Sénégal : le numérique pourrait générer 1100 milliards FCFA et 280 000 emplois d’ici 2030

Le Sénégal avance à grands pas vers une nouvelle ère numérique, mais le chemin reste semé d’obstacles à lever pour exploiter pleinement son potentiel. C’est ce que révèle le dernier rapport de la GSMA, présenté ce vendredi lors du « Digital Africa Summit Senegal ». Selon cette étude, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 1 100 milliards FCFA de valeur économique supplémentaire et créer 280 000 emplois d’ici 2030, à condition de mener des réformes ciblées et urgentes dans les domaines clés de l’accessibilité, des compétences numériques et du cadre réglementaire.

Le rapport met en avant une contradiction marquante : le Sénégal dispose d’une infrastructure mobile avancée, avec une couverture 4G estimée à 97 % et une couverture 5G qui atteint déjà 39 %, mais malgré ces performances, une grande partie de la population n’utilise pas Internet mobile. Selon la GSMA, 54 % des Sénégalais vivant en zone couverte ne se connectent pas, un écart d’usage parmi les plus élevés de la région.
Les raisons de cette situation sont multiples, mais la principale est économique. Le coût d’un smartphone d’entrée de gamme représente environ 19 % du PIB mensuel par habitant, ce qui constitue un frein majeur pour les ménages à faibles revenus. À cela s’ajoutent des lacunes en compétences numériques et plusieurs obstacles réglementaires qui compliquent l’accès à la connectivité.

Angela Wamola, Directrice Afrique de la GSMA, a rappelé que le Sénégal « dispose de tous les ingrédients pour devenir l’une des économies numériques les plus dynamiques d’Afrique », tout en soulignant que des millions de personnes restent en marge du numérique faute de moyens, d’accompagnement ou d’un environnement juridique suffisamment moderne.

Pour lever ces obstacles, la GSMA encourage une collaboration plus étroite entre le secteur privé, le ministère et les autorités de régulation. Angela Wamola a insisté sur l’importance de renforcer les infrastructures stratégiques, de développer les compétences numériques à grande échelle et d’accélérer la mise en place d’une stratégie nationale d’intelligence artificielle. Selon elle, ces actions cumulées permettront au Sénégal non seulement de rattraper son retard, mais de consolider sa place parmi les leaders africains du numérique.

Une annonce majeure est venue du ministère des Finances et du Budget, qui a dévoilé l’élaboration en cours d’un nouveau cadre fiscal. Celui-ci sera formalisé prochainement par une révision du Code général des Impôts et du Code des Douanes.
Selon Malan Faty, représentant le ministre, cette réforme reposera sur une distinction entre la fiscalité de rendement, destinée à garantir la stabilité budgétaire, et une fiscalité de développement, destinée à accompagner l’innovation et l’investissement dans les technologies.

Il a assuré que « le Sénégal ne fera jamais le choix d’une fiscalité punitive », affirmant que le pays préfère une fiscalité qui soutient l’écosystème numérique et les ambitions industrielles, notamment dans le cadre du « New Deal Technologique 2034 » et de la « Vision Sénégal 2050 ».

Le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Aliou Sall, a souligné que le pays dispose de bases solides mais doit désormais passer à une phase supérieure : celle de l’appropriation. Il ne s’agit plus seulement d’être connectés, mais d’utiliser le numérique comme un levier d’opportunités économiques, de modernisation de l’administration et de souveraineté nationale.

Selon lui, la stratégie du « New Deal Technologique », impulsée par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, vise notamment à porter la contribution du numérique à 15 % du PIB national d’ici 2035 et à assurer une connectivité universelle.
Dans cette dynamique, son département s’est engagé à actualiser le Code des communications électroniques afin de créer un cadre réglementaire agile, capable de protéger les infrastructures critiques, de rassurer les investisseurs et de mieux réguler l’utilisation croissante des données.

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) a également exposé sa vision stratégique. Son directeur, Dahirou Thiam, a rappelé que la régulation n’est plus uniquement une fonction administrative, mais un outil de souveraineté indispensable à la croissance économique.
L’ARTP entend moderniser le marché en anticipant les déséquilibres, en encourageant une concurrence saine et en garantissant une protection accrue des consommateurs. La sécurisation des investissements constitue également une priorité, notamment à travers le partage des infrastructures et la gestion des ressources rares telles que les fréquences et les données, considérées comme des actifs souverains nécessitant une gouvernance stricte.

La dynamique en cours est soutenue par des initiatives complémentaires, comme le lancement du nouveau Start-Up Act, destiné à soutenir l’entrepreneuriat technologique et à encourager l’innovation locale. Selon les prévisions de l’ARTP, l’ensemble des mesures en préparation pourrait générer une hausse des recettes nationales de 417 milliards FCFA, tout en améliorant durablement les conditions de vie des populations.

Avec l’alliance du secteur privé, de la GSMA, de l’État et des acteurs de la régulation, le Sénégal s’engage dans une transformation profonde. Le pays ambitionne de devenir un véritable laboratoire de solutions digitales, capable d’inspirer le continent africain et de consolider sa souveraineté technologique dans un monde en mutation rapide.

Rufisque: Le CFP réclame la restitution d’une surface pour décongestionner son effectif pléthorique.

Tout est partie du titre foncier n= 321 de l’Etat du Sénégal attribué par le décret n=97-910 du 22 Aout 1997 qui a été affecter au CFP en 2000 dont l’école des postes a occuper(sous louer aux commerçants) illégalement selon la direction du CFP.

‎Le centre de formation professionnel de Rufisque qui dispense des modules pratiques dans la cuisine,couture et coiffure s’est confronter à un effectif pléthorique évoluant dans un atmosphère d’apprentissage très difficile.

‎C’est de là que la direction a senti le besoin d’élargir son espace pour mieux accueillir d’élèves mais heurter a l’occupation « illégale » de cette surface par l’école des postes de Rufisque de surcroît pour les louer a des commerçants.

‎Devant ce fait la direction du CFP demande à l’Etat la récupération intégrale du terrain afin de permettre la construction d’infrastructures adaptées pour garantir une formation de qualité, diversifiée et accessible à tout les jeunes de Rufisque.

Rufisque: Le CFP réclame la restitution d'une surface pour décongestionner son éffectif pléthorique.

Détournement à l’agence CBAO de Bakel : un nouveau suspect arrêté à Dakar

L’enquête sur le vaste scandale de détournement de fonds à l’agence CBAO de Bakel poursuit son cours et vient de connaître un tournant majeur. La Direction spéciale de cybersécurité (DSC) a procédé à l’arrestation de A. Sow à Dakar, un ancien superviseur de l’agence, cité dans l’affaire aux côtés de son ex-collègue A. Diébakhaté, déjà incarcéré à Tambacounda. Les deux employés sont désormais au cœur d’un dossier qui secoue l’établissement bancaire et suscite de nombreuses interrogations sur les failles internes.

Déféré au parquet, A. Sow fait face à une série de chefs d’accusation particulièrement lourds : association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écriture privée de banque, accès frauduleux à un système informatique et détournement de fonds. L’homme, qui avait travaillé comme superviseur avant d’être muté, rejoint ainsi son ancien collègue A. Diébakhaté, chargé de compte au moment des faits, dont l’arrestation avait marqué le premier acte de ce dossier sensible.

L’affaire avait éclaté le 20 novembre dernier lorsque les premiers éléments de l’enquête ont révélé que Diébakhaté avait détourné environ 130,9 millions de francs CFA. Des investigations approfondies menées par les services compétents ont ensuite permis d’identifier d’autres opérations frauduleuses portant sur 28,8 millions de francs CFA supplémentaires. Ces montants colossaux ont immédiatement attiré l’attention des enquêteurs, qui ont élargi leurs investigations pour déterminer l’ampleur réelle du réseau et l’implication éventuelle d’autres agents.

Selon les informations rapportées par Libération, les enquêteurs estiment que A. Sow aurait utilisé son code d’accès professionnel pour effectuer des retraits sur le compte d’une cliente décédée. Cette hypothèse, considérée comme sérieuse par les enquêteurs, repose sur plusieurs traces informatiques et opérations suspectes. Toutefois, face aux accusations, Sow conteste fermement toute implication. Il affirme que son code aurait été piraté par Diébakhaté, qu’il présente comme l’unique responsable des détournements. Malgré ses dénégations, il aurait proposé un moratoire pour rembourser la banque, une démarche interprétée par certains comme une tentative d’atténuer la responsabilité présumée.

Kaolack – Festival International pour l’Éveil des Consciences : 25 jeunes formés à l’usage des drones pour lutter contre l’immigration irrégulière

La 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences a offert, ce jeudi 4 décembre 2025, une opportunité unique à vingt-cinq jeunes venus de plusieurs communes du Sénégal ainsi que de la diaspora. Réunis à l’Alliance Franco-Sénégalaise de Kaolack, ils ont pris part à un atelier de formation consacré à l’utilisation professionnelle des drones.

Cette initiative, portée par Ousmane Thioune — plus connu sous le nom de Jimane — à travers son GIE et soutenue par plusieurs partenaires engagés dans la création d’emplois et la lutte contre l’immigration irrégulière, vise à renforcer les compétences des jeunes afin de leur offrir des alternatives concrètes.

Former pour offrir des alternatives

« Nous sommes réunis à l’occasion de la 4ᵉ journée du festival pour une formation axée sur l’utilisation de drones, une formation qui va durer deux jours », explique Ousmane Thioune. Selon lui, ce renforcement de capacités s’inscrit pleinement dans la stratégie de prévention de l’immigration irrégulière, un phénomène qui continue de décimer la jeunesse africaine.

« Nous sommes à l’ère du numérique et de l’audiovisuel. C’est pourquoi nous avons choisi ce module », ajoute-t-il, insistant sur l’importance de doter les jeunes de compétences modernes et adaptées aux exigences du marché.

Le drone, un outil d’avenir

Longtemps perçus comme des symboles futuristes, les drones sont aujourd’hui devenus des outils de développement incontournables. À travers le monde, ils modernisent des secteurs aussi variés que l’agriculture, la santé, la sécurité, l’environnement ou encore l’éducation.

Dans les zones rurales, ils constituent un appui essentiel pour les agriculteurs. Ils permettent notamment de surveiller les champs, d’évaluer les dégâts causés par les inondations ou encore de détecter les feux de brousse. « Les drones sont les yeux du ciel », souligne Ousmane Thioune.

Cette année, le nombre de bénéficiaires a été élargi à des jeunes issus de communes voisines comme Gandiaye, Mbadakhoune ou Nioro du Rip, mais aussi à des participants venus de Ziguinchor et de France.

Lutter contre un drame silencieux

Concernant l’immigration irrégulière, un grand concert sera prochainement organisé en collaboration avec les artistes de Kaolack. Jimane rappelle l’ampleur d’un phénomène qu’il qualifie de « drame humain silencieux ». « Entre espoir et désillusion, des milliers de vies se brisent dans le désert, dans les prisons clandestines ou en mer », déplore-t-il.

Face à ce fléau, son association entend poursuivre et intensifier les actions de sensibilisation, tout en proposant de véritables alternatives économiques aux jeunes. Pour lui, c’est la seule voie possible vers un changement durable.

Un festival tourné vers l’impact social

Le Festival International pour l’Éveil des Consciences confirme ainsi sa vocation : éveiller, former et transformer. À travers cette formation à l’utilisation des drones, les organisateurs ambitionnent non seulement de renforcer l’employabilité des jeunes, mais également de contribuer à bâtir une société où l’innovation devient un levier contre la précarité et l’exode clandestin.

Crise à l’UCAD : le Collectif des Amicales engagé dans des négociations avec les autorités

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) traverse depuis plusieurs semaines une crise qui perturbe fortement le fonctionnement de l’institution. Face à cette situation, le Collectif des Amicales de l’UCAD a entrepris des démarches pour engager un dialogue constructif avec les autorités sénégalaises et trouver une issue favorable aux revendications des étudiants.

Mercredi 3 décembre, les représentants du Collectif ont été reçus par le Président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, ainsi que par le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom. Ces rencontres s’inscrivent dans le cadre d’une tentative de médiation visant à apaiser les tensions sur le campus et à proposer des solutions concrètes aux problèmes soulevés par les étudiants, notamment ceux concernant les formations de Masters 1 et 2.

Dans son communiqué, le Collectif a également indiqué avoir eu des échanges en ligne avec le Premier ministre, Ousmane Sonko, qui a affirmé sa disponibilité à trouver une solution durable à la crise et à travailler à la stabilité de l’université. Les discussions ont porté sur plusieurs points cruciaux, notamment l’amélioration des conditions d’étude, la réforme des programmes d’enseignement, ainsi que la prise en charge des problèmes sociaux auxquels sont confrontés les étudiants.

Si une partie des revendications étudiantes a pu trouver une issue favorable, le Collectif précise que la majorité des points reste encore en discussion. Malgré cela, l’organisation estudiantine réaffirme son engagement envers la communauté universitaire et encourage les étudiants à rester mobilisés pour obtenir satisfaction à leurs demandes. Par ailleurs, le Collectif dénonce les récentes violations des franchises universitaires, rappelant la nécessité de respecter le cadre légal et institutionnel de l’université.

Crise universitaire : le ratio enseignants-chercheurs/étudiants au cœur des tensions

Par Fara Mbodji, Réseau des alumnis de l’Université Alioune Diop de Bambey (RA. UAD-B)

La crise qui secoue actuellement les universités sénégalaises continue de provoquer une vive inquiétude au sein de la communauté éducative et chez les étudiants. Alors que les mouvements d’humeur se multiplient sur les campus, de plus en plus de voix soulignent que la question des bourses, bien qu’importante, ne constitue qu’une facette d’un problème beaucoup plus profond et structurel. Au centre de cette crise se trouve le ratio enseignants-chercheurs/étudiants, jugé alarmant par de nombreux observateurs.

Selon les données disponibles, le Sénégal dispose actuellement d’un enseignant-chercheur pour environ 80 étudiants. Ce chiffre ne prend même pas en compte les vacataires et reste très éloigné des standards internationaux, où un encadrement plus rapproché est la norme pour garantir un enseignement de qualité. Cette disproportion a des conséquences directes sur la réussite académique, car elle limite les interactions entre étudiants et enseignants et compromet l’acquisition de connaissances solides.

Le gouvernement a annoncé son intention de recruter 500 nouveaux enseignants afin de réduire ce déséquilibre. Toutefois, de nombreux experts estiment que cette initiative reste largement insuffisante face à l’ampleur des besoins. « Le gouvernement fait semblant de faire des efforts, mais cela ne suffit pas pour combler le gap », déplore un responsable étudiant, mettant en lumière le sentiment général de frustration qui règne dans les universités. Pour les spécialistes de l’enseignement supérieur, seule une stratégie ambitieuse, cohérente et pérenne pourra réellement inverser cette tendance et améliorer la qualité de l’éducation.

Par ailleurs, il existe un lien direct entre la question des bourses et celle de l’encadrement académique. Les étudiants bénéficiaires de bourses, tout comme leurs camarades, ont le droit de recevoir un enseignement de qualité. Or, la garantie de cette qualité ne saurait se limiter à la seule distribution des bourses ; elle implique un renforcement massif des ressources humaines et matérielles des universités publiques.

Face à cette situation, les étudiants appellent l’État à placer la réforme du système d’encadrement académique au rang de priorité nationale. Ils demandent des mesures structurelles capables de répondre aux défis actuels et futurs d’un enseignement supérieur en pleine expansion, afin de prévenir l’aggravation de la crise.

Pour l’heure, tous les regards restent tournés vers le gouvernement, qui est attendu sur des actions concrètes pour sortir durablement les universités sénégalaises de cette impasse et garantir un enseignement supérieur de qualité pour tous.

Ziguinchor : Un convoyeur arrêté pour trafic de migrants et escroquerie de 60 millions FCFA

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNTL) de Ziguinchor a déféré devant le parquet financier Djibril Seck, un individu poursuivi pour « association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants et escroquerie ». Ce dernier est accusé d’avoir escroqué près de 60 millions de FCFA à 110 personnes de différentes nationalités, dont des Sénégalais, des Sierra-Léonais, des Gambiens, des Bissau-Guinéens et des Guinéens.

Selon les informations recueillies, l’arrestation de Djibril Seck fait suite à une dénonciation collective enregistrée en mars 2025 auprès de l’antenne régionale de la DNTL de Ziguinchor. Les victimes ont affirmé avoir été trompées par un prétendu voyage vers l’Espagne via la Gambie. Chacune d’elles aurait versé entre 400 000 et 60 000 FCFA, pour un total avoisinant 60 millions FCFA, désignant Djibril Seck comme l’organisateur principal du voyage.

Le mis en cause avait conduit plusieurs candidats à la migration irrégulière sur la plage de Goumel, à Ziguinchor, où il leur aurait montré une pirogue qu’il présentait comme l’embarcation destinée à les conduire en Gambie, avant de les acheminer vers les côtes espagnoles. Cette mise en scène visait à renforcer sa crédibilité et à dissiper tout doute chez les candidats.

Une fois arrivés à Banjul, les migrants ont été pris en charge par un complice de Djibril Seck, chargé de leur hébergement dans le quartier résidentiel de Yaram Bamba. Après deux mois passés dans des conditions précaires, les migrants ont été interpellés par la police d’immigration gambienne, tandis que les organisateurs prenaient la fuite en emportant la totalité des fonds perçus.

Les victimes ont soutenu que l’arrestation initiale à Banjul avait été orchestrée par Djibril Seck et ses complices, de nationalités sénégalaise, gambienne et bissau-guinéenne, afin de créer un prétexte à sa disparition et de conserver frauduleusement l’argent collecté, sans jamais avoir eu l’intention d’organiser un véritable voyage vers l’Espagne.

Après six mois de cavale à Saint-Louis, Djibril Seck a été interpellé et a reconnu les faits. Il a également donné les noms de ses complices, précisant que chacun avait un rôle bien défini dans le recrutement et l’hébergement des candidats à la migration. Concernant l’utilisation des fonds, il a indiqué avoir dépensé 10 millions pour la construction d’une maison en cours de réalisation, 6 millions pour l’achat d’une pirogue et deux moteurs de marque « Yamaha », ainsi que 4 millions pour les frais d’hébergement et d’alimentation. Les 25 millions restants auraient été consacrés à diverses dépenses. Toutefois, le mis en cause n’a pas été en mesure de justifier l’écart entre les 60 millions FCFA initialement perçus et les 25 millions déclarés, ni d’identifier les victimes auxquelles il aurait prétendument remboursé une partie de l’argent.

Affaire de trafic présumé de migrants : le maire de Jaxaay Parcelles placé sous contrôle judiciaire avec bracelet électronique

Le maire de la commune de Jaxaay Parcelles, située dans la banlieue dakaroise, Abdoul Aziz Diané, a été placé sous contrôle judiciaire avec port obligatoire d’un bracelet électronique. Cette mesure est intervenue à la suite de la décision du parquet de Pikine-Guédiawaye, qui a requis l’ouverture d’une information judiciaire dans l’affaire de trafic présumé de migrants impliquant l’élu local.

Selon des sources judiciaires, le maire Abdoul Aziz Diané et son secrétaire municipal avaient été interpellés le 26 novembre 2025 par la brigade de recherche de Keur Massar. Les enquêteurs les soupçonnent d’être impliqués dans un réseau de facilitation de départs irréguliers vers l’étranger, un phénomène qui continue de prendre de l’ampleur dans la région. Les chefs d’accusation portent sur « trafic de migrants » mais également sur « falsification de documents d’état civil », un élément qui alimente les inquiétudes quant à une possible exploitation des ressources administratives de la commune à des fins illégales.

D’après des sources proches du dossier, les enquêteurs cherchent à déterminer si des actes administratifs – notamment des extraits de naissance ou d’autres documents essentiels – auraient été délivrés ou modifiés dans le but de permettre à des candidats à l’émigration irrégulière d’obtenir des papiers facilitant leur déplacement ou leur embarquement.

Le placement sous bracelet électronique constitue une première mesure de restriction, en attendant que le juge d’instruction désigné approfondisse les investigations. Cette décision traduit également la volonté des autorités judiciaires de maintenir un contrôle strict sur les déplacements de l’élu, tout en évitant une détention provisoire immédiate.

L’affaire suscite de nombreuses réactions au sein de la commune et dans l’opinion publique, où le maire est une figure connue. Certains habitants expriment leur surprise, tandis que d’autres réclament que la lumière soit pleinement faite sur le dossier, dans un contexte où la lutte contre le trafic de migrants est devenue une priorité nationale en raison des nombreux drames survenus ces dernières années.

L’information judiciaire ouverte devra désormais établir les responsabilités, vérifier la matérialité des faits et déterminer l’éventuelle existence d’un réseau ou de complicités au sein de l’administration locale. En attendant, Abdoul Aziz Diané demeure présumé innocent, conformément au principe fondamental du droit pénal.

Cyberviolences à l’égard des femmes : L’APROFES lance deux jours de formation à Kaolack

À l’occasion de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, l’APROFES a organisé ce mercredi 3 décembre 2025, à son siège de Kaolack, un atelier de deux jours dédié à la lutte contre les violences numériques envers les femmes et les filles, avec le soutien de son partenaire Enabel.

Cette session de renforcement de capacités a réuni un public diversifié, majoritairement composé de femmes et de jeunes filles, parmi lesquelles des survivantes de violences, des relais communautaires ainsi que des bajenu gox engagées dans la prévention et la prise en charge des violences basées sur le genre.

Un thème crucial dans un espace numérique devenu hostile

Intervenant lors de la rencontre, Aminata Ly Bengbeng, psychologue clinicienne et militante féministe sénégalaise, a souligné la pertinence du thème retenu cette année :

« L’espace numérique est aujourd’hui fortement pollué pour les femmes et les filles. Il s’y développe beaucoup de cyberharcèlement, de stalking, de cybersexisme, qui freinent leur participation et leur expression. »

Elle a rappelé que ces formes de violences en ligne ont un impact massif sur la santé mentale, la sécurité et l’épanouissement des femmes à travers le monde. Selon elle, il est urgent de renforcer la prévention, la protection et l’accompagnement des victimes, tout en formant les acteurs communautaires afin de créer un environnement numérique plus sûr et plus équitable.

Un centre d’accueil toujours non fonctionnel : L’APROFES interpelle l’État

Au-delà de la formation, l’atelier a également servi de cadre de plaidoyer.

Ndèye Diagne Mbengue, coordonnatrice du Centre d’écoute et d’orientation de l’APROFES, a déploré la non-fonctionnalité du centre d’accueil pour victimes de violences, construit au niveau du district sanitaire de Kasnack grâce à Enabel.

« Ce centre a été inauguré il y a deux ans, mais reste malheureusement non opérationnel. Nous interpellons les autorités étatiques afin qu’il soit enfin mis en service, pour offrir un véritable espace d’accueil et de prise en charge aux femmes et filles victimes de violences. »

L’appel vise à garantir une prise en charge holistique des survivantes, incluant soutien psychologique, assistance sociale et accompagnement juridique.

Un engagement renouvelé pour la lutte contre les violences patriarcales

À travers cet atelier, l’APROFES réaffirme son engagement à lutter contre toutes les formes de violences patriarcales, tant dans l’espace physique que numérique. L’organisation compte poursuivre ses actions de sensibilisation, de formation et de plaidoyer pour renforcer la protection des femmes et des filles et promouvoir leurs droits fondamentaux.

Affrontements violents à l’UCAD : une journée de tension extrême entre étudiants et forces de l’ordre

La journée d’hier, mercredi, a été marquée par une explosion de violence au campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), transformé en véritable champ de bataille. Les affrontements, qui opposaient les étudiants aux forces de l’ordre, s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement de protestation réclamant le paiement des arriérés de bourses de l’année académique 2024-2025.

Selon les informations rapportées par le quotidien L’Observateur dans son édition de ce jeudi, le bilan de cette journée particulièrement agitée est lourd : onze policiers ont été blessés, dont deux officiers, tandis que dix étudiants ont été arrêtés. Les scènes de tension ont également entraîné la destruction de biens matériels, notamment plusieurs véhicules qui ont été incendiés au cours des heurts.

Très tôt dans la matinée, les étudiants ont fait face aux policiers, déterminés à pénétrer dans l’enceinte du campus pour contenir un mouvement qui prenait de l’ampleur. La situation s’est rapidement envenimée, obligeant les autorités à renforcer considérablement le dispositif sécuritaire. Un contingent exceptionnel de 300 éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), dépêché depuis Thiès, a été mobilisé. Ce renfort était accompagné de dix chars anti-émeute ainsi que d’une unité de drones de surveillance chargée d’appuyer les opérations au sol.

Malgré cette démonstration de force, les étudiants ont opposé une résistance farouche, rendant les affrontements particulièrement violents et prolongés. En fin de journée, certains des étudiants arrêtés ont été relâchés par le commissariat du Point E. Les autres ont passé la nuit dans les locaux du commissariat central, dans l’attente de la suite de la procédure policière.

Crise universitaire : l’APR dénonce une situation « explosive » et accuse le pouvoir en place

Le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR) a publié, ce 4 décembre 2025, une déclaration dans laquelle il alerte sur la situation tendue qui paralyse les universités publiques du Sénégal depuis plusieurs semaines. Le parti d’opposition pointe un climat jugé « explosif », marqué par des mouvements de contestation estudiantine, des blocages pédagogiques et des heurts récurrents sur les campus.

Selon l’APR, cette atmosphère délétère contraste fortement avec les acquis enregistrés durant les années de gouvernance de l’ancien président Macky Sall. Le parti rappelle qu’au cours de cette période, plusieurs mesures avaient été prises « au bénéfice de la communauté universitaire ». Il cite notamment la revalorisation des salaires des enseignants-chercheurs et du personnel administratif et technique (PATS), l’augmentation des bourses étudiantes, la construction de nouveaux pavillons universitaires, ainsi que le maintien d’un soutien substantiel aux tickets des restaurants universitaires. À en croire l’APR, ces avancées avaient permis de réduire durablement les foyers de tensions dans le secteur de l’enseignement supérieur.

Le parti situe l’origine des troubles actuels dans la question sensible des bourses non versées, un sujet qui, selon lui, avait autrefois constitué un axe central de communication pour l’actuelle majorité lorsqu’elle était dans l’opposition. L’APR accuse le Pastef et ses alliés de s’être reniés, trahissant des promesses qui avaient contribué à rallier une partie importante de la jeunesse. Pour le parti fondé par Macky Sall, cette rupture entre discours passé et pratiques actuelles alimente la colère des étudiants, exacerbant un malaise déjà profond.

Dans sa déclaration, l’APR dénonce également ce qu’il qualifie de « répression brutale » exercée contre les étudiants mobilisés. Le parti rappelle que l’inviolabilité des espaces académiques est consacrée par la loi 94-79 relative aux franchises universitaires, et affirme que l’université devrait rester un sanctuaire de liberté intellectuelle, de recherche et de dialogue, plutôt qu’un terrain d’affrontements entre forces de sécurité et étudiants. Pour l’APR, les scènes de violences observées ces derniers jours constituent une dérive dangereuse et portent atteinte à l’esprit même de l’institution universitaire.

Le SEN de l’APR se positionne ouvertement aux côtés des étudiants et dit soutenir la légitimité de leurs revendications. Le parti exige de l’État le paiement « immédiat et sans condition » des bourses et allocations en souffrance, tout en appelant à l’arrêt des opérations sécuritaires « violentes » dans les campus. Selon ses responsables, l’urgence est de rétablir l’apaisement et de renouer avec un dialogue sincère entre autorités, étudiants et acteurs de la communauté universitaire.

