelé à une meilleure coordination entre les États, les institutions multilatérales, le secteur privé et les communautés locales, afin de garantir des solutions durables, adaptées aux réalités de chaque territoire.

Pour le président Diomaye Faye, l’accès équitable et durable à l’eau potable et à l’assainissement ne doit plus être considéré comme un luxe, mais comme un droit fondamental et une priorité absolue de l’action publique. À ses yeux, l’urgence est désormais de transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables, afin d’éviter que l’ODD 6 ne devienne, en 2030, l’un des grands rendez-vous manqués du développement durable.

Forage offshore au Sénégal : un livre blanc alerte sur des menaces graves pour l’environnement et les communautés côtières

L’expansion des projets pétroliers et gaziers offshore au Sénégal pourrait avoir des conséquences lourdes et durables sur l’environnement, la santé publique et les moyens de subsistance des populations. C’est l’avertissement lancé dans un livre blanc publié par Waterkeeper Alliance, en partenariat avec Hann Baykeeper et Bargny Coast Waterkeeper, dans le cadre de la campagne « Sauver la mer et la pêche ». Le document dresse un tableau préoccupant des impacts actuels et potentiels des activités extractives en mer, pointant des risques majeurs pour les écosystèmes marins et les communautés côtières.

Selon les auteurs, les opérations de forage offshore exposent les populations à des dangers multiples, notamment à travers la pollution de l’eau, la dégradation des habitats marins et la perturbation des ressources halieutiques. Ces atteintes fragilisent directement la pêche artisanale, pilier de l’économie locale et principale source de revenus pour des milliers de familles. Le livre blanc souligne que ces impacts compromettent également la sécurité alimentaire, dans un contexte où de nombreuses communautés dépendent quasi exclusivement des produits de la mer pour leur alimentation.

Le document rappelle que ces menaces s’inscrivent dans une réalité environnementale déjà complexe. Les zones côtières sénégalaises sont confrontées à l’élévation du niveau de la mer, à l’érosion du littoral et aux effets du changement climatique. L’ajout d’activités pétrolières et gazières intensives accentuerait ces pressions, augmentant les vulnérabilités des populations les plus exposées.

Les organisations signataires dénoncent par ailleurs une injustice environnementale. Alors que des multinationales internationales tirent d’importants bénéfices de l’exploitation des ressources offshore, ce sont les communautés locales qui supportent l’essentiel des coûts sociaux et écologiques. Pollution, risques sanitaires, perte de revenus et dégradation du cadre de vie constituent le revers d’une activité dont les profits sont en grande partie externalisés.

Un autre aspect central du livre blanc concerne l’opacité entourant les mécanismes d’assurance des projets offshore. Les auteurs expliquent que la couverture d’assurance est un élément clé permettant le développement de ces projets, mais que très peu d’informations sont accessibles au public sur les garanties existantes au Sénégal. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité des opérateurs et de l’État à faire face à d’éventuels accidents majeurs, tels que des fuites d’hydrocarbures ou des marées noires, et à indemniser correctement les populations affectées.

Le document met également en garde contre les contradictions entre l’expansion des projets fossiles et les engagements climatiques du Sénégal. En misant fortement sur le pétrole et le gaz, le pays risque de retarder sa transition vers des énergies propres et de s’éloigner des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Les auteurs estiment que cette orientation pourrait exposer le Sénégal à des risques économiques à long terme, notamment face à la volatilité des marchés énergétiques mondiaux.

Face à ces constats, le livre blanc appelle à un changement de cap dans les politiques énergétiques nationales. Il recommande l’instauration d’un moratoire sur les nouveaux projets pétroliers et gaziers offshore, ainsi que la suspension des plans d’expansion en cours. Les organisations plaident également pour l’arrêt des opérations actuelles, dans l’attente d’évaluations environnementales et sociales approfondies, transparentes et conformes aux normes internationales.

Enfin, les auteurs suggèrent la réalisation d’un audit national public des contrats et des mécanismes de financement liés aux combustibles fossiles, afin de renforcer la transparence, la responsabilité et la viabilité de la dette. À travers ce livre blanc, Waterkeeper Alliance et ses partenaires entendent encourager un débat national sur l’avenir énergétique du Sénégal, en mettant l’accent sur la protection de l’environnement, la justice sociale et un développement véritablement durable.

Crise à la RTS : le Synpics et le Synpap montent au créneau contre Pape Alé Niang

La tension reste vive au sein de la Radiotélévision Sénégalaise (RTS). Le bras de fer entre la Direction générale et les syndicats de travailleurs est loin de connaître son épilogue. Les sections locales du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) et du Syndicat des professionnels de l’audiovisuel public (Synpap) ont annoncé la tenue d’une conférence de presse, ce mercredi 28 janvier dans l’après-midi, afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme de graves dysfonctionnements dans la gestion actuelle de l’entreprise publique.

Selon le journal Libération, les deux organisations syndicales appellent à une remobilisation générale de l’ensemble des travailleurs de la RTS. Objectif : attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur un malaise profond qui, selon elles, perdure depuis plusieurs mois et qui s’est accentué sous la direction de Pape Alé Niang.

Au cœur de cette contestation, l’intersyndicale évoque une série de « dérives managériales » qui compromettraient le bon fonctionnement de la maison et fragiliseraient le climat social. Les syndicats pointent notamment la suspension de certains accords conclus avec les travailleurs, sans concertation préalable, ainsi qu’une gouvernance jugée autoritaire et peu inclusive.

Le Synpics et le Synpap accusent également la Direction générale de pratiques qu’ils qualifient de « népotiques et nébuleuses », évoquant des soupçons de favoritisme dans les recrutements, les nominations et la gestion des ressources humaines. À cela s’ajouteraient, selon eux, des zones d’ombre dans la gestion financière de l’entreprise, alimentant un sentiment de méfiance et de frustration chez de nombreux agents.

Pour les syndicats, cette situation met en péril non seulement les droits et acquis des travailleurs, mais aussi la mission de service public de la RTS. Ils estiment que la télévision et la radio nationales ne peuvent pleinement jouer leur rôle d’information, d’éducation et de cohésion sociale dans un climat marqué par la défiance interne et l’instabilité.

À travers cette sortie médiatique annoncée, le Synpics et le Synpap entendent interpeller directement les plus hautes autorités de l’État afin qu’elles se saisissent du dossier et prennent les mesures nécessaires pour rétablir un climat social apaisé au sein de la RTS.

En attendant, la Direction générale n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations. Mais cette nouvelle escalade dans le bras de fer laisse présager des jours encore difficiles pour l’audiovisuel public sénégalais, déjà confronté à de nombreux défis structurels et financiers.

Hydraulique rurale : le Sénégal lance la phase 2 du projet chinois de 60 milliards FCFA

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa politique d’amélioration de l’accès à l’eau potable en milieu rural. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé au lancement officiel de la phase 2 du projet d’approvisionnement en eau potable financé par la République populaire de Chine. La cérémonie s’est tenue à Diaglé, dans la commune de Toubacouta, marquant le démarrage effectif d’un programme d’envergure nationale destiné à renforcer durablement les infrastructures hydrauliques dans les zones rurales.

Doté d’un financement de 60 milliards de francs CFA, ce projet vise à réduire de manière significative les inégalités d’accès à l’eau entre les différentes régions du pays. Treize régions sont concernées par cette deuxième phase, faisant de Dakar la seule région non couverte par le programme, en raison de son niveau d’équipement relativement plus avancé. À travers cette initiative, l’État du Sénégal entend répondre à une demande sociale forte et améliorer les conditions de vie de millions de citoyens confrontés, au quotidien, aux difficultés d’approvisionnement en eau potable.

Lors de sa visite au forage de Diaglé, Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la dimension vitale et stratégique de ce projet. Il a rappelé que l’accès à l’eau constitue un droit fondamental et un levier essentiel pour le développement économique, la santé publique et la stabilité des communautés rurales. Selon lui, la mise en œuvre de cette phase 2 permettra de garantir une eau de qualité et en quantité suffisante à près de deux millions de Sénégalais à travers le territoire national.

Le ministre a également salué la qualité de la coopération entre le Sénégal et la République populaire de Chine, qu’il a qualifiée de partenariat solide et efficace. « Je remercie le gouvernement chinois pour son écoute et sa compréhension de la situation du Sénégal », a-t-il déclaré, soulignant que cet appui témoigne de la volonté des deux pays de travailler ensemble pour répondre aux besoins prioritaires des populations.

Dans la zone de Toubacouta, les retombées du projet sont déjà très attendues. Treize villages ont été directement intégrés dans le programme, avec des travaux portant notamment sur la réalisation de nouveaux forages, la réhabilitation d’ouvrages existants, l’extension des réseaux de distribution et l’installation de châteaux d’eau. À Diaglé, le ministre a constaté l’état d’avancement des travaux de réhabilitation et annoncé que l’eau devrait être disponible dans les robinets d’ici la fin du mois de février 2026.

Au-delà de l’amélioration de l’accès à l’eau potable, cette initiative devrait également contribuer à réduire la pénibilité des corvées d’eau, en particulier pour les femmes et les jeunes filles, souvent chargées de cette tâche dans les zones rurales. Elle devrait aussi favoriser le développement d’activités économiques locales, notamment l’agriculture, l’élevage et la transformation, grâce à une disponibilité accrue de la ressource.

Lutte contre le faux monnayage : Kaolack au cœur d’une saisie record de près de 5 milliards FCFA

La région de Kaolack vient d’être le théâtre d’une opération majeure dans la lutte contre le faux monnayage et les trafics illicites. Les unités douanières locales ont procédé à l’incinération d’une importante quantité de produits prohibés, dont des faux billets d’une valeur exceptionnelle estimée à 4,9 milliards de francs CFA. Une saisie qualifiée de record, qui porte la valeur globale des marchandises détruites à près de 6 milliards de francs CFA.

L’opération s’est déroulée en présence du Gouverneur de la région, Mouhamadou Moctar Watt, qui a salué la performance des services des douanes et mis en avant la portée stratégique de cette action. Pour l’autorité administrative, il s’agit d’une véritable démonstration de force de l’État face aux réseaux criminels qui tentent de s’implanter durablement dans les territoires.

Selon les chiffres officiels communiqués, les faux billets représentent l’essentiel des produits saisis, illustrant l’ampleur du phénomène de contrefaçon monétaire dans la zone. À ces coupures frauduleuses s’ajoutent d’autres marchandises illicites issues de divers trafics, dont la nature n’a pas été détaillée, mais qui participent, selon les autorités, à alimenter une économie souterraine aux conséquences graves pour la stabilité économique et sécuritaire du pays.

Pour Mouhamadou Moctar Watt, ces résultats sont le fruit d’un engagement constant des unités douanières dans la lutte contre ce qu’il qualifie « d’économie criminelle ». Il estime que cette économie parallèle constitue une menace directe pour la sécurité nationale, en fragilisant les circuits financiers, en favorisant la criminalité organisée et en portant atteinte à la confiance dans la monnaie.

Le Gouverneur a également tenu à rappeler que le rôle de la Douane sénégalaise dépasse largement la seule mission de collecte de recettes. Longtemps perçue principalement comme une administration fiscale, la Douane s’affirme de plus en plus comme un acteur central de la chaîne sécuritaire nationale.

« Il faudra y décrypter un ensemble de messages », a déclaré Mouhamadou Moctar Watt au micro d’iRadio, avant de préciser que cette opération montre clairement que la douane a toute sa place dans le dispositif de sécurité du pays. « Cela montre également qu’au-delà de la perception des recettes, la douane est véritablement un rempart contre le développement de l’économie criminelle au niveau de nos territoires », a-t-il insisté.

Cette saisie record intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises multiplient les actions pour assécher les circuits de financement des réseaux criminels. Elle illustre, selon les responsables, la montée en puissance des capacités opérationnelles des services de contrôle et la volonté de l’État de renforcer la surveillance aux frontières comme à l’intérieur du pays.

Drame minier à Saraya : le bilan s’alourdit à six morts après un effondrement meurtrier

Vingt-quatre heures après l’effondrement tragique survenu dans la commune de Bembou, dans le département de Saraya, le bilan humain continue de s’alourdir. Un nouveau corps a été extrait des décombres ce dimanche, portant à six le nombre de personnes décédées. Sur le terrain, l’espoir de retrouver d’éventuels survivants s’amenuise au fil des heures, tandis que les opérations de secours ont été provisoirement suspendues pour des raisons de sécurité.

Le drame s’est produit le samedi 24 janvier, aux environs de 10 heures, sur le périmètre de la société minière AfriGold, situé à l’ouest du village de Gamba-Gamba, dans le sud-est du Sénégal. Selon des sources sécuritaires relayées par l’Agence de presse sénégalaise (APS), un groupe de mineurs artisanaux s’était introduit clandestinement sur ce site d’exploitation industrielle à la recherche d’or.

Alors que plusieurs d’entre eux s’activaient au fond des fosses d’extraction, les parois, déjà fragilisées par des travaux antérieurs et l’instabilité du sol, se sont brusquement effondrées. Pris au piège sous des tonnes de sable et de gravats, plusieurs mineurs ont été ensevelis sur le coup.

Dans les minutes qui ont suivi l’accident, la solidarité des orpailleurs présents sur les lieux a permis de dégager huit personnes des décombres. Parmi elles, quatre étaient déjà décédées. Les blessés, quant à eux, ont été évacués en urgence vers des structures sanitaires de la zone avant l’arrivée des forces de défense et de sécurité.

Les recherches se sont poursuivies tout au long de la journée de dimanche. Elles ont conduit à la localisation et à l’extraction de nouveaux corps, portant le bilan provisoire à six morts. Toutefois, l’absence d’un recensement précis des personnes présentes au moment de l’effondrement complique l’évaluation réelle du nombre de victimes. Les autorités n’excluent pas la possibilité que d’autres personnes se trouvent encore sous les décombres.

Face à l’ampleur des dégâts et à l’instabilité persistante du terrain, les équipes de secours ont été contraintes de suspendre les opérations de fouilles ce dimanche soir, afin d’éviter de nouveaux accidents. Les recherches devraient reprendre lundi, sous réserve de conditions de sécurité jugées acceptables.

Ce nouveau drame relance une fois de plus la problématique de l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou, régulièrement endeuillée par des accidents similaires. Malgré les campagnes de sensibilisation et les opérations de sécurisation menées par l’État, de nombreux jeunes continuent de risquer leur vie dans des sites non sécurisés, attirés par l’espoir d’un gain rapide.

Dans l’attente de la reprise des recherches, les populations de Bembou et des villages environnants restent plongées dans la consternation, tandis que les familles des victimes vivent dans l’angoisse et l’incertitude.

Rufisque : la police démantèle une bande organisée spécialisée dans le vol de carburant

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Rufisque (est) a annoncé, ce dimanche, avoir démantelé une bande organisée spécialisée dans le vol de carburant, à l’issue d’une opération menée dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026. Trois individus ont été interpellés et placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, vol en réunion commis la nuit avec usage de moyen de locomotion, selon un communiqué de la police.

Cette opération fait suite à une plainte déposée en septembre 2025 par la société TRANS GAYE, victime de vols répétés de gasoil dans sa gare de stationnement située au Km 22. Face à la récurrence des faits et à l’importance des pertes enregistrées, les services de police ont ouvert une enquête approfondie afin d’identifier les auteurs et de mettre fin à ces agissements.

Les investigations ont permis aux enquêteurs d’exploiter un renseignement opérationnel signalant une nouvelle opération de siphonnage programmée dans la nuit du 20 au 21 janvier 2026. Un dispositif de surveillance discret a alors été mis en place autour du site ciblé. C’est dans ces circonstances que les agents ont surpris un groupe d’individus, tous employés de la société et vêtus de leurs tenues de service, en train de siphonner le gasoil de camions-citernes stationnés sur les lieux.

Selon la police, le carburant volé était transvasé dans des bouteilles avant d’être chargé à bord d’un véhicule particulier de marque Volkswagen, utilisé pour le transport du produit. L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis l’interpellation de trois suspects sur place, mettant ainsi un terme à l’opération frauduleuse.

Lors de l’assaut, les policiers ont procédé à la saisie de dix bouteilles, dont quatre remplies de gasoil, ainsi que du véhicule Volkswagen ayant servi au convoyage. Placés en garde à vue, les mis en cause ont reconnu les faits lors de leurs auditions. Ils ont notamment révélé que le véhicule avait été acheminé depuis Thiès spécialement pour les besoins de cette opération illégale.

La FSF se désolidarise des déclarations d’El Hadji Ousseynou Diouf

La Fédération sénégalaise de football réaffirme son respect des institutions de la République et précise que les propos de son ambassadeur n’engagent que sa responsabilité personnelle

COMMUNIQUÉ

La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a pris connaissance, avec regret, des récentes sorties médiatiques de l’ancien international, Monsieur El Hadji Ousseynou Diouf, relatives notamment à la gestion des récompenses financières octroyées par l’État du Sénégal aux acteurs du football, ainsi qu’à divers sujets traitant de l’actualité sportive internationale.

Devant la gravité et la teneur de ces propos, la Fédération Sénégalaise de Football tient, par le présent communiqué, à apporter les précisions suivantes :

  1. Sur les interpellations à l’endroit de l’État du Sénégal

La FSF tient à se démarquer totalement des propos tenus par Monsieur Diouf à l’encontre de l’État du Sénégal.
L’instance fédérale condamne fermement tant le fond que la forme des réclamations formulées concernant l’octroi des terrains.

La FSF rappelle que l’État du Sénégal, à travers la Haute Autorité, a toujours fait preuve d’une sollicitude constante et d’un accompagnement institutionnel et financier sans faille à l’endroit du football national.
À cet égard, la Fédération tient à rassurer l’opinion que la question foncière évoquée fait l’objet d’une prise en charge diligente par les plus hautes autorités de la République et demeure convaincue qu’une solution idoine sera trouvée.

Par conséquent, les déclarations publiques et la voie de presse utilisées pour poser des revendications personnelles ou collectives ne sauraient être cautionnées par notre institution, qui privilégie le dialogue républicain et les canaux administratifs appropriés.

  1. Sur la responsabilité des propos tenus

La Fédération précise que les déclarations de Monsieur El Hadji Ousseynou Diouf n’engagent que sa propre personne.
Bien qu’étant une légende du football sénégalais, ses opinions, exprimées à titre personnel, ne reflètent en aucune manière la position officielle de la FSF, ni celle de son Comité Exécutif.

  1. Sur l’actualité sportive internationale

S’agissant des prises de position de l’intéressé sur la gouvernance du football international et l’actualité des instances dirigeantes du sport, la FSF tient à marquer sa nette démarcation.

La politique internationale de la FSF est définie par son Comité Exécutif et s’exprime par la voix de son Président ou de ses porte-paroles officiels, dans le strict respect des règles diplomatiques et des relations de bon voisinage avec les instances sœurs.

En conclusion

La Fédération Sénégalaise de Football réitère son attachement indéfectible au respect des institutions de la République et invite l’ensemble des acteurs gravitant autour de la sélection nationale et du football sénégalais à faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect dans leurs prises de parole publiques, afin de préserver l’image de notre pays et la sérénité nécessaire à la bonne marche de notre discipline.

Fait à Dakar, le 25 janvier 2026
Le Secrétariat Général

Autoroute à péage : un conteneur se détache d’un poids lourd et paralyse la circulation à Rufisque

Un grave accident de la circulation s’est produit ce dimanche sur l’autoroute à péage, précisément au niveau du péage de Rufisque, dans le sens Mbour–Dakar. Un conteneur transporté par un poids lourd s’est détaché en pleine circulation avant de s’abattre violemment sur un véhicule particulier qui roulait sur la même voie, provoquant une situation de chaos sur cet axe stratégique.

Selon les premières informations recueillies, l’incident s’est produit de manière soudaine, ne laissant que peu de marge de manœuvre aux autres usagers de la route. Le conteneur, après s’être décroché du camion, a percuté la voiture avec une extrême violence, entraînant un arrêt immédiat de la circulation. L’autoroute s’est rapidement retrouvée obstruée, rendant tout passage impossible dans ce sens.

Cette situation a entraîné une interruption quasi totale du trafic entre Mbour et Dakar. De longues files de véhicules se sont formées sur plusieurs kilomètres, plongeant les automobilistes dans une attente prolongée. Les embouteillages ont fortement perturbé la mobilité des usagers, notamment ceux se rendant vers Dakar en cette journée dominicale.

Alertés, les services de secours et de sécurité se sont rendus sur les lieux peu après l’accident. Leur intervention a permis de sécuriser la zone afin d’éviter d’éventuels sur-accidents, de porter assistance aux occupants du véhicule impliqué et de lancer les opérations de dégagement du conteneur tombé sur la chaussée. Les forces de l’ordre ont également procédé à une régulation du trafic, orientant les automobilistes et tentant de fluidifier la circulation dans la mesure du possible.

Drones et infographie : Sunu Kaolack 2027 et la DER/FJ ouvrent des portes à la jeunesse

Vingt jeunes de la région de Kaolack ont récemment renforcé leurs compétences dans des domaines porteurs, à travers une formation en pilotage de drones et en infographie. Cette initiative est le fruit d’un partenariat entre le mouvement « Sunu Kaolack 2027 » et la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) du département.

La formation a été officiellement clôturée par une cérémonie de remise d’attestations, tenue ce vendredi 23 janvier dans les locaux de la DER/FJ.

Entièrement gratuite, cette session visait à doter les bénéficiaires de compétences techniques pointues, en adéquation avec les exigences du marché moderne. Le pilotage de drones et l’infographie offrent en effet de réelles perspectives dans des secteurs variés tels que l’agriculture, la cartographie, l’audiovisuel, la communication ou encore la topographie.

Lors de la cérémonie, M. Mbaye Diop, formateur agréé de la DER/FJ, n’a pas tari d’éloges à l’endroit des participants. Il a notamment salué « la ponctualité des étudiants ainsi que la qualité intrinsèque des vingt formés », mettant en avant leur sérieux et leur engagement tout au long du processus d’apprentissage.

Prenant la parole au nom des bénéficiaires, Mariama Thiam, porte-parole des lauréats, a exprimé la gratitude de toute la promotion. Elle a remercié chaleureusement Sunu Kaolack 2027 pour la gratuité et la qualité de la formation reçue, tout en affirmant la disponibilité des étudiants à accompagner le mouvement dans ses futures activités, afin de mettre leurs nouvelles compétences au service du développement local.

De son côté, Mme Bessane, représentante de la DER/FJ, a mis l’accent sur l’après-formation. Elle a rappelé que sa structure demeure ouverte aux jeunes pour les étapes suivantes, essentielles à leur insertion professionnelle. « Après la formation, notre structure accompagne les jeunes et les femmes dans la formalisation et le financement de leurs projets, quel que soit le domaine d’activité », a-t-elle indiqué.

Cette action concrète illustre la synergie entre les associations citoyennes et les institutions publiques en faveur de l’employabilité et de l’autonomisation de la jeunesse, à travers la promotion de l’innovation et des technologies numériques.

Transport routier au Sénégal : les gros porteurs tirent la sonnette d’alarme

Le Regroupement national des gros porteurs du Sénégal (RNGPS) a tenu, ce samedi 24 janvier 2026 à Kaolack, une conférence de presse pour alerter l’opinion publique et les autorités sur les difficultés persistantes du secteur du transport routier. La rencontre, marquée par un ton ferme et des revendications claires, s’inscrit dans un contexte où le transport demeure un pilier stratégique de l’économie nationale.

Face à la presse, Tamsir Ndiaye, président national du RNGPS, s’exprimant au nom des responsables de l’organisation, a dénoncé les lenteurs dans l’application des réformes annoncées par les autorités, pourtant jugées cruciales pour la modernisation et la sécurisation du transport routier. Selon le regroupement, ces retards aggravent les conditions de travail des transporteurs et fragilisent l’ensemble de la chaîne logistique du pays.

Parmi les principales doléances figure le plaidoyer pour le retour des trois postes de contrôle réglementaires. Le RNGPS estime que leur suppression a favorisé la surcharge des camions, la concurrence déloyale et une recrudescence des accidents de la circulation. « Ces postes sont indispensables pour garantir la sécurité routière et le respect des normes », a insisté M. Ndiaye.

La question de la formation des chauffeurs de gros porteurs a occupé une place centrale dans les échanges. Le regroupement appelle à l’instauration d’une formation continue et obligatoire pour les conducteurs, afin de renforcer la maîtrise du code de la route, améliorer les comportements au volant et réduire significativement les accidents, souvent meurtriers, impliquant les poids lourds. Pour le RNGPS, la professionnalisation du métier de chauffeur constitue une urgence nationale.

Les transporteurs ont également attiré l’attention sur les nombreuses erreurs administratives relevées sur les cartes grises, sources d’amendes injustifiées, de blocages aux postes de contrôle et de lourdes pertes financières. Ils demandent ainsi une correction systématique et gratuite de ces anomalies.

Autre point sensible abordé : les relations avec la douane. Le RNGPS dénonce certains contrôles jugés abusifs, qui occasionnent des retards dans la livraison des marchandises et alourdissent les coûts d’exploitation. Le regroupement plaide pour un dialogue constructif et une harmonisation des procédures afin d’apaiser le climat entre transporteurs et agents de contrôle.

À l’issue de cette conférence de presse, le Regroupement national des gros porteurs du Sénégal a réaffirmé son engagement à œuvrer pour un transport routier plus sûr, mieux organisé et respectueux des lois. Il a également appelé l’État à instaurer un dialogue permanent avec les acteurs du secteur, à un moment où la sécurité routière, la formation des chauffeurs et le renouvellement du parc automobile demeurent des enjeux majeurs pour le développement du pays.

Développement économique : Foundiougne pose les jalons de son forum départemental

Un Comité départemental de développement (CDD) préparatoire au Forum départemental de développement économique de Foundiougne, dans la région de Fatick, s’est tenu le week-end dernier. La rencontre a réuni l’ensemble des acteurs territoriaux du département.

La réunion s’est déroulée sous la présidence du préfet de Foundiougne, Jean Paul Malick Faye, en présence des autorités administratives, des élus locaux, des services techniques déconcentrés de l’État ainsi que d’autres acteurs du développement local.

Prévu les 12, 13 et 14 février prochains, le forum vise, selon le préfet, à promouvoir le marketing territorial du département de Foundiougne en mettant en exergue ses atouts économiques, sociaux et culturels. À cette occasion, l’autorité administrative a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner le Conseil départemental afin d’assurer la pleine réussite de l’événement.

Prenant la parole, Moustapha Ngor Léon Diop a souligné l’importance stratégique de ce forum, qu’il considère comme une opportunité majeure pour l’exploitation des potentialités économiques du département. Il a notamment mis en avant les perspectives offertes par le projet pétrolier de Sangomar ainsi que par le pont Nelson Mandela de Foundiougne, des infrastructures clés pour le développement local et régional.

De son côté, le président de la commission communication du forum, Issa Ba, a décliné les grandes orientations de l’événement. Il a également annoncé une revalorisation des aspects culturels, appelés à occuper une place importante dans le programme du forum.

Accès à l’eau potable en milieu rural : la deuxième phase du projet national lancée à Diaglé par le ministre Cheikh Tidiane Dièye

Le Ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a procédé à Diaglé, dans la commune de Toubacouta (région de Fatick), au lancement officiel de la deuxième phase du vaste projet d’approvisionnement en eau potable en milieu rural. Cette nouvelle étape marque un tournant décisif dans la politique nationale de réduction des inégalités d’accès à l’eau, un enjeu vital pour le développement économique et social du Sénégal.

Financé à hauteur de 60 milliards de francs CFA par la République populaire de Chine, ce programme d’envergure nationale ambitionne de corriger durablement les disparités entre zones urbaines et rurales en matière d’accès à une eau potable de qualité. Si la cérémonie de lancement s’est tenue dans la région de Fatick, le projet dépasse largement ce cadre géographique. Il concerne au total treize régions du pays, faisant de Dakar la seule région non intégrée à ce dispositif, en raison de ses infrastructures hydrauliques déjà couvertes par d’autres programmes spécifiques.

Lors de sa visite sur le site du forage de Diaglé, Cheikh Tidiane Dièye a mis l’accent sur la portée sociale et humaine de ce projet structurant. Pour le ministre, l’accès à l’eau potable ne saurait être considéré comme un privilège, mais bien comme un droit fondamental. L’objectif affiché est d’assurer une desserte fiable et durable en eau potable à près de deux millions de Sénégalais vivant principalement en milieu rural, souvent confrontés à la rareté de la ressource et à des conditions d’approvisionnement précaires.

Dans son allocution, le ministre a tenu à saluer la qualité du partenariat entre le Sénégal et la Chine, soulignant l’importance de cette coopération dans la réalisation d’infrastructures stratégiques. « Je remercie le gouvernement chinois pour son écoute et sa compréhension de la situation du Sénégal », a-t-il déclaré, mettant en avant le rôle déterminant de ce soutien financier dans l’accélération des projets hydrauliques à fort impact social.

Pour les populations de Toubacouta, les retombées concrètes de cette initiative se font déjà sentir. Treize villages de la zone sont directement intégrés au projet, avec des travaux de réhabilitation et de modernisation des installations hydrauliques en cours. À Diaglé, l’état d’avancement des travaux est jugé satisfaisant par les autorités. Le ministre a ainsi annoncé que l’eau potable devrait couler dans les robinets d’ici la fin du mois de février 2026, une perspective qui suscite un réel espoir parmi les habitants.

À travers ce projet, l’État du Sénégal réaffirme sa volonté de placer l’accès à l’eau au cœur de ses priorités de développement. La deuxième phase du programme d’approvisionnement en eau potable en milieu rural apparaît ainsi comme un levier majeur pour améliorer les conditions de vie, renforcer la résilience des communautés rurales et soutenir durablement le développement local à l’échelle nationale.

Fatick – Djilor : une gouvernance locale au service de la jeunesse et de la souveraineté alimentaire

À Djilor, au cœur du Sine, les pirogues de fortune et les routes de l’exil ont trouvé un adversaire inattendu : la terre nourricière. Là où, hier encore, de nombreux jeunes rêvaient de départ vers l’inconnu, les sillons de riz, les champs de légumes et les périmètres de culture hors saison redonnent aujourd’hui tout son sens au mot avenir.

Dans cette commune rurale du département de Foundiougne, la lutte contre l’immigration clandestine se mène au quotidien, loin des projecteurs. Elle se joue dans la boue des rizières, sous le soleil ardent des périmètres maraîchers, et dans les regards désormais confiants des jeunes producteurs.

Sous l’impulsion de la municipalité dirigée par le maire Lansana Sano, Djilor a fait le choix d’investir dans ce qu’elle possède de plus précieux : son potentiel agricole et humain. Riziculture, maraîchage et cultures hors saison sont devenus de véritables leviers de stabilisation sociale. Grâce à l’aménagement de périmètres agricoles, à l’accès aux semences, à l’eau et à la formation, de nombreuses femmes et de nombreux jeunes retrouvent une autonomie longtemps espérée.

