Par sa décision n°6/C/2026 de ce 9 juillet, le Conseil constitutionnel vient de déclarer contraire à la Constitution la loi de révision votée le 29 juin.
Une décision historique, que j’accueille avec gravité — et sans le moindre triomphalisme.
Comprenons-en bien le sens.
Le Conseil ne s’est pas prononcé sur le fond de la réforme, mais sur la manière dont elle a été adoptée. Il rappelle ainsi un principe cardinal de toute démocratie : la légitimité d’une réforme ne tient pas au nombre de voix qui la portent, mais au respect des règles qui encadrent son adoption.
La force du nombre ne remplacera jamais le respect du droit.
C’est, au fond, ce que nous n’avons cessé de dire , avec tant de citoyens, la société civile, la jeunesse : on ne révise pas la loi fondamentale dans la précipitation, sans concertation, sans le peuple.
Nous n’étions pas contre la réforme ; nous étions pour la méthode. Ce qui est semé dans la hâte ne prend pas racine : la preuve est désormais faite.
Que nul n’y voie la victoire d’un camp sur un autre. C’est la victoire de la Constitution sur la précipitation, de l’État de droit sur le rapport de force.
Nos institutions ont fonctionné, le gardien a joué son rôle : voilà un motif de fierté collective, non de division.
Tournons donc la page vers ce qui aurait dû commencer dès le départ : un dialogue national vraiment inclusif, une information complète du peuple, et le référendum pour l’essentiel. La réforme demeure nécessaire ; menée dans les règles, elle sera incontestable et durable.
On ne bâtit pas une Nation contre son peuple, mais avec lui.
Renforçons l’État, dans le respect de la République.
Driss Junior DIALLO