Pour l’APR, la crise universitaire n’est en réalité qu’un révélateur d’une crise sociale beaucoup plus large. Le parti évoque les tensions croissantes dans les secteurs de la santé, de l’enseignement, ainsi que dans d’autres domaines de la vie nationale. Il estime que la multiplication de ces foyers de contestation illustre « la gravité de la crise » qui toucherait actuellement le pays, mettant à mal la stabilité sociale et économique.

Dakar : Le tribunal correctionnel condamne Zakiyoulahi Sow pour escroquerie au préjudice du directeur général d’ECOTRA SA

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu ce mercredi son verdict dans l’affaire d’escroquerie opposant Abdoulaye Sylla, directeur général d’ECOTRA SA, au banquier d’affaires Zakiyoulahi Sow. Après plusieurs semaines d’audiences marquées par des arguments contradictoires, le délibéré a finalement tranché en faveur de la partie civile.

Dès l’ouverture de la séance, le juge s’est prononcé sur l’exception de prescription soulevée par la défense. Cette dernière estimait que les faits poursuivis ne pouvaient plus faire l’objet de poursuites en raison du temps écoulé. Une argumentation que le tribunal a balayée d’un revers de main, considérant la demande « mal fondée ». Ce rejet a permis de poursuivre l’examen du dossier sur le fond.

À l’issue de l’étude des éléments versés au dossier, le prévenu Zakiyoulahi Sow a été reconnu coupable du délit d’escroquerie. Le magistrat a estimé que les preuves présentées par la partie civile étaient suffisamment solides pour établir la responsabilité du banquier d’affaires dans le préjudice subi par Abdoulaye Sylla.

Pour cette infraction, le tribunal a condamné Zakiyoulahi Sow à une peine d’un an d’emprisonnement assortie du sursis, évitant ainsi l’incarcération immédiate mais inscrivant dans son casier judiciaire une condamnation lourde de conséquences. Sur le plan civil, la décision est tout aussi sévère : le prévenu devra rembourser les 5 milliards de FCFA considérés comme indûment perçus. À ce montant s’ajoutent 1 milliard de FCFA octroyé à titre de dommages et intérêts à Abdoulaye Sylla, en réparation du préjudice moral et financier.

Ce verdict marque une étape importante dans un dossier qui a suscité un vif intérêt dans les milieux d’affaires. Il confirme également la volonté du tribunal de sanctionner fermement les pratiques frauduleuses, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui des transactions financières et des investissements.

Barthélémy Dias alerte sur la crise universitaire et appelle l’État à assumer ses responsabilités

L’ancien maire de Dakar et président du mouvement Sénégal Biñu Bokk, Barthélémy Dias, s’est vivement exprimé sur la crise qui secoue actuellement l’espace universitaire. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, l’opposant politique a dénoncé la persistance des tensions à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et a appelé l’État à agir « de toute urgence » pour rétablir le calme.

Selon lui, la situation aurait pu être évitée si les autorités avaient pris en compte les préoccupations des étudiants. Barthélémy Dias estime que ces derniers « revendiquent un droit légitime » et que leurs doléances ne sauraient être ignorées ou reléguées au second plan. Pour l’ancien édile de Dakar, la crise actuelle n’est rien d’autre que la conséquence directe d’un manquement de l’État à ses obligations les plus élémentaires.

Il s’est particulièrement indigné du retard du paiement des bourses étudiantes, un point qu’il considère non négociable. « Un État ne doit pas être incapable de payer au minimum la bourse aux étudiants », a-t-il regretté, dénonçant un régime « faible » face à une revendication qu’il juge parfaitement justifiée. Ce retard, selon lui, aggrave la précarité des étudiants et alimente un climat de frustration propice aux tensions observées ces derniers jours.

Barthélémy Dias a toutefois invité les étudiants à faire preuve de responsabilité, tout en réaffirmant que la charge principale repose sur les autorités. Pour lui, seule une réaction rapide et concrète du gouvernement permettra d’apaiser la situation et d’éviter que les affrontements ne dégénèrent davantage.

Kaolack : Les personnes handicapées plaident pour le paiement urgent des bourses de sécurité sociale

À l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées, célébrée cette année sous le thème « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social », la Fédération des associations de personnes handicapées de Kaolack a dénoncé un retard jugé « extrêmement préoccupant » dans le paiement des bourses de sécurité sociale destinées aux personnes vivant avec un handicap.

Réunis ce mercredi, les responsables de la fédération ont interpellé l’État sur l’urgence de la situation. Selon le président par intérim, Ali Lakh, le non-versement prolongé de ces allocations plonge des milliers de foyers dans une grande précarité.

« Nous demandons des solutions rapides. Beaucoup de bénéficiaires n’arrivent plus à subvenir à leurs besoins élémentaires. Il est urgent que l’État tienne ses engagements », a déclaré Ali Lakh devant la presse.

Une précarité qui s’accentue

Pour de nombreux bénéficiaires, ces bourses représentent la seule source de revenu régulier permettant de couvrir les besoins essentiels du quotidien. La fédération alerte sur les conséquences directes de ces retards : difficultés d’accès aux soins, insuffisance alimentaire, perturbation de la scolarisation des enfants et incapacité à assurer certaines charges sociales.

Les représentants des associations rappellent que ces aides sociales sont conçues pour garantir un minimum de dignité et de stabilité aux personnes en situation de handicap, particulièrement exposées aux vulnérabilités économiques.

Un appel à des mesures durables

Au-delà de l’urgence, la fédération exhorte les autorités à mettre en place un mécanisme de gestion plus fiable afin d’éviter la répétition de telles perturbations. Elle appelle également à un dialogue plus soutenu entre l’État et les organisations de personnes handicapées, estimant que la régularité des paiements constitue un droit fondamental et non une faveur.

Dans l’attente d’une réponse des autorités, les associations de Kaolack maintiennent la pression et promettent de poursuivre leur mobilisation pour garantir le respect des engagements pris en faveur des personnes handicapées.

Cinq individus interpellés pour association de malfaiteurs et vol à Jaaxay

Le Commissariat d’Arrondissement de Jaaxay, Parcelles Assainies et Niacourab a procédé à l’arrestation de cinq individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de vol et de complicité. Les interpellations font suite à une plainte déposée le 28 novembre 2025 par un homme qui venait de perdre son fils et se préparait à rejoindre la maison mortuaire à Dakar.

Selon les informations recueillies, le plaignant, résidant à Louga, a appris dans la nuit du jeudi 27 novembre le décès de son fils à Tivaouane Peulh. Très tôt le lendemain, il a pris la route pour Dakar et est arrivé au rond-point Sedima aux environs de 08 heures. En chemin, il disposait de 600 000 F CFA sur son compte Wave et a retiré 100 000 F CFA dans un point de service situé sur son itinéraire. Après cette opération, il a rangé son téléphone portable dans la poche de son boubou, sans se douter qu’il allait en être victime quelques instants plus tard.

Alors qu’il tentait de trouver un véhicule pour poursuivre son déplacement, il s’est rendu compte du vol de son téléphone. Rapidement, il a également constaté que les 500 000 F CFA restants sur son compte Wave avaient été frauduleusement retirés. Sous le choc, il a saisi le Commissariat de Jaaxay qui a aussitôt déclenché une enquête.

Les investigations menées par les enquêteurs ont permis d’identifier rapidement le présumé voleur, un individu bien connu des services de police pour des affaires similaires. Grâce au recoupement des informations, les agents sont parvenus à le localiser dans un appartement qu’il avait loué à la Cité Mixta des Parcelles Assainies. Une équipe d’intervention a été dépêchée sur place et a procédé à l’interpellation du suspect ainsi que de quatre autres individus trouvés dans le logement.

Au cours de son audition, le mis en cause a reconnu avoir dérobé le téléphone du plaignant et retiré au total 550 000 F CFA du compte Wave, expliquant qu’il avait utilisé la somme pour s’offrir des soirées en boîte de nuit avec des connaissances rencontrées sur les lieux, pour payer la location de l’appartement et pour acheter de l’alcool. Il a également confié avoir revendu le téléphone volé au marché noir de Keur Massar pour 15 000 F CFA.

Les autres personnes arrêtées ont tenté de se dédouaner en affirmant qu’elles avaient été simplement invitées par le principal suspect et ignoraient l’origine frauduleuse de l’argent dépensé. Toutefois, les enquêteurs ont relevé que la plupart d’entre elles sont bien connues du milieu interlope et ont déjà été déférées dans des affaires de vols.

Les cinq individus ont été placés en détention pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin de déterminer le rôle exact de chacun dans cette affaire.

Kaolack accueille la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre Régional de Transfusion Sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition promet une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées, qui mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté par les organisateurs comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec une participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Loi d’orientation sociale : le CLAPH de Kaolack hausse le ton face aux lenteurs de l’État

La capitale du Saloum a donné, ce lundi, le coup d’envoi de la 6ᵉ édition du Festival International pour l’Éveil des Consciences, un rendez-vous culturel devenu incontournable à Kaolack. L’événement a démarré par une forte action citoyenne : une séance de don de sang organisée au Centre régional de transfusion sanguine, mobilisant artistes, bénévoles et jeunes engagés.

Porté par Ousmane Thioune, alias Jimane, figure influente de la culture urbaine locale, le festival se distingue par son approche hybride mêlant culture, solidarité et engagement civique. « Notre objectif est de montrer que la culture peut être un moteur de transformation sociale », a déclaré le directeur du festival, soulignant l’importance de conjuguer créativité et responsabilité communautaire.

Cette nouvelle édition propose une programmation riche, alternant performances musicales, tables rondes interculturelles et actions sociales destinées à renforcer la cohésion entre les populations. Plusieurs artistes locaux et internationaux sont attendus pour animer les soirées qui, selon les organisateurs, mettront particulièrement en lumière les jeunes talents de la région.

Cette année, la Gambie est le pays invité d’honneur, illustrant la volonté du festival de consolider les liens culturels entre les deux rives du fleuve. Un choix présenté comme un « symbole de fraternité et de continuité culturelle » entre des communautés voisines partageant histoire, traditions et ambitions communes.

Au fil des années, le Festival pour l’Éveil des Consciences s’est imposé comme un événement phare, contribuant à affirmer la place de Kaolack en tant que carrefour culturel du Saloum. En associant expression artistique, réflexion sociétale et initiatives humanitaires, cette 6ᵉ édition entend poursuivre la dynamique d’éveil citoyen qui fait la singularité du festival.

Les activités se poursuivront tout au long de la semaine, avec la participation attendue de centaines de jeunes, d’artistes et de visiteurs venus d’horizons divers.

Sécurisation du tanker “Mersin” : les opérations se poursuivent au large de Dakar

Le Port autonome de Dakar (PAD) a communiqué, ce mercredi, une nouvelle mise à jour sur les opérations en cours visant à sécuriser le navire tanker Mersin, immobilisé depuis plusieurs jours au large de Dakar. Malgré des conditions météorologiques défavorables, marquées notamment par un vent soutenu, l’autorité portuaire assure que le navire demeure stable et placé sous une surveillance continue.

Selon le PAD, une équipe spécialisée de plongeurs-démineurs de la société Tous Travaux Sous-Marins (TTS) a été dépêchée sur zone afin de conduire une expertise approfondie. Ces techniciens interviennent directement sur la coque du tanker pour analyser les dégâts, évaluer les risques et mener des opérations ciblées de sécurisation. Ils bénéficient du soutien opérationnel d’une vedette de la Marine nationale, mobilisée pour garantir la protection du périmètre et assurer une surveillance rapprochée des manœuvres.

La Haute Autorité chargée de la Sécurité maritime (HASSMAR) pilote la coordination générale des opérations, en collaboration étroite avec le Port autonome de Dakar et l’Agence nationale de l’Aviation Maritime (ANAM). Les autorités sénégalaises indiquent également maintenir un dialogue technique permanent avec les représentants de l’armateur turc Besiktas, propriétaire du navire.

L’objectif principal des équipes engagées reste de déterminer et d’appliquer, dans les délais les plus courts, la solution technique la plus sûre pour stabiliser définitivement le tanker et son important chargement. Le PAD insiste sur le fait que la protection de l’environnement marin demeure la priorité absolue, compte tenu des risques potentiels qu’impliquerait une fuite du carburant transporté.

Le Mersin, un pétrolier chargé d’environ 39 000 tonnes de gazole, avait été touché la semaine dernière par quatre explosions externes. Ces détonations avaient causé une infiltration d’eau dans la salle des machines, nécessitant une intervention d’urgence afin d’éviter une aggravation de la situation. Depuis lors, les opérations se déroulent à une dizaine de kilomètres au large des côtes sénégalaises, dans une zone isolée destinée à réduire tout impact éventuel sur l’écosystème marin et sur les activités portuaires.

Libération de Bachir Syll : un tournant dans une affaire hautement médiatisée

Après plusieurs jours de détention provisoire, Bachir Syll a finalement recouvré la liberté. Il a quitté le centre pénitentiaire de Saint-Louis dans un état de visible soulagement, selon ses proches qui se sont empressés de l’accueillir. Cette remise en liberté constitue une étape majeure dans un dossier qui, en l’espace de quelques jours, a cristallisé tensions politiques, débats juridiques et réactions publiques passionnées.

Originaire de Saint-Louis et domicilié à Sanar Peul, Bachir Syll se présente comme entrepreneur et est identifié comme militant du parti PASTEF. Cette appartenance politique a rapidement donné une coloration particulière à l’affaire, déjà sensible du fait du contexte national et des sujets liés à la liberté d’expression. Fin novembre 2025, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux avait montré le jeune homme en train de déchirer la photo officielle du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, tout en lançant des propos considérés comme injurieux. La scène avait suscité un vif émoi, provoquant un tollé et l’indignation d’une partie de l’opinion publique.

Face à l’ampleur de la polémique, le procureur de Saint-Louis avait immédiatement réagi. Dès le lendemain de la diffusion de la vidéo, les services de police avaient procédé à l’arrestation de Bachir Syll au commissariat central. Le militant était alors poursuivi pour « offense au chef de l’État » et « injures publiques », deux infractions prévues par le code pénal et régulièrement invoquées dans des dossiers impliquant des critiques jugées excessives envers les institutions. Le juge du 2ᵉ cabinet du Tribunal de grande instance de Saint-Louis avait ouvert une instruction, à la suite de laquelle le ministère public avait requis son placement sous mandat de dépôt.

La libération intervenue aujourd’hui ne signifie toutefois pas la fin de la procédure. L’instruction suit son cours et les autorités judiciaires demeurent libres de poursuivre les investigations et de décider ultérieurement d’un éventuel renvoi devant le tribunal. Néanmoins, pour les proches et sympathisants de Bachir Syll, ce retour à la maison représente un moment décisif et un apaisement provisoire dans une affaire dont les répercussions politiques restent palpables.

UCAD : Le Conseil National des Imams et Oulémas appelle à l’apaisement et au dialogue

Dans un communiqué rendu public, le Conseil National des Imams et Oulémas du Sénégal (CNIOS) a exprimé sa « profonde préoccupation » face aux violents affrontements survenus ces derniers jours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar entre les forces de défense et de sécurité et les étudiants. L’institution religieuse, connue pour son engagement en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la stabilité nationale, appelle à la cessation immédiate de toutes formes de violence et invite chaque acteur à faire preuve de responsabilité.

Le Conseil rappelle que l’université doit demeurer un espace dédié au savoir, à la réflexion et à la construction de l’avenir des jeunes. Selon le communiqué, ce lieu symbolique ne saurait être transformé en champ de confrontation ou de tensions, au risque de compromettre la mission fondamentale de l’enseignement supérieur. Le CNIOS insiste sur la nécessité de préserver un cadre apaisé, propice au développement intellectuel, à la formation citoyenne et à la recherche de solutions porteuses pour la communauté.

Face à la gravité de la situation, le CNIOS exhorte les autorités universitaires et les représentants des étudiants à engager, sans délai, un dialogue franc et ouvert. Cette concertation, selon l’institution religieuse, constitue la seule voie permettant de parvenir à une solution pacifique et durable à la crise actuelle, et de favoriser une reprise rapide et sereine des enseignements dans les amphithéâtres.

Arrestation de Sanna Manjang : un ex-membre des « Junglers » extradé vers la Gambie

Ancien membre des tristement célèbres « Junglers », un escadron de la mort mis en place sous le régime de l’ancien président gambien Yahya Jammeh, le lieutenant-colonel Sanna Manjang a été arrêté le samedi 29 novembre en Casamance, au sud du Sénégal. L’opération, menée conjointement par les forces sénégalaises et gambiennes, a conduit à son extradition immédiate vers Banjul, où il était activement recherché.

Une opération conjointe saluée par Banjul

L’annonce officielle de son arrestation a été faite par le ministre gambien de la Communication, Lamin Jabbi, qui a exprimé la satisfaction de son gouvernement. Il a salué la « coopération constante et la solidarité » du Sénégal dans les affaires touchant à la sécurité régionale et à la justice transitionnelle.

Cette interpellation marque une nouvelle étape dans les efforts conjoints des deux pays pour lutter contre l’impunité et renforcer la stabilité sous-régionale, dans un contexte où plusieurs anciens responsables de la sécurité gambienne sont activement recherchés.

Un mandat d’arrêt international depuis février 2025

Sanna Manjang fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis en février 2025 par le Tribunal de première instance de Banjul. Ce mandat découle directement des conclusions de la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC), mise en place pour enquêter sur les violations massives des droits humains commises durant les 22 ans de régime de Yahya Jammeh.

La TRRC avait recommandé des poursuites contre plusieurs figures de l’ancien appareil sécuritaire, dont Manjang, identifié comme un acteur clé dans les opérations clandestines attribuées aux « Junglers ».

Des accusations lourdes et répétées

L’ancien lieutenant-colonel est soupçonné d’implication dans plusieurs affaires emblématiques, parmi les plus sombres de l’ère Jammeh :

• L’assassinat de Deyda Hydara (2004)

Journaliste, cofondateur du journal The Point, Hydara a été abattu en décembre 2004. La TRRC a conclu à une implication directe des Junglers, reconnus comme une unité impliquée dans les assassinats ciblés d’opposants, activistes et journalistes.

• Le massacre de plus de 60 migrants ouest-africains (2005)

Des ressortissants ghanéens, nigérians, ivoiriens et sénégalais avaient été arrêtés puis exécutés, soupçonnés à tort d’être des mercenaires. La TRRC a identifié l’unité de Manjang comme l’un des principaux exécutants de l’opération.

• La disparition de Daba Marena et de ses collègues (2006)

L’ancien directeur de l’Agence nationale de renseignement (NIA), Daba Marena, ainsi que plusieurs collaborateurs, avaient disparu après avoir été arrêtés. Là encore, les Junglers sont accusés d’avoir conduit l’opération.

Une arrestation symbolique pour la justice transitionnelle gambienne

L’interpellation de Sanna Manjang constitue une avancée majeure pour la Gambie dans son effort de reddition des comptes. Depuis les travaux de la TRRC, le gouvernement s’est engagé à traduire en justice les responsables de violations graves des droits humains, et l’arrestation d’un acteur aussi central pourrait marquer un tournant important.

Ucad : violents affrontements, 16 blessés dont 6 graves chez les étudiants et 4 policiers touchés

L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été le théâtre, hier mardi 2 décembre 2025, de l’une des journées les plus tendues de ces derniers mois. Les affrontements entre étudiants grévistes et forces de l’ordre ont éclaté tôt le matin pour se prolonger durant de longues heures, plongeant le campus et ses alentours dans un climat de chaos. Le bilan provisoire fait état de seize blessés du côté des étudiants, dont six dans un état grave, et de quatre policiers touchés, tandis que d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.

Ces heurts surviennent dans un contexte de colère étudiante liée au non-paiement des bourses. Malgré l’annonce, le même jour, par le ministre de l’Enseignement supérieur Daouda Ngom, du début des paiements, la contestation n’a pas faibli. Les étudiants ont estimé que cette communication ne répondait pas à leurs revendications, rappelant qu’ils réclament les arriérés de l’année académique 2024-2025 comprenant douze mois impayés, alors que les paiements annoncés concernent, selon eux, l’année 2025-2026. Le président de la Commission sociale de la Faculté des Sciences et Techniques a vivement dénoncé ce qu’il considère comme une confusion entretenue par le ministère, accusant ce dernier de “manipuler l’opinion”.

La tension a rapidement gagné l’ensemble du campus, où les jets de pierres ont répondu aux tirs de grenades lacrymogènes. Plusieurs fronts se sont ouverts simultanément, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Ucad, rendant la situation difficilement contrôlable pour les forces de sécurité. Les images relayées sur les réseaux sociaux montrent notamment deux policiers blessés, évacués par leurs collègues. Selon des informations rapportées par L’Observateur, certains agents auraient été touchés par des projectiles tirés à l’aide de lance-pierres électroniques ou de pistolets à billes. Du côté des étudiants, les blessures sont plus nombreuses, avec plusieurs cas jugés très préoccupants.

La violence des affrontements a également eu un impact considérable sur la circulation autour de l’université. La Corniche Ouest, axe majeur de la capitale, a été saturée durant plusieurs heures en raison de barrages improvisés et de la progression difficile des forces de l’ordre. Ce n’est qu’en fin d’après-midi que le trafic a pu être rétabli, après que les policiers ont réussi à repousser les groupes les plus déterminés vers l’intérieur du campus.

Parallèlement, d’importants dégâts matériels ont été relevés, notamment des voitures brûlées et des bâtiments partiellement endommagés. Face à cette escalade, le Conseil académique de l’Ucad s’est réuni d’urgence en visioconférence. Dans son communiqué, il a dénoncé des actes compromettant la sécurité des personnes et perturbant gravement le déroulement des enseignements. À l’issue de cette réunion, le Recteur Alioune Badara Kandji a été officiellement autorisé à requérir le concours des forces de l’ordre pour sécuriser le campus et protéger les infrastructures.

Cependant, en début de soirée, la réquisition formelle n’avait toujours pas été signée. Cette signature, si elle intervient dans les prochaines heures, pourrait permettre une intervention policière beaucoup plus large à l’intérieur de l’université. Le dispositif actuel, composé principalement d’éléments du commissariat du Point E et du Groupement Mobile d’Intervention en veille réactive, serait alors renforcé en moyens humains et matériels, en fonction de l’évolution de la situation.

En parallèle, l’Intersyndicale des personnels administratifs, techniques et de service (PATS) a vivement condamné la montée des violences. Elle a appelé le Recteur à prendre des mesures urgentes pour protéger les travailleurs, certains ayant déjà été victimes d’agressions physiques et psychologiques ces derniers jours. Pour le syndicat, la préservation de l’intégrité du personnel doit être une priorité absolue dans ce contexte de tension extrême.

Ziguinchor : un verdict surprenant dans l’affaire de la transmission volontaire présumée du VIH

Le tribunal correctionnel de Ziguinchor a rendu, ce mardi 2 décembre 2025, une décision qui continue d’alimenter les débats dans la région et au-delà. Selon les informations rapportées par L’Observateur, la jeune prostituée nigériane surnommée « Nelly », poursuivie pour transmission volontaire présumée du VIH, a été condamnée à un mois de prison ferme. Une peine qui surprend, d’autant plus que la mise en cause a aussitôt recouvré la liberté : son mois d’incarcération en détention provisoire avait déjà été purgé.

Ce verdict tranche radicalement avec la fermeté affichée par le parquet. Le Procureur de la République avait en effet requis deux ans d’emprisonnement, une amende de 5 millions de FCFA et l’expulsion immédiate du territoire national. Pour le ministère public, la gravité des accusations, aggravée par les antécédents de la prévenue, imposait une réponse judiciaire exemplaire.

Âgée de 23 ans, installée à Ziguinchor depuis un an après un passage en Gambie, « Nelly » était soupçonnée d’avoir sciemment exposé plusieurs clients au VIH en ayant des rapports sexuels non protégés. Son arrestation début novembre avait déclenché une forte émotion dans la capitale du sud, une région où la prévalence du VIH demeure plus élevée que la moyenne nationale.

La pression sociale autour du dossier était particulièrement forte. Face à la montée de l’indignation populaire, l’avocat de la prévenue avait sollicité sa remise en liberté provisoire, assortie d’un placement dans un centre spécialisé. Le parquet s’y était opposé avec vigueur, évoquant un risque réel de troubles à l’ordre public et rappelant la sensibilité extrême de l’opinion sur les questions de santé publique.

Mais, comme le souligne L’Observateur, « le temps de l’indignation collective n’est pas celui de la justice ». Au terme du procès, les juges ont retenu une peine minimale, permettant à « Nelly » de sortir de prison et, potentiellement, de reprendre ses activités dans les rues de Ziguinchor. Une décision qui étonne, voire inquiète certains habitants.

Ce verdict s’ajoute à une autre décision marquante rendue le même jour par le tribunal correctionnel. Dix-huit prostituées nigérianes et sierra-léonaises, arrêtées à Cap-Skirring à la suite d’une dénonciation anonyme, ont été relaxées. Elles étaient poursuivies pour séjour irrégulier, absence de carnet sanitaire et mise en danger de la vie d’autrui.

L’opération menée par la gendarmerie avait permis de découvrir leur lieu de résidence clandestine dans la station balnéaire. Parmi les femmes interpellées se trouvaient une mineure, confiée à l’assistance éducative, et une autre déclarée séropositive, qui avait admis prendre régulièrement un traitement antirétroviral pour éviter toute contamination de ses clients.

L’annonce de la relaxe a soulevé un cri de soulagement dans la salle d’audience : « Go to Cap-Skirring ! ». Ce chant, repris à l’unisson, symbolise le soulagement d’un groupe longtemps traqué dans la région et qui voit dans ce verdict un retour à une forme de tranquillité.

Entre le réquisitoire ferme du parquet et les décisions particulièrement clémentes du tribunal, ces affaires continuent de susciter de nombreuses interrogations. Elles mettent en lumière les enjeux complexes qui entourent la prostitution, la santé publique, la migration irrégulière et les tensions sociales dans le sud du Sénégal. Elles posent également la question de l’équilibre difficile entre la réaction populaire et les principes fondamentaux de la justice.

Crise des bourses : le FDR alerte sur un risque d’escalade et accuse le gouvernement

Depuis plusieurs jours, les universités publiques du Sénégal connaissent une forte agitation liée aux manifestations étudiantes réclamant le paiement immédiat de leurs bourses. Ce climat de tension, marqué par des grèves répétées et des affrontements sporadiques, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique et de la société civile.

Dans un communiqué rendu public ce mardi, le Front pour la Défense de la Démocratie et la République (FDR) a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation. L’organisation estime que « les étudiants sont en grève et manifestent leur colère en dénonçant le non-paiement des importants arriérés de bourses dus à certains d’entre eux, notamment ceux inscrits en Master ». Ces retards, jugés injustifiables par le FDR, constituent selon lui le cœur de la crise qui paralyse actuellement les institutions universitaires.

Le mouvement accuse par ailleurs le gouvernement PASTEF de n’avoir fourni aucune réponse satisfaisante à des revendications qu’il juge « légitimes et urgentes ». Pour le FDR, l’exécutif apparaît « incapable d’apporter une réponse à la hauteur de la situation », au point que la crise risque, selon le communiqué, « de dégénérer si une solution idoine n’est pas rapidement trouvée ». Le FDR établit en outre un lien direct entre le blocage actuel et ce qu’il appelle « la catastrophe financière provoquée par la fable irresponsable de la dette cachée », allant jusqu’à affirmer que le Premier ministre devra « répondre de cette forfaiture inqualifiable » susceptible d’entraîner des conséquences encore plus graves que celles déjà observées sur les campus.