Mais l’engagement communal ne s’arrête pas aux champs. Il se traduit également par des investissements dans les infrastructures sociales. À Djilor, la santé n’est plus un luxe. De deux postes de santé en 2014, la commune en compte aujourd’hui cinq. Trois infirmiers chefs de poste ont été recrutés et rémunérés sur fonds propres, tandis que les dotations annuelles sont passées de 100 000 à 850 000 francs CFA par structure. Des ambulances, obtenues grâce à des partenariats avec des organisations italiennes et françaises, sillonnent désormais les pistes, rapprochant les soins des populations, selon le maire Lansana Sano.

Le sport constitue également un outil de cohésion sociale et de prévention. Un stade municipal est actuellement en construction sur fonds propres, avec l’ambition d’y aménager une piste d’athlétisme dès l’année prochaine. « Occuper sainement la jeunesse, c’est aussi prévenir les départs », confie le maire.

À Djilor, la gouvernance locale se veut ainsi pragmatique et tournée vers l’avenir, misant sur la terre, la santé et la jeunesse pour bâtir une souveraineté alimentaire durable et offrir des perspectives solides aux populations.

Sécurité renforcée à Touba et Mbacké : le ministre de l’Intérieur supervise une vaste opération conjointe

Le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, s’est rendu ce samedi à Touba et Mbacké pour superviser une importante opération de sécurisation menée conjointement par la gendarmerie nationale et la police. Cette initiative d’envergure, mobilisant l’ensemble des brigades territoriales et de proximité, s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer durablement la sécurité dans ces localités stratégiques, à forte densité humaine et à forte activité économique et religieuse.

Sur le terrain, le ministre a tenu à s’adresser directement aux forces de défense et de sécurité engagées dans l’opération. Il a salué la qualité de la coordination entre la gendarmerie et la police, ainsi que l’efficacité des actions déployées. Selon lui, les résultats observés témoignent d’une dynamique positive en matière de sécurité. « Vous avez raison de dire que la tendance sécuritaire est en train d’être inversée », a-t-il déclaré, encourageant les agents à maintenir cette synergie opérationnelle.

Me Bamba Cissé a également insisté sur la nécessité d’adapter en permanence les méthodes de contrôle aux réalités du terrain. Il a souligné que les contrôles effectués en journée doivent rester fluides afin de ne pas perturber excessivement la circulation et les activités quotidiennes des populations. En revanche, les opérations nocturnes requièrent, selon lui, une vigilance accrue, face à des malfaiteurs capables de dissimuler des armes ou de profiter de l’obscurité pour agir. Le ministre a rappelé, à cet effet, une vérité fondamentale en matière de sécurité : « Aucun pays ne peut dire qu’il est sécurisé à 100 %. Aucun pays ne peut avoir la garantie qu’il est à l’abri de toute forme de délinquance ».

Dans la foulée, le commandant de compagnie a présenté l’ampleur du dispositif mis en place pour cette opération conjointe. Pas moins de neuf brigades ont été mobilisées, incluant une brigade spéciale, une brigade de recherches et un escadron. Les unités concernées proviennent notamment de Belel, Ndindy, Touba Fall, Mbacké, Touba, Kael, Taïf et Sadio. Au total, la gendarmerie a engagé 175 éléments et 21 véhicules, avec l’appui d’un détachement du Groupement mobile d’intervention (GMI), renforçant ainsi la capacité d’intervention rapide sur l’ensemble de la zone.

Du côté de la police, le capitaine Babacar Ngom, commandant du corps urbain, a mis en lumière la stratégie opérationnelle adoptée pour garantir le succès de l’opération. Il a particulièrement insisté sur l’importance du poste de contrôle situé à proximité de Khayra, qu’il a qualifié de « pont névralgique » du dispositif sécuritaire. Ce point stratégique fait l’objet d’une surveillance permanente, avec un dispositif fonctionnant 24 heures sur 24, permettant de filtrer les mouvements et de prévenir toute tentative d’intrusion ou d’acte criminel.

Inauguration du marché au poisson de Thiès : le maire Babacar Diop interpelle fermement la ministre des Pêches

À l’occasion de la cérémonie officielle d’inauguration du marché au poisson de Thiès, le maire de la ville, le Dr Babacar Diop, n’a pas manqué de profiter de la tribune pour adresser un message sans détour à la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, le Dr Fatou Diouf. Devant les autorités administratives, les acteurs du secteur et les populations, l’édile de Thiès a tenu à rappeler certaines vérités qu’il juge essentielles pour une gouvernance concertée et respectueuse des collectivités territoriales.

Dans son intervention, le maire est d’abord revenu sur l’historique du site abritant le marché au poisson. Il a rappelé que l’acquisition dudit terrain s’est faite à travers une délibération régulière du conseil municipal de la ville de Thiès, adoptée sous le magistère de l’ancien maire Talla Sylla. Selon lui, cette précision est importante afin de reconnaître le rôle déterminant joué par la commune dans la mise en place de cette infrastructure aujourd’hui présentée comme un joyau au service des acteurs de la pêche et de l’économie locale.

Le Dr Babacar Diop a ensuite insisté sur la nécessité, pour l’État et particulièrement pour le ministère des Pêches et de l’Économie maritime, de privilégier la concertation avec l’ensemble des parties prenantes. Il a plaidé pour une démarche inclusive associant non seulement les services techniques de l’État, mais aussi les collectivités territoriales et tous ceux qui, en amont, ont contribué à la réalisation du marché. À ses yeux, une telle approche est la seule à même de garantir une gestion harmonieuse et durable de l’infrastructure.

Toutefois, le maire de Thiès n’a pas caché son amertume face au manque de considération qu’il estime avoir constaté de la part du ministère. Il a regretté que plusieurs correspondances officielles adressées par la mairie de Thiès au ministère des Pêches soient, jusqu’à présent, restées sans réponse. Une situation qu’il qualifie de regrettable et contraire aux principes de bonne gouvernance et de respect institutionnel entre l’État et les collectivités locales.

Dans un ton à la fois ferme et direct, le Dr Babacar Diop a tenu à préciser que les maires, en tant qu’élus locaux, soutiennent l’action de l’État et des ministres dans leurs missions respectives. Mais il a clairement posé les limites de ce soutien. « En tant que maires, nous vous soutenons », a-t-il déclaré avant d’ajouter, dans une formule empreinte de wolof et lourde de sens : « Mais forcing baxoul, mépris baxoul », pour signifier que ni l’imposition unilatérale des décisions ni le mépris des partenaires locaux ne sauraient être acceptables.

Riziculture : Mabouba Diagne lance la campagne de saison sèche 2026 et prône la souveraineté alimentaire

Le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, a officiellement lancé, ce samedi à Saint-Louis, la campagne de saison sèche chaude 2026 dans la vallée du fleuve Sénégal. La cérémonie s’est déroulée en marge d’un atelier organisé par la Société d’aménagement des terres du delta et de la Falémé (SAED), en présence des acteurs du secteur agricole, des autorités administratives et des partenaires techniques.

Ce lancement marque une étape importante dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer la production rizicole nationale et à réduire la forte dépendance du Sénégal aux importations de riz. Face aux producteurs, le ministre a tenu un discours sans détour, appelant à un sursaut collectif pour relever les défis persistants liés à la productivité, à la transformation et à la commercialisation du riz local.

Malgré les progrès enregistrés lors des dernières campagnes agricoles, Mabouba Diagne a rappelé que le pays continue d’importer plus d’un million de tonnes de riz blanc chaque année. Une situation qu’il juge préoccupante, tant sur le plan économique que stratégique. Selon lui, cette dépendance excessive pèse lourdement sur la balance commerciale nationale et expose le Sénégal aux fluctuations d’un marché international de plus en plus instable et spéculatif.

Pour le ministre, il est désormais impératif de rompre avec ce modèle. Il a souligné que le contexte mondial actuel, marqué par les crises géopolitiques, climatiques et économiques, impose au Sénégal de renforcer sa souveraineté alimentaire. « Cette dépendance est un risque que nous ne pouvons plus courir », a-t-il martelé, appelant les acteurs de la filière riz à jouer pleinement leur rôle dans cette dynamique.

C’est dans cette optique, a-t-il expliqué, que le gouvernement a engagé un changement de paradigme dans l’appui au secteur agricole. Il ne s’agit plus d’interventions ponctuelles et dispersées, mais d’une approche intégrée, structurée et durable, capable de transformer en profondeur les chaînes de valeur agricoles. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans la Stratégie de Souveraineté alimentaire (SSA 2025-2034), elle-même alignée sur l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

À travers cette stratégie, les autorités ambitionnent d’intensifier les chaînes de valeur agricoles, de renforcer la résilience des territoires ruraux et de réduire de manière significative la dépendance du pays aux importations alimentaires. Dans ce schéma, la riziculture occupe une place centrale, compte tenu de son importance dans l’alimentation des Sénégalais et de son potentiel économique.

Mabouba Diagne a particulièrement mis en avant les atouts de la vallée du fleuve Sénégal, qu’il considère comme un levier stratégique majeur. Grâce à ses ressources naturelles abondantes, à la maîtrise de l’eau et aux infrastructures existantes, la zone dispose, selon lui, d’un potentiel exceptionnel pour faire du Sénégal un pays autosuffisant en riz, voire un acteur compétitif sur le marché sous-régional.

En lançant la campagne de saison sèche chaude 2026, le ministre a ainsi réaffirmé la volonté de l’État d’accompagner les producteurs, tout en les invitant à redoubler d’efforts pour améliorer les rendements et la qualité de la production. Un message clair qui traduit l’ambition des autorités de faire de la riziculture un pilier de la souveraineté alimentaire et du développement économique du pays.

UGB : les étudiants observent 24 heures de cessation des activités pédagogiques pour exiger des réponses urgentes

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis fait face à une nouvelle zone de turbulence. La Coordination des Étudiants de Saint-Louis (CESL) a décrété 24 heures de cessation de toutes les activités pédagogiques, assorties de 24 heures de journées sans tickets, non renouvelables, à titre d’alerte. Cette décision, annoncée dans un communiqué rendu public le 23 janvier, vise à interpeller les autorités sur ce que les étudiants qualifient de « manque de considération » et d’« inertie prolongée » face à leurs préoccupations.

Selon la CESL, cette action intervient après plusieurs tentatives infructueuses de dialogue avec les autorités compétentes. La coordination rappelle qu’à l’issue de la dernière crise universitaire, un certain nombre de difficultés majeures avaient été clairement exposées, donnant lieu à des engagements pris par les autorités. Toutefois, plusieurs mois après ces promesses, les étudiants affirment ne constater aucune avancée concrète dans la résolution des problèmes soulevés.

Dans le cadre du suivi de sa plateforme revendicative, la CESL dit observer avec une profonde inquiétude l’absence de réponses institutionnelles. À en croire la coordination, aucun cadre d’échange effectif n’a, à ce jour, permis d’apporter des éclaircissements sur les solutions attendues. Cette situation alimente un climat de frustration et de mécontentement au sein de la communauté estudiantine, qui estime que ses revendications légitimes sont reléguées au second plan.

Face à ce qu’elle considère comme une forme de désintérêt des autorités, la CESL exige une rencontre urgente avec l’autorité compétente afin de discuter sérieusement des préoccupations des étudiants et d’aboutir à des solutions durables. La coordination prévient également que si les autorités continuent de « lambiner » sur les questions soulevées, elle se réserve le droit de durcir le mouvement. Elle affirme être prête à user de tous les moyens de lutte syndicale pour rétablir les étudiants dans leurs droits.

Malgré la fermeté de sa position, la CESL réaffirme son attachement au dialogue et à la recherche de solutions pacifiques. Elle se dit pleinement engagée et disponible pour défendre la cause estudiantine, tout en appelant les autorités à faire preuve de responsabilité afin d’éviter une nouvelle crise susceptible de perturber durablement le fonctionnement de l’Université Gaston Berger.

Sicap Mbao : une femme enceinte échappe à une violente tentative de vol, deux suspects arrêtés

Une scène d’une rare violence s’est déroulée dans la soirée du jeudi 23 janvier 2026 au quartier Taïf, à Sicap Mbao. Deux individus ont été interpellés par les éléments du poste de police de Diamaguène Sicap Mbao pour association de malfaiteurs, tentative de vol avec violence par effraction, usage de moyen de transport et mise en danger de la vie d’autrui. La victime, une femme en état de grossesse avancée, a frôlé le pire.

Selon les informations fournies par la Police nationale, les faits se sont produits aux environs de 18 heures. Alertés d’une attaque en cours contre un appartement, les agents de la Brigade de Recherches se sont immédiatement rendus sur les lieux. À leur arrivée, deux suspects avaient déjà été maîtrisés par des riverains, alertés par les cris de détresse de la victime, tandis qu’un troisième individu a réussi à prendre la fuite.

D’après le témoignage de la femme agressée, les trois assaillants se sont d’abord présentés à son domicile sous un faux prétexte afin de l’amener à ouvrir la porte. Face à son refus, ils ont violemment défoncé l’entrée de l’appartement. Terrorisée, la victime s’est réfugiée dans sa chambre qu’elle a verrouillée, tout en appelant au secours depuis son balcon. Les malfaiteurs ont alors tenté de forcer la porte de la chambre, mettant gravement en danger la vie de cette femme enceinte.

C’est l’intervention rapide et courageuse des voisins, alertés par ses appels à l’aide, qui a permis de mettre fin à l’agression. Les habitants ont réussi à neutraliser deux des assaillants avant l’arrivée de la police, évitant ainsi un drame aux conséquences potentiellement irréversibles.

La police indique également que la moto de marque Honda SH utilisée par les mis en cause pour se déplacer a été saisie et placée sous scellés dans le cadre de la procédure. Les deux suspects interpellés sont actuellement en garde à vue, tandis qu’une enquête a été ouverte pour élucider tous les contours de cette tentative de vol avec violence.

Les recherches se poursuivent activement afin de retrouver le troisième individu en fuite. Les autorités policières réaffirment, par ailleurs, leur détermination à lutter contre l’insécurité et appellent les populations à renforcer la collaboration avec les forces de défense et de sécurité en signalant tout comportement suspect.

COUD : des armes découvertes dans des chambres d’étudiants, le ministre Daouda Ngom annonce des sanctions fermes

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a tiré la sonnette d’alarme après la découverte d’armes blanches et d’objets dangereux dans certaines chambres d’étudiants au sein des résidences universitaires du Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD). Les faits ont été révélés à la suite d’opérations de contrôle récemment menées par les agents de sécurité de l’établissement.

Dans un communiqué rendu public ce jeudi 23 janvier, le ministre Daouda Ngom a exprimé sa vive préoccupation face à la présence de tels objets dans un environnement académique. Il a rappelé avec insistance que l’université doit rester un espace dédié au savoir, à la tranquillité, à la liberté intellectuelle et à la sécurité, loin de toute forme de violence ou de menace.

Selon le ministre, l’introduction, la détention ou l’usage d’armes, qu’il s’agisse d’armes blanches ou de tout autre objet contondant, est strictement interdite dans les établissements d’enseignement supérieur. Il estime que ces pratiques constituent non seulement une violation grave des règlements universitaires, mais également un danger réel pour la sécurité des étudiants, du personnel administratif et des enseignants.

Face à cette situation jugée préoccupante, Daouda Ngom a annoncé le renforcement des mesures préventives, en étroite collaboration avec les autorités académiques et les forces de sécurité de l’État. Ces actions viendront compléter les campagnes de sensibilisation déjà engagées auprès des étudiants afin de promouvoir un climat de paix et de respect mutuel sur les campus universitaires.

Le ministre a également été clair sur les conséquences à venir. Des mesures disciplinaires et pénales seront envisagées contre toute personne dont la responsabilité sera établie dans la détention ou l’usage de ces objets prohibés. Il a précisé que la tolérance zéro sera appliquée pour préserver l’ordre et la sécurité au sein des universités publiques.

En conclusion, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé un appel solennel à l’endroit de l’ensemble des étudiants, les invitant à faire preuve de responsabilité, à renoncer à toute forme de violence et à s’engager activement dans la préservation de la cohésion sociale et de la sécurité au sein des espaces universitaires.

Réorganisation de l’espace public : le ministre de l’Intérieur fixe de nouvelles instructions à Dakar

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé, a présidé, ce jeudi 23 janvier 2026, une importante réunion de commandement avec les autorités administratives de la région de Dakar. La rencontre, qui s’est tenue en présence du Gouverneur de Dakar, des préfets et des sous-préfets, s’inscrit dans le cadre du suivi et de l’évaluation des opérations de réorganisation de l’espace public engagées par l’État.

Selon une note du ministère de l’Intérieur, cette réunion stratégique a également enregistré la participation de hauts responsables des forces de sécurité, notamment le Directeur général de l’administration territoriale, le Directeur général adjoint de la Police nationale ainsi que le Directeur de la Sécurité publique. L’objectif était de faire le point sur les actions déjà menées sur le terrain et d’apprécier leur impact sur l’ordre public, la mobilité urbaine et la sécurité des citoyens.

Au cours des échanges, le ministre Mouhamadou Bamba Cissé a salué l’engagement et le professionnalisme des autorités administratives et des autres acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette politique de réorganisation. Il a félicité les équipes pour la qualité du travail accompli, tout en soulignant la nécessité de consolider les acquis à travers un suivi rigoureux et coordonné des opérations en cours.

Toutefois, le ministre a insisté sur l’importance d’une approche équilibrée, combinant fermeté dans l’application des décisions de l’État et pédagogie à l’endroit des populations concernées. À cet effet, de nouvelles instructions ont été données afin de maintenir la dynamique enclenchée et de renforcer les campagnes de sensibilisation. Le ministère recommande une implication accrue de l’ensemble des acteurs concernés, notamment les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, ainsi que les organisations communautaires.

Cette réorganisation de l’espace public vise, selon les autorités, à restaurer l’ordre, améliorer la circulation, sécuriser les zones sensibles et garantir une meilleure cohabitation entre les différents usagers de la voie publique. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de modernisation de la gouvernance urbaine, en particulier dans la capitale, confrontée à une forte pression démographique et à des défis croissants en matière de sécurité et de mobilité.

Le ministère de l’Intérieur assure que ces mesures se poursuivront dans le respect des lois et règlements en vigueur, tout en appelant les citoyens à la collaboration et au civisme pour une occupation harmonieuse et responsable de l’espace public.

Santé fragile : les visites à Farba Ngom temporairement suspendues

La cellule de communication du député-maire Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a annoncé la suspension temporaire de toutes les visites à son encontre, invoquant des raisons strictement médicales. L’information a été rendue publique à travers un communiqué daté du 22 janvier, dans lequel il est fait état d’un « état de santé particulièrement fragile » nécessitant des mesures de précaution renforcées.

Selon la note transmise à la presse, cette décision intervient à la suite d’avis médicaux formels émis par les médecins traitants de l’élu, avis également appuyés par les recommandations de ses conseils juridiques. Dans ce contexte, il a été jugé indispensable de suspendre provisoirement toute forme de visite afin de garantir des conditions optimales de prise en charge sanitaire.

La cellule de communication précise que cette mesure est exclusivement médicale et préventive. Elle vise avant tout à préserver l’intégrité physique et morale de Farba Ngom, dans un cadre de suivi rigoureux exigeant repos, sérénité et stabilité. Les proches du député-maire insistent sur le fait qu’aucune autre considération ne motive cette décision, qui s’inscrit dans une logique de protection de sa santé.

Dans le même communiqué, Farba Ngom a tenu à adresser ses remerciements les plus sincères à l’ensemble du peuple sénégalais, en général, et aux populations du Fouta, en particulier. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’endroit de la diaspora pour les nombreux témoignages de solidarité, de fidélité et d’affection reçus depuis près de onze mois, traduisant, selon ses proches, un soutien constant et indéfectible.

Enfin, la cellule de communication indique que toute évolution relative à l’état de santé du député-maire ou aux modalités de visites fera l’objet d’une communication officielle ultérieure. En attendant, elle appelle à la compréhension et au respect strict de cette période de repos, jugée cruciale pour le rétablissement de Farba Ngom.

Kaolack – Ndiédieng : le mouvement Naatal Sa Gox renforce la santé communautaire et l’autonomisation des femmes

La commune de Ndiédieng, dans le département de Kaolack, a récemment été le théâtre d’une importante action de solidarité initiée par le mouvement Naatal Sa Gox. Cette initiative a permis d’apporter un appui significatif aux structures sanitaires, aux groupements de femmes et aux daaras des localités de Mbitène Abdou et Paymar, dans un contexte marqué par des besoins sociaux persistants en milieu rural.

Sur le plan sanitaire, le mouvement a procédé à la remise de ventilateurs et de matelas aux postes de santé des villages concernés. Selon le coordonnateur du mouvement, Thierno Kébé, ce matériel vise à améliorer les conditions d’accueil et de prise en charge des patients, tout en renforçant le cadre de travail du personnel de santé. Une contribution jugée précieuse par les responsables sanitaires locaux, confrontés à des ressources souvent limitées.

Au-delà de la santé, Naatal Sa Gox a également mis l’accent sur les activités génératrices de revenus (AGR) à travers un appui financier destiné aux groupements de femmes. Ces fonds permettront de développer des initiatives économiques locales, de favoriser l’autonomisation financière des bénéficiaires et de renforcer leur rôle dans le tissu socio-économique local. D’après M. Kébé, cette démarche vise également à lutter contre l’exode rural, notamment celui des jeunes filles attirées par les grandes villes à la recherche de meilleures opportunités.

Par ailleurs, le mouvement a inscrit son action dans une dimension éducative, religieuse et sociale, en procédant à la remise de nattes aux daaras de la zone. Cette intervention s’inscrit dans la promotion des valeurs de solidarité, de responsabilité communautaire et d’ancrage culturel et religieux. À travers ces gestes, Naatal Sa Gox entend contribuer à la stabilisation des familles, à l’épanouissement des femmes et à la préservation des repères éducatifs et spirituels en milieu rural.

En combinant santé communautaire, développement économique et éducation religieuse, le mouvement Naatal Sa Gox confirme ainsi son engagement en faveur d’un développement local inclusif et durable à Ndiédieng, redonnant espoir à des communautés souvent confrontées à la précarité.

Santé fragile : Farba Ngom suspend temporairement toutes ses visites sur avis médical

La cellule de communication du député-maire Mouhamadou Ngom, plus connu sous le nom de Farba Ngom, a annoncé ce mercredi la suspension temporaire de l’ensemble des visites qui lui étaient rendues. Cette décision, précise le communiqué parvenu à la rédaction, est motivée par des raisons strictement médicales liées à l’état de santé jugé « particulièrement fragile » de l’élu.

Selon la même source, cette mesure fait suite aux recommandations formelles de ses médecins traitants, appuyées par ses conseils juridiques, dans un souci de préservation de son intégrité physique et morale. Le contexte actuel nécessiterait, d’après le communiqué, « repos, sérénité et stabilité », afin de permettre un suivi sanitaire rigoureux et adapté à son état.

La cellule de communication insiste sur le caractère exclusivement médical et préventif de cette décision, écartant toute autre considération. Elle souligne également la vigilance et la rigueur du dispositif de suivi sanitaire dont bénéficie le député-maire.

Dans ce communiqué, Farba Ngom a tenu à exprimer ses remerciements les plus sincères au peuple sénégalais, aux populations du Fouta ainsi qu’à la diaspora, pour les nombreux témoignages de solidarité, de fidélité et d’affection reçus depuis près de onze mois. Ces marques de soutien, indique-t-il, ont été d’un grand réconfort dans une période éprouvante.

Les nombreuses visites enregistrées à la Maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, y compris au pavillon spécial, sont qualifiées par ses proches de « soutien moral majeur ». Elles traduisent, selon eux, un profond attachement aux valeurs de dignité, de justice et de solidarité.

Contentieux fiscal : Majorel Sénégal obtient gain de cause contre la DGID

Le contentieux fiscal opposant Majorel Sénégal à la Direction générale des impôts et des domaines (DGID) a trouvé son épilogue devant la juridiction compétente, avec une décision favorable à l’entreprise. Saisie par la société, la deuxième chambre civile du tribunal a rendu un jugement condamnant l’administration fiscale à restituer à Majorel Sénégal la somme de 176.987.462 FCFA. Ce montant correspond à un crédit de TVA que l’entreprise avait déclaré comme déductible et qui n’avait pas été restitué par l’administration.

Si le tribunal a rejeté la demande de nouvelle expertise formulée par Majorel, il a néanmoins reconnu le bien-fondé de la demande sur le fond du litige. Le montant à restituer couvre la TVA supportée et déclarée comme déductible sur la période allant d’août 2019 à décembre 2020, à l’exclusion de certaines lignes spécifiques qui restaient contestées.

La juridiction a en outre ordonné l’exécution provisoire du jugement sur l’ensemble de la somme. Cette mesure permet à Majorel Sénégal de recouvrer immédiatement les fonds, même si l’administration fiscale décidait d’exercer une voie de recours ultérieure.

Cette décision constitue une étape significative dans le bras de fer fiscal opposant la société à la DGID et rappelle l’obligation pour l’administration de respecter les droits des contribuables lorsque les conditions légales de déductibilité et de restitution de la TVA sont réunies. Elle met également en lumière l’importance pour les entreprises de défendre leurs droits devant les instances judiciaires compétentes afin de garantir la récupération de crédits fiscaux légitimement dus.

Contentieux fiscal : l’État du Sénégal condamné à restituer près de 177 millions FCFA à Majorel Sénégal

La deuxième Chambre civile du tribunal de Dakar a tranché, jeudi 22 janvier 2025, le différend opposant l’administration fiscale sénégalaise au géant de la relation client, Majorel Sénégal. Dans son délibéré, la juridiction a condamné l’État du Sénégal, représenté par la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), à restituer à l’entreprise la somme exacte de 176 987 462 francs CFA.

Ce contentieux judiciaire portait sur une récupération de taxes réclamée par l’administration fiscale au titre des exercices 2019 et 2020. Saisie par Majorel Sénégal, qui contestait la légalité de certaines impositions, la justice a finalement donné raison à l’entreprise sur une partie bien circonscrite de la période concernée.

Selon les informations rapportées par le journal Libération, la somme que l’État devra rembourser correspond exclusivement à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) supportée et déductible sur la période allant d’août 2019 à décembre 2020. Le tribunal a ainsi suivi l’argumentaire de Majorel Sénégal, estimant que cette TVA avait été indûment perçue par l’administration fiscale.

En revanche, le juge a clairement rejeté toutes les prétentions de l’entreprise relatives aux périodes antérieures au mois d’août 2019. Sur ce point, la juridiction a considéré que les demandes de remboursement ne reposaient pas sur des fondements juridiques suffisamment établis pour justifier une restitution.

Par ailleurs, la Chambre civile n’a pas donné suite à la requête de Majorel Sénégal visant à obtenir une expertise complémentaire. Le tribunal a estimé disposer de suffisamment d’éléments dans le dossier pour statuer en toute connaissance de cause, rendant ainsi inutile toute mesure d’instruction supplémentaire.

Fait notable, la juridiction a ordonné l’exécution provisoire de la décision sur la totalité du montant accordé. Cette disposition permet à Majorel Sénégal d’exiger le remboursement immédiat de la somme de 176 987 462 FCFA, nonobstant l’exercice éventuel de voies de recours par l’administration fiscale.

La Ligue islamique mondiale lance un vaste programme d’allocations au profit de 2 771 orphelins sénégalais

Le bureau régional de la Ligue islamique mondiale (LIM) à Dakar a procédé au lancement officiel du programme de versement des allocations destinées aux orphelins sénégalais pris en charge par l’organisation. Cette initiative humanitaire d’envergure concerne 2 771 orphelins répartis dans plusieurs localités du Sénégal, pour une enveloppe globale estimée à 1 161 819 480 francs CFA.

La cérémonie, marquée par une forte portée sociale et symbolique, s’inscrit dans la dynamique de solidarité et de protection des couches les plus vulnérables de la société sénégalaise. À cette occasion, le Directeur général régional de la Ligue islamique mondiale au Sénégal, M. Abdallah Khalid Housseyni, accompagné de sa délégation, a rappelé la philosophie et les fondements spirituels qui guident l’action de la LIM en faveur des orphelins.

Selon lui, la Ligue islamique mondiale considère les orphelins comme un pilier essentiel de la société de demain. « La Ligue mondiale compte sur ses orphelins pour construire la société de demain. Nous fondons notre action sur le hadith du Prophète, qui a promis à ceux qui prennent en charge les orphelins qu’ils seront ses voisins au paradis », a-t-il déclaré, soulignant ainsi la dimension à la fois humanitaire, sociale et religieuse de cet engagement.

Présent à la cérémonie, le ministère de la Famille et des Solidarités, également en charge de la promotion des droits et de la protection des enfants, a vivement salué l’initiative de la Ligue islamique mondiale. Représentant le ministère, M. Oumar Samb, conseiller technique du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, a magnifié ce geste qu’il qualifie de soutien précieux aux familles vulnérables et aux enfants en situation de fragilité.

Il a, par ailleurs, annoncé la signature prochaine d’un protocole de partenariat entre le ministère et le bureau régional de la Ligue islamique mondiale. Selon lui, ce cadre de collaboration permettra de renforcer la protection sociale des orphelins et d’optimiser les actions sur le terrain. « C’est un partenariat extrêmement important pour lequel le ministère s’engage à mettre à la disposition du partenariat l’ensemble des mécanismes qui travaillent sur ce volet de protection sociale », a-t-il affirmé.

Cette initiative s’inscrit dans le programme global de la Ligue islamique mondiale visant à accompagner durablement les populations vulnérables, notamment les orphelins, à travers des interventions ciblées dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la formation professionnelle et de l’encadrement social. À travers ce programme, la LIM réaffirme son engagement à œuvrer aux côtés des autorités sénégalaises pour garantir un avenir plus digne et plus sécurisé aux enfants privés de soutien parental.

Téléphones portables en prison : l’enquête s’accélère autour de la cellule de Farba Ngom

L’enquête ouverte après la découverte de deux téléphones portables dans la cellule de Farba Ngom connaît une nouvelle accélération. Selon Libération, les premières auditions ont permis de lever une partie du voile sur les circonstances de l’introduction de ces appareils en milieu carcéral, sans pour autant dissiper tous les doutes des enquêteurs.

D’après le quotidien, le député-maire des Agnam, récemment réticent à s’exprimer sur l’exploitation technique des téléphones saisis, s’était montré nettement plus coopératif lors de son premier interrogatoire. Au cours de cette audition initiale, il aurait reconnu les faits sans détour. Il a notamment admis être à l’origine de l’introduction du premier téléphone, expliquant l’avoir dissimulé dans un pot de lait lors de son transfert de la prison de Rebeuss vers le Pavillon spécial. Une méthode de dissimulation qui intrigue autant qu’elle interroge sur les failles du dispositif de sécurité lors des mouvements de détenus.

Le second appareil, en revanche, demeure au cœur des soupçons. Toujours selon Libération, Farba Ngom a livré une version pour le moins surprenante. Il a affirmé que ce téléphone appartenait à un agent pénitentiaire, Serigne Abdou Aziz Guèye, qui le lui aurait « prêté » afin de passer un appel, avant d’« oublier » de le récupérer. Entendu par les enquêteurs, l’agent concerné a confirmé cette version des faits. Inculpé et placé sous mandat de dépôt pour corruption et introduction d’objets prohibés en milieu carcéral, il nie toutefois catégoriquement avoir reçu la moindre contrepartie financière.

