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Conférence de presse de Gueum Sa Bopp : inondations, inflation et désillusion, les cadres tirent à boulets rouges sur le régime

Réunis devant la presse, les cadres du mouvement Gueum Sa Bopp ont dressé un tableau sombre de la situation nationale. Dans un texte liminaire au ton offensif, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme l’échec du gouvernement actuel face aux inondations, à l’inflation et à la gouvernance en général.

Pour eux, chaque hivernage est devenu synonyme d’humiliation pour les Sénégalais. Ils estiment que les inondations ne sont pas de simples catastrophes naturelles, mais la conséquence directe d’un État absent et d’une gouvernance défaillante. « Les inondations ne tombent pas du ciel, elles coulent des canalisations bouchées par la corruption », ont-ils martelé, rappelant les 766 milliards engloutis dans le Plan décennal de lutte contre les inondations, sans résultats tangibles.

Les responsables du mouvement dénoncent également ce qu’ils appellent « le rituel de l’indécence » : la présence médiatisée des ministres dans les quartiers sinistrés, bottes aux pieds, sans solutions durables. Ils affirment que les victimes paient plus l’incompétence des dirigeants que la colère du ciel.

Les critiques se sont aussi élargies au bilan de l’équipe gouvernementale en place depuis près de deux ans. Les cadres de Gueum Sa Bopp parlent d’un « mandat de la désillusion », avec trente et un ministres et secrétaires d’État incapables d’avoir un impact réel sur le quotidien des Sénégalais. Ils fustigent la flambée du chômage, la vie chère, l’asphyxie des entreprises et les nombreux déplacements présidentiels à l’étranger jugés coûteux et stériles.

Au-delà de l’économie, ils dénoncent un système de taxation jugé insupportable, en particulier sur le mobile money, assimilé à un « racket » qui détruit le pouvoir d’achat des ménages. Dans le même registre, ils s’en prennent à la gestion de la mairie de Dakar, qualifiant de scandale la mise à l’écart de Barthélémy Dias au profit d’Abass Fall avant même la décision de la Cour suprême.

Les critiques n’ont pas épargné le président Ousmane Sonko, accusé de privilégier la mise en scène et les ovations à l’étranger, notamment lors de son séjour à Milan, plutôt que de s’occuper des difficultés quotidiennes des Sénégalais. À l’opposé, ils mettent en avant le projet de leur leader Bougane Gueye Dani, notamment la création d’une Banque de la Diaspora pour relier les Sénégalais de l’extérieur aux agriculteurs locaux et financer des projets concrets.

Sur le plan social, Gueum Sa Bopp a insisté sur la gravité de la crise qui frappe les ménages. Ils rappellent que 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, que la jeunesse est piégée dans le chômage et l’informel, tandis que l’éducation, la santé, l’eau et l’électricité restent des privilèges pour beaucoup. Ils soulignent également le rôle central des femmes, véritables piliers de l’économie familiale, mais premières victimes de la précarité.

Pour les cadres du mouvement, « le temps des impostures est révolu ». Ils promettent de poursuivre le combat contre l’injustice, la mauvaise gouvernance et ce qu’ils qualifient de trahison politique. « L’histoire jugera. Le peuple décidera », concluent-ils, se posant en alternative face à un régime qu’ils accusent d’avoir transformé l’espérance en désillusion.


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