Tout en apportant son « soutien sans condition » aux revendications des étudiants, le FDR les invite toutefois à éviter toute forme de violence. Le mouvement appelle les organisations étudiantes à privilégier des modes d’action susceptibles de rallier un large soutien populaire à leur cause, estimant que la lutte ne doit pas se transformer en confrontation destructrice.

Le FDR met également en garde contre « l’impasse de la répression policière et des annonces manipulatrices » qu’il attribue au gouvernement. Selon lui, les méthodes actuellement privilégiées par l’exécutif ne feront « qu’aggraver la crise ». L’organisation presse ainsi les autorités à ouvrir « immédiatement » des négociations sérieuses avec les étudiants et leurs représentants, dans l’espoir de rétablir l’apaisement au sein de l’espace universitaire et de permettre la reprise normale des cours.

UCAD : L’intersyndicale du PATS dénonce les violences et menace de retirer les travailleurs

L’intersyndicale du personnel administratif, technique et de service (PATS) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a élevé la voix face à la recrudescence des violences sur les différents campus. Dans un communiqué rendu public, la structure syndicale s’insurge vigoureusement contre les actes de brutalité qui ont ciblé plusieurs travailleurs au cours des récents affrontements.

Selon l’intersyndicale, de nombreux agents PATS ont été victimes de violences physiques et morales dans l’exercice de leurs fonctions, particulièrement dans les campus pédagogiques où les tensions entre forces de l’ordre et étudiants se sont intensifiées ces derniers jours. Elle estime que cette situation est devenue intenable et met gravement en péril la sécurité, la santé physique et mentale des travailleurs.

Face à cette dégradation du climat universitaire, l’intersyndicale appelle le Rectorat à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la protection du personnel. Elle insiste sur l’urgence d’assurer un environnement de travail sécurisé, condition indispensable à la poursuite normale des activités administratives et techniques à l’UCAD.

La structure syndicale invite par ailleurs ses sections implantées dans les différents établissements de l’université à apprécier la situation sur le terrain afin d’envisager les mesures appropriées. Elle souligne que si les conditions minimales de sécurité ne sont pas réunies, les travailleurs sont encouragés à quitter leur poste et à rentrer chez eux pour préserver leur intégrité physique.

Se disant particulièrement attentive à l’évolution de la crise, l’intersyndicale exhorte les autorités universitaires et gouvernementales à agir rapidement afin de ramener l’apaisement au sein de l’espace universitaire. Elle met également en garde : si aucune amélioration tangible n’est constatée dans un délai de vingt-quatre heures, des instructions fermes seront données aux travailleurs PATS pour qu’ils restent chez eux jusqu’à nouvel ordre.

Nouvelle journée de tensions à l’UCAD : plusieurs étudiants blessés lors des affrontements avec les forces de l’ordre

Les affrontements entre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et les forces de l’ordre se sont poursuivis ce mardi après-midi, prolongeant les violences observées la veille sur le campus. Plusieurs étudiants ont été blessés, certains gravement, et ont dû être évacués vers différents hôpitaux de la capitale.

Selon Abdoul Aziz Guissé, membre du Collectif des amicales de l’UCAD, « de nombreux étudiants ont été blessés : certains ont reçu des tirs de gaz lacrymogène, d’autres ont été touchés par des balles à blanc. Le service médical du COUD accueille actuellement un grand nombre de blessés. Plusieurs ont été transférés à l’hôpital Principal de Dakar et dans d’autres structures sanitaires ». Un policier a également été touché au visage et pris en charge dans une structure médicale.

Ces violences interviennent dans le cadre d’un mouvement de protestation des étudiants réclamant le paiement des bourses de l’année académique 2024-2025, alors que les autorités ont déjà commencé les versements pour l’année académique 2025-2026. Les étudiants dénoncent cette situation et s’interrogent : « Comment peut-on débuter les paiements de l’année académique 2025-2026 sans avoir réglé ceux des étudiants de l’année 2024-2025 ? »

Le Collectif des amicales exige notamment la régularisation des versements pour les étudiants inscrits en Master 1 et Master 2, ainsi que pour ceux en licence 2 et 3 qui ont été omis lors des précédents paiements. Selon Abdoul Aziz Guissé, « à ce jour, aucune avancée n’a été enregistrée dans les discussions, et aucune solution concrète n’a été présentée. Les étudiants maintiennent leur mot d’ordre de grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ».

La situation sur le campus reste tendue et les affrontements risquent de se poursuivre tant que les autorités et les représentants étudiants ne trouveront pas de solution pour apaiser les tensions et répondre aux demandes des étudiants.

Tension à Niague – Lac Rose : le DG de Casa Orascom s’explique

Suite aux manifestations sur le site d’implantation du projet « Villes vertes » de l’entreprise Casa Orascom au Lac Rose, ayant conduit à l’arrestation de onze personnes dont le docteur Amath Wade, le directeur général de la société est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements.

Le DG réfute toutes les accusations portées contre Casa Orascom :
« Ce 20 novembre, un certain nombre d’individus se sont introduits sur le site et ont agressé Ilimane Fall, un employé de notre entreprise. Il a été violemment tabassé avec des barres de fer. C’est à la suite de cette agression qu’il a porté plainte. Et ce sont ces individus qui ont été interpellés après l’enquête de la gendarmerie. »

Il poursuit :
« La violence est inacceptable et nous devons tous la combattre. Il faut également préciser que de fausses images circulent, laissant croire à un abattage d’arbres. Nous avons respecté la physionomie du site sur le plan topographique et nous avons veillé à épouser le terrain naturel. »

Le directeur général rappelle par ailleurs l’envergure du projet et les opportunités qu’il est censé offrir aux populations, estimant qu’il ne peut être que bénéfique pour la zone.

Il conclut :
« La question environnementale, qui est centrale dans nos engagements auprès de l’État du Sénégal, a été pleinement prise en compte dans le processus et dans tous les aspects du projet. »

Tension à Niague lac rose, le DG de Casa Orascom s'explique.

Accords-cadres entre producteurs de maïs et industriels : un pas décisif vers la souveraineté alimentaire

Les producteurs locaux de maïs et les industriels sénégalais ont signé, mardi à Dakar, une série d’accords-cadres portant sur la production et la commercialisation de 25 000 tonnes pour la campagne agricole 2025-2026. La cérémonie, qui a rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière, a été qualifiée de « moment historique » par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

Dans son discours, le ministre, entouré du directeur d’ENABEL, Abdou El Mahassine Fassi-Fihri, et de représentants des organisations professionnelles, a salué un « travail patient, rigoureux et surtout collaboratif ». Il a insisté sur le fait que cette avancée illustre la capacité des acteurs nationaux à construire ensemble un modèle de développement fondé sur la confiance, le dialogue et une vision partagée. Pour lui, ce partenariat démontre clairement « ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque la vision commune guide l’action ».

Cet engagement intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance du Sénégal vis-à-vis des importations de maïs, qui oscillent chaque année entre 450 000 et 500 000 tonnes. Rien qu’en 2024, ces achats extérieurs ont coûté environ 80 milliards de francs CFA à l’État. Mabouba Diagne a rappelé que la démarche s’inscrit dans l’orientation stratégique du Premier ministre, favorable à une valorisation accrue des ressources locales et à une réduction des dépenses liées aux importations.

Le ministre a également souligné l’impact social attendu de cette collaboration, en affirmant qu’elle contribuera à la réduction de la pauvreté en milieu rural grâce à la création de plus de 20 000 emplois. Il a, par ailleurs, mis en avant la dynamique positive enregistrée par la filière, dont la production nationale atteint désormais 800 000 tonnes par an, un volume en constante progression. Toutefois, il a reconnu que le secteur reste confronté à une concurrence étrangère particulièrement forte, l’un des principaux défis identifiés par les autorités.

Pour consolider cette trajectoire, Mabouba Diagne a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les producteurs à travers plusieurs leviers : la maîtrise et la fourniture d’eau, la disponibilité des intrants agricoles et la mécanisation des exploitations. Selon lui, ces efforts permettront d’améliorer significativement les rendements et de renforcer une filière considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.

La présidente de l’Interprofession maïs du Sénégal (IPROMAS), Gnima Diakité, ainsi que les représentants de l’ARM et du FNDASP présents à la cérémonie, ont insisté sur le caractère structurant de cet accord-cadre. Ils estiment qu’il permet de stabiliser durablement la relation entre producteurs et transformateurs, en garantissant un volume ferme de production et des débouchés sécurisés pour la campagne 2025-2026. Pour eux, cette approche contractuelle marque une étape importante vers une meilleure organisation de la filière et une valorisation plus efficace du potentiel agricole national.

UCAD : le Conseil académique autorise l’intervention des Forces de l’Ordre pour sécuriser le campus

Le Conseil académique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) s’est réuni ce mardi 2 décembre 2025 en visioconférence, sous la présidence du Recteur, le Professeur Alioune Badara Kandji. Cette session extraordinaire était dédiée à l’examen de la situation sécuritaire sur le campus, à la lumière des événements récents ayant troublé le fonctionnement normal de l’institution.

Au cours de la séance, les membres du Conseil ont relevé une série d’incidents qui, selon leur appréciation, ont gravement compromis la sécurité des personnes et causé des dommages tant aux biens publics qu’aux biens privés. Ces perturbations ont également entravé le travail de l’administration et affecté les activités d’enseignement et de recherche, pourtant essentielles au bon déroulement de la mission universitaire.

Face à l’ampleur de ces dérives, le Conseil académique a décidé d’autoriser le Recteur à solliciter le concours des Forces de l’Ordre pour rétablir et garantir la sécurité au sein du campus pédagogique. Cette mesure, qualifiée d’exceptionnelle mais nécessaire, vise à protéger les étudiants, les enseignants, les chercheurs ainsi que l’ensemble du personnel administratif, technique et de service. Le Conseil a tenu à préciser que ce recours aux Forces de l’Ordre est strictement encadré par les dispositions des articles 4, 5 et 6 de la loi n°94-79 du 24 novembre 1994, relative aux franchises et libertés universitaires.

Selon le communiqué issu de la rencontre, la présence des Forces de l’Ordre n’a d’autre objectif que de préserver l’intégrité physique des personnes et de sauvegarder le patrimoine universitaire, tout en garantissant la continuité des activités pédagogiques et scientifiques. Pour les autorités de l’UCAD, le maintien d’un climat académique serein est indispensable non seulement à la formation et à la recherche, mais également au service rendu à la communauté.

Dans le même esprit, le Conseil académique a réaffirmé son attachement indéfectible aux valeurs républicaines, au respect de la loi et au dialogue. Il a souligné l’importance de préserver un environnement universitaire sécurisé et apaisé, condition préalable au bon fonctionnement de l’institution. Enfin, il a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de l’UCAD, les invitant à la sérénité et à la responsabilité, afin de permettre la poursuite normale des activités universitaires et administratives.

« UCAD sous gaz : une crise sociale qui tourne à l’urgence sanitaire »

Depuis plusieurs jours, l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar vit au rythme de tensions quasi quotidiennes. Les étudiants en master, mobilisés pour exiger le paiement de leurs bourses, initient chaque matin un mouvement de contestation qui dégénère fréquemment en affrontements avec les forces de l’ordre. Cette situation, qui s’étire dans la durée, installe un climat d’inquiétude au sein de la communauté universitaire. Si le professionnalisme des forces de sécurité déployées pour maintenir l’ordre est régulièrement souligné, un autre problème, plus insidieux, suscite une réelle alerte sanitaire : l’usage intensif des grenades lacrymogènes dans un espace aussi densément peuplé que l’UCAD.

L’université compte entre 80 000 et 100 000 étudiants, auxquels s’ajoutent environ 3 000 enseignants, 1 500 agents administratifs et un nombre quotidien difficile à évaluer de visiteurs. C’est, en réalité, une petite ville de plus de 100 000 habitants, concentrée sur une superficie très réduite. La densité humaine y est particulièrement élevée, au point que la promiscuité constitue déjà en soi un facteur de risque sanitaire. Dans ce contexte, l’exposition récurrente à des gaz lacrymogènes accroît considérablement les dangers, notamment pour les personnes souffrant de troubles respiratoires, d’asthme ou d’hypersensibilité oculaire.

Depuis une semaine, les témoignages se multiplient et décrivent des scènes préoccupantes : larmes incontrôlées, irritations sévères, difficultés respiratoires, malaises et évacuations précipitées. Au “couloir de la mort”, l’un des passages les plus fréquentés de l’université, une jeune étudiante asthmatique a été retrouvée en détresse, incapable de tenir debout sans assistance. Un camarade l’a soutenue physiquement tandis que d’autres l’aidaient à utiliser sa pompe. Ce qui frappe dans cet épisode, c’est qu’il s’est produit vers 13 heures, soit près de deux heures après la fin des affrontements du jour. Cela signifie que la fumée, ou du moins l’odeur acre qui en persiste, stagnait encore dans l’air bien longtemps après l’arrêt des manifestations. Selon plusieurs étudiants, jusque tard dans la soirée, voire le lendemain, il suffit du passage d’un véhicule ou d’un coup de vent pour que les résidus encore présents sur le sol se dispersent à nouveau dans l’atmosphère, provoquant les mêmes irritations.

Les effets ne se limitent pas aux usagers directs de l’université. Certains agents administratifs ont dû bénéficier d’arrêts maladie, tandis que d’autres, plus fragiles, restent chez eux pour éviter d’aggraver leur état. Une employée rapporte que même à l’hôpital Fann, pourtant séparé du campus, le personnel éprouve des difficultés respiratoires lorsque les gaz se propagent. Cette remarque soulève une inquiétude d’autant plus grave : si les soignants sont en difficulté, que dire des malades, souvent vulnérables, qui y sont pris en charge? Rappelons que l’UCAD abrite elle-même deux structures médicales, l’IMPS et le service médical du COUD, en plus des services de la faculté de Médecine, qui reçoivent quotidiennement des patients.

L’impact environnemental et sanitaire de l’usage répété des grenades lacrymogènes dans cet espace densément fréquenté ne peut désormais plus être négligé. Les gaz stagnent, se déposent et se réactivent au moindre mouvement, transformant le campus en un environnement difficilement respirable pour des dizaines de milliers de personnes. La question dépasse largement le simple cadre du maintien de l’ordre et touche à la santé publique, au bien-être des usagers et au fonctionnement normal des établissements de soins rattachés à l’université.

Face à cette situation, l’urgence apparaît double. Il faut, d’une part, apporter des réponses immédiates au mouvement des étudiants en master afin de réduire les tensions et éviter la répétition de confrontations inutiles. Mais il faut aussi, d’autre part, engager une réflexion sérieuse sur l’usage des grenades lacrymogènes dans un espace aussi confiné et peuplé que l’UCAD. Revoir les pratiques, choisir des moyens de dispersion moins agressifs, adapter les interventions au contexte spécifique du campus ou établir des zones tampons pourrait éviter de mettre en danger une population dont la vulnérabilité est avérée. L’université n’est pas un champ de bataille ; c’est un lieu de savoir, d’apprentissage, de recherche et de vie. Elle ne peut durablement fonctionner dans un environnement saturé de gaz irritants qui compromettent la santé de ceux qui y étudient, y enseignent, y travaillent ou s’y soignent.

Ibrahima Waly Seck entendu par le pool judiciaire financier dans l’affaire Amadou Sall

L’artiste-chanteur Ibrahima Waly Seck a comparu ce matin devant le président du collège des juges d’instruction, Idrissa Diarra, au sein du pool judiciaire financier. La séance s’est déroulée en présence du procureur de la République, Ibrahima Faye. Convoqué pour être entendu au fond dans le cadre de l’affaire dite « Amadou Sall », le chanteur n’est resté que moins de vingt minutes dans le bureau du magistrat instructeur. Malgré la brièveté de l’audition, l’enjeu judiciaire demeure important, puisque Waly Seck est visé par des accusations d’association de malfaiteurs en bande organisée et de blanchiment de capitaux.

Selon les informations obtenues auprès de sources proches du dossier, l’artiste a axé sa défense sur sa bonne foi et la transparence de ses agissements. Devant les juges, il a expliqué avoir uniquement vendu une voiture à Amadou Sall, fils de l’ancien président Macky Sall, pour un montant de 210 millions de FCFA. Il a affirmé que la transaction avait été réalisée dans les règles, avec l’ensemble des documents administratifs conformes et nécessaires. Cette somme, rappelle-t-il, correspond d’ailleurs à la caution qu’il avait versée quelques mois plus tôt pour bénéficier d’une mise en liberté provisoire en septembre 2025.

Vêtu de noir et accompagné de son pool d’avocats — Mes Abou Dialy Kane, Dior Diagne, Alioune Badara Fall et Souleymane Soumaré — Waly Seck a quitté les locaux du pool judiciaire financier avec discrétion. Pour éviter tout attroupement ou attention médiatique excessive, il a été exfiltré par le sous-sol, à bord d’un véhicule particulier. Cette sortie feutrée contraste avec l’intérêt fervent du public et des observateurs pour cette affaire, dans laquelle plusieurs personnalités sont mentionnées et où les rebondissements ne cessent d’alimenter le débat.

Troisième pétrolier lié à la Russie touché par des explosions : le Mersin atteint au large de Dakar

Un nouvel incident maritime est survenu au large de Dakar. Le pétrolier Mersin, un navire transportant du gasoil et géré par la compagnie Besiktas Shipping, a été frappé par quatre explosions externes alors qu’il naviguait dans les eaux sénégalaises. L’armateur a confirmé que de l’eau de mer avait envahi la salle des machines, mais que le navire demeurait stable, sans pollution signalée et avec un équipage sain et sauf.

Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Il s’agit en effet du troisième navire ayant transporté du pétrole russe à subir une attaque ou des dommages en seulement trois jours. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité ukrainiens seraient impliqués dans deux incidents récents survenus en mer Noire contre des pétroliers qui avaient précédemment transporté des hydrocarbures russes. Cependant, aucune revendication n’a été formulée concernant l’explosion survenue au large du Sénégal, et le flou persiste sur les motivations et les auteurs.

Besiktas Shipping a indiqué collaborer étroitement avec les autorités sénégalaises et les assurances pour déterminer les causes exactes des explosions. L’entreprise assure qu’elle participe pleinement aux enquêtes en cours et qu’elle met en place toutes les mesures nécessaires pour gérer l’impact technique et logistique de l’incident.

Selon les données de la firme d’analyse maritime Kpler, le Mersin transportait du gasoil et avait fréquenté plusieurs ports russes ces derniers mois. Cette information alimente les spéculations autour d’une possible série d’attaques ciblant des navires ayant participé au commerce du pétrole russe, même si aucun élément concret ne permet, à ce stade, d’établir un lien direct avec le conflit en Ukraine.

Du côté des autorités sénégalaises, le Port autonome de Dakar a confirmé que le navire avait pris « une quantité d’eau significative » avant d’être stabilisé grâce à l’intervention de remorqueurs permanents et d’équipes techniques spécialisées. Les premières opérations consistent à colmater les brèches afin de rétablir l’étanchéité de la coque. Ce n’est qu’après cette étape cruciale que le transfert de la cargaison pourra commencer, une manœuvre délicate destinée à éviter toute déstabilisation du pétrolier pendant les travaux de pompage.

Map of Mersin oil tanker

Pour l’heure, aucune menace environnementale n’a été signalée, mais les services sénégalais restent en alerte. Outre l’enquête sur les explosions, l’objectif majeur est d’éviter tout risque de pollution sur le littoral dakarois, surtout face à la nature hautement inflammable de la cargaison.

Cet incident, qui survient loin des zones habituellement touchées par les tensions liées au transport de pétrole russe, interpelle et ouvre de nouvelles questions sur l’évolution des risques maritimes internationaux. Les conclusions de l’enquête pourraient avoir des implications stratégiques, tant pour les routes commerciales que pour la sécurité maritime dans la région ouest-africaine.

Dakar : nouvelles révélations sur l’incident du pétrolier turc M/T Mersin

On en sait désormais davantage sur l’incident survenu dans la nuit du 28 novembre au large de Dakar impliquant le pétrolier turc M/T Mersin. Selon l’agence russe RIA Novosti, la société propriétaire du navire a confirmé que celui-ci a été touché par quatre explosions externes d’origine encore inconnue, provoquant des dégâts importants et une infiltration d’eau dans la salle des machines. Le pétrolier transportait près de 30 000 tonnes de carburant au moment des faits.

À bord, l’équipage se composait de vingt-deux personnes, en majorité de nationalité turque. Tous ont pu être secourus sains et saufs grâce à l’intervention rapide des équipes du Port autonome de Dakar, qui ont procédé à leur évacuation dans la nuit suivant l’explosion. Les priorités des autorités sénégalaises se sont alors concentrées sur la stabilisation du navire et la prévention d’un éventuel déversement d’hydrocarbures.

Si certaines sources évoquent la possibilité d’une attaque ciblée, les autorités sénégalaises, elles, privilégient pour l’instant une origine technique à l’incident, rappelant qu’aucun élément tangible ne confirme une action hostile. Le M/T Mersin était immobilisé depuis plusieurs mois au large du port de Dakar en raison d’un tirant d’eau supérieur aux normes acceptées, ce qui l’empêchait d’accoster.

À la suite de l’explosion, un important dispositif antipollution a été déployé autour du navire afin de contenir toute fuite éventuelle. Les services compétents s’emploient désormais à vidanger le carburant en toute sécurité, une opération délicate menée sous supervision étroite des autorités maritimes et environnementales. Une cellule de crise a par ailleurs été activée afin de coordonner les interventions techniques, logistiques et sécuritaires, et de prévenir tout risque de catastrophe écologique.

Fraude aux visas et voyages clandestins : trois individus interpellés aux Parcelles Assainies

Le Commissariat d’Arrondissement des Parcelles Assainies U15 a procédé, ce lundi 29 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus soupçonnés d’« association de malfaiteurs, escroquerie au visa, faux et usage de faux en documents administratifs ».

Les interpellations font suite à une plainte déposée par une victime, qui a expliqué avoir remis au mois de janvier 2025 une somme de 2 500 000 FCFA ainsi que son passeport biométrique sénégalais à l’un des mis en cause, dans le but d’obtenir un visa pour l’Italie. Selon les informations recueillies, le suspect aurait apposé un faux visa Schengen daté du 9 janvier 2025 sur le passeport de la victime, avant de disparaître et de rendre toute communication impossible.

Les investigations menées par les forces de l’ordre ont permis de retrouver et d’interpeller le principal suspect, qui, entendu par la police, a reconnu l’intégralité des faits. Il a indiqué avoir agi en complicité avec deux autres individus, dont l’un était chargé de confectionner le faux visa et l’autre jouait un rôle d’intermédiaire. Les autres membres du groupe ont été arrêtés à leur tour et ont également reconnu les faits qui leur sont reprochés.

Poursuivant leur enquête, les autorités ont découvert que ce réseau ne se limitait pas à la fabrication de faux visas Schengen. Les mis en cause proposaient également des voyages clandestins au départ du port de Dakar, faisant miroiter à leurs victimes la possibilité de voyager en Italie en se faisant passer pour des membres d’équipage de bateau. Deux autres victimes ont ainsi versé à la bande une somme totale de 2 600 000 FCFA pour bénéficier de ce service frauduleux.

Les trois individus ont été déférés devant le parquet et l’enquête se poursuit afin de déterminer l’étendue exacte des activités de ce réseau et d’identifier d’éventuelles victimes supplémentaires.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Kaolack : L’Inspection d’Académie célèbre la Journée des Tirailleurs sous le signe du devoir de mémoire

L’Inspection d’Académie de Kaolack a célébré ce lundi la Journée des Tirailleurs au Nouveau Lycée de Kaolack, lors d’une cérémonie solennelle placée sous le thème « La grande leçon des tirailleurs ». Cet événement, organisé à l’échelle nationale, vise à honorer la mémoire des soldats africains qui ont servi durant les deux guerres mondiales, et plus particulièrement les victimes du massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944.

La commémoration a rassemblé élèves, enseignants, autorités administratives et forces de défense et de sécurité, présentes à travers la zone militaire n°3 sous la direction du lieutenant-colonel Guèye. Après la levée des couleurs, moment toujours chargé d’émotion, les élèves ont assisté à une séance d’éducation civique consacrée aux symboles de la Nation et aux comportements citoyens à adopter face au drapeau national.

Pour Samba Diakhaté, Inspecteur d’académie de Kaolack, cette initiative répond à une volonté ferme d’accompagner l’élan national autour de la remémoration du massacre de Thiaroye. Il souligne l’importance de rapprocher l’école des forces de défense et de sécurité pour renforcer l’éducation citoyenne. « Nous sommes très heureux d’être aujourd’hui avec les forces de défense et de sécurité pour répondre à l’élan national de célébration du massacre de Thiaroye. Cette cérémonie a permis à nos élèves de mieux comprendre la portée du drapeau national et l’importance du respect des valeurs républicaines », déclare-t-il.

Un cours magistral animé par un professeur d’histoire-géographie est venu donner davantage de profondeur à la cérémonie. Ce dernier a retracé le parcours des tirailleurs sénégalais, depuis leur engagement dans les troupes coloniales jusqu’aux événements tragiques de Thiaroye. La leçon, richement documentée, a été saluée par les élèves comme par le corps enseignant. Selon l’Inspecteur d’académie, l’objectif est non seulement de transmettre des faits historiques éclairés, mais aussi de garantir que les élèves disposent d’un enseignement fidèle à la vérité historique. « C’est le devoir de mémoire. Il s’agit de rappeler aux élèves ces moments clés de notre histoire et de leur transmettre des faits éclairés. Les autorités ont pris toutes les dispositions pour garantir un enseignement fidèle à la vérité historique », insiste-t-il.

Le proviseur du Nouveau Lycée de Kaolack, Mamadou Lamine Camara, s’est réjoui de voir son établissement choisi pour abriter cette commémoration. Il estime que cette journée constitue une opportunité unique pour renforcer l’éducation civique et citoyenne au sein des établissements scolaires. À ses yeux, la Journée des Tirailleurs permet aux élèves de réfléchir sur des valeurs essentielles telles que le devoir, le patriotisme, la solidarité, la résilience, mais aussi la paix et le respect des droits humains. Elle met également en lumière un passé souvent occulté, tout en invitant les jeunes à adopter une lecture critique et responsable de l’histoire.

Inscrite désormais dans le calendrier scolaire national, la Journée des Tirailleurs joue un rôle fondamental dans la construction de la mémoire collective. À Kaolack comme ailleurs, elle contribue à façonner des citoyens éclairés, conscients des sacrifices consentis par leurs aînés et animés d’un profond sens du devoir et des valeurs républicaines.

Le Sénégal commémore le 81ᵉ anniversaire du massacre de Thiaroye : un devoir de mémoire renouvelé

Le Sénégal a célébré, ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025, le 81ᵉ anniversaire du massacre des Tirailleurs sénégalais de Thiaroye, un épisode tragique et fondateur de l’histoire nationale et africaine. Cette journée de recueillement, chargée d’émotion et de symboles, a réuni plusieurs hautes personnalités venues honorer la mémoire des soldats africains injustement exécutés en décembre 1944.