Malgré ces déclarations concordantes, les enquêteurs restent prudents. Les explications fournies n’ont pas suffi à lever les zones d’ombre entourant cette affaire sensible. Farba Ngom a, par la suite, opposé un refus de répondre lors d’un interrogatoire ultérieur, estimant que l’exploitation technique des téléphones avait été menée en son absence et sans la présence de ses avocats, une situation qu’il juge préjudiciable à ses droits.

Affaire American Dara Academy : une enquête judiciaire aux lourdes implications éducatives et diplomatiques

Une affaire aux ramifications sensibles secoue depuis plusieurs semaines le milieu éducatif et diplomatique au Sénégal. L’American Dara Academy, un établissement privé accueillant des enfants de nationalité américaine, se retrouve au centre d’une enquête judiciaire faisant état de graves allégations de mauvais traitements sur des mineurs. Les faits dénoncés ont conduit à des interpellations, à l’ouverture de procédures pénales et à une mobilisation inhabituelle des autorités judiciaires et diplomatiques.

L’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par Patrick Grey, directeur de la sécurité de l’ambassade des États-Unis au Sénégal. Cette démarche officielle fait suite à la fuite d’une jeune pensionnaire américaine de l’annexe de l’établissement, située à Toubab Dialao, sur la Petite-Côte. Selon les premiers éléments de l’enquête, la mineure aurait quitté les lieux dans des circonstances jugées préoccupantes, évoquant des traitements incompatibles avec les normes de protection de l’enfance et les obligations légales encadrant les établissements scolaires et internats.

Alertées par la gravité des accusations, les autorités sénégalaises ont rapidement ouvert une enquête afin de faire toute la lumière sur les conditions de prise en charge des élèves au sein de l’American Dara Academy. Les investigations portent notamment sur des soupçons de violences physiques et psychologiques, de conditions de vie dégradantes et de manquements graves aux règles de sécurité et de bien-être des enfants hébergés dans l’annexe de Toubab Dialao.

Les premières auditions menées par les services compétents ont conduit à l’arrestation de plusieurs personnes impliquées dans la gestion ou l’encadrement des élèves. Celles-ci ont été placées à la disposition de la justice, tandis que les autorités judiciaires poursuivent leurs investigations pour déterminer les responsabilités individuelles et institutionnelles dans cette affaire. Des témoignages recueillis évoquent un climat de peur et de discipline excessive, des éléments qui restent toutefois à confirmer par les résultats définitifs de l’enquête.

Du côté diplomatique, l’ambassade des États-Unis suit le dossier avec une attention particulière, compte tenu de la nationalité des enfants concernés. La plainte déposée par le responsable de la sécurité de l’ambassade témoigne de la sensibilité du dossier et de la volonté des autorités américaines de garantir la protection de leurs ressortissants, en particulier lorsqu’il s’agit de mineurs. Des échanges réguliers seraient en cours entre les autorités sénégalaises et les représentants diplomatiques américains.

Cette affaire relance le débat sur le contrôle des établissements scolaires privés, notamment ceux accueillant des élèves étrangers, ainsi que sur les mécanismes de surveillance des structures d’hébergement pour mineurs. Elle met également en lumière la nécessité d’un encadrement plus rigoureux et de sanctions exemplaires en cas de violation des droits fondamentaux des enfants.

Mairie de Marsassoum : un trafic de nationalité sénégalaise démantelé, quatre personnes arrêtées

Un vaste réseau de fabrication et de délivrance de faux documents d’état civil a été mis au jour à la mairie de Marsassoum, dans la région de Sédhiou. L’affaire, révélée par L’Observateur dans son édition de ce vendredi 23 janvier, met en lumière un système de corruption bien organisé au cœur même du service public, impliquant quatre individus, dont la responsable du centre d’état civil de la commune.

L’enquête a été déclenchée à la suite de l’interpellation, à Dakar, d’une ressortissante bissau-guinéenne identifiée comme N.A. Mendes. Cette dernière tentait d’obtenir une carte nationale d’identité sénégalaise en présentant un extrait de naissance falsifié. Soupçonnant une fraude, la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF) a procédé à son arrestation. Rapidement confrontée aux éléments réunis par les enquêteurs, la mise en cause est passée aux aveux, livrant des informations décisives qui ont permis de remonter la piste d’un réseau structuré reliant Dakar, Ziguinchor et Marsassoum.

Les investigations menées par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) ont ainsi révélé un mode opératoire bien rodé. Chaque faux extrait de naissance était vendu au prix de 30 000 francs CFA à des personnes désireuses d’obtenir indûment la nationalité sénégalaise. Cette somme était ensuite répartie entre les différents acteurs du réseau. Le principal fabricant du document percevait 15 000 francs CFA, tandis que le reliquat était partagé entre plusieurs intermédiaires.

Parmi ces derniers figurent notamment un agent de sécurité de proximité affecté au service des Eaux et Forêts, un comptable matière du lycée de Marsassoum, répondant au nom de M. Sané, ainsi qu’un membre de la famille Mendes, soupçonné d’avoir servi de relais entre les clients et les faussaires. Tous jouaient un rôle précis dans la chaîne, facilitant l’identification des bénéficiaires et l’acheminement des documents frauduleux.

Au centre de ce dispositif illégal se trouve M. Sylla, plus connue sous le nom de Ndioma Sylla, responsable du service de l’état civil de Marsassoum. Selon les aveux recueillis par les enquêteurs, elle exploitait d’anciens registres d’état civil comportant des pages vierges. Ces pages étaient utilisées pour y inscrire de nouvelles identités fictives, donnant ainsi une apparence de parfaite légalité aux extraits de naissance délivrés frauduleusement.

Au cours de l’opération, plusieurs registres d’état civil ont été saisis et placés sous scellés afin de servir de pièces à conviction. Les quatre personnes impliquées ont été placées en garde à vue pour faux et usage de faux, complicité, obtention indue de documents administratifs et association de malfaiteurs.

Kahone commence à se forger une image nationale

Grâce à votre parfaite maîtrise des enjeux du développement local et à la considération exemplaire que vous accordez à votre population, la commune de Kahone connaît aujourd’hui une dynamique remarquable. Sous votre gouvernance, les populations kahonoises ont été témoins de nombreuses réalisations et d’inaugurations majeures qui ont profondément amélioré leur cadre de vie.

Parmi ces réalisations figure la route goudronnée reliant Ngokoré, Maka Ndiaye et Kahone, inaugurée il y a un an. À cela s’ajoute la mise en service d’un poste de santé moderne à Kanda Fodé Bayo, doté d’une maternité fonctionnelle. Dans le secteur de l’éducation, plusieurs salles de classe ont été construites à l’école primaire Kahone 1 ainsi qu’à l’école primaire de Kanda Amady Diakho. Une machine photocopieuse a également été offerte à l’école Fass Kahone de Kanda Fodé Bayo. Par ailleurs, les salaires mensuels des gardiens d’écoles sont désormais assurés et versés régulièrement à la fin de chaque mois.

Sur le plan sportif, les subventions ont été portées à 175 000 francs CFA et les primes de la finale de la Coupe du Maire significativement renforcées. C’est également sous votre magistère que les joueurs des équipes finalistes bénéficient désormais de médailles et que des trophées individuels sont attribués, contribuant ainsi à la valorisation du sport local.

En matière d’éclairage public, plusieurs quartiers, notamment Maka Ndiaye, Darou Habibi et Kanda, ont été dotés de lampadaires. Des extensions du réseau d’adduction d’eau ont également été réalisées dans des quartiers tels que Fass Kahone et Kanda, améliorant sensiblement l’accès à l’eau potable.

À ces actions s’ajoutent le projet « Kahone, une commune verte et propre », lancé depuis deux ans, ainsi que la construction d’une place publique dont l’achèvement est imminent. Par ailleurs, le démarrage des travaux de la route de Kanda Fodé Bayo est prévu dans les prochains jours.

Il convient également de souligner les aides sociales accordées chaque année, notamment la distribution de kits scolaires aux orphelins et orphelines de la commune. Vous avez aussi initié une activité très appréciée par la jeunesse, organisée chaque fin d’année avec la population, visant à renforcer la cohésion sociale et à garantir aux enfants leur droit aux loisirs et au divertissement.

À l’état actuel, il est permis d’affirmer, sans hésitation, que Madame le Maire Fatou Séne Diouf est le meilleur maire qu’ait connu la commune de Kahone, au regard de l’ampleur de ses réalisations et de l’amour réciproque qu’elle entretient avec sa population, en particulier sa jeunesse. Son bilan est largement positif et dépasse de loin celui de ses prédécesseurs en matière de réalisations concrètes.

Madame Fatou Séne Diouf incarne une véritable dame de fer. Elle a accédé à la magistrature de la commune de Kahone en janvier 2022 grâce à son engagement, sa détermination, son leadership affirmé et son ouverture d’esprit. Elle est à la fois la première femme maire de la commune de Kahone et la première femme issue de l’opposition à remporter une élection dès sa première participation.

Un grand respect à cette brave dame, et tous nos vœux de réussite pour la poursuite de ses nobles efforts au service de la commune de Kahone.

Abdoulaye Samb

Secrétaire général des jeunes du Mouvement de la Renaissance et de l’Espoir de Kahone (MOURE)

Natif de Kanda Amady Diakho, commune de Kahone

SOLIDARITÉ

2 771 orphelins bénéficient de 1,26 milliard FCFA grâce à la Ligue Islamique Mondiale

La Ligue Islamique Mondiale (LIM) poursuit son engagement en faveur des couches les plus vulnérables au Sénégal, en particulier les enfants orphelins. À travers ses programmes humanitaires, l’organisation apporte un appui multiforme comprenant des allocations financières, des aides scolaires et des distributions de denrées alimentaires, en collaboration avec l’État du Sénégal et d’autres organisations partenaires.

C’est dans ce cadre qu’une enveloppe globale d’un milliard deux cent soixante et onze millions de francs CFA a été distribuée à 2 771 orphelins issus de plusieurs régions du pays.

Revenant sur cette initiative, le Dr Mohamed Saïd Ba a détaillé les différentes actions menées par la Ligue Islamique Mondiale, notamment celles en direction des orphelins et les autres programmes sociaux déployés sur le terrain.

« Avec cette cérémonie, nous lançons officiellement nos activités pour l’année 2026. La Ligue Islamique Mondiale a toujours eu pour vocation de venir en aide aux couches les plus vulnérables. Aujourd’hui, il s’agit d’une cérémonie de distribution de dons spécifiquement destinés aux enfants, en particulier aux orphelins du Sénégal. Plus de 2 700 orphelins sont pris en charge depuis plusieurs années pour une enveloppe de plus d’un milliard de francs CFA, distribuée à Dakar et dans les régions. Cette action s’inscrit parfaitement dans le programme global de la Ligue Islamique Mondiale à travers le monde, qui ne se limite pas seulement à l’assistance sociale, mais touche également des domaines clés comme l’hydraulique, l’enseignement et la formation professionnelle. Le secrétaire général de la Ligue insiste particulièrement sur l’appui aux couches défavorisées. Ce programme, qui démarre au Sénégal, se déroulera sur une semaine avant de s’étendre à d’autres pays de la sous-région », a-t-il expliqué.

Pour sa part, le directeur régional de la LIM au Sénégal, Moudir Abdallah Khalid Otheimin, a souligné les motivations qui fondent le choix de l’organisation en faveur des orphelins.

« L’orphelin est un membre à part entière de la société et mérite une prise en charge totale. Notre vision s’appuie sur un hadith du Prophète Mohammed (PSL), qui promet à ceux qui prennent en charge les orphelins d’être ses voisins au Paradis. Cette seule raison suffit. Mais au-delà, si ces enfants ne sont pas accompagnés, la société risque de voir émerger de larges franges marginalisées. La Ligue Islamique Mondiale mise sur ces orphelins pour bâtir la société de demain. Nous avons l’exemple d’un ancien orphelin pris en charge qui est aujourd’hui médecin. Combien de vies ce médecin va-t-il sauver ? Cela démontre qu’investir dans les orphelins, c’est investir dans l’avenir », a-t-il déclaré.

Présidant la cérémonie au nom de la ministre de la Famille, empêchée, M. Omar Samb, conseiller spécial de Mme Maimouna Dièye, a salué l’initiative qu’il estime en parfaite cohérence avec les missions du ministère.

« Cette action de la Ligue Islamique Mondiale s’inscrit pleinement dans les attributions du ministère de la Famille, qui vise à accompagner et à assister les groupes vulnérables, notamment les familles, les femmes et les enfants en situation de vulnérabilité », a-t-il indiqué.

Il a également souligné que les orphelins constituent une cible prioritaire du ministère et a magnifié le partenariat naissant avec la Ligue Islamique Mondiale, reconnue pour ses nombreuses œuvres sociales dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la construction d’infrastructures et de l’assistance aux populations victimes de chocs, notamment lors des inondations liées aux changements climatiques.

M. Samb a enfin invité la représentation nationale de la LIM à soumettre un projet de protocole de convention afin d’élaborer un plan d’action conjoint avec le gouvernement, tout en se réjouissant du ciblage d’orphelins issus de plusieurs régions du Sénégal.

Aly Saleh

Tragédie routière en centre-ville : deux enfants perdent la vie dans une collision entre un tracteur et une moto

Un drame d’une rare violence s’est produit en plein centre-ville, plongeant les riverains dans l’effroi et l’émotion. Un tracteur lourdement chargé de sable est entré en collision avec une moto, provoquant un accident aux conséquences tragiques.

Selon les informations recueillies auprès de sources concordantes, le choc a été d’une extrême brutalité. Deux enfants qui se trouvaient sur la moto ont été mortellement touchés. Le premier, âgé de seulement 4 ans, a perdu la vie sur le coup, avant même l’arrivée des secours. Le second enfant, âgé de 6 ans, grièvement blessé, a été évacué d’urgence vers l’hôpital régional. Malgré les efforts du personnel médical, il a succombé à ses blessures en cours de route.

Le conducteur de la moto, qui n’est autre que le père du plus jeune enfant décédé, a miraculeusement survécu à l’accident. Il s’en est sorti avec quelques égratignures et un état de choc important. Pris en charge par les services de secours, il a reçu les premiers soins avant d’être conduit dans une structure sanitaire pour des examens complémentaires.

Sur les lieux du drame, une foule nombreuse s’est rapidement rassemblée, sous le choc face à l’ampleur de la tragédie. Les forces de l’ordre ont procédé au balisage de la zone afin de faciliter l’intervention des secours et d’éviter tout autre incident.

Le chauffeur du tracteur impliqué dans l’accident a été interpellé par la police et placé à la disposition de la justice. Une enquête a été immédiatement ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de la collision, notamment les responsabilités éventuelles, l’état du véhicule et le respect des règles de circulation.

Ce nouveau drame relance avec acuité la question de la sécurité routière en milieu urbain, en particulier la cohabitation souvent dangereuse entre engins lourds et deux-roues, ainsi que la protection des enfants sur les routes. La population locale, encore sous le choc, appelle à des mesures urgentes pour prévenir de tels accidents à l’avenir.

Marche pacifique à Thiès : le G7 hausse le ton et exige le respect des accords signés avec l’État

Les syndicats regroupés au sein du G7 sont descendus dans la rue ce jeudi à Thiès pour une marche pacifique visant à dénoncer le non-respect des accords signés avec l’État. Au moment où ces lignes sont écrites, les manifestants battent le macadam dans les principales artères de la ville, affichant leur détermination à obtenir des réponses concrètes du gouvernement face à des revendications qu’ils jugent légitimes et urgentes.

À travers cette mobilisation, le G7 entend rappeler aux autorités la nécessité de respecter leurs engagements, notamment en ce qui concerne le paiement à temps des salaires des enseignants et des indemnités liées aux examens. Les syndicats exigent également une implication effective du G7 dans les activités du ministère de l’Éducation nationale, dénonçant une mise à l’écart systématique lors de la validation de documents stratégiques et d’autres cadres de concertation.

Les responsables syndicaux pointent du doigt l’important passif social accumulé par l’État, en particulier le retard dans la signature de nombreux décrets issus des accords conclus. Ils fustigent également la persistance de lourdeurs administratives qui entravent l’application effective des décisions prises, ainsi que l’iniquité salariale persistante au détriment du secteur de l’Éducation et de la Formation. À cela s’ajoutent les problèmes récurrents de surimposition sur les rappels de salaires et les indemnités, une situation jugée injuste par les travailleurs.

Dans leur déclaration, les syndicats du G7 exigent du gouvernement la prise en charge immédiate de l’ensemble de ces préoccupations et l’ouverture de négociations sérieuses autour de plusieurs points jugés prioritaires. Ils dénoncent notamment les retards persistants dans le paiement des salaires des enseignants contractuels, constatés ces derniers mois, ainsi que le non-versement ou le retard de paiement des indemnités d’examens, en particulier dans la formation professionnelle et technique. Sont également concernés les professeurs d’Éducation physique et sportive des inspections d’académie de Dakar, Rufisque et Pikine-Guédiawaye, les acteurs de la surveillance du baccalauréat, ainsi que les intervenants extérieurs des Centres régionaux de formation des personnels de l’éducation (CRFPE) pour les années scolaires 2023-2024 et 2024-2025.

Le G7 dénonce par ailleurs son exclusion des activités du ministère de l’Éducation nationale, regrettant de ne pas être associé à la validation des documents stratégiques du NITHE et à d’autres initiatives majeures du secteur. Les syndicats critiquent ce qu’ils qualifient de dilatoire du gouvernement dans l’apurement du passif social et déplorent l’absence de mesures concrètes pour corriger le système de rémunération actuel.

Parmi les autres revendications figurent l’absence de prise en charge de la supervision des examens du CFEE et du BFEM par les inspecteurs, ainsi que les nombreuses difficultés liées à l’organisation des examens du CAP et du CEAP, marquées par des irrégularités, des retards et le non-respect de l’échéance de décembre pour la publication des arrêtés. Le G7 réclame également la révision des nouvelles dispositions du G50, jugées inadaptées, et dénonce la persistance de nombreux cas de surimposition.

Les syndicats attirent aussi l’attention sur l’inexistence de budgets de fonctionnement dans les écoles et établissements, la non-fonctionnalité du comité de suivi des accords, ainsi que le retard dans l’octroi de parcelles viabilisées ou non viabilisées et la délivrance des titres de propriété aux syndicats bénéficiaires. Ils pointent également la non-prise en charge des bourses de formation des élèves-professeurs de l’ENAMC, la nécessité de réviser les statuts du personnel des écoles sénégalaises en Gambie, le non-paiement des indemnités des professeurs exerçant dans les LYNAQE et les difficultés rencontrées par les ayants droit pour l’obtention des prêts DMC auprès des banques.

Dans la foulée, le G7 a vivement dénoncé l’inertie qu’il juge inacceptable dans la mise en œuvre des accords relatifs à l’habitat social, aux cotisations sociales des enseignants contractuels, à la digitalisation des actes et procédures de la fonction publique, au retour des budgets dans le préscolaire et l’élémentaire, ainsi qu’au relèvement des budgets des établissements du moyen secondaire. Les syndicats réclament également le paiement des indemnités des classes spéciales dans les EFA, la réouverture sans délai de l’EFA de Ndindy 2 et l’ouverture de discussions sérieuses sur la réforme des retraites.

Koungheul : les acteurs locaux mobilisés pour une adaptation climatique portée par les territoires

Koungheul – Les acteurs territoriaux du département de Koungheul ont souligné, mercredi, la nécessité d’ancrer l’adaptation aux changements climatiques dans une gouvernance locale structurée, à travers l’élaboration de plans climat à l’échelle départementale.

Cette position a été exprimée lors d’un forum de sensibilisation sur l’adaptation climatique menée au niveau local, organisé par l’association World Action, en partenariat avec Innovation Environnement et Développement en Afrique (IED Afrique). La rencontre visait à renforcer la compréhension des enjeux climatiques et à favoriser l’appropriation des mécanismes de financement décentralisé par les collectivités territoriales.

Présidée par le préfet de Koungheul, Souleymane Ndiaye, la rencontre a réuni les autorités administratives, les services techniques déconcentrés, les élus locaux, ainsi que des représentants d’organisations communautaires et de partenaires au développement. Parmi les participants figuraient notamment le sous-préfet de Lour Escale, Leity Diouf, Ousseynou Seck, chargé de programme à IED Afrique, ainsi que l’adjointe au maire de Fass Thiéckène, Coumba Dieng.

Au cours des échanges, plusieurs intervenants ont mis en évidence les limites actuelles de la planification locale face aux défis climatiques. Talla Mar, secrétaire municipal de la commune d’Ida Mouride, a plaidé pour une approche interdépartementale afin de permettre la mise en œuvre de projets structurants à fort impact. Dans le même esprit, Kouly Diouf Ndao, premier vice-président du Conseil départemental de Koungheul, a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination territoriale et l’harmonisation des interventions.

Le président de l’association World Action, Aly Mbaye Dieng, a, pour sa part, mis l’accent sur l’importance des plans climat départementaux, qu’il considère comme des outils stratégiques permettant aux collectivités territoriales d’accéder aux financements climatiques et de renforcer leur autonomie dans la conduite des politiques d’adaptation.

Les participants ont également souligné la vulnérabilité accrue du département de Koungheul, confronté à des sécheresses récurrentes, à la dégradation progressive des terres, à l’irrégularité des précipitations et à l’augmentation des températures. Ces phénomènes affectent directement les systèmes de production agricole, la sécurité alimentaire et les conditions de vie des populations, en particulier celles des femmes et des jeunes, souvent en première ligne face aux impacts climatiques.

Les discussions s’inscrivent dans le cadre du projet « Décentralisation des Fonds Climat pour renforcer la résilience des communautés vulnérables (DEFOCLIM) », mis en œuvre par IED Afrique avec l’appui du Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Ce projet vise à promouvoir une gouvernance climatique inclusive et à renforcer les capacités des acteurs locaux à concevoir, financer et mettre en œuvre des actions d’adaptation adaptées aux réalités territoriales.

Dans cette dynamique, l’association World Action a initié un plan de résilience communautaire à travers la mise en place des Alliances pour la Résilience des Communautés (ARC) dans les neuf communes du département, regroupées au sein de la Plateforme des Acteurs pour la Résilience des Communautés (PARC). Cette approche vise à fédérer les initiatives locales et à renforcer l’efficacité des actions climatiques à l’échelle départementale.

La rencontre a également enregistré la participation de la Division régionale de l’Environnement et des Établissements classés de Kaffrine (REEEC), qui a présenté une communication sur les changements climatiques. La GIZ Sénégal a, de son côté, partagé une présentation axée sur les approches territoriales, tandis que le projet PROMOREN, représentant la Direction générale de l’OLAC, a également pris part aux échanges.

Affaire AEE Power : une décision judiciaire, 37 milliards en question et une bataille de récits au sommet de l’État

Le dossier AEE Power refait surface sur la scène publique, ravivant une controverse aux implications politiques, judiciaires et financières majeures. Au cœur de cette affaire figure un vaste marché public d’électrification rurale d’un montant global estimé à 91,8 milliards de FCFA, dont 37 milliards de FCFA ont déjà été décaissés à titre d’avance de démarrage. Selon L’Observateur, cette affaire met aujourd’hui aux prises l’Agence sénégalaise de l’électrification rurale (Aser), des responsables politiques et des acteurs de la société civile, dans un climat marqué par une véritable guerre de communiqués et d’interprétations opposées d’une même décision judiciaire.

Le Directeur général de l’Aser, Jean-Michel Sène, a récemment revendiqué ce qu’il présente comme une victoire judiciaire décisive. Dans une publication sur sa page Facebook, il affirme que la décision rendue par la Cour suprême mettrait un terme définitif à quinze mois de controverses, de batailles judiciaires et de campagnes de désinformation autour du projet AEE Power. Pour le patron de l’Aser, cette décision consacre la justesse de la position de son institution et ouvre ce qu’il qualifie de « temps de la vérité ».

Toujours selon L’Observateur, Jean-Michel Sène promet d’aller plus loin lors d’une conférence de presse annoncée, au cours de laquelle il entend dévoiler, dans le détail, les faits, les responsabilités et le modus operandi qui auraient entouré ce marché public. Il évoque même des tentatives d’enrichissement illicite « sur le dos des Sénégalais », qu’il présente comme des pratiques récurrentes dans certains projets publics. À l’en croire, l’Aser aurait mené une bataille judiciaire de longue haleine pour préserver l’intérêt général et défendre la régularité du processus d’attribution du marché.

Cependant, cette lecture triomphaliste est vivement contestée sur le plan politique. Aliou Diouf, responsable du parti La République des valeurs de Thierno Alassane Sall, a rapidement réagi pour démonter, point par point, la version avancée par le Directeur général de l’Aser. Dans une sortie au ton particulièrement incisif, il accuse Jean-Michel Sène de manipulation de l’opinion publique et de diversion.

Selon Aliou Diouf, la suspension du marché décidée par l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) en octobre 2024 n’est plus d’actualité depuis plusieurs mois. Il rappelle qu’une ordonnance rendue le 21 février 2025 aurait déjà levé cette suspension, à la suite de l’introduction d’un « élément nouveau » par l’Aser elle-même. Dès lors, s’interroge-t-il, l’annonce d’une nouvelle levée de suspension serait dénuée de toute pertinence juridique et relèverait davantage de la communication politique que de l’information factuelle.

Pour le responsable de La République des valeurs, le véritable débat ne se situe pas sur le terrain procédural, mais bien sur le plan financier. « Le débat, ce n’est pas la suspension ou non du marché, c’est les 37 milliards », martèle-t-il. Il affirme qu’en dépit du décaissement de cette somme colossale, le programme d’électrification rurale n’en serait qu’à une phase expérimentale, couvrant à peine une quarantaine de villages après près de dix-neuf mois d’exécution. Une situation qu’il juge alarmante et difficilement justifiable au regard des ambitions initiales du projet.

Plus préoccupant encore, Aliou Diouf évoque la suspension des décaissements par la banque Santander, principal bailleur du projet, qui exigerait des clarifications sur l’utilisation des fonds déjà engagés. Cette dimension financière et opérationnelle, estime-t-il, est volontairement passée sous silence dans la communication de l’Aser, au profit d’annonces spectaculaires autour d’une décision judiciaire dont la portée réelle serait, selon lui, largement exagérée.

Au centre de cette controverse demeure la décision n°107-2024/ARCOP/DEF du 2 octobre 2024, par laquelle l’Arcop avait ordonné la suspension du marché à la suite d’un recours contestant la procédure d’attribution. C’est précisément l’interprétation et les conséquences de cette décision qui cristallisent aujourd’hui les divergences entre les différentes parties.

Pour les responsables de l’Aser, la page judiciaire serait définitivement tournée, ouvrant la voie à la poursuite sereine du projet. Pour leurs détracteurs, en revanche, les zones d’ombre persistent, notamment en ce qui concerne la gestion des 37 milliards de FCFA déjà décaissés et l’état réel d’avancement du programme d’électrification rurale. Une affaire qui, manifestement, est loin d’avoir livré tous ses secrets.

Diarrère : des partenariats internationaux au service du développement rural

La commune de Diarrère, dans la région de Fatick, a accueilli samedi dernier une journée dédiée à l’entrepreneuriat rural, illustrant une dynamique nouvelle portée par la coopération entre acteurs locaux et partenaires internationaux. Initiée par Mbacké Ndiaye, directeur général de MBND AGRO SARL, cette rencontre a mis en lumière le rôle stratégique de l’investissement privé dans la transformation économique des territoires ruraux.

Au cœur de l’événement, l’inauguration de plusieurs infrastructures économiques — une boulangerie, une ferme agricole et une boutique de miellerie — marque une avancée significative pour l’économie locale. Évalué à 50 millions de francs CFA, ce projet a pu voir le jour grâce à l’appui financier de partenaires français, témoignant de l’importance de la coopération décentralisée dans le soutien à l’entrepreneuriat sénégalais.

Spécialisée dans l’agriculture moderne, l’élevage, la pisciculture et l’apiculture, MBND AGRO SARL ambitionne de structurer des chaînes de valeur durables en milieu rural, en créant des opportunités d’emplois et en contribuant au renforcement de la sécurité alimentaire locale.

La journée a également servi de cadre d’échanges entre entrepreneurs, institutions financières et autorités locales, avec la présence remarquée de la Banque agricole, de Jean-Marie Ndiaye, premier adjoint au maire de Diarrère, ainsi que de Monique Ndour, coordinatrice de l’ARC pour la région de Fatick. Des acteurs de la société civile et du secteur privé, à l’image de Madame Laurence Isabelle Boutville, pharmacienne à la retraite basée à Paris, et de Boubacar Barry, point focal de l’Union des apiculteurs du Sénégal, ont salué l’approche inclusive du projet.

Dans une perspective de consolidation, Mbacké Ndiaye a annoncé de nouvelles orientations axées sur la valorisation des produits locaux et l’autonomisation économique des femmes, à travers la mise en place prochaine d’une unité de transformation. Cette initiative vise à renforcer la compétitivité des productions locales tout en améliorant durablement les revenus des ménages.

À Diarrère, cette journée de l’entrepreneuriat s’impose ainsi comme un modèle de synergie entre initiatives privées, accompagnement institutionnel et partenariats internationaux, au service d’un développement rural plus structuré et résilient.

Diourbel : drame au village de Keur Ngalgou

Un drame s’est produit dans le paisible village de Keur Ngalgou, situé dans la commune de Taïba Moutoupha, département de Diourbel.

Un professeur d’histoire et de géographie en service au lycée du village s’est donné la mort en se jetant dans un puits, ce mercredi, après avoir assuré ses cours jusqu’à midi.

Selon des témoignages recueillis sur place, l’enseignant, identifié par les initiales M.A.G., ne présentait aucun comportement suspect lors de son arrivée au lycée dans la matinée. Après les cours, il se serait rendu près d’un puits où il aurait d’abord jeté ses effets personnels avant de s’y précipiter.

Alertés, les secours se sont rapidement rendus sur les lieux, mais n’ont malheureusement pas pu sauver le professeur, qui a été extrait du puits sans vie.

Une enquête a été ouverte afin d’élucider les circonstances exactes de ce drame, qui a plongé la communauté éducative ainsi que les habitants du village dans une profonde consternation.

Affaire à suivre.

Ziguinchor : importantes saisies de drogues, faux médicaments et billets noirs incinérées par les Douanes et les forces de défense et de sécurité

Ziguinchor a été, ce mardi 21 janvier 2025, le théâtre d’une démonstration de fermeté de l’État face à la criminalité transnationale organisée. À l’occasion de la Journée internationale de la Douane, la direction régionale des Douanes du Sud a procédé à l’incinération d’importantes quantités de produits prohibés issus des saisies réalisées au cours de l’année 2025, en présence des autorités administratives, sécuritaires et locales.

