Les entreprises cimentières opérant au Sénégal ont réagi à la récente communication du Premier ministre Ousmane Sonko, dans un contexte marqué par les discussions autour des conventions liant l’État aux grandes entreprises industrielles. À travers un communiqué, les acteurs du secteur ont souhaité apporter des précisions sur leur contribution à l’économie nationale et sur les mécanismes encadrant leurs investissements.
Selon les cimentiers, le secteur du bâtiment et des travaux publics traverse depuis près de deux ans une phase de ralentissement qui impacte l’ensemble de la chaîne de valeur de la construction. Cette situation affecte également l’activité des cimenteries, qui constituent un maillon essentiel de l’écosystème du BTP et dont la production dépend largement du rythme des projets d’infrastructures et de construction.
Les industriels rappellent que la production de ciment demeure stratégique pour le développement du pays. Elle intervient directement dans la réalisation de nombreuses infrastructures publiques et privées, notamment les routes, les logements, les écoles, les hôpitaux ainsi que différents équipements collectifs nécessaires à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Dans leur communication, les entreprises mettent également en avant l’ampleur des investissements réalisés ces dernières années. Elles indiquent que plus de 600 milliards de francs CFA ont été injectés dans le secteur au cours des cinq dernières années afin de renforcer les capacités industrielles, moderniser les installations et soutenir la croissance de la production nationale.
Au-delà de l’investissement industriel, les cimentiers insistent aussi sur leur contribution sociale et économique. Selon eux, leurs activités génèrent plus de 10 000 emplois directs et indirects. Ces emplois concernent notamment les secteurs du transport, de la distribution, de la logistique et de la construction, qui gravitent autour de l’industrie du ciment. Les entreprises affirment également participer à la formation professionnelle de jeunes Sénégalais et soutenir diverses initiatives sociales et économiques dans les zones où leurs usines sont implantées.
Concernant les avantages fiscaux évoqués dans le débat public, les entreprises du secteur précisent qu’ils résultent de mécanismes incitatifs mis en place par l’État pour encourager les investissements industriels. Elles expliquent que ces avantages découlent de conventions signées conformément aux dispositions du Code minier du Sénégal en vigueur au moment de l’installation des cimenteries. Ces accords comportent notamment des clauses de stabilisation destinées à sécuriser les investissements réalisés sur le long terme.
Les cimentiers indiquent également que leurs contrats ont récemment fait l’objet d’audits menés par les autorités compétentes. Selon eux, les entreprises ont pleinement coopéré avec ces procédures en fournissant toutes les informations et documents nécessaires à l’examen de leurs activités et des conventions signées avec l’État.
Toutefois, les industriels soulignent que les rapports finaux issus de ces audits n’ont pas encore été rendus publics. Ils estiment que les conclusions devraient être présentées dans un cadre officiel afin de permettre une analyse objective des engagements respectifs des différentes parties. Dans le même temps, ils considèrent que les discussions administratives en cours ne devraient pas remettre en cause les investissements industriels déjà réalisés.
Dans un environnement international marqué par des tensions géopolitiques et une augmentation des coûts de l’énergie, du transport et des matières premières, les entreprises du secteur alertent également sur les pressions croissantes qui pèsent sur les coûts de production. Elles estiment que ces facteurs externes peuvent avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne de production et sur l’équilibre du marché.
Face à ces défis, les cimentiers plaident pour le maintien d’un climat stable et favorable à l’investissement industriel. Selon eux, un environnement économique prévisible est essentiel pour soutenir la croissance du secteur, encourager de nouveaux investissements et préserver le pouvoir d’achat des populations.