La cérémonie officielle s’est déroulée au Cimetière militaire de Thiaroye, en présence du Président de la République du Sénégal, Chef suprême des Armées. À ses côtés, Son Excellence Adama Barrow, Président de la République sœur de Gambie, avait fait le déplacement, accompagné du Président de l’Assemblée nationale du Togo, Komi Sélom Klassou, ainsi que du Vice-Président de la République de Côte d’Ivoire, Tiémoko Meyliet Koné. La dimension régionale de cette commémoration a rappelé que les Tirailleurs de Thiaroye n’étaient pas seulement sénégalais, mais africains, issus de plusieurs territoires de l’ex-Afrique occidentale française.

À son arrivée, le Chef de l’État sénégalais a reçu les honneurs militaires avant de procéder au dépôt solennel d’une gerbe sur la tombe des martyrs. Ce geste, empreint de solennité, symbolise la reconnaissance officielle de la Nation envers ces soldats revenus du front européen après avoir combattu pour la liberté, mais victimes d’une répression implacable pour avoir revendiqué leurs droits et leurs soldes.

Au-delà de l’hommage, cette commémoration annuelle souligne l’importance de préserver la vérité historique et de transmettre aux générations futures le sens profond de ce drame. Le massacre de Thiaroye demeure un rappel des injustices subies par les Tirailleurs africains, mais aussi un repère moral qui inspire les luttes contemporaines pour la justice, la dignité et la souveraineté.

Amadou Ba rompt le silence et rend hommage aux tirailleurs de Thiaroye : un appel à un Sénégal plus juste

Après de longs mois d’absence médiatique, l’ancien Premier ministre du Sénégal, Amadou Ba, est finalement sorti de son silence ce lundi 1ᵉʳ décembre, à l’occasion de la commémoration du 81ᵉ anniversaire du Massacre de Thiaroye. Cette tragédie survenue en 1944, au cours de laquelle des tirailleurs africains revenus des deux guerres mondiales furent abattus pour avoir réclamé leurs primes de démobilisation, demeure l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire sénégalaise et africaine.

Dans une publication partagée sur sa page Facebook, l’actuel député de l’opposition a livré un message empreint d’émotion et de solennité. Amadou Ba a appelé les Sénégalais à tirer des leçons profondes de ce drame, estimant que le sacrifice des tirailleurs doit servir de fondement moral pour bâtir un Sénégal où chaque citoyen bénéficie du respect, de la protection et de la considération qu’il mérite. Selon lui, la tragédie de Thiaroye ne représente pas seulement un événement historique, mais constitue un rappel puissant des dérives de l’injustice et de l’importance d’une mémoire collective vivante.

L’ancien proche du président Macky Sall a souligné que ces soldats africains, enrôlés pour défendre une cause qui n’était pas la leur, avaient servi « avec loyauté et courage » avant d’être confrontés à une violence inouïe. Leur exécution demeure, selon lui, une plaie encore ouverte qui exige de tous un engagement envers la vérité et l’équité. Amadou Ba considère que leur histoire doit continuer d’inspirer un avenir construit sur la paix, la justice et la dignité humaine.

En conclusion de son message, Amadou Ba a insisté sur la dimension morale de la mémoire, qui, selon lui, ne peut être réduite à un rituel annuel. Elle doit guider les choix politiques et sociaux du pays, afin qu’aucune injustice comparable ne puisse se reproduire. Ce retour sur la scène publique à travers un hommage historique résonne comme un appel à l’unité, à la lucidité et à la responsabilité collective.

Nouveaux heurts à l’UCAD : la colère estudiantine s’étend à d’autres universités

De vifs affrontements ont de nouveau éclaté ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) entre les forces de l’ordre et les étudiants, plongeant le campus dans une atmosphère lourde et explosive. Selon les informations rapportées par la RFM, plusieurs blessés ont été recensés au cours de la journée. L’intensité des heurts a rapidement mis sous pression le service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), qui, dépassé par le nombre croissant de blessés, a dû procéder à des évacuations vers d’autres structures de santé, notamment l’hôpital Général Idrissa Pouye de Grand-Yoff.

Sur le terrain, les étudiants se disent déterminés à poursuivre leur mobilisation, malgré la violence des affrontements. Beaucoup estiment que le mouvement ne peut plus s’arrêter, tant que les autorités ne donneront pas des réponses claires à leurs revendications. Depuis plusieurs jours, la question du retard dans le paiement des bourses cristallise la colère de la communauté estudiantine. Pour nombre d’entre eux, ces retards récurrents constituent une menace pour leur stabilité financière, mais aussi pour la poursuite sereine de leurs études.

La sortie attendue du ministre de l’Enseignement supérieur, Dr Daouda Ngom, n’a fait qu’exacerber le mécontentement. Alors que les étudiants espéraient des annonces fermes et apaisantes, les déclarations du ministre ont été perçues comme décalées par rapport à la gravité de la situation. Plusieurs témoignages indiquent que ses propos ont davantage tendu les relations, aggravant le climat de méfiance entre les autorités et les étudiants.

La contestation ne se limite désormais plus à l’UCAD. Toujours selon la RFM, elle a gagné l’université Sine-Saloum de Fatick où, ce lundi matin, des étudiants ont rejoint le mouvement en délogeant des élèves de plusieurs établissements scolaires pour réclamer, eux aussi, le paiement de leurs bourses. Ce geste marque une extension notable de la colère estudiantine, qui pourrait encore s’élargir à d’autres universités publiques si aucune solution n’est trouvée rapidement.

À Thiaroye, Diomaye Faye dévoile un ambitieux mémorial et relance la quête de vérité sur le massacre de 1944

Le 81ᵉ anniversaire des Tirailleurs sénégalais a été célébré ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025 au camp militaire de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, lors d’une cérémonie empreinte d’émotion et de solennité. À cette occasion, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a délivré un discours mémoriel d’une grande intensité, marqué par plusieurs annonces fortes destinées à approfondir la reconnaissance historique du massacre de Thiaroye et à en consolider la transmission aux générations futures.

Au cœur de ses déclarations, le chef de l’État a dévoilé un projet de stèle commémorative dédiée au massacre de 1944. Celle-ci sera érigée entre le camp militaire et le cimetière de Thiaroye, une localisation hautement symbolique qui vise à relier deux espaces chargés de mémoire. Le Président a insisté sur le fait qu’il ne s’agira pas d’un simple monument statique, mais plutôt du point central d’un vaste ensemble mémoriel. L’édifice sera entouré d’une esplanade destinée aux cérémonies officielles, d’espaces éducatifs et culturels orientés vers la jeunesse, ainsi que de résidences destinées aux chercheurs internationaux. Selon Bassirou Diomaye Faye, ce dispositif transformera Thiaroye en « lieu de mémoire vivant », en « phare de vérité historique » et en « citadelle de savoir » ouverte sur l’avenir.

Le Président a également insisté sur l’importance de la vérité et de la justice dans la lecture de cet épisode tragique de l’histoire sénégalaise et africaine. Il a salué la mémoire des tirailleurs, qualifiés de « héros venus de divers horizons », dont le seul tort fut de revendiquer leurs droits, leur dignité et le respect des engagements pris envers eux après leur participation à la Seconde Guerre mondiale. Bassirou Diomaye Faye a souligné que cet hommage ne concerne pas uniquement le Sénégal, mais l’ensemble du continent africain, rappelant que « le sang versé à Thiaroye est celui de l’Afrique ». Selon lui, commémorer cette tragédie revient à renforcer le socle d’une solidarité panafricaine fondée sur la reconnaissance des luttes et des sacrifices partagés.

Le chef de l’État s’est par ailleurs félicité de la publication du Livre Blanc consacré au massacre de Thiaroye, un document qualifié de référence majeure. Fruit d’un travail méthodique et scientifique, ce livre marque une étape importante dans la quête de vérité historique. Pour prolonger cette dynamique, Bassirou Diomaye Faye a ordonné la réalisation de fouilles archéologiques sur le site de Thiaroye. Ces travaux bénéficieront du soutien technique et de l’expertise proposés par la France, une coopération qui vise à approfondir la compréhension des événements de 1944.

Enfin, le Président a annoncé un renforcement de la place accordée au massacre de Thiaroye dans les programmes scolaires. L’objectif est de permettre aux jeunes Sénégalais d’acquérir une compréhension fine des mécanismes de la domination coloniale et d’appréhender la portée de la résistance menée par leurs aînés. « Cette transmission est le fondement de notre conscience nationale, de notre citoyenneté et de notre engagement panafricain », a-t-il affirmé en conclusion.

Arrestation du maire de Jaxaay : un réseau de faussaires municipal mis à nu

L’arrestation du maire de Jaxaay, Abdoul Aziz Diané, et de son secrétaire municipal, I. Seydi, pour une affaire de trafic de migrants continue de provoquer un séisme au sein de la municipalité. À mesure que l’enquête avance, les témoignages se multiplient et révèlent l’existence d’un réseau organisé, solidement ancré au cœur même de l’administration locale.

Selon les révélations recueillies par L’Observateur, un agent municipal, qui a préféré garder l’anonymat, décrit un système bien rodé où des candidats désireux d’obtenir des faux documents de voyage étaient enrôlés sous une fausse identité. Cinq personnes avaient ainsi été présentées comme des conseillers municipaux censés représenter la commune lors d’un forum en Belgique. Chacune d’entre elles avait versé de l’argent au réseau en échange de documents officiels destinés à faciliter l’obtention d’un visa.

Le stratagème a toutefois tourné court lorsque les organisateurs du voyage ont exigé une contrepartie financière que la mairie était incapable de fournir. Face à cette incohérence, l’organisateur du forum a alerté sa représentation diplomatique, qui a immédiatement procédé à l’annulation des quatre visas encore en cours de traitement. Cette décision a déclenché une réaction en chaîne, jusqu’à l’arrestation de la commerçante Nd. Sène. Cette dernière, prise dans l’étau de l’enquête, a reconnu avoir versé 3,5 millions de francs CFA au secrétaire municipal en échange d’un jeu complet de documents authentiques, dont un ordre de mission, pour soutenir sa demande de visa Schengen.

Mais un détail, confirmé par l’agent municipal interrogé, donne une nouvelle dimension à l’affaire. Sur les cinq candidats concernés, l’un d’eux avait déjà retiré son passeport revêtu du visa avant l’annulation générale. Plus chanceux que les autres, il a réussi à quitter le territoire et se trouve désormais en Europe. Son identité est connue des enquêteurs, qui poursuivent leurs investigations pour comprendre l’étendue du réseau.

D’autres agents de la commune, également sous anonymat, confirment que des pratiques douteuses n’étaient pas nouvelles. Ils signalent que plusieurs voyages suspects avaient déjà attiré l’attention par le passé, notamment des départs vers le Japon ou le Chili impliquant des individus n’ayant aucun lien avec la municipalité. Ces alertes internes, restées sans suite, prennent aujourd’hui tout leur sens à la lumière des arrestations récentes.

Alioune Tine alerte sur l’état de santé critique de proches de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom

L’avocat et défenseur des droits humains, Alioune Tine, a tiré la sonnette d’alarme au sujet de la situation sanitaire de l’épouse de Madiambal Diagne et du député Farba Ngom, tous deux actuellement en détention. Selon lui, leur état de santé serait « très grave » et incompatible avec les conditions de leur incarcération, ce qui justifierait une intervention judiciaire immédiate.

Dans une déclaration ferme, Alioune Tine a dénoncé la gravité de la situation, estimant que les deux détenus ne peuvent plus bénéficier des soins adéquats en milieu carcéral. « Le juge devait les libérer pour qu’ils puissent aller se soigner. Ils sont très malades et c’est anormal. Ils sont vraiment malades. Il faut qu’on les libère, c’est grave », a-t-il insisté, appelant les autorités judiciaires à agir avec célérité.

Cette prise de position intervient dans un contexte national marqué par des débats récurrents sur les conditions de détention au Sénégal. Les organisations de défense des droits humains soulignent depuis plusieurs années les insuffisances du système carcéral, notamment en matière d’accès aux soins pour les personnes privées de liberté. Plusieurs rapports ont déjà mis en lumière des situations où la détention prolongée de personnes malades a entraîné une dégradation sévère de leur état de santé, voire des décès évitables.

La demande de libération pour raisons médicales avancée par Alioune Tine s’appuie sur les dispositions prévues par la législation sénégalaise. Celle-ci autorise en effet la mise en liberté d’un détenu lorsque son état de santé requiert des traitements impossibles à assurer en prison. Une telle mesure, qui relève de l’appréciation du juge, peut être accordée afin de garantir le droit fondamental à la santé et de prévenir toute mise en danger de la vie du détenu.

Les autorités judiciaires sont désormais interpellées pour examiner en urgence cette requête, d’autant plus que la situation décrite par Alioune Tine laisse craindre des conséquences irréversibles. Dans une société où la question du respect des droits humains en milieu carcéral suscite régulièrement des préoccupations, cette affaire pourrait relancer les discussions sur la nécessité d’une réforme profonde du système pénitentiaire.

Incident maritime au large de Dakar : les autorités sénégalaises mobilisées pour éviter une catastrophe environnementale

Les autorités sénégalaises ont été alertées dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025 d’un incident technique majeur survenu à bord du tanker MERSIN, alors qu’il naviguait au large de Dakar. Selon les premières informations rapportées par l’équipage, une grave avarie a provoqué une entrée d’eau dans la salle des machines, mettant immédiatement en péril la stabilité du navire et la sécurité de ceux qui se trouvaient à bord.

Dès la réception de l’alerte, une cellule de crise a été constituée sous la supervision de la HASSMAR. Cette structure de coordination a réuni la Marine nationale, l’Agence Nationale des Affaires Maritimes ainsi que le Port autonome de Dakar, afin d’organiser une réponse rapide et adaptée à la situation. Grâce à la mobilisation immédiate des moyens nautiques du Port de Dakar, parmi lesquels des remorqueurs spécialisés et des équipes de secours entraînées pour les interventions en milieu maritime. L’intégralité de l’équipage a pu être évacuée en toute sécurité. Aucun blessé ni victime n’est à déplorer, un bilan particulièrement rassurant au vu de la gravité de l’incident.

Parallèlement, la Marine nationale a déployé un navire sur zone pour renforcer le dispositif d’assistance et procéder à une première évaluation de l’état du tanker. Les autorités ont clairement indiqué que la priorité absolue reste la prévention de tout risque environnemental, en particulier un éventuel déversement d’hydrocarbures en mer.

Pour éviter toute pollution, des experts procèdent actuellement à l’analyse des mesures techniques nécessaires pour colmater les voies d’eau et stabiliser le bâtiment. En parallèle, une étude approfondie est en cours concernant les modalités de transfert sécurisé de la cargaison de carburant, afin de réduire au maximum le danger à la source. Dans une approche strictement préventive, un barrage antipollution est également en cours d’installation autour du MERSIN, destiné à confiner d’éventuelles fuites et empêcher la propagation d’une nappe d’hydrocarbures.

Professionnalisation des livreurs : la Mairie de Kaolack lance une nouvelle formation

La Première Adjointe au Maire de Kaolack, Mme Ndiaya Mbow, a procédé hier au lancement officiel de la première session de formation dédiée à la gestion de la relation client et au professionnalisme. Cette session, organisée par FORCE-N en collaboration avec la Mairie de Kaolack, s’est tenue dans les locaux du Bureau Économique Local (BEL).

Cette initiative vise à renforcer les compétences des jakartamen et autres livreurs de la commune, un secteur en pleine expansion. La formation a été animée par la formatrice Ndeye Anta Ballo, qui a mis l’accent sur un module essentiel : la gestion de la patience, une compétence jugée indispensable pour améliorer la qualité du service rendu aux clients.

Les participants ont activement pris part aux échanges. L’un d’eux, Ady Fall, a proposé une définition du métier de livreur, le présentant comme : « un conducteur qui entretient une relation commerciale avec un client, relation que ce dernier maintient également avec le livreur ».

Dans son allocution, Mme Ndiaya Mbow a lancé un appel appuyé à la jeunesse de Kaolack. Elle a rappelé le rôle stratégique du BEL, véritable passerelle entre les jeunes, les femmes et les opportunités économiques locales. Selon elle, cette formation s’inscrit dans la volonté de la municipalité de promouvoir l’entrepreneuriat local et de soutenir les métiers émergents.

Cette première session marque ainsi le début d’un programme plus large visant à professionnaliser le secteur de la livraison dans la commune de Kaolack et à renforcer les capacités des jeunes acteurs économiques.

Agriculture – Mbodia Niass : De la politique aux champs, un engagement total pour la souveraineté alimentaire

Djilakhar

Figure reconnue de l’engagement citoyen et politique autour des questions de souveraineté alimentaire, Mbodia Niass franchit une nouvelle étape dans son parcours. L’opératrice économique, agréée par l’État depuis plusieurs années, a décidé de se retirer de l’arène politique pour se consacrer pleinement au développement agricole dans son terroir natal.

À Djilakhar et Ndiedieng, villages profondément liés à son histoire familiale, Mbodia Niass exploite aujourd’hui de vastes superficies cultivables. Maïs, arachide, mil : ses champs participent autant à la dynamique économique locale qu’au renforcement d’une souveraineté alimentaire devenue stratégique pour le pays.

« Je me suis éloignée de la politique pour me concentrer sur des projets concrets qui impactent directement la vie des populations », confie-t-elle. Une décision en accord avec les investissements qu’elle mène depuis plusieurs années dans des programmes semenciers jugés prioritaires pour l’avenir agricole de la région.

Un ancrage communautaire et un héritage familial assumé

Proche des citoyens et fidèle à l’héritage d’accueil et de solidarité porté par sa famille, Mbodia Niass cultive des liens étroits avec les populations locales. Son engagement sur le terrain répond, dit-elle, à une vision simple : rendre à sa communauté ce qu’elle lui a offert.

Elle apparaît aujourd’hui comme une actrice majeure de la dynamisation agricole locale, au moment où les politiques publiques nationales mettent davantage l’accent sur l’autosuffisance alimentaire et la valorisation des filières rurales.

Les femmes, moteurs silencieux de la production semencière

Mbodia Niass insiste particulièrement sur le rôle déterminant des femmes dans la filière semencière.

« Les femmes productrices de semences, toutes spéculations confondues, sont extrêmement dynamiques et contribuent largement à la sécurité alimentaire. L’État devrait les accompagner davantage pour construire une politique agricole plus efficace et inclusive », plaide-t-elle.

Selon elle, l’autonomisation des femmes rurales passe nécessairement par l’accès aux intrants, à la formation et aux équipements : trois leviers essentiels pour améliorer la productivité et stabiliser les revenus.

Un modèle féminin du développement local

Dans une région où l’agriculture demeure le principal moteur économique, la fille de Serigne Mamour Niass s’affirme comme un modèle de leadership féminin ancré dans l’action concrète. Son retour à la terre et son choix d’investir massivement dans la production semencière illustrent une vision renouvelée du service communautaire, loin des tribunes politiques.

« L’agriculture est devenue ma priorité. Tout ce que je fais désormais, je le fais pour mon village et pour ma région », affirme-t-elle, déterminée à poursuivre ses initiatives malgré les défis matériels et logistiques auxquels font face de nombreux producteurs.

Un avenir tourné vers l’autosuffisance

Avec ses projets agricoles en pleine expansion, Mbodia Niass s’inscrit dans les dynamiques nationales de renforcement de la souveraineté alimentaire. Elle démontre qu’une autre forme de leadership est possible : un leadership de proximité, discret mais efficace, au service d’un développement durable et inclusif.

Son engagement pourrait inspirer une nouvelle génération d’acteurs locaux, convaincus que les transformations les plus durables naissent souvent… au cœur des champs.

Ziguinchor – Jubilé des Religieuses et Religieux du Sénégal : le Khalife de Bambilor appelle à la cohésion et à la paix

La ville de Ziguinchor a accueilli, ce week-end, le Jubilé des Religieuses et Religieux du Sénégal, un événement marqué cette année par la présence exceptionnelle de hautes autorités religieuses catholiques et musulmanes.

Aux côtés des responsables de l’Église catholique, plusieurs grandes figures de l’islam ont pris part à la rencontre, dont l’Imam Ratib de Ziguinchor, Younous Aidara, le guide religieux Chérif Moustapha Aidara, ainsi que des représentants du Dahira de Bignona, témoignant ainsi de l’ancrage confrérique particulièrement fort dans la région.

Un appel à la paix et au dialogue

Invité d’honneur de ce grand rendez-vous, le Khalife général de Bambilor, Thierno Amadou Ba, a prononcé un discours fort, axé sur la paix, le dialogue interreligieux et la cohésion sociale.

Selon lui, « il n’y a aucune paix politique durable sans paix spirituelle ».

Face à l’assistance, le Khalife a rappelé l’importance du rôle des religions dans la stabilité et la cohésion sociale du pays. Il a souligné que « le dialogue, l’écoute et le respect mutuel entre communautés demeurent essentiels pour préserver l’harmonie qui caractérise le Sénégal ».

Insistant sur les valeurs de fraternité, il a affirmé que « la paix n’est pas un état statique, mais un engagement exigeant, construit avec constance et humilité ».

Un message aux acteurs politiques

Abordant la situation nationale, Thierno Amadou Ba a rappelé que « les tensions politiques actuelles, notamment autour du tandem présidentiel, ne doivent jamais faire oublier l’essentiel : le Sénégal et son unité ».

Il a appelé les acteurs politiques à faire preuve d’apaisement, de responsabilité et de hauteur, au-delà de tout calcul personnel.

Le chef religieux a également rendu hommage au peuple casamançais pour sa force, sa patience et sa volonté de vivre ensemble. Il a rappelé que la paix durable dans la région exige une collaboration étroite entre autorités religieuses, État, société civile et communautés locales.

Renforcer le dialogue interreligieux

Dans sa prise de parole, le Khalife a réaffirmé « l’importance de renforcer les mécanismes de dialogue entre l’Église catholique, les familles religieuses musulmanes et les organisations locales ».

Ce dialogue, selon lui, doit « se traduire en actions concrètes dans l’éducation, la prévention des extrémismes, la protection des plus vulnérables et la promotion d’une justice sociale équitable ».

Dans une conclusion empreinte de spiritualité, il a invité chaque croyant, selon sa tradition, à devenir un « bâtisseur infatigable de paix » avant de formuler des prières pour la Casamance, pour le Sénégal et pour un monde guidé par la lumière du dialogue et de la fraternité.

Une présence ecclésiale de haut niveau

L’événement a été organisé sous la coordination du Père Zakary Nguirane Ndione, Président de la Conférence des Supérieurs Majeurs, dans la continuité des orientations impulsées sous le pontificat du défunt Pape François.

La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités de l’Église catholique, dont :

Mgr Waldemar Sommertag, Nonce apostolique au Sénégal Mgr Jean-Baptiste Manga, Évêque de Ziguinchor et hôte de la rencontre Mgr Martin Boucar Tine, Évêque de Kaolack Mgr Anderson, Secrétaire du Nonce apostolique au Sénégal Les Révérends vicaires épiscopaux, représentant les différents diocèses impliqués

La diversité et la représentativité de cette délégation ont donné à l’événement une dimension hautement symbolique, illustrant l’unité spirituelle qui caractérise le Sénégal.

Aly Saleh

Kaolack : Des jeunes filles primées pour leur engagement contre les violences de genre

Dans le cadre du Programme DGD 2022-2026, mis en œuvre en partenariat avec Plan International Sénégal et la Coopération belge, l’ONG APROFES a lancé un concours régional de plaidoyer destiné aux jeunes de 15 à 24 ans de la région de Kaolack.

L’initiative vise à renforcer leur engagement citoyen, leur capacité d’expression publique, ainsi que leur contribution à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), en particulier celles dont sont victimes les filles et les jeunes femmes.

Organisé dans le cadre des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles, ce concours s’inscrit dans les objectifs du Programme DGD, qui œuvre pour offrir un environnement protecteur, inclusif et équitable aux adolescents. APROFES, acteur clé de la promotion des droits humains dans la région, assure la coordination de l’ensemble des activités, avec l’appui financier et technique de Plan International.

Renforcer la parole des jeunes pour un changement social durable

À travers ce concours, APROFES a encouragé les jeunes à utiliser diverses formes d’expression adaptées à leurs réalités et à leur créativité : plaidoyer classique, slam, théâtre, poésie ou performances artistiques.

L’objectif est double : développer leurs compétences en communication et favoriser leur implication dans la défense des droits humains.

« Nous voulons que les jeunes prennent la parole, influencent les décisions et deviennent des acteurs de changement dans leurs communautés », souligne la coordination du projet.

Le concours a également permis de sensibiliser le public et les autorités locales aux violences faites aux filles et aux obstacles qui entravent leur épanouissement.

Un processus structuré et des lauréates distinguées

À l’issue de la proclamation des résultats, ce samedi 29 novembre 2025, trois jeunes filles ont été distinguées :

1ᵉʳ prix : Marième Ndiaye Diouf, jeune championne du Programme DGD 2022-2026 et élève en classe de terminale dans la commune de Sibassor. 2ᵉ prix : Aïcha Diamé, étudiante en 2ᵉ année à l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane de Kaolack. 3ᵉ prix : Khadidiatou Ndong, étudiante en froid et climatisation et jeune Championne of Change du programme DGD.

Une initiative multi-acteurs pour un même objectif

Ce concours a réuni plusieurs partenaires : APROFES, Plan International, ainsi que de nombreux acteurs éducatifs et communautaires.

Tous partagent un objectif commun : favoriser un environnement protecteur pour les adolescentes et jeunes femmes, et encourager les jeunes à proposer et impulser des solutions locales contre les violences basées sur le genre.

Cap-Skirring : un réseau de prostitution clandestine démantelé, 18 femmes interpellées dont une séropositive

La gendarmerie de Cap-Skirring a procédé, il y a cinq jours, à une opération coup de poing dans une zone périphérique du village touristique, à la suite d’une dénonciation anonyme signalant l’existence d’un réseau de prostitution clandestine particulièrement actif. L’intervention a permis l’interpellation de dix-huit femmes, majoritairement originaires du Nigeria et de la Sierra Leone, évoluant en marge des circuits légaux et dans des conditions jugées préoccupantes par les enquêteurs.

Parmi les personnes arrêtées figure une mineure. Celle-ci a été immédiatement retirée du dispositif et confiée à une structure spécialisée d’assistance éducative, conformément aux dispositions de protection de l’enfance. Les dix-sept autres femmes, toutes en situation irrégulière sur le territoire sénégalais et dépourvues de carnets sanitaires obligatoires, ont été déférées avant d’être placées sous mandat de dépôt. Elles devront répondre, le 2 décembre prochain, des chefs de séjour irrégulier et d’exercice illégal d’activités réglementées.

L’un des cas les plus préoccupants concerne une des interpellées, déclarée séropositive. Selon des sources relayées par L’Observateur, la jeune femme disposait de médicaments antirétroviraux qu’elle prenait régulièrement dans le but de réduire les risques de transmission du VIH à ses clients. Cette démarche, bien que visant à limiter les dangers sanitaires, ne l’a toutefois pas exemptée de poursuites judiciaires. Elle est notamment inculpée pour mise en danger de la vie d’autrui, une infraction particulièrement grave dans ce type de dossier.

Cette opération de la gendarmerie intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des activités de traite et d’exploitation dans la région. Quelques jours seulement avant ce coup de filet, un autre réseau de traite d’êtres humains avait été démantelé dans la même zone, confirmant que le phénomène demeure profondément ancré autour de Cap-Skirring, destination touristique prisée mais régulièrement confrontée à ce type de dérives.