Cette opération symbolique, mais hautement significative, s’inscrit dans une dynamique de lutte renforcée contre les trafics illicites dans la zone Sud, longtemps exposée aux réseaux criminels en raison de sa position géographique. Selon le colonel Cheikh Diouf, directeur régional des Douanes du Sud, les produits détruits comprennent près de cinq tonnes de chanvre indien, estimées à environ 500 millions de francs CFA, plus de cinq milliards de francs CFA en billets noirs, ainsi que des faux médicaments d’une valeur de neuf millions de francs CFA.

Pour le responsable douanier, ces résultats sont le fruit d’une vigilance constante et d’une coopération étroite entre les différentes forces de défense et de sécurité. Il a tenu à souligner la synergie d’action entre la Douane, la Gendarmerie, la Police, l’Armée ainsi que les services des Eaux et Forêts, estimant que cette coordination demeure la clé de l’efficacité dans la lutte contre les trafics illicites.

Au-delà des produits incinérés, le colonel Cheikh Diouf a révélé une saisie majeure de 386,5 kilogrammes de cocaïne, évaluée à près de 30,8 milliards de francs CFA. Cette cargaison, actuellement placée sous scellés au niveau du parquet financier, fait l’objet de procédures judiciaires en cours. Une saisie qui illustre, selon lui, l’ampleur et la dangerosité des réseaux criminels opérant dans la sous-région.

Reconnaissant que le phénomène de la drogue demeure une réalité préoccupante dans la zone Sud, le directeur régional des Douanes a assuré que les forces de défense et de sécurité restent pleinement mobilisées pour y faire face. Il a annoncé un renforcement de la surveillance aux frontières, l’intensification des contrôles et la mise en place de nouvelles stratégies de riposte afin de protéger la santé publique et la quiétude des populations.

Dans son adresse, le colonel Cheikh Diouf a également lancé un appel aux populations locales, les invitant à collaborer étroitement avec les forces de sécurité. Il a rappelé que la lutte contre l’économie criminelle ne peut être efficace sans l’implication citoyenne, soulignant que l’action de l’administration douanière est exclusivement orientée vers l’intérêt des populations.

Représentant le gouverneur de Ziguinchor, Alseyni Bangoura, adjoint chargé du développement, a salué l’engagement exemplaire des Douanes et des forces de défense et de sécurité. Il a inscrit cette cérémonie dans le thème de la Journée internationale des Douanes, axé sur la protection de la société par la vigilance et l’engagement. Selon lui, les résultats obtenus témoignent de l’efficacité de la collaboration entre la Zone militaire n°5, la légion de gendarmerie, le commissariat central et l’inspection régionale des Eaux et Forêts.

Pour l’autorité administrative, cet acte fort envoie un message clair : Ziguinchor ne saurait être un refuge pour l’économie criminelle. Il a ainsi appelé les chefs de villages, délégués de quartiers et notables à jouer pleinement leur rôle de sentinelles citoyennes, afin de prévenir et de signaler toute activité suspecte.

La célébration de la Journée internationale de la Douane a également été marquée par une dimension sociale et éducative. Dans la matinée, la direction régionale des Douanes du Sud a procédé à un don de matériel didactique et informatique au Lycée Peyrissac. Des ordinateurs, des imprimantes et des rames de papier ont été remis à l’établissement pour améliorer les conditions de travail du personnel administratif et enseignant.

Pour le colonel Cheikh Diouf, ce geste traduit la volonté de l’administration des Douanes de placer l’éducation au cœur de son action. Une séance d’échanges a ainsi permis de sensibiliser les élèves sur les missions de la Douane, notamment la lutte contre la fraude et la contrebande, la mobilisation des ressources fiscales et leur contribution au financement du budget de l’État. Très attentifs, les élèves ont saisi l’occasion pour poser de nombreuses questions, en particulier sur les concours d’accès à la Douane.

La proviseure du lycée, Djitome Lydie Joséphine Bassène, a salué cette initiative qu’elle a qualifiée d’acte patriotique. Elle a estimé que l’information et la sensibilisation des jeunes constituent un levier essentiel pour former des citoyens responsables, conscients des enjeux sécuritaires et économiques du pays.

À travers cette cérémonie d’incinération et les actions sociales menées en parallèle, les Douanes et les forces de défense et de sécurité réaffirment leur détermination à lutter sans relâche contre la criminalité transnationale organisée, tout en inscrivant leur action dans une logique de protection des populations et de développement humain durable.

Alexis SAGNA

Kaolack : la gendarmerie démantèle un réseau de trafic international de drogue et saisit 53 kg de chanvre indien

Dans le cadre de la lutte contre le trafic de stupéfiants, la Brigade de Recherches de Kaolack a réalisé un important coup de filet ce mardi 20 janvier 2026, en procédant au démantèlement d’un réseau de trafic international de drogue opérant entre la Gambie et le Sénégal.

Selon une note officielle de la Gendarmerie nationale diffusée sur sa chaîne WhatsApp, cette opération fait suite à l’exploitation minutieuse d’un renseignement signalant l’existence d’un trafic de chanvre indien en provenance de la Gambie. Sur la base de ces informations, les éléments de la Brigade de Recherches ont mis en place une opération ciblée dans la brousse de Lamarame, localité située dans l’arrondissement de Wack Ngouna, dans la région de Kaolack.

L’intervention des forces de sécurité a permis l’interpellation de trois individus, tous de nationalité sénégalaise, qui ont été surpris en possession d’une importante quantité de drogue. Au total, cinquante-trois kilogrammes de chanvre indien ont été saisis sur les mis en cause, confirmant ainsi l’ampleur du trafic et le caractère organisé du réseau démantelé.

Les trois suspects ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et de déterminer les ramifications exactes de ce réseau, notamment les circuits d’approvisionnement et de distribution de la drogue.

Lutte contre l’orpaillage illégal : trois dragues et une pirogue détruites à Saeinsoutou

Une opération de sécurisation menée par les forces de défense et de sécurité (FDS) a permis de porter un nouveau coup à l’orpaillage clandestin dans la région de Kédougou. Ce mardi 20 janvier 2026, aux environs de 11 heures, une intervention ciblée a eu lieu dans le village de Saeinsoutou, localité frontalière située le long de la rive gauche du fleuve Falémé, dans le département de Saraya.

Selon des informations recueillies auprès de sources proches de Seneweb, l’opération a été déclenchée à la suite de renseignements fiables faisant état d’activités d’exploitation illégale d’or alluvionnaire dans cette zone. Les investigations ont révélé l’implication de ressortissants maliens opérant de manière clandestine dans le lit du fleuve, une pratique récurrente dans cette partie de la frontière sénégalo-malienne.

Les éléments de la brigade de gendarmerie de Saraya, appuyés par le Groupement d’action rapide de surveillance et d’intervention (GARSI) basé à Saeinsoutou, se sont rapidement déployés sur le terrain. Leur intervention a permis de localiser et de neutraliser le matériel utilisé pour l’extraction illégale de l’or. Au cours de l’opération, trois dragues artisanales ainsi qu’une pirogue ont été détruites, mettant ainsi un terme immédiat aux activités illicites en cours dans cette portion du fleuve Falémé.

Aucun incident ni affrontement n’a été signalé lors de l’intervention, qui s’est déroulée dans le calme et le professionnalisme, selon les mêmes sources. Cette action s’inscrit dans le cadre de la stratégie globale des autorités visant à renforcer la sécurité dans les zones aurifères, à lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et à limiter les impacts environnementaux désastreux liés à l’orpaillage clandestin, notamment la pollution des cours d’eau et la dégradation des écosystèmes.

Les forces de défense et de sécurité ont, par ailleurs, réaffirmé leur ferme détermination à poursuivre et à intensifier ces opérations dans la région de Kédougou. L’objectif affiché est de mettre définitivement un terme aux activités illégales dans les zones aurifères, de préserver les ressources naturelles du pays et d’assurer la sécurité et la tranquillité des populations riveraines, souvent exposées aux conséquences sociales, sanitaires et environnementales de l’orpaillage clandestin.

Deuxième étoile, une seule nation : Dakar en communion totale avec ses Lions

Le Sénégal a vécu ce mardi l’une des plus grandes journées de communion nationale de son histoire récente. Une foule immense, une opposition politique présente, une société civile mobilisée et Youssou Ndour en maître de cérémonie : tous les ingrédients étaient réunis pour transformer la célébration des Lions de la Téranga en un moment d’unité rare et profondément symbolique. Sacrés champions d’Afrique pour la deuxième fois, après le sacre de 2022, les héros du football sénégalais ont été portés en triomphe par un peuple tout entier, fier, ému et rassemblé.

Dès l’aube, Dakar s’est réveillée au rythme des klaxons, des chants et des drapeaux vert-jaune-rouge flottant à perte de vue. La capitale s’est progressivement muée en un gigantesque théâtre à ciel ouvert. Des milliers de Sénégalais, venus de tous les quartiers et parfois de régions lointaines, ont convergé vers les grands axes de la ville pour ne rien manquer de la parade triomphale des champions. Femmes, hommes, enfants, personnes âgées, tous étaient là, mêlés dans une marée humaine impressionnante, unis par la même ferveur.

Le bus impérial transportant les Lions a avancé lentement, presque à contre-courant de cette foule compacte et exubérante. À chaque carrefour, à chaque boulevard, les mêmes scènes de liesse se répétaient. Des supporters juchés sur les toits des voitures, d’autres brandissant des portraits des joueurs, scandant sans relâche « Vive les Lions ! Vive les Lions ! ». Le temps semblait suspendu. Les commerçants ont fermé boutique, les écoles ont libéré leurs élèves et les administrations ont tourné au ralenti. Le Sénégal avait fait un choix clair : celui de célébrer ses champions, ensemble, sans retenue.

Au-delà de la ferveur populaire, la journée a également été marquée par un fait politique rare et lourd de sens. L’opposition sénégalaise a répondu présente à la cérémonie officielle de décoration organisée au Palais de la République. Aux côtés de la majorité présidentielle, les leaders de l’opposition ont occupé les premiers rangs, illustrant la capacité du football à transcender les clivages partisans. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, certains responsables politiques n’ont pas caché leur fierté. « C’est un moment qui dépasse la politique. C’est le Sénégal qui gagne », confiait l’un d’eux, visiblement touché par l’unité qui se dégageait de l’événement.

La société civile était tout aussi mobilisée. Représentants d’associations, leaders religieux, acteurs culturels et figures du monde économique ont répondu à l’appel. Toutes les composantes de la nation sénégalaise semblaient réunies autour d’un même idéal, donnant à cette cérémonie une dimension véritablement historique.

Dans ce contexte de ferveur et de solennité, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a pris la parole. Devant le président de l’Assemblée nationale, le Premier ministre et l’ensemble des membres du gouvernement, le chef de l’État a salué cette mobilisation exceptionnelle. « Aujourd’hui, c’est vrai, tout le monde est là, tout le peuple », a-t-il déclaré, balayant du regard une assemblée diverse, réunie par l’amour du pays et la passion du football. Revenant sur une finale qu’il a qualifiée d’« intense, engagée et disputée jusqu’au bout », le président a mis en avant la lucidité, le talent et la force mentale des Lions. Il a rappelé l’explosion de joie qui a suivi le coup de sifflet final, une joie profonde et partagée, qui a traversé tout le pays.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette victoire dépasse largement le cadre sportif. Elle constitue un repère pour la jeunesse sénégalaise, à qui les Lions ont montré que les défis les plus ardus peuvent être relevés lorsque l’on avance ensemble, avec discipline et solidarité.

Alors que la nuit commençait à envelopper Dakar, un autre moment fort est venu couronner cette journée exceptionnelle. Youssou Ndour, figure emblématique de la culture sénégalaise, est monté sur scène. Sa prestation a été, sans conteste, le point d’orgue des célébrations. D’une voix puissante, chargée d’émotion, le roi du Mbalax a offert aux Lions et à la nation une ode vibrante à la victoire et à la fierté nationale. Habitué à accompagner les grands moments de l’histoire sportive du pays, l’artiste a cette fois encore trouvé les mots et les mélodies pour toucher le cœur des Sénégalais.

La foule, déjà survoltée par une journée entière de festivités, a explosé de joie. Des milliers de voix se sont unies à celle de Youssou Ndour dans un concert géant et spontané. Téléphones levés pour immortaliser l’instant, larmes de joie sur les visages, la scène était digne des plus grands moments de communion nationale. Pour beaucoup, l’artiste incarnait ce rôle de griot moderne, celui qui raconte l’histoire du peuple et en sublime les émotions.

Si Dakar était le cœur battant des célébrations, l’écho de cette victoire a largement dépassé les frontières nationales. Dans les capitales africaines, en Europe, en Amérique et jusqu’en Asie, la diaspora sénégalaise a vibré à l’unisson avec la mère patrie. Comme l’a souligné le président de la République, partout où bat un cœur sénégalais, la joie a été la même, sincère et partagée.

Affaire Soya Diagne : le parquet général se pourvoit en cassation contre la liberté provisoire sous bracelet électronique

Le feuilleton judiciaire autour de Soya Diagne connaît un nouveau rebondissement. Le parquet général a introduit, hier, un pourvoi en cassation contre l’arrêt de la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar qui avait accordé à l’intéressé une liberté provisoire sous le régime du bracelet électronique. Cette démarche judiciaire ouvre ainsi la voie à un examen du dossier par la Chambre pénale de la Cour suprême, juridiction appelée à statuer en dernier ressort, selon les informations rapportées par le quotidien Libération dans son édition du jour.

Pour rappel, Soya Diagne avait été placé sous mandat de dépôt le 16 octobre 2025 par le doyen des juges d’instruction. Il était poursuivi pour diffusion de fausses nouvelles et discours contraire aux bonnes mœurs, des infractions liées à des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Dans son réquisitoire introductif, le parquet avait également visé Ousseynou Seck, connu sous le pseudonyme d’Akhenaton sur les réseaux sociaux, ainsi qu’une troisième personne agissant sous un faux profil sur Facebook et X (ex-Twitter).

Au-delà de simples publications sur Facebook, l’auto-saisine du parquet avait été déclenchée par la diffusion d’une vidéo de 56 secondes devenue virale sur TikTok. Dans cette séquence, l’auteur accuse une haute personnalité sénégalaise d’avoir commis un viol sur une ressortissante rwandaise, des faits qui se seraient déroulés à Paris. La vidéo avançait également qu’Akhenaton aurait été informé de cette supposée affaire, renforçant ainsi la gravité des accusations portées et leur potentiel retentissement.

Interpellé par les enquêteurs au sujet de cette vidéo incriminée, Soya Diagne avait soutenu en avoir pris connaissance en présence même des policiers, niant toute implication directe dans sa conception ou sa diffusion initiale. Il avait également rejeté toute relation avec Akhenaton, présenté comme proche du pouvoir, affirmant pour sa part se réclamer de l’Alliance pour la République (Apr).

S’agissant des publications figurant sur sa propre page Facebook, Soya Diagne avait expliqué qu’il s’agissait essentiellement de captures d’écran issues de la page d’Akhenaton, qu’il aurait reprises en y ajoutant des commentaires à caractère humoristique, inscrits selon lui dans un registre de satire. Concernant les allusions à des faits de viol perceptibles dans certains de ses écrits, il avait soutenu qu’il s’agissait d’une fiction, insistant sur le fait qu’il n’avait jamais eu l’intention d’évoquer des affaires de mœurs réelles.

Interrogé plus précisément sur un commentaire dans lequel il écrivait en wolof « duma bipa kéne douffi wakh complot… Il veut étouffer l’affaire », Soya Diagne avait été invité à clarifier ses propos. Il avait alors expliqué avoir parlé de « viol » au lieu de « viòl », précisant encore qu’il s’exprimait dans un style fictif et satirique. De même, à propos d’une autre publication évoquant la remise supposée d’un passeport diplomatique à une ressortissante rwandaise, il avait maintenu qu’il s’agissait d’une simple ironie, dénuée de toute intention malveillante.

Découverte choquante près de l’hôpital Gedji : deux jeunes hommes interpellés pour acte contre nature

Après un premier incident signalé dans le quartier Biafra, une nouvelle affaire aux circonstances similaires est venue troubler la quiétude des riverains. Cette fois-ci, les faits se sont déroulés à proximité de l’établissement hospitalier « Gedji », dans une zone abritant plusieurs garages de véhicules.

Selon les informations rapportées par Libération, c’est un habitant du secteur qui a donné l’alerte après avoir constaté une activité jugée suspecte au cœur de la nuit. Intrigué par des allées et venues inhabituelles dans les garages voisins, il a immédiatement saisi les forces de l’ordre. Des patrouilles de police ont alors été dépêchées sur les lieux pour vérifier la situation.

Sur place, les agents ont fait une découverte pour le moins surprenante. Deux jeunes hommes, identifiés comme F. Gaye, âgé de 22 ans, et H. Boiro, 23 ans, tous deux sans domicile fixe, ont été surpris en pleine intimité. Les faits se déroulaient sur une natte étalée entre deux véhicules stationnés dans l’un des garages. Les deux individus ont été interpellés alors qu’ils avaient les pantalons baissés, ne laissant aucun doute sur la nature de leurs actes.

Conduits au poste de police pour les besoins de l’enquête, les deux mis en cause ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. Lors de son audition, H. Boiro a déclaré que l’initiative provenait de F. Gaye, lequel lui aurait proposé d’avoir des rapports sexuels et de profiter d’un moment d’intimité dans ce garage, estimé discret à cette heure avancée de la nuit.

Les enquêteurs ont également cherché à en savoir davantage sur leur situation personnelle. Les deux jeunes hommes ont ainsi confié être sans profession fixe et ne disposer d’aucun domicile stable, vivant au gré des circonstances.

Les faits auraient eu lieu aux environs de 3 h 30, dans la nuit du 19 au 20 janvier 2026. À l’issue de leur garde à vue, F. Gaye et H. Boiro ont été déférés au parquet. Ils devront répondre des chefs d’inculpation d’acte contre nature et de vagabondage, infractions prévues et punies par la législation en vigueur.

Cette affaire relance une fois de plus le débat sur la sécurité nocturne dans certains quartiers et sur la situation sociale des personnes sans domicile fixe, souvent exposées à des conditions de vie précaires et à des dérives aux conséquences judiciaires lourdes.

Encadrement des prix : Kaolack réajuste le coût du riz brisé pour soulager les ménages

Le Conseil régional de la consommation de Kaolack a acté un réajustement à la baisse du prix du riz brisé ordinaire, une décision attendue dans un contexte marqué par la pression persistante du coût de la vie. Désormais fixé à 14.400 FCFA le sac de 50 kilogrammes et à 315 FCFA le kilogramme, ce nouveau barème traduit la volonté des autorités locales de mieux protéger le pouvoir d’achat des populations tout en maintenant l’équilibre du tissu commercial.

Produit de première nécessité, le riz brisé occupe une place centrale dans l’alimentation quotidienne des ménages de Kaolack, Guinguinéo et Nioro du Rip. Sa consommation massive en fait un indicateur sensible du niveau de vie, notamment pour les familles à revenus modestes. Dans un environnement économique marqué par l’augmentation des charges domestiques, cette baisse, bien que jugée modérée par certains observateurs, représente un soulagement réel pour de nombreux foyers, appelés à consacrer une part importante de leur budget à l’alimentation.

La particularité de cette décision réside dans la méthode adoptée pour y parvenir. Loin d’une fixation administrative unilatérale, les nouveaux prix sont le fruit d’une concertation entre les autorités compétentes, les associations de consommateurs et les représentants des commerçants. Cette approche inclusive a permis de prendre en compte les préoccupations de chaque partie, notamment la nécessité pour les détaillants et grossistes de préserver des marges leur permettant de poursuivre leurs activités sans rupture d’approvisionnement ni pratiques spéculatives.

Dans le département de Nioro du Rip, les autorités ont opté pour un ajustement spécifique tenant compte des contraintes logistiques supplémentaires. Le sac de 50 kilogrammes y est ainsi fixé à 14.425 FCFA et le kilogramme à 320 FCFA. Cette légère variation reflète une approche pragmatique, adaptée aux réalités territoriales et aux coûts de transport, tout en maintenant l’esprit général de la mesure d’encadrement.

Sur le plan du marché, cette harmonisation des prix est perçue comme un signal positif. Elle devrait contribuer à une meilleure rotation des stocks, renforcer la confiance entre vendeurs et clients et limiter les pratiques informelles souvent liées aux écarts de prix et au manque d’information. La campagne d’affichage annoncée par les autorités locales vient appuyer cet objectif de transparence, en rendant les tarifs officiels visibles et accessibles à tous, réduisant ainsi les risques d’abus.

Au-delà des chiffres, cette décision illustre une volonté affirmée de structurer davantage le commerce des produits de première nécessité à l’échelle locale. En misant sur la concertation, la transparence et la responsabilisation, les autorités entendent instaurer une régulation durable du marché. Les consommateurs, appelés à exercer une veille citoyenne, sont ainsi invités à jouer un rôle actif dans le respect des prix fixés, devenant des acteurs à part entière d’une consommation plus encadrée et responsable à Kaolack et dans ses environs.

Kaffrine : face aux défis climatiques, l’école renforce ses outils pédagogiques

À l’heure où les effets du changement climatique se font de plus en plus sentir au Sénégal, l’Inspection d’académie (IA) de Kaffrine mise sur la formation des enseignants afin de mieux préparer les élèves à comprendre leur environnement. Ce mardi, un séminaire de renforcement des capacités en climatologie a réuni des enseignants de l’ensemble de l’académie au lycée Armée Nation pour la Qualité et l’Équité (LYNAQE).

Dans une région fortement exposée aux aléas climatiques, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’enseignement et d’adaptation des contenus pédagogiques aux réalités locales. L’objectif est clair : doter les enseignants d’outils communs et rigoureux pour une meilleure lecture des phénomènes climatiques, notamment à travers l’analyse de données et de graphiques scientifiques.

« Il s’agit d’harmoniser les concepts et les constructions graphiques utilisés dans nos cours afin d’assurer une meilleure compréhension chez les élèves », a expliqué l’inspecteur Barnabé Diémé, soulignant l’importance de la cohérence pédagogique entre les disciplines.

Le séminaire a également été marqué par la contribution du professeur Pascal Sagna, spécialiste reconnu en climatologie, venu de Dakar pour partager son expertise. Une présence saluée par les organisateurs, qui y voient un moyen de rapprocher la recherche universitaire des réalités du terrain scolaire.

Au-delà de la formation technique, cette rencontre met en lumière le rôle stratégique de l’école dans la sensibilisation aux questions climatiques. Pour Boubacar Ndiaye, inspecteur à l’IA de Kaffrine, l’interdisciplinarité entre l’histoire-géographie et les sciences de la vie et de la Terre (SVT) constitue un levier essentiel pour une meilleure appropriation des savoirs liés au climat.

L’appui logistique du LYNAQE, sous la coordination de ses responsables, a permis la tenue effective de cette activité, illustrant ainsi la collaboration entre institutions éducatives et structures de formation.

Les participants ont unanimement salué une initiative qu’ils jugent en phase avec les enjeux actuels, appelant à la pérennisation de ces cadres de renforcement des capacités. Pour eux, investir dans la formation des enseignants revient à investir dans une jeunesse mieux outillée pour comprendre, anticiper et faire face aux défis climatiques de demain.

Un accueil triomphal des Lions, honorés devant une foule en liesse

Un accueil populaire digne de héros, empreint de joie et de fierté, a été réservé ce mardi aux Lions du Sénégal, fraîchement sacrés champions d’Afrique. Les joueurs de l’équipe nationale de football ont été célébrés à leur arrivée au Palais de la République, où une réception officielle a été organisée en leur honneur.

Après la grande parade de champions dans les rues de Dakar, les Lions ont reçu l’une des plus hautes distinctions de la République : l’Ordre national du Lion. Invités au palais par le chef de l’État, les joueurs sénégalais ont été accueillis par des milliers de supporters massés aux alentours de la présidence.

Dans son allocution, le président Bassirou Diomaye Faye a annoncé, au nom du peuple sénégalais et en son nom personnel, l’octroi d’une prime de 75 millions de francs CFA à chaque joueur de l’équipe nationale, accompagnée d’un terrain de 1 500 mètres carrés situé sur la Petite Côte.

Les membres de la Fédération sénégalaise de football (FSF) bénéficieront, pour leur part, d’une enveloppe de 50 millions de francs CFA ainsi que d’un terrain de 1 000 mètres carrés, également sur la Petite Côte. Les autres membres de la délégation nationale recevront chacun une prime de 20 millions de francs CFA et un terrain de 500 mètres carrés dans la même zone.

Devant une tribune remplie de hautes autorités de l’État, de figures du pouvoir comme de l’opposition — dont Amadou Ba, ancien Premier ministre — d’artistes à l’image de Youssou Ndour, ainsi que de proches des joueurs, les Lions ont défilé vers le podium, sourire aux lèvres, visiblement fatigués mais fiers.

L’ambiance était à son paroxysme. La foule scandait leurs noms, mêlant applaudissements et cris de gratitude. « Merci Pape Thiaw, merci les Lions, on l’a fait ! » Ces mots, résonnant comme des tambours, étaient accompagnés de cris de joie. Les pétards illuminaient le ciel, tandis que les couleurs nationales s’étendaient à perte de vue. Dakar vibrait au rythme de la fête. Les Lions étaient célébrés, et la fierté se lisait sur leurs visages, suffisante pour faire oublier la fatigue.

Pour rappel, les Lions, partis en fin de matinée de leur hôtel de Diamniadio où ils avaient passé la nuit de lundi à mardi, ont sillonné les principaux boulevards de la capitale menant au Palais de la République. À partir de la Patte d’Oie, le cortège de l’équipe nationale, entouré de milliers de supporters, a emprunté le rond-point EMG, le quartier Castor et l’avenue Bourguiba.

L’équipe nationale est ensuite passée par le carrefour de la FASTEF et la corniche Ouest, avant d’arriver au Palais de la République, où les Lions ont été officiellement reçus par le chef de l’État.

Plusieurs joueurs de l’équipe nationale ont exprimé, mardi à Dakar, leur joie et leur fierté face à l’accueil exceptionnel qui leur a été réservé par leurs supporters et l’ensemble de la nation sénégalaise après leur victoire finale à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) disputée à Rabat.

Ému par la ferveur populaire, Sadio Mané a déclaré : « C’est un jour de joie, de bonheur et de gloire qui devrait durer tout le temps. Tout le monde est content. »

Aly Saleh

Elhadji Ousseynou Diouf s’incline devant la mémoire de Jules François Bocandé lors de la parade des Lions de la Teranga

La parade triomphale des Lions de la Teranga, organisée au lendemain du sacre continental, restera longtemps gravée dans les mémoires. Au-delà de l’euphorie populaire, des chants, des drapeaux et de la ferveur nationale, un moment d’une rare intensité émotionnelle a marqué la célébration : l’hommage solennel rendu par Elhadji Ousseynou Diouf à la légende Jules François Bocandé.

Alors que le cortège avançait lentement au milieu d’une marée humaine, Diouf, figure emblématique du football sénégalais et double Ballon d’Or africain, a pris la parole avec gravité. La joie de la victoire n’a pas éclipsé le devoir de mémoire. Devant des milliers de supporters, il a rappelé que ce trophée s’inscrivait dans une longue histoire, bâtie par des hommes qui ont ouvert la voie, souvent dans l’ombre et sans les moyens d’aujourd’hui. Jules François Bocandé, disparu mais jamais oublié, incarnait à ses yeux cette génération fondatrice.

La voix chargée d’émotion, Elhadji Ousseynou Diouf a évoqué le parcours exceptionnel de l’ancien attaquant, pionnier du football sénégalais en Europe, capitaine respecté et symbole d’engagement pour le maillot national. Il a rappelé combien Bocandé avait inspiré des générations entières de joueurs, par son talent, sa discipline et son amour indéfectible pour le Sénégal. « Cette victoire est aussi la sienne », a-t-il laissé entendre, sous les applaudissements nourris de la foule.

Ce moment de recueillement a créé un contraste saisissant avec l’ambiance festive de la parade. Les chants se sont tus l’espace de quelques secondes, laissant place à une communion silencieuse entre les joueurs, les anciens et le public. Beaucoup de supporters, émus, ont salué ce geste fort, y voyant un rappel essentiel : les succès d’aujourd’hui sont le fruit des combats d’hier.

En rendant hommage à Jules François Bocandé, Elhadji Ousseynou Diouf a rappelé que le football sénégalais ne se résume pas à des trophées, mais à une histoire, des valeurs et des hommes qui ont porté haut les couleurs nationales bien avant les grandes consécrations. Cette parade, célébrant le présent glorieux des Lions de la Teranga, a ainsi su honorer dignement la mémoire de ceux qui ont façonné leur destin.

Kaolack : menacée pour son combat contre l’excision, une militante contrainte à l’exil

Insultes quotidiennes, intimidations répétées, menaces de mort explicites, attaques verbales et psychologiques. Le combat contre l’excision, pourtant interdite par la loi sénégalaise, continue de se mener dans un climat de peur et de violence. Sockhna Diop en a payé le prix fort.

Figure engagée de la lutte contre les mutilations génitales féminines dans son village natal de Mbellengouth, ainsi que dans plusieurs localités du département de Kaolack, la jeune militante a vu son quotidien basculer à mesure que son action gagnait en visibilité. Dans les villages où elle intervenait, les critiques ont rapidement laissé place à des attaques personnelles, d’abord verbales, puis ouvertement violentes.

« Elle était traitée d’ennemie de la tradition, d’impie, de traîtresse à sa communauté », témoigne son père, Moussa Diop.

Sur les réseaux sociaux comme au sein des concessions familiales, les insultes se multipliaient, accompagnées de mises en garde glaçantes. Les exciseuses, soutenues par certains cercles communautaires, voyaient en elle une menace directe à leur autorité et à leurs sources de revenus.

Les pressions se sont intensifiées au fil du temps. Des messages anonymes promettaient des représailles. Des propos évoquant la mort circulaient sans détour. « On lui a clairement fait comprendre qu’elle était désormais une cible », confie sa mère, Siga Diouf.

Une violence psychologique constante, nourrie par la peur, l’isolement et l’absence de protection réelle, s’est installée. Dans ce contexte, rester devenait un risque majeur. Face à l’escalade des menaces et à un sentiment d’abandon sécuritaire, Sockhna Diop a été contrainte de prendre le chemin de l’exil vers les États-Unis d’Amérique. Une fuite forcée, loin de sa famille et de son terrain d’engagement, pour préserver sa vie.

Mais l’exil n’a pas effacé les blessures. « Cette histoire remonte à mars 2021, mais les menaces persistent parfois, même à distance », confie Mouhamed Moustapha Ndiaye, membre de son organisation. Car partir ne signifie pas toujours être en sécurité, surtout lorsque la haine franchit les frontières.

À travers le cas de Sockhna Diop se dessine une réalité alarmante : au-delà des textes de loi, les défenseuses des droits des femmes restent exposées à des violences graves, souvent banalisées. Insultes, menaces, diffamation et pressions communautaires constituent des armes redoutables pour faire taire celles qui dérangent.

