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Criquets pèlerins dans le nord du Sénégal : l’État active un dispositif préventif pour protéger les cultures

Face à la présence signalée de criquets pèlerins dans plusieurs zones du nord du Sénégal, notamment à Dagana, Louga, Saint-Louis, Podor et Matam, les autorités sénégalaises ont décidé d’anticiper le risque afin d’éviter une crise acridienne aux conséquences potentiellement graves pour l’agriculture et la sécurité alimentaire. Le secrétaire exécutif du Conseil national de sécurité alimentaire (CNSA), Boubacar Dramé, a ainsi annoncé, le 15 janvier 2025, la mise en place d’« actions coordonnées et préventives » dans la vallée du fleuve Sénégal, avec un accent particulier sur le département de Dagana.

Selon l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), cette réaction rapide des pouvoirs publics fait suite aux premières alertes émises par les services techniques, notamment la Direction de la protection des végétaux (DPV). Dès les signaux initiaux, une mission conjointe regroupant le Secrétariat exécutif du CNSA, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et les services techniques de l’État a été déployée sur le terrain. L’objectif était multiple : évaluer l’ampleur des dégâts causés par les criquets pèlerins, mesurer l’efficacité des traitements déjà appliqués et renforcer la concertation avec les acteurs locaux, en première ligne face à la menace.

À l’issue de cette mission, une note technique détaillée a été transmise au Premier ministre. Ce document, élaboré sur la base des informations collectées par la DPV et les services déconcentrés, vise à éclairer la prise de décision au plus haut niveau de l’État. « Dès les premières alertes, nous avons jugé nécessaire d’agir rapidement pour éviter une propagation incontrôlée », a souligné Boubacar Dramé, insistant sur l’importance de la prévention dans la gestion du risque acridien.

Dans les zones concernées, la vigilance reste de mise. Les criquets pèlerins, connus pour leur capacité à se déplacer rapidement et à ravager de vastes surfaces agricoles, représentent une menace sérieuse pour les cultures, notamment dans une région stratégique comme la vallée du fleuve Sénégal, considérée comme un grenier agricole du pays. C’est pourquoi les autorités privilégient une approche anticipative, fondée sur la surveillance permanente, la lutte ciblée et la coordination entre les différents acteurs impliqués.

Le CNSA, en collaboration avec la FAO et les services techniques nationaux, entend également renforcer la sensibilisation des producteurs et des collectivités locales. L’objectif est de favoriser une remontée rapide de l’information depuis le terrain et d’assurer une réaction immédiate en cas d’évolution du phénomène. Cette stratégie concertée vise non seulement à contenir les foyers existants, mais aussi à prévenir toute invasion de grande ampleur susceptible de compromettre les récoltes et, à terme, la sécurité alimentaire.

À ce stade, les autorités se veulent rassurantes tout en appelant à la prudence. Les dispositifs de surveillance et de lutte sont opérationnels, et l’État affirme disposer des moyens nécessaires pour faire face à la situation. Toutefois, la nature imprévisible des criquets pèlerins impose une vigilance constante. Dans le nord du Sénégal, la mobilisation reste totale pour éviter que cette menace acridienne ne se transforme en crise majeure.


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