Les autorités locales affirment vouloir renforcer les contrôles et les opérations préventives afin de freiner ce trafic qui mêle exploitation sexuelle, immigration irrégulière et risques sanitaires. L’affaire, en cours d’instruction, continue de susciter de vives réactions dans la région, où l’on espère que ces interventions répétées permettront de décourager les réseaux opérant dans l’ombre.

Mabintou Diaby évacuée d’urgence à l’hôpital Principal : une scène « terrifiante » selon des témoins

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne et détenue depuis le 23 octobre au Pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec pour association de malfaiteurs, escroquerie portant sur des deniers publics et blanchiment de capitaux, s’est de nouveau brusquement dégradé. Selon les informations rapportées par L’Observateur, elle a été évacuée en urgence, vendredi, vers l’hôpital Principal de Dakar après une aggravation soudaine de son état.

Présent sur les lieux pour rendre visite au député Farba Ngom, lui aussi hospitalisé, Abdou Aziz Diop, adjoint au maire des Agnam, a été témoin de la scène. Encore marqué par ce qu’il a vu, il décrit une situation d’une « cruauté » insoutenable. Il confie avoir été profondément bouleversé par l’état dans lequel se trouvait la détenue et affirme qu’il n’aurait « pas été surpris » d’apprendre qu’elle « avait rendu l’âme », tant la scène était choquante. Son témoignage met en lumière la gravité de la situation médicale de Mabintou Diaby, déjà fragilisée depuis son arrestation.

Au même moment, sa famille vivait des heures d’angoisse et d’incertitude. Taté Diaby, sa sœur, raconte avoir appris l’évacuation de Mabintou par les réseaux sociaux alors qu’elle se rendait au Pavillon spécial pour la visiter. À son arrivée, elle dit avoir patienté durant des heures, espérant obtenir des nouvelles ou pouvoir la voir avant son transfert. Mais l’attente s’est révélée vaine. « On n’a pas pu la voir. Nous avons seulement aperçu une ambulance. Ma petite sœur est allée demander si c’était elle ; on lui a répondu oui, mais qu’il était impossible de la voir car les heures de visite étaient terminées », confie-t-elle avec amertume. Selon elle, le personnel aurait pu leur accorder « au moins cinq minutes » pour s’assurer de l’état de leur sœur.

Cette évacuation soulève de nouvelles interrogations autour des conditions de détention et de prise en charge sanitaire au sein du Pavillon spécial, déjà régulièrement pointé du doigt pour ses insuffisances. La famille de Mabintou Diaby, tout comme certains acteurs publics témoins de la scène, appelle à davantage d’humanité et de transparence dans le suivi médical des détenus dont la santé est en danger.

Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de son état de santé à l’hôpital Principal, où elle demeure sous surveillance médicale étroite.

Fatick – Sokone : Le Chérif Cheybany Aïdara galvanise la jeunesse et appelle à l’unité nationale lors du Gamou annuel

La cité religieuse de Sokone a vibré ce vendredi au rythme du Gamou annuel organisé à l’initiative du Chérif Cheybany Aïdara. La cérémonie officielle, qui a réuni autorités administratives, coutumières, religieuses ainsi que de nombreux fidèles, a été marquée par un message fort en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de l’engagement citoyen.

Devant une foule nombreuse et attentive, le guide religieux a formulé des prières pour un Sénégal stable, uni et prospère. Il a rappelé l’urgence de préserver la solidarité nationale dans un contexte marqué par des défis politiques, économiques et sociaux.

« Que Dieu protège notre pays et continue de guider ses fils et filles vers la concorde », a-t-il déclaré sous les applaudissements des participants.

Un appel vigoureux à la jeunesse

S’adressant particulièrement aux jeunes, le Chérif Cheybany Aïdara a insisté sur leur rôle central dans la construction du Sénégal de demain. Il les a exhortés à s’investir davantage dans l’éducation, l’entrepreneuriat, l’innovation et la citoyenneté active.

Selon lui, la jeunesse doit être au cœur du développement national et porter les valeurs républicaines indispensables à l’émergence du pays.

Mettre fin à l’immigration clandestine

En sa qualité de khalif de la famille chérifienne de Sokone, le guide religieux a placé la lutte contre l’immigration irrégulière au centre de son allocution. Il a dénoncé les illusions entretenues autour de l’émigration vers l’Europe et rappelé que « la véritable réussite se construit ici, dans la dignité et dans le travail ».

Il a également mis en garde contre les réseaux qui profitent du désespoir des jeunes, invitant les familles, les leaders communautaires et les autorités locales à s’impliquer davantage dans la sensibilisation.

Pour le Chérif Aïdara, chaque parent et chaque responsable communautaire doit devenir un rempart contre les fausses promesses qui poussent de nombreux jeunes à risquer leur vie sur les routes migratoires.

Un Gamou fortement mobilisateur

La cérémonie a rassemblé une large frange de la population locale, témoignant de l’aura spirituelle et sociale du Chérif Cheybany Aïdara. Entre prières, chants religieux et échanges fraternels, l’événement a été un moment d’unité et de communion autour des valeurs de paix et de solidarité.

À travers un message empreint de patriotisme et d’espoir, le Chérif Aïdara a rappelé que le développement du Sénégal repose sur l’engagement de tous, particulièrement celui de la jeunesse, appelée à devenir un véritable moteur de transformation sociale.

Kaolack : Naatal Sa Gox multiplie les initiatives en faveur des familles vulnérables

Ce vendredi, le mouvement Naatal Sa Gox a organisé une journée spéciale de remise de dons au profit de différentes couches de la population, dans un élan de solidarité et d’engagement communautaire.

Le mouvement a ainsi offert d’importants dons aux habitants des villages de la localité. Une imprimante et des nattes ont été remises à l’école arabe de Thisse Mass, tandis que divers équipements sanitaires ont été octroyés à la case de santé de Ndiobène Tallène, dans le département de Kaolack.

Selon le coordonnateur du mouvement, Thierno Kébé, cette initiative s’inscrit dans une démarche continue de soutien aux populations vulnérables et de renforcement du lien social, mais également de promotion de l’éducation et de la santé dans la zone.

« Nous avons voulu apporter un peu de réconfort aux familles en difficulté et montrer que la solidarité reste un moteur essentiel pour notre communauté. Il s’agit aussi de permettre aux populations de bénéficier de meilleures conditions de soins », a-t-il déclaré.

Les bénéficiaires, visiblement touchés par cette attention, ont exprimé leur gratitude.

« C’est un geste qui nous aide beaucoup. Nous remercions le mouvement Naatal Sa Gox pour cette initiative », confie l’un d’eux sous anonymat.

Les organisateurs ont annoncé que d’autres actions similaires seront mises en œuvre dans les mois à venir, avec un accent particulier sur l’aide aux enfants et aux familles les plus démunies.

Babacar Ba Forum du justiciable : L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby.

L’état de santé de Mabintou Diaby, épouse du journaliste Madiambal Diagne, est jugé très critique au point qu’elle a été évacuée en urgence à l’hôpital. Les organisations de défense des droits de l’homme ont assez alerté sur la situation des personnes malades et dont la détention est devenue inacceptable. L’État du Sénégal sera tenu responsable de tout ce qui arrivera à Mabintou Diaby. Maintenir une personne malade dans les liens de la détention est inhumain et contraire aux droits fondamentaux. Des mécanismes doivent être rapidement trouvés afin de mettre sous bracelet électronique tous les détenus malades.

Babacar Ba Forum du justiciable

Dernière minute : L’épouse du journaliste Madiambal Diagne évacuée en urgence à l’Hôpital Principal de Dakar

Un développement préoccupant vient de survenir dans l’affaire impliquant la famille du journaliste et patron de presse Madiambal Diagne. Son épouse, Bineta Diaby, qui était jusqu’ici hospitalisée à l’Hôpital Aristide Le Dantec, a été évacuée d’urgence ce vendredi à l’Hôpital Principal de Dakar. Selon des sources proches du dossier, son état de santé se serait brusquement dégradé, nécessitant une prise en charge médicale plus soutenue.

Bineta Diaby était internée depuis plusieurs jours à Le Dantec, mais les médecins auraient constaté une évolution jugée « très difficile », ce qui a motivé son transfert immédiat vers un établissement mieux équipé pour faire face à la gravité de la situation. Pour l’instant, aucune information officielle n’a été communiquée sur la nature exacte de son malaise, mais son entourage évoque une forte détérioration de son état physique et moral depuis son arrestation.

Pour rappel, l’épouse de Madiambal Diagne a été arrêtée en septembre dernier, en même temps que deux de leurs fils et un proche de la famille. Tous ont été placés sous mandat de dépôt dans le cadre d’une vaste enquête portant sur des accusations d’« escroquerie portant sur des deniers publics, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux ». Une affaire qui a suscité de nombreux commentaires dans le paysage médiatique et politique, compte tenu de la notoriété du journaliste.

Depuis leur incarcération, plusieurs sources rapportent que Bineta Diaby avait exprimé des difficultés psychologiques et physiologiques, accentuées par les conditions de détention et la pression médiatique entourant le dossier. Son avocat avait déjà alerté sur la nécessité d’un suivi médical rapproché.

Son transfert vers l’Hôpital Principal constitue donc une étape critique, qui pourrait relancer le débat sur la santé des personnes détenues et leurs conditions de prise en charge dans les structures pénitentiaires et hospitalières du pays. Les prochaines heures seront déterminantes pour évaluer son évolution.

Foundiougne : Quarante-quatre candidats à la migration irrégulière interpellés, une personne portée disparue

Une opération menée ce 27 novembre 2025 par la Brigade territoriale de Foundiougne a permis l’interpellation de quarante-quatre candidats à la migration irrégulière dans la forêt de la presqu’île de Mboro, au niveau du village de Félane. L’intervention des gendarmes a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement signalant un important rassemblement suspect dans cette zone boisée, soupçonné de préparer un départ clandestin par voie maritime.

Selon les informations fournies par la gendarmerie, les personnes arrêtées sont originaires de plusieurs pays de la sous-région. Le groupe est composé de vingt-deux ressortissants gambiens, quinze Sénégalais, trois Nigériens, trois Bissau-Guinéens et un Ivoirien. Tous ont été conduits dans les locaux de la brigade pour les besoins de l’enquête, qui se poursuit afin d’identifier les éventuels organisateurs de cette tentative de migration irrégulière.

Les premiers éléments recueillis par les enquêteurs font état d’un incident survenu lors de la tentative d’embarquement. Une bousculade aurait éclaté dans les bolongs, entraînant la disparition d’une personne. Alertés, les sapeurs-pompiers de Foundiougne se sont immédiatement déployés dans la zone afin de mener des recherches pour tenter de retrouver le disparu. Les opérations se poursuivent malgré la difficulté du terrain, caractérisé par un réseau de bras d’eau et de zones marécageuses.

La gendarmerie souligne que cette intervention illustre l’importance de la coopération entre les populations et les forces de sécurité. Face à la recrudescence des départs clandestins enregistrés ces dernières semaines, les autorités insistent sur la nécessité pour les habitants de continuer à fournir des renseignements essentiels afin de prévenir de nouveaux drames. Cette arrestation massive rappelle une fois de plus les risques encourus par les candidats à la migration irrégulière et la détermination des forces de sécurité à lutter contre ce phénomène.

Arachide : un prix maintenu à 305 F CFA mais une annonce qui inquiète les acteurs de la filière

L’annonce du prix du kilogramme d’arachide pour la nouvelle campagne continue d’alimenter les débats au sein des organisations paysannes et des acteurs de la commercialisation. Fixé à 305 francs CFA, soit le même niveau que l’année précédente, ce prix ne suscite pas de contestations majeures sur le fond. En revanche, la méthode utilisée pour le rendre public fait naître de nombreuses inquiétudes, tant chez les producteurs que chez les opérateurs économiques.

Aly Diaw, président de la coopérative agricole de Kahi et membre du Comité national interprofessionnel de l’arachide (CENIA), figure parmi ceux qui dénoncent la démarche adoptée par les autorités. Selon lui, l’annonce a été faite de manière unilatérale et en dehors du cadre institutionnel habituel. Il estime qu’un tel prix devrait être officialisé en Conseil des ministres, en présence de l’ensemble des parties prenantes, et sur la base des conclusions des différentes rencontres tenues ces dernières semaines. Pour le responsable paysan, cette façon de procéder crée une zone d’ombre sur la transparence du processus.

Bien qu’il juge le prix « acceptable » dans un contexte de baisse des cours mondiaux de l’arachide, Aly Diaw dit s’inquiéter davantage de la disponibilité des financements, un élément clé pour assurer le bon déroulement de la campagne. Il souligne également l’absence de clarifications sur la mise en place des taraars, un mécanisme de régulation souvent évoqué mais dont l’application reste incertaine. À cela s’ajoute le problème non résolu des dettes des opérateurs économiques, un préalable indispensable selon lui pour éviter toute perturbation lors du démarrage des opérations d’achat. Dans ces conditions, il se dit « un peu inquiet pour la commercialisation » et espère que les fonds nécessaires seront mis à disposition dans les délais.

Les réserves sont tout aussi fortes du côté des organisations de défense des producteurs. Bassirou Ba, président du mouvement Aar Sunu Momel, évoque une série d’incohérences institutionnelles et une communication qu’il juge précipitée. Il rappelle que la fixation du prix plancher ne signifie en aucun cas l’ouverture officielle de la campagne, laquelle doit passer par un conseil interministériel chargé de définir les modalités opérationnelles. Selon lui, aucune trace de cette décision ne figure dans les comptes rendus du Conseil des ministres, ce qui rend l’annonce encore plus problématique.

Bassirou Ba conteste également l’affirmation du ministre selon laquelle les discussions avec le CENIA auraient permis d’aboutir à un consensus sur le prix. Il affirme qu’une rencontre s’est bien tenue une vingtaine de jours plus tôt, mais qu’aucune organisation paysanne ni aucun membre du CENIA ne s’était prononcé officiellement sur le montant. Pour lui, l’absence de mesures d’accompagnement concrètes montre que la campagne est loin d’être opérationnelle : les tonnages réservés aux industries et aux opérateurs ne sont pas connus, les modalités d’ouverture des frontières n’ont pas été précisées, et aucun dispositif clair n’a encore été présenté concernant les taraars ou les points de collecte.

Ces incertitudes sont renforcées par la situation financière préoccupante de la SONACOS et par les dettes accumulées par les opérateurs, estimées à 184 milliards de francs CFA. À cela s’ajoute un contexte international défavorable, marqué notamment par une production record en Chine, évaluée à 227 millions de tonnes, qui pourrait réduire la compétitivité des exportations sénégalaises.

Face à ces défis multiples, Bassirou Ba met en garde contre les dérives déjà observables sur le terrain. En l’absence de mesures officielles garantissant le respect du prix plancher, il estime que certains opérateurs peuvent se permettre d’acheter l’arachide à des prix très bas, parfois autour de 150 francs, sans risque de sanction. Selon lui, cette campagne pourrait se révéler plus difficile que les précédentes si les autorités ne clarifient pas rapidement le dispositif d’encadrement.

Kaolack : Le directeur régional de l’ONAS multiplie les actions pour soulager les populations

Depuis son arrivée à la tête de la direction régionale de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) à Kaolack, Serigne Mbaye Sy Thiam se distingue par une présence constante sur le terrain. Avec une approche participative et un engagement affirmé, il s’emploie à apporter des solutions durables aux problèmes liés aux déversements d’eaux usées qui touchaient plusieurs quartiers de la ville.

À Taba Ngoye, Dialègne, Abattoirs et surtout à Médina Baye, de nombreuses difficultés avaient été signalées. Les ruelles menant vers la maison de feu Serigne Mamoune Niass, la route de Thierno Hassan Dème ou encore le passage vers l’ancienne pharmacie étaient régulièrement confrontées à des débordements d’eaux usées, un véritable calvaire pour les habitants.

Aujourd’hui, ces problèmes sont définitivement réglés ou ne sont plus qu’un lointain souvenir.

Ces résultats sont le fruit d’une méthode claire : un directeur présent sur le terrain, travaillant aux côtés de ses équipes pour évaluer les situations et intervenir rapidement. Cette proximité a été largement saluée par les populations, qui y voient la marque d’un leadership efficace et attentif à leurs besoins.

Pour renforcer les opérations, un grand camion spécialisé a été mobilisé afin d’appuyer la logistique et d’accélérer les interventions.

Serigne Mbaye Sy Thiam a par ailleurs assuré que les opérations de curage hydrodynamique du réseau primaire d’assainissement se poursuivront dans l’ensemble des zones concernées, jusqu’au retour définitif à la normale.

Boulangerie clandestine à Biafra : sept individus interpellés par le Commissariat de Diamaguène Sicap Mbao

Le Commissariat d’Arrondissement de Diamaguène Sicap Mbao a procédé, le 26 novembre 2025, à l’interpellation de sept individus impliqués dans une affaire d’association de malfaiteurs, de mise en danger de la vie d’autrui et de production d’aliments impropres à la consommation. Les mis en cause sont également poursuivis pour non-respect de la réglementation encadrant les activités de boulangerie et pâtisserie au Sénégal.

L’opération a été déclenchée à la suite de l’exploitation d’un renseignement opérationnel faisant état de l’existence d’une boulangerie clandestine dans le quartier de Biafra. Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée et a réussi à interpeller un premier individu présenté comme le propriétaire de l’établissement. Celui-ci a été accompagné lors d’une perquisition qui a permis de découvrir un environnement insalubre et des pratiques dangereuses pour la santé publique.

Sur les lieux, les enquêteurs ont trouvé deux fours artisanaux fonctionnant au charbon, quinze sacs de farine entreposés à proximité de déchets, ainsi que plusieurs sacs de sel et de sucre ouverts et exposés à l’air libre. Soixante plateaux ont été découverts, dont cinquante-cinq remplis de baguettes recouvertes de sacs inadaptés, en présence de mouches et d’insectes. Les agents ont également constaté l’utilisation de quatre bidons d’eau pour la préparation du pain et d’une machine pétrisseuse locale ne respectant aucune norme d’hygiène. Deux motos destinées à la livraison complétaient l’équipement.

Les locaux dégageaient une forte odeur nauséabonde et présentaient un niveau d’insalubrité inquiétant, avec la présence de vers de terre et d’animaux domestiques, notamment des chats. L’ensemble du matériel a été consigné en vue de son placement sous scellé et la boulangerie a été immédiatement fermée.

Lors de son audition sommaire, le propriétaire a reconnu exercer cette activité depuis plusieurs années sans autorisation administrative. Ses six employés ont également été interpellés. Tous les sept ont été placés en garde à vue pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, production et mise en vente d’aliments impropres à la consommation, ainsi que violation des normes réglementant le secteur de la boulangerie et de la pâtisserie au Sénégal.

Une enquête approfondie est en cours pour déterminer l’ampleur des activités de cette boulangerie clandestine et les risques sanitaires encourus par les populations du secteur.

Samuel Sarr renvoyé en audience spéciale dans l’affaire des 2 milliards l’opposant à Cheikh Amar

L’ancien ministre de l’Énergie sous le régime de Me Abdoulaye Wade, Samuel Sarr, fait désormais face à un procès très attendu devant le tribunal correctionnel de Dakar. Selon le quotidien L’As, il a été inculpé par le juge du deuxième cabinet et placé sous contrôle judiciaire depuis le 6 avril dernier pour des faits d’abus de confiance portant sur une somme faramineuse de deux milliards de francs CFA. Cette procédure, qui le met aux prises avec l’homme d’affaires Cheikh Amar, est l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles hérités de la période post-alternance.

L’affaire a été appelée hier devant le tribunal correctionnel, mais le juge a finalement décidé de renvoyer les débats à une audience spéciale fixée au 30 avril 2026. Ce renvoi vise à permettre la comparution du plaignant et à donner le temps nécessaire aux différentes parties pour présenter leurs arguments et plaidoiries.

À l’origine de ce contentieux, un prêt de deux milliards de francs CFA que Cheikh Amar affirme avoir accordé à Samuel Sarr en 2014. Selon la partie civile, l’homme d’affaires soutient que l’ancien ministre lui avait demandé ces fonds au nom de Me Abdoulaye Wade, présenté comme étant dans une situation financière difficile après la perte du pouvoir par le Parti démocratique sénégalais (PDS). Cheikh Amar dit avoir émis plusieurs chèques pour atteindre le montant total de deux milliards, remettant les fonds à Samuel Sarr dans le but qu’ils soient transmis à l’ancien président. Or, selon lui, cette somme n’est jamais parvenue au « Pape du Sopi ».

Face à l’absence de remboursement et aux explications jugées insatisfaisantes, Cheikh Amar a finalement décidé de porter plainte pour récupérer son argent. Convoqué dans le cadre de l’enquête à la Section de recherches de la Gendarmerie, Samuel Sarr a riposté en déposant lui aussi une plainte contre l’homme d’affaires. Malgré cette contre-offensive judiciaire, c’est finalement lui qui a été inculpé, placé sous contrôle judiciaire et laissé en liberté provisoire en attendant son procès.

L’ancien ministre a tenté de se défendre en produisant un document signé qui, selon lui, retrace la destination des fonds querellés. Ce document mentionnerait une liste de dignitaires religieux, d’hommes politiques, de journalistes et d’avocats qui auraient bénéficié des deux milliards en question. Une version contestée par la partie civile, qui reste convaincue que l’argent était destiné exclusivement à Me Wade et n’a jamais été transmis.

Le renvoi de l’affaire en audience spéciale donne désormais près de cinq mois aux deux camps pour affiner leurs stratégies et préparer une confrontation judiciaire qui s’annonce particulièrement scrutée. Ce dossier, où se mêlent enjeux politiques, relations d’affaires et allégations de détournement, pourrait lever un coin du voile sur des pratiques financières longtemps restées opaques dans les cercles du pouvoir de l’époque Wade. Le 30 avril 2026, le tribunal correctionnel sera appelé à trancher un litige qui continue d’alimenter les spéculations et les interrogations au sommet de la scène politique sénégalaise.

Affaire Madiambal Diagne : le président de la CENTIF clarifie sa position

Dans un entretien accordé jeudi au quotidien Le Soleil, le président de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, est revenu sur la polémique née des déclarations du journaliste Madiambal Diagne, qui conteste être mis en cause dans un des rapports de la structure. Face à la question, Siby a adopté un ton à la fois pédagogique et ferme, tout en rappelant d’emblée les limites légales qui encadrent ses prises de parole publiques. « La CENTIF est tenue à une obligation de réserve qui nous interdit de commenter le fond d’une affaire particulière, de citer des noms ou de revenir sur des pièces d’un dossier en cours », a-t-il expliqué, refusant ainsi de mentionner directement le fondateur du groupe Avenir Communication.

Tout en respectant ce devoir de réserve, le président de la CENTIF a tenu à rappeler plusieurs principes relatifs au fonctionnement de l’institution. Il a d’abord insisté sur la nature même de la CENTIF, qui n’est ni une juridiction ni un service de police, mais une cellule de renseignement financier chargée de recevoir, d’analyser et d’enrichir les déclarations d’opérations suspectes ainsi que diverses informations financières pertinentes. Lorsque les analyses aboutissent à des éléments suffisamment étayés, celles-ci sont ensuite transmises aux autorités compétentes. Il a également insisté sur la traçabilité des procédures internes, assurant que la chronologie des actes posés par la CENTIF est entièrement documentée. Les dates portées sur les rapports, précise-t-il, correspondent toujours à l’achèvement du travail d’analyse et à la validation collégiale du document.

Cheikh Mouhamadou Bamba Siby a enfin rappelé que toute contestation portant sur un document, une irrégularité supposée ou une interprétation doit se faire dans le cadre judiciaire. Il a souligné que la procédure judiciaire est l’unique espace légitime pour discuter du contenu des rapports ou des conclusions de la cellule, et non le terrain médiatique. Selon lui, le rôle de la CENTIF est strictement technique : elle éclaire des flux financiers suspects, tandis qu’il revient aux magistrats, en toute indépendance, d’apprécier la valeur des analyses produites.

Ces mises au point interviennent dans un contexte où Madiambal Diagne, actuellement en fuite en France, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice sénégalaise. Il est visé par une information judiciaire ouverte par le Pool judiciaire financier pour association de malfaiteurs, escroquerie sur les deniers publics, blanchiment de capitaux en bande organisée, utilisation de facilités liées à l’exercice d’une activité professionnelle, ainsi que complicité de ces infractions. L’enquête fait suite à un rapport de la CENTIF évoquant des transactions suspectes impliquant une société dont il est administrateur et l’entreprise française Ellipse Projects.

Ces développements ont conduit au placement sous mandat de dépôt de l’épouse du journaliste et de deux de leurs enfants, une situation que Madiambal Diagne qualifie de « dossier politique ». Les autorités judiciaires poursuivent quant à elles les investigations, tandis que la CENTIF réaffirme son rôle strictement technique et sa neutralité institutionnelle dans le traitement de toutes les opérations financières suspectes portées à sa connaissance.

Kaolack se prépare à célébrer son 105e anniversaire : un CRD trace les contours d’un événement historique

La cité de Mbossé Coumba Djiguène s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Ce matin, la salle de conférence de la gouvernance de Kaolack a abrité un Comité régional de développement (CRD) présidé par le gouverneur Mouhamadou Moctar Watt, en présence du maire Serigne Mboup, des chefs de services déconcentrés de l’État et de plusieurs acteurs locaux. Objectif : définir les grandes orientations de la célébration du 105e anniversaire de la commune.

À l’ouverture des travaux, le gouverneur a insisté sur la portée symbolique et citoyenne de l’événement. « Kaolack doit célébrer son histoire, mais surtout son avenir. C’est une occasion de fédérer les énergies et de valoriser notre patrimoine », a-t-il déclaré. Le CRD a ainsi examiné un programme préliminaire visant à mettre en lumière les bâtisseurs, les figures historiques et les personnalités ayant contribué au développement de la ville.

Un événement pour renforcer l’unité et promouvoir le potentiel de Kaolack

Selon les premières orientations présentées, l’anniversaire se veut un levier de mobilisation citoyenne, mais aussi une opportunité de marketing territorial. Le maire, Serigne Mboup, a rappelé la nécessité de mieux connaître l’histoire locale afin de construire une vision durable. « On ne peut bâtir un avenir solide sans maîtriser notre passé. Kaolack a un potentiel immense — culturel, économique, touristique et sportif. Nous devons apprendre à mieux le valoriser », a-t-il affirmé.

Des activités culturelles, sportives, éducatives et économiques sont prévues pour mettre en avant les richesses de la commune. L’événement entend également accorder une place particulière à l’entrepreneuriat local, au patrimoine architectural et à la valorisation du rôle des pionniers qui ont façonné la ville.

Une plateforme participative pour impliquer les citoyens

Dans une optique d’inclusion, une plateforme numérique participative a été lancée. Elle permettra aux habitants de suivre l’évolution des préparatifs, de proposer des idées et d’exprimer leurs préoccupations. Le gouverneur a exhorté les chefs de services à s’engager pleinement : « La réussite de cet anniversaire dépend de chacun de nous. Kaolack doit être présentée sous son meilleur jour », a-t-il insisté.

Ce CRD marque ainsi une étape décisive dans les préparatifs d’une célébration qui s’annonce mémorable. À 105 ans, Kaolack veut rappeler son statut de carrefour historique, économique et culturel, tout en ouvrant une nouvelle ère tournée vers un développement durable et inclusif.

Mbour : Interpellation pour trafic d’Ecstasy, 187 comprimés saisis

Le Commissariat central de Mbour a procédé, le 26 novembre 2025 aux environs de 18h, à l’interpellation d’un individu suspecté d’offrir et de céder des comprimés d’Ecstasy. Cette arrestation fait suite à l’exploitation d’un renseignement opérationnel indiquant que le mis en cause serait à la tête d’un réseau de trafic de cette drogue dans son quartier.

