Société
Accords-cadres entre producteurs de maïs et industriels : un pas décisif vers la souveraineté alimentaire
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par
Diack
Les producteurs locaux de maïs et les industriels sénégalais ont signé, mardi à Dakar, une série d’accords-cadres portant sur la production et la commercialisation de 25 000 tonnes pour la campagne agricole 2025-2026. La cérémonie, qui a rassemblé l’ensemble des acteurs de la filière, a été qualifiée de « moment historique » par le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.
Dans son discours, le ministre, entouré du directeur d’ENABEL, Abdou El Mahassine Fassi-Fihri, et de représentants des organisations professionnelles, a salué un « travail patient, rigoureux et surtout collaboratif ». Il a insisté sur le fait que cette avancée illustre la capacité des acteurs nationaux à construire ensemble un modèle de développement fondé sur la confiance, le dialogue et une vision partagée. Pour lui, ce partenariat démontre clairement « ce que nous pouvons accomplir ensemble lorsque la vision commune guide l’action ».
Cet engagement intervient dans un contexte marqué par une forte dépendance du Sénégal vis-à-vis des importations de maïs, qui oscillent chaque année entre 450 000 et 500 000 tonnes. Rien qu’en 2024, ces achats extérieurs ont coûté environ 80 milliards de francs CFA à l’État. Mabouba Diagne a rappelé que la démarche s’inscrit dans l’orientation stratégique du Premier ministre, favorable à une valorisation accrue des ressources locales et à une réduction des dépenses liées aux importations.
Le ministre a également souligné l’impact social attendu de cette collaboration, en affirmant qu’elle contribuera à la réduction de la pauvreté en milieu rural grâce à la création de plus de 20 000 emplois. Il a, par ailleurs, mis en avant la dynamique positive enregistrée par la filière, dont la production nationale atteint désormais 800 000 tonnes par an, un volume en constante progression. Toutefois, il a reconnu que le secteur reste confronté à une concurrence étrangère particulièrement forte, l’un des principaux défis identifiés par les autorités.
Pour consolider cette trajectoire, Mabouba Diagne a réaffirmé l’engagement de l’État à accompagner les producteurs à travers plusieurs leviers : la maîtrise et la fourniture d’eau, la disponibilité des intrants agricoles et la mécanisation des exploitations. Selon lui, ces efforts permettront d’améliorer significativement les rendements et de renforcer une filière considérée comme stratégique pour la souveraineté alimentaire du pays.
La présidente de l’Interprofession maïs du Sénégal (IPROMAS), Gnima Diakité, ainsi que les représentants de l’ARM et du FNDASP présents à la cérémonie, ont insisté sur le caractère structurant de cet accord-cadre. Ils estiment qu’il permet de stabiliser durablement la relation entre producteurs et transformateurs, en garantissant un volume ferme de production et des débouchés sécurisés pour la campagne 2025-2026. Pour eux, cette approche contractuelle marque une étape importante vers une meilleure organisation de la filière et une valorisation plus efficace du potentiel agricole national.
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