Son parcours pose une question cruciale : combien de militantes devront encore se cacher ou s’exiler pour avoir osé protéger des filles ? Tant que la peur continuera d’étouffer les voix courageuses, la lutte contre l’excision restera un combat à haut risque.

Ousmane Sonko reçoit Serge Ekué : la BOAD réaffirme sa confiance au Sénégal

Le Premier ministre Ousmane Sonko a reçu, ce mardi 20 janvier 2026, le Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), Serge Ekué, pour une audience axée sur le renforcement de la coopération entre le Sénégal et l’institution financière sous-régionale. L’information a été rendue publique par la Primature à l’issue de la rencontre.

Cette audience s’inscrit dans le cadre des échanges réguliers entre le gouvernement sénégalais et ses partenaires techniques et financiers, alors que le pays a engagé de nouveaux chantiers structurants pour soutenir sa trajectoire de développement économique et social. Les discussions ont porté sur plusieurs dossiers techniques liés à la coopération en cours, avec une attention particulière accordée au secteur de l’énergie, considéré comme un levier stratégique pour la transformation économique du Sénégal.

Au cours des échanges, les deux parties ont passé en revue les projets soutenus ou susceptibles d’être accompagnés par la BOAD, notamment dans les domaines des infrastructures énergétiques, de l’accès à l’électricité et du financement de projets structurants à fort impact sur la croissance et l’emploi. Le secteur de l’énergie demeure en effet au cœur des priorités du gouvernement, dans un contexte marqué par la volonté d’assurer une souveraineté énergétique accrue, de réduire les coûts pour les ménages et les entreprises, et de soutenir l’industrialisation du pays.

La Banque Ouest Africaine de Développement, institution commune aux États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), a, à cette occasion, réaffirmé sa confiance au Sénégal. Serge Ekué a souligné l’engagement constant de la BOAD à accompagner les autorités sénégalaises dans la mise en œuvre de leurs projets de développement, en cohérence avec les priorités nationales et les objectifs de développement durable.

Acteur majeur de la communauté financière régionale, la BOAD joue un rôle clé dans le financement des économies de l’espace UEMOA. Son soutien au Sénégal traduit, selon plusieurs observateurs, la crédibilité du pays auprès des partenaires financiers et la solidité de ses orientations stratégiques, malgré un contexte économique international marqué par des incertitudes.

Cette rencontre entre Ousmane Sonko et Serge Ekué illustre ainsi la volonté des autorités sénégalaises de consolider les partenariats existants et de mobiliser des financements adaptés pour accélérer la mise en œuvre des projets structurants, en particulier dans des secteurs essentiels comme l’énergie, au service d’un développement inclusif et durable.

Accident en haute mer : quatre pêcheurs sénégalais portés disparus dans les eaux mauritaniennes

Un nouveau drame endeuille le secteur de la pêche artisanale sénégalaise. Une pirogue en provenance de Saint-Louis a chaviré dans la nuit du 16 au 17 janvier 2026 dans les eaux mauritaniennes, après avoir été percutée par un navire non identifié. Le bilan provisoire fait état de quatre pêcheurs sénégalais portés disparus, tandis que six autres ont pu être secourus, selon un communiqué du ministère des Pêches et de l’Économie maritime.

D’après les informations officielles, l’embarcation transportait dix pêcheurs artisanaux. Elle avait quitté Saint-Louis le vendredi 16 janvier aux environs de 15 heures, en direction des zones de pêche mauritaniennes, conformément au protocole de pêche en vigueur entre les deux pays. Après plusieurs heures d’activité en mer, la pirogue se serait repositionnée vers une zone d’amarrage afin de permettre à l’équipage de se reposer.

C’est à ce moment-là que l’accident se serait produit. Selon les témoignages recueillis auprès des survivants, un navire, dont l’identité n’a pas encore été établie, aurait violemment heurté la pirogue, provoquant son chavirement en pleine nuit. La collision a semé la panique à bord et projeté les pêcheurs à la mer, dans des conditions particulièrement difficiles, marquées par l’obscurité et la houle.

Six pêcheurs ont finalement pu être secourus et évacués vers des structures sanitaires. Parmi eux, quatre ont été pris en charge puis libérés après avoir reçu les soins nécessaires, tandis que deux autres restent hospitalisés sous surveillance médicale. Aucun corps sans vie n’a, à ce stade, été repêché.

Concernant les quatre pêcheurs portés disparus, les autorités sénégalaises se veulent prudentes mais mobilisées. Le ministère des Pêches et de l’Économie maritime assure que les opérations de recherche se poursuivent activement, en étroite coordination avec les services compétents, notamment les autorités mauritaniennes et les services de secours en mer.

Cet accident relance une fois de plus la question de la sécurité des pêcheurs artisanaux sénégalais, très nombreux à fréquenter les eaux voisines dans le cadre des accords de pêche. Entre risques de collision avec de gros navires, conditions météorologiques parfois imprévisibles et moyens de sécurité limités, la mer demeure un espace de travail à haut risque pour ces acteurs essentiels de l’économie halieutique.

Sécurité intérieure : après l’euphorie de la CAN, un appel à l’anticipation des risques

Au lendemain de la victoire historique de l’équipe nationale à la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc, le Sénégal vibre au rythme des célébrations populaires. Des rassemblements spontanés aux cortèges improvisés, l’euphorie collective gagne rues et quartiers à travers le pays. Mais derrière cette ferveur nationale, la question de la sécurité intérieure s’impose avec acuité.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, Ibrahim Khalil Diouara, président du parti Les Visionnaires Panafricains du Sénégal et de la Diaspora (VIP/SD – Set Guiss Guiss), a attiré l’attention des autorités sur les enjeux sécuritaires liés aux grands rassemblements populaires. Sans remettre en cause la légitime joie nationale, le responsable politique appelle à une gestion préventive et renforcée de la sécurité, notamment autour du chef de l’État et des infrastructures stratégiques.

Selon lui, les périodes de célébrations massives constituent des moments de vulnérabilité accrue, susceptibles d’exposer aussi bien les institutions que les populations. Il plaide ainsi pour une mobilisation renforcée des forces de défense et de sécurité afin d’assurer la protection des édifices publics et privés, des banques, des commerces, des stations-service, ainsi que de l’ensemble des sites jugés sensibles.

Au-delà de la sécurité institutionnelle, M. Diouara insiste également sur la protection des citoyens les plus vulnérables, en particulier les personnes âgées. Il appelle à une vigilance accrue pour éviter qu’elles ne soient laissées seules dans des habitations dépourvues de dispositifs de sécurité adéquats durant ces périodes d’affluence et de déplacements massifs.

Cette prise de position intervient à la veille d’événements officiels majeurs, notamment la réception annoncée des champions d’Afrique par le président de la République, une cérémonie qui devrait drainer une foule considérable. Un contexte qui, selon l’auteur de la déclaration, exige anticipation, coordination étroite entre les services concernés et vigilance permanente.

Tout en saluant la maturité du peuple sénégalais et le professionnalisme reconnu des forces de défense et de sécurité, le président du VIP/SD rappelle que la stabilité et la sécurité nationales demeurent des impératifs absolus, même — et surtout — dans les moments de liesse collective.

« Une victoire mythique » Abdoulaye Sylla

La victoire éclatante des Lions de la Téranga n’est pas intervenue à un moment ordinaire. Elle s’est inscrite dans un intervalle hautement symbolique, entre les célébrations du Kazzu Radiab et l’appel spirituel de Seydina Limamou Laye, deux repères majeurs de la mémoire religieuse et mystique du Sénégal. Une coïncidence de calendrier qui, pour beaucoup, dépasse le simple fait sportif et renvoie à un message profond adressé à toute la nation.

Réagissant au sacre des Lions, l’honorable député et non moins patron de Ecotra Abdoulaye Syllai, a tenu à féliciter l’équipe nationale tout en soulignant la portée singulière de cette victoire. Selon lui, ce triomphe, survenu entre deux temps forts de la spiritualité sénégalaise, rappelle que le pays puise sa force autant dans le talent et le travail que dans ses valeurs spirituelles, son unité et sa foi. « Ce n’est pas seulement une victoire sportive, c’est un signe, un rappel », a-t-il déclaré.

Le Kazzu Radiab, moment d’élévation et de rappel des enseignements religieux, et l’appel de Mame Limamou Laye, symbole de paix, de rectitude et de rassemblement, encadrent ainsi une victoire qui apparaît comme un trait d’union entre le spirituel et le temporel. Pour Sylla, cette conjonction mystique doit inspirer tous les Sénégalais : chaque citoyen, dans son domaine – sport, agriculture, économie, éducation, culture ou gouvernance – est appelé à donner le meilleur de lui-même pour bâtir un Sénégal harmonieux et prospère.

L’exemple des Lions est éloquent. Discipline, rigueur, sens du collectif et amour du maillot ont permis d’atteindre le sommet. Des valeurs qui, transposées à l’échelle nationale, pourraient devenir le moteur d’un développement durable et inclusif. « Les Lions ont fait leur part. À nous tous maintenant de faire la nôtre », insiste Abdoulaye Sylla.

Dans cette dynamique, le chef d’entreprise interpelle également les autorités publiques. Il appelle à une prise de conscience urgente sur la nécessité de relancer l’économie sénégalaise, de soutenir les forces productives et de redonner espoir à une jeunesse en quête de perspectives. Pour lui, l’élan suscité par cette victoire doit être capitalisé afin de renforcer la cohésion nationale et engager des réformes courageuses au service du bien commun.

Au-delà de l’euphorie populaire, le sacre des Lions de la Téranga apparaît ainsi comme un message fort : un appel à l’unité, au travail et à la responsabilité collective. Entre le Kazzu Radiab et l’appel de Mame Limamou Laye, le Sénégal est invité à transformer cette victoire mystique en une dynamique durable, capable de faire tache d’huile dans tous les secteurs de la vie nationale.

Jéréjef GAINDÉ

Incidents extra-sportifs lors de la finale de la CAN 2025 : 17 supporters sénégalais jugés à Rabat

Incriminés dans des incidents extra-sportifs et des actes de violence survenus en marge de la finale de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, dix-sept supporters sénégalais, actuellement en garde à vue au commissariat de Rabat, seront présentés ce mardi 20 janvier 2026 devant la justice marocaine. Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs infractions, notamment pour trouble à l’ordre public.

Les faits reprochés aux supporters sénégalais trouvent leur origine dans les événements ayant émaillé la finale opposant le Sénégal au Maroc, remportée par les Lions de la Teranga sur le score de 1 but à 0. La rencontre, déjà marquée par une forte tension sportive et émotionnelle, a basculé dans la controverse après deux décisions arbitrales jugées litigieuses par le camp sénégalais. L’arbitre a en effet refusé un but aux Lions de la Teranga avant d’accorder un pénalty aux Lions de l’Atlas, suscitant une vive contestation sur le terrain comme dans les tribunes.

Cette situation explosive a entraîné une interruption du match d’environ quinze minutes, les joueurs sénégalais ayant regagné les vestiaires en signe de protestation. Dans ce climat de nervosité extrême, des actes de violence et des comportements anti-sportifs auraient été commis par certains supporters, donnant lieu à l’intervention des forces de l’ordre marocaines. Les personnes interpellées sont depuis maintenues en garde à vue dans l’attente de leur jugement.

Toujours selon L’Observateur, les autorités sénégalaises suivent de très près l’évolution de ce dossier. Une équipe composée de quatre officiers de la police nationale du Sénégal a été dépêchée au Maroc, sur invitation des autorités policières marocaines, afin d’assurer le suivi des faits impliquant des ressortissants sénégalais. Cette mission consisterait notamment à coordonner les échanges d’informations, à assister dans la gestion des aspects consulaires et à veiller au respect des procédures concernant leurs compatriotes.

Le journal précise par ailleurs que des rapports détaillés sur la situation ont déjà été transmis à Dakar aux autorités compétentes. Ces documents retracent le déroulement des incidents, les conditions d’interpellation des supporters concernés ainsi que l’état d’avancement de la procédure judiciaire. En attendant l’issue du procès prévu ce mardi, l’affaire continue de susciter une vive attention au Sénégal comme au Maroc, tant elle mêle enjeux sportifs, diplomatiques et judiciaires dans un contexte de forte sensibilité post-finale.

CAN 2025 à Rabat : la DGSN dément formellement toute rumeur de décès d’un stadier

La Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN) a opposé un démenti catégorique aux rumeurs persistantes faisant état du décès présumé d’un stadier lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2025) disputée au Complexe sportif Prince Moulay Abdellah de Rabat. Ces informations, largement relayées sur les réseaux sociaux par certains comptes, ont été qualifiées de mensongères et infondées par les autorités sécuritaires marocaines.

Dans un communiqué officiel, la DGSN a tenu à rétablir les faits avec fermeté, affirmant qu’aucun décès n’a été enregistré en lien avec des violences, des troubles sportifs ou des actes relevant de l’hooliganisme à l’occasion de cette rencontre continentale. L’institution précise notamment qu’aucun agent de sécurité privé, aucun stadier ni aucun ramasseur de balles n’a perdu la vie durant ou après la finale.

Les services de sécurité indiquent par ailleurs qu’aucune procédure de constatation d’une dépouille n’a été effectuée dans le cadre d’événements liés au match. Ces informations ont été corroborées après des vérifications approfondies menées auprès de l’ensemble des établissements de santé concernés, renforçant ainsi la crédibilité du démenti officiel.

La DGSN déplore la propagation de fausses informations susceptibles de semer la confusion et l’inquiétude au sein de l’opinion publique, particulièrement dans un contexte aussi sensible qu’un événement sportif d’envergure continentale. Elle rappelle que la diffusion de rumeurs non vérifiées porte atteinte non seulement à la sérénité publique, mais aussi à la réputation des institutions et des personnes injustement mises en cause.

À Porokhane, les préparatifs du Magal s’inscrivent dans la tradition et la dévotion

À dix jours du Magal de Porokhane, l’État du Sénégal peaufine les derniers réglages en vue d’assurer le bon déroulement de cet important rendez-vous religieux dédié à la mémoire de Soxna Diarra Bousso, figure emblématique de piété, de dignité et de dévouement spirituel.

Réunis ce lundi 19 janvier 2026 à Kaolack, sous la présidence du gouverneur Mohamadou Moctar Watt, les membres du Comité régional de développement ont procédé à une évaluation rigoureuse des engagements pris lors des précédentes concertations. Cette démarche témoigne de la volonté des autorités administratives d’accompagner, avec sérieux et respect, un événement à forte portée religieuse et sociale.

De cette rencontre, il ressort un bilan globalement satisfaisant. Les engagements relatifs à la sécurité, à la santé, à l’approvisionnement en eau et à l’électricité connaissent des avancées notables, confirmant la forte mobilisation de l’administration territoriale autour de ce pèlerinage majeur.

Sur le plan sécuritaire, un dispositif exceptionnel est annoncé, avec la mobilisation de 1 500 agents de police et de gendarmerie durant cinq jours, afin d’assurer la protection des fidèles attendus en grand nombre. Les sapeurs-pompiers, avec plus de 200 éléments et une flotte renforcée d’ambulances, viendront consolider le dispositif sanitaire déjà mis en place par les services de santé.

Au-delà des aspects logistiques, le Magal de Porokhane demeure avant tout un temps fort de recueillement et de transmission spirituelle. Il rappelle l’héritage de Soxna Diarra Bousso, mère de Cheikh Ahmadou Bamba, dont la vie continue d’inspirer les femmes musulmanes et l’ensemble de la communauté mouride.

Prévu le 29 janvier prochain, ce Magal se prépare dans un climat de collaboration étroite entre les autorités administratives, les chefs de services régionaux et le comité d’organisation. Tous sont animés par une même volonté : permettre aux pèlerins de vivre leur dévotion dans la sérénité, la sécurité et le respect des valeurs religieuses.

Dakar en liesse : une parade grandiose pour célébrer les Lions de la Teranga, champions d’Afrique 2025

Le Sénégal s’apprête à vivre une journée d’exception, placée sous le sceau de la fierté nationale et de la communion populaire, pour célébrer le sacre continental des Lions de la Teranga, vainqueurs de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Après un parcours héroïque et un titre conquis au terme d’une compétition intense, l’équipe nationale s’offrira un bain de foule à travers les principales artères de Dakar, lors d’une grande parade officielle organisée par les autorités.

Dans une atmosphère déjà empreinte d’euphorie, l’itinéraire de cette procession historique a été dévoilé, suscitant un immense engouement chez les supporters. La parade débutera à la Patte d’Oie, lieu emblématique et stratégique de la capitale, choisi pour son caractère symbolique et sa capacité à accueillir une foule nombreuse. Dès les premières heures de la matinée, des milliers de Sénégalais sont attendus sur place pour acclamer leurs héros, dans une ambiance festive rythmée par les chants, les danses et les couleurs nationales.

Depuis la Patte d’Oie, le cortège officiel empruntera l’avenue EMG avant de traverser le quartier des Castors. Ces axes majeurs de Dakar, parmi les plus fréquentés, permettront à un large public de prendre part à l’événement. Tout au long du parcours, les Lions de la Teranga et leur encadrement technique seront portés par l’enthousiasme d’une foule compacte, venue exprimer sa gratitude pour ce nouveau titre continental qui renforce le statut du Sénégal sur la scène africaine.

La parade se poursuivra ensuite sur le boulevard Bourguiba, avant de longer la Corniche Ouest. Ces voies emblématiques, chères aux Dakarois, devraient être le théâtre d’une marée humaine. Le passage du cortège le long du littoral offrira un décor spectaculaire, mêlant la beauté de l’océan Atlantique à la ferveur populaire, dans une communion rare entre le peuple et ses champions.

L’apothéose de cette journée mémorable aura lieu au Palais présidentiel, point final de la parade. Les Lions de la Teranga y seront reçus lors d’une cérémonie officielle, empreinte de solennité et de reconnaissance. Ce moment fort viendra consacrer, au nom de toute la Nation, l’exploit d’une équipe qui a su faire vibrer tout un pays et écrire une nouvelle page glorieuse de l’histoire du football sénégalais.

Football et ferveur populaire : Birkelane vibre au rythme de la Fan Zone

À Birkelane, le sport a une nouvelle fois démontré sa capacité à rassembler et à fédérer. À l’initiative de l’honorable député Samba Dang, vice-président de l’Assemblée nationale, une Fan Zone d’envergure a transformé la place publique de Mankoo en un véritable temple du football populaire, le temps d’une soirée marquée par un engouement exceptionnel et une ferveur collective palpable.

Bien au-delà de la simple retransmission sportive, l’événement s’est imposé comme un véritable espace d’expression citoyenne et de cohésion sociale. Des centaines de jeunes, drapés aux couleurs nationales, ont vibré au rythme du ballon rond, partageant les mêmes émotions dans une ambiance fraternelle, loin des clivages et des tensions du quotidien.

Organisée en collaboration avec des responsables du parti PASTEF, dont Gade Kounta, directeur général du PUDC, et avec l’appui du partenaire Xbet, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de valorisation du sport comme outil d’encadrement, de mobilisation et d’éveil citoyen de la jeunesse. La caravane d’animation et de sensibilisation déployée en marge de la Fan Zone est venue renforcer cette dimension éducative, en allant à la rencontre des populations dans plusieurs quartiers de la commune.

À Birkelane, cette première expérience de Fan Zone a été perçue comme un signal fort en faveur de l’accès équitable aux loisirs et à la culture sportive. Pour de nombreux jeunes, elle a constitué un moment rare de communion collective, mais aussi une source de motivation et d’inspiration, à l’image du football sénégalais, symbole de discipline, de dépassement de soi et d’unité nationale.

En plaçant le sport au cœur de l’action sociale, l’honorable député Samba Dang, accompagné de ses partenaires, a ainsi contribué à renforcer le lien social et à rappeler que le football, au-delà du jeu, demeure un puissant vecteur de rassemblement, de citoyenneté et d’espoir pour toute une génération.

CAN 2025 : Dakar en fête pour accueillir les Lions de la Teranga, champions d’Afrique

Le Sénégal, sacré champion d’Afrique après sa victoire mémorable face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, s’apprête à vivre deux journées de célébrations exceptionnelles. Dès ce lundi 19 janvier, les autorités sénégalaises, en collaboration avec la Confédération africaine de football (CAF), ont mis en place un programme officiel pour rendre un hommage appuyé aux nouveaux rois du football africain.

Les Lions de la Teranga sont attendus ce lundi soir à Dakar. Leur arrivée est prévue aux environs de 21h30 à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD). Pour marquer l’importance de ce deuxième sacre continental de l’histoire du Sénégal, un accueil d’État a été organisé. Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, accompagné des membres du gouvernement, sera présent pour accueillir la délégation sénégalaise. Cette réception officielle à l’aéroport symbolise la reconnaissance de toute une nation envers ses héros, auteurs d’un parcours remarquable tout au long de la compétition.

La fête se poursuivra le mardi 20 janvier dans la capitale, avec une forte mobilisation populaire attendue. En fin de matinée, à partir de 11h00, une grande parade est programmée dans les rues de Dakar. Les Lions de la Teranga défileront au milieu d’une foule annoncée nombreuse, invitée par les autorités à sortir massivement et à brandir drapeaux et couleurs nationales. Cette parade populaire permettra aux supporters de célébrer leurs champions et de partager ce moment historique avec l’équipe nationale.

Dans l’après-midi, à 16h00, les festivités prendront une dimension plus solennelle avec une réception officielle au Palais de la République. Cette cérémonie réunira les plus hautes autorités de l’État, les joueurs, le staff technique et les officiels. Elle sera l’occasion de rendre un hommage officiel aux artisans de ce sacre continental et de saluer l’engagement, la discipline et le talent qui ont conduit le Sénégal au sommet du football africain.

Avec ce programme de célébrations, Dakar s’apprête à vibrer au rythme de la fierté nationale, pour saluer une équipe qui a une nouvelle fois inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire du sport sénégalais.

Retour triomphal des Lions de la Teranga à Dakar après leur sacre continental

Les nouveaux champions d’Afrique sont attendus ce lundi soir à Dakar, aux environs de 18h30, au lendemain de leur éclatante victoire face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Pour garantir un retour dans les meilleures conditions, l’État du Sénégal a mis en place un dispositif exceptionnel en affrétant deux vols spéciaux destinés à rapatrier les joueurs, le staff technique ainsi que les officiels.

La délégation principale des Lions de la Teranga quittera Rabat dans l’après-midi, avec un décollage prévu aux alentours de 15h30. Après un vol de plusieurs heures, l’atterrissage est programmé à 18h30 à Dakar. À leur arrivée, les champions d’Afrique bénéficieront d’un accueil officiel marqué par la présence des autorités sénégalaises et d’une foule de supporters déjà mobilisés pour célébrer ce nouveau sacre continental, le deuxième de l’histoire du football sénégalais.

En parallèle, un second vol spécial a été organisé pour les membres de la Fédération sénégalaise de football. Cette délégation quittera la ville de Tanger à 17h30 afin de rejoindre le reste du groupe au Sénégal dans la soirée. Cette organisation logistique vise à assurer un retour fluide et coordonné de l’ensemble des acteurs ayant contribué à cette performance historique.

Fait notable, contrairement aux précédents retours officiels des sélections nationales, l’arrivée ne se fera pas à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff. Selon les informations rapportées par DSports, les deux avions atterriront à l’aéroport international Blaise Diagne (AIBD), situé à Diass, devenu le principal hub aérien du pays. Ce choix s’inscrit dans la nouvelle dynamique aéroportuaire du Sénégal et permettra une meilleure gestion de l’accueil des délégations et des supporters.

Macky Sall félicite les Lions après le deuxième sacre continental du Sénégal

Les messages de félicitations continuent de se multiplier après le deuxième sacre du Sénégal en Coupe d’Afrique des Nations. Au lendemain de cette nouvelle consécration historique, l’ancien président de la République, Macky Sall, a tenu à saluer la performance remarquable des Lions de la Téranga, auteurs d’un parcours exceptionnel lors de la CAN.

Dans un message publié sur sa page Facebook, Macky Sall a exprimé toute sa fierté face à l’exploit réalisé par l’équipe nationale. Il a mis en avant l’engagement, le talent et la combativité des joueurs, soulignant le caractère historique de cette victoire qui confirme la place du Sénégal parmi les grandes nations du football africain.

« Bravo à nos vaillants Lions ! Fierté immense devant votre engagement, votre talent et votre combativité. Vous avez encore une fois réussi une performance historique. Respect et admiration ! », a écrit l’ancien chef de l’État, rendant hommage à l’état d’esprit et à la détermination affichés par les champions d’Afrique.

Ce message vient s’ajouter à une vague de réactions enthousiastes émanant de la classe politique, du monde sportif et de l’ensemble du peuple sénégalais, tous unis derrière les Lions. Ce deuxième sacre consécutif renforce l’héritage d’une génération dorée, portée par des joueurs expérimentés et un encadrement technique solide, qui ont su faire preuve de maîtrise et de sang-froid tout au long de la compétition.

Au-delà du trophée, cette victoire symbolise une nouvelle fois l’unité nationale et la capacité du sport à rassembler les Sénégalais autour d’un même sentiment de fierté. Les Lions de la Téranga confirment ainsi leur statut et écrivent une nouvelle page glorieuse de l’histoire du football sénégalais.

KAOLACK – Libertés syndicales en question : la CNTS dénonce une atteinte aux acquis sociaux à la mairie

Le climat social se crispe à la mairie de Kaolack, où une décision administrative récente alimente une vive controverse entre l’exécutif municipal et le mouvement syndical. La Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal (CNTS), par la voix du Syndicat des travailleurs des collectivités territoriales, dénonce ce qu’elle considère comme une remise en cause préoccupante des libertés syndicales garanties par la législation en vigueur.

Au cœur de la polémique se trouve un local syndical dont la municipalité envisagerait la récupération en vue de sa réaffectation à un usage social, notamment la création d’un espace ludique destiné aux enfants. Si l’initiative sociale, en tant que telle, ne suscite pas d’opposition de principe, la CNTS fustige la démarche adoptée par les autorités municipales, jugée unilatérale et contraire aux règles fondamentales du dialogue social.

Réunis ce samedi face à la presse, les responsables syndicaux ont tenu à souligner que cette décision dépasse largement la question d’un simple réaménagement immobilier. Selon eux, elle pose un problème de fond lié au respect des droits collectifs des travailleurs au sein des collectivités territoriales. La centrale syndicale estime que la suppression ou la réaffectation d’un local syndical sans concertation préalable constitue un précédent dangereux.

« Les locaux syndicaux sont des acquis sociaux obtenus au prix de longues luttes. Leur remise en cause, sans dialogue ni concertation, constitue une atteinte grave à la liberté syndicale », a déclaré Abdou Khadre Diop, Secrétaire national des travailleurs des collectivités territoriales affiliés à la CNTS. Il rappelle que ces espaces ne sont pas de simples biens matériels, mais des symboles et des outils essentiels à l’exercice de l’action syndicale.

Au-delà du cas spécifique de Kaolack, la CNTS exprime sa crainte de voir cette initiative créer un effet d’entraînement dans d’autres collectivités territoriales. En l’absence de dialogue social, avertit-elle, ce précédent pourrait fragiliser durablement le mouvement syndical au niveau local et ouvrir la voie à d’autres formes de restrictions portant atteinte aux libertés syndicales dans le pays.

Tout en réaffirmant son attachement au développement local et aux politiques sociales au bénéfice des populations, la CNTS insiste sur le fait que ces objectifs ne peuvent être poursuivis au détriment des droits des travailleurs. Pour la centrale syndicale, développement communal et respect des acquis sociaux doivent aller de pair et s’inscrire dans une gouvernance locale fondée sur la concertation et la transparence.

Dans un esprit qu’elle qualifie de responsable, la CNTS se dit disposée à engager le dialogue avec les autorités municipales afin de trouver une solution consensuelle. Elle prévient toutefois qu’en cas de persistance de la situation actuelle, elle n’exclut aucun recours légal ou syndical pour défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs des collectivités territoriales.

Avenue Bourguiba : les « Tiak-Tiak » en colère dénoncent l’asphyxie d’un secteur sous pression

Ce vendredi 16 janvier 2026, l’avenue Bourguiba a été le théâtre d’une mobilisation d’ampleur. Après les chauffeurs de taxi, ce sont les livreurs à deux-roues, plus connus sous l’appellation populaire de « Tiak-Tiak », qui sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol. Entre contrôles policiers jugés abusifs et concurrence écrasante de plateformes multinationales comme Yango, ces jeunes travailleurs estiment que leur secteur est aujourd’hui menacé de disparition.

La marche pacifique a démarré au rond-point du Jet d’eau, point de ralliement de milliers de conducteurs de motos venus de plusieurs quartiers de Dakar. Encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont longé les artères principales de la capitale dans une ambiance à la fois déterminée et disciplinée. La mobilisation a également enregistré la présence de figures de la société civile ainsi que du député Guy Marius Sagna, venu apporter son soutien à un mouvement qu’il juge emblématique des difficultés de la jeunesse laborieuse.

Au cœur des revendications figure la dégradation continue des conditions de travail. Pour Cheikh, fondateur de l’entreprise de livraison pionnière « Tiak-Tiak », le constat est sans appel. Revenu de France après ses études pour entreprendre au Sénégal, il dit aujourd’hui voir son modèle économique fragilisé. Devant la foule, il a dénoncé une situation d’injustice chronique sur les routes, appelant l’État à poser des actes concrets pour protéger un secteur qu’il considère stratégique pour l’emploi des jeunes.

Les contrôles policiers constituent le premier point de discorde. Les livreurs dénoncent ce qu’ils qualifient d’acharnement quotidien. Selon Seydina Alioune, président de l’Union nationale des livreurs, les amendes infligées varient entre 6 000 et 12 000 FCFA pour des infractions parfois mineures. Une charge financière jugée insoutenable pour des jeunes dont les revenus journaliers sont déjà précaires. « Il est inadmissible que des jeunes payent 6 000 francs trois ou quatre fois par jour », s’est insurgé Cheikh, évoquant des interpellations musclées et l’usage de cordons ou de barrières. Les manifestants réclament des procédures claires et formelles, telles que de véritables contraventions ou des mises en fourrière réglementaires, plutôt que des paiements informels répétés pour des motifs comme le « défaut de catégorie ».

L’autre cible majeure de la contestation est la plateforme Yango. Les livreurs et entrepreneurs locaux accusent l’entreprise de concurrence déloyale. Guy Marius Sagna a vivement critiqué des courses rémunérées à des tarifs dérisoires, parfois compris entre 100 et 200 FCFA, des montants jugés incompatibles avec les coûts réels d’exploitation. Le fondateur de « Tiak-Tiak » a, pour sa part, rappelé que Yango ne disposerait pas de licence d’exploitation de courrier, estimant qu’il est impossible pour des entreprises sénégalaises de rivaliser avec des multinationales capables de casser les prix en dessous même du coût du carburant. Les acteurs locaux réclament ainsi l’instauration d’un véritable « ticket d’entrée » pour les géants étrangers afin de préserver l’écosystème national.