Une équipe d’intervention a été immédiatement mobilisée pour mettre fin aux activités de l’individu. Lors de son interpellation, celui-ci était en possession de dix comprimés d’Ecstasy. Les investigations se sont poursuivies par une perquisition effectuée dans sa chambre, où les forces de l’ordre ont découvert 177 autres comprimés soigneusement dissimulés dans deux boîtes de médicaments. Au total, ce sont donc 187 comprimés d’Ecstasy qui ont été saisis.

Le suspect a été placé en garde à vue tandis que l’enquête est actuellement en cours afin de déterminer l’ampleur du réseau et l’implication éventuelle d’autres personnes. Les autorités locales rappellent la vigilance nécessaire face à la prolifération des substances illicites et soulignent l’importance de la collaboration avec la population pour lutter efficacement contre ce fléau.

Dakar : la marche du COIMAS autorisée et encadrée par un arrêté préfectoral

La capitale sénégalaise s’apprête à accueillir, ce vendredi 28 novembre 2025, une marche pacifique organisée par le Collectif pour la Défense des Intérêts des Marchands du Sénégal (COIMAS). L’événement, qui intervient dans un contexte de fortes revendications du secteur du commerce informel, a officiellement reçu l’autorisation du préfet de Dakar, Mouhamadou Makhtar Blondin Ndiaye.

Dans un arrêté rendu public, l’autorité administrative encadre strictement la manifestation afin d’assurer son bon déroulement. Le document précise d’abord les horaires retenus : la marche débutera à 15 heures et devra prendre fin à 18 heures, heure à laquelle les participants procéderont à la dislocation. Ces indications visent, selon la préfecture, à garantir la sécurité des marcheurs comme celle des usagers de la voie publique, tout en limitant les perturbations dans une zone particulièrement fréquentée de la capitale.

L’itinéraire autorisé témoigne également d’une volonté de canaliser le cortège dans des axes jugés compatibles avec les impératifs de mobilité urbaine. Les manifestants se rassembleront à la station Oilybia située à la Cité Port, point de départ retenu pour la mobilisation. De là, ils avanceront le long de l’Avenue Cheikh Ahmadou Bamba, avant de rejoindre le rond-point de la Maison du Parti socialiste, un lieu symbolique et souvent associé aux grandes manifestations publiques. Le parcours se poursuivra jusqu’à l’intersection des deux voies du Lycée John Fitzgerald Kennedy, où se tiendra le point d’arrivée et la dislocation de la marche.

Le COIMAS, qui fédère une partie importante des marchands et commerçants du pays, entend par cette action attirer l’attention des autorités sur les difficultés auxquelles fait face le secteur, notamment en matière de fiscalité, d’espaces de travail, de régulation des marchés et de protection sociale. Les organisateurs assurent que la marche sera pacifique et respectueuse des consignes préfectorales, dans un climat où la recherche d’un dialogue constructif reste essentielle.

Du côté des forces de l’ordre, un dispositif sécuritaire adapté devrait être déployé afin d’encadrer le cortège, faciliter la circulation et prévenir tout débordement. La préfecture rappelle enfin que toute manifestation autorisée doit se dérouler dans le respect strict des lois et règlements, et que les organisateurs demeurent responsables de la discipline au sein du groupe.

Kaolack célèbre la Semaine nationale des personnes âgées : entre reconnaissance, soins et nouvelles perspectives

La région de Kaolack a donné, ce jeudi 27 novembre 2025, le coup d’envoi de la Semaine nationale des personnes âgées. L’événement, organisé par la Direction régionale de l’Action sociale en collaboration avec le Conseil régional des aînés, a été présidé par l’adjoint au gouverneur, Mouhamed Habib Camara. Cette célébration met à l’honneur les seniors, reconnus comme des acteurs essentiels du développement communautaire.

Placée cette année sous le thème : « Les personnes âgées, moteurs de l’action locale et nationale : nos aspirations, notre bien-être et nos droits », l’édition 2025 a réuni autorités administratives, acteurs sociaux, professionnels de la santé et représentants d’associations d’aînés.

Dans son allocution, Mouhamed Habib Camara est revenu sur l’historique de la Journée nationale des personnes âgées, instaurée en 1987 pour promouvoir la dignité, la protection et l’inclusion sociale des seniors. Il a également souligné que le choix porté sur Kaolack cette année reflète la pertinence des initiatives locales en faveur des personnes âgées.

Des panels pour mieux comprendre les enjeux du vieillissement

Les activités ont été enrichies par trois panels thématiques consacrés à la place des personnes âgées dans la gouvernance locale, à leurs droits sociaux et aux défis sanitaires liés au vieillissement. Ces échanges ont permis d’apporter une réflexion scientifique et citoyenne sur le rôle des aînés dans la société sénégalaise.

Une journée médicale pour améliorer l’accès aux soins

En marge de la cérémonie officielle, une consultation médicale gratuite a été organisée au bénéfice des personnes âgées. Plus de 113 seniors ont pu recevoir des soins. Une initiative vivement saluée, perçue comme une réponse concrète aux difficultés d’accès aux services de santé.

Mouhamed Habib Camara a profité de l’occasion pour rappeler les efforts consentis par l’État depuis plusieurs décennies, citant notamment le Plan Sésame, les bourses de sécurité familiale et la Couverture maladie universelle (CMU), qui contribuent à améliorer les conditions de vie des aînés.

Vers une loi d’orientation pour mieux protéger les aînés

Le représentant de l’État a également annoncé la préparation d’une nouvelle loi d’orientation dédiée aux personnes âgées. Ce futur texte devrait intégrer plusieurs mesures dont :

la création d’une maison dédiée aux personnes âgées, l’instauration d’un minimum vieillesse, l’attribution de ressources spécifiques aux structures d’accompagnement.

En conclusion, Mouhamed Habib Camara a réaffirmé la détermination du gouvernement à renforcer l’intégration sociale des personnes âgées, qualifiées de « mémoires vivantes et véritables piliers de la nation ».

Infanticide à Grand Yoff : une jeune femme arrêtée après la découverte du corps de son nouveau-né

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, le 26 novembre 2025, à l’interpellation d’une femme soupçonnée d’infanticide, une affaire qui a profondément choqué le quartier et suscité une vive émotion. Les faits remontent au 20 novembre, lorsqu’un service médical a alerté la police après avoir pris en charge une patiente présentant des signes évidents d’accouchement récent. Les praticiens avaient également été informés que la jeune femme venait de mettre fin à la vie de son nouveau-né de sexe masculin.

Dès la réception de la saisine, une équipe d’enquêteurs s’est rendue auprès de la patiente, alors hospitalisée, afin de procéder à un premier interrogatoire sommaire. Sur son lit d’hôpital, la mise en cause a reconnu les faits. Elle a expliqué avoir dissimulé sa grossesse à toute sa famille, issue d’une relation avec son petit ami, et avoir accouché seule dans les toilettes. Selon ses déclarations, elle aurait ressenti de vives douleurs au bas-ventre avant de voir apparaître la tête du nouveau-né.

Après l’accouchement, la jeune femme affirme avoir enveloppé l’enfant dans un tissu puis dans un sachet plastique avant de le jeter dans une poubelle située derrière les toilettes. Confrontée à une forte hémorragie après l’accouchement, elle a été immédiatement hospitalisée à la maternité où elle a reçu des soins d’urgence. Une fois son état stabilisé, les enquêteurs l’ont accompagnée à son domicile, au quartier Arafat, pour procéder aux constatations d’usage. Les sapeurs-pompiers y ont récupéré le corps du bébé afin de le transférer pour examen.

L’autopsie effectuée sur le nouveau-né a révélé un corps de sexe masculin, pesant 2,8 kilogrammes, en bon état de conservation, et dont la mort est survenue dans un contexte « compatible avec une asphyxie mécanique par strangulation ». Ces conclusions médico-légales ont renforcé les soupçons sur la responsabilité directe de la mère.

À l’issue des soins et des constatations, la mise en cause a été placée en garde à vue. Une enquête judiciaire est en cours afin de déterminer les circonstances exactes du drame et d’établir les responsabilités pénales. Ce nouvel acte d’infanticide relance le débat sur la précarité psychologique, sociale et économique de certaines femmes confrontées à des grossesses non désirées, ainsi que sur la nécessité d’un accompagnement plus précoce et plus efficace.

Crise des bourses : la Fenapes appelle au dialogue pour apaiser les tensions dans les universités sénégalaises

Face à une montée inquiétante des tensions dans les universités publiques sénégalaises, la Fédération Nationale des Associations de Parents d’Elèves et Etudiants du Sénégal (Fenapes) a lancé un appel solennel au dialogue. La principale préoccupation de l’organisation est le retard répété dans le paiement des bourses étudiantes, qui représentent la principale source de subsistance pour de nombreux étudiants. Selon la Fenapes, cette situation menace aujourd’hui la stabilité de l’espace universitaire et fragilise les établissements d’enseignement supérieur du pays.

La structure interpelle directement le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation afin de trouver une « issue rapide et heureuse à cette situation », rapporte le journal Le Soleil. Pour la Fenapes, le retard dans le versement des bourses est devenu insupportable, soulignant qu’elles constituent « la principale source de vie de l’étudiant ».

La tension se fait ressentir sur plusieurs campus à travers le Sénégal. À Kaolack, les étudiants de l’Université El Hadj Ibrahima Niass réclament depuis deux semaines de meilleures conditions de vie. À Kaffrine, la colère a éclaté dans les rues le 10 novembre dernier, tandis qu’à Dakar, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) observent un mouvement d’humeur pour exiger le paiement de leurs bourses. À Saint-Louis, des étudiants ont même bloqué la route nationale pour faire entendre leurs revendications, déplore la Fenapes.

Tout en reconnaissant la légitimité de ces revendications, la Fenapes appelle les étudiants à la modération et au sens des responsabilités. Son président, Ibrahima Top, insiste sur la nécessité de privilégier la retenue et le dialogue plutôt que la confrontation. « Parents, autorités et étudiants doivent œuvrer ensemble pour préserver la paix et la stabilité dans l’espace universitaire », souligne-t-il, rappelant que la concertation reste la meilleure voie pour résoudre cette crise.

“Adversité Silencieuse” de BKD : dévoiler la face cachée du milieu professionnel

Le monde de la culture s’apprête à accueillir un nouvel ouvrage intitulé Adversité Silencieuse. Dans cette publication, son auteur, Boubacar Kambel Dieng (BKD), met en lumière la face cachée du milieu professionnel au Sénégal.

“Dans un monde professionnel où ambitions et tensions se croisent chaque jour, Adversité Silencieuse plonge au cœur de réalités souvent tues”, résume le journaliste-communicant Boubacar Kambel Dieng.

Préfacé par le sociologue Pr Djiby Diakhaté et relu par l’éminent inspecteur du travail à la retraite et enseignant à l’École Nationale d’Administration (ENA), Abdou Fouta Diakhoumpa, cet ouvrage dévoile les dessous du monde du travail au Sénégal.

“Vous y découvrirez des récits marquants, des analyses claires et des histoires de résilience qui mettent en lumière la méchanceté silencieuse, les jeux de pouvoir et les inégalités qui minent nos espaces professionnels. Mais le livre ouvre aussi des pistes d’espoir, en présentant des initiatives inspirantes et des solutions pour bâtir des environnements plus humains et plus justes”, explique BKD.

L’auteur y dépeint un milieu professionnel où le plus fort écrase souvent le plus faible sans être inquiété. Pourtant, il nourrit l’espoir d’un changement.

“Avec une écriture directe et sensible, Adversité Silencieuse rappelle que derrière chaque injustice, il y a des vies, des rêves et une force capable de transformer l’adversité”, martèle-t-il, avant de donner rendez-vous aux lecteurs très prochainement dans les bacs à livres, aux éditions ELMA.

Par Aly Saleh

Affrontements violents lors d’une opération de désencombrement à Dakar-Plateau

Une opération de désencombrement conduite mardi dernier par les services municipaux de Dakar-Plateau a dégénéré en violents affrontements en plein centre-ville. Les faits se sont déroulés vers 16 heures, sur la rue Valmy, où agents municipaux et vendeurs ambulants se sont livrés à une bagarre générale, causant deux blessés graves au sein du personnel municipal.

L’intervention, menée sous la supervision de la mairie dirigée par Alioune Ndoye, avait pour objectif de libérer la voie publique fortement encombrée par des marchands ambulants. Parmi eux figuraient des « tabliers » et des vendeurs à la sauvette installés sur les trottoirs et les abords de la chaussée. Les autorités locales avaient ordonné leur retrait immédiat afin de fluidifier la circulation et de rétablir l’ordre dans cette zone particulièrement fréquentée du centre-ville.

Cependant, l’opération a rapidement pris une tournure inattendue. Refusant de quitter les lieux, plusieurs commerçants ont opposé une résistance vigoureuse aux agents municipaux. Les échanges verbaux ont laissé place à une confrontation physique d’une rare intensité. Selon le quotidien Libération, qui rapporte les faits, deux agents municipaux ont été violemment pris à partie et sévèrement blessés. Leur état a nécessité une prise en charge médicale approfondie.

Alertées par la situation explosive, les forces de police du commissariat de Rebeuss sont intervenues promptement pour rétablir le calme et empêcher l’escalade des violences. Grâce à leur action, l’affrontement a pu être maîtrisé avant qu’il ne provoque davantage de dégâts ou de blessés.

À la suite de l’intervention policière, trois vendeurs ambulants ont été interpellés. Ils ont été placés en garde à vue et feront face à plusieurs chefs d’inculpation, notamment pour trouble à l’ordre public, violences et voies de fait sur des agents publics. L’enquête devra déterminer les responsabilités exactes et les circonstances ayant conduit à cette confrontation particulièrement tendue.

Révélation autour de la mort de Mouhamed Ndiaye : l’agression mortelle inventée par son ami pour couvrir un accident de moto

L’affaire avait d’abord été présentée comme une agression d’une rare violence survenue à Richard-Toll. Mais les premiers éléments de l’enquête ont complètement renversé cette version. Mouhamed Ndiaye n’a pas été victime d’une attaque, contrairement à ce qui avait été relayé dans la presse. Selon Libération, cette thèse n’était qu’une mise en scène élaborée par son ami A. D. Mbodji, témoin direct du drame et à l’origine de l’alerte initiale.

Face aux gendarmes, Mbodji a finalement reconnu avoir inventé de toutes pièces le scénario d’une agression mortelle. En larmes, il a avoué : « Je suis désolé, j’ai menti, j’ai tout inventé. » Pressé par les questions des enquêteurs, il a fini par s’effondrer et admettre les faits tels qu’ils se sont réellement déroulés.

Le mis en cause explique qu’il a simulé une agression dans l’espoir d’échapper à la justice, car la moto impliquée dans l’accident ne disposait d’aucun document administratif. Il confie également qu’au moment de quitter Richard-Toll pour se rendre à Dagana, le jour du drame, il avait cédé les commandes de l’engin à Mouhamed Ndiaye, alors que ce dernier « ne savait pas bien conduire ».

Revenant sur les circonstances exactes de l’accident, Mbodji raconte qu’ils sont arrivés à hauteur d’un virage particulièrement délicat. C’est à cet endroit que Mouhamed Ndiaye aurait perdu le contrôle de la moto, provoquant une sortie de route. Sous la violence du choc, la victime est décédée sur le coup. Pris de panique, son ami a alors fabriqué l’histoire d’une agression pour détourner les soupçons et éviter des poursuites liées à la conduite de la moto.

Toujours selon Libération, A. D. Mbodji sera déféré ce jeudi au parquet de Saint-Louis. Il devrait répondre de plusieurs chefs d’inculpation : mise en danger de la vie d’autrui, remise d’une moto à une personne non titulaire du permis de conduire, et homicide involontaire.

Transmission volontaire du VIH : une affaire hautement sensible secoue Ziguinchor

Selon les informations rapportées par L’Observateur, une affaire d’une sensibilité extrême occupe actuellement le devant de la scène judiciaire à Ziguinchor. Une jeune prostituée nigériane de 23 ans, connue sous le pseudonyme de « Nelly », a comparu mardi 25 novembre 2025 devant le Tribunal de Grande Instance, poursuivie pour suspicion de transmission volontaire du VIH/Sida. Son cas suscite une vive émotion dans la ville, où son activité était déjà entourée de rumeurs et de tensions depuis son arrivée en début d’année, après un séjour en Gambie.

Le procureur de la République a requis une peine d’une sévérité notable. Il a demandé que la prévenue soit condamnée à deux ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une amende de cinq millions de francs CFA, ainsi que son expulsion du territoire sénégalais une fois la peine purgée. Pour le ministère public, il ne fait aucun doute que la situation est d’une gravité exceptionnelle. Selon l’accusation, « Nelly » aurait délibérément exposé plusieurs clients au VIH lors de rapports sexuels non protégés, alors qu’elle était parfaitement consciente de son statut sérologique. Cette connaissance préalable de sa condition serait, selon le parquet, une circonstance aggravante majeure.

Dans son réquisitoire, le procureur a souligné la nature particulièrement dangereuse des faits reprochés, affirmant que ceux-ci présentent des risques sanitaires considérables et portent atteinte à l’ordre public. Il a également évoqué les antécédents jugés préoccupants de la jeune femme, estimant que seule une sanction exemplaire pourrait répondre à la « dangerosité potentielle » de son comportement. Une remise en liberté, selon lui, serait inenvisageable en raison du risque de récidive et de l’impact que cela pourrait avoir sur la tranquillité publique.

Face à cette position ferme, la défense adopte une stratégie diamétralement opposée. L’avocate de « Nelly » a plaidé pour que sa cliente bénéficie d’un accompagnement médical, psychosocial et psychiatrique, estimant que ce dossier nécessite avant tout une prise en charge spécialisée. Elle a soutenu que sa cliente devrait être admise dans un centre approprié pour recevoir un suivi sanitaire rigoureux. Dans cette optique, elle a sollicité une mise en liberté provisoire afin de permettre ce suivi. Une demande aussitôt rejetée par le parquet, qui a maintenu son opposition catégorique à toute forme d’élargissement.

L’affaire, déjà très commentée dans plusieurs quartiers de Ziguinchor, continue d’alimenter débats et inquiétudes, tant pour son aspect judiciaire que pour ses implications sociales et sanitaires. Après avoir entendu les différentes parties, le Tribunal de Grande Instance a mis le dossier en délibéré. Le verdict est attendu pour le 2 décembre 2025, en audience publique. Une décision très attendue par la population locale, tant le dossier touche à des questions sensibles mêlant santé publique, sécurité et justice.

Arcop refuse une nouvelle dérogation à Petrosen Trading & Services : un tournant dans la régulation des marchés pétroliers

Selon les révélations du journal Libération, l’Autorité de régulation de la commande publique (Arcop) a rejeté, le 19 novembre 2025, la demande de dérogation déposée par Petrosen Trading & Services (PTS) pour poursuivre l’approvisionnement en produits pétroliers et gaziers. Cette décision met un terme à une succession d’autorisations exceptionnelles et relance le débat national sur la gestion des marchés stratégiques dans le secteur de l’énergie.

Petrosen Trading & Services avait saisi le Comité de règlement des différends (CRD) le 12 novembre 2025 afin d’obtenir une nouvelle dérogation transitoire. L’entreprise rappelait qu’une première dérogation de six mois lui avait été accordée en février 2025, suivie d’une prolongation de trois mois en juillet. Ces mesures lui avaient permis de poursuivre, sans interruption, ses opérations d’approvisionnement dans un contexte marqué par la réorganisation des mécanismes de régulation.

Dans sa requête, PTS évoquait principalement le retard constaté dans la modification de l’arrêté n°005814 du 29 mars 2024. Cet arrêté, qui fixe la liste des biens et services admissibles aux dérogations, devait être actualisé afin d’intégrer les besoins liés à la nouvelle politique pétrolière nationale. Petrosen affirmait également avoir reçu un courrier du ministre des Finances et du Budget, daté du 27 octobre 2025, invitant le ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines à saisir à nouveau l’Arcop pour formaliser une période transitoire.

Malgré ces arguments, l’Arcop a opposé un refus ferme. Dans sa décision consultée par Libération, l’autorité rappelle que l’article 3, alinéa d) du Code des marchés publics prévoit déjà une dérogation exceptionnelle pour les sociétés publiques impliquées dans la gestion des politiques pétrolières et gazières. L’Arcop précise que le recours à une dérogation ne peut se substituer à la mise à jour de l’arrêté prévu par la loi et qu’il s’agit d’une mesure strictement exceptionnelle destinée à protéger l’intérêt général, non d’un mécanisme permanent permettant de pallier les lenteurs administratives.

L’Autorité a également souligné que deux dérogations successives avaient déjà été accordées à Petrosen Trading & Services, ce qui renforçait la nécessité de revenir à un cadre légal clairement établi. Le maintien d’une dérogation, sans modification préalable de l’arrêté conjoint ministériel, aurait constitué une entorse à l’esprit du Code des marchés publics et un précédent potentiellement dangereux pour la gouvernance des marchés stratégiques.

En conséquence, l’Arcop a refusé d’accorder une troisième dérogation, estimant que toutes les marges d’exception prévues par les textes avaient été épuisées. Cette décision marque une étape importante dans le renforcement du contrôle réglementaire au Sénégal, particulièrement dans un secteur aussi sensible que celui de l’énergie.

Pour Petrosen Trading & Services, cette issue signifie qu’elle devra attendre la finalisation du nouveau cadre réglementaire avant de pouvoir poursuivre, en toute légitimité, ses activités d’approvisionnement. L’entreprise se retrouve ainsi dans une phase d’incertitude juridique qui pourrait ralentir certaines opérations, en attendant une clarification des responsabilités et des procédures.

Diffamation : Mame Boye Diao débouté, Adama Faye et Dmedia relaxés

Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict dans l’affaire opposant Mame Boye Diao à Adama Faye, au groupe de presse Dmedia et à la directrice des programmes de Sen TV, Adjia Khadija Sy. Selon le quotidien Les Échos, l’inspecteur des impôts et des domaines a été débouté de sa demande de 500 millions de francs CFA au titre de dommages et intérêts, tandis que les mis en cause ont tous été relaxés des accusations de diffamation et de complicité.

L’audience s’est déroulée hier, mercredi 26 novembre 2025, mais elle a été marquée par une absence totale des parties. Ni Mame Boye Diao ni Adama Faye ne se sont présentés, et les avocats des deux camps étaient également absents. Malgré ce contexte inhabituel, le juge a décidé de retenir l’affaire pour jugement, mettant ainsi un terme à une procédure entamée depuis un an.

Le procureur avait pourtant requis l’application de la loi pénale contre les prévenus, estimant que les éléments constituaient des faits de diffamation imputables à Adama Faye et au groupe Dmedia, avec une responsabilité particulière pour Adjia Khadija Sy, en tant que responsable des programmes de la chaîne qui a diffusé les propos litigieux. Cependant, après délibéré, le tribunal a jugé que les preuves présentées n’étaient pas suffisantes pour établir les infractions retenues. Les prévenus ont ainsi été purement et simplement relaxés, tandis que la demande de réparation introduite par Mame Boye Diao dans sa citation directe a été rejetée.

Ce dossier trouve son origine le samedi 9 novembre 2024, lors d’une émission de Sen TV intitulée Grandes Gueules. Ce jour-là, Adama Faye, beau-frère de l’ancien président Macky Sall, avait porté de graves accusations contre Mame Boye Diao, ancien Directeur des Domaines. Selon les propos rapportés, il l’accusait d’avoir encaissé d’importantes sommes d’argent dans le cadre de procédures liées au foncier. Faye affirmait notamment que Diao lui aurait personnellement réclamé 100 millions de francs CFA pour signer un document destiné à être soumis à la commission domaniale, en justifiant cette somme par la nécessité d’en reverser une partie à l’ex-président Macky Sall. Il soutenait également que « toutes les personnes dans la salle d’attente du Directeur des Domaines sont munies de sacs d’argent », laissant entendre l’existence d’un système organisé de corruption.

Affaire Cheikh Oumar Diagne – Cheikh Bara Ndiaye : une audition décisive attendue ce jeudi

Cheikh Oumar Diagne est attendu ce jeudi au commissariat central de Dakar pour être entendu dans le cadre de la procédure qu’il a engagée contre le député Cheikh Bara Ndiaye. L’ancien directeur des Moyens généraux de la Présidence avait déposé une plainte visant le parlementaire, qu’il accuse de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles.

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le procureur de la République a ordonné l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur cette affaire devenue sensible, notamment en raison du statut des protagonistes et de la nature des accusations. Cheikh Oumar Diagne reproche en effet au député d’avoir publiquement suggéré, lors d’une intervention massivement relayée sur les réseaux sociaux, qu’il pourrait être impliqué dans la mort jugée suspecte de l’imam Alioune Ndao. Une déclaration que le plaignant considère comme extrêmement grave et portant atteinte à son honneur.

Compte tenu du statut parlementaire du mis en cause, son audition ne peut pas être menée selon la procédure habituelle. Une marche à suivre particulière doit être respectée, conformément aux dispositions encadrant l’audition des députés. C’est dans ce cadre que le procureur a donné instruction aux enquêteurs de la Sûreté urbaine d’entendre en premier lieu le plaignant sur procès-verbal, avant que le dossier ne lui soit retourné pour la suite à donner.

Après sa libération Abdou Nguer ouvre le feu sur le régîme 

Quelques jours après sa libération, Abdou Nguer a tenu ce mercredi une conférence de presse très attendue, marquant officiellement son retour dans le paysage médiatique. Face à un public nombreux, le chroniqueur a délivré un message structuré, maîtrisé et résolument orienté vers la défense des libertés publiques.

Dès l’entame de ses propos, Abdou Nguer a expliqué son choix de s’adresser d’abord à l’ensemble de la presse avant de répondre aux nombreuses demandes d’interviews reçues depuis sa sortie de prison. Il a insisté sur la nécessité de « parler devant tout le monde », afin de replacer son affaire dans un cadre transparent et équilibré.

Poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation, le chroniqueur a été relaxé pour « diffusion de fausses nouvelles » et « apologie de crimes », mais reconnu coupable d’« offense au chef de l’État ». Condamné à six mois de prison, dont trois ferme, il avait déjà purgé la partie ferme de sa peine au moment du verdict.

Ce volet du procès, bien que clos, continue d’alimenter les interrogations sur l’application des lois relatives aux délits d’opinion au Sénégal.

Sans outrance mais avec fermeté, Abdou Nguer a qualifié sa détention « d’arbitraire », estimant que son incarcération pour des infractions finalement écartées reste difficilement justifiable. Il a annoncé qu’il reviendrait, dans une prochaine communication, sur les conditions exactes de son emprisonnement ainsi que sur les éléments qu’il juge essentiels à la compréhension globale de son dossier.

L’un des passages les plus marquants de son intervention concerne la liberté de parole :

« Le Sénégal doit rester un espace où la critique est possible. On peut discuter, contredire, débattre, mais restreindre la liberté d’expression n’est jamais une solution. »

Abdou Nguer a également confirmé qu’il reprendra dans les prochains jours ses activités médiatiques et analytiques. Il prévoit d’accorder plusieurs interviews et de reprendre ses chroniques dans un format qu’il souhaite « plus structuré » et « plus responsable ».

