La première journée de concertations entre le ministère de l’Intérieur et les formations politiques, consacrée aux réformes électorales, a rapidement pris une tournure tendue ce jeudi. Ce qui devait être un cadre d’échanges apaisés autour des règles du jeu démocratique s’est transformé en véritable épreuve pour le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, dont la crédibilité et l’impartialité ont été ouvertement mises en cause par plusieurs participants.
Au cœur des critiques, la proximité jugée « notoire » entre le ministre et le Premier ministre Ousmane Sonko. Plusieurs représentants de partis politiques ont exprimé leurs inquiétudes face à ce lien personnel, estimant qu’il pourrait entacher la transparence du processus électoral à venir. Dans un contexte politique déjà marqué par une forte polarisation, certains intervenants ont insisté sur la ضرورة d’instaurer une confiance minimale entre les différents acteurs, condition essentielle pour garantir des élections crédibles et acceptées de tous.
Ces réserves ont conduit certains participants à proposer une alternative claire : la désignation d’une personnalité indépendante pour superviser l’organisation des prochains scrutins. Selon eux, une telle option permettrait de dissiper les soupçons et de renforcer la légitimité du processus électoral. Ils ont également rappelé au ministre son obligation de respecter une stricte neutralité républicaine, inhérente à ses fonctions, et de s’abstenir de toute posture ou déclaration pouvant être interprétée comme partisane.
Face à ces interpellations, Bamba Cissé a tenu à apporter des clarifications. Reconnaissant sans détour son amitié avec Ousmane Sonko, il a néanmoins insisté sur la distinction fondamentale entre ses relations personnelles et ses responsabilités institutionnelles. Le ministre a affirmé qu’en tant que garant de la sécurité intérieure et de l’organisation des élections, il agit au service exclusif de l’ensemble des Sénégalais, sans considération d’appartenance politique.