Loin de se limiter à la dénonciation, les syndicats de livreurs ont présenté des propositions structurées pour sortir de la crise. L’Union nationale des livreurs a ainsi dévoilé un plan de réforme évalué à 16 milliards de FCFA, axé sur la formalisation du secteur. Ce projet prévoit notamment la création d’une carte professionnelle biométrique, la facilitation de l’accès aux plaques d’immatriculation et aux permis de conduire, ainsi que la mise en place d’une contribution mensuelle de 3 000 FCFA par livreur destinée à alimenter un fonds de développement du secteur.

Le message adressé aux autorités est empreint d’une forte dimension sociale et politique. Les leaders du mouvement rappellent que ces jeunes ont largement contribué à porter le nouveau régime au pouvoir en 2024. Ils préviennent que si ce secteur, important pourvoyeur d’emplois, n’est pas protégé, une partie de la jeunesse pourrait se détourner de l’entrepreneuriat pour replonger dans les dangers de l’émigration clandestine.

« Les solutions sont là, nous attendons que l’État nous convoque », a conclu Alioune Fall, secrétaire des livreurs indépendants. En l’absence de réponse officielle, les « Tiak-Tiak » préviennent que cette mobilisation n’était qu’une première étape d’un plan d’action appelé à se durcir dans les semaines à venir.

À Mbour, Ousmane Sonko fait de la formation professionnelle un pilier stratégique du Sénégal 2050

Le Premier ministre Ousmane Sonko a procédé ce vendredi à l’inauguration officielle du Centre de formation professionnelle Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan de Mbour, un événement qu’il a présenté comme bien plus qu’une simple ouverture d’infrastructure éducative. Pour le chef du gouvernement, cette réalisation consacre une vision partagée et une ambition nationale claire : faire de la formation professionnelle un levier central de transformation économique, de justice territoriale et d’inclusion sociale.

Devant un parterre composé de membres du gouvernement, d’autorités administratives et locales, de partenaires émiratis et de jeunes apprenants, Ousmane Sonko a livré un plaidoyer structuré et engagé pour une refonte en profondeur du système éducatif sénégalais. Cette réforme s’inscrit pleinement dans la « vision Sénégal 2050 » portée par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui ambitionne de rompre avec les déséquilibres structurels hérités du passé.

Le Premier ministre a d’emblée insisté sur la nécessité de tourner la page d’un modèle de développement excessivement centralisé. « Le Sénégal que nous construisons n’est plus un Sénégal concentré et inégalitaire », a-t-il affirmé, soulignant que le développement doit désormais se faire par les territoires, avec les territoires et pour les territoires. L’implantation du centre de Mbour illustre concrètement cette nouvelle approche territorialisée.

Érigé sur plus d’un hectare et demi mis gracieusement à disposition par la commune, le Centre Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan se distingue par la modernité de ses installations. Il comprend des blocs pédagogiques et administratifs, des ateliers techniques spécialisés, un amphithéâtre, une bibliothèque, des espaces sportifs ainsi qu’une mosquée. Avec une capacité d’accueil estimée à 300 apprenants par an, l’établissement propose des filières jugées stratégiques pour l’économie nationale, notamment la mécanique automobile, le froid et la climatisation, la comptabilité et la gestion, l’informatique, l’informatique industrielle et les réseaux.

Lors de sa visite des ateliers, Ousmane Sonko a tenu à illustrer de manière concrète l’impact attendu de ces formations. Il a évoqué la possibilité pour les apprenants de produire localement des chambres frigorifiques, un équipement largement importé mais essentiel pour la conservation des produits horticoles, laitiers et halieutiques. Une perspective particulièrement porteuse pour Mbour, ville fortement dépendante du secteur de la pêche. Pour le Premier ministre, ce type d’initiative démontre que la formation professionnelle et technique peut devenir un véritable outil de souveraineté économique, au même titre que l’industrie, l’énergie ou l’agriculture.

Le gouvernement s’est fixé des objectifs chiffrés pour accompagner cette mutation : orienter au moins 30 % des sortants du cycle fondamental et 10 % des bacheliers vers les filières professionnelles et techniques. Des objectifs que le Premier ministre lui-même juge « plus ou moins au rabais ». Dans une comparaison assumée, il a rappelé que dans des pays comme la Suisse ou le Japon, près de 80 % des élèves issus du cycle fondamental s’orientent vers la formation professionnelle. Une référence destinée à bousculer les mentalités dans un contexte sénégalais où ces filières restent souvent perçues comme une voie de relégation. Selon lui, une grande partie des difficultés actuelles, notamment la saturation des universités, découle du manque de valorisation de l’enseignement technique et professionnel. Il a critiqué un système qui alimente massivement les filières littéraires sans réelle adéquation avec les besoins de l’économie nationale.

Pour opérer une transformation durable, Ousmane Sonko a exposé une approche systémique reposant sur trois piliers majeurs. Il s’agit d’abord d’une analyse territorialisée fine des besoins en compétences, ensuite de la mise en place d’un système d’information dynamique sur les métiers et l’emploi, et enfin de la création d’observatoires du marché du travail dans chaque pôle territorial. Dans cette dynamique, le chef du gouvernement a annoncé l’ambition de construire une quarantaine de centres de formation similaires à travers le pays au cours des deux prochaines années, grâce au budget national et à l’appui de partenaires internationaux.

Cette réforme suppose également une meilleure coordination entre les multiples structures publiques intervenant dans le domaine de l’emploi et de la formation, telles que l’ONFP, le 3FPT, la DER/FJ, l’APIX, l’ADPME ou encore l’ANPEJ. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de rendre leurs actions interconnectées et convergentes vers un objectif commun de création d’emplois durables et productifs.

L’inauguration du centre de Mbour a par ailleurs servi de cadre à la mise en lumière de la coopération stratégique entre le Sénégal et les Émirats arabes unis. Ousmane Sonko a salué la solidité des relations entre les présidents Bassirou Diomaye Faye et Mohamed Ben Zayed Al Nahyan, tout en évoquant les liens personnels qu’il entretient avec le vice-président émirati, Cheikh Mansour Ben Zayed. Il a rendu un hommage appuyé à la Fondation Cheikh Khalifa Ben Zayed Al Nahyan, dont l’engagement constant et la générosité ont permis la réalisation de cette infrastructure. Il a également révélé que lors de ses récents déplacements à Abou Dhabi, les autorités émiraties avaient suivi de près l’achèvement et l’ouverture du centre.

Les accords récemment signés entre les deux pays couvrent des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les nouvelles technologies, la santé et l’éducation. Le Premier ministre a même évoqué un projet emblématique : la création au Sénégal d’un institut de formation footballistique soutenu par le vice-président émirati, propriétaire de Manchester City, dont le site serait déjà identifié dans le département de Mbour.

S’adressant directement aux jeunes apprenants, Ousmane Sonko a voulu inverser les représentations sociales longtemps associées à la formation professionnelle. « La formation professionnelle n’est plus une voie par défaut. L’avenir, c’est la formation professionnelle », a-t-il martelé, avant de les exhorter à faire de ce centre un espace d’excellence, de discipline, d’innovation et de citoyenneté. Conscient toutefois des défis à relever, notamment la finalisation du référentiel national des métiers et des compétences, la consolidation du système d’information intégré et le renforcement de la synergie entre acteurs publics, le Premier ministre a assuré que le gouvernement avance avec lucidité et détermination. Pour lui, ces contraintes ne doivent en aucun cas freiner l’élan engagé vers un Sénégal plus souverain, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir.

Procès Ibrahima Dramé : deux ans de prison dont un ferme pour l’ancien commandant de la gendarmerie

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu, ce jeudi, son verdict dans l’affaire très médiatisée impliquant l’ancien commandant de la gendarmerie Ibrahima Dramé. Poursuivi pour menaces de mort, outrage à agent et atteinte à la sûreté de l’État à l’encontre de plusieurs de ses supérieurs hiérarchiques, dont le général Moussa Fall, l’ex-officier a été reconnu coupable de l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés. Il a écopé d’une peine de deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme, mettant ainsi un terme, en première instance, à une procédure judiciaire qui a longtemps alimenté les débats dans les milieux sécuritaires et médiatiques, rapporte L’Observateur.

Selon le journal, le tribunal a tenu compte du fait que les colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye, également cités dans les messages incriminés, n’avaient formulé aucune demande de dommages et intérêts. Les juges ont en revanche réservé les intérêts civils du général Moussa Fall, laissant ainsi ouverte la possibilité d’une action indemnitaire ultérieure devant les juridictions compétentes.

Cette affaire revêt un caractère particulièrement sensible en raison de la qualité des protagonistes. Elle a opposé un ancien commandant de la gendarmerie à des hauts responsables encore influents au sein de l’appareil sécuritaire, notamment le général Moussa Fall. Comme le souligne L’Observateur, le verdict vient clore, du moins provisoirement, une procédure emblématique des tensions internes qui ont traversé l’institution ces dernières années.

Les faits remontent à une période marquée par un profond ressentiment de l’accusé. Lors des audiences tenues en décembre dernier, Ibrahima Dramé, âgé de 47 ans, avait reconnu être l’auteur des messages jugés menaçants adressés à ses supérieurs. Toutefois, il avait tenté d’en relativiser la portée, expliquant qu’il s’agissait avant tout de l’expression d’une colère accumulée au fil d’années de contentieux administratif et professionnel.

L’ex-commandant avait soutenu que sa carrière avait été « brisée » par une procédure qu’il estimait irrégulière et qu’il imputait directement au général Moussa Fall. Concernant le message adressé à ce dernier, il avait affirmé qu’il ne s’agissait nullement, selon lui, d’une menace de mort, mais plutôt d’un propos mal interprété, invoquant une certaine proximité liée au fait qu’il connaissait la famille du général pour avoir vécu à la caserne Faidherbe.

Toujours selon L’Observateur, l’audience avait été marquée par des témoignages jugés atténuants de la part des colonels Abdou Mbengue et Cheikh Faye. Le colonel Mbengue avait notamment déclaré ne pas avoir porté plainte et avoir éprouvé de la compassion pour Ibrahima Dramé, qu’il considérait « comme un petit frère ». Les deux officiers s’étaient clairement désistés de toute demande de réparation financière.

Malgré ces éléments, le parquet avait requis une peine plus sévère, sollicitant trois années de prison ferme, estimant que la gravité des faits et leur portée institutionnelle justifiaient une sanction exemplaire.

Litige foncier à Dakar : d’anciens ministres et grands patrons convoqués à la Sûreté urbaine

Une affaire foncière aux ramifications sensibles secoue les milieux politique et économique sénégalais. Ce vendredi, plusieurs personnalités de premier plan, allant d’anciens ministres à des capitaines d’industrie, sont convoquées à la Sûreté urbaine de Dakar. Elles devront s’expliquer sur l’occupation et la détention de vastes terrains que les héritiers de feu Mamadou Diagne revendiquent comme leur appartenant de manière exclusive.

Parmi les personnes citées dans ce dossier figurent Cheikh Kanté, ancien ministre et ex-Directeur général du Port autonome de Dakar, Abdoulaye Dia, PDG du groupe agroalimentaire Senico, Serigne Mboup, maire de Kaolack et figure bien connue du secteur privé à la tête du groupe CCBM, ainsi que Masse Sall, entrepreneur influent dans l’immobilier. Tous sont appelés à justifier la légalité des titres de propriété en leur possession portant sur plusieurs hectares situés le long de la route de Rufisque, dans la banlieue dakaroise, mais aussi dans le secteur stratégique de Grand-Dakar, au cœur du département de Dakar.

Selon les informations rapportées par L’Observateur, les héritiers de Mamadou Diagne soutiennent que ces terrains n’ont jamais fait l’objet d’une cession légale. Ils affirment être victimes d’un vaste système de spoliation reposant sur la falsification de documents administratifs, laquelle aurait permis l’établissement de nouveaux titres fonciers au profit de tiers. La famille Diagne dénonce ainsi une atteinte grave à son patrimoine, transmis de génération en génération, et réclame que toute la lumière soit faite sur les conditions d’attribution des titres contestés.

Face à ces accusations, les personnes mises en cause avancent des lignes de défense qui reposent principalement sur l’ancienneté des documents en leur possession. Déjà entendu par les enquêteurs, Masse Sall a produit un titre foncier qu’il affirme dater de 1950, soit quatre années avant celui invoqué par la famille Diagne, établi en 1954. Selon lui, cette antériorité suffirait à démontrer la légalité de ses droits et à écarter toute accusation d’occupation frauduleuse.

De son côté, Cheikh Kanté rejette catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Estimant que son honneur et sa réputation sont injustement mis en cause, l’ancien ministre a annoncé son intention de contre-attaquer sur le terrain judiciaire en déposant une plainte pour diffamation. Une démarche qui laisse présager une judiciarisation encore plus poussée de cette affaire déjà complexe.

Rufisque : 62 kg de chanvre indien saisis lors d’une opération nocturne de la Sûreté urbaine

La Sûreté urbaine du Commissariat central de Rufisque a réalisé une importante saisie de drogue dans la nuit du 14 au 15 janvier 2026, à l’issue d’une opération de sécurisation ayant conduit à l’interpellation de deux individus pour association de malfaiteurs, détention et trafic de chanvre indien.

Les faits se sont déroulés aux environs de 1 heure 30 du matin, lors de la mise en place de checkpoints dans le cadre d’une mission de surveillance et de prévention. Les policiers ont alors repéré un véhicule suspect, une Citroën C5 transportant deux personnes, circulant discrètement dans la pénombre. Le véhicule provenait du quartier Médine et se dirigeait vers le rond-point communément appelé « Dioutiba ».

À l’approche du dispositif policier, les agents ont procédé au contrôle du véhicule et des documents de conduite. C’est à ce moment précis que la situation a dégénéré. Pris de panique, le passager est brusquement descendu du véhicule et a pris la fuite, profitant de l’obscurité pour tenter d’échapper aux forces de l’ordre. Le conducteur, en revanche, a été rapidement maîtrisé par les éléments de la Sûreté urbaine.

La fouille minutieuse du véhicule a permis aux enquêteurs de faire une découverte majeure. Dans la malle arrière, deux colis soigneusement emballés avec du ruban adhésif ont été retrouvés. L’ouverture de ces paquets a révélé une quantité importante de chanvre indien, estimée à 62 kilogrammes au total. La drogue était répartie en 62 blocs d’un kilogramme chacun, dont 32 kilogrammes dans un premier colis et 30 kilogrammes dans le second.

Déterminés à interpeller l’ensemble des suspects impliqués, les policiers ont poursuivi leurs investigations après la fuite du passager. Grâce à des renseignements opérationnels précis, indiquant que l’individu s’était replié à son domicile après avoir abandonné le véhicule, une intervention a été menée quelques heures plus tard. Vers 4 heures du matin, le fugitif a été interpellé à Jaxaay, précisément à l’arrêt 56, mettant ainsi fin à sa tentative d’évasion.

Les deux mis en cause ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête. Les services de police poursuivent les investigations afin de déterminer l’origine de la drogue, d’identifier d’éventuels complices et de démanteler le réseau auquel appartiendraient les suspects. Cette opération illustre, une fois de plus, la vigilance et la détermination des forces de sécurité dans la lutte contre le trafic de stupéfiants dans la banlieue dakaroise.

Gamou de Katsina 2026 : quand foi et opportunités économiques se croisent

À l’approche du Gamou international de Katsina, prévu le 17 janvier 2026 au Nigeria, la question de la place du Sénégal dans les grands rendez-vous religieux africains se pose avec acuité. Plus qu’une célébration spirituelle, cet événement, qui mobilise chaque année des centaines de milliers de fidèles ainsi que des acteurs influents du continent, s’impose désormais comme un véritable carrefour de diplomatie religieuse et d’opportunités économiques.

Dans ce contexte, la sortie de Moubarack Wade, fondateur de Baye Networking et président de la Commission Marketing et Entrepreneuriat de la JADS, résonne comme une interpellation stratégique. Selon lui, l’absence ou la faible visibilité du Sénégal à Katsina soulève la question de sa capacité à capitaliser sur des espaces d’influence où se croisent foi, leadership et développement.

Le Nigeria, première puissance économique d’Afrique, fait du Gamou de Katsina un levier de rayonnement régional. En marge des cérémonies religieuses se tissent des relations informelles mais déterminantes, impliquant autorités religieuses, responsables politiques, opérateurs économiques et membres influents de la diaspora. Autant de cercles au sein desquels le Sénégal, fort de son héritage soufi et de son capital symbolique dans l’islam ouest-africain, dispose d’atouts majeurs.

Pour Moubarack Wade, l’enjeu dépasse largement la simple participation protocolaire. Il s’agit de concevoir le Gamou comme un instrument de positionnement stratégique, capable de renforcer les liens sénégalo-nigérians et d’ouvrir de nouvelles perspectives de coopération Sud-Sud. « Les grands événements religieux sont devenus des espaces de soft power », souligne-t-il, estimant que le Sénégal doit y défendre une vision intégrée, alliant culture, économie et diplomatie.

Cette approche plaide pour une mobilisation coordonnée des acteurs étatiques et non étatiques : confréries religieuses, institutions publiques, secteur privé et réseaux de la diaspora. Une telle synergie permettrait non seulement de valoriser le modèle sénégalais de coexistence religieuse, mais aussi de promouvoir ses initiatives entrepreneuriales et ses potentialités économiques.

À quelques jours de Katsina 2026, le débat est désormais posé. Au-delà de la ferveur spirituelle, le Gamou apparaît comme un révélateur : celui de la capacité du Sénégal à transformer son capital religieux en un véritable levier d’influence régionale et de développement économique.

JOJ 2026 : le préfet de Dakar appelle à la libération des emprises du boulevard de la Gueule Tapée avant le 18 janvier

Dans le cadre des préparatifs liés à l’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le préfet du département de Dakar, Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, a annoncé le lancement imminent de travaux de mise à niveau et d’aménagement de la voirie aux abords de plusieurs infrastructures sportives concernées par l’événement.

Dans un communiqué en date du 13 janvier, l’autorité administrative précise que ces travaux, revêtant un caractère d’intérêt public, s’inscrivent dans une dynamique d’amélioration durable de la circulation routière, de renforcement de la sécurité des usagers et d’embellissement du cadre de vie des populations riveraines. Ils constituent également un jalon important dans le respect des engagements pris par l’État du Sénégal dans l’organisation réussie des JOJ 2026.

Toutefois, le préfet souligne que la bonne exécution de ces chantiers nécessite, au préalable, la libération complète et la sécurisation des emprises concernées. À ce titre, il informe que les personnes occupant actuellement le Boulevard de la Gueule Tapée et ses dépendances, en particulier sur le tronçon compris entre le rond-point de l’Hôpital Abass Ndao et la Place de la Nation, sont invitées à libérer les lieux au plus tard le dimanche 18 janvier 2026.

Cette mesure vise à permettre le démarrage effectif des travaux dans des conditions optimales, tant sur le plan technique que sécuritaire. Le préfet insiste sur l’importance de la collaboration de tous les occupants concernés afin d’éviter tout retard susceptible de compromettre le calendrier arrêté pour ces aménagements stratégiques.

Passé le délai indiqué, avertit Chérif Mouhamadou Blondin Ndiaye, des mesures appropriées pourraient être prises par l’administration pour assurer la libération des emprises publiques. Ces actions, précise-t-il, auront pour seul objectif de garantir la sécurité de tous, le respect de l’ordre public et la bonne marche des travaux inscrits dans le cadre des préparatifs des JOJ 2026.

Criquets pèlerins dans le nord du Sénégal : l’État active un dispositif préventif pour protéger les cultures

Face à la présence signalée de criquets pèlerins dans plusieurs zones du nord du Sénégal, notamment à Dagana, Louga, Saint-Louis, Podor et Matam, les autorités sénégalaises ont décidé d’anticiper le risque afin d’éviter une crise acridienne aux conséquences potentiellement graves pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA), Boubacar Dramé, a ainsi annoncé, le 15 janvier 2025, la mise en place d’« actions coordonnées et préventives » dans la vallée du fleuve Sénégal, avec un accent particulier sur le département de Dagana.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette réaction rapide des pouvoirs publics fait suite aux premières alertes émises par les services techniques, notamment la Direction de la protection des végétaux (DPV). Dès les signaux initiaux, une mission conjointe regroupant le Secrétariat exécutif du CNSA, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les services techniques de l’État a été déployée sur le terrain. L’objectif était multiple : évaluer l’ampleur des dégâts causés par les criquets pèlerins, mesurer l’efficacité des traitements déjà appliqués et renforcer la concertation avec les acteurs locaux, en première ligne face à la menace.

À l’issue de cette mission, une note technique détaillée a été transmise au Premier ministre. Ce document, élaboré sur la base des informations collectées par la DPV et les services déconcentrés, vise à éclairer la prise de décision au plus haut niveau de l’État. « Dès les premières alertes, nous avons jugé nécessaire d’agir rapidement pour éviter une propagation incontrôlée », a souligné Boubacar Dramé, insistant sur l’importance de la prévention dans la gestion du risque acridien.

Dans les zones concernées, la vigilance reste de mise. Les criquets pèlerins, connus pour leur capacité à se déplacer rapidement et à ravager de vastes surfaces agricoles, représentent une menace sérieuse pour les cultures, notamment dans une région stratégique comme la vallée du fleuve Sénégal, considérée comme un grenier agricole du pays. C’est pourquoi les autorités privilégient une approche anticipative, fondée sur la surveillance permanente, la lutte ciblée et la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Le CNSA, en collaboration avec la FAO et les services techniques nationaux, entend également renforcer la sensibilisation des producteurs et des collectivités locales. L’objectif est de favoriser une remontée rapide de l’information depuis le terrain et d’assurer une réaction immédiate en cas d’évolution du phénomène. Cette stratégie concertée vise non seulement à contenir les foyers existants, mais aussi à prévenir toute invasion de grande ampleur susceptible de compromettre les récoltes et, à terme, la sécurité alimentaire.

À ce stade, les autorités se veulent rassurantes tout en appelant à la prudence. Les dispositifs de surveillance et de lutte sont opérationnels, et l’État affirme disposer des moyens nécessaires pour faire face à la situation. Toutefois, la nature imprévisible des criquets pèlerins impose une vigilance constante. Dans le nord du Sénégal, la mobilisation reste totale pour éviter que cette menace acridienne ne se transforme en crise majeure.

Kaolack : Plan International pose les bases d’une riposte durable contre les mariages précoces et les grossesses adolescentes

Derrière les chiffres froids du mariage précoce et des grossesses adolescentes se cachent des vies bouleversées, des rêves brisés et des voix longtemps étouffées. Dans la région de Kaolack, Plan International Sénégal, avec l’appui de Plan International Belgique, a choisi de placer au cœur de son action celles que l’on entend trop rarement : les adolescentes elles-mêmes.

Depuis quelques jours, une vaste évaluation des besoins est menée sur le terrain dans les départements de Kaolack, Nioro et Guinguinéo, des zones où les mariages précoces et les unions informelles demeurent une réalité préoccupante. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la préparation du futur programme quinquennal de coopération belge au développement (DGD 2027-2031).

« Nous voulons partir du vécu réel des filles, comprendre ce qui les empêche de poursuivre leur scolarité, de retarder le mariage et d’exercer pleinement leurs droits », explique Pape Samba Ba, coordonnateur national du programme DGD 2022-2026, lors de l’atelier de restitution de l’analyse contextuelle tenu ce jeudi à Kaolack.

Comprendre avant d’agir

Contrairement aux approches classiques, cette démarche ne se limite pas à une simple collecte de statistiques. Elle s’appuie sur le modèle COM-B (Capacité, Opportunité, Motivation – Comportement), un outil d’analyse qui permet d’explorer en profondeur les normes sociales, les rapports de pouvoir et les contraintes économiques influençant les décisions familiales.

« Le mariage précoce n’est pas uniquement une question de tradition. Il est souvent lié à la pauvreté, à l’insécurité et à des normes de genre profondément ancrées », souligne Pape Samba Ba. L’enjeu, selon lui, est de concevoir des réponses durables capables d’induire des changements de comportement à long terme.

Les communautés au cœur du processus

Sur le terrain, l’ONG APROFES joue un rôle central en tant que partenaire de mise en œuvre dans la région de Kaolack. Fortement implantée au niveau local, l’organisation facilite le dialogue avec les familles, les leaders religieux et les autorités administratives.

« Notre rôle est de créer un climat de confiance afin de permettre aux adolescentes et aux communautés de s’exprimer librement », explique Macoura Diop, coordonnateur du projet DGD au sein d’APROFES. Des discussions de groupe, des entretiens individuels et des observations de terrain sont menés dans le strict respect des principes éthiques et des normes de protection des participantes.

Donner la parole pour changer les trajectoires

Cette phase de terrain vient compléter une première étape fondée sur l’analyse de la littérature existante et des données disponibles. Mais pour les acteurs du projet, rien ne peut remplacer la parole directe des filles concernées.

« Écouter les adolescentes, c’est déjà un acte de prévention », confie un acteur communautaire impliqué dans l’évaluation. Les informations recueillies serviront de socle à de futures interventions visant à maintenir les filles à l’école, retarder l’âge du mariage et renforcer leur autonomie économique et sociale.

À Kaolack, cette évaluation marque ainsi un tournant : celui d’une lutte contre les mariages précoces qui commence par l’écoute, la compréhension et l’engagement actif des communautés elles-mêmes.

Tribunal d’Instance de Dakar : Abdou Karim Guéye alias Karim Xurum Xax relaxé après son procès

Abdou Karim Guéye, plus connu sous le nom de Karim Xurum Xax, a comparu ce jeudi 15 janvier 2026 devant le tribunal d’Instance de Dakar pour répondre des faits de participation à une manifestation non autorisée. Les faits remontent au 12 janvier dernier, date à laquelle l’activiste a été interpellé à la place de l’Indépendance, en marge d’un rassemblement de personnes à mobilité réduite.

Selon l’accusation, Karim Xurum Xax se trouvait au milieu d’un groupe d’invalides au moment des faits, où il tenait un point de presse pour dénoncer l’arrestation récente de deux mendiants par la police, finalement libérés avant son interpellation. Ce jour-là, l’activiste a été arrêté en même temps que quatorze mendiants, lesquels ont par la suite tous été relâchés sans poursuites.

Placée en garde à vue, Abdou Karim Guéye a adopté une posture de silence face aux enquêteurs. « Je n’ai rien à dire », aurait-il déclaré, avant de refuser de signer le procès-verbal, expliquant par la suite qu’il craignait une déformation de ses propos. Dans le cadre de l’enquête, certains mendiants ont néanmoins été entendus. Modou Faye et Astou Sow ont notamment affirmé que la manifestation avait été initiée par l’activiste.

À la barre, Karim Xurum Xax a vigoureusement contesté les faits qui lui sont reprochés. Il a expliqué s’être rendu à la police centrale uniquement pour apporter un soutien moral à des mendiants arrêtés auparavant. À son arrivée, ces derniers avaient déjà été libérés. « Ils étaient au nombre de quatorze. Dans le groupe, il y avait des femmes handicapées avec des bébés. C’est ainsi que je les ai accompagnés », a-t-il déclaré. Il raconte qu’en chemin, un agent de police leur aurait demandé de se placer, ce qu’ils ont fait calmement avant de se retrouver au jardin public de la place de l’Indépendance.

L’activiste a soutenu qu’il conseillait simplement ces personnes vulnérables à s’organiser ultérieurement pour tenir une manifestation encadrée afin de dénoncer ce qu’il qualifie d’arrestations récurrentes. Il affirme également que son interpellation est intervenue après qu’un journaliste, de passage sur les lieux, lui a demandé les raisons de sa présence. « Je lui ai répondu que j’étais venu assister des mendiants arrêtés. C’est à ce moment-là que les éléments de la police m’ont interpellé », a-t-il relaté.

Revenant sur son refus de coopérer lors de l’enquête, Karim Xurum Xax a réaffirmé sa position de principe. « Je suis un activiste, j’ai des principes que je défends. Pour moi, placer en garde à vue des femmes à mobilité réduite est inhumain. J’étais venu leur apporter un soutien moral et de la nourriture. Je n’étais pas venu pour manifester », a-t-il conclu devant le tribunal.

Dans ses observations, le procureur de la République a estimé que les éléments constitutifs du délit de participation à une manifestation non autorisée étaient réunis. Se fondant sur l’article 87 du Code pénal, le parquet a requis une peine de deux ans d’emprisonnement, dont deux mois ferme, assortie d’une amende de 200 000 francs CFA.

La défense, composée de Mes El Hadji Diouf, El Hadji Amadou Sall, Aboubacry Deh, Sayba Danfakha et Aboubacary Barro, a pour sa part plaidé la relaxe pure et simple. Les avocats ont dénoncé un réquisitoire jugé excessif, estimant qu’aucune infraction pénale n’était caractérisée dans ce dossier.

Incident au Pavillon spécial de Le Dantec : Abdoul Aziz Diop déféré au parquet après une altercation avec un agent de sécurité

Abdoul Aziz Diop, adjoint au maire de la commune des Agnam et proche collaborateur du député-maire Farba Ngom, sera présenté ce jeudi matin au Procureur de la République. Il a été placé en garde à vue dans la journée de mercredi à la suite d’un incident survenu au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec, à Dakar.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur, l’interpellation d’Abdoul Aziz Diop fait suite à une altercation jugée violente avec un agent de sécurité en poste dans cet établissement hospitalier. Les faits se seraient produits alors que l’adjoint au maire s’était rendu sur les lieux pour rendre visite à Farba Ngom, actuellement en détention et extrait de sa cellule pour recevoir des soins médicaux.

Toujours d’après la même source, l’accès au Pavillon spécial aurait été refusé à Abdoul Aziz Diop par le garde en faction, ce dernier lui indiquant que Farba Ngom ne s’y trouvait pas. Une version que l’élu local aurait contestée avec véhémence. La situation aurait rapidement dégénéré, donnant lieu à une altercation entre les deux hommes, attirant l’attention sur les lieux et provoquant une certaine agitation.

À la suite de cet incident, Abdoul Aziz Diop a été interpellé puis placé en garde à vue. Il est désormais poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, notamment outrage à agent, provocation à un attroupement et trouble à l’ordre public. Selon des sources proches du dossier, l’intéressé aurait reconnu les faits qui lui sont reprochés et exprimé des regrets quant à son comportement.

Affaire de l’appartement meublé de Keur Massar : un réveillon sous le sceau du scandale et de lourdes réquisitions

Ce qui devait être une soirée festive marquant le passage à la nouvelle année s’est mué en une affaire judiciaire retentissante, révélant une succession de dérives, de violences et de soupçons de débauche organisée. L’affaire dite de « l’appartement meublé de Keur Massar », largement relayée par L’Observateur, a conduit devant le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye Bineta Sarr, plus connue sous le sobriquet de « Bineta mécanicienne », ainsi que douze autres prévenus, tous confrontés à des réquisitions particulièrement sévères du parquet.

