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Santé

Couverture maladie universelle : le Sénégal engage une étape décisive pour définir le paquet de soins de base

Un atelier stratégique de trois jours s’est ouvert ce jeudi au Sénégal avec pour objectif de définir le paquet de soins de base et de préciser l’architecture du futur système de couverture du risque maladie. La rencontre doit permettre aux différents acteurs de passer des orientations générales à des décisions concrètes en matière de protection sociale en santé.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Dr Amadou Diaw, directeur de cabinet de la ministre de la Famille, des Solidarités et de l’Action sociale, qui représentait la ministre à cette occasion. Dans son discours, il a transmis aux participants les salutations et les remerciements de la ministre, tout en saluant leur engagement en faveur du renforcement de la protection sociale et de l’accès aux soins.

Le directeur de cabinet a également mis en avant l’accompagnement technique et financier du Groupe de la Banque mondiale et du Bureau international du Travail, mobilisés dans le cadre de l’Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes.

Dès l’ouverture des travaux, le Dr Diaw a voulu donner une dimension particulière à cette rencontre. « Cet atelier n’est pas un atelier de plus », a-t-il déclaré, soulignant qu’il s’agit d’une étape importante dans le processus de construction d’un système de couverture maladie plus universel, plus solidaire et surtout plus lisible pour les citoyens.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des travaux déjà engagés lors du dialogue national de novembre 2025 et de l’atelier de février 2026. L’enjeu est désormais de franchir une nouvelle étape en transformant les orientations retenues jusque-là en choix précis, réalistes et susceptibles d’être effectivement appliqués.

Au cœur des discussions figurent trois problématiques majeures : déterminer les soins qui devront être garantis à l’ensemble de la population, identifier les mécanismes permettant de financer durablement cette couverture et mettre en place un système d’information suffisamment performant pour assurer le suivi des droits des bénéficiaires.

Pour les autorités, la réflexion intervient dans un contexte institutionnel marqué par l’adoption récente du Code de la sécurité sociale, présentée comme une avancée historique. Ce nouveau cadre juridique vise notamment à moderniser le dispositif de protection sociale et à élargir son champ d’application à de nouvelles catégories de travailleurs, notamment les travailleurs indépendants et ceux évoluant dans l’économie informelle.

Le texte consacre également plusieurs principes fondamentaux, parmi lesquels l’universalité, la solidarité, la non-discrimination, l’affiliation obligatoire et la pérennité des régimes. Autant de principes qui doivent désormais être traduits dans des mécanismes opérationnels permettant aux citoyens de bénéficier concrètement de leurs droits en matière de santé.

C’est précisément dans cette perspective que la définition du paquet de soins de base occupe une place centrale dans les travaux de l’atelier. Le Dr Amadou Diaw a insisté sur le fait que cet exercice ne saurait se limiter à l’élaboration d’un inventaire des prestations médicales. « Définir ce paquet de soins, ce n’est pas établir une simple liste de courses », a-t-il lancé, appelant les participants à faire preuve de rigueur, d’équité et de responsabilité.

La question est en effet de déterminer avec précision les soins que l’État entend garantir à chaque citoyen, tout en tenant compte des réalités sanitaires, sociales et économiques du pays. Le choix du paquet de soins devra ainsi permettre de concilier les besoins des populations avec les capacités réelles du système de santé et les ressources disponibles.

La question du financement constitue également un enjeu majeur. Le directeur de cabinet a plaidé pour la recherche d’un équilibre entre l’ambition sociale portée par la réforme et les exigences de soutenabilité budgétaire. Pour lui, les contraintes financières ne doivent pas conduire à réduire la portée de la réforme, mais doivent être intégrées à une réflexion globale sur les mécanismes permettant d’assurer sa viabilité dans le temps.

Autre chantier considéré comme déterminant : la mise en place d’un système d’information intégré. Un tel dispositif doit permettre de mieux identifier les bénéficiaires, de suivre leurs droits et de disposer de données fiables pour le pilotage de la couverture maladie. L’objectif est notamment d’éviter les ruptures dans la prise en charge et d’améliorer la capacité des pouvoirs publics à évaluer les résultats de la réforme.


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