Grand Yoff : quatre individus arrêtés après l’enlèvement et l’agression de deux frères

Le Commissariat d’arrondissement de Grand Yoff a procédé, le 25 novembre 2025, à l’interpellation de quatre individus impliqués dans une affaire d’une rare violence. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, tentative de meurtre, coups et blessures volontaires ainsi qu’usage de gaz et d’armes blanches.

Tout est parti d’une déclaration d’urgence effectuée ce mardi aux environs de 16 heures. Deux frères, accompagnés de leur sœur, se sont présentés au commissariat, le visage marqué de nombreuses blessures. Lors de leur audition, ils ont relaté les circonstances de leur calvaire. Selon leur témoignage, un individu accompagné d’une dizaine de personnes s’est présenté à leur domicile, sis aux HLM Patte d’Oie, le 23 novembre 2025. Le groupe aurait enlevé l’aîné avant de le conduire à un repaire de délinquants connu sous le nom de « BRONSSON », situé au quartier Darou, afin de lui réclamer une moto qu’ils croyaient volée par ce dernier.

Durant plusieurs heures, la victime affirme avoir été rouée de coups, contrainte d’inhaler un gaz asphyxiant et blessée au visage à l’aide d’objets contondants. Son jeune frère, qui s’était précipité pour tenter de le secourir, n’a pas été épargné : il aurait été frappé à la tête et violemment malmené avant que le groupe ne finisse par les relâcher.

L’affaire aurait pu en rester là, mais le lendemain, les mêmes individus seraient revenus au domicile familial pour proférer des menaces de mort si la moto présumée volée n’était pas retrouvée dans les heures suivantes. Face à cette escalade et craignant le pire, la famille a décidé de saisir les forces de l’ordre.

Les investigations lancées immédiatement dans tout le secteur ont rapidement porté leurs fruits. Les éléments du Commissariat de Grand Yoff ont réussi à localiser et arrêter quatre membres de la bande, dont celui présenté comme le cerveau de l’opération. Une fois confrontés aux faits, les mis en cause ont reconnu avoir agressé les deux frères, tout en niant avoir eu l’intention d’attenter à leur vie. Ils affirment avoir agi dans le seul but de récupérer leur moto, dont ils soupçonnaient l’un des plaignants d’être l’auteur du vol.

Les suspects ont été placés en garde à vue, tandis que l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et de faire toute la lumière sur cette violente expédition punitive.

Diamniadio : Sept Guinéens arrêtés pour avoir escroqué leurs compatriotes

La brigade territoriale de Diamniadio, dirigée par l’Adjudant-Chef Alassane Tounkara, a démantelé un réseau criminel spécialisé dans l’escroquerie et visant principalement des ressortissants bissau-guinéens. Selon des sources de Seneweb, sept responsables présumés, liés à la structure QNET, ont été interpellés et présentés ce mardi devant le tribunal de grande instance de Rufisque.

L’enquête a été déclenchée le 21 novembre 2025, lorsque trois Bissau-Guinéens se sont rendus à la gendarmerie de Diamniadio, visiblement en détresse. Interrogés séparément, ils ont raconté avoir été victimes d’une vaste escroquerie orchestrée par des recruteurs leur promettant des opportunités professionnelles à l’étranger, incluant notamment une carrière footballistique. En échange, les victimes avaient été contraintes de verser d’importantes sommes d’argent. Au total, ce sont 1 250 000 FCFA qui ont été extorqués aux trois plaignants, répartis entre 900 000 FCFA, 200 000 FCFA et 150 000 FCFA, ces versements étant présentés par les escrocs comme le « dernier obstacle » avant leur départ à l’étranger.

Les témoignages détaillés des victimes ont permis aux gendarmes de localiser une maison à Darou Salam, utilisée comme base opérationnelle par le réseau. Sur place, les forces de l’ordre ont découvert plusieurs individus de différentes nationalités, principalement bissau-guinéens, vivant dans des conditions extrêmement précaires. Les occupants étaient entassés dans un logement insalubre, dépourvu des commodités les plus élémentaires.

Sept suspects ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire : Samuel Bisane, Ramirou Divanirou Viera, David Tè, Ricardo Moussa Tiantialan, Isnaba Souniana, Victor Gomis et Jules Basande. Cependant, deux autres individus, considérés comme les cerveaux du réseau, restent en fuite et font l’objet de recherches intensives.

Les inculpations retenues contre les prévenus sont multiples et graves. Elles incluent l’association de malfaiteurs, l’exercice illégal d’une profession réglementée, l’ouverture d’un établissement recevant du public sans autorisation, l’escroquerie faisant appel au public, l’extorsion de fonds et la mise en danger de la vie d’autrui. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’ampleur réelle des activités de ce réseau et de localiser les membres encore en cavale.

Air Sénégal de nouveau devant le tribunal de Commerce : un feuilleton judiciaire qui s’intensifie

Air Sénégal Sa se retrouve encore une fois devant le tribunal de Commerce de Dakar ce jeudi 27 novembre 2025, dans une affaire qui l’oppose à plusieurs sociétés irlandaises ainsi qu’à l’International Air Transport Association (IATA). Cette nouvelle procédure vient s’ajouter à une longue série de contentieux liés à des saisies conservatoires effectuées par des créanciers internationaux de la compagnie aérienne nationale. Selon des informations rapportées par Libération, cette confrontation judiciaire pourrait être décisive pour l’avenir financier de l’entreprise.

Tout a commencé avec l’ordonnance n°290/2025 rendue le 30 juillet 2025 par le tribunal de Commerce. Ce jugement avait déclaré nulles les saisies conservatoires pratiquées entre les mains de l’IATA et ordonné leur mainlevée sous astreinte de cinq millions de francs CFA par jour de retard. Les sociétés irlandaises impliquées dans ces saisies avaient en outre été condamnées aux dépens. Malgré cette décision favorable à Air Sénégal, les créanciers n’ont pas renoncé à poursuivre leurs démarches.

En effet, Air Sénégal a été contrainte de revenir devant la justice commerciale pour assigner plusieurs entités, parmi lesquelles Aergen Aircraft Twenty Limited, Sasof III (A2) Aviation Ireland et Calf (A2) Aviation Ireland DAC. Ces sociétés avaient conclu en décembre 2019 des contrats de location portant sur quatre avions : deux Airbus A321-211 (MSN 1881 et 1921) et deux Airbus A319-111 (MSN 2897 et 3078). Estimant qu’Air Sénégal leur devait des sommes importantes liées à ces contrats, elles avaient obtenu du tribunal de Commerce hors classe de Dakar l’autorisation de pratiquer des saisies conservatoires à hauteur de 3,5 milliards de francs CFA. Toutefois, les premières saisies avaient finalement été annulées.

Malgré cette annulation, les créanciers irlandais sont revenus à la charge le 1ᵉʳ août 2025, sollicitant et obtenant cette fois une nouvelle autorisation de saisie conservatoire, par ordonnance n°1084/2025, jusqu’à concurrence de 5,5 milliards de francs CFA. Dans la foulée, des dénonciations ont été adressées aux banques partenaires d’Air Sénégal ainsi qu’à l’IATA, organisme chargé d’assurer la compensation financière entre compagnies aériennes.

Dans une communication officielle datant du 21 octobre 2025, Fabrice Sahiri, country manager Central & West Africa de l’IATA, a confirmé la mise en œuvre de la saisie conservatoire. Il a indiqué que l’association internationale bloquait dans ses comptes la somme de 396 802 863 francs CFA au bénéfice d’Air Sénégal, conformément à l’ordonnance judiciaire. Plus tôt, il avait précisé que l’IATA détenait un total de 2 577 616 606 francs CFA appartenant à la compagnie sénégalaise. Il a également assuré que toutes les sommes actuelles et futures dues à Air Sénégal continueraient d’être saisies jusqu’à l’épuisement du montant réclamé par les créanciers.

Face à cette situation, Air Sénégal soutient que les sociétés irlandaises ne sont plus en droit de demander de nouvelles saisies pour la même créance, au motif que « la chose jugée doit s’imposer afin d’assurer la sécurité juridique et éviter la contradiction des jugements ». La compagnie accuse ses adversaires de multiplier les procédures en dépit de l’ordonnance de juillet qui leur était défavorable.

Un autre élément de poids dans cette affaire réside dans les clauses contractuelles liant Air Sénégal aux sociétés de leasing. Les contrats stipulent en effet que tout litige concernant leur exécution, leur interprétation ou leur résiliation doit être tranché selon le droit de l’État de New York, avec compétence exclusive des juridictions new-yorkaises. Cette clause a d’ailleurs déjà été appliquée : le 26 juin 2025, les créanciers irlandais avaient saisi la justice de New York, après qu’Air Sénégal eut soulevé une exception d’incompétence devant le juge des référés de Dakar le 21 juin.

Enfin, Air Sénégal conteste également le rôle joué par l’IATA. La compagnie rappelle que l’association internationale, dont le siège se trouve à Montréal, n’est ni un établissement bancaire ni un organisme assimilé. Dakar ne serait qu’un bureau régional, ce qui, selon Air Sénégal, devrait empêcher toute saisie conservatoire auprès de l’organisation dans ce contexte. La compagnie demande ainsi au tribunal d’annuler l’ensemble des saisies pratiquées.

Idrissa Seck se rend à Rebeuss : un geste politique fort qui redonne une nouvelle dimension à l’affaire Badara Gadiaga

L’affaire Badara Gadiaga continue de susciter de vifs débats au Sénégal, mais ce mercredi, un événement inattendu est venu renforcer encore davantage sa portée politique et symbolique. Idrissa Seck, président du parti Rewmi, ancien Premier ministre et l’une des figures majeures de la scène politique nationale, s’est personnellement rendu à la prison de Rebeuss pour rencontrer le chroniqueur incarcéré. Une visite rare, lourde de sens, qui repositionne l’affaire Gadiaga au centre du débat sur les libertés publiques et le traitement réservé aux acteurs de l’espace médiatique.

Arrivé en fin de matinée, Idrissa Seck a été discret mais déterminé. Les services pénitentiaires, visiblement préparés à cette visite de haut profil, l’ont conduit vers une salle réservée aux entretiens particuliers. Selon des sources présentes sur place, la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, mais empreinte d’une forte charge émotionnelle. Le président de Rewmi aurait exprimé à Badara Gadiaga son soutien personnel, en insistant sur son attachement aux principes démocratiques et à la liberté d’expression, qu’il considère comme au cœur de tout État de droit.

Le geste d’Idrissa Seck n’a rien d’anodin. Connu pour son sens aigu de la mesure, sa prudence politique et son refus des sorties impulsives, il se déplace très rarement en prison pour ce type de visite. En se rendant à Rebeuss, il envoie un signal fort : l’affaire Badara Gadiaga n’est plus un simple dossier pénal ou une polémique médiatique passagère. Elle touche à des enjeux institutionnels, politiques et démocratiques majeurs, au point de mobiliser des acteurs qui, jusque-là, observaient la situation avec distance.

Pour de nombreux observateurs, cette visite constitue un tournant dans l’affaire. Elle signifie que le cas Gadiaga dépasse désormais les clivages partisans pour devenir une question de principe, presque un test grandeur nature de la résilience de la démocratie sénégalaise. Certains analystes y voient une mise en garde implicite contre toute tentative d’instrumentalisation de la justice ou de restriction de la parole publique. D’autres estiment que le geste d’Idrissa Seck pourrait encourager d’autres leaders politiques ou personnalités publiques à prendre position de manière plus ouverte.

La présence du président de Rewmi à Rebeuss intervient dans un contexte où les interrogations se multiplient autour du traitement réservé aux journalistes, chroniqueurs et analystes politiques. Dans un paysage médiatique marqué par des tensions croissantes, la détention de Badara Gadiaga est devenue le symbole d’un débat plus large sur la place du discours critique et sur les limites, parfois floues, entre liberté d’expression et responsabilité pénale.

Cette visite, hautement symbolique, renforce donc l’idée que l’affaire Gadiaga est désormais inscrite dans une dynamique nationale qui interroge directement les fondements mêmes de l’État de droit. Elle remet au premier plan les enjeux liés à la protection des voix critiques et au respect des principes démocratiques, dans un pays souvent cité en exemple sur le continent pour sa tradition de liberté et de pluralisme.

Thiès : Un agent des Douanes tué en service lors d’une opération de contrôle à Darou Khoudous

La Direction générale des Douanes (DGD) est en deuil après l’annonce du décès en service commandé de l’Agent de Constatation principal Adama Ndiaye, en poste à la Brigade n°1 du Groupement polyvalent de Recherches et de Répression de la Fraude (GPR) de Thiès. Le drame, survenu dans la nuit du mardi 25 novembre 2025, a profondément secoué l’ensemble de l’Administration douanière.

Les faits se sont déroulés aux environs de 23 heures, alors que l’agent Ndiaye effectuait une mission de patrouille de routine en compagnie de deux de ses collègues. Munie d’un ordre de mission, l’équipe évoluait dans la zone comprise entre Thiès et Mboro, un axe connu pour être sensible dans la lutte contre la fraude et les trafics divers.

Arrivés à hauteur de Darou Khoudous, sur la Route des Industries Chimiques du Sénégal (ICS), juste en face du stade municipal, les agents ont repéré un camion stationné dont le comportement paraissait suspect. Conformément aux procédures en vigueur, ils ont immobilisé leur véhicule pour procéder à une vérification du poids lourd, une étape courante dans les opérations de contrôle douanier.

C’est alors que la situation a tragiquement dégénéré. Selon les premiers éléments de l’enquête, le chauffeur du camion a redémarré brusquement et a foncé délibérément sur les agents, percutant mortellement Adama Ndiaye. L’impact a été fatal, plongeant immédiatement ses collègues dans un climat d’horreur et de stupeur.

Malgré le choc et la violence de l’attaque, les deux agents rescapés ont immédiatement engagé une poursuite contre le camion en fuite. Ils ont réussi à intercepter le véhicule plus loin sur la même route, mais les trois occupants ont abandonné le camion avant de disparaître dans l’obscurité, échappant temporairement à l’interpellation.

Alertée dès les premières minutes, la hiérarchie douanière a réagi avec fermeté. Le Directeur général des Douanes a donné des instructions strictes au Directeur des Opérations douanières afin de suivre de près les actes d’enquête et de mobiliser tous les moyens nécessaires pour retrouver les responsables. Les premiers résultats ont rapidement apporté des avancées significatives : le conducteur du camion a été localisé et appréhendé par les services compétents. Cette arrestation marque une étape essentielle pour reconstituer le déroulement des faits et établir les responsabilités dans ce qui s’apparente à un acte criminel.

Dans un communiqué, la Direction générale des Douanes a exprimé sa profonde consternation et rendu hommage à un agent décrit comme dévoué, compétent et loyal. Elle s’est inclinée « pieusement devant la mémoire » d’Adama Ndiaye, saluant son engagement sans faille au service de la défense économique et sécuritaire du Sénégal.

Kaolack commémore la Journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route : l’ANASER rend hommage aux “Talents perdus”

La ville de Kaolack a abrité, ce mercredi 26 novembre 2025, une cérémonie émouvante dédiée à la Journée mondiale du souvenir des victimes d’accidents de la route. Organisée par l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), cette commémoration, baptisée au Sénégal “Talents perdus”, a rassemblé autorités, partenaires et acteurs engagés dans la lutte contre l’insécurité routière.

Dans une atmosphère de recueillement, l’événement a mis en lumière l’ampleur humaine, sociale et économique des accidents de la circulation. Macoura Gaye, cheffe de la division de déploiement et représentante de la direction nationale de l’ANASER, a rappelé que cette journée vise à honorer la mémoire des victimes tout en sensibilisant la population.

« L’objectif est d’attirer l’attention sur les conséquences émotionnelles et économiques dramatiques des accidents de la route, mais également de saluer le rôle crucial des services d’urgence, des forces de l’ordre, des personnels de santé, des associations et des ONG », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs souligné que le combat pour la sécurité routière a longtemps été mené par une poignée d’acteurs, avant d’être pleinement reconnu par les autorités publiques. Le thème retenu cette année, “Talents perdus”, interpelle chacun sur l’ampleur des vies brisées et pose la question d’une réponse judiciaire encore jugée « insuffisante » face aux drames routiers.

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, 1,35 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde, soit 3 200 décès par jour. Les accidents constituent désormais la première cause de mortalité chez les 5-29 ans, et 90 % de ces décès surviennent dans les pays à faible ou moyen revenu. Leur impact économique peut atteindre jusqu’à 5 % du PIB, a rappelé Mme Gaye.

À Kaolack, la situation reste particulièrement préoccupante. Asse Malick Ba, chef du bureau du pôle centre de l’ANASER, a souligné que le Sénégal enregistre plus de 700 accidents et 8 500 blessés chaque année. Dans la région, le corridor transgambien et le développement du transport par moto-taxi (Jakarta) aggravent le phénomène.

« Lorsque nous parlons de talents perdus, nous parlons de richesses humaines irremplaçables. Nous devons transformer nos larmes en actions », a insisté M. Ba. Il a réaffirmé l’engagement de l’ANASER à intensifier la prévention dans les écoles, les gares routières et les communautés, à renforcer la formation des transporteurs et à collaborer davantage avec les forces de l’ordre à travers des brigades mixtes.

Extradition de Madiambal Diagne : Ousmane Kane analyse la position des juges français et les dilemmes du Sénégal

Président du jury disciplinaire de la CAF et magistrat émérite, fort de 42 années de carrière au Sénégal, Ousmane Kane a livré une analyse éclairée sur la décision rendue par le juge français dans l’affaire Madiambal Diagne, dans les colonnes de L’Observateur. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Versailles a renvoyé au 3 février 2026 son délibéré dans le cadre de l’extradition de Madiambal Diagne, tout en sollicitant un complément d’informations à l’État du Sénégal.

Selon Ousmane Kane, cette demande traduit « un refus poli », rappelant le comportement observé dans l’affaire Doro Gaye. « La similitude des requêtes complémentaires dans les deux décisions rendues, certainement par des juges différents, en dit suffisamment sur l’état d’esprit des juges français. Ils n’ont tout simplement pas confiance au système judiciaire sénégalais », a-t-il déclaré. Pour le magistrat, il est inutile de pointer du doigt la France. « Si la signature d’une convention d’extradition relève de la diplomatie étatique, son exécution relève de juges qui appliquent des normes juridiques qui n’ont rien à voir ou à faire avec la diplomatie », explique-t-il.

Concernant la capacité du Sénégal à répondre aux demandes du juge français, Ousmane Kane insiste sur le rôle limité de l’État dans ce type de procédure. « Il n’appartient pas à l’État de se justifier dans un dossier couvert par le secret d’instruction. En matière de demande d’extradition internationale, l’État ne sert que comme courroie de transmission, à travers le ministère de la Justice et celui des Affaires étrangères. Le mandat d’arrêt international doit mentionner un résumé succinct mais explicite des faits, leur qualification pénale et les textes de loi violés, pour permettre au juge de l’État requis de contrôler sa légalité et sa pertinence », explique-t-il.

Le magistrat souligne le dilemme auquel l’État sénégalais est confronté dans ce contexte : répondre aux questions d’un juge étranger pourrait compromettre la crédibilité du pays, tandis que ne pas y répondre conduirait inévitablement au rejet de la demande d’extradition. « C’est la situation cornélienne à laquelle l’État doit faire face », précise-t-il. Selon lui, le juge français connaît déjà la décision finale qu’il prendra, mais prend soin de manifester une politesse procédurale. « Prenons la question sur la qualification pénale des faits reprochés à Madiambal Diagne. Il veut dire à l’État : “Comment avez-vous pensé le poursuivre sans poursuivre la société Ellipse avec qui il a contracté et qui, à son tour, a contracté avec vous ?” », illustre-t-il.

Au-delà de cette affaire, Ousmane Kane évoque les tensions qui existent entre souveraineté judiciaire nationale et obligations internationales. « En signant toutes les conventions internationales portant sur la protection des droits humains, le Sénégal a accepté de perdre une partie de sa souveraineté judiciaire. L’application de ces textes est faite par un juge soumis à des normes supérieures, surtout lorsque l’appréciation relève d’un système inquisitoire archaïque qui est aux antipodes du droit pénal moderne », affirme-t-il.

Enfin, il rappelle les leçons de la CREI, soulignant l’importance de la mémoire institutionnelle face aux régimes politiques successifs. « Il faut se souvenir des leçons données par la CREI il y a quelques années, que j’ai rappelées dans votre journal dans un article intitulé : “Reddition des comptes : L’État joue avec le feu”. C’est impressionnant comme les régimes politiques, qui se succèdent à la tête de l’État, peuvent être amnésiques », conclut Ousmane Kane.

« Coup d’État en Guinée-Bissau : le général Denis N’canha prend le contrôle du pays »

Un coup d’État militaire a secoué la Guinée-Bissau ce mercredi, avec l’annonce par un groupe d’officiers guinéens de la prise de contrôle total du pays « jusqu’à nouvel ordre ». Ces officiers, se présentant sous le nom de « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre », ont déclaré, par la voix du général Denis N’canha, chef de la maison militaire du palais de la République, qu’ils assumaient désormais la direction des affaires de l’État. Le général N’canha devient ainsi la figure publique de ce putsch, dont les motivations exactes restent pour l’instant floues.

Dans la foulée de cette annonce, plusieurs mesures immédiates ont été prises par les militaires. Le processus électoral en cours a été suspendu, les résultats attendus ont été annulés, et les programmes médiatiques officiels ont été interrompus. Malgré l’ampleur de ces décisions, les putschistes ont appelé la population au calme, sans toutefois préciser la durée de cette transition ni les contours du nouveau pouvoir qu’ils envisagent d’instaurer.

Peu d’informations sont disponibles sur le général Denis N’canha, dont le rôle public se limite jusqu’ici à sa fonction au sein du palais présidentiel. Avant le putsch, il occupait un poste stratégique au sein de la maison militaire, ce qui témoigne de sa proximité avec les centres du pouvoir et de sa connaissance des mécanismes internes de l’État. Toutefois, son âge, son parcours militaire complet et ses antécédents politiques restent inconnus, laissant planer de nombreuses zones d’ombre sur sa personnalité et ses ambitions pour l’avenir du pays.

Ce coup d’État intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes en Guinée-Bissau, un pays marqué par une instabilité récurrente et des luttes de pouvoir entre civils et militaires. La communauté internationale suit de près la situation, préoccupée par le risque d’escalade et les conséquences sur la stabilité régionale. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer si le général Denis N’canha et son groupe réussiront à consolider leur contrôle ou si des pressions internes et externes pourraient modifier le cours des événements.

« Liberté syndicale en jeu à la CBAO : les travailleurs attendent le verdict de la Cour suprême »

À la veille du délibéré de la Cour suprême, prévu ce jeudi 27 novembre 2025, les travailleurs de la Compagnie bancaire de l’Afrique de l’Ouest (Cbao) retiennent leur souffle. L’enjeu dépasse le sort de trois délégués syndicaux licenciés : c’est l’avenir même de la liberté syndicale au sein de l’institution bancaire qui est en jeu.

Initialement prévue pour le 7 août dernier, la décision de la Chambre administrative de la Cour suprême est désormais attendue avec impatience. Pour Raoul Kaly, porte-parole et chargé des revendications du Collège des syndicats, ce moment est décisif. Selon lui, si la sanction des licenciements est validée, « cela signifiera que tout salarié au Sénégal peut être puni pour avoir fait grève. Plus grave encore, qu’un délégué syndical peut perdre son emploi pour avoir défendu ses collègues. C’est la fin du syndicalisme ». Il rappelle que la liberté syndicale est pourtant protégée par la Constitution, les conventions internationales de l’Organisation internationale du travail (OIT) et le Code du travail.

Le syndicaliste accuse la Cbao de vouloir « créer un précédent dangereux » et exhorte les autorités à « mesurer la portée de ce qui se joue ». Le conflit à l’origine de cette affaire remonte à la grève déclenchée le 5 octobre 2023, qui a duré 40 jours et visait à obtenir des revalorisations salariales, une augmentation de la prime de résultat et l’ouverture du capital de la banque aux employés.

Dix-neuf mois après le déclenchement du mouvement social, la bataille entre dans une phase judiciaire critique. La direction générale de la banque avait d’abord qualifié la grève d’« illégale », avant de se raviser. À l’époque, l’intervention du Collectif des associations religieuses et du Sutbefs, le syndicat, avait permis de suspendre le mouvement dans l’espoir de reprendre les négociations. Mais, selon Raoul Kaly, « la direction a choisi la répression au lieu du dialogue attendu ».

Entre le 19 janvier et les semaines suivantes, les grévistes affirment avoir été victimes d’une véritable stratégie d’intimidation, comprenant des sommations et demandes d’explication notifiées par huissier, ainsi que sept licenciements, dont trois concernaient des délégués du personnel protégés par la loi. « On licencie des salariés pour avoir suivi un mot d’ordre de grève légal, reconnu et protégé par la loi. C’est du jamais vu », dénonce le porte-parole.

L’enjeu se cristallise autour du sort des délégués syndicaux. Après un premier avis favorable au licenciement, le ministre du Travail avait infirmé la décision de l’Inspection régionale. La Cbao a alors saisi la Cour suprême pour excès de pouvoir. Dans ce contexte, le Collège des syndicats lance un appel pressant à l’État, aux juges et à l’opinion publique. Raoul Kaly affirme : « Ce jeudi, la Cour suprême ne tranchera pas seulement un dossier social. Elle dira si, au Sénégal, revendiquer est un droit ou un délit. »

Zac Mbao : Trois individus interpellés pour vols de carburant en réunion

Le Commissariat d’arrondissement de Zac Mbao a procédé, ce 25 novembre 2025, à l’arrestation de trois individus pour association de malfaiteurs et vols multiples commis en réunion. Ces interpellations font suite à une patrouille des forces de l’ordre au cours de laquelle les éléments ont surpris les suspects en flagrant délit à Keur Mbaye Fall, à proximité de la gare du TER, en train de siphonner du carburant d’un camion non immatriculé. Le véhicule venait tout juste de sortir du port et devait être acheminé jusqu’à Diamniadio. Au moment de l’interpellation, les individus avaient déjà prélevé huit bouteilles de 20 litres, dont une à moitié pleine, les sept autres étant entièrement remplies.

Conduits au commissariat pour interrogatoire, les trois suspects ont reconnu les faits et affirmé être des habitués de ce type de vol. Ils ont révélé avoir commis une dizaine de cas similaires, opérant souvent en connivence avec des chauffeurs de camions qui leur indiquent l’endroit où les véhicules sont stationnés. Selon leurs aveux, ils se rendent ensuite sur place avec des bouteilles et un tuyau pour extraire le carburant, qu’ils revendent ensuite sur le marché noir, avant de partager une partie du butin avec le chauffeur complice.

Ils ont précisé que, dans certains cas, le chauffeur peut même être inconnu pour eux. Ces derniers obtiennent simplement leur numéro via d’autres chauffeurs et les contactent pour leur fournir la localisation du camion. Les suspects se chargent ensuite de prélever le carburant et de procéder à la revente, partageant les gains avec la personne ayant fourni l’information.

Les mis en cause ont été placés en garde à vue et l’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et déterminer l’ampleur réelle de ces vols de carburant en réunion.

Serigne Omar Mbaye : la Cour suprême suspend sa libération dans l’affaire Madiambal Diagne

Serigne Omar Mbaye, présenté comme le marabout de Madiambal Diagne, ne pourra pas recouvrer la liberté dans l’immédiat. Lundi, le parquet général a formé un pourvoi contre la décision de la Chambre d’accusation financière qui avait ordonné sa mise en liberté sous contrôle judiciaire. Ce recours de la justice entraîne désormais la saisine de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, qui aura la responsabilité de trancher le différend. L’application de la décision de libération est ainsi suspendue jusqu’à l’examen de ce pourvoi.