Dès l’ouverture de l’audience, la tension était palpable. Face au tribunal, treize prévenus aux profils variés : des étudiants, des élèves, un homme se présentant comme pharmacien sans en avoir le titre officiel, et surtout Bineta Sarr, figure médiatique devenue emblématique de la réussite féminine dans un univers professionnel dominé par les hommes. À la barre, le contraste est frappant. Loin de l’image assurée véhiculée sur les réseaux sociaux, elle apparaît le crâne rasé, dissimulé sous un bonnet, le regard fuyant et la voix altérée. Elle décrit une détention pénible, marquée par l’isolement et la rupture brutale avec la notoriété qui faisait sa force.

Les faits trouvent leur origine dans une transaction financière de 70 000 FCFA effectuée via Wave, correspondant à la location de deux nuitées dans un appartement meublé situé à Keur Massar. Le gérant des lieux, Amadou Woury Diallo, affirme avoir simplement voulu rendre service à son neveu, Oumar Diallo, élève. Il se présente comme pharmacien formé en Guinée. Une version que le ministère public, cité par L’Observateur, balaie d’un revers de main, soulignant l’encaissement d’un tarif commercial, l’absence d’autorisation légale et la violation manifeste de la réglementation encadrant les établissements d’hébergement.

La nuit du réveillon bascule rapidement. La musique est poussée à plein volume, l’atmosphère se charge, et des tentatives de consommation de substances illicites sont évoquées. Aïda Souaré verse 10 000 FCFA pour se procurer de la « NB », une drogue de synthèse. Le livreur, Olivier Bampoky, étudiant en Douane, lui remet finalement du bicarbonate. Lorsque la tromperie est découverte, la situation dégénère. Menacé, le livreur quitte précipitamment les lieux avant de revenir armé d’un couteau, faisant basculer la soirée dans un climat de peur et de désordre généralisé.

Alertés par le vacarme, les voisins sollicitent l’intervention de la gendarmerie. Les éléments de Keur Massar découvrent une scène jugée accablante : présence de mineures et téléphones contenant des images considérées comme attentatoires aux bonnes mœurs, selon les éléments rapportés par L’Observateur. Pour le parquet, il ne s’agit plus d’un simple excès festif lié au réveillon, mais bien d’un rassemblement structuré poursuivant des objectifs de débauche.

Dans un réquisitoire sans concession, le Procureur tranche : « Ce n’est pas une fête qui a dérapé, mais un rassemblement structuré à des fins de débauche. » Écartant toute thèse de l’erreur de jeunesse, il requiert deux ans de prison ferme contre les principaux mis en cause, dont Bineta Sarr, Amadou Woury Diallo, Fallou Mbow et Aïda Souaré. Pour les autres prévenus, le parquet sollicite deux ans d’emprisonnement dont six mois ferme, assortis d’une amende de 200 000 FCFA chacun.

Face à ces réquisitions jugées excessives, la défense monte au créneau. Les avocats dénoncent un « procès de la morale » nourri, selon eux, par la notoriété de Bineta Sarr. Ils contestent l’existence d’une association de malfaiteurs, qualifiant cette qualification pénale de construction intellectuelle déconnectée des faits. « On ne peut parler d’escroquerie lorsqu’il s’agit d’une transaction portant sur de la drogue », plaident-ils, évoquant des jeunes emportés par l’effet de groupe, le contexte festif et la recherche du buzz.

CAN 2025 : un maître coranique de Keur Massar décède après avoir célébré le but victorieux de Sadio Mané

La joie suscitée par la qualification du Sénégal pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 a viré au drame à Keur Massar. Un maître coranique du nom de Boubacar Bâ a perdu la vie mercredi soir, emporté par une crise survenue au moment où il célébrait le but décisif inscrit par Sadio Mané face à l’Égypte en demi-finale de la compétition.

Selon les informations rapportées par le journal Wal Fadjri, le drame s’est produit alors que le Sénégal venait de prendre l’avantage (1-0) contre l’Égypte lors de la rencontre disputée à Tanger, au Maroc. Pris d’une immense émotion après la réalisation de l’attaquant des Lions, Boubacar Bâ aurait été soudainement victime d’un malaise. Les témoins évoquent une crise survenue dans un contexte de célébration intense, à l’image de l’euphorie qui a gagné de nombreux quartiers du pays après ce but décisif.

Rapidement alertés, ses proches ont procédé à son évacuation vers le centre de santé de Keur Massar. Malgré la promptitude de la prise en charge, le maître coranique a rendu l’âme en cours de route, plongeant sa famille, ses élèves et tout son voisinage dans une profonde consternation. La nouvelle de son décès s’est répandue dans le quartier comme une onde de choc, d’autant plus que l’homme était connu et respecté pour son engagement religieux et son sens de l’humain.

Interrogé par Wal Fadjri, Mady Cissé, un ami proche du défunt, a exprimé son incompréhension et sa douleur face à ce drame aussi brutal qu’inattendu. « Nous n’avons même pas les mots pour parler. Cette affaire nous dépasse, nous nous en remettons à Dieu », a-t-il déclaré, la voix chargée d’émotion. Ses propos traduisent le sentiment général d’impuissance et de tristesse qui domine depuis l’annonce de la disparition de Boubacar Bâ.

Contentieux autour de l’immeuble de la Sicap Sacré-Cœur : le dossier Mamadou Diop renvoyé au 2 avril 2026

Évoqué une nouvelle fois ce jeudi 15 janvier 2026, le contentieux opposant le président de l’ISEG, Mamadou Diop, à son ex-épouse Aïssatou Seydi et à Mamadou Ba n’a pas connu d’avancée sur le fond. À la demande de la partie civile, l’affaire a été renvoyée au 2 avril 2026, prolongeant ainsi une procédure judiciaire déjà marquée par de multiples rebondissements.

Au cœur de ce dossier se trouve un immeuble situé à la Sicap Sacré-Cœur, précisément au numéro 9023. Selon les éléments portés au débat, Mamadou Diop affirme avoir été expulsé de ce bien en juillet 2025 dans des conditions qu’il conteste fermement. Il soutient que cette éviction résulte de manœuvres frauduleuses orchestrées par ses adversaires, visant à le priver de la jouissance et de la propriété de l’immeuble.

Les prévenus, Aïssatou Seydi et Mamadou Ba, sont poursuivis pour des chefs d’accusation lourds, notamment association de malfaiteurs, escroquerie, abus de confiance, ainsi que faux et usage de faux en écritures publiques authentiques. La partie civile estime que des documents auraient été falsifiés ou utilisés de manière frauduleuse pour justifier des actes juridiques ayant conduit à son expulsion et à la modification de la situation du bien immobilier litigieux.

De leur côté, les mis en cause rejettent les accusations portées contre eux et entendent faire valoir leur version des faits devant la juridiction compétente. Le renvoi sollicité et obtenu ce 15 janvier vise, selon la partie civile, à permettre une meilleure préparation du dossier et la production d’éléments complémentaires jugés nécessaires à la manifestation de la vérité.

Rendez-vous intime piégé aux Parcelles Assainies : deux hommes échappent de justesse à un lynchage après une rencontre via Facebook

Un fait divers aussi troublant que violent s’est déroulé dans la nuit de mardi à mercredi aux Parcelles Assainies, où un rendez-vous intime noué sur les réseaux sociaux a viré au drame. Deux hommes, B. Seck, 19 ans, et S. M. Bâ, 65 ans, ont été sauvés in extremis d’un lynchage public grâce à l’intervention rapide d’un policier en service dans le secteur. Les faits, rapportés par L’Observateur, mettent en lumière les dérives et les risques liés à certaines rencontres conclues en ligne.

Selon les premiers éléments de l’enquête, tout débute par un contact établi sur Facebook à partir d’une page dénommée « Yacine Mbaye », connue, d’après les enquêteurs, pour être régulièrement associée à des propositions de rencontres intimes. Un rendez-vous est convenu contre la somme de 5 000 FCfa, dont 3 000 FCfa sont envoyés à l’avance afin de couvrir les frais de déplacement.

Dans ce contexte, B. Seck, jeune restaurateur âgé de 19 ans, se rend tard dans la nuit au domicile de S. M. Bâ, situé à Guédiawaye. Jusqu’à leur arrivée dans la chambre, rien ne laisse présager l’issue violente de la rencontre, qui semble, selon la version du jeune homme, suivre le cadre d’une transaction consentie.

C’est toutefois dans l’intimité que la situation bascule. D’après les déclarations de B. Seck aux enquêteurs, le sexagénaire aurait exigé d’assumer un rôle précis dans la relation, ce que le jeune homme dit avoir refusé. Un compromis aurait été trouvé avant que S. M. Bâ ne change d’avis au dernier moment. Les versions divergent ensuite sur la chronologie exacte des faits, mais le résultat est le même : une dispute éclate, les voix s’élèvent et les cris finissent par alerter le voisinage.

Aux environs de 4 heures du matin, des riverains accourent sur les lieux. La tension monte rapidement et la situation dégénère. Les deux hommes sont pris à partie, violemment insultés et frappés par une foule surexcitée. Leur survie tient alors à l’intervention décisive d’un policier affecté au GMI/COGIC des Parcelles Assainies, qui parvient à les extraire de la vindicte populaire et à les conduire au commissariat.

Une fois au poste, les auditions font apparaître deux récits diamétralement opposés. B. Seck persiste à affirmer qu’il s’agissait d’une transaction clairement établie pour un rapport homosexuel. À l’inverse, S. M. Bâ soutient avoir été induit en erreur, affirmant avoir cru dialoguer avec une femme à travers la page Facebook « Yacine Mbaye ». Il nie toute intention de relation homosexuelle et déclare avoir découvert tardivement que son visiteur était un homme, ce qui l’aurait poussé à appeler à l’aide pour mettre fin à la rencontre.

Cependant, comme le souligne L’Observateur, cette version est fragilisée par les constats des enquêteurs, qui relèvent que la page utilisée est fréquemment associée à ce type de contacts, ce qui jette un doute sur l’argument de l’erreur avancé par le sexagénaire.

Au terme des premières investigations, B. Seck et S. M. Bâ ont été placés en garde à vue. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, acte contre nature et collecte illicite de données à caractère pornographique. L’affaire est désormais entre les mains de la Justice, qui devra démêler les responsabilités dans ce dossier mêlant réseaux sociaux, sexualité clandestine et violence collective.

Visite PTN:Le ministre Déthié FALL et Aliou SALL déterminés a terminer les chantiers à date….

Accueillis par le Coordonnateur du Parc des Technologies Numériques (PTN) et Directeur Général de Senegal Connect Park, M. Mouhamadou THIOMBANE, entouré de son équipe, le Ministre en charge du Numérique, M. Alioune SALL, et le Ministre des Infrastructures, M. Déthié FALL, ont effectué une visite de chantier au PTN de Diamniadio. Cette visite a permis de constater les avancées significatives des travaux.
Le Ministre des Infrastructures, en charge du suivi des projets structurants à l’échelle nationale, a tenu à se rendre sur le site afin d’apprécier de visu l’état d’avancement du chantier, d’évaluer la dynamique positive de reprise des travaux et de mesurer les performances enregistrées en matière de délais et de qualité d’exécution. Cette démarche a également permis d’identifier les contraintes résiduelles et de mobiliser l’appui technique de ses services. À cet effet, le PTN sera intégré dans sa feuille de route, avec une coordination renforcée entre ses équipes techniques, l’Unité de Gestion du Projet et les entreprises.
Au terme de la visite des infrastructures, aujourd’hui en phase avancée de finalisation, une réunion de travail a réuni l’ensemble des parties prenantes afin d’examiner les contraintes opérationnelles et de définir des solutions concrètes et rapides, dans une logique de livraison du projet dans les délais impartis. Ce projet structurant s’inscrit pleinement dans la vision du New Deal Technologique, qui ambitionne de positionner le Sénégal comme un hub numérique régional de référence, favorisant l’innovation, la création de valeur et le développement de l’emploi dans le secteur du numérique.

Visite PTN:Le ministre Déthié FALL et Aliou SALL déterminés a terminer les chantiers à date....

Changement climatique : Diomaye Faye plaide pour « une mobilisation internationale accrue »

Face à l’aggravation des effets du changement climatique et à leur impact particulièrement sévère sur le continent africain, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appelé, ce mercredi 14 janvier, à « une mobilisation internationale accrue ». Le chef de l’État s’exprimait lors de son allocution d’ouverture d’un side event consacré au soutien du processus préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau, que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis en 2026.

Dans un contexte mondial marqué par la recrudescence des phénomènes climatiques extrêmes, Diomaye Faye a insisté sur le fait que l’Afrique demeure l’une des régions les plus exposées aux conséquences du dérèglement climatique, alors même qu’elle contribue faiblement aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pour le président sénégalais, cette situation impose une responsabilité collective renforcée et une solidarité internationale plus concrète, notamment à travers des mécanismes de financement adaptés, un transfert de technologies et un appui accru aux politiques d’adaptation.

Selon la Présidence de la République, le chef de l’État a également mis en exergue le caractère hautement stratégique de la ressource en eau. Il a souligné que l’eau se situe aujourd’hui « à l’intersection du climat, de la paix, de la sécurité et du développement durable », rappelant qu’une mauvaise gestion ou une raréfaction de cette ressource essentielle peut exacerber les tensions sociales, fragiliser la sécurité alimentaire et compromettre durablement les efforts de développement. À ses yeux, l’eau doit être au cœur des agendas climatiques et de développement, en particulier dans les pays du Sud.

Cette prise de parole s’inscrit dans la dynamique préparatoire de la Conférence des Nations unies sur l’eau prévue en 2026, un rendez-vous international majeur que le Sénégal coorganisera avec les Émirats arabes unis. À travers cet engagement, Dakar entend jouer un rôle actif dans la définition des priorités mondiales liées à la gestion durable de l’eau, à l’adaptation aux changements climatiques et à la résilience des territoires vulnérables.

La participation de Diomaye Faye à cette rencontre intervient dans le cadre d’un déplacement officiel à Abu Dhabi, où il prend part, les 14 et 15 janvier 2026, à un forum international consacré aux enjeux du développement durable, de la transition énergétique et de l’innovation. Ce déplacement fait suite à un séjour de deux jours effectué auparavant au Koweït, illustrant l’intensification de la diplomatie sénégalaise sur les questions climatiques, énergétiques et de coopération internationale.

À travers ce plaidoyer, le président sénégalais réaffirme la position du Sénégal en faveur d’une gouvernance mondiale plus équitable du climat et des ressources naturelles. Il appelle à des engagements plus ambitieux et à des actions concrètes pour répondre à l’urgence climatique, estimant que sans une mobilisation internationale forte et coordonnée, les pays africains continueront de payer un lourd tribut à un phénomène qu’ils n’ont que très peu contribué à provoquer.

Intelligence artificielle : le Sénégal classé 97ᵉ au niveau mondial et 9ᵉ en Afrique

Le Sénégal occupe la 97ᵉ place au niveau mondial et le 9ᵉ rang en Afrique dans le Government AI Readiness Index, l’Indice de préparation des gouvernements à l’intelligence artificielle. Avec un score global de 38,84, le pays apparaît comme un État en transition, affichant des avancées notables sur le plan stratégique et politique, mais confronté à d’importants défis structurels pour une adoption effective de l’IA dans l’action publique.

Publié chaque année par le cabinet britannique Oxford Insights, cet indice évalue 195 gouvernements à travers 69 indicateurs regroupés en plusieurs piliers clés, notamment la capacité politique, la gouvernance, l’infrastructure d’IA, l’adoption par le secteur public, le développement et la diffusion des technologies d’IA, ainsi que la résilience économique et sociale. L’objectif est de mesurer dans quelle mesure les États sont prêts à intégrer l’intelligence artificielle dans la prestation des services publics et dans la modernisation de l’administration.

Selon l’analyse relayée par PressAfrik, le Sénégal présente des performances contrastées. Sur le plan de la capacité politique, le pays obtient un score relativement élevé de 61,00, traduisant l’existence d’une vision claire et d’une volonté politique affirmée. Cette performance repose notamment sur l’adoption de stratégies nationales, la mise en place de cadres législatifs et la reconnaissance officielle de l’IA comme un levier de croissance économique et de modernisation de l’État. Les autorités sénégalaises affichent ainsi une ambition assumée de s’inscrire dans la transformation numérique globale.

Le pilier gouvernance, avec un score de 50,88, confirme cette dynamique. Il reflète l’existence de cadres éthiques, de dispositifs de protection des données et d’une prise de conscience des enjeux liés à l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle. Ces éléments constituent des bases importantes pour encadrer le développement de l’IA et limiter les risques liés à la vie privée, à la sécurité des données et aux dérives algorithmiques.

Cependant, malgré ces acquis institutionnels, les difficultés apparaissent plus marquées dans la mise en œuvre concrète. L’adoption de l’IA par le secteur public, notée à 28,47, demeure faible. Ce score indique que, malgré la volonté politique affichée, l’intégration de solutions d’intelligence artificielle dans les services administratifs reste limitée, souvent cantonnée à des projets pilotes ou à des expérimentations ponctuelles. L’IA peine encore à transformer en profondeur les procédures, la gestion des données publiques et la qualité des services offerts aux citoyens.

L’infrastructure d’IA, avec un score de 37,00, constitue également un point de fragilité. Ce pilier englobe l’accès à des données de qualité, la disponibilité de la puissance de calcul nécessaire, notamment les GPU, ainsi que la connectivité Internet. Or, ces éléments sont indispensables pour développer, entraîner et déployer des modèles d’intelligence artificielle à grande échelle. Les limites observées dans ces domaines freinent considérablement la capacité du pays à passer d’une phase stratégique à une phase opérationnelle.

Enfin, la résilience, évaluée à 35,48, met en lumière la capacité encore insuffisante du marché du travail et de l’économie à s’adapter aux transformations induites par l’IA et l’automatisation. Ce pilier mesure notamment la préparation des compétences, la flexibilité du tissu économique et la capacité à absorber les chocs technologiques. À ce niveau, le Sénégal fait face à des défis majeurs en matière de formation, de reconversion professionnelle et d’adéquation entre les compétences disponibles et les besoins émergents liés aux technologies avancées.

En définitive, le classement du Sénégal dans l’Indice de préparation à l’IA d’Oxford Insights révèle un pays qui a posé les fondations politiques et institutionnelles de sa stratégie en matière d’intelligence artificielle, mais qui doit encore franchir un cap décisif sur le plan des infrastructures, des compétences et de l’adoption effective dans le secteur public. La consolidation de ces aspects apparaît aujourd’hui comme un enjeu central pour permettre à l’IA de devenir un véritable moteur de modernisation de l’État et de développement économique durable.

Exportation d’arachides : les opérateurs demandent un lancement du processus avant le nouvel an chinois

Les acteurs de la filière arachidière sénégalaise appellent les autorités à accélérer le lancement de la campagne d’exportation des graines d’arachide, en particulier à destination de la Chine, avant le mois de février. Cette période correspond au nouvel an chinois, un événement majeur qui entraîne traditionnellement un ralentissement significatif des activités économiques dans ce pays, principal marché d’exportation de l’arachide sénégalaise.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette préoccupation a été largement exprimée lors d’une rencontre tenue mardi entre le ministre de l’Industrie et du Commerce et les différents acteurs du secteur, en présence de partenaires stratégiques. À cette occasion, Cheikh Ahmadou Bamba Fall, membre du Collectif des acteurs de la filière arachidière du Sénégal, a attiré l’attention des autorités sur les contraintes liées au calendrier commercial chinois.

D’après lui, le nouvel an chinois constitue une période durant laquelle les activités économiques tournent au ralenti. « Les Chinois restent un mois quasiment sans activité en période de fête, marquée par un ralentissement des activités dans ce pays », a-t-il expliqué, soulignant l’impact direct que cette situation peut avoir sur les opérations d’exportation et sur la fluidité des transactions commerciales. Pour les exportateurs sénégalais, tout retard dans le lancement de la campagne risque ainsi de compromettre les volumes attendus et de perturber les relations avec les partenaires chinois.

Cheikh Ahmadou Bamba Fall a insisté sur l’importance, pour le gouvernement, de donner rapidement un signal clair en autorisant le démarrage effectif des exportations. Selon lui, un lancement avant le nouvel an chinois permettrait aux partenaires commerciaux en Chine de se positionner dans de meilleures conditions, d’anticiper les commandes et d’assurer une continuité des échanges malgré la période festive.

Au-delà de la question du calendrier, les opérateurs ont également réaffirmé leurs engagements en matière de volumes et de respect des règles fixées par l’État. Ils annoncent être prêts à exporter entre 300 000 et 400 000 tonnes d’arachides au cours de la campagne, tout en respectant le prix plancher de 350 FCFA le kilogramme, tel que défini par le gouvernement. Cette garantie vise à protéger les producteurs locaux et à assurer une rémunération équitable aux paysans, tout en maintenant la compétitivité de l’arachide sénégalaise sur le marché international.

Cette sortie des acteurs de la filière intervient dans un contexte où l’arachide demeure un pilier stratégique de l’économie agricole sénégalaise, à la fois en termes de revenus ruraux, de création d’emplois et de recettes d’exportation. Les opérateurs estiment ainsi qu’une décision rapide des autorités permettrait non seulement de sécuriser les débouchés extérieurs, mais aussi de renforcer la confiance entre l’État, les exportateurs et les partenaires étrangers.

En attendant une position officielle, les acteurs de la filière espèrent que leurs préoccupations seront prises en compte afin d’éviter tout blocage lié aux contraintes calendaires internationales. Pour eux, l’anticipation du nouvel an chinois constitue un enjeu crucial pour la réussite de la campagne d’exportation et pour la valorisation optimale de la production arachidière nationale.

Production industrielle : une hausse de 18 % enregistrée en novembre 2024, portée par l’entrée en production du pétrole

La production industrielle au Sénégal a connu une nette accélération en novembre 2024, avec une progression globale de 18,3 %. C’est ce qui ressort du rapport de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) relatif à l’Indice harmonisé de la production industrielle (IHPI), publié le 13 janvier 2025. Cette performance traduit une dynamique particulièrement soutenue du secteur industriel, largement impulsée par le démarrage effectif de l’extraction pétrolière.

Selon l’ANSD, la principale source de cette croissance réside dans la forte hausse enregistrée par les industries extractives, dont l’indice a bondi de 39,1 % en glissement annuel. Cette progression exceptionnelle est directement liée à l’entrée en production du pétrole, qui marque un tournant majeur dans la structure industrielle nationale. En revanche, lorsqu’on exclut le pétrole, l’indice des hydrocarbures affiche une évolution beaucoup plus modérée, se limitant à une hausse de 0,7 %, ce qui souligne le rôle déterminant joué par l’or noir dans les performances récentes.

Sur les onze premiers mois de l’année 2024, la tendance globale demeure très favorable. L’IHPI enregistre une augmentation cumulée de 24,5 % par rapport à la même période de l’année précédente, confirmant une dynamique qualifiée d’« excellente » par les statisticiens. Cette progression soutenue témoigne d’un regain d’activité industrielle, malgré un contexte international marqué par des incertitudes économiques persistantes.

Les secteurs de l’énergie et de l’eau contribuent également à cette évolution positive. La production d’électricité, de gaz et d’eau affiche une hausse de 14,4 % en novembre 2024, traduisant une amélioration de la capacité de production et une demande accrue, notamment dans un contexte d’industrialisation progressive et de croissance démographique.

Du côté des industries manufacturières, la croissance est plus modérée mais reste significative. L’ANSD note une augmentation de 5,1 % de la production, reflétant une progression continue de la transformation industrielle, même si celle-ci demeure moins spectaculaire que celle observée dans les industries extractives. Cette évolution positive traduit néanmoins une certaine résilience du secteur manufacturier, confronté à des défis structurels liés aux coûts de production et à l’approvisionnement en intrants.

En revanche, tous les segments de l’industrie n’ont pas évolué dans le même sens. Les industries environnementales enregistrent un recul de 5,1 % sur la période, marquant un ralentissement de l’activité dans ce sous-secteur. Cette contre-performance pèse sur la dynamique globale et souligne la nécessité de renforcer les investissements et les politiques publiques en faveur des filières liées à la gestion des déchets, au recyclage et à la protection de l’environnement.

Par ailleurs, la filière coton a connu une situation particulière. En novembre 2024, aucune activité d’égrenage n’a été enregistrée, en raison d’une pause qualifiée de saisonnière ou conjoncturelle. Cette absence d’activité a eu un impact négatif sur les résultats spécifiques du secteur, même si elle reste conforme au cycle habituel de la filière.

Dans l’ensemble, les chiffres de novembre 2024 confirment une transformation progressive du tissu industriel sénégalais, désormais fortement influencé par l’exploitation des ressources pétrolières. Si cette nouvelle dynamique constitue un levier important de croissance, elle pose également la question de la diversification et de la consolidation des autres secteurs industriels afin d’assurer une croissance équilibrée et durable à moyen et long terme.

Affaire « Keur Yeurmandé » : le procès renvoyé au 10 février 2026, Ndella Madior Diouf maintenue en détention

La Chambre criminelle de Dakar a décidé, ce mardi, de renvoyer l’examen de l’affaire dite « Keur Yeurmandé » au 10 février 2026. Cette décision judiciaire s’accompagne du rejet de la demande de liberté provisoire introduite par la principale accusée, Ndella Madior Diouf, qui demeure ainsi en détention.

Le renvoi du dossier a été motivé par l’absence de plusieurs acteurs essentiels au bon déroulement des débats. Selon la juridiction, des accusés, des témoins ainsi que certaines parties civiles ne se sont pas présentés à l’audience, rendant impossible la poursuite sereine et contradictoire du procès. La Chambre criminelle a estimé qu’un examen au fond, compte tenu de la gravité et de la complexité des faits reprochés, exigeait la présence de l’ensemble des protagonistes afin de garantir les droits de la défense et le respect du principe du contradictoire.

Ndella Madior Diouf, directrice de la pouponnière de Sacré-Cœur 3, communément appelée « Keur Yeurmandé », est poursuivie aux côtés d’une dizaine de collaborateurs pour des faits qualifiés de particulièrement graves. Les charges retenues contre elle portent notamment sur la traite de personnes, l’exercice illégal de la médecine ainsi que la mise en danger de la vie d’autrui. Ces accusations font suite à une vaste enquête ayant mis en lumière des pratiques présumées illicites dans la gestion de cette structure d’accueil d’enfants, suscitant une vive émotion au sein de l’opinion publique.

Sur la question de la détention, la Chambre criminelle a confirmé le maintien en incarcération de l’accusée principale. La demande de liberté provisoire formulée par la défense a été rejetée, la juridiction estimant que les conditions légales n’étaient pas réunies. Ndella Madior Diouf restera ainsi détenue au Camp pénal de Liberté 6, prolongeant une détention préventive qui dépasse désormais les deux années.

Arrestation de Karim Xrum Xax : la société civile dénonce une atteinte aux libertés fondamentales

L’arrestation de l’activiste Abdou Karim Guèye, plus connu sous le nom de Karim Xrum Xax, intervenue le lundi 12 janvier à la place de l’Indépendance à Dakar, continue de susciter une vague d’indignation au sein de la société civile sénégalaise. Interpellé alors qu’il prenait part à une manifestation de personnes en situation de handicap, l’activiste se retrouve au cœur d’un débat plus large sur le respect des libertés publiques et du droit de manifester au Sénégal.

La mobilisation à laquelle participait Karim Xrum Xax visait à attirer l’attention des autorités sur les difficultés persistantes rencontrées par les personnes en situation de handicap, notamment en matière d’inclusion sociale, d’accès aux services publics et de respect de leurs droits. Selon plusieurs témoins, la manifestation se déroulait de manière pacifique lorsque les forces de l’ordre sont intervenues, procédant à l’arrestation de l’activiste. Cette interpellation a rapidement provoqué des réactions indignées, tant sur les réseaux sociaux que parmi les organisations de défense des droits humains.

Parmi les voix les plus audibles figurent celles de Seydi Gassama et d’Alioune Tine, deux figures emblématiques de la lutte pour les droits de l’homme au Sénégal. Le directeur exécutif d’Amnesty International/Sénégal, Seydi Gassama, a dénoncé une arrestation qu’il juge incompatible avec les principes démocratiques. Insistant sur la nécessité de protéger les libertés publiques, il a rappelé que la participation à une manifestation pacifique ne saurait constituer une infraction pénale. Selon lui, même lorsqu’une manifestation n’est pas préalablement déclarée ou autorisée, la répression judiciaire n’est pas une réponse acceptable dans un État de droit qui se veut respectueux des droits et libertés fondamentaux. Il a ainsi exigé la libération immédiate de Karim Xrum Xax et le respect effectif du droit de réunion pacifique.

Dans le même sillage, Alioune Tine, fondateur du centre de réflexion et d’action Afrikajom Center, a qualifié l’arrestation de grave atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise. Pour lui, l’exercice des libertés publiques, qu’il s’agisse de la liberté d’expression, de réunion ou de manifestation, ne peut être assimilé à un crime. Il a estimé que ce sont plutôt les arrestations et détentions arbitraires qui posent un véritable problème dans une démocratie, car elles fragilisent l’État de droit et nourrissent un climat de méfiance entre les citoyens et les institutions.

Au-delà du cas individuel de Karim Xrum Xax, cette affaire relance le débat sur la gestion de l’ordre public et le respect des libertés civiques au Sénégal. De nombreux acteurs de la société civile considèrent que la répression de manifestations pacifiques, en particulier lorsqu’elles concernent des groupes vulnérables comme les personnes en situation de handicap, envoie un signal inquiétant. Ils appellent les autorités à privilégier le dialogue, l’écoute et la concertation plutôt que des réponses sécuritaires perçues comme disproportionnées.

Renforcement de la transparence budgétaire : la Direction générale du Budget et l’International Budget Partnership scellent un partenariat stratégique

Dakar, le 13 janvier 2026 – La Direction générale du Budget (DGB), relevant du ministère des Finances et du Budget, et l’International Budget Partnership (IBP) ont signé, ce mardi, une convention de partenariat visant à promouvoir la transparence, la participation citoyenne et la redevabilité dans la gestion des finances publiques.

La cérémonie officielle s’est tenue dans la salle de conférence du ministère, en présence de M. Massamba Dieng, Directeur général du Budget, de M. Djibril Badiane, Directeur régional adjoint de l’IBP pour l’Afrique de l’Ouest, du Conseiller technique du ministre des Finances et du Budget, M. Diafara Seye, ainsi que de représentants de la société civile, des partenaires techniques et financiers et des médias.

Dans son discours d’ouverture, M. Massamba Dieng a salué une collaboration porteuse d’impact :

« Ce partenariat avec l’IBP s’inscrit dans notre ambition de faire du budget un véritable outil de développement inclusif, accessible et compréhensible par tous les citoyens », a-t-il déclaré.

Prenant la parole à son tour, M. Djibril Badiane a souligné l’importance de l’engagement du gouvernement :

« La DGB démontre aujourd’hui sa volonté de renforcer la confiance entre l’État et les citoyens à travers une gestion budgétaire plus ouverte et plus participative », a-t-il affirmé.