La Chambre d’accusation financière avait initialement décidé de libérer Serigne Omar Mbaye dans le cadre de l’enquête relative à l’affaire Madiambal Diagne. Le marabout était incarcéré depuis son arrestation, suite à son implication présumée dans cette affaire, pour laquelle il avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt pour « association de malfaiteurs ».

Son rôle dans cette enquête est lié à la visite que lui avait rendue Madiambal Diagne à Thiès, peu avant que ce dernier ne quitte le territoire national. Serigne Omar Mbaye avait été arrêté simultanément avec l’épouse et les deux enfants du journaliste, alors que ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Farba Ngom continue de recevoir un important soutien religieux et social au pavillon spécial

Depuis son transfèrement de la Maison d’Arrêt de Rebeuss vers le pavillon spécial, le député-maire des Agnam, Farba Ngom, ne cesse de recevoir la visite de nombreuses personnalités publiques et religieuses venues lui témoigner leur solidarité. Cette semaine, c’est le marabout Thierno Yaya Ba, éminente figure religieuse de Richard-Toll, qui s’est déplacé à la tête d’une forte délégation pour s’enquérir de l’état de son disciple.

Lors de cette rencontre, Thierno Yaya Ba a souligné la profondeur des liens qui unissent la grande famille maraboutique de Richard-Toll à Farba Ngom. Selon lui, cette visite traduit « la relation particulière, empreinte de confiance et de respect, qui existe entre leur communauté et le député ». Le guide religieux a également formulé des prières en faveur de la santé et de la sérénité de Farba Ngom, détenu depuis plusieurs mois.

Dans le même élan, la famille de Thierno Amadou Bocar Alpha Ba, originaire d’Oréfondé, a elle aussi fait le déplacement jusqu’à Dakar. Venant exprimer leur soutien à celui qu’ils considèrent comme un fidèle dévoué, les membres de la délégation se sont dits préoccupés par l’état de santé du député, jugé très fragile par les médecins. Leur présence visait à lui apporter un réconfort moral supplémentaire après dix mois de détention.

La délégation, conduite par Thierno Tidiane Ba, porte-parole et frère du khalife Thierno Ousmane Ba, comptait plus de soixante personnes. Elle a transmis à Farba Ngom un message de paix, de solidarité et d’encouragements émanant du khalife d’Oréfondé. Thierno Tidiane Ba a insisté sur l’importance de préserver la cohésion sociale et sur la nécessité d’accompagner de prières toute personne traversant une épreuve, quelle qu’elle soit.

Au terme des différentes visites, des prières ont été formulées pour l’ensemble des détenus du pavillon spécial ainsi que pour le personnel pénitentiaire. Ces moments de recueillement ont rappelé la dimension spirituelle et humaine qui entoure cette série de déplacements, illustrant la volonté des familles religieuses de soutenir moralement toutes les personnes incarcérées, au-delà du seul cas de Farba Ngom.

Asma Khadija recherchée par la gendarmerie après des propos jugés offensants contre Sonko

Les enquêteurs de la Brigade de recherches de Faidherbe se sont rendus à la Sen TV, tandis que la journaliste, actuellement à l’étranger, réagit aux accusations.

La présentatrice de la Sen TV a réagi à cette convocation :

« J’ai été informée que deux gendarmes se sont présentés, le lundi 24 novembre, sur mon lieu de travail pour me remettre une convocation datée du mercredi 26. J’en ai immédiatement avisé mon avocat, qui m’indique que le procureur souhaite que je « prouve » des propos tenus dans un ou deux posts Facebook. Parmi eux, l’affirmation selon laquelle « Ousmane Sonko se serait rendu à Sweet Beauty le jour de la Tabaski ». Propos qui, je le rappelle, ne sont pas nés de mon imagination : ils proviennent des déclarations publiques de Ndèye Khady Ndiaye elle-même. »

« À ce stade, s’il s’agit d’établir la vérité, alors qu’on réouvre le dossier Adji Sarr – Sonko. Il y a là plus de matière que dans mes publications. À moins, bien sûr, que prononcer le nom d’Adji Sarr ne fasse trembler l’autre partie », a-t-elle écrit.

Asma Khadija pose ensuite une série de questions : « Je pose ensuite une question simple, que tout citoyen est en droit de poser : Monsieur le procureur, où étiez-vous… Quand des militants de Pastef m’ont pris pour cible en avril 2024 pour avoir osé demander qui dirigeait réellement le tandem Diomaye–Sonko ? Quand, à l’annonce d’un possible recrutement me concernant en juillet-août 2024, ces mêmes militants se sont permis d’insulter, d’humilier, de publier des images fabriquées en 2020 par une personne mal intentionnée ? Quand j’ai reçu des menaces de mort, subi un cyberharcèlement constant, déménagé quatre fois en vingt mois, vu ma maison cambriolée simplement parce que certains ont décidé que j’étais « leur ennemie » ? Quand je fais mon travail – informer, questionner, éclairer l’opinion – pourquoi ai-je été abandonnée aux meutes numériques qui se croient tout permis ? »

« La justice ne peut être à géométrie variable. Elle ne peut être forte avec les faibles et faible avec les forts. Elle doit être égale pour tous, sans exception, sans privilège, sans peur », affirme la journaliste.

« Je demande donc, en retour, que ceux qui diffusent de fausses images en prétendant qu’il s’agit de moi soient également convoqués. Qu’ils prouvent, eux aussi, ce qu’ils avancent. Comme Ousmane Sonko, j’ai une famille, un mari, des enfants. Ma dignité n’est pas négociable. »

Une absence temporaire du territoire

« Je ne défie pas la justice de mon pays. Je ne suis simplement pas sur le territoire national. Mon avocat vous l’a notifié. À mon retour, je répondrai, comme je l’ai toujours fait, en citoyenne responsable », a précisé Asma Khadija.

« Mais convenons d’une chose : dans un Sénégal traversé par la crise, l’effondrement économique et la souffrance sociale, envoyer deux gendarmes sur un lieu de travail pour une publication Facebook n’est pas une priorité nationale. La République mérite mieux que ces distractions. Elle mérite la vérité. La cohérence. La justice », a conclu la présentatrice de la Sen TV.

Drame de Richard-Toll : un faux témoignage dévoile la vérité sur la mort de Mouhamed Ndiaye

Un tournant décisif vient d’être enregistré dans l’enquête sur la mort de Mouhamed Ndiaye à Richard-Toll, une affaire qui avait initialement été présentée comme une agression mortelle. Les investigations menées par la Brigade territoriale, sous la direction du commandant Mamadou Mbodj, ont finalement permis d’écarter totalement cette hypothèse, selon des informations rapportées par Le Soleil.

Tout a commencé lorsque les gendarmes se sont rendus au domicile de la victime à Dagana pour approfondir les circonstances de la tragédie. Ils y ont interrogé de nouveau Ablaye Diagne Mbodji, présenté comme le rescapé de ce qui était supposé être une agression. Très vite, au fil des questions, les enquêteurs ont relevé de nombreuses contradictions dans son récit. Les incohérences devenant trop importantes pour être ignorées, ils ont confronté le jeune homme à ses déclarations fluctuantes.

Sous la pression des questions et face aux éléments récoltés par les enquêteurs, Ablaye Diagne Mbodji a finalement avoué avoir inventé l’histoire de l’agression. Il a expliqué que, quittant Richard-Toll pour Dagana, il avait confié la conduite de la moto à la victime, Mouhamed Ndiaye. Celui-ci, selon ses dires, manquait d’expérience en matière de conduite. En approchant d’un virage près de Keur Birane, le jeune conducteur aurait perdu le contrôle du deux-roues, provoquant une violente sortie de route. L’impact a été fatal : Mouhamed Ndiaye est mort sur le coup.

En réalité, l’agression supposée n’avait jamais eu lieu. Totalement dépourvu de permis de conduire, Ablaye Diagne Mbodji a indiqué avoir inventé ce scénario pour se décharger de toute responsabilité dans ce qui n’était autre qu’un accident tragique. Cette fausse version devait, selon lui, masquer la négligence d’avoir remis la moto à une personne non habilitée à la conduire.

À la suite de ses aveux, le jeune homme a été placé en garde à vue à la brigade de Richard-Toll. Il est poursuivi pour mise en danger de la vie d’autrui, homicide involontaire et confiance de véhicule à une personne dépourvue de permis. Sa tentative de dissimulation aggrave désormais sa situation judiciaire, alors que les enquêteurs cherchent à préciser l’ensemble des responsabilités liées au drame.

L’enquête se poursuit pour éclaircir tous les aspects de cette affaire, profondément relancée par ces nouveaux éléments qui ont totalement renversé la compréhension initiale des faits.

Un lycéen de 22 ans échappe à la prison ferme après avoir poignardé un promoteur et un gendarme lors d’une soirée de lutte à Fissel

Selon des informations rapportées par L’Observateur, le tribunal de grande instance de Mbour a rendu, hier, un verdict qui suscite de vives réactions. D. Faye, élève en classe de Terminale et âgé de 22 ans, reconnu coupable de violences aggravées avec arme blanche, a été condamné à six mois de prison assortis du sursis. Une peine légère au regard de la gravité des faits qui se sont déroulés le jeudi 6 novembre 2025 à Fissel, lors d’une grande cérémonie de lutte traditionnelle.

Ce soir-là, M. Faye, promoteur de l’événement, avait mobilisé d’importants moyens pour accueillir un public venu en masse. La gendarmerie locale, consciente de l’ampleur de l’affluence, avait été déployée en nombre afin d’assurer la sécurité autour de l’arène. Mais au cœur de la nuit, alors que la fête battait son plein, un groupe de jeunes des villages environnants a tenté d’accéder à l’enceinte sans s’acquitter du prix du ticket d’entrée. Le ton est monté brusquement, et la situation a dégénéré en affrontements violents.

Alerté par cette montée de tension, le promoteur s’est précipité vers les forces de l’ordre pour signaler la menace. Les gendarmes, regroupés à l’entrée principale, se sont retrouvés face à une foule agressive, dont certains membres étaient armés de machettes. Les jets de pierres ont fusé en direction du cordon de sécurité, créant un climat de chaos généralisé. Malgré la pression, les forces de l’ordre ont tenu leur position et se sont opposées fermement à toute intrusion.

C’est dans cette confusion totale que le jeune D. Faye est intervenu, armé d’un couteau. Selon L’Observateur, il aurait poignardé le promoteur au niveau du bras avant de s’en prendre à l’un des gendarmes, M. D. Sène. Le militaire n’a dû son salut qu’à sa ceinture de sécurité, qui a amorti le coup porté à son abdomen. Grièvement blessé mais encore lucide, le gendarme est parvenu à maîtriser son agresseur malgré la violence de l’attaque. Les deux blessés ont été évacués vers une structure sanitaire pour y recevoir les soins nécessaires, tandis que le jeune assaillant a été placé en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie.

Devant le tribunal de Mbour, le prévenu a tenté de minimiser les faits en affirmant qu’il ne détenait qu’un « petit couteau » et qu’il n’aurait frappé le gendarme que pour « se dégager », ce dernier le retenant par le pantalon au moment de la bousculade. Son avocat a plaidé la clémence, rappelant que le jeune homme doit passer les épreuves du baccalauréat cette année et qu’il n’a jamais eu affaire à la justice auparavant. Le procureur de la République, lui, s’est montré inflexible, qualifiant l’acte d’« extrêmement grave » et soulignant que le gendarme « a failli être tué » sans la protection de sa ceinture.

Si l’un des plaignants, le gendarme M. D. Sène, était absent à l’audience, le promoteur blessé, présent à la barre, a déclaré avoir pardonné à son agresseur. Ce geste, conjugué au profil scolaire du prévenu, a probablement pesé dans la balance au moment du délibéré.

Madiambal fusille Abass Fall : “Le maire des baudets ne fait que répéter les âneries de Sonko”

Une vive passe d’armes secoue une nouvelle fois la scène politique sénégalaise. Ce mercredi, le journaliste Madiambal Diagne a lancé une réplique cinglante au maire de Dakar, Abass Fall, qu’il accuse d’avoir moqué sa couleur de peau dans une sortie qu’il juge indigne d’un responsable public.

Dans un message sur X, Madiambal charge sans retenue. Il affirme que si Abass Fall avait “un minimum de culture”, il lui aurait rappelé une fable de La Fontaine évoquant Aliboron, symbole d’ignorance et de médiocrité. Mais, selon lui, le maire qu’il qualifie “d’usurpateur” serait “au niveau des baudets” et se contenterait de répéter “les âneries de Sonko”, en référence au Premier ministre.

L’élément qui a mis le feu aux poudres est une pique d’Abass Fall sur le teint de Madiambal, qu’il aurait qualifié de “noirot”. Une insulte que le journaliste juge d’autant plus choquante qu’elle émane, selon lui, de dirigeants d’un parti se réclamant du panafricanisme. “Pathétique, l’élite panafricaniste de Pastef”, a-t-il fustigé.

Les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil dénoncent des “manipulations” autour des propos du guide religieux

Les disciples de Serigne Mansour Sy Djamil ont vivement réagi aux polémiques suscitées par les récents propos de leur guide religieux, exprimés après l’annonce du voyage simultané du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko. Dans un communiqué rendu public, ils dénoncent ce qu’ils qualifient de “manipulations” et de tentatives de déformation destinées, selon eux, à discréditer une figure spirituelle respectée sur la scène nationale.

Selon les talibés, la prise de position de Serigne Mansour Sy Djamil n’avait rien d’alarmiste ni de polémique. Ils affirment qu’elle relevait plutôt d’une démarche mûrement réfléchie, guidée par un sens élevé de responsabilité et un profond souci de stabilité. Pour eux, le guide religieux a simplement exprimé une interrogation légitime quant à l’opportunité d’un déplacement conjoint du chef de l’État et de son Premier ministre, un sujet qui, à leurs yeux, mérite d’être abordé avec lucidité et prudence.

Dans leur mise au point, les disciples rappellent la portée morale, sociale et même politique de la parole de Serigne Mansour Sy Djamil. Ils estiment que son regard sur les affaires du pays s’inscrit dans une tradition spirituelle ancienne, faite d’observation, de conseil et de rappel. Ils soulignent que son influence dépasse le cadre religieux pour toucher des problématiques nationales et internationales, ce qui confère un poids particulier à chacune de ses interventions dans l’espace public.

Les talibés disent également constater une “indignation sélective” chez certains acteurs publics et commentateurs, qui accepteraient sans difficulté des critiques similaires formulées par d’autres personnalités, mais s’offusqueraient dès lors qu’elles émanent de leur guide. Pour eux, cette attitude révèle des arrière-pensées et une volonté de fragiliser l’autorité morale de Serigne Mansour Sy Djamil.

Dans un ton plus ferme, le communiqué met en garde contre toute attaque personnelle ou tentative de dénigrement à l’égard du guide religieux. Les disciples estiment que la dignité de leur marabout ne saurait être bafouée dans un contexte où les réseaux sociaux amplifient les dérives verbales. Ils préviennent que toute nouvelle déformation ou manipulation de ses propos fera désormais l’objet d’une réponse “ferme et appropriée”.

Cette réaction s’inscrit dans un moment politique marqué par une forte activité institutionnelle, où les déplacements internationaux du Président et du Premier ministre nourrissent commentaires, interrogations et parfois polémiques. Pour les talibés de Serigne Mansour Sy Djamil, il est essentiel de préserver la dimension spirituelle et morale de leur guide, qu’ils considèrent comme un repère dans un climat public souvent dominé par les passions politiques et les lectures partisanes.

Université de Saint-Louis : les étudiants suspendent les cours pour 24 heures et menacent de durcir le mouvement

L’Université Gaston Berger de Saint-Louis est de nouveau secouée par une montée de tension qui fait ressurgir les vieux démons des crises sociales et académiques. Ce mardi 25 novembre, la Coordination des étudiants a décrété un mot d’ordre de suspension totale des activités pédagogiques pour 24 heures, combiné à une Journée sans ticket renouvelable (JST), une mesure souvent utilisée comme levier de pression contre l’administration. Ce débrayage, qui paralyse cours et évaluations, traduit un profond malaise au sein de la communauté estudiantine.

Dans un communiqué transmis à la presse, les étudiants dénoncent avant tout le retard jugé « inexplicable » dans la régularisation de la situation des boursiers. Ils rappellent que plusieurs étudiants vivent une précarité accentuée par ces retards de paiement, qui affectent le logement, la restauration et même la capacité à poursuivre leurs études dans des conditions dignes. Pour eux, l’absence de réponses concrètes malgré des engagements répétés des autorités ne fait qu’aggraver la frustration et la perte de confiance.

Les revendications ne s’arrêtent pas là. La Coordination pointe également l’immobilisme autour des chantiers du campus social, dont le démarrage effectif se fait toujours attendre. Ces projets, censés améliorer les conditions de vie des étudiants à travers la rénovation des dortoirs, l’augmentation des capacités d’hébergement ou encore la modernisation des infrastructures de restauration, semblent être à l’arrêt. Les étudiants estiment qu’un tel retard est devenu « intenable », alors même que la population estudiantine continue de croître chaque année.

Autre point de crispation : l’accès à une connexion Internet stable et opérationnelle, un besoin désormais essentiel au fonctionnement de l’université. Ils affirment que l’absence d’un réseau performant handicape gravement les activités académiques, qu’il s’agisse de la recherche documentaire, des travaux dirigés en ligne ou des cours hybrides introduits depuis la pandémie. Pour eux, dans une université moderne, l’Internet ne doit plus être considéré comme un luxe mais comme un outil pédagogique fondamental.

Face à ce qu’ils considèrent comme une accumulation de manquements, les étudiants préviennent qu’ils ne comptent pas relâcher la pression. La Coordination affirme suivre de près les réactions des autorités et n’exclut pas de durcir le mouvement si leurs préoccupations ne sont pas prises en charge dans les plus brefs délais. Une radicalisation du mouvement reste donc possible, au risque de replonger l’UGB dans l’une de ces longues crises qui perturbent régulièrement son calendrier académique.

Alors que les autorités universitaires et étatiques sont attendues pour une prise de position claire, les regards restent tournés vers Saint-Louis, où les étudiants semblent plus déterminés que jamais à faire entendre leurs revendications.

Violence à l’égard des femmes : un fléau mondial qui stagne depuis 20 ans malgré les alertes

Un nouveau rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de plusieurs agences des Nations unies dresse un constat alarmant : la violence faite aux femmes demeure l’une des violations des droits humains les plus répandues et les plus négligées, et les progrès réalisés en vingt ans sont presque inexistants. Malgré deux décennies de plaidoyer international, la situation reste dramatiquement inchangée, preuve d’un engagement mondial largement insuffisant.

Selon le document, près d’une femme sur trois dans le monde – soit 840 millions de femmes – a subi au moins une fois dans sa vie des violences physiques ou sexuelles, commises le plus souvent par un partenaire intime. Ce chiffre, stable depuis l’an 2000, témoigne d’une stagnation inquiétante. Rien que pour l’année écoulée, 316 millions de femmes, représentant 11 % des femmes âgées de 15 ans et plus, déclarent avoir subi des violences infligées par leur conjoint ou ex-conjoint. Le rapport souligne que la baisse annuelle moyenne n’est que de 0,2 %, un rythme qui, à ce stade, rend illusoire l’idée d’éradiquer ce fléau à moyen terme.

Pour la première fois, le document inclut aussi des estimations sur la violence sexuelle perpétrée par une personne autre que le partenaire intime. On y apprend que 263 millions de femmes en ont été victimes depuis l’âge de 15 ans. Selon les auteurs, il s’agit très probablement d’une estimation minimale, tant la stigmatisation, la peur des représailles ou la honte conduisent de nombreuses survivantes à se taire.

Face à ces chiffres, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, dénonce une situation « intenable » et rappelle que chaque statistique dissimule une vie brisée. Il affirme qu’aucune société ne peut se dire juste ou en bonne santé lorsque la moitié de sa population vit dans la peur. Pour lui, l’autonomisation des femmes est « une condition préalable à la paix, au développement et à la santé », et non un simple choix politique.

Une crise aggravée par le recul des financements

L’un des aspects les plus préoccupants du rapport concerne l’effondrement des financements destinés à la prévention. L’étude, qui analyse des données provenant de 168 pays entre 2000 et 2023, révèle qu’en 2022, seulement 0,2 % de l’aide mondiale au développement a été consacrée à des programmes de prévention de la violence. Pire encore, ce financement déjà dérisoire a continué de diminuer en 2025. Ce désengagement survient à un moment où les risques augmentent, stimulés par les crises humanitaires, l’essor des technologies numériques et des inégalités socio-économiques qui se creusent.

Des violences qui commencent tôt et durent toute la vie

Les violences ne touchent pas seulement les femmes adultes : elles débutent souvent dès l’adolescence. Au cours de l’année écoulée, 12,5 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans, soit 16 % d’entre elles, ont été victimes de violences de la part d’un partenaire intime. Les conséquences sont graves et durables : grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles, dépression, troubles psychologiques, perte d’opportunités scolaires et professionnelles, ainsi que reproduction intergénérationnelle de la violence.

Certaines régions du monde sont particulièrement exposées. L’Océanie – à l’exception de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande – affiche une prévalence de 38 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale. Les femmes des pays les moins avancés, des zones de conflit ou des régions menacées par le changement climatique sont également les plus vulnérables, faute de services de protection, de lois efficaces ou de mécanismes de soutien.

Des exemples de progrès qui montrent que le changement est possible

Malgré ce tableau sombre, le rapport met en avant plusieurs initiatives nationales qui démontrent que des avancées sont possibles lorsque les gouvernements s’engagent sérieusement. Au Cambodge, la révision du cadre législatif, l’amélioration des services d’accompagnement, la rénovation des refuges pour survivantes et l’introduction d’outils numériques dans les écoles ont permis de réduire progressivement les violences. Des pays comme l’Équateur, le Libéria, l’Ouganda ou Trinité-et-Tobago ont, eux aussi, adopté des plans d’action nationaux financés et chiffrés, avec des résultats encourageants.

Un appel urgent à l’action politique et financière

Le rapport exhorte les gouvernements à dépasser les déclarations d’intention pour financer, à grande échelle et de manière urgente, les programmes de prévention qui ont démontré leur efficacité. Il insiste sur la nécessité de renforcer les services de santé, de justice et d’accompagnement social centrés sur les survivantes, d’améliorer les systèmes de données afin d’identifier les groupes les plus exposés, et d’appliquer strictement les lois qui favorisent l’autonomie des femmes.

Mort subite dans la famille de Nogaye Thiam : quand la médecine éclaire le drame

L’affaire Nogaye Thiam, initialement abordée sous l’angle des tensions familiales, prend aujourd’hui une dimension médicale cruciale. Là où certains imaginaient des circonstances lourdes, des gestes malveillants ou un basculement tragique, un fait implacable est apparu : la défunte était la septième victime d’une série de morts soudaines au sein de la même famille. Cette observation a poussé de nombreux spécialistes à dépasser l’hypothèse des conflits internes et à envisager une explication génétique.

« Lorsqu’on compte autant de décès similaires dans une fratrie, il devient impossible de ne pas envisager une cause génétique. La médecine y voit un signal fort, presque une signature », explique Dr Oumou D. Kébé, cardiologue sénégalaise, dans un entretien avec L’As. Selon elle, ces morts soudaines, souvent incomprises, peuvent être liées à des affections héréditaires capables d’interrompre le rythme cardiaque sans prévenir. « Le cœur peut sembler normal, les examens habituels peuvent passer à côté. Mais un défaut électrique ou une anomalie structurelle peut provoquer une défaillance fatale en quelques secondes », précise la spécialiste. Elle cite notamment le syndrome du QT long, certaines cardiomyopathies familiales ou le syndrome de Brugada comme des causes régulièrement impliquées dans ces décès répétés.

Ce qui entretient la confusion, c’est la soudaineté des événements. Ces décès surviennent brutalement, parfois après un choc émotionnel, et sans le moindre signe précurseur. Dans un foyer où règnent des tensions, l’association avec un acte volontaire est immédiate. Pourtant, les médecins rappellent qu’une telle coïncidence n’a rien d’exceptionnel chez les personnes génétiquement fragiles. « Une dispute, une frayeur, un choc émotionnel peuvent suffire à déclencher le drame. Cela donne l’illusion d’un acte volontaire, alors qu’il s’agit d’un mécanisme purement biologique », insiste Dr Kébé.

Face à la répétition des décès dans la famille de Nogaye Thiam, les spécialistes s’accordent sur la nécessité urgente de protéger les survivants. Le dépistage n’est pas une simple option, il devient une obligation dès qu’une famille est frappée par plusieurs morts soudaines. Il est essentiel d’examiner tous les membres de la famille, enfants, frères, sœurs, parents, même ceux qui n’ont jamais présenté le moindre malaise. Les examens indispensables incluent l’électrocardiogramme, l’échographie cardiaque, le Holter, les tests d’effort, l’IRM cardiaque et, lorsque cela est possible, l’analyse génétique.

Si une anomalie est identifiée, des mesures préventives permettent d’éviter le pire. « Nous disposons de traitements efficaces, de médicaments qui stabilisent le rythme et de dispositifs implantables pour les cas à haut risque. Le plus important est d’identifier la maladie avant qu’elle ne frappe à nouveau », souligne Dr Kébé. Elle insiste également sur l’importance de sensibiliser l’ensemble de la famille, y compris ceux qui vivent loin ou qui se croient en parfaite santé.

« Youssou Ndour décroche le Grand Prix Sacem 2025 pour Éclairer le monde »

La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) a décerné, ce lundi 24 novembre 2025, son prestigieux Grand Prix à Youssou Ndour, saluant ainsi son album Éclairer le monde. Cette distinction, l’une des plus importantes dans le domaine musical, vient récompenser l’artiste sénégalais pour sa contribution exceptionnelle à la scène musicale mondiale et son engagement artistique durable.

Sorti au début de l’année, Éclairer le monde marque un retour inspiré de Youssou Ndour, qui réussit à mêler avec élégance les sonorités traditionnelles du mbalax aux arrangements modernes et aux messages humanistes porteurs de sens. L’album, qui a immédiatement séduit le public et la critique, témoigne d’une maturité artistique renouvelée. Chaque morceau reflète la capacité de l’artiste à conjuguer musique, engagement social et universalisme, confirmant son rôle de voix influente en faveur de la paix, de l’unité et de la justice sociale.

Cette nouvelle reconnaissance de la Sacem s’inscrit dans une carrière déjà jalonnée de distinctions nationales et internationales, et vient renforcer la stature de Youssou Ndour comme l’un des ambassadeurs les plus emblématiques de la musique africaine dans le monde. Le Grand Prix 2025 ne se limite pas à récompenser un album, il souligne également l’impact culturel et humaniste de l’œuvre de l’artiste, ainsi que sa capacité à inspirer de nouvelles générations de musiciens.

Avec Éclairer le monde, Youssou Ndour confirme une fois de plus sa place au sommet de la scène musicale internationale, prouvant que sa créativité et son engagement continuent de rayonner bien au-delà des frontières sénégalaises. Ce Grand Prix Sacem s’ajoute ainsi à une longue liste de récompenses, consolidant son rôle de figure majeure de la musique et de la culture africaine à l’échelle globale.

Quitter la version mobile