La convention prévoit notamment le renforcement des capacités des cadres budgétaires en matière de budgétisation sensible au genre et aux droits humains, l’élaboration d’outils de vulgarisation budgétaire à destination du grand public, l’appui à la publication régulière des documents budgétaires clés conformément aux standards internationaux de l’Open Budget Index, ainsi que l’organisation de dialogues budgétaires entre l’administration, les parlementaires et les organisations de la société civile.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement en vue d’améliorer la gouvernance financière, conformément aux engagements pris dans le cadre du Partenariat pour un Gouvernement ouvert (PGO).

Selon le Directeur général du Budget, ce protocole d’accord est conclu pour une durée d’un (1) an renouvelable. À l’issue de cette période, la DGB et l’IBP élaboreront conjointement un plan d’action de travail.

La cérémonie s’est conclue par la signature solennelle de la convention, suivie d’un échange convivial entre les participants.

Braquage armé à Auchan Thiaroye : comment les enquêteurs ont remonté la piste du gang

Les enquêteurs des Brigades de recherches de Keur Massar et de Thiaroye sont parvenus à démanteler une partie du gang impliqué dans le braquage armé du magasin Auchan de Thiaroye, au terme d’une enquête minutieuse et méthodique. Le 11 janvier 2026, leurs investigations ont conduit à l’interpellation de Lamine Sow, un homme d’une trentaine d’années se présentant comme électricien, arrêté aux Parcelles Assainies. Son arrestation marque une avancée significative dans ce dossier criminel qui avait profondément choqué les riverains et les employés de l’enseigne.

Les faits remontent aux premières heures de la matinée, lorsque huit individus lourdement armés ont lancé un assaut coordonné contre le magasin Auchan. Selon les éléments de l’enquête, les malfaiteurs ont escaladé l’enceinte du supermarché avant de pénétrer à l’intérieur, munis de pistolets et d’armes blanches. Une fois sur place, ils ont rapidement pris le contrôle des lieux, démontrant une organisation et une préparation qui laissent peu de place à l’improvisation.

D’après le quotidien Libération, le mode opératoire du commando révèle une stratégie soigneusement élaborée. Les assaillants ont commencé par neutraliser les agents de sécurité ainsi que les quelques employés présents à cette heure matinale. Conscients de la présence de caméras de vidéosurveillance, ils ont procédé à des tirs en l’air, une manœuvre d’intimidation destinée à semer la panique, à dissuader toute résistance et à retarder une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

L’objectif principal du gang était de fouiller les bureaux administratifs du magasin afin de mettre la main sur d’importantes sommes d’argent. Toutefois, face à la pression et à la crainte d’une arrivée rapide de la police, les malfaiteurs n’ont pas eu le temps de mener leur plan à terme. Ils se sont finalement contentés de dérober onze téléphones portables avant de prendre la fuite. Lors de l’opération, un agent de sécurité a été blessé, ajoutant une dimension violente à un acte déjà particulièrement grave.

C’est l’exploitation minutieuse des images issues du système de vidéosurveillance, combinée aux témoignages recueillis sur place, qui a permis aux enquêteurs de remonter progressivement la piste des auteurs. Ces éléments ont conduit les forces de sécurité jusqu’à Lamine Sow. Placé en garde à vue après son arrestation, le suspect a fini par reconnaître son implication dans le braquage. Une perquisition menée à son domicile a permis de saisir des éléments jugés accablants, notamment les vêtements qu’il portait le soir des faits, renforçant ainsi les charges retenues contre lui.

Les investigations se poursuivent activement afin d’identifier et d’interpeller les sept autres membres du gang, toujours en fuite. Les enquêteurs multiplient les recoupements et les opérations de terrain pour démanteler entièrement ce réseau criminel. Quant à Lamine Sow, il devra répondre de faits lourds devant la justice, notamment pour association de malfaiteurs, vol aggravé avec usage d’arme et violences.

Cette affaire relance le débat sur la sécurité des grandes surfaces et la recrudescence des attaques armées, tout en mettant en lumière le travail de fond mené par les forces de l’ordre pour faire reculer le banditisme et traduire les auteurs de tels actes devant la justice.

Retards sur les chantiers de l’Université du Sine Saloum : un citoyen interpelle le ministre par lettre ouverte

Par une lettre ouverte adressée au ministre des Infrastructures, le citoyen sénégalais Ibrahima Socé tire la sonnette d’alarme sur les retards jugés inexpliqués dans la livraison des chantiers de l’Université du Sine Saloum Elhadji Ibrahima Niass. Il reproche au ministre de ne pas avoir respecté ses engagements publics et dénonce un « deux-poids-deux-mesures » dans le suivi des projets d’infrastructures.

Dans sa missive, Ibrahima Socé rappelle un engagement formel pris par le ministre. « Vous aviez annoncé que les campus de Fatick et de Kaffrine seraient livrés au plus tard le samedi 27 décembre 2025. Le délai est aujourd’hui dépassé, sans explication officielle, sans communication corrective ni calendrier actualisé », écrit-il, faisant référence à une déclaration du ministre tenue à Fatick le 10 octobre 2025, devant des étudiants, des élus locaux et des médias.

Le citoyen s’insurge également contre le contraste qu’il observe entre l’inachèvement de ces chantiers universitaires et l’activisme médiatique du ministre sur d’autres sites. « On vous voit régulièrement sur d’autres chantiers exercer une forte pression médiatique sur les entreprises, donnant l’impression d’une action volontariste qui ne se traduit pourtant pas partout par des résultats concrets », souligne-t-il. Selon lui, cette communication sélective alimente « un sentiment de deux-poids-deux-mesures » et relève d’un « populisme infrastructurel, fait d’annonces, de postures et de spectacles, au détriment de la rigueur, de la constance et de la responsabilité ».

Au-delà des retards constatés, c’est surtout le manque de transparence qui est vivement critiqué. « L’absence d’information et le déficit de communication ne sont pas acceptables dans une démocratie moderne. Les citoyens ont droit à la vérité, à des explications claires et à un calendrier réaliste », insiste l’auteur de la lettre.

Pour rétablir la confiance et remettre le projet sur de bons rails, Ibrahima Socé adresse au ministre trois demandes précises :

Une explication publique et transparente des raisons des retards observés ; La fixation de nouveaux délais réalistes, assortis de mécanismes clairs de suivi ; Une action cohérente et équitable pour la livraison définitive des chantiers, « sans distinction de visibilité politique ».

Cette lettre ouverte, largement relayée sur les réseaux sociaux et portée à la connaissance de notre rédaction, intervient dans un contexte où les attentes des populations de Fatick et de Kaffrine autour de cette université sont particulièrement fortes. Elle pose, en filigrane, la question de la gestion des engagements publics et de la redevabilité des responsables politiques.

À l’heure où nous mettons sous presse, le ministère des Infrastructures n’a pas encore réagi officiellement aux accusations formulées par Ibrahima Socé.

Baisse du prix du riz brisé ordinaire : le kilogramme fixé à 300 FCFA à Dakar

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a officiellement annoncé, ce lundi 12 janvier 2026, une baisse significative du prix du riz brisé ordinaire, l’un des produits alimentaires les plus consommés au Sénégal. Désormais, le kilogramme est fixé à 300 francs CFA dans la région de Dakar, contre 350 francs CFA auparavant. Cette mesure, entrée en vigueur depuis le 6 janvier dernier, s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la protection du pouvoir d’achat des ménages.

Selon le communiqué du ministère, cette réduction concerne prioritairement la région de Dakar, principal pôle de consommation du pays. Pour les autres régions, le prix du riz brisé ordinaire sera ajusté en tenant compte d’un différentiel de transport. Ce mécanisme vise à intégrer les coûts logistiques spécifiques à chaque zone du territoire. Les conseils régionaux de la consommation auront la charge de définir ces ajustements afin d’assurer une application équitable et réaliste de la nouvelle grille tarifaire.

Les autorités ont tenu à rappeler avec fermeté l’obligation, pour l’ensemble des acteurs de la chaîne de distribution — importateurs, grossistes et détaillants — de respecter scrupuleusement ce nouveau prix homologué. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Gueye Diop, a souligné que des opérations de contrôle renforcées seront menées sur les marchés afin de garantir l’effectivité de la mesure. Tout contrevenant s’exposera à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur, a-t-il averti, insistant sur la tolérance zéro face aux pratiques spéculatives.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une forte sensibilité des populations aux variations des prix des denrées de première nécessité. Le riz brisé ordinaire occupant une place centrale dans l’alimentation quotidienne des ménages, sa baisse est perçue comme un signal fort de l’engagement de l’État à atténuer les effets du coût de la vie.

Diamniadio : les grévistes de l’hôtel Radisson expulsés de manière « forcée et brutale », selon le FRAPP

La tension est montée d’un cran ce lundi matin à Diamniadio, où les travailleurs grévistes de l’hôtel Radisson ont été délogés par la gendarmerie nationale après près de quatre mois de bras de fer avec leur direction. L’information a été rendue publique par le Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine (FRAPP), qui dénonce une intervention musclée des forces de sécurité et une atteinte aux droits des travailleurs.

Dans une déclaration rendue publique peu après les faits, le FRAPP affirme que l’opération s’est déroulée de manière « forcée et brutale », estimant qu’elle s’apparente à une répression injustifiée contre des employés engagés dans une lutte syndicale légitime. Selon le mouvement, les grévistes occupaient les lieux dans le cadre de leur mouvement de protestation, entamé il y a environ quatre mois, pour réclamer de meilleures conditions de travail et le respect de leurs droits sociaux.

Le FRAPP dit condamner « avec la plus grande fermeté » l’intervention de la gendarmerie, qu’il juge disproportionnée et contraire aux principes du dialogue social. L’organisation déplore ce qu’elle considère comme un usage de la force contre des travailleurs pacifiques, rappelant que le droit de grève est garanti par la Constitution sénégalaise et les conventions internationales ratifiées par le Sénégal, notamment celles de l’Organisation internationale du Travail (OIT).

Toujours selon le mouvement panafricain, cette expulsion risque d’aggraver un climat social déjà tendu et d’éloigner toute perspective de règlement négocié du conflit. Le FRAPP appelle les autorités administratives et le ministère du Travail à s’impliquer davantage afin de favoriser une médiation entre la direction de l’hôtel et les représentants des travailleurs, dans le but de parvenir à une issue équitable et durable.

Face à cette situation, le FRAPP a annoncé qu’il ne comptait pas en rester là. Le mouvement se dit « mobilisé et vigilant » quant à l’évolution du dossier et aux éventuelles suites judiciaires ou sécuritaires qui pourraient viser les grévistes expulsés. Il prévient qu’il suivra de près toute procédure engagée contre les travailleurs et se réserve le droit d’initier ou de soutenir des actions de solidarité pour défendre ce qu’il considère comme une cause juste.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de l’hôtel Radisson de Diamniadio ni des autorités administratives n’a été rendue publique. En attendant, cette expulsion relance le débat sur la gestion des conflits sociaux dans le secteur privé et sur l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits fondamentaux des travailleurs au Sénégal.

Dette intérieure et chantiers à l’arrêt : le cri du cœur des géants du ciment pour sauver l’industrie nationale

Pilier stratégique de l’économie sénégalaise, l’industrie du ciment traverse une zone de fortes turbulences. Longtemps portée par le dynamisme du secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP), elle subit aujourd’hui de plein fouet les effets combinés de l’arrêt de nombreux chantiers publics, de l’accumulation d’une dette intérieure colossale et du ralentissement de la demande locale. Face à cette situation jugée critique, les principaux acteurs du secteur, notamment Sococim, Dangote Cement et Cimaf, tirent la sonnette d’alarme et appellent l’État à des mesures urgentes pour éviter une crise durable aux conséquences économiques et sociales majeures.

Depuis près de deux ans, le secteur du BTP connaît une contraction brutale au Sénégal. La suspension ou l’arrêt de plusieurs projets publics, décidés par les autorités dans un souci de bonne gouvernance, de transparence et de réévaluation des engagements financiers de l’État, a provoqué un véritable choc pour l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. L’industrie cimentière, fortement dépendante de la commande publique et de l’activité des entreprises du BTP, figure parmi les premières victimes de ce ralentissement.

Les chiffres traduisent l’ampleur de la crise. Selon le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), la contribution fiscale du secteur du ciment est passée de 109 milliards de francs CFA à 104 milliards en 2024. Une baisse significative qui s’explique par la chute de la production et des ventes, mais aussi par la diminution des recettes issues de la TVA et de la taxe sur le ciment. L’année 2025 s’achève sur un tableau encore plus sombre, avec un manque à gagner pour le Trésor public estimé à plus de 6 milliards de francs CFA. Un paradoxe, alors même que la capacité de production du pays n’a jamais été aussi élevée.

Pour les industriels, la décision de suspendre les chantiers publics a constitué un véritable traumatisme. « La suspension des projets a été un choc exogène pour le secteur. Si les intentions de transparence sont louables, les effets économiques sont considérables », a expliqué Ousmane Mbaye, Directeur général de Dangote Cement Sénégal et Président de la Chambre des Mines, dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, l’arrêt brutal de la commande publique a désorganisé toute la filière, entraînant une baisse drastique de la demande de ciment et mettant sous pression les capacités financières des entreprises.

Cette situation est aggravée par l’ampleur de la dette intérieure de l’État envers les entreprises du BTP. Les créances impayées sont estimées à plus de 300 milliards de francs CFA. Une somme colossale qui asphyxie les entreprises de construction, incapables d’honorer leurs engagements auprès des cimenteries. Cette spirale de non-paiement fragilise l’ensemble de l’écosystème, depuis les producteurs de ciment jusqu’aux sous-traitants, en passant par les transporteurs et les fournisseurs de services.

À cela s’ajoute un déséquilibre structurel du marché. Le Sénégal dispose aujourd’hui d’une capacité de production installée d’environ 15 millions de tonnes de ciment par an, alors que la demande locale plafonne à 7 millions de tonnes. Cette surcapacité, autrefois compensée par les exportations vers les pays voisins, ne trouve plus de débouchés suffisants. La fermeture quasi totale du marché gambien, consécutive à une hausse spectaculaire de 500 % des droits de douane, ainsi que l’instabilité sécuritaire persistante au Mali, ont réduit à néant les soupapes de sécurité à l’exportation dont disposaient les industriels.

Pourtant, les acteurs du secteur rappellent les efforts considérables consentis ces dernières années. En cinq ans, l’industrie cimentière a injecté plus de 600 milliards de francs CFA dans l’économie nationale et généré environ 5 000 emplois directs. Sococim, par exemple, a investi près de 220 milliards de francs CFA en quatre ans pour moderniser son outil de production. Malgré ces investissements lourds, l’entreprise a enregistré une baisse de chiffre d’affaires proche de 30 % entre 2024 et 2025. Cimaf Sénégal, qui a mobilisé environ 160 milliards de francs CFA, fait face à un marché en net recul. « On n’a jamais connu deux années consécutives aussi difficiles. C’est inédit dans l’histoire du pays », s’est désolé El Hadji Seck, Directeur général de la Sococim.

Dans ce contexte tendu, l’incertitude autour des discussions entre l’État du Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) pèse lourdement sur le climat des affaires. Les industriels redoutent un attentisme prolongé qui freinerait les décisions d’investissement et retarderait la reprise de l’activité économique.

Pour sortir de l’impasse, les cimentiers interpellent directement les autorités et formulent des propositions jugées vitales pour la survie du secteur. Ils plaident en priorité pour l’apurement intégral de la dette intérieure, condition indispensable pour redonner de l’oxygène aux entreprises du BTP et relancer la demande. Ils appellent également à la reprise rapide des grands chantiers publics structurants, moteurs traditionnels de la croissance et de l’emploi, ainsi qu’à une meilleure protection de l’industrie locale face aux chocs extérieurs et aux distorsions commerciales régionales.

« Tant qu’on ne règle pas le problème de la dette intérieure, on ne peut pas relancer la machine », a averti Mohammed Bennis, Directeur général de Cimaf Sénégal. Pour les industriels du ciment, l’enjeu dépasse désormais la simple survie des entreprises : il s’agit de préserver un secteur stratégique pour le développement du pays, la stabilité de l’emploi et les recettes fiscales de l’État. Sans une réponse rapide et structurée, préviennent-ils, les conséquences pourraient se faire sentir durablement sur l’ensemble de l’économie nationale.

Affaire Softcare : entre controverse sanitaire, enjeux politiques et intérêts économiques

L’affaire Softcare a éclaté le 8 décembre 2025, suscitant une vive émotion dans l’opinion publique sénégalaise. L’Agence sénégalaise de la Réglementation Pharmaceutique (ARP) a annoncé, à cette date, la suspension de la commercialisation des couches et serviettes hygiéniques de la marque Softcare. Cette décision faisait suite à une inspection menée dans l’usine de production de l’entreprise située à Sindia, dans la région de Thiès. Selon le communiqué adressé aux professionnels de santé et aux associations de consommateurs, des matières premières périmées avaient été identifiées dans le circuit de fabrication des produits destinés aux bébés, enfants et femmes, situation jugée suffisamment grave pour justifier un retrait immédiat des produits du marché, au nom de la protection de la santé publique.

L’ARP a précisé que la suspension resterait en vigueur jusqu’à ce que l’entreprise mette son processus de fabrication en conformité, assurant ainsi la sécurité des utilisateurs. L’agence a invité les professionnels de santé à relayer l’information et à faire preuve de vigilance face à ces produits. Une semaine plus tard, l’ARP est revenue sur sa décision, affirmant que les matières périmées n’avaient finalement pas été utilisées dans la production des couches et serviettes hygiéniques.

La polémique a rapidement enflammé les réseaux sociaux, au point de contraindre Softcare à rompre le silence. Dans un communiqué publié le 22 décembre 2025, l’entreprise a rejeté les accusations et dénoncé ce qu’elle qualifie de « diffamation, dénonciations malveillantes et rumeurs infondées », largement relayées sur les réseaux sociaux.

Dans le même temps, le député Guy Marius Sagna a exprimé ses doutes quant à la crédibilité du Directeur général de l’ARP. Lors du dépôt collectif de lettres de protestation au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, il a rappelé qu’en mars 2025, il avait déjà interrogé le ministre de la Santé sur d’éventuelles accusations antérieures concernant le responsable de l’ARP, question restée sans réponse. Selon lui, ce silence institutionnel alimente la défiance et affaiblit la confiance des citoyens dans le système de régulation pharmaceutique. Il a appelé à plus de transparence et à des décisions fortes afin que la santé publique demeure la priorité.

Cependant, cette critique ignore l’existence d’une enquête officielle déjà en cours. Une mission conjointe composée d’experts du ministère de la Santé, du ministère du Commerce et de représentants de l’Assemblée nationale a débuté ses investigations dans l’usine de Softcare le 7 janvier 2026. Le ministère de la Santé a réaffirmé que cette mission travaille à établir les faits et que le public serait informé des résultats dès que le rapport final sera soumis.

Parallèlement, trois députés de la 15ᵉ législature ont demandé à la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale l’audition du Directeur général de l’ARP. Cette démarche, réalisée avant la conclusion de la mission officielle, soulève des interrogations sur la cohérence et les motivations derrière cette initiative parlementaire. Certains y voient une tentative d’instrumentalisation de l’affaire à des fins politiques ou commerciales.

L’affaire Softcare pose donc des questions plus larges que la seule problématique sanitaire. Dès le départ, la situation aurait dû suivre un processus administratif classique : inspection, rapport technique, mesures correctives et communication officielle. Mais la rapidité avec laquelle l’affaire a été médiatisée, avant même la validation des conclusions par les autorités, a transformé ce contrôle sanitaire en un sujet de controverse intense.

La prise de parole des pharmaciens inspecteurs, contestant certains éléments des communiqués officiels, a marqué un tournant dans l’affaire et révélé un possible désaccord sur la gouvernance administrative plutôt que sur la sécurité sanitaire elle-même. Dans ce contexte, Softcare a également dû gérer la diffusion sur les réseaux sociaux de lettres authentiques de ses employés, exprimant inquiétude et anxiété face à la polémique. L’entreprise a rappelé son engagement envers ses employés et a demandé au public de se baser uniquement sur les conclusions officielles de l’enquête en cours.

Au-delà de l’aspect sanitaire et de l’impact médiatique, l’affaire Softcare a aussi des répercussions économiques et sociales. L’entreprise emploie directement plus de 500 personnes et soutient indirectement des milliers de familles. Toute mise en cause injustifiée risque donc de déstabiliser non seulement l’entreprise, mais aussi de nombreux citoyens et leurs familles.

Enfin, certains observateurs estiment que l’affaire pourrait refléter des intérêts cachés et des rivalités commerciales. L’expansion de Softcare sur le marché pourrait menacer d’autres acteurs économiques, tandis que des tensions internes à l’ARP pourraient également jouer un rôle dans l’escalade médiatique. Cette convergence d’intérêts politiques et commerciaux soulève la question de savoir si la santé publique doit être instrumentalisée au profit de luttes de pouvoir ou de concurrence économique.

Mbour : un pêcheur paralysé pendant 10 ans accuse son frère de détournement de 55 millions FCfa

Mbour – Une histoire de trahison familiale secoue la Petite-Côte. O. Sarr, pêcheur réputé, a passé dix ans immobilisé par une paralysie, avant de découvrir que son propre frère, I. Sarr, avait profité de son état pour s’approprier son business et vendre ses outils de travail.

En 2016, O. Sarr confie à son frère une pirogue équipée d’une valeur de 13 millions FCfa, avec un accord basé sur la confiance et le partage des bénéfices estimés à 4 millions FCfa par semaine. Mais très vite, le destin frappe : O. Sarr est paralysé et plongé dans un long calvaire médical, sa famille étant dans l’incapacité de financer ses soins.

Selon l’accusation, I. Sarr aurait continué à exploiter la pêche pendant dix ans sans reverser le moindre centime à son frère, laissant l’épouse et les enfants d’O. Sarr dans la misère. Pire encore, il aurait vendu la pirogue et tout le matériel de pêche, sous prétexte de régler ses propres dettes.

« J’ai perdu tout espoir de le voir guérir », a reconnu I. Sarr à la barre, justifiant ainsi son geste. Pour O. Sarr, ce comportement constitue une trahison inacceptable. Il réclame aujourd’hui 55 millions FCfa de dommages et intérêts pour abus de confiance et détournement de biens.

Le procureur de la République a dénoncé un comportement opportuniste et sans scrupules. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré, et le verdict est attendu le 16 mars 2026.

Drame de l’émigration clandestine à Thiaroye : une femme et un enfant retrouvés morts dans une pirogue interceptée

La plage de Thiaroye a été le théâtre d’une macabre découverte, le samedi 10 janvier au matin, rappelant une fois de plus les dangers mortels liés à l’émigration clandestine par voie maritime. Une embarcation de fortune transportant une soixantaine de candidats à l’exil a été interceptée par les forces de l’ordre alors qu’elle se trouvait à proximité immédiate du rivage. À bord, les gendarmes ont découvert le corps sans vie d’une femme ainsi que celui d’un très jeune enfant.

Selon les informations recueillies, c’est la brigade territoriale de Thiaroye qui est intervenue après avoir été alertée par la présence suspecte d’une pirogue semblant en difficulté en mer. L’embarcation, visiblement en situation de détresse, a été immobilisée avant qu’elle ne puisse poursuivre sa route. Les forces de sécurité ont aussitôt procédé à l’interpellation des passagers afin de leur porter assistance et de sécuriser la zone.

Le constat dressé par les autorités est particulièrement lourd. Parmi les migrants secourus, les agents ont découvert le corps d’une femme, qui aurait succombé durant la traversée. D’après les premières indications, la victime serait de nationalité ghanéenne. Les circonstances exactes de son décès n’ont pas encore été établies, mais l’hypothèse d’un épuisement extrême ou de complications liées aux conditions de voyage est envisagée.

La présence d’un enfant âgé d’à peine trois ans parmi les passagers a profondément choqué les forces de l’ordre et les riverains, nombreux à assister au débarquement des survivants sur la plage. La vision de ce groupe de migrants, marqués par la fatigue, la peur et le deuil, a provoqué une vive émotion au sein de la population locale. Si l’état de santé global des autres passagers n’a pas été officiellement communiqué, plusieurs d’entre eux semblaient éprouvés par les conditions éprouvantes de la traversée.

Pour l’heure, de nombreuses zones d’ombre subsistent autour de cette tentative d’émigration. Les autorités cherchent à déterminer s’il s’agissait d’un départ avorté depuis les côtes sénégalaises ou d’une embarcation en dérive après avoir passé plusieurs jours en mer. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie afin d’identifier les organisateurs de ce voyage clandestin, retracer l’itinéraire de la pirogue et établir avec précision les causes du décès de la ressortissante ghanéenne, rapporte iRadio.

Patrimoine et mémoire : le Khalife Thierno Madani Tall en visite officielle au musée du quai Branly–Jacques Chirac

Le Khalife Thierno Madani Tall a conduit une délégation sénégalaise en visite officielle au musée du quai Branly–Jacques Chirac, à Paris, dans le cadre d’une démarche majeure visant à préserver, valoriser et transmettre un patrimoine historique et spirituel d’une importance capitale pour le Sénégal et, au-delà, pour l’histoire africaine. Cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer l’accès au savoir, à la mémoire et aux sources documentaires liées à des figures emblématiques de l’histoire religieuse et politique de l’Afrique de l’Ouest.

La visite a été organisée à l’initiative de Mamadou Ly, ancien sénateur des Sénégalais de l’extérieur et président de l’association Renaissance, engagé de longue date dans la promotion de la mémoire historique et du dialogue culturel entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. À son arrivée, la délégation a été accueillie par Julien Vandriessche, conseiller auprès du président du musée, et par Gaëlle Beaujean, responsable des collections Afrique, qui ont assuré l’encadrement scientifique et institutionnel des échanges.

Outre le Khalife Thierno Madani Tall, la délégation comprenait également le Khalife Thierno Amadou Tidiane Ba ainsi que plusieurs collaborateurs et personnalités impliquées dans les questions de patrimoine et de transmission culturelle. Les discussions se sont déroulées dans un climat marqué par l’écoute, le respect mutuel et la reconnaissance partagée de la valeur historique, culturelle et spirituelle des objets et documents consultés.

La visite a principalement porté sur les archives et les inventaires relatifs aux objets liés à El Hadj Oumar Tall, figure centrale de l’histoire religieuse et politique du XIXᵉ siècle en Afrique de l’Ouest, dont une partie du patrimoine matériel est aujourd’hui conservée dans les collections nationales françaises. L’attention de la délégation ne s’est pas limitée aux objets eux-mêmes, mais s’est élargie à l’ensemble de la documentation associée, notamment les rapports, les inventaires photographiques et les sources historiques, considérés comme des éléments essentiels à la recherche, à la compréhension du contexte historique et à la transmission du savoir.

Les responsables du musée ont, à cette occasion, présenté le cadre institutionnel et scientifique qui régit l’accès aux collections. Ils ont insisté sur les exigences strictes en matière de conservation, de traçabilité et de gestion responsable d’un patrimoine de portée mondiale. Ils ont également rappelé que le musée du quai Branly–Jacques Chirac abrite l’un des fonds africains les plus importants au monde, témoignant de la richesse, de la diversité et de la profondeur des civilisations du continent africain.

De son côté, la délégation sénégalaise a mis en avant la dimension mémorielle, pédagogique et culturelle de cette démarche. Pour ses membres, l’accès aux archives et aux inventaires ne constitue pas seulement un enjeu académique, mais un outil stratégique pour renforcer la recherche historique, favoriser la transmission intergénérationnelle et nourrir la réflexion des intellectuels, chercheurs et créateurs contemporains. Le patrimoine est ainsi envisagé comme un héritage vivant, porteur de continuité, de sens et d’inspiration pour les générations présentes et futures.

Podor – PNV de Mamoudou Seydou Sall : une ambition locale qui bouscule les équilibres politiques

À Podor, le paysage politique local pourrait connaître de nouveaux bouleversements. Avec la montée en puissance du mouvement Podor Nouvelle Vision (PNV), son président Mamoudou Seydou Sall s’impose progressivement comme un acteur à surveiller dans un département longtemps marqué par des dynamiques politiques classiques et par des attentes sociales demeurées sans réponses structurelles.

Dans un contexte où la pression sociale s’accentue — chômage des jeunes, accès difficile à la terre, insuffisances du système sanitaire — le discours de Mamoudou Seydou Sall tranche avec les approches traditionnelles. Il mise sur une rhétorique de rupture, axée sur la responsabilité locale, la valorisation des ressources endogènes et une gouvernance de proximité.

Une trajectoire administrative au service d’un projet politique

Ancien étudiant de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et diplômé de l’École nationale d’Administration (ENA), Mamoudou Seydou Sall s’appuie sur son parcours dans l’administration publique pour asseoir sa crédibilité politique. Son passage dans différents services à Thiès et à Dakar lui permet aujourd’hui de revendiquer une double légitimité : celle du technicien de l’État et celle de l’acteur profondément enraciné dans les réalités du Fouta.

Originaire de Donaye, il cultive l’image d’un cadre revenu au bercail, un profil qui séduit une frange de la population lassée des promesses électorales sans lendemain.

PNV, entre mouvement citoyen et machine électorale

Fondé en 2022, le PNV se présente officiellement comme un mouvement citoyen. Toutefois, à mesure que les échéances électorales approchent, il s’affirme de plus en plus comme une structure politique en construction, cherchant à transformer l’engagement social en capital électoral.

Les actions sociales menées dans plusieurs communes du département — soutien aux écoles, appui aux structures sanitaires, dotations en équipements sportifs — apparaissent, aux yeux de certains observateurs, comme les prémices d’une stratégie d’implantation territoriale. Une méthode assumée par le leader du mouvement, qui défend une approche fondée sur le principe de « l’action avant l’élection ».

La question foncière et agricole, un terrain hautement politique

En plaçant au cœur de son discours la réforme de la loi foncière de 1964, Mamoudou Seydou Sall s’attaque à l’un des sujets les plus sensibles du département. Dans une zone où l’accès à la terre conditionne l’emploi, la stabilité sociale et la souveraineté alimentaire, cette prise de position est susceptible de redéfinir les rapports entre populations rurales, autorités locales et investisseurs.

Le plaidoyer pour une meilleure exploitation du fleuve Sénégal, ainsi que l’idée de la création éventuelle d’une région de Podor, inscrivent également le PNV dans une dynamique de revendication territoriale, susceptible d’alimenter le débat national sur la décentralisation.

Alliances tactiques et indépendance stratégique

Sur le plan politique, le PNV se dit ouvert aux alliances, sans pour autant renoncer à son identité. Le mouvement revendique une liberté stratégique, refusant toute logique d’alignement automatique. Une posture qui lui permet de dialoguer avec différents camps tout en conservant une marge de manœuvre en perspective des prochaines élections locales.

Cette position pourrait faire du PNV un faiseur de rois dans certaines communes, ou au contraire un concurrent direct des formations politiques traditionnelles.

Vers une recomposition du pouvoir local ?

Avec l’ambition affichée de conquérir des mairies, des sièges au conseil départemental et d’influencer les politiques publiques locales, Mamoudou Seydou Sall ne cache plus ses intentions. À Podor, son discours résonne comme un appel à la reconfiguration du leadership local, porté par une génération de cadres administratifs décidés à transformer leur expertise technique en pouvoir politique.

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